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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:08

       Sans jamais encore l'avoir vue, ni repérée, la peinture de Paul PARFONRY, intitulée L' Armoire aux robes  a fait l'objet de plusieurs articles dans le journal Le Figaro entre 1911 et 1913. Elle aurait été ainsi présente pendant plusieurs années à l'Exposition des Beaux - Arts, manifestation annuelle organisée à Paris par la Société des artistes parisiens. Cette persistance est en discordance avec la participation de Paul durant les années antérieures. Il y présentait des oeuvres différentes chaque année. On a ainsi relevé entre 1889 et 1895, la succession des peintures suivantes qui y ont été présentées :

                       1889 : La tentation

         1890 : Etude

         1891 : A l'atelier

         1892 : Triste dimanche

         1893 : Rêverie

         1894 : Intérieur de pêcheur à Blankenberghe

         1895 : Coquetterie

     Sans doute marqué par l'âge, même s'il n'avait que 54 ans en 1911 (Paul décèdera en 1920), mais surtout dépassé par tous les nouveaux mouvements de peinture qui apparaissaient depuis la fin du 19ème siècle, avec les Impressionnistes (Cézanne, Degas, Manet, Monet, Pissarro, Renoir,...), les Post - Impressionnistes (Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Seurat, Gauguin,...), les Néo - Impressionnistes (Seurat, Signac,...) sans oublier ceux marqués par le Fauvisme (Matisse, de Vlaminck,...) et le Cubisme (Braque, Picasso,...), la concurrence, alliée à l'évolution des mentalités et à l'âge, doivent expliquer ce manque de créativité. Il était d'une certaine façon resté, comme le montre plusieurs de ses peintures, dans la lignée de ce Siècle galant qui perpétuait quelque peu le mode de vie sous Louis XIV.

     Son tableau L'armoire aux robes est considéré, selon le cas, comme un très aimable caprice bibelotier en 1911, un véritable bijou en 1912 ou un intérieur à bibelots très habilement touchés en 1913. De quoi démontrer un manque d'imagination, de consistance et parfois de cohérence de la part du chroniqueur d'art chargé de relater sa vision dans le journal. Mais Paul avait probablement fait son temps. Lassé sans doute de rester cloisonner dans la catégorie des peintres d'intérieurs, il s'arrêtera de peindre à cette période. Aucune autre de ses oeuvres ne semble être postérieure.  

 Extraits du Journal Le Figaro des 27 février 1911, 30 avril 1912 et 2 mars 1913

Armoire-aux-robes--2-.jpg  Paul Parf Armoire aux robes  

Armoire-aux-robes--3-.jpg

      Par contre, comme le démontre sa photo prise lors des inondations de Paris en janvier 1910 (voir autre article dans cette catégorie), il a du chercher d'autres sensations en s'intéressant à cette nouvelle technique de reproduction de l'image qui était en train de prendre son envol. Intérêt qu'il a du transmettre probablement à son fils Georges, devenu grand amateur de prises de vue ayant permis de conserver un large éventail de souvenirs de famille. 

      Il nous reste désormais à retrouver la trace de cette dernière peinture de Paul.

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:11

      Marié en 1923 avec Renée, la fille ainée de la famille BASTIDE du LUDE de Jouy-le-Potier (Loiret), on vient de retrouver trace de la présence de Georges PARFONRY au mariage de la soeur cadette, Odile.

     Cet article est extrait du Journal Le Figaro du 26 décembre 1934. Georges, âgé de 40 ans, y officiait comme témoin de la mariée. Et parmi les membres du service d'honneur, on y retrouvait du beau monde, tels que Mlles Mélitta de THOREY, Annick d'ABBOVILLE, .... , accompagnées de plusieurs enseignes de vaisseau, en particulier de LEVIS-MIREPOIX.

    Jacques, âgé de 10 ans, le fils de Georges,  était également de la partie, pour accompagner les mariés.  

                                         Extrait du Journal Le FIGARO du 26 décembre 1934

 

G. Parfonry témoin

Quelques informations sur quelques uns des participants à ce mariage

Mélitta GILLET de THOREY est apparentée par sa mère aux BASTIDE du LUDE. Par le mariage de sa soeur Edith avec Pierre LASNET de LANTY, elle deviendra la belle-soeur de Michelle LASNET de LANTY qui se mariera en 1948 avec Jacques, le fils de Georges PARFONRY. Elle épousera le Comte Raymond de LEUSSE (1909-1985), propriétaire du château d'Hurigny;

Annick d'ABBOVILLE se mariera, quant à elle, en août 1955 avec le vicomte Robert de KERSAUSON de PENNENDREFF (1902-1983) de la promotion " Metz et Strasbourg" 1922-1924 de Saint-Cyr ;

Jacqueline SIRE (1912-1957) est l’épouse de Lionel GILLET de THOREY, le petit-fils de Gaston BASTIDE du LUDE, et belle sœur de Mélitta GILLET de THOREY ;

Charles-Henri de LEVIS-MIREPOIX deviendra lieutenant de vaisseau de la 1ère escadrille des forces navales françaises libres en avril 1943 ;

Le capitaine de frégate DENIELOU, témoin du marié, était à ce moment chef d'état-major d'aéronautique de la 3ième région maritime à Toulon ;

Le R.P. de VAUPLANE est aumonier de Saint-Cyr, supérieur de l'Institution Saint-Louis de Gonzague de Paris, chevalier de la Légion d'honneur et ancien aumonier du corps colonial ;

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:15

     A  travers les ressources de GENEANET, on vient de retrouver une charte de 1348  qui atteste une nouvelle fois de l'existence d'une terre au lieu-dit Parfondry, appartenant à cette famille.

      On y fait référence à un conflit avec l'abbaye de Flône, preuve, s'il en est, que le domaine de Parfondry est bien celui situé à cet endroit de l'autre côté de la Meuse et apparaissant sur les cartes au XVIIIème siècle. La terminologie " sous Clermont " ne laisse par ailleurs sur ce point aucun doute.

