Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 18:42

      Dans la série des articles s'intéressant à Paul PARFONRY, voici une photo de lui en compagnie de son fils Jean et d'un autre artiste peintre de ses connaissances.

     Outre l'intérêt vestimentaire de découvrir que des artistes peintres du début du 20ème siècle s'habillaient en costume trois pièces et non en jeans délavé, la question de l'identité de l'autre artiste peintre peut constituer une nouvelle source de recherche.

      Comme première piste probable de solution, il ne pouvait s'agir que d'un peintre dont le nom a été associé à Paul dans l'un des écrits retrouvés à son propos. Il a pu faire partie probablement du cénacle des artistes membres soit de la Société des Artistes français, soit du Comité de l'Union artistique, deux associations auxquelles Paul adhérait. Le choix reste assez vaste mais non impossible. On sait par ailleurs que la famille CAIN a été proche de la famille PARFONRY depuis la génération précédente. Auguste CAIN, le peintre animalier et père de Georges, avait parrainé l'obtention du titre de Chevalier de la Légion d'Honneur de François-Xavier, le père de Paul.  

                             Voici la photo1 prise vers 1910, portant la mention écrite :

                     Paul PARFONRY, Jean et artiste peintre ??           

                 Paul-P.--Jean-et-un-artiste-peintre.jpg

           Pour rappel, Paul est né en 1857 et décédé en 1920. Quant à son fils Jean, il est né en 1895. Ces dates doivent servir comme indication pour apprécier de la date de la photo qui, selon l'âge des personnages, a du être prise après 1910.        

          Voici, de manière assez complète, la liste des personnes ayant exposés des peintures dans les mêmes salons parisiens que Paul. Toutes ne sont pas nécessairement des peintres reconnus comme tels. L'une d'entre elles peut s'avérer correspondre avec le personnage  de la photo.  

1. François CARNOT (1872-1960) : fils du Président Sadi CARNOT ; Député de la Côte d’Or ; Président de l’Union Centrale des Arts décoratifs à Paris ; Directeur de la Manufacture des Gobelins, Initiateur du Musée d’Art et d’histoire de la Provence à Grasses ;

2. René DEBRAUX (1863-1938) : Peintre, ami de SIGNAC et de PISSARRO ;

3. Stanislas LAMI : (1858-1944) : sculpteur-statuaire ;  Auteur du «  Dictionnaire des sculptures de l’Antiquité à nos jours « ;

4. Jean ROBIQUET (1874 - 1960) : Ecrivain, Conservateur du Musée Carnavalet vers 1925-1932 ;

5. Henri TENRE (1864-1926) : Peintre, gendre du banquier AGUEDO, toiles vendues à la galerie Sotheby’s ;

6. Walter GAY (1856-1937) : Peintre américain,  installé en France en 1876 ;

7. Pierre BRACQUEMOND (1870-1926) : peintre ;

8. Zacharie ZACHARIAN  (1849-1923) : peintre d'origine turque, spécialiste de natures mortes, apprécié par E. DEGAS ;

9. Antoine, Armand de Gramont, duc de GUICHE (1879-1962) : industriel et scientifique spécialisé dans le domaine optique ; amateur de peinture, ami de M. PROUST ;

10. Maurice GRÜN (1869-1947) : d’origine estonienne, domicilié à Concarneau, peintre de genre et de la Bretagne ;

11. Paul, Alfred COLIN (1838-1916) : peintre de marines et de paysages ;  aquarelle ;

12. Albert MAIGNAN (1845 - 1908) : peintre dont Paul à été l'élève ;

13. Georges CAIN (1856 - 1919) : peintre historique, Conservateur du musée Carnavalet de 1897 à 1919;

14. Maurice COURANT (1847 - 1924) : peintre maritime 

        En fonction des dates de naissance de ces différentes personnes énumérés ci-dessus, le choix pouvait se limiter entre R. DEBRAUX, S. LAMI, W. GAY, P.A. COLIN, G. CAIN et M. COURANT.

      Autres peintres cités dans des livres aux côtés de Paul mais sans références disponibles : Maurice de CAMBIS, Louis de PERIGORD, Albert TROTTIN, DE LASSUCHETTE, Paul THOMAS,

       Comme autre indication, parmi tous les peintres qui sont énumérés aux côtés de Paul, seuls Maurice GRÜN, Henri TENRE, Walter GAY et René DEBRAUX disposent d’une petite notoriété de nos jours au niveau des ventes de tableaux.

       Une autre piste possible, qui n'était au départ que le résultat de mon Signa-Paul.jpgintuition, s'est avérée fondée. Sur l’un des tableaux de Paul, encore présent dans la propriété familiale de Briou en Sologne, on y déchiffre, dans un coin, au-dessus de sa signature, une sorte d’attention particulière écrite sous la forme la plus anodine « A mon ami Lucien ». A qui pouvait bien s’adresser cette phrase ? Pouvait - on faire un lien avec l'artiste peintre de la photo ? Sans plus de certitudes, après avoir échantillonné tous les noms gravitant non seulement autour de la vie artistique de Paul, mais aussi vivant de leurs talents de peintre à cette époque, il m’est apparu la mention de Lucien GROS (1845-1913)la seule personne portant ce prénom. Qualifié de peintre de genre, de marines, d’histoire et portraitiste, Lucien GROS a également peint des paysages bretons en s'installant à une certaine période  à Concarneau. Il a été élève du peintre Ernest MEISSONIER (1815-1891) et membre de la Société des Aquarellistes français au sein de laquelle Albert MAIGNAN, chez qui Paul fut lui-même élève, était l'un des membres titulaires. Lucien GROS s'est domicilié au Clos de l'Abbaye à Poissy, au même lieu ou s'était installé Ernest MEISSONIER.

         Son décès en 1913 correspond avec l'année estimée de prise de la photo (1910). Il y a là quelques convergences qui pouvaient constituer des indices pour accréditer Lucien GROS comme l’artiste peintre de la photo ci-dessus. Mais une confirmation s'avérait nécessaire pour en attester de manière sure.

       Cette confirmation m'est parvenue peu de temps après. Jean-Marc DENIS, Directeur artistique de l'Académie de l'Abbaye à Poissy, m' a fait parvenir une photo de Lucien GROS dans son atelier. Il me confirme bien qu'il doit s'agir de cet artiste peintre. Bien que plus jeune sur cette photo, la similitude des traits est manifeste.

        Question subsidiaire : A quel endroit la photo de Paul Parfonry avec Lucien Gros a t - elle été prise ?

        Lucien GROS ayant fait construire une maison avec son atelier de peinture, à l'intérieur de l'enclos de l'Abbaye à Poissy, dans laquelle il recevait ses amis, on peut envisager que la photo ait été prise à cet endroit. 

       Comme me le souligne Jean-Marc DENIS, la demeure de Lucien GROS possédait effectivement un jardin. De plus,  par le mariage de sa soeur Jeanne avec Charles MEISSONIER (1848-1917), le fils d'Ernest, il était membre par alliance de cette famille. Il avait ainsi accés à l'immense propriété arborée de son beau-frère. Cette affirmation reste toutefois une hypothèse non accréditée.

      Car depuis la découverte récente d'un tableau de la villa construite par François-Xavier PARFONRY à Créteil et habitée plus tard par son fils Paul, il n'est pas improbable que cette photo ait été prise dans le jardin de cette villa.

 1 Photo transmise par Agnès PARFONRY ;

Partager cet article
Repost0
23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 21:38

      Faisant suite à l' information reprise d'une délibération du Conseil Communal de Créteil en 1903, qui était rédigée sous le libellé suivant :

 

" Offre généreuse faite par M. PARFONRY, propriétaire, demeurant avenue de Ceinture, de faire don à la commune d'une horloge destinée a être placée dans le fronton de la mairie ".

 

     Deux PARFONRY françaises, à savoir Agnès et Françoise, se sont rendues à Créteil pour vérifier l'existence de cette horloge. 

      Comme seuls indices, nos deux détectives disposaient de peu d' éléments. Il était ainsi acquis, en fonction de la date, qu'il ne pouvait s'agir que de Paul PARFONRY, qui avait hérité de son père d'une maison à Créteil. Restait à espérer que cette horloge allait permettre de faire le lien entre les lignées belge et française, dont un extrait de lettre de 1930 relatait d'une existence toujours vivace à cette époque

      Voici le compte rendu mi - champêtre, mi - policier, rédigé par Agnès, de cette sortie qui coïncidait  par ailleurs avec l'anniversaire de Françoise.

 

" Nous avons visité Créteil ce dimanche 18 avril 2010 avec Françoise après un déjeuner sur les bords de la Seine à Villeneuve-Saint-Georges dans une guinguette auvergnate. A défaut d’avoir pu déjeuner au bord de la Marne dans le Domaine Sainte Catherine à Créteil.

