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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 18:01

        De la carrière d'Emile PARFONRY, l'instituteur, on en sait peu de choses. Les rares traces de sa fonction, occupée dans la même école pendant 37 années, se rassemblent dans ce qui fut retrouvé dans le grenier de la maison qu'il occupa au cours des dernières années dans la rue de Velaine à Tamines.

      En premier lieu, on y découvre toute une série d'exemplaires de la revue « L’Auxiliaire Pratique des instituteurs et institutrices primaires1 » à laquelle il fut abonné pendant de nombreuses années, et cela à partir de septembre 1928. A côté de ces fascicules imprimés sur des feuilles légères, s'efforçant d'aider l'instituteur à rayonner dans sa classe, se trouvait une autre collection qui ne présentait pas la même densité, tant au niveau de la formule physique que du contenu.

      Le savoir ne se limitait plus dans la lecture des romans de BALZAC, FLAUBERT ou STENDAL, des poèmes de RONSARD ou de Théophile GAUTHIER. La nouvelle divinité qui régnait désormais au début du XXe siècle c'était la science. Faisant partie de cette époque qui se mettait à découvrir les nouvelles connaissances acquises au cours des siècles précédant, Emile se mit aussi à constituer une bibliothèque dans laquelle se retrouve un éventail de dictionnaires volumineux à reliure rigide. Cartonnée et présentant une couleur foncée tendant le plus souvent sur le vert, chacun de ces exemplaires pesait non seulement par son poids effectif mais aussi par son poids de connaissances. Les quelques dix-sept volumes retrouvés, aux titres dorés, occupaient un rayonnage d'une largeur proche du mètre.

      Manifestement, l'instituteur faisait partie de cette génération qui bénéficiait de tout le travail mené par ce qui fut appelé la génération de la Semeuse, en allusion à la devise « Je sème à tout vent » lancé par LAROUSSE en 1895. Un condensé de savoir qui pesait lourd mais qui est un témoignage de ce qui était l'accessibilité à la culture à cette époque. Manifestement, la généralisation de la décision d'obliger l'inscription de tout enfant à un enseignement primaire, que ce soit en France ou en Belgique, durant la seconde moitié du XIXe siècle se concrétisait peu de temps après dans les faits de société.

      Les découvertes accumulées précédemment, que ce soit au niveau des sciences, de la mécanique, des mathématiques, des arts, de la philosophie, de l'histoire, de la géographie, de la musique, de la littérature se voyaient au final valorisées, vulgarisées et accessibles à un plus grand nombre. Sans oublier les écrits rapportés par les différentes expéditions qui arpentaient les différents continents depuis la découverte des Amériques en 1492 par Christophe COLOMB. Des précurseurs avaient investis dans le domaine du savoir et de la connaissance pour permettre de rassembler toutes ces découvertes. Après l'invention de l'imprimerie par GUTENBERG en 1454 et avant l'apparition de la puce électronique de Jack KILBY en 1958, secourue plus récemment par le génie de Steve JOBS  et l'encyclopédie compulsive de Jimmy WALES, cette période de l'édition de dictionnaires volumineux et lourds a constitué, pendant quelques décennies, le monde de l'émerveillement et de la culture, bien plus que celui de la possession et de la richesse.

      L’énumération de ces dictionnaires fait intrinsèquement partie de cette société nouvelle qui accédait de manière démocratique à un savoir. Le dictionnaire devenait, à partir des années 1920, accessible à une plus large majorité de familles. Chacun pouvait, à son aise, accéder à la sagesse de la connaissance.

     La liste, ci-dessous, reprend de manière chronologique l'ensemble de la collection des dix-sept volumes rassemblés par Emile PARFONRY. Des milliers de pages agrémentées par ci par là de gravures, de dessins, de cartes en couleurs, parfois de modèles démontables à plusieurs niveaux qui donnaient un large aperçu descriptif du nouveau monde moderne qui pointait son lorgnon.

 

Liste des Dictionnaires d’Emile PARFONRY (par ordre d’année d’édition)

1.  Nouvelle encyclopédie autodidacte illustrée d’enseignement moderne, Aristide Quillet Editeur, 1922, 3 Tomes ;

2.   Larousse Universel en 2 Volumes, Claude Augé, Librairie Larousse, Paris, 1923, 2 Tomes ;

3.   Atlas Moderne, Librairie Hachette, Waucomont - Schrader et Gallouédec, Paris, 1930 (incomplet) ;

4.   Dictionnaire historique et géographique des Communes belges, Eugène de Seyn, Ed. A. Bieleveld, Bruxelles, 2ème Edition, 1933, 2 Tomes ;

5.   Grand Mémento encyclopédique Larousse, Paul Augé, Librairie Larousse, Paris, 1936, 2 Tomes ;

6.   Histoire de la découverte de la Terre, Ch. de la Roncière, Librairie Larousse, Paris, 1938 ;

7.   Méthode récréative Delgoffe-Gross. J’apprends le flamand en 40 leçons, Librairie Générale, Bruxelles, 1941 ;

8.   Nouveau Larousse Universel, Paul Augé, Librairie Larousse, Paris, 1948, 2 Tomes ;

9.   Nouvelle encyclopédie pratique de mécanique, Aristide Quillet Edition, 1949, 2 Tomes ;

10.  Larousse du XXe Siècle. Supplément, Librairie Larousse, Paris, 1953 ;

 

      Quelques éditeurs sont repérés dans cette série de dictionnaires. Si LAROUSSE est sans doute le plus connu, on remarque la présence de deux Nouvelles Encyclopédies de l'éditeur Aristide QUILLET (1880-1955) qui fonda sa maison d'édition en 1902, aujourd'hui disparue. Parmi les autres curiosités, outre les classiques encyclopédies de Larousse, coordonnées par ses responsables d'édition qu'étaient les AUGE, père et fils2, on extirpe le "Dictionnaire historique et géographique des communes belges " en deux volumes, qui restitue, pour chacune d'entres elles, une synthèse des connaissances un peu trop figées et manquant impérativement de ce charme descriptif que l'on retrouve de nos jours dans les publications cherchant à attirer le curieux. Mais, Emile PARFONRY était quelqu'un qui aimait son pays et manifestement, sans trop avoir envie de se déplacer3, il avait, par ce moyen, trouvé la solution pour son dépaysement.
      Sans trop se tromper, on se rend compte que les dictionnaires achetés à partir de l'édition de 1938, celui de l' " Histoire de la découverte de la Terre ", sont destinés à satisfaire les besoins d'éducation de son fils, âgé à ce moment de 18 ans. Ce recueil, qui fait une sorte d'état des lieux des civilisations du Tigre et de l'Euphrate, des missions d'explorations et des épopées coloniales, ne manque pas de rappeler que le mélange de la civilisation, de paysages nouveaux et de l'art a  constitué le témoin de l'attrait pour plus de découvertes et sans aucun doute l'une des sources dans mon choix de formation. La phrase qu'écrivit Ch. De La RONCIERE, l'auteur du livre,  dans la préface " Quoi de plus excitant que l'attrait de pays inexplorés en un temps où la rapidité des transports est une invitation au voyage" a du s'ancrer progressivement au niveau de mes émotions et de mes argumentations pour m'aider dans le choix de carrière. Quant aux achats, par l'instituteur, du livre destiné à apprendre le flamand4 et celui se rapportant à la mécanique pratique, ils avaient comme objectif  de pourvoir à la scolarité de son fils qui avait entamé des études de conducteur de travaux à Bruxelles à partir de la rentrée scolaire de 1940.
     Que d'exercices d'algèbre et de trigonométrie, que d'explications sur les forces mécaniques, que de compléments de documentation n'ai - je pu trouver dans ces dictionnaires tout au long de mes études. Sans compter, que dans le sillon creusé, mon père eut le juste instinct de m'abonner à la Grande Encyclopédie de Culture Générale entièrement illustrée en couleurs, plus connue sous le nom de Tout l'Univers, qui fut publiée par Hachette de 1961 à 1965. Une publication hebdomadaire, détaillée et illustrée, qui donnait réellement envie de  lire et d'apprendre. 
      Et c'est sans doute dans la continuité de cette transmission, que je m'octroyai le plaisir, en 1975, récemment installé au Maroc dans la localité de Berkane5, d'acheter les 10 Volumes du Grand Larousse encyclopédique, édition 1960, lesquels s'ajoutent désormais à l'espace réservé dans ma bibliothèque aux 17 autres volumes du grand-père.
      Car tout cela s'est passé avant qu'une aguichante pomme ne vienne remplacer ceux-ci, en les reléguant à jamais dans des bibliothèques, voire sur de vulgaires étagères de grenier.
 
     En conclusion, cet éventail de dictionnaires volumineux marque comme une étape importante du développement humain de la société dans le courant du XXe siècle. La clarté de la présentation, alliée avec la diversité des articles, ouvrait la connaissance à la classe moyenne. L'instituteur, Emile PARFONRY, se devait de participer à ce mouvement de vulgarisation. Cet article  a servi à illustrer ce que la psychanalyste Claude HALMOS décrit de nos jours  comme une nécessité de " s'inscrire dans une lignée, prolonger une histoire ".