 

Sentence arbitrale touchant la dime de Parfondry, sous Clermont

1 juillet 1348

Jean de Coir, abbé de Flône, revendiquait la dime sur le manoir, courte, assise et appendices, que Johan de Parfondrieu possédait à Parfondry (Parfonriwe). Les parties ne parvenant pas à s'entendre choisirent deux arbitres : William de Coir de Liège, chevalier, et Johan dit de Chantremel, écuyer. Les arbitres décidérent que Johan de Parfondrieu devait la demi-dîme, dans  son domaine de Parfondry, de tous biens, fruits et autres choses dont on a usage de payer la dîme au pays de Liège; mais l'abbé de Flône, pour noirir amour entre eux, le dispensa de cette obligation, sa vie durant.

Fait en le hosteil le dit abbeit à Flône, en la presenche de Lowit, vesti de Betencour, Thomas, vesti de Noveville en Condros, prestres; Piron de Seraing, Albetin d'Amain, Henri de Okirs, clercs; Wilhemotte de Crypey Ie cois.

Source : Analectes pour servir à l'histoire écclésiastique de la Belgique, publiés par les chanoines Beusens et Barbier, 2ème série, Tome VIII, Louvain, Ch Peeters, 1893;



Quelques explications

Noirir:   terme encore présent dans le dictionnaire du langage ardennais qui pourrait se traduire par " duper - tromper - assombrir ". Ce qui signifierait que la position de l'abbé de Flône relève de quelqu'un qui ne reconnaît pas la décision des arbitres. Il préfère ne rien recevoir comme dîme plutôt que d'accepter un compromis ;

William de Coir : il doit s'agir probablement de Guillaume de Coir, chevalier, décédé en 1375, et qui devint bourgmestre de Liège en 1360 et en 1365; fils de John de Coir dit de Saint Martin; et par conséquent frère de Jean de Coir, dit Jean de Flône, l'abbé de Flône, le plaignant ;

Johan de Chantremelson nom complet est Jean de Dammartin, de Warfusée, de Hermalle, dit de Chantemerle ; cette lignée possédait l'un des plus importants terrritoires en Hesbaye liégeoise aux 12ème et 13ème siècles; il est l'un des descendants de la branche d'Hermalle, l'une des plus importantes lignées de Chevaliers à cette époque; il est un lointain cousin de Johan de Parfondrieu descendant de la famille de Lexhy et Waroux, l'autre branche importante de la descendance du couple Raes de Dammartin et Alix de Warfusée, mariés en 1115. Au vu de la relation familiale qui unissait Jean et William de Coir, cet écuyer avait très certainement été choisi par Johan de Parfondry pour défendre ses intérêts; il fit partie de la Commission des 12 qui avait été mise en place en 1334 pour traiter de la paix au terme de la guerre entre les Waroux et les Awans;

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:25

      De récentes recherches menées par quelques uns des nombreux généalogistes qui approvisionnent à longueur d'années le site GENEANET permettent de donner des informations nouvelles sur cette famille de chevaliers de PARFONDRIEU (ou de PARFONDRY) dont l'existence la plus ancienne attestée remonte à 1261. Essayant d'une part de décrypter le document phare de la généalogie du Moyen âge que représente le livre " Le Miroir des nobles de Hesbaye" de Jacques de HEMRICOURT (1333-1403) et d'autre part de trouver des descendances à travers les grandes familles, ces recherches nous ont permis d'avancer quelque peu.

     Voilà les points principaux qui découlent de ces nouvelles données. On peut en synthétiser l'essentiel, à savoir que cette famille a pu pour certains percevoir le changement qui s'opérait. La période glorieuse de la chevalerie s'achevait et faisait place à plus de libertés et de développement de la bourgeoisie dans les villes. C'est en s'intégrant dans ce nouveau schéma que ce nom a pu perdurer. 

 

1. Il serait avéré que le premier de la lignée, à savoir Johan de PARFONDRIEU, mentionné comme Chevalier en 1272, est en fait le premier à porter ce nom. Selon les découvertes, son père ne serait autre qu'André de BIERSET de LEXHY1, un autre de ces nombreux chevaliers qui parsèment le livre de J. de HEMRICOURT, et sa mère une dénommée N.. de LOCREAU de DANMARTIN, fille du Chevalier Jean de LOCREAU de DANMARTIN qui possédait de nombreuses terres à Hody2 et à Comblain3. Le lien avec la localité de Comblain comme terre d'origine se ferait dès lors via le grand-père maternel de Johan de PARFONDRIEU. Du côté paternel, l'ascendance est encore plus affirmée car la famille de LEXHY4 descend en ligne directe du couple Raes de DAMMARTIN et Alix de WARFUSEE, mariés en 1115, considérés comme les ancêtres de la grande majorité des chevaliers de la Hesbaye liégeoise. Johan de PARFONDRIEU serait un des descendants à la 6ème génération de ce couple.  

      De ces faits généalogiques, il en découle une considération essentielle. A savoir que ce Johan de PARFONDRIEU est devenu très probablement le premier attributaire d'un lieu (seigneur d'un fief !), qui ne serait autre que le territoire de PARFONDRY attesté dans des documents anciens mais existant toujours sur la carte des Pays-Bas autrichiens du Comte FERRARIS au XVIIIème siècle. Ce territoire se trouve en rive droite de la Meuse, situé près des localités d'Hermalle-sous - Huy et de Saint-Séverin-en-Condroz5, entre Liège et Huy, face à l'abbaye de Flône6.

