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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 15:08

      Les recherches généalogiques ne pourraient avancer sans que l'on y insère un minimum de cogitation et de réflexion à partir d'indices. Cette réflexion, si elle ne conduit pas immédiatement sur un résultat, se négocie par à coups, par étapes non nécessairement toujours coordonnées mais plutôt par recoupement de données éparses qu'un simple éveil cathodique ou une pensée furtive fait propulser rapidement comme protocole prioritaire de recherche approfondie. Le temps pluvieux de ces dernières semaines ne fait que favoriser ce foisonnement de pièces d'un puzzle qui n'attendent que d'être étalées.

     C'est ce qui vient d'arriver avec les données rassemblées, parseminées au milieu de nos fiches. Une série de noms de rues vient peut être nous apporter une réponse à l'une des questions essentielles qui ont été posées dans les articles de ce blog :  Qui sont les parents de Ferdinand PARFONRY ?

     Plusieurs noms de communes et de rues sont apparues au cours de nos découvertes. Le temps de la réflexion a du faire son oeuvre avant de mettre en lien ces différents éléments. Voici les indices qui ont permis d'élaborer cette nouvelle supposition sur l'origine de Ferdinand PARFONRY, l'artiste peintre bruxellois.

       1. En 1853, Ferdinand PARFONRY habitait au 20, rue Allard, faub. de Cologne, commune de Schaerbeek ;

       2. En 1871, Ferdinand PARFONRY habitait au 2, Antwerpsecherstraat à Bruxelles ;

       3. En 1877, la dénommée Jeanne LALLEMAND, mère de François-Xavier PARFONRY, décède à 78 ans dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode ;

       4. L'Imprimerie A. LEFEVRE qui a rédigé le faire-part de décès de Jeanne LALLEMAND, est située au 9, rue Saint-Pierre à Bruxelles ;

      Il restait à trouver un lien entre ces noms de rue et ces différentes communes de l'agglomération bruxelloise. C'est ce qui est expliqué à travers la démarche qui suit.

     La rue Allard existe toujours de nos jours aux abords de la gare du Nord. C'est une petite rue piétonne qui débouche dans la rue de Brabant. Par contre, aucun signalement pour l'Antwerpsecherstraat, qui selon toute probabilité doit désormais s'appeler l' Antwerpse steenweg (Chaussée d'Anvers), située également à proximité de la gare du Nord. Quant à la rue Saint-Pierre, elle se positionne aussi aux abords de ce quartier de la gare du Nord.

    Autre rapprochement géographique qui complète la cohérence de toutes ces rues, les communes de Schaerbeek et de Saint-Josse-ten- Noode sont limitrophes l'une de l'autre, à proximité de la Gare du Nord

    In fine, l'ensemble de nos données est situé dans un périmètre exigu et contigu à la gare du Nord.  Rapporté à une recherche d'itinéraire sur Via Michelin, cela nous conduit à parcourir un trajet de quelque 5 km pour relier les différents endroits, comprenant en plus certains détournements résultant de l'existence de nos jours de sens uniques et d'une extension  de la gare du Nord, ayant empiété sur des terrains existant.

      La cohérence entre tous ces lieux est donc réelle. Ferdinand PARFONRY et Jeanne LALLEMAND ont vécu à proximité l'un de l'autre impérativement. Un sérieux lien qui autorise de continuer à souscrire à cette hypothèse déjà formulée précédemment.

      Après la déclaration d'un second enfant mort-né à Anvers en 1937, il est envisageable que Jeanne LALLEMAND se soit dirigée vers Bruxelles y rejoignant probablement une autre branche des LALLEMAND de Neerheylissem. Elle a pu être accompagnée de son fils Ferdinand, lequel a pu naître à Anvers dans l'espace de temps entre la naissance d'Alexis en 1823 et du premier enfant déclaré mort-né à Anvers en 1833. Il n'y a aucune incompatibilité entre ces dates et celles connues sur la vie de Ferdinand. Le bombardement d'Anvers du 27 octobre 1830 par l'armée hollandaise peut expliquer l'absence d'acte de naissance pour Ferdinand. Outre les 85 morts, il a  provoqué un certain nombre de dégats. La première mention de son existence à Bruxelles remonte à 1850. Il pouvait, en fonction de ses données, avoir à ce moment entre 16 et 26 ans, ce qui le situe manifestement dans l'intervalle de l'âge légal lui permettant de signer une pétition en 1850.

      Les analyses effectuées à partir de tous les indices disponibles tendent donc à nous faire admettre que Ferdinand PARFONRY serait l'un des fils de Jeanne LALLEMAND, et en conséquence le frère de François-Xavier né en 1821 et d'Alexis, né en 1823.

     Complétant les informations antérieures relatives au parcours professionnel de Ferdinand et de son père Jean, les pièces du puzzle commencent manifestement à montrer une certaine consistance et cohérence.

    

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 20:45

      Rappelons - nous la chanson de François Deguelt : Il y a le ciel, le soleil et la mer. Dans les années soixante, tout était parfait, lisse et ne nous laissait que prévaloir des jours sans mauvais temps. Même la chanson Le Plat pays de notre Jacques Brel nous démontrait avec poésie que nous vivions dans un beau coin de terre malgré les vents du Nord, d'Est, d'Ouest. Sans oublier Adamo qui se plaisait à oublier son Italie natale, trouvant dans son nouveau pays des élans d'imagination et d'émotion pour oser nous écrire une chanson  intitulée Tombe la neige.

     Qu'en est-il aujourd'hui avec tous ses poèmes qui nous semblent quelque peu en désaccord avec la réalité climatique. Faut-il encore croire toutes ces choses exprimées à travers des mélodies aux accents finalement oh combien pernicieux pour les gens du Nord. Le climat aurait-il bien changé en si peu de temps ? Nos chanteurs pouvaient-ils envisager que ce cher anticyclone des Açores qui a bercé et soulagé tant de générations d'agriculteurs ne viendrait plus lécher les côtes de la Manche et de la mer du Nord. Et en plus on ose nous parler de réchauffement climatique à longueur de Conférences internationales.

     Force est de nous faire croire que ceux qui se trouvent de nos jours au Sud de la Loire se réjouissent des tourments et des cascades qui dégoulinent sur le moindre recoin de terrain de ceux qui se trouvent au Nord de ce sillon. Et on se dit qu'ils sont quelque peu bienheureux, sans avoir eu besoin de transiter par Lourdes, ces PARFONRY et PARFONDRY qui habitent de nos jours des contrées moins pluvieuses. Et tout cela parce qu'un ancêtre aurait eu la géniale attitude de fuir la misère de nos contrées pour aller exprimer son potentiel et son travail ailleurs. Que ce soit François-Xavier vers la France ou José PARFONRY vers Séville, ils ont quitté un ciel dégagé de toutes questions climatiques mais fortement larvé d'incertitudes économiques vers un ciel bleu en plein essor industriel.

     Ces gentils chanteurs  des années soixante nous ont-ils fait prendre des vessies pour des lanternes en nous faisant avaler des couleuvres. Etaient-ils si naïfs pour nous bercer de doux refrains qui ont fini par nous assoupir. Etaient-ils si inexpérimentés en matière de climat et si ignare pour oublier de nous transmettre un autre message que celui de la poésie sentimentale, douce et réconfortante. Ecrivaient-ils avec moins de profondeur et plus de légèreté qu'un Villon, un Hugo, un Verlaine,un Théophile Gautier ou un Blaise Cendrars ?