Nous nous sommes rendus à l’ancienne Mairie (1874-1974), Rue du Général Leclerc, devenue Maison du Combattant. Nous y avons admiré l’ancienne horloge de l’Eglise Saint-Christophe qui a été restaurée par l’Association  des amis de Créteil (photo 1).

Cette horloge a été fabriquée par Henri Julien Roy en 1903, à Sainte Austreberthe près de ROUEN. Cet horloger, le fils d’Abraham Roy venu de Suisse en France au début du XIXe, est né en 1827 et a été naturalisé en 1868. Aujourd’hui encore en Normandie les descendants continuent l’entreprise horlogère."

 

                         Photo 1. Horloge de Henri J. ROY placée à l'origine à l'Eglise Saint-Christophe

 

                                                   Horloge-Creteil-2009-1-.jpg  

  

      La photo suivante (photo 2) montre la Mairie (en 1879 sans certitude !!! ), avant le don de Paul Parfonry en 1903. On y distingue un œil de bœuf bien troué. Paul devait avoir horreur du vide !!!

 

           Photo 2. Mairie de Créteil sans l'horloge offerte par Paul PARFONRY (mais avec un oeil de boeuf)

 

                             cartes-postales-photos-La-Mairie-CRETEIL-94000-1879-2007073.jpg              

 

      Toute la question est de découvrir ou est passée entretemps l'horloge que l'on découvre sur une autre carte postale (photo 3), sur le fronton de la mairie un peu plus tard, à l'emplacement de l'oeil de boeuf. Sur cette photo on voit un fronton et une horloge. La preuve est là : l’ Horloge donnée par Paul a existé

 

                         Photo 3. Mairie de Créteil avec l'horloge offerte par Paul PARFONRY au dessus du fronton

                 mairie de Cr+®teil                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

      Mais aujourd’hui fronton et horloge ont disparu ! Pour preuve sur la photographie faite ce jour (photo 1), sous un joli soleil de printemps, la mairie a perdu son fronton et son horloge. Par contre, l’horloge exposée est celle de l’ Eglise. L'horloge actuelle (photo 1) n'étant pas celle apparaissant sur le fronton de l'ancienne Mairie (photo 3), il reste à découvrir ce qu'est devenue l'ancienne horloge offerte par Paul. Un point commun entre les deux horloges est à relever. La date de 1903 est à chaque fois mentionnée comme si cela correspondait à un évènement précis dans la commune de Créteil.

 

      Nos deux détectives prévoient de poursuivre leurs recherches. De nouveaux éléments sont attendus !!

 

Partager cet article
Repost0
12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 17:11

      Sur le site mentionné ci -dessous, on trouvera retranscrit, sous la plume de COQUILHAT, le voyage d'Emile PARFONRY, parti d'Anvers le 15 août 1882 et arrivé à Banana dans l'embouchure du fleuve Congo le 23 septembre de la même année.

 

      Ces pages décrivent sous une forme assez précise la situation et les activités engendrées dans les différents lieux habités tout au long de ce parcours, le long de la côte atlantique de l'Afrique. Sans être concentré spécifiquement sur le personnage d' Emile PARFONRY (il n'est cité qu'une fois), on comprend, au fil de la lecture, que ce dernier a découvert tous ces endroits et a participé aux différentes rencontres qui y sont mentionnées. Ce furent très certainement, tout au long de cette traversée, les derniers jours paisibles de sa trop courte vie. Emile devait décéder en mars 1883.

      On ne pouvait pas rêver d'un voyage plus exotique à l'époque. Les étapes successives parcourues étaient manifestement des moments de détente et de découverte intenses, pour un jeune homme de 25 ans.  Il est ainsi passé, en descendant parfois à terre, par Madère, la Sénégambie, la Sierra Léone, la baie du Bénin, le Delta du Niger, Old Calabar, l'île de Fernando-Po, la Baie du Biaffra, l'île de Corisco, Libreville avant de passer la ligne de l'Equateur et poursuivre via Cap Lopez, Ogoué, Empando au Gabon, Loango, Pointe-Noire, Landana dans l'enclave de Cabinda avant de descendre définitivement à terre à Banana dans l'embouchure du fleuve Congo.

       En arrivant, il avait dèjà vu et compris ce qu'était l'Afrique à ce moment. Une côte très longue de plusieurs centaines de kilomètres :

                - occupée par des comptoirs (factories) ou se pratiquaient différents commerces pas toujours licites (hévéa et ivoire en priorité),

                      - marquée par les témoignages de l'esclavage, trop récemment interdites pour ne pas en voir les effets,

                      - investie par les missions religieuses soucieuses d'apporter sinon la bonne parole, du moins une certaine éducation,

                      - prisée par différents pays européens s'activant à en contrôler chaque mètre d'estran,

                      - marquée par les risques mortels de maladies ou d'accidents.

       Tout cela a du alimenter les seules connaissances du jeune Emile Parfonry, basées essentiellement sur les directives de celui qui l'avait recruté, le colonel STRAUCH, Président de l'Association Internationale du Congo, organisation chapeautée et financée directement par le roi Léopold II de 1879 à 1885. Et dont l'un des objectifs consistait à fournir des soldats de l'armée belge, afin de venir équilibrer les nombreux aventuriers étrangers recrutés par STANLEY et garantir de ce fait une présence nationale.

      Ce document, s'il ne constitue pas impérativement un apport sur le plan généalogique, apporte néanmoins une vision historique de cette époque et par conséquent permet de renforcer le caractère sociétal, descriptif et éducatif de tout ce qui se rapporte au toponyme que nous portons.

     Voici l'adresse du site reprenant l'aventure maritime de notre militaire - explorateur.

 

http://www.aml-cfwb.be/africa/Coquilhat/CoquilhatI01.pdf

Partager cet article
Repost0
11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:02

      Voici une autre montre à gousset de l'horloger bruxellois Emile PARFONRY. Elle a été mise en vente sur le site E bey durant ce mois de février 2010.

      Elle n'est pas du style " Boîte du Roi " comme les modèles découverts précédemment. Réalisée probablement plus tardivement, soit après 1910, elle se caractérise par la présence de sa chaînette de 43 cm de longueur, composée de mailles alternées aux couleurs or et métal. La montre et le boîtier intérieur sont en outre plaqués or, portant à l'extérieur les initiales L et C entrecroisées. D'un poids de 80 gr, son diamètre est de 4,7 cm. Et dernière particularité, elle est toujours accompagnée de son écrin de couleur pourpre de 9 x 6.5 cm.

      L'intérieur de l'écrin comporte les indications suivantes :

                                            Fournisseur du Gouvernement

                                        MAGASIN SUISSE 

                               Bijouterie E. PARFONRY - DEVOS

                    Fournisseur agréé de la Coopérative Militaire Nationale

                                    et des employés de l'Etat

                                           BRUXELLES

      Voici deux photos de cette montre

 

-Bk5djPwBmk---KGrHqYH-D4Es-yzWvBoBLZdJvmuFQ--_12.jpg

 

-Bk5es9Q-mk---KGrHqIH-DwEs97-5JNsBLZdL1PR-w--_12.jpg 

 

De ces indications, il en ressort que :

 

1. L'horloger Parfonry travaillait avec des fabricants suisses. Il achetait certainement des modèles dans ce pays. Il utilisait également un brevet suisse (Patent Moeri's) pour fabriquer lui-même certains modèles, dont " la Boîte du Roi ".

2. Confirmant ce qui nous avait été rapporté récemment par le responsable des Archives du Palais royal à Bruxelles, l'horloger n'était pas " Fournisseur officiel de la Cour". Son nom ne figure pas dans la liste des fournisseurs agréés, rassemblés dans un livre.  En fait, il avait fabriqué le modèle " Boîte du roi " pour certaines manifestations, dont le " Concours de tir du gouvernement ", pour lequel participaient essentiellement des militaires.

3. Pour la première fois, on trouve une association avec son épouse " DEVOS " dans la raison sociale mentionnée à l'intérieur de l'écrin. Ce qui peut expliquer dès lors la dénomination de " horloger - bijoutier " qui était dévolue à son commerce.