 LEXHY : actuellement dans le village de Hozémont (commune de Grâce-Hollogne), près de Liège; la seigneurie de LEXHY remonte au VIIIème siècle et serait à l'origine de la plus haute noblesse de Liège.; 

2 HODY : village situé dans la commune d'Anthisnes, à proximité de Comblain ;

3 COMBLAIN : il existe de nos jours les villages de Comblain-la-Tour et Comblain-au-Pont, situés au confluent de l'Amblève et de l'Ourthe ;

4 Famille de LEXHY : cette famille est considérée comme l'une des plus nombreuses et des plus importantes en Hesbaye liégeoise, dès le 12ème siècle; elle possédait de nombreuses seigneuries ; c'est au sein de cette famille qu'éclate la guerre des Awans et des Waroux qui décima la noblesse liégeoise jusque la bataille de DAMMARTIN en 1325 ;

5  SAINT-SEVERIN-en-Condroz : village de la commune de Nandrin; lieu d'habitation de Jakemar (Jacques) de PARFONDRY en 1365, petit-fils du Chevalier Johan de PARFONDRY ; l'église de Saint-Séverin dépendait de l'abbaye de Cluny dont elle en a les caractéristiques ;

6 Abbaye de FLONE : situé sur la commune d'Amay, en rive gauche de la Meuse; abbaye érigée en 1139 sur un terrain donné en 1075 par l'évêque de Liège, Henri de Verdun; cette abbaye se situe pratiquement en face du site de Parfondry, localisé en rive droite de la Meuse ;

 

2. Ce Johan de PARFONDRIEU, comme nous l'avions déjà mentionné,  aura comme descendance des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui deviendront en particulier Commandeur de l'Ordre à la Commanderie de Chantraine et à celle de Villers-le-Temple.

 

3. La fille aînée de Johan de PARFONDRIEU, la dénommée Julienne épousera Thierry de MOHA dit l'Ardenois. Ce dernier est écuyer en 1299, châtelain de MOHA en 1301. Il décèdera en 1326. La descendance à la 20ème génération de ce couple aboutit, selon GENEANET, à Marie de JACQUIER de ROSEE (1849-1895), fille du baron Laurent de JACQUIER de ROSEE (1813-1858), et qui épouse le Baron Ludovic de POTESTA de WALEFFE (1870-1945). La famille actuelle de POTESTA de WALEFFE, l'une des plus anciennes familles de la noblesse belge, serait donc par alliance reliée au premier seigneur Johan de PARFONDRY, apparaissant à la fin du XIIIème siècle.

 

4. Il apparaît, à travers tous ces derniers approfondissements, qu'un des personnages clefs de cette lignée, ne serait autre que la petite fille de Johan de PARFONDRIEU, la dénommée Aely de PARFONDRIEU qui épouse Baudoin d'ACHOU, un bourgeois de Liège. Contrairement à la norme, ses enfants porteront son nom, ce qui est assez surprenant. Plusieurs d'entre eux ont assuré une présence notoire.

      * Le premier est Jean de PARFONDRIEU qui deviendra Secrétaire de la ville de Liège mais aussi du Tribunal des XII lignages. Ce tribunal était composé de 4 chanoines, de 4 nobles et de 14 représentants des villes en principe nommé à vie. Il a été chargé, après la guerre entre les AWANS et les WAROUX qui s'est déroulée dans la Principauté de Liège de 1290 à 1330, de régler les différends entre les nobles. Du moins ce qui en restait de la noblesse car pas moins de 30 000 hommes auraient péris lors de cette guerre. Ce conflit allait avoir comme conséquence de marquer le déclin de la chevalerie et la suprématie de la bourgeoisie.

      * Le second est Ameil de PARFONDRIEU que l'on retrouve dans un document ancien de J. de HEMRICOURT comme " manant (NB : un manant est un riche paysan propriétaire au Moyen âge) à Flémalle, prenant en emphytéose, avec consorts, les mines de plomb et d'argent situés des deux côtés de la Meuse entre Huy et Amay ". Manifestement, le lieu est proche du site de PARFONDRY. Cette indication est très importante car elle donne l'explication comme quoi cette famille s'était investie dès ce moment dans l'exploitation des ressources minières. Et de relier ce texte avec celui du Dr L. THIRY qui écrit : "...qu'apès avoir subi les grands bouleversements dès le XVème siècle, cette famille (ndrl : la famille de PARFONDRY) aurait été de nouveau à la base de l'industrie dans le courant du XIXème siècle ". 

(Source : THIRY L. (1936) : Histoire ancienne de la Seigneurie et Commune d'Aywaille, 1ère éd., Tome II, p. 239-240 (site de la famille) et 349-355 (généalogie) ;

       Et, par extension, il pourrait donc être l'ancêtre de la lignée qui réapparaît au XIXème siècle avec un titre de baron Jacques de PARFONDRY, bourgmestre de Yernée7. Ce dernier se marie avec Marie Elisabeth Van der MAESEN (1767-1851), descendante d'une grande famille de l'Empire romain germanique, propriétaire du château d'Avionpuits, construit en 1756 près de Liège par son père Jean-Christophe Van der MAESEN. Et dont la descendance se retrouve de nos jours dans la famille DEBATTY.

      * La troisième est Maroie qui épouse un dénommé Guillaume d'ABEE, lequel n'est autre que l'oncle de JACQUES de HEMRICOURT, auteur du livre " Le Miroir des Nobles de Hesbaye" mais qui fut également Secrétaire de la ville de Liège de 1356 à 1383, bourgmestre de Liège en 1389  et chevalier de Saint-Jean de Jérusalem.

 7 YERNEE : Yernée forme avec Villers-le-Temple et Saint-Séverin la commune actuelle de Nandrin; Villers-le-Temple et Saint-Séverin sont des lieux ou sont attestés la présence de chevaliers de Parfondry au 14ème siècle; Nandrin est limitrophe des communes d'Amay (rive gauche de la Meuse) et d'Anthisnes (rive droite de la Meuse) ;

 

5. Sans oublier Isabeau de PARFONDRIEU, la soeur aînée d'Aely, qui épouse le Chevalier Gérard d'ANTHISNES, fils de Corbeau D'ANTHISNES, lequel n'est autre que l'un des signataires de la Paix de FEXHE.

Signée le 18 juin 1316, cette Paix de FEXHE est le document le plus célèbre de l'histoire du pays de Liège. Il reconnaît le partage du gouvernement entre le Prince-évêque et le pays. Prenant l'aspect d'une vraie charte constitutionnelle, il a donné à la Principauté de Liège un caractère profondément différent de celui des autres Principautés Ecclésiastiques de l'Empire.