     A y regarder de plus près de nos jours, force est de voir que ces gentils chanteurs avaient tous perçu la rudesse du climat. En premier, Brel nous alarme en prévoyant notre isolement à travers des chemins de pluie qui seraient notre unique bonsoir. Et Adamo, fait de même en écrivant que cette neige apporte le désespoir et empêche de se voir. Quant à Deguelt, il nous parle également de pluies monotones.

     Bref, nous étions bien prévenus. On aurait du mieux analyser la symbolique des textes de ces gentils chanteurs. Nous n'avons rien à leur reprocher. C'est bien nous par notre sentiment de certitude qui n'avions pas appréhendé la réalité.

     Que ceux et celles qui se reposent ou travaillent de nos jours  dans les Côtes de Blaye, dans le Loiret, dans l'Entre-deux-Mers, à Séville, à Cussac-Fort-Médoc, et même à Pointe-Noire ne se mettent pas à avoir des troubles du comportement et à se faire du mouron pour leurs "cousins" restés dans le Nord. Ces derniers n'avaient qu'à comprendre le message que nous distillait très subtilement les gentils chanteurs de nos folles années. Nous aurions finalement été sourds et aveugles.

     Néanmoins, trop c'est trop. Y en a marre de ce climat !! Vous les gentils " cousins " du Sud, vous devez nous croire. Il y a quand même quelque chose qui se passe au niveau du climat. Après les fortes et longues gelées de février (en-dessous de zéro pendant plus de 15 jours en permanence), ce sont les pluies répétitives du printemps et de juillet. Si je vous disais que la moisson n'a pas encore commencé. Et ce ne sont pas tous vos vignobles à perte de vue qui vont vous donner du pain.

     Voilà, c'est fait.  Ce n'est pas encore tout à fait le SOS d'un Parfonry en détresse.  J'ai exprimé en toute impartialité la tendre humeur passagère d'un Parfonry du Nord pendant que l'étape du jour du Tour de France zigzaguait dans les beaux recoins ensoleillés de l'Ariège, un autre de ces lieux ou s'est installé, à quelque 710 mètres d'altitude, l'un de nos "cousins lointains ".

       Comme l'écrirait Renaud, qui connait bien le Nord : Putain de nuages !!! .

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 10:16

       L'un des rares souvenirs de jeunesse que se plaisait à raconter mon grand-père est toujours resté au stade de la petite anecdote. On n'y prêtait pas attention du fait qu'elle ne concernait plus personne dans la famille. Elle aurait pu dès lors s'évacuer de la mémoire.

     C'est en me replongeant dans les fiches rassemblées au cours de mes recherches que je me suis aperçu que cela pouvait s'intégrer parfaitement au concept de saga qui consolide cette histoire pluri centenaire sur les PARFONRY de Neerheylissem. Quoi de plus juteux pour un collecteur de la mémoire familiale de pouvoir ajouter dans son récit cet épisode d'un mariage faisant intervenir la plus haute noblesse de Belgique et le Saint-Siège. Sur la base des quelques éléments qui avaient été contés par mon grand-père, voici le récit descriptif et explicatif de cet épisode.

      Florentine PARFONRY est née à Neerheylissem le 11 avril 1837. Elle est l'une des 3 filles d'Emmanuel, celui qui est à l'origine de la lignée des agriculteurs occupant la ferme de la rue des Charrons. Florentine se mariera avec le dénommé Victor THEUNIS. Ils eurent 4 enfants qui naquirent entre 1873 et 1879. Victor était cocher et c'est probablement en lui succédant que son second fils Emile, né le 29 avril 1874, pratiqua le même métier.

      Mais les THEUNIS n'exerçaient pas leur métier dans n'importe quelle demeure. On retrouve ainsi le fils travaillant au service du duc d'Arenberg, au Château d'Arenberg, situé à Heverlee, près de Louvain. La Maison d'Arenberg est une de ces très anciennes familles originaires d'Allemagne qui se sont installées en Belgique dans le sillage de l'influence progressive des Habsbourg pendant les périodes d'occupation espagnole puis autrichienne de la Belgique. L'un de ses représentants eut d'ailleurs à sa naissance comme parrain en 1550 Charles-Quint en personne. Elle possède un arbre généalogique qui fait rougir n'importe quelle famille au sang bleu. La Maison d'Arenberg, faisant partie intégrante du Saint-Empire romain germanique, produisit des générations de dignitaires politiques, militaires et religieux ainsi que de nombreux mécènes. Elle a conservé sa souveraineté sur son fief  jusqu'en 1810 avant d'être intégrée au royaume de Prusse.  Par la suite, ils reçurent le titre de Prince, à côté de celui de duc d'Arenberg. Ils se mirent au service de la Couronne d'Espagne qui leur octroya en retour à plusieurs reprises la distinction de Chevalier de la Toison d'Or.

         Et c'est donc pour cette famille si distinguée que travaillait notre brave Emile, Auguste THEUNIS, fils de Florentine PARFONRY, qui a eu pour marraine ma grand-mère Julienne LANCELLE. S'il ne connut pas Engelbert-Auguste, le 8ème duc d'Arenberg, décédé dans son palais d'Heverlee en 1875, il était très certainement au service de son épouse Eléonore d'Arenberg qui décéda à Montreux en 1919. Mais surtout, il devait côtoyer les enfants de ce couple au nombre de cinq. Et plus particulièrement l'ainée Ludmilla, née en 1870, mariée en 1888 avec Charles, Alfred, 12ème duc de Croÿ, une autre de ces anciennes familles illustres liées aux Habsbourg. Malheureusement, le duc de Croÿ décéda en 1906, à l'âge de 47 ans, laissant Ludmilla veuve inconsolable à 36 ans. 

      Et notre brave cocher Emile, se mit dès lors à tournicoter autour de cette princesse. Pour quelle raison,  les retrouve t - on en France à un moment, nul n'en connait bien l'explication si ce n'est pour fuir les ukases du frère cadet Engelbert-Marie, devenu entretemps 9ème duc d'Arenberg. Ludmilla et Emile se seraient ainsi mariés en France, d'après les dire de mon grand-père.

       Dernier épisode de cette rencontre insolite, on y intégre non pas le simple sens de la  raison familiale mais plus volontiers la raison d'Etat. Que pouvait espérer la belle Ludmilla, quant on possède des liens aussi structurels avec des familles s'étant engagées du côté des Empereurs catholiques depuis le XVIème siècle. Trahir une telle cause devait provoquer une réaction officielle. Celle-ci vint, non pas des autorités belges ou françaises mais directement du Saint-Siège. Par une décision papale de 1925, qui aurait été ajoutée sur l'acte de baptême d'Emile THEUNIS à Neerheylissem, on peut y lire que  " la curie romaine a déclaré invalide le mariage contracté dans un certain village de France avec la princesse d'Arenberg, veuve de Croÿ " 

      Sans omettre le fait que les familles d'Arenberg et de Croÿ1 ont pu prétendre chacune au trône du nouveau royaume de Belgique en 1830, faisant partie du gotha installé sur les terres de ce nouveau pays. Malheureusement, leurs accointances avec des puissances étrangères, dans le contexte de création d'un pays neutre pour faire taire les canons qui incendièrent ce territoire depuis le Moyen-âge, ne les autorisèrent pas à ceindre la couronne royale. Il leur fut préféré un certain Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, qui, bien que Prince d'Empire, avait dans son CV la notification d'avoir combattu les troupes de Napoléon dans l'armée russe et d'être en quelque sorte depuis lors réfugié en Angleterre.