 

Revue pédagogique indépendante, Imp. Lemaire-Moisse, Blégny-Trembleur ;

2 Claude (1854-1924) puis Paul (1881-1951) ;

3  Emile PARFONRY durant toute sa vie n'a jamais été à la Mer du Nord ;

4 Et non le néerlandais car la première refonte fondamentale de l'orthographe pour cette langue ne fut réalisée qu'en 1946;

5 Berkane est une localité de la Province d'Oudja, située dans le Nord-est du Maroc, à proximité de la frontière algérienne. Elle était le siège de l'Office de Mise en Valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), organisme d'état pour lequel j'avais été recruté ;

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 21:13

      L'église Saint-Jacques-le-Mineur, ancienne abbaye bénédictine, située Place Saint-Jacques à Liège, est considérée comme un joyau de l'architecture de style gothique flamboyant. Inscrite par ailleurs dans la liste du patrimoine exceptionnel de la région wallonne, elle possède en particulier un ensemble de vitrail représentant les armoiries des 32 métiers1 autorisés dans la Principauté de Liège (liste des 32 métiers : http://perso.infonie.be/liege06/14quatorze.htm ), une nef transformée en véritable dentelle de pierre et une voûte exceptionnelle constellée de 150 clefs de voûtes. Et pour marquer de son importance, on y conservait les Chartes et les privilèges octroyés à la cîté de Liège. Tout ces aspects peuvent être visionnés sur les sites thématiques, en particulier :

                                               http://www.chokier.com/FILES/STJACQUES/E-Bibliotheque-Balau.html  ou

                                               http://www.fabrice-muller.be/sj/sj1.html .

       Et parmi le foisonnement des pièces architecturales, on y découvre avec un peu d'étonnement une dalle funéraire au nom de CAROLUS DE PARFONDRY, décédé le 7 mars 1724.

Charles_de_Parfondry.jpg

      En la visionnant, on peut y lire le texte suivant :

DNVS CAROLUS DE PARFONDRY (Seigneur Charles de Parfondry)

HVIVS QVONDAM MONASTERY  (De cette abbaye jadis)

CANTOR et OECONOMUS  (Musicien et économe)

OBYT AO 1724   (Décédé année 1724)

MENSE MARTI   (Mois de mars)

DIE 7   (7ème jour)

R.I.P.  (Qu'il repose en paix)

et un autre texte qui laisse penser à une devise où à une épitaphe :

HANC SIBI CONSERAVIT MORITURO VIVUS ARENAM

      Cette présence d'un Charles de PARFONDRY est totalement inédite. Le prénom n'avait jamais été repéré, si ce n'est utilisé, au travers des nombreuses recherches effectuées à ce jour. Avant de pouvoir aborder la question de son origine, l'existence de cette dalle funéraire peut être considérée comme un vestige oublié du passé de cette ancienne abbaye.

       Un extrait d'un document sur l'histoire de ce bâtiment nous fait comprendre que cette dalle a survécu aux pillages organisés par les abbés eux-mêmes durant le XVIIIe siècle. Quelques années après le décès de Carolus de PARFONDRY, la dévotion liturgique du clergé semble s'être effacée devant des considérations plus mercantiles.

La bibliothèque de l'abbaye de Saint-Jacques à Liège (S. Balau, curé de Pépinster)

....... Un exemple non rare d'ailleurs de ce dédain pour un glorieux passé nous est donné par deux d'entre les derniers abbés, Nicolas Jacquet et Pierre Renotte. Le premier, en 1740, enlève les pierres tombales de son église et les remplace par un pavé de marbre noir. Le second vend ces dalles funéraires arrachées aux tombeaux de ses prédécesseurs, et le magistrat de Liège, qui en est acheteur, les emploie à la construction du pont d'Amercoeur2

     Selon l'inscription sur la dalle, ce Carolus de PARFONDRY aurait été à la fois Chantre et Econome (on dirait plutôt de nos jours Chanteur et Administrateur). Ce personnage apparait peu dans la littérature si ce n'est, sans sa particule, dans un texte allemand, publié en 1921, consacré aux livres de cette abbaye de Saint-Jacques de Liège.

Studien zum Liber ordinarius des Lütticher St. Jakobs-Klosters von P. Léopold Paulus Volk, Bonn, juni 1921

 ..... Näherhin kann man das Jahr 1284 als Beginn des neu erwachten monastischen Lebens in St. Jakob bezeichnen " An 1284 corrigitur disciplina in S. Jacobi " steht p.69 am Rande einer Abschrift der Historia ecclesiae Leodiensis von Fisen*, die der Klosterbibliothek von St. Jakob entstammt.

*(note de bas de page)  : Hs 484 der Darmstädter Hof - und Landesbibliothek enthält den zweiten Teil der Historia ecclesiae Leodiensis von 1252 bis 1612. Abgeschrieben wurde sie von Carolus Parfondry, Mönch von St. Jakob, in Jahre 1682.

      Il y est décrit cette fois comme moine en 1682, soit 42 ans plus tôt que la date reprise sur la dalle funéraire. Ce qui apparait normal puisque cette abbaye de Saint-Jacques a été un lieu important de recrutement de moines. Charles a du suivre une certaine formation avant de pouvoir obtenir deux postes importants au sein d'une enceinte religieuse. Et cette étude sur les livres de l'abbaye n'est en rien exceptionnelle, car cette ancienne abbaye possédait au début du XVIIIe siècle une bibliothèque considérable, témoignage de la grandeur théologique et artistique acquise par la cîté de Liège depuis qu'elle s'était accaparée, dès le Xe siècle, du statut de ville princière écclésiastique indépendante. Mort en 1724, Carolus de PARFONDRY n'aura pas à connaître non plus la vente, en date du 3 mars 1788, de plus de 700 manuscrits de la célèbre bibliothèque, dont certains dataient des VIIe et VIIIe siècles.

     La note de bas de page renseigne que notre bon moine Parfondry avait radié, de la liste de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Jacques de Liège, le livre "Historia ecclesiae Leodiensis "3, histoire qui s'étale de 1252 à 1612. Ce qui pourrait signifier qu'il occupait déjà une fonction à cette bibliothèque. Selon la compréhension du texte et de la note de bas de page, ce livre aurait transité par la bibliothèque de la Cour du Landgraviat de Darmstadt4, située dans la Hesse en Allemagne.

      Concernant sa position dans la généalogie, on ne peut avancer que des suppositions, ce qui sur le plan déontologique, reste toujours mal vu de n'importe quel fouineur de manuscrits et d'archives paroissiales. Mais on n'y peut rien si l'on doit suppléer aux vicissitudes des désagréments de notre histoire qui ont abouti à faire disparaître bon nombre de documents. La seule éventualité est de considérer ce moine chanteur et administrateur comme ayant un lien avec la lignée du baron Jacques de PARFONDRY, originaire de Liège  où il y est né en 1767. La période de vie de ce moine au prénom de Charles peut correspondre avec l'arrière-grand-père Jacques, Arnold de PARFONRY, né à Liège en 1655 et décédé en 1742, mais sans plus de garanties (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule). Il n'y a aucune certitude cependant à ce jour que la particule n'ait été l'apanage que d'une seule lignée.

      En conclusion, cet article permet de faire découvrir l'un des bâtiments religieux liégeois qui témoignent du passé glorieux de la Principauté écclésiastique de Liège. Ce personnage de Carolus de PARFONDRY a résisté heureusement à l'outrage des pillages et des démolitions. Il nous confirme que ce patronyme avait bien migré vers la ville de Liège, une fois l'aventure chevaleresque des commandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem terminée au début du XVe siècle. L'importance acquise par les métiers et le développement de la vie religieuse firent office d'attrait économique et cultural. Liège devint, pour notre patronyme, un nouveau centre d'expansion dès le XVe siècle. Il y est toujours présent de nos jours.

1  32 Métiers : Nombre de "Bons métiers ", reconnus dans la Principauté de Liège en 1384. L'organisation des métiers se caractérisait par le désir d'instaurer plus de démocratie ; ces métiers avaient le privilège d'élire les 2 bourgmestres et la totalité des conseillers. Le système, quelque peu remanié , subsista jusque la Révolution liégeoise qui s'étala de 1789 à 1795 et aboutit à son intégration dans la République française ;

2  Pont d'Armercoeur : Pont à Liège, sur la Meuse ; plusieurs fois détruit et reconstruit; l'épisode lié à l'abbaye de Saint-Jacques est en rapport avec la construction d'un nouveau pont en 1741; ce dernier fut démoli en 1859; la construction actuelle date de 1981 ;

3 Historia ecclesiae Leodiensis (trad. : Histoire de l'église de Liège) : Livre écrit en 1646 par Barthélémy FISEN (1591, Liège - 1649, Lille), prêtre jésuite, historien et écrivain religieux ;

4  Landgraviat de Darmstadt est une Principauté de l'empire romain germanique ; plusieurs princesses de Darmstadt devinrent des épouses du tsar de Russie, dont l'épouse de Nicolas II qui fut assassinée en 1918 avec toute la famille impériale ;

 

NB : Mon apprentissage du latin n'ayant pas été très fructueux, je serai intéressé de recevoir la traduction  précise des différents textes gravés en latin sur la dalle funéraire.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 17:57

      De toute sa carrière en tant que marbrier d'art, il est  manifeste qu'une grande partie de la production de François-Xavier PARFONRY a été exportée. Même si le marché intérieur bénéficiait de cet intense développement artistique et industriel de la seconde moitié du XIXème siècle, le pays disposait d'une reconnaissance internationale au niveau de ses artisans. Celle-ci leur fut acquise en particulier par la participation aux Expositions universelles qui se développèrent à partir des années 1850. François-Xavier PARFONRY commença à engranger sa première médaille à celle de Paris en 1867. Sa première médaille obtenue à l'étranger sera celle de Vienne en 1873.