Cette Charte de la Paix de FEXHE reste, de nos jours, l'un des documents fondamentaux de référence pour instituer une éventuelle Constitution wallonne.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 08:52

     Afin de concrétiser l'un des objectifs de ce blog, à savoir la collecte de renseignements sur tout ce qui a un rapport avec notre nom, j'ai profité d'être à proximité de la commune de PARFONDRU pour aller la découvrir.

BILD2538.JPG

      N.B. : Remarquons avant tout que la terminaison des noms de lieux en France se finit par ru contrairement à la Belgique ou la dernière syllabe est ry.

      PARFONDRU (02840) est une petite commune rurale française de 350 habitants, située dans le Département de l'Aisnes, à quelques km de la ville de Laon. Organisée à l'origine le long d'une seule rue, elle ne présente à première vue aucune particularité si on n'y fait que la traverser. Mais attiré par la consonance de son nom, un arrêt momentané s'avérait nécessaire. Que pouvait bien nous dévoiler cette commune, après en avoir fait le tour à pied ?

      Plus de commerces, quelques âmes farfouillant dans leurs jardins, un monument aux morts des plus classiques, une nef d'église sans particularité, une mairie fermée recluse dans une cour d'école, aucune activité agricole ou industrielle visible. Rien de bien palpitant. Une surprise tout de même, les horloges de l'église, collées à différents côtés de la tour, indiquaient l'heure juste, malgré leurs âges. On peut ainsi, en regardant la photo, déterminer l'heure de notre passage.

      Mais comment trouver la réponse à la principale question qui nous tarabustait ? Quelle était l'origine du nom de la commune ? Aucun ruisseau apparent ni aucune trace de ressources minérales ne permettent d'assurer un lien, même ténu, avec nos hypothèses d'un toponyme dérivant d'une vallée encaissée (Par le fond du ruisseau), ni d'une extraction de fer à l'époque romaine qui aurait abouti à la création du mot fonderie (fundus - rivus). Rien de tout cela. Il fallait manifestement se consoler avec l'évolution du nom de la commune que nous avions trouvé précédemment. En 1150, dans un cartulaire, on y avait indiqué, et quoi de plus naturel finalement quant on parcourt la commune, l'appelation de " Profonde rue ". Celle - ci se transformait en  " Parfonda Riva" en 1173, " Profundus Vicus " en 1217, " Parfondrue " en 1545 pour devenir définitivement " Parfondru " en 1804. C'était bel et bien la longue voie sinueuse qui avait servi de logique pour donner le nom. On remarquera l'alternance d'emploi de l'adjectif entre profond et parfond pour caractériser l'élément prédominant de sa dénomination. Il est vrai qu'il est plus judicieux, sur le plan de la consonance de nos jours de s'appeler PARFONDRY. Imaginez que l'évolution de la prononciation ait abouti à PROFONDRY. Cela aurait été encore un peu moins attrayant à supporter !!

                                                   Carte postale ancienne de Parfondru

         cartes-postales-photos-Environs-de-Laon-PARFONDRU-2840-6174.jpg     

                                            Vue actuelle (2011) de Parfondru 

                         BILD2546

      Pour étayer ce lien avec la rue du village, notre esprit curieux à été attiré par une petite plaque. Similaire à celle indiquant le nom des rues, il y est écrit " Impasse du château ". Perpendiculaire à la rue principale, sans voirie attenante, longée de quelques maisons basses, cette impasse nous amenait tout en montant, vers un tertre, couvert d'arbustes. En somme, un bosquet recouvrant ce que l'on pourrait comparer à un de ces tumulus si présents en Hesbaye brabançonne. Sur ce monticule, il y avait bien eu, il y a bien longtemps apparemment, un château. Peut-être l'une de ces mottes médiévales, érigées très tôt, qui furent à l'origine de l'implantation de la plupart des châteaux-forts. Le premier seigneur de Parfondru est en effet apparu en 1136 et jusqu'en 1765, avec un certain Claude, François de Vassault, chevalier et seigneur de Parfondru, le lieu fut habité. La révolution française est probablement passée par là et le château fut probablement abandonné et détruit. Par sa situation en surplomb de la route, on peut imaginer que le seigneur au Moyen âge, ait donné cette appelation de " Profonde rue ", considérant la dénivelée par rapport à son domaine comme suffisamment marquante pour la laisser à la postérité.

      Une fois le nom décrypté, il nous restait cependant d'autres aspects à recueillir. Pénétrant dans la cour de la petite école donnant accès à la Mairie, nous rencontrâmes l'une de ces âmes du village. Grâce à sa bienveillance, il nous fut raconté ce qui constitue manifestement l'une des anecdotes les plus incongrues entendues à ce jour. Pourquoi les habitants de cette commune sont-ils appelés des Paillefoins et non tout logiquement des Parfondrutains? BILD2559.JPGLe symbole du village, représenté sur le mur de l'école, est constitué d'une paire de sabots en dessous desquels on trouve la mention de " Paille - Foin ". L'explication qui en découle est dans la logique de ce monde rural qui était tourné essentiellement vers l'agriculture.

       L'origine du mot Paille-Foin 

      Les volontaires choisis pour constituer une brigade de pompiers, étant peu éduqués, se mêlaient dans les pas lors de défilés, ne reconnaissant pas la droite de la gauche. Pour remédier à ce problème de cohérence, quelqu'un eut l'idée de mettre de la paille dans le sabot de gauche et du foin dans celui de droite. Habitué par le labeur quotidien à faire très facilement la différence entre ces deux produits du terroir, nos jeunes recrues de pompier marchaient à la cadence de " Paille - Foin " au lieu de " Gauche - Droite ". Il fallait y penser. Ce qui, à la réflexion, poserait très certainement de nos jours quelques problèmes à certains habitants des villes, n'ayant jamais fait la différence entre une botte de paille et un ballot de foin.