      La duchesse se retira dans son château de La Solitude, situé en bordure de la forêt de Soignes à Bruxelles, jusqu'à sa mort, en y recherchant la compagnie des animaux.  Il en était fini du bel amour princier de notre cocher. La particule n'est pas ce qui convient le mieux dans la famille.

      Emile THEUNIS n'aurait pu bénéficier de toute façon de la prestance de cette famille. Celui qui aurait pu devenir son beau-frère, Engelbert-Marie, 9ème duc d'Arenberg, se mit au service du haut commandement prussien pendant la Première guerre mondiale.  Il en découlera, après l'Armistice de 1918, des mises sous séquestre de plusieurs propriétés de cette famille. Le Château d'Arenberg à Leuven est désormais la propriété de la KUL (Katholiek Universiteit Leuven) et le Palais d'Egmont à Bruxelles a été annexé par la ville de Bruxelles comme lieu de réception;

      On retrouvera Emile THEUNIS, un peu plus tard, marié à Paris avec une dénommée Yvonne LEHUEDE, un nom bien ancré en France, particulièrement en Loire-Atlantique.

 

1 Jusqu'en 2008, ces deux familles faisaient encore partie de la liste des " Princes et Ducs du Salon Bleu ", reprenant la douzaine des " plus nobles " familles de Belgique et dont les chefs de famille disposaient d'une préséance protocolaire en étant reçu dans le Salon bleu du Palais royal ; cette préséance est désormais supprimée de nos jours ;

 

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 09:24

       Jacques PARFONRY a 20 ans en ce jour du 26 août 1944 quand il découvre probablement la stature du Général de GAULLE descendant à pied l'Avenue des Champs Elysées à Paris. Il y voit pour la première fois la figure de celui qui a lancé l'appel du 18 juin 1940, venu à la rencontre de la France. Vis à vis de sa jeunesse fougueuse, il sait que la Victoire reste, malgré tout, à finaliser.

        La 2ème DB du Général LECLERC ne peut, à elle seule, libérer le pays. De GAULLE en prend conscience. Il se tourne dès lors vers cette Armée d'Afrique, renommée Première armée française et commandée par le Général Jean de LATTRE de TASSIGNY. Auréolée de ses victoires et de ses faits d'armes accumulés lors de la campagne d'Italie et du débarquement en Provence, cette armée est essentiellement composée de soldats maghrébins (50%) et de Pieds-Noirs (32%)1. Ayant mis haut et fort la vaillance de ceux qui seront désormais appelés " Tirailleurs ", l'épopée de cette Première Armée française sert de cadre au film " Indigènes ".

        Pour le Général de LATTRE, le défi est de taille. Il reste à récupérer toute la France de l'Est  et l'hiver 45 approche. Le capital de ses troupes a été fortement entaillé à la suite des combats de la campagne d'Italie de novembre 1943 à juillet 1944. Dès septembre 1944, il est décidé d'incorporer à cette Première Armée les différents réseaux de résistances rassemblés au sein des FFI (Forces françaises de l'Intérieur) ainsi que les volontaires, après une rapide formation.

        Jacques s'engage comme volontaire sans coup férir. Il intégrera au final le 20e Bataillon des Chasseurs alpins (20e BCA), reconstitué le 24 janvier 1945 à partir du renfort des maquis de résistance et des survivants du Bataillon d'Appui du Régiment de Reconnaissance (BARR2), issu du 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains (4e RTM), l'un des quatre régiments de la déjà célèbre 2ème Division d'Infanterie Marocaine (2e DIM) qui avait combattu avec vaillance en Italie. Le baptème du feu débute en octobre 44 par la bataille des Vosges, puis ce sera la bataille d'Alsace en novembre pour se terminer en France par la bataille de Colmar. Le 19 mars 1945, la Première Armée fait son entrée en Allemagne. Les ponts sur le Rhin ayant été détruits, l'enlisement est à craindre. Alarmé par la réussite de l'armée américaine, dès le 7 mars, du passage par le seul pont existant, celui de Remagen, puis le 23 mars par les britanniques en aval de Wesel, de GAULLE veut y apporter une réponse. Le déferlement de l'armée américaine en territoire allemand risque d'être pour lui un second échec, après la Conférence de Yalta de février 1945, qui avait snobé toute participation française. Il veut absolument que des troupes françaises s'interposent sur le territoire allemand entre les américains et les britanniques pour réserver à la France une zone d'occupation conquise par les armes. Une seule solution s'offre à lui. Ce sera  le passage du Rhin à Germersheim, localité de Rhénanie-Palatinat. Il donne le 29 mars  l'ordre au Général de LATTRE de passer coute que coute.  Sans grande préparation mais grâce à la ténacité d'une poignée d'hommes du 4e RTM, le Rhin sera franchi durant la journée du 31 mars à Germersheim. En faisant la jonction, dès le 1er avril, avec la 3ème Division d'Infanterie algérienne (3e DIA), la France pourra occuper  le Bade-Wurtemburg.

         Ce passage du Rhin3 à Germersheim fut un acte symbolique important car il permit de redonner à la France du prestige au niveau international. Et le général de LATTRE de TASSIGNY aura l'honneur de représenter la France à Berlin, le 8 mai 1945, pour signer l'acte de capitulation de l'Allemagne aux côtés d'EISENHOWER pour les USA, de MONTGOMERY pour la Grande - Bretagne et de JOUKOV pour la Russie. Le 4e RTM apposera sur son drapeau le nom de Germersheim, après ceux des Abruzzes, de Garigliano, de Belfort et avant l'Indochine.

       Jacques fera partie des quelques 90 hommes qui durent assumer l'ordre envoyé deux jours plus tôt par le Général de GAULLE. Il mettra le pied sur la rive droite, avançant dans l'une de ses barques à moteur M2 du génie, soumis aux tirs et aux obus et voyant se noyer nombre de ses compagnons, lestés de vivres et d'armements. De cette journée du 31 mars 1945, Jacques fera preuve durant toute sa vie d'une discrétion dont sont capables ceux qui y ont blessé leur âme, laissé leur innocence, préférant enfouir les images dans les caches sombres des mémoires et les récits dans des recoins non dévoilés des armoires4. Avec pour unique preuve de courage et de clairvoyance d'avoir le sentiment de commencer dès le lendemain une seconde vie.

          Les quelques passages qui suivent, extraits du livre : Carnets de jeunesse d'un dinausore en Afrique du Nord, Daniel Verstraatt, L'Harmattan, 2010  relatent les temps forts de la journée du 31 mars 1945 à Germersheim, en suivant, au fil des heures, le parcours du sergent-chef Hubert DUBIN, qui fut le premier avec huit hommes à atteindre la rive droite du Rhin. DUBIN sera décoré le 7 avril suivant par le général de GAULLE  de la croix de guerre avec palme et de la médaille militaire, puis élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur en mai 1998 par le Président CHIRAC dans la Cour des Invalides. Cette Première Armée sera par la suite appelée l’armée Rhin-Danube.       

      Il est 4h40. Dubin a du temps avant de faire embarquer sa section. Il est pourtant étonné par l'absence d'information sur sa mission, sur l'ennemi, sur le terrain où il manoeuvrera.....

      Soudain, le tonnerre de l'artillerie française éclate. Il est 4h50. Sur la rive gauche, le ciel se teinte d'une lueur blafarde et la rive droite du Rhin rougeoie dans un formidable fracas.......