     On pourrait croire que les débouchés au niveau international ne coïncident avec les titres de reconnaissance. Dans le cas de François-Xavier PARFONRY, on constate manifestement qu'il n'en fut pas de la sorte. Si peu de documents ne subsistent sur sa présence hors des frontières françaises, il est acquit avec certitude qu'il a exporté du marbre bien avant d'avoir reçu sa première médaille en 1867. Il saura bénéficier le plus longtemps de ce créneau des pièces d’art, concurrencé par d’autres pays pour le travail moins élaboré.

      Dès 1856 en Martinique, il avait fourni le socle en marbre de Carrare de la statue de Joséphine de Beauharnais (voir articles : Le socle de François-Xavier attend sa Joséphine ; Il est toujours question de la statue de Joséphine). Mais l'un des premiers grands ouvrages qu'il réalisa fut sans aucun la fourniture du grand escalier d'honneur et la belle rampe style Louis XIV sculptée à jour du palais du prince YOUSSOUPOFF à Saint-Pétersbourg.

      On avait connaissance de cette réalisation par sa mention dans un livre de 1867 rédigé par Jules MESNARD, un des plus importants écrivains d'art de cette époque. Décrivant la cheminée de salle à manger en marbre rouge antique, présentée lors de l'Exposition universelle de Paris, qui vaudra la première médaille d'Or à François-Xavier PARFONRY, l'auteur poursuit son paragraphe en mentionnant quelques livraisons antérieures se rapportant à ce marbrier :

MESNARD Jules : Les Merveilles de l'Exposition universelle de 1867, Arts-Industrie, Tome second ; Imprimerie Générale Ch. LAHURE, Paris, 1867

...Quoique exposant pour la première fois, cet établissement qui jouit à juste titre d'une haute réputation, est connu pour avoir exécuté pour la ville de Paris les fontaines de la place de la Madeleine (M. Davioud, architecte), la colonnade et le plafond Renaissance  du vestibule de l'hôtel du prince Paul Demidoff (M. Vautier, architecte) à Paris, le grand escalier d'honneur et la belle rampe style Louis XIV sculptée à jour, du palais du prince Youssoupoff  à Saint-Petersbourg (M. Monighetti, architecte), etc...; 

      Aucune autre indication ne permettait de connaitre avec plus de précision l'année de cette exécution pour le palais de la Moïka à Saint-Pétersbourg. Si ce n'est le fait que François-Xavier PARFONRY travaillait volontiers avec des familles russes puisque le nom de DEMIDOFF, autre importante famille de propriétaires et d'industriels russes,  y est également mentionné.

      La persévérance, alliée à la patience, finit par solutionner le problème de la date. Finalement, dans un extrait d'un journal d'août 1859, il est clairement attesté de la fourniture d'une pièce imposante pour un Palais d'un prince russe à Saint-Pétersbourg, bien avant l'organisation de cette Exposition universelle de 1867. L'ensemble de cette pièce en marbre de Carrare se trouvait sur le quai Jemmapes à Paris, en partance pour la Russie.

Journal des débats politiques et littéraires, 10 août 1859. Rubrique : Faits divers

Une partie du quai Jemmapes était hier littéralement encombré de caisses contenant tout un escalier en marbre de Carrare, destiné, dit-on, à une maison princière de Russie. Le  peu qu’on a pu  en voir à paru d’une grande richesse de sculpture. Ce magnifique travail d’art sortait des ateliers de MM. J. Dupuis et Parfonry  

      Quelques explications complémentaires apparaissent nécessaires pour clarifier l'apparition des quelques noms propres apparaissant dans les textes. Une façon de retranscrire la petite histoire du parcours de cet escalier en marbre de Carrare dans la grande Histoire.

     En fonction de la date de livraison en 1859, il est vraisemblable que François-Xavier PARFONRY a négocié sa construction avec Nikolaïs Borissovitch YOUSSOUPOFF (1827-1891), reconnu comme grand mécène et grand collectionneur. Issu d'une grande famille princière russe, réputée plus riche que le tsar, les YOUSSOUPOFF possédaient à la veille de la Révolution russe de février 1917 plusieurs millions d'ha et des participation dans de multiples sociétés. Elle possédait depuis 1830 le Palais de la Moïka à Saint-Pétersbourg.

      L'oeuvre d'art réalisé dans les ateliers DUPUIS-PARFONRY a été dessinée par l'architecte russe d'origine italienne MONIGHETTI (1819-1879). Ce dernier n'était autre que l'architecte officiel du tsar de l'époque Alexandre II. La raison pour laquelle cette commande pour un palais princier, avec l'assentiment probable du tsar, allait être réalisée en France est un peu paradoxale dans le contexte historique. L'année 1856 avait en effet vu la défaite de la Russie, vaincu par la France et l'Angleterre, lors de la guerre de Crimée. Mais, l'importance des réformes libérales entamée par le tsar dans tous les domaines de la société (abolition du servage, indépendance de la justice, enseignement,...) combinée à la fortune des YOUSSOUPOFF, et au fait que ces familles russes possédaient des propriétés en France et avaient en usage la langue française, doivent probablement en être l'une des explications de cette commande.

      Une fois l'ensemble en marbre terminé dans les ateliers de la rue Saint-Pierre-Amelot dans le 11ème Arndt., les pièces, solidement agencées dans des caisses, furent amenées au quai Jemmapes, face au célèbre Hôtel du Nord, éloigné seulement de 2 km des ateliers. Situé le long du canal Saint-Martin dans le 10ème Arndt., ce quai, inauguré en 1825, était un des débouchés, entre le bassin de la Villette et le port de l'Arsenal, permettant  à toute la production fabriquée intra-muros, de rejoindre la Seine puis l'Océan Atlantique. Après un voyage de plusieurs semaines, l'ensemble arriva sur les rives de la Lena à Saint-Pétersbourg avant de remonter son affluent la Moïka, au bord duquel se trouvait le palais de la famille YOUSSOUPOFF.

      Il est probable que la mise en place du bel escalier de marbre et de la belle rampe style Louis XIV se fit en présence du marbrier lui-même et de son concepteur, l'architecte MONIGHETTI. Malheureusement, tous les documents personnels du marbrier n'ont pas été conservés.

     Sur le site   http://lespoupeesrusses.blogspot.be/2008/09/le-palais-youssoupoff.html, consacré au Palais YOUSSOUPOFF, on peut visionner parmi les photos des différentes pièces, ce bel escalier en marbre de Carrare

      Quelques dizaines d'années plus tard, cet escalier monumental a sans aucun doute soutenu les derniers pas, en cette date de 29 décembre 1916, du moine RASPOUTINE. Quelques instants plus tard, il était assassiné par le prince Félix YOUSSOUPOFF (1887-1967) et quelques complices qui lui reprochaient d'être trop influent sur les décisions du Tsar NICOLAS II et de son épouse.

       Peu de temps après, la Révolution russe de 1917 anéantit la pérennité de toutes les familles princières russes. Le Palais de la Moïka résista à la tempête un peu mieux que les autres. Le Prince Félix dut cependant s'exiler. Après s'être installé en Crimée puis à Malte, il arriva finalement avec son épouse à Paris en 1920. Il trouve refuge au début chez une certaine Elvire SAKAKINI qui l'aurait aidé quelque temps à s'insérer dans ce Paris mondain. Comme par hasard, cette dernière, fille adultérine supposée d'Hector DEFOËR, le bey d'Egypte qui avait du entretenir des relations professionnelles avec François-Xavier PARFONRY, habitait encore au 72 de la rue Jouffroy en 1906, soit à proximité de l'hôtel particulier acheté par ce dernier (voir article : L'échec de François-Xavier en Egypte). Un beau trio de relations dont on peut difficilement imaginer que la descendance n'en ait eu connaissance.

     Avec cette imposante réussite, François-Xavier pouvait espérer donner un autre développement à son entreprise. Son association avec DUPUIS s'arrêta ainsi peu après, probablement peu avant le décès de ce dernier. Il quitta les locaux, sans doute devenus trop exigus, de la rue Saint-Pierre-Amelot pour acquérir, toujours dans le 11ème Arndt., ceux de la rue Saint-Sabin. Il s'associera avec un certain LEMAIRE mais cette fois en apparaissant en premier dans la dénomination PARFONRY-LEMAIRE. La carrière distinguée de cet ancêtre marbrier pouvait démarrer.