Partager cet article
Repost0
3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:15

      Dans l'ouvrage : Exposition universelle de Paris, 1878. Catalogue général descriptif de l’exposition : section française, 1ère édition, Paris, 798 pages,  on y découvre dans la catégorie " OUVRAGES DU TAPISSIER ET DU DECORATEUR - groupe III - classe 18 ", sous forme d'un article promotionnel (p. 127), un résumé de la carrière de François-Xavier PARFONRY. Il rassemble de manière synthétique les différentes étapes de ce marbrier qui fut probablement le plus important de son époque en France. Les différents points qui y sont repris confirment les éléments retrouvés progressivement à ce jour dans de nombreux documents. Il est désormais acquis que François-Xavier a commencé à travailler à Paris comme ouvrier à partir de 1843. Il a gravi les différents échelons avant de devenir un capitaine d'industrie compétent, reconnu sur le plan international. Comme complément de ce curriculum mentionnant les différentes étapes de ce marbrier, on peut signaler qu'il a officié comme contremaître chez un certain GARDION en début de carrière. Et en fin de carrière, il s'est associé avec HUVE frères, tout en restant probablement seul propriétaire des locaux de la rue Saint-Sabin.

      Toute cette recherche permet désormais de mieux connaître l'importance des marbriers wallons en France au XIXème siècle, dans la continuité de cette présence requise depuis la construction du château de Versailles au XVIIème siècle. Un certain vide sur l'histoire de ces marbriers vient ainsi d'être mis au jour.

             Il reste une période de deux années, entre 1841 et 1843, pour laquelle aucun élément matériel ne vient confirmer son passage préliminaire par les carrières de Boulogne-sur-Mer. Seuls la mémoire familiale, l'extension de ces carrières à cette époque et la concordance des marbres du boulonnais avec ceux trouvés en Belgique incitent à confirmer ce lien. La seule piste possible serait d'envisager que François-Xavier PARFONRY a travaillé dans l'entreprise GAUDY, basée à Marquise, la plus importante carrière de marbre à cette époque. Une visite au musée de la marbrerie de RINXENT, près de Boulogne, pouvait s'imposer pour espérer découvrir de nouveaux indices mais celui-ci est désormais fermé au public. Et de source autorisée, il nous a été avoué par Gilles BONNIERE, l'historien de la région, qu'aucune information adéquate n'est disponible sur ce sujet.

      Voici l'article retrouvé dans la bibliothèque numérique Gallica.

Ancienne maison PARFONRY et LEMAIRE

FONDATION.

De 1843 à 1850, M. Parfonry travaillait au faubourg Saint - Antoine comme ouvrier et comme contremaître.
En 1850 il fonda  sa modeste marbrerie rue Traversière-Saint-Antoine, 89, aujourd'hui succursale spéciale pour la confection des marbres pour meubles.
En 1856 il fut appelé à la direction des ateliers de M. Dupuis, petite rue Saint-Pierre-Amelot, numéro 28, sous la raison sociale Dupuis et Parfonry.
En 1861, par suite de la retraite de M. Dupuis, il s'adjoignit M. Lemaire, sous la raison sociale Parfonry et Lemaire.
En 1876, à l'expiration de cette société, il devint seul propriétaire de l'établissement, rue Saint- Sabin, 62, et des succursales qui en dépendent.

IMPORTANCE.

 La maison de M. Parfonry est aujourd'hui une des plus importantes, si ce n'est la plus importante de son industrie. Ses magasins et ateliers occupent une superficie d'environ 4,500 Mètres, dont 3,000 mètres pour chantiers, ateliers : et magasins, et 1,500 mètres pour magasins et ateliers au premier étage.
Son personnel d'ouvriers employés à Paris est d'environ 150.
Le débit de la marbrerie courante qui se confectionne dans les centres spéciaux et sur les lieux de production, comporte le travail d'environ 350 ouvriers.
L'assortiment des magasins de Paris comporte une valeur d'environ 400,000 francs d'objets confectionnés, tant en cheminées de tous styles et de toutes natures de marbres qu'en objets divers.
L'assortiment de marbres bruts dans les cours et les chantiers de Paris est d'environ 300,000 francs.

PROGRÈS INDUSTRIELS.

Au point de vue des progrès industriels, la maison Parfonry mérite d'être signalée d'une manière spéciale. La marbrerie qui est, sans contredit, la plus difficile et la plus ingrate de nos industries modernes, comporte une triple appréciation au point de vue artistique, commercial, et économique. Ces trois éléments ont été développés par M. Parfonry avec une impulsion et un succès sans précédent dans les Annales de la Marbrerie.
Ses moyens de fabrication sont secondés mécaniquement par une machine à vapeur, des scieries, des débiteuses, des tours, des plaques tournantes, des machines à percer et l'agencement d'une grue roulant sur rails pour la manutention des blocs.

RÉCOMPENSES.

Cette maison, qui n'a commencé à figurer aux Expositions qu'en 1867, à Paris, obtenait une médaille d'or. L'année suivante elle était mise hors concours à l'Exposition maritime du Havre, M. Parfonry fut nommé membre et vice-président du jury.
A Vienne, en 1873, le jury lui décernait la daille de mérite.
A Philadelphie, en 1876, la médaille unique avec une mention toute spéciale et fort élogieuse dans les rapports officiels.

Partager cet article
Repost0
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:50

      En janvier 2010, Patrick et Caroline, au départ de Bordeaux, ont entamé un périple dans le Nord. Passant en premier lieu par l'Alsace pour aller à la rencontre de Charlotte à Mulhouse, la dernière née de l'arbre généalogique, ils ont poursuivi vers la Belgique pour rencontrer ces cousins belges et retrouver un tant soit peu leurs origines.

Voici quelques photos de ce court séjour en Belgique.

La partie conviviale a été mise à l'honneur 

 C'est comme çà un PARFONRY, semble vouloir dire Patrick !

        015.JPG

Les épouses, parties rapportées de l'arbre, affrontent le froid de janvier 2010 devant l'Abbaye de Maredsous

       IMG_5330.jpg

Heureux qui comme Patrick a découvert la partie cachée de son histoire. Vue dans la brume sur Namur à partir de la Citadelle. 

IMG_5385.jpg

sans parler de la partie touristique en Hesbaye brabançonne

 

....... , le pays aux fermes carrées (la ferme de la Ramée à Jauchelette)

IMG_5430.jpg

où " les granges ont le gabarit de navires " selon l'expression du chanteur poète local Julos BEAUCARNE

           
IMG_5433.jpg
      D'autres lieux remarquables du patrimoine local ont également été découverts, tels le tumulus gallo-romain de Glimes, la Fontaine Sainte-Ragenufle à Incourt, les pierres blanches du village de Gobertange, l'église romane de Neerheylissem


Et le séjour n'aurait pu s'achever sans quelques moments de franche généalogie

En commençant par l'intérieur de l'église de Spy. On se recueille devant la seule peinture religieuse de Paul, une copie d'une oeuvre de P.P. RUBENS.
Les portes de l'église nous furent ouvertes, pour l'occasion, grâce à l'amabilité de Bernard VDB, responsable de la Fabrique d'Eglise.  

             IMG_5303.jpg

Les montres d'Emile l'horloger
, achetées sur E Bey. Les trois belles montres regroupées, un vrai témoignage matériel, désormais centenaire, de cette saga familiale.

IMG_5301.jpg

Et nous voilà arrivés devant la maison de la rue des Charrons, lieu ancestral de notre présence à Neerheylissem depuis les années 1750.

001Neerh.jpg

Pour terminer par une photo familiale à Neerheylissem

                  Assis : Jules et Emile PARFONRY, descendants sans poils à la 7ème génération
                  Debout : Patrick et Roland PARFONRY, descendants barbus à la 8ème génération

                     IMG_5456.jpg

Partager cet article
Repost0
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 16:06

      Voici quatre documents retrouvés aux Archives du Palais Royal à Bruxelles. Ils se rapportent à Hubert - Narcisse PARFONRY, l'un des frères d' Emile, le militaire mort et enterré au Congo en mars 1883.
      
       
Le premier se réfère à un Conseil de discipline militaire. Hubert - Narcisse était en effet, tout comme ses trois autres frères, militaire en Belgique. Ce Conseil avait été convoqué à la suite d'un fait de service d'ordre dont il est amplement détaillé dans les autres documents. Il s'est tenu entre le 7 septembre, date des faits, et le 22 octobre 1884, date de la lettre écrite par Hubert - Narcisse. On y transcrit l'avis de cinq supérieurs hiérarchiques. De leur lecture, on peut très certainement y déceler une certaine influence suivant l'orientation politique et l'origine sociale des supérieurs. Il est en effet surprenant de trouver une si forte discordance d'appréciation et surtout d'analyse entre les différents avis.

 
          Conseil de discipline
           PARFONRY Hubert, Narcisse

    Sergent major au régiment des carabiniers

 

Avis du Chef de corps : Sous Officier intelligent, plein de zèle et d’application au travail. Il fera plus tard un bon officier.

 

Avis du Général de brigade : Insignifiant, vulgaire, sans distinction aucune. Son épreuve littéraire a été au dessous du médiocre. Je ne puis appuyer cette candidature.