      5h30. Ou est la section Sailer ?...Le lieutenant l'informe brièvement d'un débarquement par erreur de la première vague sur l'île qui sépare le Rhin du bras mort. Il n'y a personne sur la rive droite. Dubin en reste estomaqué.....

      Il est 5h40. L'artillerie française s'est tue depuis 40 minutes. Les sept bateaux s'engagent sur le fleuve. L'aurore est là. Il n'y a pas d'officier pour diriger cette opération qui se déroule sans appui d'artillerie.......

      Dubin relève la tête et constate avec stupeur que sa barque est seule sur le Rhin. Le pilote du génie, impassible, largement exposé aux coups, cible privilégiée des tireurs ennemis, gouverne son engin d'une main ferme. Il interroge le sergent-chef du regard. Faut-il continuer ou rebrousser chemin ?......

      Deux sergents-chefs, un sergent, un caporal et cinq tirailleurs sautent dans l'eau qui atteint leur ceinturon, pataugent dans le courant et escaladent la berge où ils se jettent derrière le muret. La chance leur a une nouvelle fois souri quand ils ont sauté à l'aveuglette dans le fleuve qui n'a en cet endroit qu'un mètre de profondeur.........

      Il est 5h50. on est loin des prévisions. Plus de 200 hommes devraient à l'heure actuelle avoir ouvert une tête de pont. Qu'est-il advenu des mitrailleuses et des mortiers de 60 ? Probablement restés au fond du Rhin......

      Il doit être 6h30. L'un des hommes qu'il a placé sur les flancs l'informe que trois embarcations accostent à un peu plus de 40 m au sud de leur position. Elles ont déposé le lieutenant Sailer et une trentaine d'hommes rescapés d'une vague de douze bateaux.......

      Vers 7h30, deux armes automatiques allemandes sont détruites par les mitrailleuses lourdes du sergent-chef Labrande de la CA3.5 La sortie du goulet en est améliorée.......

       Abrités par la digue, des Allemands soumettent les hommes de Dubin à un feu roulant. Ils sont le premier obstacle à abattre. Le groupe de Dubin progresse par bonds successifs. On se fusille à vue, d'arbre à arbre et de trou à trou, quelquefois en se voyant le blanc des yeux.... L'ennemi reflue... Dubin atteint la digue et l'occupe après une bonne heure de combat.........

      Au nord, une partie de la section du sergent-chef Ahmed débarque à une centaine de mètres. .....Les Marocains ont gagné environ cinquante mètres. Il est un peu plus de 8h .........

      Vers 8h20, Dubin fait mettre sa mitrailleuse en batterie sur la digue. Deux servants de l'arme sont aussitôt abattus.Des tireurs d'élite sont restés perchés dans les peupliers.........

      A 9h30, le commandant Brunel prend pied dans la tête de pont avec la moitié de son bataillon. Vers 11h15, les éléments épars des compagnies sont regroupés et un secteur est assigné à chacune d'elles.........

      Le lieutenant-colonel Gandoët, héros de la campagne d'Italie, obtient à 17h l'accord du commandant du 4eRTM, pour faire passer un bataillon de son régiment par la tête de pont des marocains en utilisant une partie de leurs bateaux...........

      En fin d'après-midi, la tête de pont du 4e RTM atteint 1500 m de longueur sur 150 m de profondeur. A 19h30, le leutenant Cussac fait traverser le Rhin au général de Lattre de Tassigny qui complimente le chef de bataillon Brunel mais exige de lui qu'il occupe immédiatement Rheinsheim........

      La tête de pont de Rheinsheim est occupée à 23h et la voie ferrée atteinte dans la nuit...... La France la doit au 3e bataillon du 4e RTM, à la ténécité et au courage de Dubin, de ses hommes et aux pilotes des M2 du génie. Mais toute la 2e division marocaine y a sa part de gloire..........

       Au cours de cette traversée du Rhin sous un feu violent, 54 sapeurs de génie sont tués, noyés ou blessés sur un effectif de 90 hommes. A  la fin de cette opération comprenant 81 engins dont 50 bateaux M2, 38 sont détruits dans les premières heures de combat.........

      Une semaine après l'ouverture de cette tête de pont, une prise d'armes se déroule le 7 avril sur l'autoroute de Karlsruhe. Des officiers, sous-officiers et hommes de troupe sont décorés par le général de Gaulle en personne........

      Un autre site http://annette.brunel-gilles.mostini.pagesperso-orange.fr/Brunel/4eRTM.htm  donne également des détails sur cette journée du 31 mars 1945.

           Ensuite ce sera, pour Jacques, la campagne d’Allemagne, qui amènera l’armée française, en moins d’un mois, au cœur du Wurtemberg, puis sur les rives du Danube aux portes de l'Autriche via Stuttgart et la Forêt Noire. Et le 8 mai, jour de l’Armistice, Jacques se retrouvera à Immenstadt en Bavière, après avoir transité par Sigmaringen, aux bords du Danube, là où s’étaient réfugiés les derniers collaborateurs du régime de Vichy en septembre 1944. Il ne fera pas partie du groupe d’une centaine d’hommes issus de la compagnie Ruby du 20ème BCA et de spahis marocains qui, à partir du 5 mai, franchiront les sommets du Tyrol à 2250 m d’altitude, avec l’objectif d’arriver avant les Américains à St Anton, via le col de l’Arlberg6. L’épopée de la première armée française s’arrêtera à cet endroit. Elle aura permis à la France de retrouver son assise politique sur le plan international en lui octroyant un siège permanent et un droit de vote, assorti d'un véto, au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

      Parcours du 20ème Bataillon des Chasseurs alpins en 1945 (site: www.bataillonsdechasseurs.fr/20bc.f.htm)

1945 :Recréation du 20e BCA, à partir du Corps-franc d'Indre-et-Loire, du 1er Bataillon du Charolais  et  du BARR/2eDIM( ex groupe de Commandos Vigan-Braquet)7

Alsace : Cernay, Nonnenbruch, Neuf-Brisach et Heiteren, Lautebourg,

Allemagne : Germersheim, Russheim, Hochstetten, Linkenheim, Karlshure, Forêt-Noire, Freudenstdt,Tübingen, Sigmaringen, Immenstadt-im-Aligau,

Autriche : col de l'Arlberg, Sankt-Anton,

         De cette expérience, Jacques en ressort avec la Croix de Guerre et la Médaille Commémorative de la guerre 1939-1945. De retour en France, après avoir travaillé un court moment comme traducteur pour l’élaboration de fiches techniques de matériel en provenance des Etats-Unis, Jacques tombe sous le charme de Michelle LASNET de LANTY, une fille d’un couple de résistants. Malgré son absence de particules, Jacques, par sa bravoure affichée au sein du 20ème BCA,  avait démontré qu’il avait lui aussi par son courage  le droit d’entrer dans cette famille.

       Après avoir accumulé des coups de coeur, des coups de force et des coups de gueule, après avoir séduit par sa robustesse et sa finesse d'esprit toutes les personnes qui l'ont cotoyé8, Jacques PARFONRY a abandonné sa seconde vie ce 23 mai 2012 à l'âge de 88 ans.

       A la fin de la cérémonie religieuse, Jacques recevra l’hommage des drapeaux des Anciens combattants, qui sera suivi par la lecture du poème « La mort n’est rien », lu par Patrick LASNET de LANTY, neveu de Jacques, dans le cimetière de Jouy-le-Potier avant l’inhumation. Ce poème est attribué souvent par erreur à Charles PEGUY9.  