    Quant à la famille YOUSSOUPOFF, elle continua à résider en France. La princesse Zénaïde YOUSSOUPOFF (1861-1939), héritière de cette famille, mère de Félix, mourut à Paris. Elle disposait d'un somptueux domaine, celui du château de Keriolet près de Concarneau en Bretagne. Pendant son exil à Paris, le Prince Félix s’est vu restituer le domaine qui leur avait été repris après la révolution russe.

      Le Tsar Alexandre II fut quant à lui assassiné en 1881, sorte de présage de ce qui sera le sort de son petit-fils Nicolas II et de toute sa famille en 1918.

      En conclusion, ce suivi du trajet d'une des pièces les plus imposantes produites par le marbrier François-Xavier PARFONRY, permet de traverser certains épisodes de l'Histoire contemporaine. Elle est en outre le point de départ de la formidable carrière de ce marbrier qui allait dès lors récolter des médailles lors d'Expositions universelles. Il ne reste plus qu'à envisager un périple aux bords de la Moïka pour visionner cet escalier avec sa rampe sculptée à jour et en rédiger un article.

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:36

        Un dernier séjour agréable à Nantes, pour aller découvrir la ville du Premier Ministre français, en particulier " Les Machines de l'île " (site officiel : http://www.lesmachines-nantes.fr/fr/actualit-s/), et la " Cour Cambronne ", m'a permis, sur le chemin du retour, de m'attarder dans l'un de ces lieux qui fleurent bon notre patronyme.

       Qui ne connait la chanson paillarde où l'on répète à volonté l'expression " de Nantes à Montaigu ". J'aurais pu, dans un élan de retour à mon parcours estudiantin à Gembloux, suivre cet itinéraire pour aller retrouver cette digue qui fut à l'origine de la chanson au Moyen âge. Il n'en a rien été, laissant mes souvenirs dans une autre vie et préférant un itinéraire " de Nantes à Parfouru ", affecté d'une certaine similitude de déclinaison.

    Qui n'a pas en remontant l'autoroute A84, celle qui parcourt le pays Normand, eut l'attention attirée par une sortie, entre Villedieu-les-Poëles et Caen, amenant la curiosité à sillonner de petites routes avant d'atteindre la commune de Parfouru-sur-Odon (14310), dans le département du Calvados. Avoir droit à un panneau de sortie d'autoroute à son nom, même s'il n'y habite que quelques 139 Parfourutins, nom donné aux habitants, n'est pas une chose anodine. Outre le fait de disposer d'une écriture qui rappelle la construction de notre patronyme, la diversion doit valoir la chandelle. De plus, cela correspondait avec le timing horaire de durée de conduite et de reconsolidation de nos circuits digestifs. Décision donc fut prise de nous rendre à :

  DSC 0915

    Ayant parqué la voiture à l'ombre au pied d'un calvaire, un parcours pédestre, à travers le village, nous semblait la meilleure façon de digérer et de s'imprégner du parfum de son nom (voir site de la commune : http://www.parfouru.fr/). Situé entre vallées et bois, le village est construit à flanc de colline, tel un prolongement de cette suisse normande, que nous venions de traverser. Rapidement, il est apparu qu'un marquage particulier avait été réalisé pour discerner les différents quartiers. Ainsi, pas moins de 10 plaques y auraient été apposées, démontrant de l'existence d'une certaine diversité dans la toponymie malgré la modestie du lieu (Voir sur le site de la commune : Perdu à Parfouru ?). Nous en avons rencontré quelques unes : Le Moulin, Le Ruaudet, Le Village, Montaville, Les Jonchères. Et surtout une pancarte portant l'appelation de :

DSC 0917

      Situé au bas du village, proche de cette rivière de l'Odon, affluent de l'Orne, qui confère son nom complet à la commune, un sentiment de satisfaction et de quiétude me donna la quasi certitude que mes pas progressaient sur le petit chemin qui avait été à l'origine du nom de village. Non loin de la rivière, ce quartier, constitué de quelques maisons parfaitement rénovées, était dissocié de celui proche, englobant l'ancien moulin. Au bout d'une petite route en cul de sac descendant vers la rivière, dans un endroit très ombragé, on y découvre une sorte de mini-lavoir en ciment. On ne pouvait trouver meilleur indice pour trouver le cadre idéal justifiant de dissocier ce lieu avec celui du moulin attenant. La spécificité de l'endroit existait encore plusieurs siècles après sa création.

                                  Le Bas de Parfouru : La route en cul de sac qui conduit au petit bac d'eau ombragé

DSC 0920

     Ce n'est probablement pas le château actuel, au passé assez récent, qui peut apporter un élément d'information supplémentaire. Bien qu'ayant été habité par une lignée d'Abaquesne de Parfouru, sur quelques générations récentes, il a probablement existé un plus ancien château, situé sur le versant sur lequel ont été construites la plupart des maisons. Un endroit appelé La Motte aurait servi de lieu de construction du premier château, qui n'existe plus.

    En regardant le paysage, on y retrouve probablement le même environnement que celui du village de Parfondru dans l'Aisnes (voir article : Faites la connaissance de la commune de Parfondru) que nous avions arpentés auparavant. La vue du petit ruisseau au bas de son château, au bord duquel se sont développées les premières habitations dans le courant du Moyen-âge, inspirèrent probablement le premier châtelain qui désigna de ce fait ces sujets du vocable " ceux d'en bas habitant par le fond du ruisseau ". L'esprit de concision fit le reste par la suite pour donner un nom au lieu.

      Pourquoi avoir, dans ce cas, utilisé la syllabe " fou" et non " fon" ou " fond ", cela reste un mystère. Mon intuition me dit qu'il devrait peut être y avoir une influence étrangère au niveau  de la prononciation. Cette région proche de Caen a été, ne l'oublions pas, un lieu d'installation des premiers ducs de Normandie, originaire des pays scandinaves, et devenus rois d'Angleterre, qui occupèrent la fonction de 911 à 1204. La première mention de cette famille des écuyers de Parfouru remonte en 1224 avec Charles de Parfouru (source : Généanet), ce qui est assez concordant pour pouvoir en expliquer l'influence dans la prononciation.

   Sur le plan historique, ce village de Parfouru-sur-Odon n'est pas à l'origine de la famille des Ecuyers de PARFOURU, ayant été au service du Roi de France. Ceux-ci proviendraient du hameau de Parfouru-l'Eclin, situé dans la commune de Livry (14240), non loin de la tapisserie de Bayeux. Ce qui explique pourquoi aucun indice de pierres tombales portant ce nom ne fut retrouvé, en arpentant le cimetière autour de l'église. On tomba par contre, un peu à l'écart, sur la tombe du prince Wilhelm von Schönburg-Waldenburg et de deux membres de son équipage tués dans leur panzer IV le 9 juin 1944. Le prince commandait le IIe Bataillon du Panzer-Lehr Regiment 130. Ces trois sépultures sont inhabituelles dans un cimetière communal.

     Des informations sur cette lignée d'écuyers peuvent être trouvées dans ce blog (voir article : Les Ecuyers de Parfouru en Normandie). Le nom de famille PARFOURU existe encore de nos jours, ayant perdu entretemps le petit appendice qui leur avait valu d'être reconnu dans l'Armorial de D'HOZIER.

    La promenade à Parfouru-sur-Odon se termina par la visite du Jardin Les Bosquets, réalisé par un passionné de jardinage, ancien boulanger de son état. Mon épouse y flâna, y trouvant l'inspiration pour faire quelques photos de fleurs et de massifs. Particulièrement original et appréciées en cette période de canicule qui débutait, les hautes allées de lauriers, taillées pour leur donner une structure d'arc en plein cintre, offraient un ombrage salutaire mais tout aussi étonnant.

   En conclusion, cette visite dans le village de Parfouru-sur-Odon semble confirmer que la formation du patronyme soit liée avec la toponymie de l'endroit. Du moins pour les sites visités sur le territoire français. Aucune extraction de fer ou autres minerais n'y est mentionnée, autorisant une autre hypothèse. Comme tous les sites qui se référe à notre patronyme, le lieu est plaisant et vaut le détour pour se reposer à condition d'y amener son pique - nique.

      Promis, juré, la prochaine fois que je foncerai à 136.5 km/heure sur cette A84, je ralentirai de nouveau au panneau de sortie Parfouru-sur-Odon. Mais cette fois pour aller visiter le petit hameau de Parfouru-l'Eclin, situé de l'autre côté, un peu plus loin dans la commune de Livry.

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 16:13

      Nos pérégrinations à travers les âges pour rechercher des écritures se rapprochant de notre patronyme nous a déjà conduit à trouver, parmi les allocataires modernes, des PARFONRY et des PARFONDRY, tous originaires de Belgique, de même que des PARFOURU, originaires du Calvados (commune de Parfouru-sur-Odon et hameau de Parfouru-l'Eclin).

     Et voici que vient d'apparaître, par le hasard d'une rencontre fortuite avec la dénommée Aliette PARFONRY, un nom à double clef (j'aime mieux cette expression que le terme  " à particules " ). Il existe de nos jours une famille qui se réfère à une ancienne appelation de " de BIGAULT de PARFONRUT ". Notre curiosité positive et constructive conduit impérativement à découvrir des informations sur ce nouveau patronyme à double clef.