      Et après cette anecdote du terroir, nous n'avions toujours pas fini d'en apprendre toujours plus. En lisant le panneau explicatif près de l'église, on y découvre l'intérêt botanique particulier de cette commune. En raison de la nature de ces sous-sols, à la fois calcaire et sableux, on y rencontre différents types de végétation qui en fait une sorte d'identité remarquable pour tout le Nord-ouest de l'Europe. Des prairies sèches, des marais alcalins à potamots (plantes aquatiques), des landes sèches, des bois de montagne et des pâtures humides se rencontrent sur quelques km2, au grand bonheur des promeneurs. Des plantes de montagne y côtoient des espèces caractéristiques de milieux plus chauds et secs. Des chantiers nature sont organisés pour réouvrir à des espèces endogènes, comme la linaigrette (cypéracée), ces pâtures humides alcalines, envahies de nos jours par les bouleaux.

     Il nous reste à croire que cette commune fut créée par les Vikings au cours de leur longue pénétration vers l'intérieur des terres au cours du IXème siècle. En rappelant que si l'on trace une ligne reliant les différents lieux portant notre toponyme, démarrant dans le village de Parfouru, près de Caen, en Normandie et aboutissant au village de Parfondruy, près de Stavelot en Belgique, on aboutit à une ligne droite comme si on refaisait le chemin de ceux qui réussirent à s'intégrer dans le milieu, tout en faisant preuve d'un peu trop d'esprit guerrier. Et de constater surtout que la région de Laon fut une de leurs installations les plus marquantes tout comme la vallée de l'Amblève en Belgique, le long de laquelle se situe le village de Parfondruy. Sans omettre qu'à proximité se trouve également des villages de Montaigu et de Clermont, tout comme ils en existent dans les autres lieux de notre toponyme. Quant on sait que la famille de Montaigu est reconnue comme de souche normande avec certitude, peut-on encore parler de simple coïncidence !!

     On pourrait également s'en référer au fait que l'épouse de Pépin le Bref, Berthe au Grand Pied, soit la fille du Comte de Laon. Ce qui témoigne d'un contact assez étroit avec la région liégeoise, d'où est issue la lignée de Charlemagne, pouvant également expliquer l'apparition du toponyme aux deux endroits. 

 

    Mais tout cela peut être dérisoire. In fine, la petite école communale avec ses quelques 15 élèves semble, selon les dire, condamnée. Malgré l'attrait résidentiel de la commune, au vu de sa proximité de Laon, le nombre de petits Paillefoins reste insuffisant pour la péréniser. Une si jolie histoire locale ne peut se perdre. C'est à quoi cet article dans ce blog peut aider.

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:13

        En vente, sur le site eBay, durant ce mois de mai 2011, une plaquette publicitaire de la société Joseph BAYANT N.Y. Mosaic § Marble Co , installée à New York, qui mentionne être le représentant exclusif de la maison PARFONRY - L. HUVE de Paris.

      Datée de 1905, cette carte (19 x 13cm) est postérieure à François-Xavier, décédé inopinément à Créteil en 1898. Elle est toutefois en relation avec la dernière association sur le plan commercial, ayant démarré peu après la fin de celle avec LEMAIRE. François-Xavier PARFONRY  formera  à ce moment l'association  PARFONRY - HUVE frères. En raison de la renommée acquise par celle-ci, la famille HUVE conservera ce lien pendant plusieurs années. Ainsi en 1903, on retrouve encore dans  l' " Annuaire du bâtiment et des travaux publics, des matériaux de construction et du matériel d'entreprise, Ed. SAGERET, Paris, 1903 " la mention " HUVE L. Successeur de PARFONRY et HUVE frères ".

      Cette famille HUVE est probablement en lien avec Jean-Jacques HUVE (1742-1808, Versailles), grand architecte français, très prolifique, ainé de 9 enfants. L'un de ses fils Jean-Jacques, Marie HUVE (1783-1852, Paris) fut également architecte. Et Félix, Jean HUVE (1816-1887), le fils de ce dernier, devint maire de la localité de Sablé-sur-Sarthe. Or, cette commune connut un important développement dans le courant du 19ème siècle suite à l'exploitation de nombreuses carrières de marbre. François-Xavier la mentionne par ailleurs lorsqu'il est auditionné en 1882 par la " Commission d'enquête sur la situation des ouvriers et des industries d'art ". En réponse à une question, il répond : A Sablé, il existe aussi une excellente maison qui fait de la petite marbrerie, ses ouvriers sont très bien tenus.

    Cette plaquette publicitaire atteste donc que les oeuvres d'art de François-Xavier PARFONRY se sont exportées vers les Etats-Unis. C'est probablement après l'Exposition Internationale de Philadelphie en 1876, organisée à l'occasion du centenaire de la naissance des Etats-Unis, et au cours de laquelle il avait obtenu un prix, que sa présence dans ce pays s'est intensifiée.

      Cette plaquette, en noir et blanc, reproduite ci-dessous, a été localisée à Whitewater dans le Wisconsin. Ce dernier Etat des Etats-Unis est celui qui accueilli la plupart des 10 000 migrants en provenance de la région de Neerheylissem entre 1852 et 1856. Simple hasard ou cohérence dans la localisation !!!!

 

                 Marble US Parfonry

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 17:21

       Les découvertes faisant resurgir les histoires de famille ne seraient sans doute pas aussi importantes si l'on ne pouvait compter sur la collaboration de personnes ressources de bonnes volontés. C'est ainsi que j'ai pu entrer en contact avec celui qui gère l'ASBL Saint-Berthuin à Malonne et qui en quelque sorte peut être considéré comme l'une des mémoires les plus actives de l'Ecole Normale de Malonne.

      Cette école est celle où mon grand-père, Emile PARFONRY, a suivi sa formation d'instituteur entre 1910 et 1914. Quatre années, ayant débuté à l'âge de 15 ans, qui lui furent payées, selon les reliquats de la mémoire encore actuelle, par son oncle et parrain, l'horloger - bijoutier de Bruxelles, lui aussi prénommé Emile. 

      Après avoir probablement suivi les trois premières années (moyennes inférieures) quelque part dans les environs du village à Neerheylissem, c'est très probablement grâce à l'appui de cette personne qu'il a pu s'inscrire à l'Ecole Normale de Malonne. Le milieu familial assez pauvre n'aurait pas permis de couvrir les frais de l'internat.

