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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 18:25

       Dans un livre, écrit par Pierre NOTHOMB ( Ed. Perrin et C, Paris, 1915) et intitulé «  Les barbares en Belgique » qui retrace les atrocités réalisées par l’armée allemande pendant la traversée de la Belgique en août 1914, on retrouve la mention d’un fantassin PARFONRY. La description des faits mentionne que l’on se trouve dans les environs de Namur.

p.24….Pendant la retraite de Namur, le fantassin Parfonry est tombé entre leurs mains avec un groupe d’hommes. Ils leur joignent les poignets derrière le dos, ils les attachent quatre par quatre, ils les font marcher tout le jour, à coup de plat de sabre et de crosse, pour les jeter enfin dans les caves du château de Saint-Gérard……


        Qui peut bien être ce fantassin PARFONRY dont personne n'a mentionné à ce jour l'existence ? A t-il finalement survécu à cette barbarie ?
     En tenant compte des informations disponibles, il doit s'agir très vraisemblablement de Louis PARFONRY, fils de Jacques, Alfred PARFONRY et neveu de Hubert-Narcisse PARFONRY, l'industriel déjà présenté dans d'autres articles.
       Sur son faire-part de décès, on y lit qu'il a été distingué à de nombreuses reprises :

                - Ancien combattant décoré de la médaille militaire ;
                - Croix de guerre avec palmes ;
                - Croix de feu ;
                - Croix de l'Yser ;
                - Médaille interalliée ;
                - Médaille commémorative avec huit chevrons ;


     Louis est né le 25 février 1884. Il avait par conséquent 30 ans au moment du déclenchement de la première guerre mondiale. On imagine, en regard avec le document retrouvé et la liste de ses décorations, qu'il en a " bâvé " au cours de cette guerre. On suppose, au vu de sa décoration de la Croix de l'Yser qu'il a effectué une bonne partie de la guerre dans les tranchées de l'Yser et qu'il a donc survécu aux épreuves mentionnées dans le paragraphe du livre, près de Namur en août 1914.
      Il est décédé le 2 juin 1936. Il a eu 3 filles : Pauline, Emilie et Simonne. Son épouse s'appelait Emilie GOUX.


         Des informations complémentaires de membres et descendants de cette branche des PARFONRY d'Erezée pourraient permettre de mieux connaître la vie de Louis.

 

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 12:30

Dans un article publié sur l'exposition universelle de Philadelphie en 1876, organisée à l'occasion du centenaire de l'indépendance des Etats Unis, on y apprend que pour cette manifestation, la France avait déplacé ce qu'elle comptait de mieux comme industriels pour l'époque. Et parmi ceux-ci, on relève dans la liste l'entreprise de marbrerie PARFONRY et LEMAIRE. C'est déjà avec ce même LEMAIRE qu'il avait obtenu sa première médaille d'or lors de l'Exposition Universelle de Paris de 1867.
A l'occasion de cette exposition, François-Xavier obtint une "Prize Medal" qui cumulée à d'autres prix, lui permit, d'être couronné de la dignité de Chevalier de la Légion  d'honneur en 1881.
Une particularité de ce document est de relever que François-Xavier s'associait dans son entreprise. Le cas mentionné ici avec LEMAIRE n'est pas isolé. On a retrouvé ainsi qu'il avait probablement obtenu en 1891, en compagnie d'un certain HUVE,  le lot  1M4 "marbrerie et sculpture" des travaux de rénovation d'une nouvelle mairie, située Avenue Longueil à Maison Lafitte.

Voici l'extrait du paragraphe faisant référence à François-Xavier PARFONRY

Extrait de « La revue des deux Mondes, 15 oct.1876 : Les EU célébraient leur premier siècle d’existence »

 


….Dans les branches que l’on vient de citer, quelques-uns de nos plus grands industriels étaient accourus. Faut-il nommer des maisons que chacun connaît et qui n’ont pas eu besoin qu’on les vante : Bréguet dans l’horlogerie, Boucheron dans la joaillerie, Hielard pour les fleurs artificielles, Hachette et Gauthier- Villars dans la librairie, Koenig et Deleuil dans les instruments de précision, Pottier, Soyer, Mansuy pour leurs émaux, Million et Guiet, Binder, Muhlbacher dans la carrosserie et la sellerie, Hache et Pepin-Lehalleur et Haviland dans les porcelaines, Parfonry et Lemaire dans la marbrerie, Mazaroz dans l’ameublement de luxe, Chatel dans les soieries ?



                              En complément de cet article publié à l'occasion de l'exposition universelle de Philadelphie, on peut retrouver une photo du pavillon français sur le site : http://libwww.library.phila.gov/CenCol/Details.cfm?ItemNo=c021357&sourceURL=adv-subjcapsrch5.cfm&subject=axle&oper=AND&subject1=&CaptionTitle=Main%20Building-France
                                  
                           
Et en me référant à l'information que m'a transmise Agnès PARFONRY, on devrait apercevoir, au fond de cette pièce, le marbre présenté à cette manifestation par François -Xavier.

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 10:38

Chers et chères PARFONRY et apparentés,

Comme prévu dans mon courriel de fin 2007, je suis entré dans ma nouvelle vie de retraité depuis Noël. J'ai passé le cap avec l'aide de nombreux amis et collègues de travail. Les différents aspects de ces festivités peuvent être trouvés en lisant les quelques articles qui précédent sur ce blog.

Pour récapituler les résultats des activités entreprises durant l'année 2008, il convient de mentionner avant tout les retrouvailles de l'été en juillet avec plusieurs membres de cette fratrie des PARFONRY de France. Profitant d'un séjour à proximité, nous avons été les débusquer avec mon épouse dans leur retraite du Loiret, à proximité du château de Briou de Lude. Par chance, ils se ressemblaient à l'occasion du mariage de Clémentine, une de leurs filles. Et nous avons eu le plaisir de rencontrer le patriarche Jacques, revenu pour la circonstance, de sa retraite de Guadeloupe. Un plaisir qui fut partagé à la française autour de bons plats préparés par Jean-Pierre, Martine et Patrick.