    Un premier indice au niveau de l'écriture Parfonrut s'avère un élément à mettre en relation avec nos découvertes antérieures. L'ajout de la consomme "T " est une caractéristique que nous avions déjà relevé dans l'écriture de la commune de PARFONDRUPT (55400), située dans le Département de la Meuse, entre Verdun et Metz. A l'occasion d'un séjour récent dans les Vosges, il avait également été observé que plusieurs endroits étaient affublés du terme " RUPT ", en particulier non loin de Gerardmer (88400) en région lorraine (Xonrupt, Bas-Rupt, Xamontarupt, Jussarupt, Sarupt,...) découlant d'une particularité au niveau du langage local par rapport à nos terminaisons en " RU " ou " RY ".

    Une immersion dans les données généalogiques de ces régions de l'Est de la France apporta la confirmation  de l'origine de ce nom de famille. Il est, comme c'est souvent le cas, la fusion de deux noms de famille. Le premier concerne Louis BIGAULT d'AVOCOURT de TROISFONTAINES, né en 1704 dans la localité Les Islettes et décédé en 1765 à Vienne-le-Château. Le second, son épouse, est la dénommée Anne de CONDE de PARFONRUT, née quelque part en 1717 et décédée en 1771 également à Vienne-le-Château. 

       De cette union, naquit le dénommé Jean-Marie de BIGAULT de PARFONRUT de MALBERCK (1756, Vienne-le-Château - 1821, Lachalade) qui exerça la profession de Maître Verrier et devint propriétaire de l' Abbaye de La Chalade en 1791. Il se maria en 1776 avec Marie Madeleine du HOUX de MONTIGNY. 

      La génération suivante se poursuivit dans la même logique des croisements de noms. Le simple plaisir des noms des époux et des épouses me pousse à donner un aperçu non limitatif de la succession. L'innovation dans la terminologie des noms à rallonge n'a ainsi aucune limite.     

      Pour trois des enfants de ce  couple, on ne peut s'empêcher de savourer les unions suivantes :

         - Jacques, Charles de BIGAULT de PARFONRUT (1777, Vienne-le-Château - 1859, Les Islettes), Maire de la commune de Lachalade ; marié à Charlotte, Félicité de SIMONOT (1787 -1826 ;  ce couple eut 3 filles

         - Anne-Sophie de BIGAULT de PARFONRUT (1778, Vienne-le-Château - 1849, Lachalade) ; mariée à Charles-François de BIGAULT du GRANRUT (1767-1834)1 ; ce couple eut 3 garçons et 4 filles

         - Charles-François de BIGAULT de PARFONRUT (1787, Lachalade - ......) ; Juge de Paix du Canton de Varennes ; marié à Alexandrine- Henriette de BEFFROY ; ce couple eut 4 filles 

      La mention des lieux de vie des différents couples relève d'une cohérence géographique. Les trois communes dans lesquelles ont transité les différentes générations, à savoir Vienne-le-Château (51800), Lachalade (55120) et Les Islettes (55120) sont localisées dans la région naturelle de l'Argonne. Région de forêts et d'étangs, celle-ci a constitué depuis la nuit des temps, à savoir la partage de l'Empire de Charlemagne, une zone de conflit entre la France (Champagne) et le Saint-Empire romain germanique (Lorraine). Petit rappel pour signaler que la Lorraine constitue l'héritage de ce qui fut appelé Haute-Lotharingie (comprenant les diocèses de Metz, Toul, Verdun et Trèves) au moment de sa séparation en 959 avec la Basse - Lotharingie, laquelle se réduira par la suite au seul Duché de Brabant en Belgique. Et pour mémoire, c'est dans l'un des villages de cette région de l'Argonne (Varennes) que se termina la fuite de Louis XVI et de Marie-Antoinette, espérant déserter leur royaume de France pour aller rechercher la protection des Habsbourg.

     Une autre recherche nous fait découvrir une lignée remontant à un dénommé Chrétien de CONDE, Seigneur de Parfonrut  dont la descendance est composée de deux filles. L'une Louise de CONDE est née en 1661 à Vienne-le-Château et décédée en 1724 à La Harazée2. La seconde Marie de CONDE de PARFONRUT, née en 1675 et décédée en 1716 à Vienne-le-Château confirme bien de la présence dans la région de l'Argonne. Quant à Anne de CONDE de PARFONRUT, déjà mentionnée, elle est la fille d'un dénommé Charles de CONDE de PARFONRUT, Seigneur de Therme et de Malberck. Compte tenu de son année de naissance en 1717, son mariage a pu avoir lieu durant la période du règne de Stanislas LESZCZYNSKI, déchu de son titre de roi de Pologne, et ayant obtenu en viager le duché de Lorraine en 1737 avec l'assentiment de Louis XV3 et des puissances européennes. La Lorraine4 entrait ainsi dans le giron de la France ce qui fut définitif en 1766 au décès du duc. Parfonrupt faisait intrinséquement partie du duché de Lorraine tout comme Avocourt et Troisfontaines, les noms à double clefs de l'époux, de même que les trois localités de l'Argonne déjà citées. On suppose que les unions entre les familles aisées de Lorraine furent favorisées afin de rechercher des alliances de territoire qui permettaient d'accroitre la richesse industrielle de la Lorraine à cette époque.

      D'autres recherches ont permis à ce jour de déterminer d'un lien ancien entre les communes de Condé et de Parfonrupt (source : M. de Saint ALLAIS (1841) : Nobiliaire Universel de France, Paris, Tome 20). Cette famille de CONDE est en fait originaire de la commune de Condé, située dans le Hainaut sur l'Escaut, près de Valenciennes. Elle portait le titre de Baron de CONDE, Seigneurs de BELOEIL et de MORIAMES depuis 1200. En 1318, ils quittent apparemment leur ville de Condé pour se disperser à travers la France et l'Espagne. Et on retrouve l'un d'entre eux, Lancelot de CONDE, considéré comme  "tige d'une branche considérable, possédant en Lorraine les seigneuries de Serres, de Souhèmes, de Parfourut et de Busgnicourt ". Il se  marie en 1532 avec Claudine de CONDE.  

      Ce mariage entre "cousins " a du être assez fréquent car dans la génalogie de cette famille de CONDE, sur Généanet, on fait mention d'un recours à une dispense papale pour un autre mariage de ce type. Ce fut le cas pour le mariage de Marie de CONDE de PARFONRUT, déjà citée, avec Jacques de BIGAULT, dont la descendance s'appelera désormais DE BIGAULT de GRANRUT, omettant la référence au lieu Parfonrut. Il semble qu'aucune famille ne porte plus de nos jours la référence à la seigneurie de Parfonrut.

     En conclusion, si aucune confirmation d'un lien avéré avec la commune actuelle de Parfondrupt ne peut être affichée, le fait de l'existence d'un Seigneur de Parfonrut au XVIIème siècle et la concentration géographique des lieux incitent à authentifier de l'existence d'un autre centre d'origine de formation de notre patronyme dans cette région de Haute-Lotharingie, dont la création remonte au partage de l'empire de Charlemagne. Origine qui doit probablement exister en lien avec le ruisseau de Parfonrut qui se jette dans la Biesmes en ondulant dans cette forêt de l'Argonne5.

      Quant à trouver un certain rapprochement entre l'onomatopée RUT avec la période de reproduction des cervidés, il y a là une diversion que je n'ose pas introduire. La symbiose serait trop fluide pour permettre toute similitude avec un écoulement d'eau mais les linguistes distingués du Larousse nous rassurent en établissant le lien du mot rut avec le latin rugitus, venant en harmonie avec le rugissement du mâle. Oufti !! ceux de la lignée des GRANRUT peuvent être rassurés. Tout en m'efforçant de donner le maximum d'éléments instructifs, le côté ludique reste de temps en temps une touche qui s'inscrit quelque part sur la toile.

 

1 C'est cette famille du GRANRUT qui poursuivra la gestion de  la verrerie ;

2 La Harazée est de nos jours le lieu de la Nécropole Nationale rassemblant les soldats morts lors de la bataille de l'Argonne à la guerre 14-18 ; situé sur le territoire de Vienne-le-Château ;

3 Louis XV reçut pour épouse Marie LESZCZYNSKA, la fille du duc de Lorraine ;

4 La région lorraine de nos jours est composée des Départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle et Vosges;

5  C'est le long des ce ruisseau de Parfonrut qu'ont vu le jour deux verreries de la famille de Bigault ;

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 15:31

     L'article précédent porte une certaine attention à l'ancrage belge de l'horloger Emile Parfonry, disposant d'un magasin au 58 de la rue de Namur à Bruxelles, soit la rue reliant le bas au haut de la ville, à proximité de la Place Royale. Il y côtoyait d'autres maisons comme celles des peintres1 François DUYK (au 59) et Paul HERMANUS (au 32), le magasin Central Photo L. MARINUS (au 66), le magasin de décorations L. PETIT Frère et Soeurs (au 15), mais surtout au 20 de la rue de Namur, le siège de la Société "Etat indépendant du Congo" qui gérait les financements octroyés par le roi Léopold II pour couvrir les frais de l'explorateur H.N. STANLEY.