 

Avis du Général de division : Je ne comprends pas comment un chef de corps ose produire un aussi médiocre sous-officier pour candidat sous-lieutenant.

 

 Avis de ?? : Si ce jeune homme n’a que peu d’instruction, ce n’est pas de sa faute ; il a du quitter l’école à 14 ans et exercer la profession de charcutier chez son père, jusqu’à l’époque de son engagement. C'est-à-dire jusqu’à 21 ans. Le frère a été Officier dans l’armée.

 

Avis du Général circonscriptionnaire : Je me demande comment on peut songer à faire un officier d’un charcutier vulgaire et ignorant n’ayant pas encore 4 années de service.

 

     Le second document, daté du 22 octobre 1884, écrit par Hubert - Narcisse à l'attention de Léopold II, fait mention de la punition affligée, à savoir 14 jours de prison militaire, concilié avec la rétrogradation du grade. Mais surtout, il est rappelé le fait que Léopold II avait été sensibilisé par la situation familiale suite au départ en août 1882 d'Emile, le frère pour le Congo. Une promesse de protection aurait ainsi été accordée par le Souverain. 


         
Lettre d' Hubert - Narcisse Parfonry à Léopold II

 
Sire,

 

Votre respectueux sujet vient humblement implorer de votre Majesté une grâce d’où dépend son avenir.

Il a confiance dans votre haute justice et se permet avant que d’exposer Sa demande de vous rappeler une promesse que vous avez daigné faire au mois d’août 1882 au Sous-Lieutenant Parfonry du 10ème régiment de Ligne, lors du départ de cet Officier pour l’expédition en Afrique.

Vous avez daigné Sire, promettre votre haute protection à sa famille et à ses frères qui comme lui, servent tous le drapeau Belge.

Le Soussigné est le frère du Sous lieutenant Parfonry, et vient humblement vous soumettre le cas d’une punition qui vient de lui être infligée et dont la rigueur brise toutes ses espérances d’avenir.

Après avoir subi 14 jours de prison militaire, pour ne pas avoir empêché d’autres sous-officiers de répondre «  vivent les bleus «  vive l’armée «  à l’invitation de plusieurs manifestants bourgeois qui passaient devant les casernes, il est en outre rétrogradé au rang de Sergent pour ce motif.

Il ose assurer votre Majesté qu’il n’est en rien coupable de ce qui s’est passé et à pleine confiance dans votre haute équité, il est, Sire, de votre Majesté, le très dévoué et respectueux Sujet.

 

Liège, le 22 Octobre 1884

 

 Le troisième document, daté du 5 novembre 1884, est rédigé par le Ministre de la Guerre au Secrétaire du Roi. On y relate assez bien le détail des faits qui ont conduit à son passage au Conseil de discipline. Le sujet fait penser plus à une blague d'étudiants en goguette, plutôt qu'à un problème majeur de service d'ordre mal contrôlé. Les faits qui y sont décrits font plus volontiers le lien avec la citation d'une orientation politique de ces troublions, en opposition à un esprit espiègle vis à vis du prêtre offusqué par cette incartade. Faisant suite à ces descriptions, on retrouve par la suite les considérations de la hiérarchie militaire. Contre l'avis final du Conseil de discipline, le Ministre de la Guerre se rallie à l'avis des plus hauts gradés, allant dans le sens de la rétrogradation de grade.  Mais, la référence au frère envoyé au Congo fait basculer la décision en préconisant une demi mesure qui autorisera de restituer le grade après une certaine période. Manifestement, une influence " externe " a du se déclarer pour en arriver à cette attitude.


Lettre du Ministre de la Guerre au Comte de Borchgrave d’Altena, Secrétaire du Roi


                                                                                              
Bruxelles, le 5 novembre 1884

Monsieur le Comte,

 

Vous m’avez fait l’honneur de me demander quelles sont les causes qui ont donné lieu à une punition de 14 jours de prison militaire, infligée au sergent major Parfonry, du 10ème de ligne, ainsi qu’à la rétrogradation de ce sous-officier au rang de sergent.

Voici l’exposé des faits qui ont provoqué ces mesures de rigueur.

Un prêtre de Louvain, poursuivi le 7 septembre au soir par des individus qui criaient «  à bas la calotte «  était arrivé devant la caserne occupée par le 10ème de ligne, l’un de ses insulteurs, se tournant vers des sous-officiers et soldats qui se trouvaient devant la porte, leur cria : " A bas la calotte mais vive l’armée … Oui, vive l’armée qui fait avec les bleus… n’est ce pas qu’elle fait avec les bleus ? "

Trois sergents répondirent aux manifestants en criant : " Oui, vivent les bleus ".

Le sergent major Parfonry, le militaire le plus élevé en grade présent, n’interposa pas son autorité pour faire cesser cette scène de désordre, qui se produisait en présence des soldats de garde.

Puni de ce chef et traduit devant un conseil de discipline prouve la perte du grade, en même temps que l’un des sergents qui avaient crié  " Vivent les bleus ", et dont la conduite antérieure était la plus répréhensible, le Conseil décidé par trois voix contre deux qu’il n’y avait pas lieu de casser ces deux sous-officiers.

En transmettant les procès-verbaux du Conseil de discipline à l’autorité supérieure, le Colonel commandant le régiment déclare qu’il ne pouvait se rallier à ses conclusions.

Le Lieutenant général baron Van der Smissen, commandant la 2ème circonscription militaire, m’écrivit le 3 octobre, en me rendant compte de ces faits déplorables, qu’il regrettait de ne pouvoir s’opposer à la décision du Conseil de discipline mais qu’il ne pouvait cependant s’empêcher de déclarer que l’esprit politique qui « gagne l’armée a besoin d’un exemple « .

En présence de ces considérations auxquelles je me suis rallié complètement, et eu égard à la conduite coupable tenue par le sergent-major Parfonry, j’ordonnai de le rétrograder au rang de sergent, conformément aux prescriptions des arts. 12 et 13 de l’instruction générale du 25 janvier 1878, pour «  ne pas avoir interposé son autorité, afin d’empêcher ses inférieurs en grade de prendre part à une manifestation politique «.

Cet exemple était surtout nécessaire à raison de la publicité qu’on a donnée à cet incident regrettable, et parce qu’une plainte m’avait été adressée par le prêtre qui a été l’objet de ces manifestations déplacées.

Mais, comme le sergent Parfonry n’a pas de mauvais antécédents, et que, d’un autre côté, il est le frère du sous-lieutenant Parfonry décédé le 24 mars 1883, à la station de Manyanga, au service de l’association internationale Africaine, j’appelle sur ce sous - Officier la bienveillante attention de son chef de corps, afin de lui rendre d’ici à quelques mois son grade de sergent major et de lui permettre de poursuivre sa carrière dans l’armée, s’il ne donne plus lieu à de nouvelles plaintes.

Veuillez agréer, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

 

                                                                                              Le Ministre de la Guerre

 

        Le quatrième document est une lettre de juillet 1885, rédigée par Hubert - Narcisse et adressée à Léopold II. Il y fait référence à la situation difficile suite au décès du frère militaire protecteur.  Ayant désormais la responsabilité de ses trois frères cadets (Joseph, Edmond et Alfred), il joue sur la corde sociale et familiale sensible pour obtenir l'autorisation de passer une épreuve pour un grade supérieur. Assez curieusement, on n'y retrouve pas la relation à la promesse de soutien qu'aurait octroyé Léopold II en 1882. Il est probable que la demi mesure préconisée dans la lettre précédente, associée à la restitution du grade, devait résulter d'un compromis appuyé par Léopold II. Il n'y avait plus besoin de le rappeler vu qu'elle avait déjà été prise en compte.  

       Lettre d'Hubert - Narcisse Parfonry à Léopold II

 

Bruxelles, le 17 juillet 1885

 

             Sire

 

            C’est avec une grande confiance dans la bonté de Votre Majesté pour ses sujets que je me permets de Lui adresser cette supplique.

            Connaissant en outre l’intérêt et la vive affection de Votre Majesté pour tout ce qui touche la grande œuvre libératrice du Congo, je prends la respectueuse liberté d’implorer Votre indulgence pour le frère du sous-lieutenant Parfonry, du 10ème régiment de Ligne, décédé il y a deux ans, victime de son devoir, dans ces régions éloignées.

            Sire, voici en quelques mots ma situation ; je suis sergent-major au régiment des Carabiniers, j’ai pour toute famille trois frères plus jeunes que moi et qui sont également militaires en Belgique, deux d’entre eux sont sous – officiers au 10ème régiment de Ligne et le 3ème au 7ème. Feu mon frère servait de père à cette petite famille, en partant il m’a laissé comme succession le soin de veiller sur eux et de les aider en toutes circonstances, malheureusement je me trouve moi-même dans une situation fort médiocre pour pouvoir leur être d’une grande aide.