Parmi les autres rencontres de cette année, on peut mentionner celle avec Emile et Jules, les PARFONRY de Neerheylissem, ou, autour d'un bon morceau de tartes on a pu échanger quelques informations sur l'origine et la situation de la ferme actuelle. Je suis retourné également chez mon petit - cousin germain Henry PAESMANS pour lui faire part, une nouvelle fois, de l'état d'avancement de mes recherches et en lui laissant un exemplaire de mon document provisoire. Par la même occasion, je lui ai demandé de me rédiger une petite synthèse sur sa maman Anna, soeur de mon grand-père, afin de conserver la mémoire familiale..
Du côté maternel, j'ai eu l'occasion de me rendre, pour repérage, près du moulin familial ou a vécu ma grand-mère maternelle à Thorembais-Saint-Trond. A cette occasion, je rencontrai celui qui se dévoue pour transmettre la mémoire du village, en rassemblant des cartes postales et des photos sur un site.

Une dernière rencontre se réalisa à l'occasion de la réception organisée pour mon départ en retraite. J'ai eu le grand plaisir de saluer pour la première fois mon confrère André PARFONRY, de la branche d'Erezée, venu prendre des nouvelles et encourager son homonyme pour la circonstance.

Je me suis également intéressé aux PARFONDRY, particulièrement ceux installés en France. Et c'est ainsi, grâce à un échange avec Patrick, et avec l'aide d'Alain PARFONDRY le bordelais, que l'arbre généalogique de la branche d'Aywaille put être pratiquement finalisé, au grand bonheur des descendants en Belgique que sont Paul LAURENT, Oscar LAMBERT et Camille BOURG.
J'eus le plaisir également d'accueillir à mon bureau à Bruxelles Marc PARFONDRY,  un étudiant désireux de réaliser un mémoire de fin d'études en se focalisant sur d'anciens projets de la FAO en Asie dont j'avais assuré à une époque la supervision. Un hasard qui constitue un pas de plus pour rechercher une certaine convergence dans la connaissance sur ce patronyme.

Au niveau de documents répertoriés, ceux - ci ont permis de renforcer les informations sur ce Chevalier de la Légion d'honneur que fut François Xavier PARFONRY, parti en France et à l'origine de cette branche. Sur le terrain local, un début d'initiatives a été entrepris pour s'efforcer de parfaire les connaissances sur cet Emile PARFONRY, horloger de son état, qui est selon moi, l'un des maillons importants de cette saga des PARFONRY, mais dont le souvenir et la mémoire ont été peu conservés. La découverte de sa maison ou il a passé sa retraite et l'aide d'un passionné de l'histoire villageoise pourraient éclairer quelque peu la vie de ce personnage.

Une copie d'une lettre de ce dernier, datant de 1930, retrouvée chez les PARFONRY de France, constitue le document le plus important découvert au cours de cette année 2008. Malgré sa faible longueur, on décèle suffisamment d'éléments pour affirmer que des liens plus intenses existaient encore à cette époque entre tous les PARFONRY de Belgique et de France.

Et en dernier lieu, les informations transmises par Henry PAESMANS et moi-même ont permis de finaliser des articles sur les instituteurs de Beauvechain dont Emile l'instituteur, mon grand-père, publié en 2008 dans une revue locale.

En ce qui concerne les recherches entreprises sur l'origine de notre nom, il semble de plus en plus certain que le lien déjà énoncé précédemment avec l'évolution de l'extraction du fer depuis des temps reculés constitue une piste très sérieuse. Celle-ci devrait nous permettre de faire modifier la description toujours mentionnée dans les dictionnaires sur l'origine des noms, à savoir " Ruisseau profond, relié à un lieu-dit à Aywaille datant du 15ème siècle", Reste probablement à convaincre, ne disposant pas suffisamment d'éléments matériels mais seulement d'une série d'indices convergents. La découverte antérieure d'une lignée de chevaliers de Parfondry, originaire de Comblain, à la fin du 13ème siècle est une preuve manifeste que ce nom est plus ancien. Pouvoir relier ce nom à la même étymologie que le mot "Fonderie", serait évidemment très appréciable, vu le contexte de l'évolution et de l'importance acquise par la sidérurgie dans l'histoire de la Wallonie. Ce toponyme pourrait constituer l'un des maillons de cette Histoire.

En ce qui concerne l'origine précise de la formation de ce toponyme, on peut maintenir l'idée d'une création aux abords des vallées de l'Amblève et de la Vesdre si l'on s'en tient à une origine unique. Il est assez judicieux de parler d'une certaine cohérence avec la région géologique de la Calestienne, et particulièrement les terres médiévales relevant du fief d'Aywalle et de la Terre de Durbuy. Ceci reste bien sur une hypothèse mais pouvant être considérée au vu des éléments dont on dispose. Tout reste cependant à relier avec une présence abondante de ce nom à partir du 18ème siècle en rive gauche de la Meuse, soit en Hesbaye liégeoise.

Ma nouvelle situation va désormais me permettre d'approfondir cette recherche entamée depuis près de trois ans. Mais avant tout cela, nous irons avec mon épouse quelques semaines en Guadeloupe chez notre aïeul Jacques. Plaisir des îles et retrouvailles ancestrales qui ne se refusent pas, en espérant peut-être pouvoir faire resurgir des éléments de mémoire encore emprisonnés dans le dédale des cellules.

Tout cela m'a permis de sortir définitivement de ma position du "poor lonesome cowboy". Je suis désormais entré en contact avec de nombreuses personnes, et désireux de prendre appui sur d'autres sources et contacts. Les chemins de la ville me semblent plus accessibles. L'intérêt semble s'accroître et le réseau s'étendre.