      Diplômé quelques semaines avant le déclenchement de la Première guerre mondiale, cela lui a très certainement évité d'être un combattant de l'Armée belge, reclus durant ces quatre années de guerre dans les tranchées de l'Yser. De cette période, le seul souvenir qu’il avait transmis était le fait de devoir se laver avec de l’eau glacée dans l’évier en hiver. Grâce au concours du responsable de l'ASBL Saint-Berthuin, M. Michel LENOBLE, on vient de retrouver les traces tangibles de son passage à l'Ecole Normale de Malonne, à travers les différents Palmarès de fin d'année scolaire. Conservés dans les Archives de l'école, ses résultats nous sont parvenus tout au long des quatre années d'études.

      Ayant eu successivement 210 pts en première année d'études (1910 - 1911), 206 pts en deuxième (1911 - 1912), 284 pts en troisième (1912 - 1913), il a terminé avec une cotation de 240 pts en quatrième (1913 - 1914). Tous ces résultats sont agrémentés par un Prix d'Honneur (325 pts) pour le premier semestre de la troisième année.

Comparés aux points extrêmes obtenus pour l'ensemble de la classe, à savoir :

1ère année : 210 - 175 pts (45 étudiants) ;

2ème année : 210 - 200 pts (35 étudiants) ; 

3ème année : 300 - 215 pts (34 étudiants) ;

4ème année : 240 - 220 pts (30 étudiants) ;

Prix d'Honneur : 338 - 280 pts (34 étudiants) ;

 

      On peut en conclure qu’Emile devait être un bon élève. Variant entre 100 % et 94.6 % du score obtenu par les meilleurs, ses points reflètent manifestement le sentiment d’un bon niveau scolaire. Sa troisième année, durant laquelle il se retrouve 19ème au premier semestre et 24ème  en final, laisse toutefois apparaître une légère baisse de niveau par rapport aux  résultats de ses première et quatrième années d'étude ou on le retrouve ex aequo à la première place.

      Ses condisciples de promotion en 1914 s'appelaient : Jean Boonen, Octave Cartiaux, Louis Charles, Isidore Claes, Fernand Collart, Fernand Delescaille, Raphaël Devrindt, Louis Divoy, Joseph Doumont, Flavien Gérard, Georges Gesnot, Henri Godfrin, Adelin Grégoire, Edgard Hubin, Jules Jaumain, Aimé Maquestiau, Augustin Michel, Cyrille Mouraux, Joseph Peeters, Dominique Raemaekers, Fernand Servais, René Vanderwhalle, Nestor Van Hassel, Albert Warnier, Emile Monin, Fernand Namurois, Léonard Truyen, Emile Thirot, Jean Satinet.

      Dans le Grand Livre des Pensionnaires, on retrouve les faits en rapport avec la vie scolaire. On y relève  le montant de la pension à l’internat (460 fr.) et le fait qu’il devait disposer d’une bourse. Il ne suivait aucun cours spéciaux à charge des parents (musique, langue, dactylo). Les quelques dépenses trimestrielles se limitaient aux fournitures scolaires (12 à 16 fr), au transport des bagages (2 fr), à la coupe des cheveux (50 cts) et à un régime particulier (3 fr). Aucunes dépenses n'étant affectées à la blanchisserie, on suppose que le renouvellement du linge lui parvenait à travers les bagages.

      Ces dernières données ne permettent donc pas de confirmer l'hypothèse selon laquelle sa scolarité lui a été payée par son parrain. Les dépenses étaient directement adressées à son père Alexis. Autre information intéressante, le numéro d'habitation dans la rue des Charrons à Neerheylissem est le 58 (contre 11 lors du recensement de 1840 et 114 actuellement).

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:26

       Une nouvelle toile de Paul PARFONRY, est mise en vente depuis ce mois de mai 2011 sur le site " Expertissim.com ". Intitulée " La visite galante ", datée de 1890, elle est manifestement du même genre que la grande majorité des autres peintures de cet artiste.

      Estimée entre 500 et 600 €, c'est la quatrième toile a avoir été répertoriée sur des sites de vente. On se rappelera les trois précédentes :

                 Intérieur d'une chambre : Galerie Bruun RASMUSSEN, Copenhage, en septembre 1997;

                      L'interruption : William DOYLE Galleries, New York, en mai 2007;

                      Rencontre devant un hôtel particulier : Mes LAVOISSIERE et GUEILHERS, La Rochelle, en octobre 2008 ;

      C'est aussi le dix-huitième titre de tableau de ce peintre à être identifié depuis le début de nos recherches. Reflétant toujours le décor des intérieurs bourgeois du XVIIIème siècle, on ne peut y retrouver un quelconque avant-gardisme qui s'était déjà manifesté depuis quelques années avec la peinture impressionniste. Paul PARFONRY est resté, à travers plusieurs de ses peintures, un peintre quelque peu influencé par ce que l'on appelle " Le siècle galant du XVIIIème" toujours dans la lignée de la période d'une certaine décadence sous Louis XIV. Il n'avait nullement embrayé avec la nouvelle expression picturale qui allait marquer la peinture moderne. Il restait un peintre classique dont l'expression était basée sur le dessin classique et non sur le jeu des lumières et des couleurs. Par cette façon de reproduire son inspiration, il perpétuait manifestement la lignée de son père François-Xavier, qui avait toujours défendu l'art du dessin dans l'expression fondamentale de son métier de marbrier - sculpteur.

      Et, tout comme pour ses autres oeuvres, il est probable que l'on retrouve dans le décor, des pièces encore présentes de nos jours chez sa descendance. Et élément supplémentaire, on y voit, à travers la fenêtre, une tourelle  qui doit très probablement être une reproduction d'un lieu connu par le peintre.