            Je suis proposé pour la sous-lieutenance. J’ai satisfait au premier examen, et, quoique ma conduite ne supporte aucun reproche, je n’ai pu être admis à subir la dernière épreuve, le grand nombre de candidats étant, je suppose, le seul obstacle.

           Si Votre Majesté me faisait l’honneur de me faire admettre à subir ce dernier examen, je témoignerais ma reconnaissance en sacrifiant tous les moments de loisir que me laisse le service, et même mes nuits, pour sortir victorieux de cette épreuve, laquelle me garantirait une position honorable qui me permettrait de me rendre plus utile à ces orphelins plus jeunes que moi, qui ne demandent qu’à marcher dans la bonne voie que leur a tracé leur infortuné frère.

           Espérant que Votre Majesté daignera donner une suite favorable à ma demande, je me soumets bien humblement à Sa décision et reste avec le plus profond respect, Sire, De Votre Majesté,

                                                                                 

Le très humble et très dévoué sujet


        En conclusion, on peut constater que cette dernière lettre a été écrite peu avant le départ d'Hubert - Narcisse pour le Mato Grosso au Brésil. Il est indéniable qu'on ne peut qu'y voir une relation. Le Souverain, impliqué dans cette exploitation d'un territoire, via une société privée belge,  a du y voir l'opportunité d'utiliser l'esprit combatif d'Hubert - Narcisse. D'autant qu'entre temps, il avait été probablement mis au courant des témoignages positifs formulés sur son frère par STANLEY et COQUILHAT. On pourrait considérer également qu'il a été jugé opportun une mise à l'écart du trublion afin de ne pas donner trop de considérations au suivi de son dossier. Sur un autre plan, on ne peut indéniablement ne pas faire le lien entre le rôle joué par Emile PARFONRY au Congo dans la signature de traités avec les chefs locaux et le fait qu'il sera également demandé à Hubert - Narcisse, devenu Directeur d'exploitation, de réaliser le même genre d'opérations au Brésil en acquérant des concessions auprès des indiens locaux.   

Partager cet article
Repost0
4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:14

        Ayant obtenu l'autorisation de consulter les archives du Palais Royal, croyant y trouver des informations sur Emile PARFONRY, l'horloger de notre saga familiale, qu' elle ne fut pas ma surprise d'y découvrir une lettre de ce Ferdinand PARFONRY, ce peintre dont il a déjà été fait mention dans un article précédent.

         Dans cette lettre, datée du 31 janvier 1867, envoyée à Léopold II, Ferdinand propose de lui offrir, à l'occasion de son avènement au Trône, qui a eu lieu en 1865, une copie d'une peinture de RUBENS intitulée " La descente de Croix ". Parmi les nombreuses copies de cette peinture, il est confirmé par l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique) que ce modèle a été effectivement réalisé à Anvers entre 1841 et 1860. Cette toile se trouverait de nos jours dans l'église Saint-Maurice dans le village de Ciplet (commune de Braives).
        On ne peut, dans le contexte de l'histoire familiale, ne pas faire le lien avec la peinture de Paul PARFONRY (1857-1920), retrouvée dans l'église de Spy, et qui est aussi une copie d'une autre oeuvre de RUBENS. Les dates de référence indiquent cependant avec certitude qu'il ne s'agit pas de la même personne.
       Les informations collectées antérieurement sur Ferdinand nous avaient appris qu'il avait participé en 1866 à des expositions à Lille et à Bruxelles, organisées sous le patronage successif de Napoléon III et de Léopold II. Reconnu d'origine belge, il y a dans cet aspect manifestement un signal d'un lien possible entre la France et la Belgique.
        Après analyse des dates, il en découle qu'il était en phase de création artistique entre 1857 et 1867. Ferdinand PARFONRY est indéniablement d'une génération antérieure à Paul PARFONRY. Né à Bruxelles, cette indication supplémentaire m'oriente à développer une intuition non totalement fondée. Mais me rappelant cette expression de Victor HUGO " L'intuition est la vigie de la raison ", il existerait un certain nombre d'indices qui me permet " d'oser envisager l'improbable ".


      Il est désormais avéré que Jean PARFONRY et Jeanne LALLEMAND ont eu quatre enfants : François-Xavier en 1821, Alexis en 1823 et deux autres mort-né sans nom en 1834 et 1837. Il est reconnu que ce couple avait quitté Neerheylissem pour Anvers avant la naissance du premier François-Xavier. Si on ne connaît pas avec précision le parcours de Jean, on sait qu'il a résidé à Anvers, en y déclarant notamment les deux derniers enfants, et que son épouse est décédée à Bruxelles en 1877.
        Ayant déjà émis l'hypothèse que ce couple a pu avoir d'autres enfants entre 1823 et 1834, soit sur une période de onze années, et qu'ils restaient à découvrir, " mon intuition raisonnée " me laisse souscrire à l'éventualité que Ferdinand pourrait être un frère de François-Xavier et d'Alexis. La lettre atteste qu'il était à Anvers en 1857, ce qui peut s'avérer en conformité avec la présence de Jean PARFONRY en 1837 et la période de  réalisation de la copie de Rubens à Anvers.

        Seule information non vérifiable, la rue du Camion qui aurait été l'adresse de Ferdinand PARFONRY, puisque mentionnée au bas de sa lettre, n'existe plus de nos jours sur le plan détaillé de Bruxelles.

        Voici le texte intégral de la lettre adressée par Ferdinand PARFONRY au Roi Léopold II, et la réponse négative du Cabinet du Roi, attestant donc que cette lettre a bien été reçue. La forme de présentation des phrases de la lettre de Ferdinand dénote encore un fort sentiment d'allégeance, mêlé d'une emphase certaine, voire d'une exagération dans la terminologie utilisée à l'égard du Roi. On comptabilise ainsi, pour faire référence à Léopold II, plus d'une dizaine de mentions associées à la dynastie sur l'ensemble du texte.  Il est probable que l'on recourait à des écrivains publics habitués à ce type de tournure de phrases. Par contre, la réponse du Cabinet du Roi, effectuée près d'un mois plus tard, est assez brève et ne comporte aucun mots d'encouragement ou de bienveillance. 

                              1. Lettre de Ferdinand PARFONRY à Léopold II
                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 31 janvier 1867

                                                                A sa Majesté Léopold II Roi des Belges

                                      Sire !!!

                                 C'est avec le plus profond respect, que Parfonry, Peintre d'histoire domicilié rue du Camion, 42 a l'honneur de venir rappeler au Souvenir de votre Majesté, qu'en 1857, lorsqu'il était occupé à peindre une descente de Croix dans la Cathédrale d'Anvers, en même temps qu'un de ses Confrères, Français, lequel fut envoyé par Sa Majesté l'Empereur des Français pour prendre une Copie pour Sa Chapelle impériale, il fut assez heureux d'attirer l'attention des regards de bienveillance de l'auguste Prince, aujourd'hui le bien aimé roi des Belges, et protecteur des beaux arts dès sa tendre jeunesse ! ...
                                Il fut assez heureux, enfin d'être félicité de votre Majesté; depuis lors l'idée lui est venue de faire la Copie de la descente de Croix de Rubens et de l'offrir à Votre Majesté à propos de son avènement au Trône; et la Copie vient d'être achevé à présent et l'exposant ose espérer que Votre Majesté daignera y mettre Son attention Royale; et vient supplier Votre Majesté de bien vouloir l'autoriser à soumettre Son Sujet qu'il croît digne de fixer l'attention du Souverain qui a toujours été comme Prince, et comme Roi, le Protecteur des beaux-arts.
                               L'exposant, Sire, attend avec confiance que Votre Majesté daignera accueillir favorablement l'objet de sa demande, et il prie Votre Majesté, de vouloir agréer l'expression de sa reconnaissance, ainsi que l'assurance de son plus profond respect.


                                                             A Votre très humble Serviteur

                                                              Ferdinand PARFONRY


                             2. Réponse du Cabinet du Roi à Ferdinand PARFONRY
                                                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 26 février 1867

                                         Monsieur,

                                    Par lettre du 31 janvier dernier, vous avez demandé de pouvoir transmettre au Roi une copie d'un tableau de Rubens que vous désirez offrir à Sa Majesté.

                                    J'ai l'honneur de vous informer que le Roi n'acceptant jamais aucun tableau lorsqu'il n'y a eu ni commande ni autorisation préalable, votre demande n'est pas susceptible d'être accueillie favorablement.