En espérant vous avoir intéressé, je vous souhaite à tous et à toutes de bonnes fêtes de fin d'année et une joyeuse année 2009.


Roland, your fieldmouse.

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 16:51

      Veuillez trouver ci-dessous, le discours prononcé par mon supérieur hiérarchique Kris PANNEELS, lors de la réception organisée à l'occasion de mon départ à la retraite, au SPF Affaires Étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, en date du 11 décembre 2008.

Roland

Tu quoque fili mi, toi aussi tu t'en vas

Et tu t'en vas à un moment où la FAO est en train - grâce à tes efforts assidus - de se réformer pour devenir - espérons le - plus percutante et performante. Et tu laisses cette réforme se dérouler sans être dans les couloirs de la via Appia ? Est - ce que tu mesures bien le risque de cette décision ? Est - ce que tu es sûre qu'elle ne soit pas prématurée ?


Roland


Tu sais que depuis une décennie, ici à la coopération belge, nous t'associons à la FAO : FAO = RP; RP = FAO,
Tout comme Jacques Laruelle l'était pour l'OMS, toi, tu resteras encore longtemps dans notre mémoire comme Monsieur FAO.
Je me rappelle que Dominique D. B. disait, à un moment donné, que tu étais la seule personne qui osait dire NON à Jacques Diouf ; qui avait l'honnêteté intellectuelle et le courage de dire clairement que ce fameux Programme d'Assistance pour la Sécurité Alimentaire ne valait pas autant que le Directeur général le proclamait.
Oui, tu es critique dans tes analyses. Mais tu es concerné, impliqué. Tu aimes la FAO et les programmes que tu suis. Et surtout, tu connais le terrain. Tu va voir sur place, tu connais les gens qui y travaillent. Et ça, c'est un atout formidable.


Roland,

Nous allons perdre un chouette collaborateur. Un collaborateur qui aime son travail, qui est proactif, intéressé et qui n'a pas besoin d'être rappelé par un chef pour que ces dossiers avancent.

Roland,

Tu es devenu un point d'ancrage pour la Direction Multilatérale et surtout pour les gens du multi. Et chez toi, on pouvait se confesser quand il y avait de nouveau une crise politique dans le pays ou un dossier linguistique dans la presse. Tu t'étonnais toujours de certaines positions prises par la partie flamande ces derniers temps. Bart De Wever ne te laissait pas indifférent. Tu l'introduisais même clandestinement dans l'équipe de D01.

Et Roland, qui va faire maintenant les discours d'adieu quand il y aura un nouveau départ ? Qui pourra (sans ou avec double whisky) trouver les mots qui touchent, les mots qui brossent, les mots qui peignent, qui nous sont chers ?

Roland, de tout coeur, un très, très grand merci pour tout ce que tu as fait pour la coopération et pour l'équipe du multi ces dernières années. Tu vas nous manquer !!

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 13:48

Vue intérieure de la brasserie "Le Faucon" pendant le discours improvisé de Roland. On y reconnaît de gauche à droite : Claude JOLY, Andre MATTON, Moussa BADJI, Roland PARFONRY, Andre PARFONRY, Eddy LEMAIRE, Jan VAN LOOIJ et Emile BONTE









Roland en plein discours, avec à ses côtés son confrère agronome et homonyme André PARFONRY. C'était la première rencontre entre un PARFONRY de Neerheylissem et un PARFONRY d'Erezée.



















Groupe en discussion avec Marie-Paule DUQUESNOY, Anne-Marie et Marcel HOEFMANS et Gille DELHOVE (de dos)
Dans la vitre : Yves l'organisateur, Jan VAN LOOIJ









Mon épouse Martine en compagnie d'Irène et Jan Van LOOIJ et Françoise CORLIER













La joyeuse équipe de la Brasserie Le FAUCON

Valérie, la gentille barman
Chouchou Christian, le gentil cuisinier
et Yves, le gentil organisateur










Roland et Martine s'apprêtent à démarrer leur nouvelle vie de retraité - pensionné













Roland avec son beauf Eddy LEMAIRE














Louis, petit-fils de Roland, dans les bras de sa marraine Eileen














Roland souriant et satisfait du déroulement de la soirée











L'extérieur de la Brasserie LE FAUCON,
143 Boulevard du Midi - Bruxelles









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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 09:16

      Chers amis et amies, chers collègues, chère famille,

     Voici venu le moment d'aborder une nouvelle transition dans  mon espace de vie qui fut mien depuis 60 ans dont près de 35 ans au service de la coopération au développement. Le temps des cerises, des cathédrales et des espaces infinis doit laisser place au temps des choses qui s'écoulent. C'est la vie. Je n'y peux rien, je n'ai pas choisi. De nouveaux émerveillements viendront sans aucun doute remplir cet horizon qui se dessine. Tout aussi important à mon sens que la soirée où l'on quitte sa vie de garçon adolescent, tout comme le jour de proclamation de son diplôme d'études supérieures ou les dates de naissance de sa progéniture, je ne voudrais pas démarrer cette nouvelle étape sans la partager avec ceux et celles avec qui j'ai été en contact tout au long de cette carrière faite de découvertes, de voyages, de difficultés, d'échanges, de dialogues, de joies, de recherches mais aussi de réflexions internes et d'émotions parfois non contenues. 

       Heureux grand-père à deux reprises au cours de cette année 2008, j'ai proposé de parachever le planning familial entamé par mes enfants, en organisant un rendez-vous collectif à l'occasion de ma retraite. Afin que ce moment ne soit pas limité à un instant de solitude, à un cri intérieur, à un texte laconique dans le Moniteur du 17 juin 2008, j'ai partagé ce cap avec tous ceux et celles qui ont trouvé le temps de venir m'aider à contenir les émotions et les joies qui ne manqueront pas de paraître.