 

1 Wikipedia : 1ère Armée (France 1944-1945) ;

2 A la fin décembre 1944, le BARR ( ex DARR) avait perdu les 2/3 de ses effectifs ;

3  Ce passage du Rhin par une armée fançaise était le premier depuis celui de Louis XIV en juin 1674 lors de la guerre de Hollande ;

4  Adapté d'un article de Paris Match n° 564 intitulé " Il y a 50 ans L'Algérie ";

5 Ce CA3 doit manifestement faire référence à la 3ème compagnie des Chasseurs Alpins ; 

6 Les américains arriveront malgré tout avant les français pour effectuer la jonction avec les troupes remontant d'Italie ;

7 BARR : Bataillon d’Appui du Régiment de Reconnaissance du 2e DIM, constitué à partir du groupe de commandos Vigan-Braquet (ex. Maquis des Ardennes), prenant le nom de 20e Bataillon des Chasseurs Alpins le 24/01/ 1945 ;

8 Extrait du texte lu lors des obsèques de Jacques PARFONRY le 26 mai 2012 à Jouy-le-Potier par deux de ses petits-enfants;

9 Ce poème "La mort n'est rien" est un texte écrit à l'origine en anglais qui aurait été lu pour la première fois lors de l'enterrement du roi Edouard VII à la Cathédrale Saint-Paul à Londres en 1910. On n'en connait pas l'auteur ; C'est Charles Péguy qui l'a fait connaitre dans sa version française ;

          N.B. : Des Informations sur cette Première Armée française, notamment le passage du Rhin à Germersheim, peuvent être trouvées dans les documents suivants :

- Général VERHAEGHE : Le 4ème RTM. Histoire d’un régiment de Tirailleurs Marocains, 1920-1964 ;

- Daniel VERSTRAATT (2010): Carnet de jeunesse d’un dinosaure d’Afrique du Nord, L’Harmattan ;

- Le blog de Charles GEISS (1916-2007), engagé volontaire au sein du 151ème R.I. ;

- Wikipedia : le 4ème RTM ;

- BRIENT et BARRE (1989) : Rhin et Danube. L'extraordinaire épopée, Bande Dessinée, Ed. Lavauzelle ;

- Jean-Christophe NOTIN (2004) : La France en Allemagne en 1945. Les vaincus seront les vainqueurs, Edition Perrin ;

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 11:05

        Les récentes élections françaises nous ont démontré que la Corrèze est un département stratégique en vue de l'accession au poste de Président de la République. Après Jacques CHIRAC, au cours de deux mandats successifs, voici qu'un certain François HOLLANDE vient de réussir le même parcours. Avoir trois mandats présidentiels pour une densité de population de 42 hab./km2 est assurément un exploit. Sans omettre Jacques DELORS, l'un des ténors de la politique européenne, qui est originaire de la localité de Le Lonzac. Simple département rural du Centre de la France, il existe manifestement une attirance dans ce coin du terroir pour découvrir les ors de la République. Un parcours qu'on fait bien avant eux tous les ardéchois pour aller peupler la capitale pour d'autres aspirations.

       Mais ce Département de Corrèze, assez peu peuplé, créé à la Révolution en 1790, en prélevant une partie de la Province du Limousin, se devait de se faire valoir. Ne disposant pas ou peu de structures administratives, les autorités se sont  attelées à lui octroyer des bâtiments en rapport avec sa nouvelle légitimité.

       Plusieurs rapports du Préfet  faisant état des délibérations du Conseil général de Corrèze, mentionnent ainsi des éléments en relation avec la construction du Nouvel hôtel de Préfecture (Source : Département de la Corrèze,. Conseil Général. Rapport du Préfet et PV des délibérations, Tulle, Imprimerie Crauffon; Sessions d'avril 1879, d'août 1879 et d'avril 1881).

       Selon toute vraisemblance, la décision de construction de ce bâtiment fut prise vers 1866. On fait référence à cette année, dans le cadre d'un problème de révision des prix, lors d'une session d'août 1879. La guerre franco-prussienne de 1870 en interrompit la construction.

      Pendant plusieurs années, suite à une action prise en séance du 24 avril 1878 du Conseil général de Corrèze, le Préfet intenta des actions en justice, associées à des expertises, contre les entrepreneurs généraux MM. DEMAY et MANDON du nouvel hôtel de préfecture, concernant notamment le  règlement des travaux effectués par les sous-traitants directs. Selon ce qu'il en découle, des paiements aux sous-traitants avaient été fait par l'intermédiaire de MM. DEMAY et MANDON, lesquels avaient ainsi reçus des sommes considérables de la trésorerie générale. Ceux-ci manifestement ne se montraient pas toujours très scrupuleux pour payer les sous-traitants, leurs facturant en surplus certaines dépenses (transports de matériaux, voyages d'ouvriers) effectuées en dehors des procédures prévues dans le marché.  Avec en plus, comme corolaire, que ces derniers se rétribuaient une commission de 10% pour chaque facture due. Et tout cela se compliquant par le fait que " certains travaux seraient défectueux, mal façonnés, inachevés même, détériorés enfin ".  Vu l'absence de toutes pièces justificatives régissant ces singuliers marchés dans la comptabilité des sous-traitants, le Conseil Général prit la décision de faire vérifier par des architectes-experts, les sommes effectivement payées afin d'éviter d'avoir à payer deux fois.

         Finalement, un arrêté du Conseil de Préfecture du 14 avril 1881 statue sur le litige en octroyant les reliquats des montants à verser aux sous--traitants.

      Et parmi la liste de ces sous-traitants, on relève le nom de l'entreprise PARFONRY-LEMAIRE, chargée du lot Marbrerie.  Sur un montant global du marché de 14 538,65 frs qui leur avait été attribué, le litige des reliquats (avec intérêts) non versés s'est élevé au final à 7 398,96 frs, somme qui est définie dans le PV de la session d'avril 1881.  Ce chiffre est d'un montant supérieur de 1 036,42 frs à celui qui avait été calculé lors de la session d'avril 1879 (5 746,76 frs). Une singulière inflation des chiffres de 18 % sur deux petites années, provoquée par les tergiversations des différents acteurs. Même si on peut regretter que notre cher François-Xavier, avec son comparse le sculpteur LEMAIRE, ait du ainsi attendre de nombreuses années avant de se voir rétribuer le solde de quasi 50% de son travail.

          Parmi les autres sous-traitants, il convient de souligner la Société du Val-d'Osne de Haute-Marne, créée en 1836,  qui était  la plus importante unité de production de fonte d'art en France. Pouvant être comparée avec l'entreprise PARFONRY-LEMAIRE, considérée à cette période comme la plus grande dans sa catégorie du marbre d'art, cela dénote de la prestance qui avait été souhaitée pour cet Hôtel de Préfecture de Corrèze.

       Pour la petite histoire, la session d'août 1883 du Conseil Général de Corrèze, entérine la liquidation des comptes des  entrepreneurs généraux DEMAY et MANDON, avalisant la fin du différend entre le Conseil Général et les entrepreneurs. Les travaux de l'hôtel de la Préfecture sont finalement reconnus comme terminés, quelque 17 années après les premières décisions, et après avoir renoncé à relier cet hôtel avec les bureaux par une galerie vitrée. Manifestement, les coûts d'expertise et les recours en Justice demandés par les différentes parties avaient du plomber les comptes de la Trésorerie.