      Certaines informations laissent à penser que cet horloger aurait pu avoir un intérêt à présenter une affinité marquée du côte de la Suisse.

     A cette période, il existait beaucoup de manufactures et de revendeurs de montres qui les assemblaient eux-mêmes. Les montres à gousset sont vendues en grand nombre et elles étaient intensément utilisées pour la remise de prix lors de concours, ce qui était le cas pour Emile PARFONRY notamment pour le Concours de Tir du Gouvernement. Le mécanisme d'horlogerie étant la partie essentielle pour en fixer le prix de vente, les horlogers de chez nous devaient s'approvisionner dans le pays dont provenaient presque exclusivement pour l'époque les montres, les mouvements de montres et les diverses pièces d'horlogerie, à savoir la Suisse.

      Et c'est ce qu'à été obligé de faire Emile PARFONRY. Il s'est efforcé d'obtenir un brevet suisse pour valoriser ses montres. Dénommé Swiss patent Moeri's Nr 7547, ce brevet provient d'un fabricant de montres2 installé à Saint-Imier, dans le canton de Berne en Suisse. A l'origine, ce brevet non-magnétique était adapté au célèbre calibre 19 de la marque Omega3, lancé en 1894, et destiné au marché américain. Plusieurs montres d'Emile PARFONRY portent ainsi la mention MOERI'S PATENT 7547/...

      La notion de Magasin Suisse est également liée à cet horloger. Cette inscription apparait sur plusieurs modèles et dans ses publicités. Une preuve en soi qu'il voulait afficher l'origine des pièces qui entraient dans la composition des montres vendues dans son magasin.

      Plus explicite encore, c'est l'indication sur une montre de la mention Médaille d'Or à Paris en 1889, lors de l'Exposition Universelle. Cette information est d'autant plus surprenante qu'on n'y relève aucun horloger belge à l'occasion de cette Exposition au cours de laquelle 10 Grands Prix et 31 Médailles d'Or ont été décernés au sein des 556 exposants horlogers, essentiellement français (281) et suisses (147). Il y est même souligné comme seule référence à la Belgique que ce pays " au même titre que l'Autriche, la Suède, l'Espagne possède aussi des artistes de l'art de diviser le temps mais leurs produits quoique artistiques et bien conçus, ne possèdent pas ce quelque chose qui promet pour l'avenir "4. Bref, une belle phrase pour expliquer finalement pourquoi aucunes médailles ne leur ont été attribuées.

      On en conclut qu'il est pratiquement certain que l'horloger Emile PARFONRY devait être considéré avec son brevet suisse et sa publicité en tant que magasin suisse comme un exposant de ce pays

 

1 Des toiles de ces deux peintres DUYK et HERMANUS sont régulièrement mises en vente. HERMANUS est le plus connu et dispose d'un article sur Wikipedia ;

2 Associé depuis 1883 à Jules Frédéric JEANNERET, Fritz MOERI crée en 1899, à la mort de ce dernier, la société des montres SA MOERIS mesurant des intervalles ultra-courts et des chronos de grandes précisions; la société MOERI existera jusqu'en 1970, date à laquelle elle est rachetée par TISSOT ;

3 Le calibre 19 d'Omega est le produit qui assurera la renommée de la marque ;

4 ROUSSIALLE D. (1890) : Quelques études sur l'horlogerie à l'Exposition universelle de Paris 1889, Lyon, Imprimerie A. Waltener et Cie ;

    

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 19:01

      Il aura fallu sans doute attendre un certain temps. Mais finalement, en bénéficiant de la passion d'un ardent défenseur de l'histoire de l'horlogerie, voici que le nom d'Emile PARFONRY, l'horloger de Bruxelles, est réapparu à la lumière. Notre ancêtre a trouvé enfin une reconnaissance dans la communauté des horlogers. Un article spécifique vient de lui être consacré, résultat d'un travail préliminaire de repérage ayant débuté il y a de cela deux années.

      En 2010, un livre de 369 pages intitulé " Staande klokken en uurwerkmakers in Vlaanderen "1, publié en 2006 aux éditions Peeters à Leuven, avait attiré mon attention. Son auteur Eddy FRAITURE y démontrait d'une certaine compétence et d'un savoir faire pour y présenter l'évolution de l'horlogerie. Il n'en était pas à son premier livre sur le sujet. De quoi impressionner mes neurones toujours friands de découvrir des liens avec l'histoire de la société.

      Et comme pour titiller ma curiosité, il débutait sa recherche en mentionnant que la signature du Traité d'Utrecht en 1713 était considérée comme le catalyseur de l'émergence de la construction d'horloges en Flandres. Ah, ce fameux Traité d'Utrecht qui nous avait enfin débarrassé, du moins temporairement, des querelles incessantes que se livraient sur notre territoire, depuis le partage de l'empire de Charlemagne, les différentes puissantes européennes. Exit les espagnols, bas les pattes les français, dehors les allemands, les anglais et autres. Ils étaient remplacés par l'autrichienne, non pas Marie-Antoinette la fille, mais Marie-Thérèse la mère. Enfin, nous allions pouvoir vivre en toute quiétude et investir dans l'avenir. Prémices de l'âge d'or d'une Europe expansionniste, triomphante qui allait se poursuivre jusque dans la seconde moitié du XIXème siècle, empiétant même quelque peu dans le XXème jusqu'en 19142. Et permettre à ce nouveau pays de devenir le troisième, voir le deuxième pays exportateur au monde.

     Eddy FRAITURE redonnait ainsi vie à 2.500 horlogers, démontrant la vivacité d'un métier d'art et de précision. Et parmi ceux-ci, notre Emile PARFONRY avait droit à quelques lignes à la page 259. Manifestement, on ne lui reconnait pas les mêmes références que les ténors de l'horlogerie belge qu'ont pu être les COIGNET, les ZIMMER, les DE BEFFE, les CRETEN, ....

      Sans aucun doute motivé d'être le descendant d'un père et d'une grand-mère institutrice en chef à Opheylissem, Eddy FRAITURE se proposa de rédiger un article sur cet horloger en profitant des informations déjà  contenues dans mon blog. Pour la première fois sans doute, un témoignage sur notre saga sortait du contexte de la francophonie et était rédigé en néerlandais. Avec cet article personnalisé, notre aïeul y reprend une place plus significative. Son modèle de montre " Boîte du Roi ", à l'effigie de Léopold II, photo à l'appui, est reconnu en quelque sorte comme faisant désormais partie du patrimoine. Un résultat qui met une nouvelle fois en exergue un individu de notre lignée que la mémoire allait oublier.

     L'article d'Eddy FRAITURE a été publié dans la revue trimestrielle " Uurologisch3 Nieuws " d'août 2012, édité par un groupe de passionnés se regroupant sous la dénomination de  Het Uurwerkgezelschap4.  L'intitulé " Parfonry, een Brussels uurwerkmaker ...."5 se prolonge par quelques petits points qui ne sont pas là par pur hasard. Ils font comprendre, après lecture, que le texte ne se limite pas intrinséquement au métier d'horloger d'Emile. Le mélange avec quelques éléments de sa vie privée rend bien entendu un peu plus vivant son profil. Un parfait exemple d'une retranscription de l'histoire de la mémoire familiale. Et l'article se termine par les quelques mots de reconnaissance " Met grote dank aan Roland PARFONRY en zijn uitgebreid blog over de familie Parfonry " dont la traduction ne me semble pas nécessaire, car manifestement le style et la structure des mots sont suffisamment compréhensifs pour le lecteur. L'auteur de l'article avait trouvé assez d'éléments sur mon blog qui justifiaient de développer les quelques maigres lignes écrites précédemment dans son livre.

      La mémoire d'Emile PARFONRY, l'horloger de Bruxelles, est  désormais conservée. Sans oublier Alexis, dont la photo est reproduite dans l'article, portant à son gilet la montre à gousset qui fait la célébrité de son oncle.

  (pour  les informations plus détaillées, et notamment la photo de la " Boîte du Roi ", voir les articles sur ce blog dans la catégorie : Emile Parfonry, l'horloger de Bruxelles)

 

1 Traduction : Horlogers de parquet et horlogers en Flandre ;

2 A l'exception d'une période de 20 ans perturbée par l'expansionniste débordant d'un petit caporal hyper actif qui voulait devenir aussi gros que le boeuf de la Fable de La Fontaine ;

3 Mot intraduisible car il découle d'un jeu de mots avec le terme " Urologisch =Urologie " ;

4 Traduction : Le Club (ou Cercle) des horloges ;

5 Traduction : Parfonry, un horloger bruxellois ... ;

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:35

      Transmise par Jean PARFONRY de la branche d'Erezée, voici une photo prise par sa fille Aliette de ce qui doit être probablement la plus vieille croix existante se rapportant à notre patronyme. L'agrandissement a permis de déchiffrer les quelques mots qui y sont inscrits.