      Afin de marquer cette étape et de concrétiser réellement ce qui fut réellement mon parcours au sein de cette mondialisation, une petite réception a été organisée à Bruxelles le vendredi 12 décembre au soir à la Brasserie  "Le Faucon" située en face de la magnifique Porte de Hal, récemment rénovée - Boulevard du Midi, 143 (angle avec rue du Remblai; après la clinique Saint Pierre et Le Breughel, en descendant la petite ceinture vers la gare du Midi). Yves, le compagnon de ma fille, a mis tout son professionnalisme pour créer un cadre convivial et permettre à chacun de trouver de quoi se sustenter et de quoi se rafraîchir. 
 

       La réception qui s'en suivit fut organisée de main de maître par l'équipe du Faucon. Les plats se sont succédés passant au préalable avec une variété de légumes crus, un plateau de zakouski chauds asiatiques qui ont été suivis par un plateau de sandwiches garnis. Vers 20h, un buffet chaud fut présenté comportant au choix un émincé de poulet au curry et des roulades de filets de sole au safran, accompagnées de riz. Et en fin de soirée, des minis éclairs au chocolat achevèrent de remplir les papilles des convives.

       Je remercie toutes les personnes qui se sont déplacées pour cette occasion. Chacune d'entr'elles représentent des tranches de cette carrière. Très soucieux de conserver la mémoire, je tiens à énumérer ceux et celles qui y ont assistés. Sans oublier qu'une cinquantaine d'autres m'ont transmis des petits mots chaleureux que je conserverai dans mon recueil de souvenirs.


Eddy LEMAIRE, mon beauf, le collègue de mes études à la Faculté Agronomique de Gembloux;
Les Van LOOIJ (Jan et Irène) qui m'ont accueilli lors de mon arrivée à Berkane, siège de l'Office Régional de Mise en Valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM) au Maroc, en mars 1975.  J'en profitai pour rappeler que Jan m'avait présenté au Directeur à mon arrivée. Et qu'à cette occasion, celui-ci me gratifia volontiers de " touriste ", montrant par là qu'il avait bien lu mon curriculum vitae qui ne comportait à cette époque qu'une expérience à l'étranger de trois mois pour le Ministère du Tourisme en Algérie. Je compris, un peu plus tard, que l'allusion n'était pas que humoristique. Mon parcours Outre-mer ne commençait pas de la meilleure manière.
Les GERARD (Dany et Thierry) et les CORLIER (Luc et Françoise) avec qui j'ai fait connaissance lors de ma présence à l'Office de Mise en Valeur agricole du Loukkos (ORMVAL) à Ksar el Kébir, entre 1976 et 1983 ;
Ensuite, ce fut la période à l'Office du Tadla (ORMVAT) entre 1983 et 1985 à Souk es Sebt ou je travaillai en équipe en retrouvant les Van LOOIJ et les CORLIER ;
On notait également la présence des HOEFMANS (Anne-Marie et Marcel), de Francis VALERE-GILLE et de Madeleine PARENT, rencontrés lors de mon parcours au Sénégal de 1985 à 1991, ainsi que les collègues de la FAO, ayant travaillé au Centre pour le Développement de l'Horticulture (CDH) de Cambérène et ensuite à la constitution de ce Réseau africain de développement de l'Horticulture (RADHORT), qui a tant de mal à se mettre en oeuvre : les GERARD (Annette et Michel), les TELEMANS (Bruno et Haida), les DEWEZ (Bernard et Corine), les DELHOVE ( Gilles et Marie);
Et en rapport avec l'année 1992, concentrée sur des missions de consultation pour la FAO, dans le domaine de l'arboriculture fruitière, je retrouve dans l'assemblée André MATTON, que j'ai rencontré lors d'une de mes missions à la représentation de la FAO à Nouakchott.
De retour en Belgique au siège de l'Administration générale de la Coopération au Développement (AGCD), Place du Champs de Mars, à partir de 1993, je collaborai à ce moment, dans les locaux du 21ème étage, avec Claude CAREME, Emile BONTE et Marielle FREUDENTHAL.
Chargé du dossier de la FAO à partir de ce moment, mes premières missions au siège de cette organisation à Rome me permirent de rencontrer les JOLY (Claude et Marie-Christine), Eliane NAJROS et les MARCHAL (Daniel et Paule), ces derniers revenus spécialement de leur retraite provisoire des Cévennes.
Puis ce fut le transfert à la rue Bréderode, dans le cadre de la DGCD avec Robert DUMONCEAU, Francis MONET, Antoine RENARD, Jacques LARUELLE et  Kris PANNEELS.
Et ensuite comme nouvelle étape d'un rapprochement avec les Affaires Etrangères, en 2007, au sein des locaux de la rue des Petits Carmes, on reconnaît Bernard DESCHREVEL de retour d'une mission pour l'Union Européenne en Papouasie, Moussa BADJI de retour d'une réunion  au siège de l'UNESCO à Paris, Karima SAQUI en provenance directe de la représentation belge auprès de la Commission européenne à Bruxelles, Ann Van LANCKER, Marie-Paule DUQUESNOY ma dernière collègue de bureau et Carlos LIETAR qui est désormais en charge de mes dossiers.