 

      Il est assurément présomptueux de dire que cette collectivité territoriale de la Corrèze est, de nos jours, la plus endettée de France, à la suite  à cette construction de l'hôtel de la Préfecture au XIXème siècle. Mais on ne peut évacuer de notre esprit le chiffre de l'inflation appliquée aux retards de paiements pour en expliquer une certaine partie. Tandis que l'auvergnat se contentait d'offrir quatre bouts de bois à son prochain (selon G. BRASSENS), le corrézien se lançait à l'assaut de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Sans conteste, l'envoi à Paris quasiment successif de deux Présidents de la République a occasionné des dépenses nombreuses. Le Département de la Corrèze est  en sorte devenu " la Manufacture des Présidents " (Emission Elysée, Matignon, Solférino lors du J.T. de 13 heures de France 2 du 24 juin 2012). Sans omettre de dire que Tulle a obtenu le challenge de ville la plus sportive de France. Mais cela ne lui a pas encore permis d'envoyer l'un de ses sportifs aux Jeux Olympiques.

 

      Tout cela ne doit pas nous enlever le plaisir de prendre le chemin de Tulle pour aller admirer les marbres de François-Xavier. La reconnaissance de la beauté et de la valeur architecturale du bâtiment arrivera tardivement. L'hôtel de la préfecture de Corrèze, situé à Tulle, n'est inscrit dans la liste des monuments historiques que depuis 2000.

 

       Le site http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_de_pr%C3%A9fecture_de_la_Corr%C3%A8ze , compulsant la liste des bâtiments classés et inscrits en Corrèze, permet de trouver une photo de cette impressionnante construction.

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 20:50

      A côté de Georges, le statisticien, l'amateur de Talbot Lago, le français de la bourgeoisie, il y a aussi un autre Georges dans la généalogie des Parfonry. Ce Georges là n'est pas repris dans les rubriques du Figaro. Il a été plus discret, si bien qu'on ne retrouve presque rien de son passage parmi nous. L'un de ses mérites a été de s'intéresser toute sa vie au monde associatif local. Comme une copie non conforme de ce Georges français qu'il n'a jamais connu.     

       Georges, le dessinateur industriel, l'amateur de concours colombophiles, le belge de la classe moyenne ne survit dans la mémoire que par les seuls souvenirs véhiculés par ses proches. Peu ou presque rien n'a été retranscrit dans un livre, un document, un article de journal. Bien que d'une génération postérieure à celle de son homonyme français, il risque d'être gommé de la saga familiale que je m'efforce de retranscrire.

      On pouvait craindre que rien n'ait été conservé de son parcours en tant que Président de diverses associations locales, tout au long de sa vie. Des années 50 où il était Président d'un modeste club de football de 4ème provinciale aux années 90 en tant que Président du Conseil de gérance de l'immeuble ou il résidait, ce Georges là est inaudible, transparent, inexistant.

       Et voilà que par hasard, on vient de découvrir un article de journal qui parle de ce Georges là. Il apparait comme le maître de cérémonie d'une journée qui a du constituer peut être l'apogée de son parcours en tant qu'acteur et manoeuvre dans ce sport qu'il a pratiqué pendant près de 40 ans, la colombophilie. A la fin des années 50, il avait repris le flambeau de son père Emile, l'instituteur, en devenant lui-même un coulonneux acharné. Il était arrivé à constituer un élevage d'une certaine notoriété en allant puiser des géniteurs à l'extérieur dont la célèbre colonie Fabry de Liège.

      Georges, le belge, Président du club " L'Indépendante " de Tamines, y apparait comme l'organisateur d'une journée colombophile de grande envergure. Le journal "Vers l'Avenir", simple gazette locale, mentionne son rôle dans un article de janvier 1970, relatant l'organisation de la journée colombophile  dans la salle communale de Tamines.

 L'Indépendante de Tamines qui organise notre journée colombophile  

Les amateurs colombophiles savent déjà que la journée colombophile de « Vers l’Avenir » avec exposition de nombreux  cracks, vente de bons provenant des colombiers les plus réputés et remise des récompense à plus de soixante  lauréats, aura lieu le dimanche 1er février prochain, en la belle salle communale de Tamines ou l’on se réunira également pour le diner de circonstance. C’est la société « L’Indépendante » de Tamines, présidée par M. Georges Parfonry, qui se chargera de la mise en scène de cette grande journée.

Parfonry est entouré de tous les anciens colombophiles taminois : MM. Florent Boulanger et Joseph Lambillon, vice-présidents ; Jules Gaspart, secrétaire-trésorier ; Félicien Lahaye, Emile Debroux et Paul Bontius, membres ; Gilbert Lahaye, classificateur ; Joseph Hubeau, tenancier du local (Café Wiels-Central,) bagueur ; Joseph Wartique, enlogeur ; Edgard Parent, régleur.

 

      Et, à travers cet article du journal, on découvre toute la complexité de l'organisation d'un concours de pigeons. Avec des termes qui n'ont même pas eu la chance d'être repris dans les dictionnaires de la langue française. A côté de Georges, il y a toutes les petites mains qui font vivre un club de colombophiles. Un sport ou il est vrai, ce n'est pas l'homme qui en est l'acteur essentiel, mais un volatile intelligent qui parvient à retrouver sa maison, son pigeonnier après avoir été lâché à plusieurs centaines de km. L'équitation, ou le cheval est roi, a droit à plus de mansuétude dans les médias et dans le Larousse où le Robert. Tout le monde sait qu'un jockey monte un cheval en portant une bombe et en tenant une cravache. Et dans un autre sport, le golf a popularisé nombre de mots anglais comme Putt, Fairway, Par, Birdie, Bogey, Tees qui sont devenus familiers dans le langage. Mais qui connait la signification de mots simples comme bleu, constateur, classificateur, régleur, bagueur, enlogeur, panier d'enlogement. Et pourtant, 'c'est une vraie ruche dans le local, le samedi, au moment de l'enlogement des pigeons.  

     Il est vrai que ces pigeonnistes, comme Georges, n'ont pas retenu la leçon du Front Populaire de 1936, accordant le droit aux vacances et au repos dominical. Pour ces colombophiles, il n'y a pas de repos. Les dimanches printaniers et estivaux sont consacrés à leurs pigeons, à les envoyer bien loin pour les " constater 1"  à leur retour, quitte à rester des heures dans le jardin, à attendre une éclaircie autorisant l'ouverture des paniers. Au diable les sorties en famille ou prendre l'apéro chez le voisin. 

     Et ce Président retrouvé par bonheur dans cet article de journal n'est autre que mon père. Enfin, ce Georges là existe lui aussi dans les médias !!

 

1  Constater : action qui consiste à prendre la bague placée à la patte du pigeon lors de l’enlogement de la veille au local colombophile, de la mettre dans une petite capsule cylindrique en fer, avant de l’insérer dans un appareil (le » constateur ») chargé d’enregistrer l’heure d’arrivée ;

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:42

       Extrait du journal Le Figaro du 3 août 1906, on y découvre un article faisant référence à une distribution des prix au Lycée Carnot à Paris. Parmi les très nombreux élèves cités, on y lit le nom de  Parfonry. Il s'agit manifestement de l'un des deux fils de Paul PARFONRY. On hésite cependant entre Georges, le futur Directeur commercial d'IBM et Jean, le futur grand ophtalmologue.

       Georges, né le 3 juillet 1894, venait de fêter ses 12 ans et Jean, né le 9 août 1895, allait atteindre ses 11 ans.  Qui peut me faire le choix entre Georges et Jean ? Ont-ils été tous les deux au Lycée Carnot ?