                                                                             

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 10:52

      Joannes-Petri, le premier de la lignée, n’est très certainement pas né dans ce village et son mariage n’y a pas été enregistré. Le répertoire des dates de naissance remonte à 1651 et celui des dates de mariage à 1635. En fonction de la date de naissance de son fils en 1762, il doit être né bien après 1700. Il a du arriver au début de la phase de croissance de la population, postérieure à 1742, ce qui pourrait être un indice pour en déterminer sa provenance.

 

Acte de baptême de Jean PARFONDRIJ du 16 avril 1762[1]

 
           16 aprilis baptizatus est joannes filius illegitimus joannis petri parfondrij et elisabetha lambrechts
           Testis : joannes terwagne et philippina lambrechts

 

Ce qui est certain, c’est que la branche de Neerheylissem y est installée depuis la naissance relatée de Jean en 1762, reconnu, sur l’acte de baptême, fils illégitime de Jean-Pierre PARFONDRIJ et d’Elizabeth LAMBRECHTS. Cette indication offre la possibilité de donner différents interprétations qu’on ne peut approfondir. La naissance hors mariage reste probablement la plus plausible. Ayant été innocenté définitivement en 1761, on ne peut y voir l'existence d'un bannissement l'empêchant de régulariser sa situation. On ne dispose d’aucuns renseignements sur l’origine de cette branche. Au vu des données répertoriées sur l’origine des migrants, la piste des villages de Bertrée/Avernas doit être envisagée. Elizabeth LAMBRECHTS, quant à elle, la mère déclarée de l’enfant, serait originaire du village de Budingen, situé dans la province du Limbourg, à 18 km au Nord de Neerheylissem. Et, il est probable, après avoir compulsé les registres du CRHG, qu’elle a épousé ensuite, le 13 avril 1766, Thomas KYSIN, dont elle aura six enfants (Elisabeth, Marie-Anne, Jean, François, Lambert et Célestine) entre 1767 et 1784. Quatre de ces enfants se marieront à Neerheylissem. Et curieusement, les registres de baptême mentionnent une Marie-Anne PARFONDRIJ, née le 22/01/1766, soit trois mois avant son mariage avec Thomas KYSIN. On peut croire qu’elle a donné ce même prénom à son autre fille, née le 28/06/1769, signifiant que la première était sans doute décédée entre-temps.

 

Le fait que le témoin du père, nommé Jean TERWAGNE, ne soit pas un proche de la famille ne peut que confirmer une installation récente. Pour le choix de témoins, il est plus légitime de trouver une personne de même lignée pour valider une naissance. Ce qui est le cas de Philippine LAMBRECHTS[2], le témoin de la mère, âgée de 26 ans. La famille TERWAGNE s’est installée aux environs de 1700 à Neerheylissem[3] soit très certainement avant l’arrivée de Jean-Pierre PARFONDRIJ. Il doit s’agir probablement de Jean TERWAGNE, né le 26 mars 1701, âgé de 61 ans, fils des premiers migrants Joaquim TERWAGNE (1672-1716) et Marguerite RENQUIN (1672-1749). Le fait d’envisager un enfant mineur d’âge comme témoin semble peu probable, ce qui nous conduit à ne pas retenir Jean, le fils de Pierre TERWAGNE et d’Elisabeth MATTOT, né en 1746 et âgé par conséquent de 16 ans au moment de la naissance. Fait autrement significatif, cette famille TERWAGNE devait très certainement habiter à ce moment dans la rue des Charrons car on la mentionne lors du recensement de 1796.

 

Il est très probable que ce Jean-Pierre PARFONDRY, originaire de Bas-Heylissem, arrêté comme vagabond, soit le père de l’enfant baptisé en 1762. Il a été déclaré innocent en 1761[4]. Manifestement, le personnage de Jean-François PARFONDRIJ apparaissant dans le livre de TARLIER et WAUTERS, condamné pour vol dans des églises, emprisonné à la prison de Steenpoort[5], ne serait autre que ce Jean - Pierre[6]. Il est possible que dans les actes de ce procès, on retrouve des renseignements intéressants sur la parenté de ce Jean-François, alias Jean-Pierre. Le cadre et la comparaison des différents articles retrouvés et repris ci-dessous indiquent que l'on se trouve dans la même configuration de situation, à savoir l'arrestation, la comparution devant un tribunal, la citation du Prévôt de L'ESCAILLE, avant d'aboutir finalement à sa libération. Les dates sont manifestement en cohérence avec l'acte de baptême de son fils illégitime.

 

Différents documents mentionnent des faits en rapport avec cette affaire judiciaire. Elle arrivait après plusieurs autres, dont celle s’étant déroulée dans le village proche d’Orp-le-Grand. Une traque organisée par la Compagnie du prévôt de l’Hôtel avait permis l’arrestation d’un certain nombre de personnes. Quatre personnes de la famille VINQUART, accusées de vol, avaient ainsi été condamnées à la peine de mort par le seigneur local, après avoir également été emprisonnées à la Steenpoort par le Prévôt de l’Hôtel. Un procès sommaire mais néanmoins ruineux avait provoqué la mise en curatelle de la seigneurie d’Orp.

 

A la lecture des dates mentionnées, la chronologie des faits restent à clarifier. Par rapport à la famille VINQUART d’Orp, arrêtée en 1750, son arrestation s’est déroulée après. En considérant que la date de 1752 soit celle de son arrestation, on en conclut qu’il a probablement été emprisonné à la Steenpoort en même temps que les VINQUART. Ces derniers ont en effet vu leur procès retardés dès la fin 1752 en raison de la mise en curatelle de la seigneurie d’Orp. Finalement condamnés à la pendaison en 1754, on peut considérer que ce retard a été bénéfique pour Jean-Pierre. Les manœuvres du Prévôt de L’ESCAILLE avaient attirés entretemps l’attention des autorités. Sans doute condamné peu après, cette décision sera suivie d’une reconnaissance en 1759 et finalement d’une déclaration d’innocence en 1761.

 

Sur l’environnement direct de ce Jean-Pierre PARFONDRIJ, on apprend qu’il habitait à ce moment Opheylissem. Même si son nom n’est pas mentionné dans le texte, les informations qui y sont contenues sont en totale cohérence avec d’autres documents. Et qu’en outre, il aurait des parents qui seraient intervenus au niveau du gouvernement pour lui éviter la condamnation à mort ordonnée par le Prévôt, est une indication éclairante sur son cadre de vie. La mention de son lieu d’habitation et l’existence de parents sont par conséquent des preuves que Jean – Pierre n’était pas vagabond mais surtout qu’il devait être originaire d’un village situé à proximité.

 

La criminalité dans les campagnes du Brabant à cette époque était du ressort du prévôt de l’Hôtel Louis de L’ESCAILLE[7], nommé à ce poste par l’Impératrice Marie-Thérèse en date du 16 septembre 1750. Les abus fomentés par ce prévôt ont fait l’objet d’un rapport à l’Impératrice, conduisant à une révision de la procédure judiciaire. Jean-Pierre aurait été arrêté et condamné de manière abusive. Sans compter que ces abus pouvaient conduire à la peine de mort, par des méthodes d’une autre époque, il n’est pas improbable, qu’il ait évité ce « supplice infamant » comme mentionné dans l’un des extraits ci-dessous. Le fait de le considérer comme » surcéant » [8], s’acquittant par conséquent de payer un impôt, implique qu’il n’était pas dans une situation de vagabondage. Sans ce sursaut de démocratie en 1759, on ne pourrait sans doute pas parler de cette saga aujourd’hui.

 

Le cas de Jean-Pierre apparaissant dans un certain nombre de documents d’analyse, démontre qu’il a été à l’origine d’une modification de l’organisation de la justice criminelle à cette époque. Celle-ci relevait encore pour certains aspects de la période du Moyen âge. Une justice rurale, aux mains des seigneurs locaux, le plus souvent sans moyens, continuait à fonctionner aux côtés des justices du Prévôt, plus centralisatrices, créées au 15ème siècle par Charles le Téméraire et élargies par Charles Quint. Mais aussi en présence du Drossard[9] du Brabant, charge remontant au 13ème siècle, relevant uniquement des ducs de Brabant[10], et le plus souvent transmise de façon héréditaire moyennant le paiement d’un don aux finances royales.

 

La juxtaposition du Prévôt de l’Hôtel et du Drossard du Brabant[11] engendrait en outre un certain conflit entre le pouvoir de police et celui de justice dans cette partie du territoire. L’émiettement territorial des Pays-Bas autrichiens, particulièrement dans l’est du Brabant où existaient des enclaves de la Principauté de Liège, rendait encore plus difficile le contrôle du vagabondage qui s’intensifiait, en particulier à la suite de l’occupation française de 1746 à 1748. Le coût de la procédure criminelle excédait les capacités des justices seigneuriales qui préféraient ignorer ces faits, d’autant plus que les accusés sont habituellement pauvres et les confiscations insignifiantes. L’existence d’une procédure sommaire, peu coûteuse contre les vagabonds, et une absence de critères, ont induit un effet pervers, permettant aux justices seigneuriales de faire passer des personnes relevant de leur tribunal comme vagabond. Découlant d’un droit criminel remontant au Moyen Age, ce système conduisait à des pratiques de torture et d’exécution capitale.