      Et pour me rappeler que l'un de mes loisirs s'est concentré au cours de ces 3 dernières années sur la généa toponymie de mon nom, André PARFONRY, l'un de ceux qui ont manifesté tout particulièrement un intérêt pour cette recherche, était présent. Agronome, issu de Gembloux comme moi, habitant également le Hainaut, ce fut notre première rencontre.
      Cette énumération ne serait pas complète si je ne mentionnais pas mes proches qui y sont présents : mes enfants Catherine et François, mon épouse Martine, mon beau-fils Yves, l'organisateur de cette soirée, sa maman Marie-Louise, son associé Christian, responsable en cuisine, les DEBONNET (avec Valérie en appui logistique dans la salle et derrière le comptoir) et les amis de Catherine que sont Eileen et Geoffrey ainsi que Fabienne et Fred. Et sans oublier, in fine, celle qui a mis au monde mes deux enfants, Agnès venue en compagnie de Robert.
Et au milieu de ce beau monde, il y avait mon petit-fils Louis qui a profité de cette ambiance pour se faire cajoler. Martin, récemment né, avait du décliner l'invitation et était resté auprès de sa maman à Hon-Hergies.


      Plusieurs personnes ont été empêchées de venir soit pour cause d'éloignement, soit en raison d'une occupation professionnelle. Elles sont trop nombreuses pour les citer. Je mentionnerai cependant les amis du Loukkos et de France que sont les AGUSTI (Virgilio et Sylvie), les BINTEIN (Gilbert et Marie-Annik), les ROUSSEL (Omer et Gabrielle) et les PENSIVY (Philippe et Annie); mon collègue Robert SERVOTTE qui m'a accompagné tout au long de mes humanités à l'Athénée de Tamines. Et avec une mention toute spéciale pour celui avec qui j'ai échangé de nombreux avis et effectué plusieurs missions, celui qui peut représenter au mieux la synthèse de ma carrière : ancien de Gembloux, expert horticole à la FAO, initiateur de programmes de qualité, connaisseur de l'Afrique, je veux parler de Wilfried BAUDOIN, auquel j'associe son épouse Bernadette.

      Et je ne voudrais pas terminer sans ceux de la famille que mes recherches généalogiques ont permis de ressouder, à savoir la lignée des PARFONRY de France et Maryse DELEUSE, ma petite cousine germaine, et qui se sont mobilisés pour m'envoyer des mots chaleureux de félicitations.

      La fête est maintenant terminée. Je peux penser à ma retraite. Dans un prochain article, je publierai quelques photos représentatives de cette réception.
 

 

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:42

      Veuillez trouver ci - dessous le texte intégral que j'ai rédigé, à l'occasion de mon départ à la retraite. Il a été lu par l'intéressé, à l'occasion de la réception offerte à la salle DELVAUX du Service Public Fédéral Affaires Etrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, rue des Petits Carmes à Bruxelles, du jeudi 11 décembre 2008 entre 12h 30 et 14 heures. Certains paragraphes, pour cause de durée, n'ont pas été présentés mais complètent parfaitement les idées qui y sont développées.

Cette réception a été rehaussée par la présence de MM :

             - John CORNET d'ELZIUS, chef de Cabinet adjoint du Ministre de la Coopération Charles MICHEL;
             - Peter MOORS, Directeur général de la Direction générale de la Coopération au développement (DGD) ;
             - Kris PANNEELS, Conseiller général de la Direction des Programmes Multilatéraux et Européens  - D4 de la DGD ;
             - Jean-Pierre LOIR, Conseiller général de la Direction des Programmes spéciaux - D2 de la DGD ;

             - Marc BUYS, Conseiller général de la Direction des Programmes de sensibilisation - D5 de la DGD ;
             
- Jacques THINSY, Conseiller général de la Direction de la Mondialisation - M4 de la DGM ;

                   et par une soixantaine de collaborateurs et collaboratrices.
 

Départ à la retraite - décembre 2008

(Y inclus les paragraphes non lus)

  
         Avant de vous dévoiler le contenu de ce petit mot d’adieu, je tiens à vous dire que j’ai voulu l’écrire, comme je l’ai fais précédemment pour d’autres départs de membres du personnel, dans un cadre d’humour, de dévotion et avec ce zeste d’auto-dérision qui légitimise les élans de cœur. Néanmoins, au vu de l’évolution des choses qui nous entoure, il m’a semblé, en construisant ce texte, que je devais faire preuve d’un peu plus de réalisme et remettre tout cela progressivement dans un cadre de réflexion.

 

         Pour être en phase avec le contexte international actuel, on devrait démarrer tout discours par l’emploi de l’expression volontariste «  Yes, we can ». Avouez cependant que pour un départ à la retraite, cela ne serait pas perçu de la même façon. Je serai dès lors beaucoup plus modéré dans mes propos.

 

         Et bien oui. J’ai bientôt 60 ans…et alors. Évidemment, on n’est plus au temps ou on lisait de temps en temps dans les livres ou les journaux : Un vieillard Sexe….Âgé…Nerfs…. Je vois que vous avez compris que tout évolue. Ce n’est plus l’époque ou on renversait le sablier pour entamer sa période de léthargie et non sa reconversion. Je constate que les choses sont en voie de changer. Je dirais plutôt que c’est l’âge d’une certaine sagesse. Celle qui consiste à faire comprendre que bien que vous puissiez connaître les réponses sur beaucoup de choses, on hésite à vous poser les questions.

        

         J’entends déjà certain dire : Il est de la période du baby boom. Celle qui en a bien profité. Cette génération qui est arrivée à point pour ne connaître que bonheur et prospérité. Celle qui écoutait la chanson «  Al you need is love ».  Peut être, mais je tiens avant tout à rappeler que je pars à un moment ou on ne peut plus se payer une bière avec une action FORTIS.  Un désastre quand même pour un belge.

 

         J’ai quelque peu réfléchi à trouver une ligne directrice dans ce discours. Je voulais éviter un trop grand éparpillement des idées ou  faire un relevé trop exhaustif de ce que j’ai pu retenir de cette assiduité à la coopération en général et aux programmes de développement rural en particulier depuis plus de trente ans.