       

Lycée Carnot

La distribution des prix du lycée Carnot a eu lieu le samedi 28 juillet, à neuf heures du matin, sous la présidence de M. Théry, directeur de l'Economiste européen, assisté de MM. Combarieu, inspecteur d'académie, et Frétillier1, proviseur du lycée.

Voici le nom des élèves le plus souvent nommés (ndlr: il s'en suit une liste importante de noms d'élèves)

........

Division élémentaire - Septième2, 1ère division : Parfonry, Dufourg, Demonge, Ehrlich, Moles, Poulain, Ruff, Bickart - 2è division : Lancelin, Poterin du Motel, Auboin, Loir, Kaplan, Lichtenberger - 3è division : Lefebvre, de Jarnieu, Escher, Gossart.

..........

       A y constater la présence de l'Economiste Edmond Théry (1854-1925), Grand Officier de la Légion d'Honneur (en janvier 1913), membre de l'Académie d'agriculture mais surtout du Conseil supérieur des statistiques, on ne peut qu'y voir des prémices de lien avec Georges, futur membre de la Société de statistique de Paris en 1938, dont ce même Conseil supérieur des Statistiques, créé en 1885, sera une émanation. Georges aurait-il été marqué dans sa jeunesse par la poignée de main et les félicitations que lui aurait transmises le grand économiste Edmond Théry ?  A moins que la localisation de ce Lycée Carnot sur le Boulevard Malesherbes s'avérait être une anticipation de sa carrière ayant démarré à la Compagnie Electro-Comptable, ancêtre d'IBM, et logée elle aussi sur ce même Boulevard.

Mais pour d'autres, c'était Jean le plus doué du point de vue scolaire. Et le plus apte donc à recevoir les félicitations. 

Alors qui c'est !! Georges ou Jean !! J'attends des éléments de réponse pour qu'on puisse donner un prénom à ce texte. Il se peut que les carnets scolaires de cette époque existent encore ?

        Ce qui est certain, c'est que ce lycée Carnot fut le lycée de prédilection de la famille. Les enfants de Georges y furent inscrits. Jacques y terminera, après le Collège de Juilly, son parcours scolaire dans le primaire. L’exigence de ce type d’enseignement lui laissera un goût amer contrairement à son frère Pierre.

1 Frétillier : Il fut le proviseur du Lycée Carnot de 1895 à1909 ;

2 Septième : ancienne dénomination du CM 2; la numération démarrait avec l'appellation de 11ème pour le CP ;

 

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:28

       Etant arrivé à développer ses compétences au sein de la société Electro-Comptable, après avoir suivi une formation à la prestigieuse école des ventes d'IBM en 1934, Georges PARFONRY commençait à gravir les échelons qui allaient l'amener à un poste de Directeur Commercial d'IBM à la fin de sa carrière. Cette promotion, alliée à son désir de paraître dans ce monde ou se créait ce qui allait s'appeler de nos jours la nouvelle technologie, impliquait, semble t-il, une participation à une vie mondaine assez intense. Les récits qui le décrivent comme un personnage plus regardant sur sa nécessité de satisfaire une vie sociale en dehors du cercle familial concourent à confirmer cet aspect. La Talbot Lago, l'une des plus rapides voitures des années d'après-guerre, est restée plus ancrée dans la mémoire que les soucis d'éducation vis à vis de sa progéniture. Ce grand-père en col dur, amateur d'art lyrique, était peu enclin à partager son précieux temps avec les niais enfantillages de ses enfants et de ses petits-enfants.

     Son impétuosité à arpenter les couloirs du Tout Paris, en compagnie de son épouse Renée, née BASTIDE du LUDE, nécessitait de trouver régulièrement des solutions pour s'occuper de la garde de ses trois rejetons. L'hôtel particulier de la rue Jouffroy, hérité de son grand-père François-Xavier, était devenu une  vraie garderie, au sein de laquelle de nombreuses nurses se sont succédés. 

      Comme preuve de ce mode de vie attractif, une annonce du Figaro du 30 septembre 1937 dévoile ce qui a du être une quasi rémanence pour répondre à l'intense vie sociale du couple dans ce milieu parisien. Petite trouvaille anecdotique qui résume à travers son contenu, son style et sa brièveté, la manière de fonctionner de Georges.

 

         Dem. f. de ch. tr. sér., 30-45 a., couch. app.,

         s'occup. enf. 4 a.1/2. Réf. exig. Se prés. jdi, 12 -15h.

         G. Parfonry, 68 bis, r. Jouffroy.

 

        En quelques syllabes, sans nécessité de terminer ses mots, le message était écrit et compris. Pas de fioritures, peu d'explications, pas de prénom d'enfant, on croirait lire le brouillon d'un rapide mémo destiné à être revisité par une secrétaire. A le déchiffrer, on est manifestement très loin du sketch d'Yves MONTAND, s'efforçant de dicter à une standardiste, jouée par Simone SIGNORET, tout son amour transi via un télégramme. On appréhende déjà dans le style de cette annonce, ce que sont de nos jours les SMS virtuels. Un précurseur en quelque sorte !! Seuls, deux noms propres ont droit à être déclinés dans leur totalité, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de confusion pour celles qui souhaitaient répondre à l'annonce.

     Quant au prénom de l'enfant, l'indication de son âge, combinée à la date de l'annonce, permet de l'identifier de nos jours. A quoi sert la généalogie finalement !!!

     Que pouvait-il bien se passer à Paris en cette fin du mois de septembre 1937 pour que Georges ait besoin de faire garder son plus jeune fils ? Alors que la guerre sino-japonaise venait de débuter, et que la guerre civile se poursuivait en Espagne, les parisiens, peu soucieux de la proximité du nouveau désarroi qui allait affecter toute l’Europe, pouvaient choisir entre les soirées de gala à l’Exposition internationale « Arts et Techniques de la Vie Moderne » de Paris, la sortie du Film Gueule d’Amour avec Jean GABIN ou le Prix de l’Arc de Triomphe à Longchamp. A moins que Georges et Renée n’aient été invités, par l’ambassadeur de Belgique, à l’ouverture de la permanence de l’Association belge de bienfaisance de Paris.

     Sans oublier l'une des nombreuses représentations théâtrales dont le couple était aussi friand. On avait dans ce cas le choix entre La Dame aux Camélias à l'Odéon, Madame Bovary au Théâtre Montparnasse, La Bohème à l'Opéra-Comique, Fric-Frac à la Michodière (avec Arletty et Michel Simon), Faust à l'Opéra, La Duchesse d'Amalfi à la Comédie des Champs-Elysées, etc......  

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 17:14

       Voici le texte du Décret impérial du 27 juillet 1867 qui donne l'autorisation à François-Xavier PARFONRY d'établir une domiciliation en France. Ayant entamé cette procédure au début de l'année 1864, cette décision arrive après plus de trois ans de tergiversation entre le Ministère de la Justice, le Préfet de la Seine, le Préfet de Police1, le Maire de Saint-Mandé et le Procureur Général Impérial.