 

Dans ce contexte, le Prévôt De L’ESCAILLE aurait été enclin, de connivence avec des seigneurs, à changer le statut de certains contrevenants, de favoriser la corruption, de détourner les soldes.  Dès 1759, à propos de l’affaire Parfonry, des irrégularités graves ont été constatées dans la gestion de la Prévôté Générale de l’Hôtel. Le Prévôt voulait condamner automatiquement à la pendaison tout individu arrêté en rupture de ban. Une enquête diligentée en 1763 allait mettre en évidence tous ces abus, obligeant le Prévôt à se démettre de sa charge en échange de l’abandon des poursuites. Ce qui conduisit à une réforme générale de la justice criminelle.

 

Sur le plan historique, la guerre dont il est question dans l'article de TARLIER et WAUTERS est la Guerre de succession d'Autriche (1740-1748), faisant suite au décès de l'Empereur Charles VI. Plusieurs prétendants s'étaient affichés : François de Lorraine, époux de Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Charles VI mais aussi Charles-Albert, électeur de Bavière ou Frédéric-Auguste, électeur de Saxe et roi de Pologne. Et pour mieux analyser le contexte, le Prince - Evêque de Liège n’était autre que Jean-Théodore de Bavière, le frère de Charles de Bavière, soutenu par la France. Pendant cette guerre, deux batailles consécutives à Rocourt (11/10/1746), près de Liège et à Lauffeld (2/07/1747), près de Maastricht  furent particulièrement meurtrières et douloureuses pour cette région de la Hesbaye. En raison de son statut de neutralité perméable, la population de la Principauté de Liège a payé un lourd tribut à la présence des armées qui la sillonnaient. L’armée française prenait de fait ses quartiers d’hiver en territoire de la Principauté tout en occupant les Pays-Bas autrichiens de 1746 à 1748[12].  Cette présence de soldats allait souvent de pair avec des pillages et des réquisitions. Ce qui explique le déménagement de certains mobiliers dans des églises, à l’origine de l’arrestation de notre ancêtre. Et en plus, ces régions frontalières, notamment celle à l’est du Brabant, étaient particulièrement vulnérables au phénomène de déplacement de populations et de vagabondage entre le territoire de la Principauté de Liège et les régions avoisinantes. Les dates du pillage s'inscrivent indéniablement dans la période d'occupation française.

 

Au vu de tous ces éléments, on peut émettre l’hypothèse que ce Jean-Pierre est arrivé à proximité de Neerheylissem, en provenance d’une commune proche de la Principauté de Liège, durant cette période instable entre 1746 et 1748. Et qu’en conséquence, il s’y était déjà installé et n’était plus vagabond au moment de son arrestation quelques années plus tard. Par les recensements disponibles, il est démontré que l’accroissement de la population s’est opéré à Neerheylissem dans les premières décennies après 1742.


[1] Sur la base d’une photo prise par Agnès PARFONRY aux Archives du Royaume à Bruxelles ;

[2] Philippine LAMBRECHTS, fille de Daniel LAMBRECHTS et d’Anne GARNON, est née le 08/04/1736 et décédée le 06/11/1792 ; elle s’est mariée le 13/10/1765 avec Lambert PAQUOT originaire de Fumal ;

[3] DELANDE Jean, 1999 ;

[4] TARLIER Jules et  WAUTERS Alphonse (1872) : Géographie et Histoire des communes belges. Province de Brabant. Canton de Jodoigne, Bruxelles ;

[5] Steenpoort : une des 7 portes de la 1ère enceinte de Bruxelles construite au 13ème siècle ; située à l’extrémité de la rue Haute au Moyen Age ; utilisée comme prison et détruite en 1760 ;

[6] C’est probablement la piste la plus sérieuse pour remonter l’arbre généalogique ;

[7] De L’ESCAILLE : Famille originaire du Brabant wallon, installée à Tirlemont en 1704 ; il a construit en 1785 une maison à Bruxelles, face au parc, côté rue Royale, qui s’est appelée ensuite « Hôtel du prince de Galles » ;

[8] Surcens : mot d’origine moyenâgeuse : loyer en argent ou en nature, payé par le tenancier d’une censive au seigneur censier (Larousse Universelle 2 Vol., 1923); rente complémentaire qui pouvait s’ajouter aux cens (Grand Larousse, 1973) ;

[9] Drossard : agent du roi à la tête d’un baillage dans le Nord de l’Europe (synonyme : Sénéchal) ;

[10] Duché de Brabant : dernier territoire féodal relevant de l’ancien duché de Lotharingie, issu du partage de l’empire de Charlemagne ;

[11] La Compagnie du Prévôt de l’Hôtel était habilitée à intervenir sur tout le territoire des Pays-Bas autrichiens tandis que celle du Drossard de Brabant agissait dans le seul duché de Brabant, à l’exclusion des villes ;

[12] Avec les prises successives de Bruxelles, d’Anvers et de Maastricht en 1746, après la bataille de Fontenoy (10 mai 1745), près de Tournai. L'armée française du Maréchal de Saxe avait vaincu l'armée alliée (Autrichiens, anglais, hollandais, Hanovre) du duc de Cumberland, fils du roi d'Angleterre. Cette guerre se termina par la Paix d'Aix-la-Chapelle, par laquelle le roi de France Louis XV abandonna toutes ses prétentions sur les conquêtes sans la moindre contrepartie. C'est cet épisode qui mit en exergue l'expression de VOLTAIRE " faire la guerre pour le roi de Prusse ". La Prusse, restée très discrète, récupéra la Silésie et fut la seule partie gagnante de ce conflit.

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 10:14

        Voici rassemblés, tous les documents, retrouvés à ce jour, permettant de mieux appréhender la présence de cet ancêtre dans le contexte de l'époque, à savoir la période des Pays-Bas autrichiens dans le Brabant au milieu du 18ème siècle. Leurs lectures permet avant tout de se rendre compte que le cas judiciaire de cet aïeul a été à la base d'une réforme du droit criminel qui remontait encore, pour certains aspects, au Moyen âge.

      Les références des livres consultés dans les Bibliothèques de la Faculté de Philo et Lettres et de la Faculté de Droit de Louvain-la-Neuve sont jointes. L'ambiance feutrée, la luminosité éclairante, l'espace réservé à la lecture, le défilé des rayonnages, la quête de découvertes, la notion filtrante du savoir et du connaître, alliée à la numérisation des documents rendent cette approche peu austère et reposante.

       Sur base de tous ces renseignements, cet ancêtre commun de la branche de Neerheylissem peut désormais nous faire reculer d'une génération au niveau de l'arbre généalogique. Le " fieldmouse " vous invite à découvrir la vie trépidante de cet ancêtre, peu après son arrivée à Neerheylissem.

        Une analyse, effectuée sur base de ces documents, complétera dans un autre article  les données contenues en recadrant autant que possible avec le contexte historique.

 

Extraits de documents sur Jean-Pierre PARFONDRIJ

 
              1.        L’Histoire des communes belges. Canton de Jodoigne (TARLIER et WAUTERS ; 28 août  1762)   (UCL/BGSH/n° UL 171 12/2)

 

« Dans la nuit du 26 au 27 janvier 1746, les objets mobiliers que l’on avait, à cause de la guerre, déposés dans les églises de Grimde, de Melck Weser, de Wanghe, de Racourt, d’Orp le Grand, de Bas-Heylissem et de Gossoncourt, furent livrés au pillage par quelques vagabonds, dont quelques-uns étaient de Bas-Heylissem. Ce qui amena, à ce qu’il semble, l’emprisonnement du nommé Jean-François Parfondry. Celui-ci avait été dénoncé par un voleur qui fut pendu à Bruxelles. Il fut arrêté en plein jour sur l’ordre du prévôt général de l’hôtel, De l’Escaille, et enfermé dans la prison la Steenpoort, ou il fut détenu pendant 7 mois. Déclaré innocent, le 5 mars 1761, il porta plainte contre ceux qui avaient porté de fausses déclarations contre lui. Les échevins Philippe Kinnart et Philippe Wéry furent renvoyés absous par le Conseil du Brabant, mais le greffier C. Jean Anciaux fut suspendu de ses fonctions pendant un an et condamné à payer les frais du procès. 