 

         J’ai sans doute eu beaucoup de chance.  Etant issu d’un monde rural d’après guerre, celui qui a pu évoluer avec les plans Marshall, Mansholt et les PAC, j'y suis relié par un milieu familial qui exploite une ferme dans un petit village depuis plusieurs générations. J‘ai vu se développer devant moi, sans m’en rendre compte directement, une évolution manifeste de la campagne, marquée non seulement par une intensification de la production mais par la mise en place de mécanismes de protection des agriculteurs et de sécurité des consommateurs.  Et comme le dit le rapport de mon entretien d’évaluation, ce doit sans doute être ces raisons qui m’ont permis probablement de conserver les pieds sur terre faisant la synthèse entre l’analyse, le suivi technique et les aspects humains.

 

 Mais, me dirai-vous, pourquoi suis-je entré dans la coopération alors que j’étais sans réelles attaches, sans avoir vraiment de repères. Et pourtant, j’en sors ce jour avec un coffre au trésor rempli. Je n’ai malheureusement pas semé, durant cette carrière, sur des cahiers les souvenirs retraçant les grandes lignes de mon parcours. Cela rendra plus difficile ma tâche si un jour il me prend l’envie d’écrire un livre sur la coopération. Je me dois dès lors, non pas d’inventer, mais de dégrossir rapidement les quelques idées qui s’entrechoquent en moi pour en faire en quelque sorte, un journal brut de décoffrage.

 

         Pendant ma jeunesse, je fus bercé par la création d’une Europe qui se profilait. Bien qu’encore très jeune à cette époque, le traité de Rome, naissance de ce qui est aujourd’hui l’Europe et les accords de Genève qui mirent fin à la guerre d’Indochine, avaient déjà remplacés les accords de Yalta. J’avais été au contact d’une nouvelle forme d’équilibre  et de construction des pays, mis en avant par un certain nombre d’hommes politiques clairvoyants. Il y avait derrière cela des hommes comme Paul Henry SPAAK et Jean MONET pour le premier et Pierre MENDES FRANCE pour le second mais aussi un petit homme moins connu un peu timide qui s’appelait Jean REY. Ces personnes s’afficheront  comme des personnages visionnaires dont les décisions étaient basées sur le respect et l’éviction de nouvelles guerres. Comme simple rappel de mémoire, Jean REY fut le premier président de la Commission européenne. Ce n’est pas inutile de le rappeler aux jeunes.

 

Je me souviens que mon grand-père, ancien instituteur de l’école communale du village, et devenu premier échevin,  avait fait venir cette dernière personne pour une présentation. Ce fut l’un de mes plus importants souvenirs de jeunesse car il avait eu l’inspiration de joindre à son texte une carte du Monde. Même si je ne pouvais pas comprendre l’entièreté de son discours, j’avais devant moi pour la première fois un instrument qui devait constituer le cénacle de toute future inspiration. Il avait en quelque sorte appliqué la célèbre phrase de Napoléon «  Un croquis vaut mieux qu’un long discours ». Phrase qui de nos jours est comprise par la nécessité de présenter son sujet systématiquement via un indispensable Power point, le plus souvent insipide et incolore.  A partir de ce moment, je me suis mis, vous le croiriez ou pas, à étudier par cœur le nom de tous les pays et de leurs capitales. Avant l’heure de la mondialisation, des noms comme Bangkok, Freetown, Addis Abeba, Oulan - Bator, Tegucigalpa, Djakarta, Paramaribo, Damas, Bucarest, …n’avaient plus de secret. J’avais pénétré ce nouveau monde.

 

Mon premier vrai lien avec la coopération est en relation avec mes études à la Faculté Agronomique de Gembloux. Ses études ayant été concomitantes avec les évènements de mai 1968, l’une de mes premières vraies responsabilités fut de devoir maîtriser l’information et la communication parmi les étudiants comme éditeur responsable à cette époque du Journal des étudiants.

 

Et parmi les faits et récits de cette période, je fus de ceux qui firent venir, pour un exposé, une personne d’un jeune organisme d’Etat, créé dans la foulée des indépendances africaines et du Congo en particulier, et qui s’appelait l’OCD, l’Office de Coopération au Développement, ancêtre de l’AGCD, de la DGCI, et de la DGCD. Dans la foulée, je m’inscrivis à un cours de formation, sésame obligatoire pour partir à l’étranger, organisé à cette époque au domaine d’Huyzingen.

 

         Ce fut le début d’une aventure. Recruté en mars 1975, au temps de l’AGCD, pour entamer cette carrière au Maroc, je dois souligner que ce parcours peut relever quelque peu du hasard. Imaginez-vous l’époque. Obtenir son diplôme d’ingénieur agronome à Gembloux, spécialité tropicale, en 1973, donnait immédiatement la possibilité d’un engagement pour le Congo. Ce fut ainsi mon cas. Comment pouvait – on ne pas envisager cette continuité quand on a eu la chance d’avoir encore comme professeur des anciens de l’INEAC, revenu en 1960.  Mais hélas, cette année 1973 fut aussi l’année charnière qui marquait la fin d’une histoire continue avec ce pays. Ayant signé mon contrat avec une filiale d’Unilever pour aller travailler dans les plantations d’hévéa de la Province de l’Equateur, je dus rapidement remiser ce premier contrat aux oubliettes. Rappelez-vous novembre 1973, Mobutu décrète sa notion de « zaïrisation ». Préférant dès lors attendre, la société revient sur sa décision et me gratifia d’une indemnité compensatoire en noir, ce qui paraissait normal dans le contexte. C’est à partir de cet instant que la petite phrase «  Tout cela ne nous rendra pas le Congo » pris probablement sa vraie signification.