       Le point litigieux concernait sa condamnation à 2 mois d'emprisonnement pour outrage envers des magistrats en décembre 1848, soit quelques 15 années auparavant. L'avis négatif du Préfet de la Seine, qui n'était autre que  le baron Georges HAUSSMANN, a longtemps servi de tremplin au niveau du Ministère de la Justice pour lui refuser son admission à domicile. Ce dernier Jules BAROCHE (1802-1870), Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des cultes, de 1863 à 1869  fut un de ces personnages qui réussirent à se maintenir dans les hautes sphères du pouvoir, louvoyant sans cesse au fil des évolutions politiques. Si bien que Victor HUGO, dès 1853, exilé à Jersey pour s'être opposé à Napoléon III, le mentionna dans son recueil de poèmes " Les Châtiments ", sans aucun ménagement, dans un vers très expressif : « Baroche, dont le nom n’est plus qu’un vomitif,.. ». Il fut qualifié ensuite par l'historien Jean MAURAIN2, de " personnage au conservatisme prudent, à la sagesse égoïste et bornée de la bourgeoisie française ". On comprend que ces termes peuvent, en quelque sorte, expliquer son manque d'ouverture d'esprit pour favoriser l'intégration de ce valeureux marbrier belge, déjà distingué à l'époque de plusieurs médailles.

       Finalement par sa bonne tenue dans les rangs de la Garde Nationale, son absence de prise de position politique, sa bonne  conduite par la suite, l'appui sans équivoque du maire de Saint-Mandé , les dernières réticences eurent raison de l'opprobre des instances politiques.  Son côté humaniste avait finalement supplanté  son comportement au Conseil de Prud'homme.

       François-Xavier avait à ce moment déjà 45 ans. Il partagera cet honneur avec un ottoman3, un italien, un prussien, un Duché de Nassau4, un polonais, un anglais et un russe.  Il était le plus âgé de tous, témoignage indéniable de la difficulté encourue pour l'obtenir.

Décret impérial n° 22.275 du 27 juillet 18675

 (contre-signé par le garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes)

Décret qui autorise à établir leur domicile en France, pour y jouir des droits civils tant qu’ils continuent à y résider :

          1.    Le sieur Abraham bey Eramian, rentier, né à Constantinople le 19 mai 1834, demeurant à Paris ;

       2.    Le sieur Fourman (André-Auguste), horloger, né le 10 avril 1836 à Sarrelouis (Prusse), demeurant à Dormans (Marne) ;

       3.    Le sieur Gavaggio (Auguste- Daniel), ferblantier, né à Varzo (Italie) le 9 janvier 1830, demeurant à Gex (Ain) ;

       4.    Le sieur Parfonry (François-Xavier), entrepreneur de marbrerie, né le 3 décembre 1821 à Neerheylissem (Belgique), demeurant à Paris ;

       5.    Le sieur Cathrein (François-Martin-Joseph), commissionnaire en marchandises, né le 1er septembre 1825 à Nasttaten (duché de Nassau), demeurant à Paris ;

      6.    Le sieur Wolk-Laniewski (Stanislas-Charles-Joseph), né le 25 novembre 1842 à Varsovie (Pologne), licencié en droit, demeurant à Paris ;

      7.    Le sieur Baswis (Benjamin), né le 17 novembre 1826 à Saint-Glavias (Angleterre), dentiste, demeurant à Paris ;

      8.    Le sieur Bardac (David), né le 28 septembre 1836 à Odessa (Russie), commis banquier, demeurant à Paris ;

 

Ce décret est visible sur le site :

http://books.google.fr/books?id=9f9GAAAAcAAJ&pg=PA961&dq=parfonry&lr=&hl=fr&cd=54#v=onepage&q=parfonry&f=false

 

       Par la suite, après avoir fait une énergique opposition pendant la période insurrectionnelle de la Commune de Paris (18 mars au 28 mai 1871), François-Xavier PARFONRY obtiendra en quelques mois sa naturalisation française définitive.

 

 1 : Il y eut successivement comme Préfet de Police : Edouard Charles BOITTELLE de 1858 à 1866 et Joseph Marie PIETRI de 1866 à 1870 ;

2 : MAURAIN J. (1936) : Un bourgeois français au 19ème siècle. BAROCHE, Ministre de Napoléon III ; Paris, Alcan , 523 p.;

3 : L'Empire ottoman subsista de 1299 à 1922 ; on ne pouvait donc pas encore parler de Turquie ;

4 : Le Duché de Nassau (ville principale : Wiesbaden) fut un état de la Confédération allemande de 1806 à 1866, avant de rejoindre le Royaume de Prusse. Une des lignées de la famille de Nassau  règne sur les Pays - Bas depuis le 16ème siècle (les Orange-Nassau) ;

5 : Bulletin des lois de l’Empire français, XIème série, 2ème semestre 1867, Partie suppl., T. XXX, Impr. Impériale, Paris, 1868, p. 961 ; Archives AD26 Code K ;

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:38

       On aurait pu intituler cet article : Du nouveau sur Ferdinand !!. Sans avoir toutefois trouvé une réponse à notre quête sur son origine. Car rien n'a été découvert sur le lien entre ces deux peintres portant le patronyme de PARFONRY. Ainsi, après Paul qui nous est apparu à plusieurs reprises sur des sites de vente, voici que son collègue Ferdinand en fait de même. Et en plus, on ne sait toujours pas si ces deux là sont parents. Vivement que l'un de ces généalogistes amateurs, forcenés de la lecture d'actes illisibles, nous retrouve l'acte de naissance de Ferdinand.

     Voici la peinture intitulée Elégante contemplant la baie, attribuée à Ferdinand PARFONRY, qui a été mise en vente à l'Hôtel de ventes HORTA à Bruxelles en date du 11 octobre 2011. Estimée entre 600 et 800 € et d'une dimension de 50 x 37 cm, son caractère peut nous faire penser à l'attitude de la jeune femme regardant par la fenêtre au niveau de la peinture Triste dimanche de Paul PARFONRY. De quelle baie s'agit-il ? A tout hasard, on peut penser à la baie de Somme ou à l'une des nombreuses baies de Bretagne !! Une impression subtile me laisse croire que l'on est à Venise, peut être à Gênes, en regardant le décor traversant la fenêtre. La belle attend son mari(n) parti en mer ou bien cherche t - elle à fuir par son regard la mélancolie de son existence ?

      Dans les deux cas l'attente semble insupportable. Curieuse attitude convergente qui pourrait cacher un sens commun de l'inquiétude et de l'ennui chez les deux peintres. Vivement qu'on nous dise si Ferdinand est ce frère de François-Xavier, cet oncle de Paul !!

     Ce tableau est en fait le second de ce personnage a se retrouver sur le marché de l'art. Le premier, intitulé Portrait d'enfant au sabre, a ainsi été mis en vente le 10 mars 2002 par MERCIER et Cie, Commissaires priseurs à Lille. Datée de 1849, elle est la référence la plus ancienne de l'existence de ce peintre. Comme on peut cerner sa date de naissance entre 1825 et 1833, en cas de filiation avérée, cette dernière date concorde dans ce cas. Estimée à l'époque entre 1200 et 1400 € et d'une dimension de 45 x 35 cm, elle pourrait cette fois être reliée à la peinture Enfant au rocher de Paul PARFONRY.

     Sans omettre que les deux peintres se sont attaqués à copier une peinture de Rubens, visibles de nos jours dans une église en Belgique.

     Comme si à chaque fois Paul avait trouvé son inspiration dans le travail d'un oncle. Totale utopie ou plaisir de croire à une histoire non vérifiable ?? Dans l'attente d'une confirmation, cet article sera envoyé dans les oubliettes de l'Histoire, comme  les deux articles antérieurs se rapportant à Ferdinand (Un autre peintre PARFONRY ; Et si Ferdinand PARFONRY était des nôtres).

       Messieurs les généalogistes, nous attendons avec impatience le résultat de vos recherches.  Approfondissez cette piste svp !

                                                            Elégante contemplant la baie

 

picture-Fer-Parf.jpg

 

    

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Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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