 

                                  La visite galante (huile sur toile; 56 x 46 cm)

                                              ( source : Expertissim.com)

La-visite-galante.jpg

  Cette toile a finalement été vendue

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:46

      Dans la rubrique des faits divers de trois  journaux parisiens de 1902, il est relaté une altercation qui se serait terminée de manière tragique pour un dénommé PARFONDRY, selon le titre de l'un des articles. Ce dernier intitulé " Un meurtre " ne laisse que peu de doutes sur les conséquences des coups de couteau reçus. Le jeune PARFONDRY aurait donc succombé à ses blessures.

Journal des débats politiques et littéraires du 01 mars 1902 (n° 52)

       Un meurtre

      Congédié avant hier du dépôt des Petites Voitures, parce qu'il remplissait mal son service, Henri Bachet partait en proférant des menaces contre M. Parfondry, son contre-maitre, et son fils, âgé de vingt ans.

      Le même soir, M. Parfondry et son fils se rendaient à la cantine de dépôt, rue Duret, y prendre une consommation. Ils y trouvèrent Bachet et un de ses amis, qui se mirent à les injurier. M. Parfondry ne répondit pas; puis sa consommation prise, sortit avec son fils.

      Il avait à peine fait quelques pas sur le trottoir que Bachet lui sautait à la gorge. Le jeune Parfondry voulait dégager son père, mais l'ami de Bachet, le prit à bras-le-corps et, presque aussitôt, Bachet s'élancait sur le jeune Parfondry, lui plongeait par trois fois son couteau dans le cou, dans l'avant-bras et dans les reins.

      Le malheureux jeune homme a été transporté à l'hôpital Beaujon dans un état très grave.

      Une heure après, Bachet et son ami, un certain Ury, étaient arrêtés et envoyés au dépôt.

Journal La Croix du 28 février 1902

      Entre camarades

     Un drame sanglant s'est déroulé cette nuit, vers 2 heures, dans un dépôt dfe voitures, 25, rue Duret.

     A la suite d'une violente discussion entre plusieurs laveurs de voitures qui sortaient de la cantine, l'un d'eux, Henri Bruchet, 24 ans, demeurant avenue de Lorraine, à Clichy, a frappé de plusieurs coups de couteau un de ses camarades, Albert Parfondry, demeurant 22, rue Duret.

    Ce dernier, qui perdait son sang en abondance, a été porté mourant à l'hôpital Beaujon. Le meurtrier a été arrêté.

Journal Le Petit Parisien du 28 février 1902

     Un meurtre à Passy

     Une tentative de meurtre dont la vengeance est le mobile a été commise, hier, vers deux heures du matin, rue Duret, en face du dépôt de la Compagnie des Petites-Voitures.

     Albert Parfondry, âgé de vingt ans, a été frappé de trois coups de couteau, dont l'un très grave met ses jours en danger.

     Il travaillait depuis longtemps au dépôt des Petites-Voitures, où son père est brigadier; il avait pour camarades, Henri Buchet, âgé de vingt-quatre ans, et Edmond Ury, âgé de vingt-deux ans, avec lesquels il avait vécu jusqu'ici en parfaite intelligence.

     Mardi dernier, le père de Parfondry, trouvant qu'Henry Buchet apportait trop de négligence dans son service, lui en fit la remarque. Le subordonné prit mal l'observation, et une querelle s'en suivit à la suite de laquelle un brigadier fit un rapport au chef de dépôt, qui, séance tenante, congédia le laveur de voitures.

     Henri Buchet quitta aussitôt son travail et partit en proférant des menaces contre le père et le fils,.......

     Il avait fait à peine quelques pas sur le trottoir que Buchet lui sauta à la gorge. Le jeune Parfondry, qui s'était un peu attardé, accourut et voulut dégager son père, mais ....... Buchet qui avait réussi à se dégager de l'étreinte du père, rejoignit le fils et, à trois reprises différentes, lui plongea son couteau dans le cou, à l'avant-bras gauche et au bas des reins......... Des agents avertirent M. Montianuc, commissaire de police, qui, après avoir fait transporter le blessé à l'hôpital Beaujon, arrêtait une heure plus tard Buchet et Ury dans un débit de vins ou ils s'étaient réfugiés. Tous deux ont été envoyés au dépôt.

     La blessure qu'Albert Parfondry a reçue au bas des reins inspire les plus vives inquiétudes.

 

      Quant à déterminer de l'origine des PARFONDRY qui ont été impliqués dans cette bagarre, l'allusion à la rue Duret semble un indice primordial. Quelques années plus tard, dans un autre article, cette fois du journal " Le Gaulois " du 10 mars 1908, on retrouve dans les offres d'emploi, le texte suivant, avec le même numéro 22 dans cette rue :

Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret.

       La coïncidence d'y retrouver la rue Duret ne peut être fortuite. Le lien entre les deux textes de 1902 et de 1908 ne peut que nous aider à trouver l'identité de ce PARFONDRY. D'autant que le 16ème arrondissement, où se trouve cette rue Duret est justement l'endroit de naissance d'Albert, Pierre PARFONDRY en 1918 et précédemment de sa soeur Simone en 1913. 

      Le père de ces derniers n'est autre qu'Albert, Joseph PARFONDRY, né à Tournay, près de Bertrix dans le Luxembourg belge, en juin 1881 et décédé à Paris 20ème en 1935. Au moment de l'altercation en 1902, il avait bien la vingtaine d'années relatée dans l'article. C'est donc très certainement lui qui accompagnait son père, Alfred PARFONDRY. Le fait qu'il recherche un emploi quelques années plus tard en 1908 est manifestement une preuve comme quoi il a survécu à l'agression. On peut s'étonner dès lors du titre de l'article qui ne laissait que peu de chances au jeune PARFONDRY.

      Cette lignée de  PARFONDRY est une descendance des PARFONDRY de la branche originaire d'Aywaille. On a ainsi la preuve que c'est Alfred, Joseph PARFONDRY, né lui aussi à Tournay en 1850, qui a émigré sur Paris. Quant à Albert, il est le grand-père d'Alain PARFONDRY, installé de nos jours à Bordeaux.