 

Je tentai, peu après, de récidiver avec un bureau d’études belge pour l’Algérie. Ce fut peine perdue car après trois mois de séjour à Alger, ce bureau d’études tomba en faillite. Imaginez- vous à l’époque, nous étions peu de temps après la fin de la guerre d’Algérie, sans un sou, à Bab el Oued au milieu de la casbah, seul avec mon épouse. Ne pouvant espérer que l’Ambassade de Belgique ne m’avance de l’argent, je reçus finalement l’aide de Traction et Electricité, présent sur place. Et encore heureux que mon père travaillait pour eux. Il servait de garantie pour me verser une avance destinée à payer nos deux billets d’avion, avance qui me fut de nouveau versée en noir. Décidément, j’avais pris rapidement conscience de la réalité africaine. Je me suis rappelé sans doute à ce moment la lecture du livre de René DOUMONT : « L’Afrique noire est mal partie « qui était plutôt un antidote pour s’aventurer dans pareille direction.

 

C’en était fini d’une expérience d’agriculture orientée sur les productions industrielles tropicales. Envisageant sans doute de rester en Belgique, je suivis une formation à la Sucrerie et Raffinerie de Tirlemont. Et c’est pendant celle-ci que je fus informé par le Directeur des Services Agronomiques de la Sucrerie, qu’un poste était ouvert à la Coopération pour le Maroc demandant une expérience en betteraves sucrières et avec une spécialité en cultures tropicales. Vous pensez bien que ce genre de curriculum ne courrait pas les rues. Avec en plus mon stage de formation réussi précédemment, je n’avais pas de rivaux pour me confisquer le poste. 

 

         Je ne m’étendrai pas sur les différentes étapes de ma carrière comme coopérant. Ce n’est pas le but de ce discours. Je voudrais simplement ajouter que j’ai pu travailler durant cette période en phase avec la réalité. A la fois comme responsable d’une station de recherche - développement, comme gestionnaire d’un périmètre d’irrigation, comme producteur au niveau d’une pépinière fruitière, comme analyste agro - économiste chargé de mesurer l’impact d’un système irrigué de cultures, j’ai  été au contact de la réalité des gens, pour les informer, les documenter même si parfois cela se faisait selon une démarche volontariste et innovante liée à une politique nationale de développement. Comment voulez-vous produire des plants fruitiers si vous ne faites pas ce qui est nécessaire pour les vendre ? Comment voulez-vous atteindre un objectif de superficies irriguées si vous n’y allez pas avec des arguments et des informations convaincantes ?

 

         De tout cela, je peux en tirer une première conclusion. J’ai vu la fin de l’Afrique de papa qui s’était déjà profilée avec la nationalisation du canal de Suez, les indépendances mais surtout la poursuite de la guerre froide. Un exemple parmi d’autres qui démontre de cela. J’ai peut être été l’un des rares coopérants à organiser ma mutation en changeant d’affectation sur une distance de 700 km en cours de contrat au Maroc. Le chef de section de coopération, ancien agent territorial au Congo, pas content de ne pas avoir été impliqué, avait souhaité voir mon nouveau Directeur marocain pour lui exprimer sa désapprobation. A peine était – il entré dans son bureau que ce dernier lui fit comprendre que j’étais un cadre travaillant au sein d’une administration marocaine et qu’en conséquence c’était à cette administration de juger utile de l’opportunité de ma mutation. Je suppose qu’il en est ressorti en concluant que le Congo de papa était terminé.

 

         De ce séjour au Maroc, je ne peux que me féliciter d’avoir été au contact de personnes compétentes qui m’ont permis d’extraire la quintessence des acquis des études d’ingénieur en me demandant parfois de rechercher dans mes tripes des solutions à certaines situations mais aussi de forcer le contact avec les gens. Ce sont des personnes comme Othmane LALHOU, BENNANI, CHLOUCHI, SEBBARI, El AMOURI, HOMMANI, SOUIRGI,… qui m’ont fait comprendre qu’une station de recherche devait être un moteur de développement et non une enceinte fermée, qu’un plan directeur agricole permettait de focaliser des énergies sur des objectifs, qu’une collaboration avec le secteur privé se faisait selon un rapport de force égalitaire, qu’il existait un lien manifeste entre l’agriculture et l’art culinaire d’un pays. A la fin de mon séjour dans ce pays, j’ai adressé, à titre personnel, une lettre à toutes ces personnes qui m’avaient aidé à me mondialiser sur une base humaniste et pratique et non théorique.

 

         L’un des aspects relevant de cette période a consisté, et je crois que ce n’est pas un tabou, dans le manque de dialogues entre la Section de Coopération, toute puissante financièrement, et l’Ambassade toute bling – bling à coté.  Cela a été la réalité mais le manque de dialogues a joué certainement dans les deux sens. Il  est vrai que la période de guerre froide qui se prolongeait développait une certaine opacité de cette réalité. On a très certainement raté une occasion de pouvoir investir pour le futur en se reposant sur un réseau de personnes en lien direct avec la réalité. Manifestement, cet obscurantisme on le paie quelque peu de nos jours.

 

Ceci fut parfois possible néanmoins. Un exemple parmi d’autres. Un jour la représentante allemande de la délégation européenne à Dakar, me demanda, après accord de l’Ambassadeur de Belgique, d’effectuer une mission incognito dans une réserve naturelle pour aller vérifier les allégations publiées dans un journal local. Je fis un rapport alarmant, photos à l’appui, sur le déboisement opéré avec l’aval des autorités. Il s’en suivit un dialogue politique dont j’ai évidemment été écarté. Mais le lien avec le terrain avait servi de base.

 

Je ne vais pas m’étendre sur certains concepts dont la coopération s’est éprise au cours de ces dernières années : la durabilité, la globalisation, l’harmonie, les thématiques transversales, et bien d’autres choses…. On devra attendre ce que tout cela donnera avant de comparer avec ce que nous avons fait précédemment. Je ne puis que dire qu’une chose aujourd’hui : Malgré notre souci de bien faire, notre conscience professionnelle, l’élaboration de méthodologies ayant démontré de leur pertinence, force est de constater que nous n’avons toujours pas été aidé par les pays africains eux-mêmes. Et j’espère que le nouveau concept de «  core » qui prévaut ne donnera pas l’occasion d’être utilisé, excusez moi le jeu de mots,  à corps perdu.