                                                                     ICI  EST  DECEDE

                                                                    SUBITEMENT

                                                                    JEAN  JOSEPH

                                                                    PORFONRU  DE

                                                                    CLERHEID  EN

 

    Les dates qui suivent le texte sont recouvertes par la plaque plus récente portant la mention :

                                                                             FAMILLE

                                                                  PARFONRY - CHARLIER

           Croix Clerheid

      L'écriture sous la forme de PORFONRU est un témoignage manifeste que ce patronyme n'avait pas encore la stabilité qui est acquise de nos jours.  Par les recherches effectuées antérieurement par Alexandre PARFONRY de la branche des PARFONRY d'Erezée, il semble assuré que cette personne soit l'une des plus anciennes connues de cette famille. L'inscription du mot " SUBITEMENT" est une indication supplémentaire comme quoi cette croix fait référence à Jean Joseph PARFONRY, décédé en 1866, à l'âge de 33 ans, suite à l'importante épidémie de choléra qui s'était propagée dans la région. Celle-ci, bien que brève dans la durée, fut l'une des plus meurtrières1. C'est manifestement la raison de la mention de l'adverbe sur la croix.

      Recensé comme cultivateur, il est le fils d'un autre Jean-Joseph PARFONRY (1795-1848), reconnu originaire du village de Clerheid2. Mais surtout, il est le père de trois personnages importants de la lignée :

                          - Emile  (1857-1883), le militaire explorateur, parti rejoindre STANLEY au Congo ou il y est décédé ;

                         - Hubert, Narcisse (1859-1946), parti au Matto Grosso au Brésil et revenu en Belgique pour créer l'entreprise PARFONRY-LIELENS ;

                          - Joseph (José) , décédé en 1938, parti à Séville pour créer une entreprise spécialisée dans l'installation de paratonnerre ;

    Le plus interpellant dans cette photo, c'est la mention PARFONRY - CHARLIER . La seule association entre ces deux familles se réfère au couple

                        PARFONRY Nestor, Joseph (dit Victor) , né le 01/05/1874 à Marenne3, décédé vers 1928/1929 à Bruxelles, et  CHARLIER Valérie, Marie, qui se sont mariés en 1911 à Tohogne4.

      Nestor (dit Victor) PARFONRY n'est rien d'autre que le petit-fils de Jean-Hubert PARFONRY (1820-1882), né lui aussi à Clerheid, le frère ainé  de la personne décédée du choléra et mentionnée sur cette croix. Selon les informations qui m'ont été transmises, le couple PARFONRY - CHARLIER n'a pas eu d'enfants.

      La raison qui a conduit le couple PARFONRY - CHARLIER, a apposer une plaque sur cette croix funéraire ancienne, sans avoir un lien familial direct avec celui-ci, reste à élucider. Victor PARFONRY, étant né  huit  années après le décès de son lointain aîeul, n' a pu connaître celui-ci. Il reste à retrouver dans les souvenirs de famille une explication pour justifier de cette association sur ce que l'on peut attester de plus vieille croix existante dans un cimetière et en rapport avec notre patronyme.

 

1Cette épidémie de choléra fit énormément de victimes non seulement en Belgique mais aussi dans le Nord de la France ; dans les registres de décès, on retrouve plusieurs personnes portant le nom de PARFONRY et PARFONDRY décédés en 1866 à la suite de cette épidémie, en particulier dans la région d'Havelange ;

2 : Clerheid, village faisant partie de l'entité d'Erezée ;

3 : Marenne : village faisant partie de l'entité de Hotton ;

4 : Tohogne : village faisant partie de l'entité de Durbuy ;

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:45

      Ce n'est pas un généalogiste affamé de fiches numérisées qui a finalement trouvé le fil permettant de combler les deux siècles manquant dans l'ascendance du Baron Jacques de Parfondry avant 1600 (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule).  Toujours féru de découvrir le document adéquat sur internet, voici celui qui doit permettre d'attester d'une filiation entre le Baron Jacques de Parfondry, bourgmestre de Yernée, décédé en 1824, et la famille des Chevaliers de Parfondry présente tout au long du XIVème siècle et au début du XVème siècle.

      L'article suivant est d'une importance essentielle pour affirmer du lien, toujours supposé mais jamais démontré. En y recoupant les informations qui y sont contenues et celles déjà retrouvées, on a la réponse à l'une des questions qui se trouvaient toujours dans l'attente d'éléments précis de confirmation. 

Histoire de la Cense des Moges à Nandrin (dans : Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, Tome LXXXI, Maison Curtius, Liège.

p. 75 : .... Durant le 17ème siècle, la ferme est tenue par des membres de la famille de Parfondrieux qui tire son nom du hameau voisin de Parfondry - Ste Barbe ; nous rencontrons : Jacques de Parfondrieux, époux d'Anne Nicolay, Jacques de "Moge" apparaissant au mariage de sa fille Bernardine de Parfondrieux, paroissienne de Nandrin, avec Bertrand delle Rée, de la Neuville, le 5 février 1591, puis Jacques, son fils, époux d'Anne de Loncin qui firent leur testament, devant le curé de Nandrin, le 15 avril 16701.

       Des commentaires qui accompagnent cette histoire, on en retire les principaux aspects explicatifs. Cette Cense2 des Moges3 était l'une des plus importantes de la région de la Hesbaye liégeoise. Elle s'étendait sur les villages de Nandrin, de Clermont, de Neuville, d'Ehein et de la Rimière, soit à quelques encablures du hameau de Parfonry, situé en bordure de la Meuse, entre Hermalle-sous-Huy et Clermont. Sa superficie atteignait 161 bonniers, approximativement 225 ha (en considérant le bonnier équivalent à 1.40 ha à cette période). Elle relevait jusqu'en 1327 de l'abbaye du Val-Saint-Lambert qui l'avait reçue en donation d'un certain Allard de Moge en 1260.

       De nos jours, il ne reste dans le paysage pratiquement plus rien de cette ferme, si ce n'est le Bois des Haies des Moges, incluant un étang, probablement ancien vivier, situé dans l'angle de la route du Condroz (N 63), entre le hameau de La Tolle à Saint-Séverin et le village d'Ehein, ainsi que le Bois des Moges dans le hameau de Rotheux (carte IGN).

      Il n'y a aucune difficulté à considérer les deux écritures Parfondrieux et Parfondry comme similaires. Jacques de Hemricourt dans son recueil du Moyen âge utilise les deux écritures pour témoigner de la famille des Chevaliers, apparaissant en 1271 dans la contrée. Présente durant le XVIIème siècle, selon la mention de l'article, la famille de Parfondrieux aurait succédé à la famille de Halleux qui occupa le domaine au cours du siècle précédent (site de la famille Halleux de Nandrin).

      La première information pertinente est assurément le lien avec le hameau de Parfondry, dont il a déjà été question dans plusieurs articles de ce blog. Les habitants de cette ferme tout en étant originaires de ce hameau, portent le même nom, ce qui assurément offre une certaine garantie de lien sur le plan généalogique avec cette famille des chevaliers de Parfondry au XIVème siècle, qui sont à l'origine de la création de ce hameau.

      Et comme second élément, parmi les quelques noms rapportés dans l'extrait, on y trouve la dénommée Anne de Loncin et son mari Jacques, lesquels ne sont rien d'autres que les ancêtres connus, à la 5ème génération, du Baron Jacques de Parfondry (1767-1824), bourgmestre de la commune proche de Yernée, quelques deux siècles plus tard (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule).

      En outre, à cette période, tant les fermiers, que les locataires des grosses fermes et ceux des biens d'abbaye, étaient d'authentiques descendants des anciens propriétaires du sol, issus des classes aisées du Moyen-âge. 

      Et comme preuve ultime de la présence de cette famille à la Cense des Moges, on retrouve, dans un autre document, Bernardine de Parfondrieux, son père Jacques et la famille delle Rée. Cette dernière famille apparait déjà à la fin du XVIème siècle dans un autre document avec le mariage de Mélotte4 de Parfondrieu et Catherine delle Réé (ou del Reyd).

En 1644, Gaspar delle Rée, de la Neuville, est céarier5 de Clermont et Nandrin. Il est fils de Bertrand delle Rée, dit delle Porte et de Bernardine de Parfondrieux, fille de Jacques, bovier de Moges, et petit-fis de Jean delle Rée, maire de Nandrin. La céarie fut son premier pas dans une carrière administrative. Il mourut en 1680, secrétaire du Chapitre de Saint-Lambert et du Clergé secondaire, greffier des Etats et des Monts de Piété du Pays de Liège et Comté de Looz. Il agit également comme notaire apostolique.

 

         Cette découverte consolide l'idée que le site du fief de Parfondry a manifestement constitué un lieu important de dissémination de notre patronyme, que ce soit vers Liège, vers la rive gauche de la Meuse et vers Huy. Ce fut sans conteste l"un des centres d'origine primordiaux ayant abouti à la conservation de la présence du nom jusqu'au XXIème siècle.