 

Quelques explications complémentaires

Rue Duret : rue du 16ème arrondissement de Paris dans le quartier de Challiot;

DURET (1804-1865) : sculpteur français, élève de BOSIO qui fut le sculpteur de référence des Bonaparte ;

Dépôt des Petites Voitures : dépôt appartenant à la Compagnie des Petites Voitures, installée à Aubervilliers en 1898, exploitant des voitures hippomobiles à louer  ou des fiacres électriques possédant une autonomie de 60 km :;

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:42

      La descendance de Mengold PARFONDRY, dont nous avons relaté l’origine dans un précédent article, est restée localisée pendant longtemps dans le village de Forchies-la-Marche, où il y a travaillé comme artisan. Ils ont occupé pour certains le métier de cloutier, pour d’autres celui de houilleur, voire de journalier. Peu d’entre eux ont exercé d’autres métiers, à l’exception d’un des 3 fils de Mengold, Louis, né en 1759, devenu boucher. Certains sont devenus porion, tels que Alexis, né en 1872, Félicien, né en 1840 et Augustin, né en 1864. Cette situation, en particulier le travail dans la mine, s’est prolongée durant le 20ème siècle.

      Cet environnement d’un travail éprouvant a probablement conduit Rosine PARFONDRY, née le 1/02/1857, a quitter son pays pour trouver un plus grand confort de vie. Arrière-arrière-petite-fille de Mengold, son ascendance est un témoignage manifeste du milieu économique dans lequel vivaient les PARFONDRY de Forchies-la-Marche à cette époque. On a ainsi successivement, après Mengold : son arrière-grand-père Antoine (1765-1845), journalier ; son grand-père Joseph (1800-1868), cloutier-journalier ; son père Augustin (1828-1885), charbonnier – houilleur.

      Mariée le 26/10/1873 avec Désiré Joseph ROVILLARD, à Forchies-la-Marche, Rosine a eu 4 enfants en 1874, 1877, 1878 et 1880. Les 3 premiers sont morts en bas-âge. Seul, le dernier Fernand, né le 11/10/1880 à Trazegnies, a survécu.

      Voulant probablement quitter ses conditions de vie, Rosine s’est embarquée un jour avec son fils et sans son mari pour les Etats-Unis. Ce dernier est décédé à Forchies-la-Marche en 1904. L’histoire s’arrêterait à ce moment, si on ne découvrait pas que des descendants de Rosine, notamment Florence Rovillard, la petite-fille de Fernand, se sont manifestés en 1998 pour retrouver des traces et donner des informations.

      Rosine serait donc arrivée avec son fils probablement en 1902 aux Etats-Unis. Fernand avait donc à ce moment 22 ans. On y apprend qu’il s’est marié avec une fille d’un migrant belge, portant le nom de DeJean, qui exerçait le métier de souffleur de verre. Ce nom existe encore de nos jours aux USA. Rosine et son fils ont habité à Gas City dans l’Indiana. Il est indiqué qu’il aurait eu une sœur, ce qui reste à vérifier car tous les autres enfants (Augustin, Elise et François) sont morts dans leurs premiers mois.

Texte de six mails envoyés des Etats-Unis en 1998 recherchant des informations sur la descendance de Rosine Parfondry et son fils Fernand ROVILLARD.

1.  What a great new list! I am seeking information on the ancestry of Fernand (later was called Fred) Joseph ROVILLARD. He came to the U.S. about 1902 from Charleroi Belgium. He married, soon after arrival, Louise DeJean, the daughter of another Belgian immigrant family. The families settled in IN and it is believed that the De Jeans were glassblowers. The only information I have is that his father's name was Desire ROVILLARD and his mother was Rosine PARFONDRY. I believe his mother came with him, but don't know if she was widowed or divorced.
Also heard he had a sister, but don't know anymore of her or if there were other children left behind. Fernand was born 10 Sept 1878 and his mother was born Feb 1857. Any help you can give me will be greatly appreciated.

Thanks in advance.

Rosemary in ME. 

2.  Georges,
I am going to get together what little I have on my grandfather Rovillard and fax it to you...in response to your offer to help.
I've had only once response to my query since online. I've heard the name Rovillard is rare and should not be difficult to search but the "brick wall" seems to not want to crumble (tho Bob in Indiana is goingto search records in the next few weeks).
Can this rare name be found inEmigrant naar Amerika as was another rare name Protin?

My grandfather Fernand Rovillard came here early l902 (we believe) with his mother, Rosine Parfondry. I plan to list again on this interesting site and maybe will get a"bite".
Florence Rovillard Bills in Ohio USA

3.  Fernand ROVILLARD born l880 Province of Hainaut would have been 21 when came to USA with his mother, Rosine Rovillard, in January or February, l902, we believe, to port of New York on their way to Indiana.
Thank you

Florence Rovillard Bills in Ohio, USA 

4.  Georges,
Do you find a Rosine Parfondry listed on SS Vaderland or the SS Zeeland in January or February l902? I've checked your Emigration naar Amerika but did not find the name but wonder if you have another way of finding her since you had info for Versluys on another Red StarLine ship.

Thank you. 

Florence Rovillard Bills in Ohio, USA

5.  I think the "Library" and your site is fine...I just wonder why I can't find mention of my grandfather nor his mother listed in Indiana...Grandfather, Fernand Rovillard, was born in Charleroi, BE and came here sometime Spring of l902 with his mother, Rosine PARFONDRY. They lived in Gas City, IN for few years. Just wondering??

Florence Rovillard Bills in Ohio USA

6. Bev and Stan,

How nice to offer to help...here's my info:
Great Grandmother, Rosine Parfondry, born Feb, l857 in Forchies la Marche, married Desire Rovillard. Son (my Grandfather) Fernand Rovillard born September,l880. He and his mother came to USA l902 probably Jan or Feb (since he married in June same year in Indiana). Do not know if she was divorced or widowed. Waiting for reply from naturaliz. department. Have heard from people they may have come on the Vaderland or Zeeland which both left Antwerp to NY in Jan and Feb and March.

Thanks for any information you may find.

Florence Rovillard Bills in Ohio USA

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Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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