 

2.        Bulletin et annales de l’Académie d’archéologie de Belgique, 1876 ;

 

p. 154 : ....Saint Jean 1758, il fit saisir, sur le cimetière de Bas-Heylissem, par son lieutenant, accompagné de plusieurs archers, Jean-Pierre Parfondry. Il le représentait comme vagabond, homme sans sous et complice dans…..

p. 155 : Il allait peut-être subir ce supplice infamant, quand sur un rapport de l’assesseur du prévôt et du conseiller fiscal du Brabant, le gouverneur…….

 

3.        Les structures du pouvoir dans les communautés rurales en Belgique et dans les pays limitrophes (XII-XIXème siècle. Actes, Crédit Communal, Collection histoire, Numéro 77, 1988, 825 p. Article : L’activité judiciaire dans la société rurale en Brabant wallon (XVII-XVIIIème siècle) : indices de tensions sociales ou instrument du pouvoir, X. ROUSSEAUX, UCL (UCL/BGSH/n°FH-1Y300 077)

 
p. 329 : ….En 1752, appréhendé par le prévôt de l’Hôtel comme vagabond, Jean-Pierre Parfondry, habitant Heylissem, a subi un préjudice d’une fausse déclaration des mayeur, greffier et échevins d’Heylissem. Ce faux aurait été commis sous la menace du prévôt de l’Hôtel et de son lieutenant. En déclarant Parfondry comme étranger, la cour d’Heylissem permettait qu’il soit jugé de manière expéditive comme vagabond. Ce qui lui éviterait les frais d’un long procès. L’affaire fit grand bruit à l’époque et fut de celles qui provoquèrent une réorganisation de la procédure des tribunaux spéciaux.

Note : Les abus des hommes de lois portaient  préjudices en raison du comportement abusif des officiers. Près d’une cinquantaine de plaintes évoquent des préjudices subis.

 

4.        Cornua legum : Acte des Journées internationales d’histoire du droit et des institutions des pays flamands, picards et wallons( KUL, 1970), 1987, 262 p. Article : La justice criminelle vers 1750 dans les Pays-Bas autrichiens : les germes d’un débat démocratique (UCL/BDRT/n°D01 CORNU)

 
                       p. 198 : A l’époque du procès d’Orp, d’autres affaires en témoignent à Grand Hallet, Heylissem, Perwez et à Bruxelles…..Voila pourquoi, en 1759, le Prévôt de l’Escaille, devra démissionner pour avoir incité la cour d’Heylissem à faire passer un de ses surcéants, Jean-Pierre Parfondry, pour un vagabond. Et c’est précisément cette affaire qui provoquera la rédaction d’un nouveau règlement limitant les pouvoirs prévôtaux …..

L’exemple d’Orp montre un seigneur, contraint de prendre le risque de faire juger ses criminels, quand tous savent dès le départ, que les revenus de se seigneurie sont insuffisants.

 

5.        AGR, CPA, reg. 96 fol.135, reg. 451 fol.29, Office fiscal de Brabant n°1150 et 1281

 
Le Prévôt avait fait procéder par ses archers à l’arrestation en 1752 d’un habitant d’Opheylissem, s’entêtant à le considérer comme vagabond et sans aveu, malgré les déclarations des gens de loi du lieu. Faisant fi de l’alibi de l’accusé et des témoignages qui lui étaient favorables, il l’avait condamné à mort pour complicité dans des vols qualifiés. L’affaire était venue aux oreilles du gouvernement suite à une plainte des parents, et une enquête ayant été ouverte, le Prévôt avait obtenu par menaces et violences une rétraction des déclarations des gens de loi.

 

6.        AGR, CPA, reg 445, f. 13-15, consulte 13 janvier 1756 et reg 447, f. 62-65, consulte du 4 février 1760

 
Jean Pierre Parfondry à Heylissem obtint justice contre le Prévôt de L’Escaille et les échevins d’Heylissem ;

                              

7.        AGR, CPA, carton 472 ; S.E.G, n°1902 ; Office fiscal du Brabant, reg. 66, 12 juin 1764

 
           Le Prévôt voulait condamner automatiquement à la pendaison tout individu en rupture    de ban sous peine de la hart

 

8.        Cahiers de Clio, Numéros 9-15, 1967 (UCL/BGSH/n°ZL 141)

 

p. 27 : Dès 1759, à propos de l’affaire Parfonry, l’attention  du gouvernement aurait été attirée sur des irrégularités graves dans la gestion de la Prévôté Générale de l’Hôtel. En 1761, de nouvelles plaintes provoquèrent la suspicion des autorités et en 1763, une enquête confiée au Conseil Souverain de Justice du Brabant fut ouverte. Elle allait révéler que :

·       Le Prévôt avait arrêté des gens ayant fixé domicile en Brabant, leur avait fait lever procès de connivence avec les seigneurs haut-justiciers afin de décharger ces derniers des frais de procédure qui normalement leur incombaient, mettant ainsi ceux-ci à charge des finances de l’Empereur,

§  Qu’il avait porté au compte du souverain des frais qui avaient été payés par les condamnés,

§  Qu’il avait livré contre récompense, des individus condamnés au fouet et au bannissement, aux recruteurs de l’armée ;

§  Qu’il avait exigé une rétribution d’un individu gracié par le Gouverneur Général,

§  Qu’il avait placé certains de ses archers comme stationnaire dans des villages en s’appropriant ainsi les soldes payées par le gouvernement,

§  Qu’il avait passé, sans autorisation, une convention avec  les députés de deux villes et pays d’Alost, pour faire les patrouilles de ce pays par vingt archers extraordinaires de sa compagnie, empochant une partie de la rétribution payée pour chacun d’eux,

§  Qu’il avait fait, sous différents prétextes, des retenues illégales sur les gages de ses soldats ;

 

9.     Rapport adressé à Marie-Thérèse, Impératrice d’Autriche, par le prince de KAUNITZ, son chancelier de cour et d’Etat, sur la situation politique, tant externe qu’interne des Pays-Bas, 14 avril 1766 ; in Compte rendu des séances de la Commission Royale d’Histoire, Troisième série, Tome X. Hayez, Bruxelles, 1869

 
La poursuite des malfaiteurs vagabonds à la campagne, la procédure qu’on institue contre eux, et leurs punitions, sont confiées à des tribunaux particuliers….. et l’on suit des procès criminels, encore en grande partie, les lois édictées par Charles-Quint sur cette matière.

Votre Majesté daignera se rappeler les terribles abus qu’à l’occasion de l’affaire du prévôt de l’hôtel de l’ESCAILLE, on a découverts dans la partie de l’administration de la justice criminelle qui était confiée à cet officier…..On a remédié à cet abus, en nommant un assesseur particulier pour l’office du drossard  en Brabant, et en statuant que lorsque le prévôt et son assesseur seront d’opinion différent où qu’il pourrait être question de peine de mort, ils assumeront l’assesseur pour assister au jugement et y donner sa voix.

10.  La Belgique rurale du moyen-âge à nos jours. Article : Juridictions particulières chargées de poursuites contre les vagabonds dans les Pays-Bas autrichiens au 18ème siècle, par Armand DEROISY, Ed. Université de Bruxelles, 1985  (
UCL/BGSH/n° FC Y082 095)

p. 297 : En 1750, lors d’une traque organisée par la Compagnie du Prévôt de l’Hôtel, un certain nombre de personnes sont arrêtées dans les villages de Wamont, Orp et Noduwez. Parmi eux, cinq malfaiteurs habitant du village d’Orp-le-Grand, nommés Jacques, Pierre, Jean-Philippe et Barbe VINQUART, frères et sœur, et le cinquième Philippe MINSART, mari de la dite Barbe…. Le groupe est conduit à la Steenpoort de Bruxelles pour y être emprisonné….Les cinq brigands sont précisément soupçonnés du vol des effets des habitants d’Orp, effets réfugiés dans l’église du village pendant la guerre avec la France en 1746.

Probablement vers la fin de 1752, le déroulement de l’instruction avait été interrompu….Le seigneur d’Orp-le-Grand était en curatelle et dépourvu de moyens pour payer les droits des échevins jurisconsultes qui doivent vaquer à l’instruction de ces procès….Le chef présumé du groupe, Jacques subit le 26 janvier 1754 la torture pendant 7 heures. Il y est réappliqué le lendemain pendant 6 heures, puis le 28 pendant 12 heures. Sur la base des aveux de Jacques, les commissaires rédigent un avis le 3 février….La cour d’Orp peut rendre son verdict définitif le 6 mars 1754. Quatre sentences de mort sont prononcées contre Jacques, Pierre, Barbe et Philippe MINSART. Le dernier brigand d’Orp sera ultérieurement banni à perpétuité.

 

 

[1] AGR, CPA : Archives générales du Royaume, Conseil privé autrichien ;

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
  • Contact

Recherche

Pages

Liens