       On en conclut que les habitants de cette Cense des Moges au XVIIème siècle peuvent constituer le chaînon manquant entre la famille des Chevaliers de Parfondry, mentionnés dans le recueil du Moyen âge "Le Miroir des Nobles de Hesbaye" de Jacques de Hemricourt, et la lignée, attestée dans GENEANET, s'étant poursuivie jusqu'au Baron Jacques de Parfondry, lequel fut le dernier à avoir porté la particule mais aussi le dernier de la lignée à porter ce patronyme.

 

1 Archives de la Cure de Nandrin, registre aux actes notariés ; 

2 Cense signifie Ferme dans le langage local ;

3 Le terme "Moge" pourrait être d'origine celtique, signifiant " vache " et ayant donné le latin mugire (mugir, meugler) ;

4 Ce prénom de Mélotte serait une déformation d'Amel, porté à de nombreuses reprises par les chevaliers de Parfondry ;

5 Le céarier est une personne gérant un territoire financier de la Principauté de Liège (une céarie) sur lequel les taxes épiscopales sont perçues ;

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 21:59

      Rassemblant les données essentielles contenues dans les différents articles de ce blog sur François-Xavier PARFONRY, voici un énoncé récapitulatif des principales dates de la fabuleuse carrière de ce marbrier d'art, ayant exercé son métier en France et exporté dans le Monde. Cette série des dates n'est en rien exhaustive car de nombreux documents n'ont pu être retrouvés où ne sont pas confirmés par une date suffisamment précise. 

03 décembre 1821 : Naissance à Neerheylissem (Prov. Brabant wallon, Belgique) ;

Dans les années 1820 et 1830 : Logement probable à Anvers sur base de témoignages du la présence de son père ;

24 mars 1833 : Date probable de sa communion solennelle, sur base de la date gravée sur un verre de cristal ;

Vers 1841 : Arrivée à Paris ; Passage préalable par Boulogne s/Mer (à confirmer) ;

De 1843 à 1850 : Ouvrier puis contremaitre au faubourg St Antoine (12ème Arndt) ;

Décembre 1848 : Condamnation par le Tribunal Correctionnel de Paris à 2 mois d'emprisonnement pour une intervention intempestive au Conseil des Prud'hommes ;

1850 : Création de sa marbrerie Rue Traversière-Saint-Antoine (11ème Arndt) ;

1853 : Première récompense au Congrès des architectes (médaille d’argent) ;

10 avril 1855 : Mariage avec Marie-Françoise LEDOUX ;

1856 : Direction des ateliers DUPUIS et PARFONRY, Rue St-Pierre-Amelot  (11èmeArndt) ;

29 août 1856 : Socle en marbre de Carrare de la statue de l'Impératrice Joséphine inaugurée Place de la Savane à Fort-de-France (Martinique) ;

07 avril 1857 : Naissance de son fils Paul ;

Août 1859 : Livraison d’un escalier de marbre pour le palais du Prince Youssoupoff à Saint-Pétersbourg ;

06 décembre 1859 : Naissance de son fils Georges ;

1861 : Direction des ateliers PARFONRY – LEMAIRE, rue Saint-Sabin ;

18 janvier 1862 : Décès de son épouse ; construction du monument sépulcral familial à Créteil ;

1862 : Vice - Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

1865 : Construction des deux fontaines jumelles pour la Place de la Madeleine (8ème Arndt.) ;

1866 : Attribution du lot Marbrerie pour la construction de l’hôtel de Préfecture de Tulle en Corrèze ;

27 juillet 1867 : Décret impérial d’autorisation de domiciliation ;

1867 : Exposition de Paris, Médaille d’Or ;

1868 : Membre élu du Jury International à l’Exposition du Havre ;

02 Octobre 1869 : Lettre de refus du Khédive d’Egypte pour la construction de deux cheminées dans son palais d'Ismailia, le long du canal de Suez ;

1 janvier 1870 : Initiateur de la notion de participation aux bénéfices pour ses ouvriers dans son entreprise (influence probable de l'émergence du radicalisme social qui sera développée par la suite par Léon BOURGEOIS, futur Prix NOBEL de la Paix en 1920) ;

guerre franco-prussienne : fait partie du 57ème Bataillon de la Garde Nationale et est membre du Conseil de famille ;

vers 1871 : Nouvel Hôtel de la Société des Ingénieurs civils, cité Rougemont à Paris ;

Mars 1871 : Démission de la Garde Nationale ;

25 sept. 1871 : Décret de naturalisation française du Ministre de la Justice ;

1873 : Exposition de Vienne (médaille du mérite ) ;

1874 : Inauguration de l’hôtel du Figaro dans la rue Drouot à Paris ;

1875 - 1877 : Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

1876 : Fournisseur de marbres pour la Manufacture de Sèvres ;

1876 :  Chambre des députés dans l'aile sud du Palais de Versailles ;

1876 : Décès de son frère Alexis à Paris ;

1876 : Exposition universelle de Philadelphie ; Prize Medal ;

1876 : Devient seul propriétaire de sa marbrerie ;

1877 ? : Début d’association PARFONRY – HUVE frères ;

17 mars 1877 : Décès de sa mère Jeanne LALLEMAND à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) ;

18 février 1878 : Décès accidentel de son fils Georges à Créteil ;

1878 : Exposition Universelle de Paris ; Médaille d’or ;

1880 : Exposition universelle de Melbourne ; Première médaille ;

14 avril 1881 : Décision de paiement des arrièrés impayés de l'Hôtel de  Préfecture à Tulle en Corrèze ;

1 juillet 1881 : Livraison d'une villa Avenue de Brimont à Chatou (Yvelines) ;

3 juillet 1881 : Chevalier de la Légion d’honneur ;

1881 : Exposition internationale d’électricité de Paris ;

1881-1883 : Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

21 janvier 1882 : Auditionné à la Commission parlementaire " Situation des ouvriers et des industries d’art " ;

Mars 1883 : Inauguration des nouveaux Grand Magasins du Printemps à Paris, reconstruit après l'incendie de 1881 ; Fourniture des marbres qui supportent le pont-galerie transversal et les paliers d'arrivées des 2 grands escaliers extrêmes ;

1885 : décès de Josèphine LOGE (selon l'inscription sur le monument funéraire de Créteil) ;

1885 : Hôtel particulier d'Eugène RITT, Directeur de l'Opéra, angle rues Balzac et Lord Byron, Paris (8ème Arndt.) ;

11 juillet 1886 : Inauguration de l'hôtel de ville de Vannes ;

1886 : Maison de campagne de M. TOCHE à Croissy (Yvelines) ;

Mars 1887 : Membre du Comité spécial de la Commission de surveillance à la Bibliothèque FORNEY à Paris ;

1887 : Piédestal de la statue de Paul BROCA, installée à Paris puis transférée à Sainte Foy-la-Grance (33220) ;

1887 : Maison à loyers, construite par La Confiance, Place d'Iena Paris (16ème Arndt) ;

1888 : Président d'honneur de la chambre syndicale de la marbrerie ;

1888 : Installation du bureau de météorologie dans l'hôtel des écuries de l'Alma (Palais Branly) à Paris ;

1888 : Maison à loyers de M. Romaguera de Alisal, Av. des Champs Elysées (coin rue Pierre Charron), Paris (8ème Arndt.) ;

1888 :  Reconstruction de la gare Saint-Lazare, Paris (8ème Arndt) , bel escalier côté Cour de Rome ;

1888 : Exposition internationale d’art monumental Bruxelles, Diplôme d’honneur et Médaille de Bruxelles ;

1889 : Exposition universelle au Champ de Mars à Paris ; Membre du Jury international des récompenses ;

1890 :  Hôtel 38, Avenue Marceau, Paris (8ème Arndt.) ;

1891 : Rénovation de la nouvelle mairie à Maison Lafitte ;

1891 :  Hôtel particulier 30, Av. du Bois de Boulogne, en collaboration avec deux autres marbriers (Maybon et Journet) ;

21 juillet 1891 : mariage à Mazy (Belgique) de son associé Lucien HUVE avec Cécile DEJAIFFE ;

1891 : Participation à l'Exposition française de Moscou ;

12 mars 1893 : Legs de 1000 frs à la commune de Créteil ;

1895 : Arrêt comme fournisseur de marbre pour la Manufacture de Sèvres ;

1896 : 1ère partie bâtiments de l'Ecole coloniale, angle rues de l'Observatoire et Aug. Comte, Paris (6ème Arndt.) ;

1897 : Don d’une cheminée en marbre au musée Carnavalet à Paris ;

16 juillet 1898 : Décès dans sa villa à Créteil ;

depuis 2006 : Cheminée exposée lors de l'Expostion universelle de Paris en 1867, de style néo-renaissance, présentée sur le site de l'antiquaire parisien Marc MAISON, spécialisé en cheminées et monuments architecturaux ;

juin 2010 : Communication de Joëlle PETIT lors d'un colloque au Centre National des Arts et Métiers (CNAM) à Paris, exhortant explicitement la suprématie et le rôle de François-Xavier PARFONRY dans la valorisation des métiers et les techniques du marbre au XIXème siècle ;

30 novembre 2012 : Les expositions universelles en France au XIXème siècle. Techniques - Publics - Patrimoines, Publication CNRS Alpha du colloque de juin 2010, 482 pages, (comprenant la communication de J. PETIT) ;

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Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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