 

         J’ai pensé à un moment donné un titre à mon texte, une phrase comme «  Ma mondialisation à moi » pour bien montrer finalement que mon parcours de vie s’est identifié à ce concept mais sous une autre approche.

 

         Imaginez - vous qu’en arrivant au milieu de la 6ème année primaire, en 1960, dans un athénée, à proximité de Charleroi, je me suis assis à côté d’un fils de mineur italien. Ce fut ma première rencontre avec un étranger. Il était le seul étranger de la classe. Personne ne s’était assis à côté de lui en début d’année.  Moi, qui venais de côtoyer le milieu rural, je me suis mis à l’aider quelque peu dans ses devoirs. Et en échange, j’ai pu apprécier quelques temps après, pour la première fois de ma vie, un spaghetti bolognaise.

 

         Par la suite, en arrivant à la Faculté de Gembloux, ce furent mes premières rencontres avec des étudiants arabes et africains. Et de nouveau, cet échange me permit de savourer le premier couscous et la première mwambe, préparée dans les locaux de la Maison Internationale. Et, j’irai même un peu plus loin dans ce contexte. C’est en signant mon contrat avec ce bureau d’études belge que je fis la rencontre du premier flamand.  Mais pour tout dire, comme ma mère préparait déjà des carbonnades flamandes et des croquettes aux crevettes, je considérai qu’il n’y avait pas de différences entre nous.

 

Et je pourrai continuer ainsi en me remémorant ma rencontre avec un premier anglais, Robert FORSTER et sa cuisine si particulière, une première petite vietnamienne dont j’ai oublié le prénom mais retenu son plat de nem accompagné de sa sauce au niocman, Virgilio le premier espagnol et sa paëlla préparée à l'abri de sa cabane de Sakh Sokh, le premier breton Philippe et son flan breton, Karim le premier libanais et son mezze, Irène, la première hollandaise avec son plat de maatjes, et cela pourrait être une longue liste si je me mettais à rechercher dans mes souvenirs.

 

Tout cela pour dire que tout ce qui touche à l’alimentation et à l’agriculture et j’en suis conscient,  restera un élément important de la vie, de la culture, de la stabilité et de l’échange entre les nations.

 

Vous connaissez tous probablement ma métaphore sur la prise du médicament prescrit par un médecin. J’en citerai une autre, toute bête :

« On procède à l’interrogatoire d’un vagabond. On dit de nos jours un SDF. On lui demande comment il fait pour vivre puisqu’il ne travaille pas. Et le clochard de répondre simplement : Ben, je mange… »

 

Une autre plus en rapport avec cette maison. Quelle est la principale qualité exigée d’un diplomate ? demandait –on à un ancien Commissaire européen.  Voyez-vous, répondit celui-ci en souriant, si vous êtes capable d’ouvrir une douzaine d’oursins sans vous piquer les doigts, vous êtes murs pour être diplomate. Toujours cette référence à l’alimentation. Ce qui signifierait qu’il n’y aurait pas beaucoup de différences entre un bon diplomate et un pêcheur.

 

De ce séjour au Multi, pendant 15 ans, Kris fait très certainement exception. De ce coté, je dois dire que j’ai été bien servi et bien défendu l’égalité des sexes. Ainsi, depuis 1993, je peux me targuer d’avoir été supervisé successivement par Anita, Sonia, Marie-Louise, Martine et Micheline. Seul, le regretté Dany GHEKIERE est venu interrompre la lignée. Et dans ce registre de condoléances, je ne manque pas de mentionner Eric DE BOCK et Luc VANRAEMDONCK, deux de ces agronomes connaisseurs de l’Afrique, qui nous ont quittés ces dernières années. Avec Eric, je me souviens avoir effectué une mission de suivi sur ce projet HUP de la FAO en RDC. Ce fut l’un de ces moments que l’on n’oublie pas de sitôt. Autant, je  suis issu de la Belgique rurale profonde, autant lui connaissait cette Afrique profonde qui l’avait vu naître. Faire une mission avec un personnage aussi charismatique que connaisseur est un souvenir que l’on ne peut oublier. Et je me rappelle également de Luc avec qui je discutais encore la veille à l’occasion du diner qui suivait la consultation annuelle avec la FAO. Toujours avec cette volonté de vouloir mieux faire, tel était la perception que j’en ai retirée.

 

Questions de durabilité, je n’ai pas à craindre dans un certain sens l’oubli. Je n’ai pas trop de craintes au niveau des quelques publications effectuées. Il y a bien sur celles publiées par Tropicultura mais aussi reprises pour certaines par le CRDI (coopération canadienne), l’ANAFID au Maroc et la base de données AGRIS/FAO. Et je suis probablement le dernier de cette maison à avoir collaboré à la publication de ce livre intitulé «  Agriculture en Afrique tropicale ». Un livre qui fut rédigé dans la tradition héritée de nos ainés. Une expertise de terroir basée sur la technique et la recherche qui s’était perpétuée jusqu’à ces dernières années.

 

Car, si je cherche toujours le fil conducteur de ma présence à la coopération, il est évident que la référence à l’importance des acquis obtenus en matière d’agronomie tropicale avec des noms aussi magiques que Yangambi, Gandajika, Mulungu, Mvuazi… est forte et s’intègre parfaitement à la carte du monde que m’a fait découvrir Jean REY. Il y avait quelque part des références indéniables, porteurs de rêves et d’espoir. Le futur est à craindre cependant, non seulement au niveau de la base, de la formation que de l’expertise.

 

Car l’un des principaux constats que j’ai pu observer tout au long de cette carrière, c’est finalement d’avoir compris pourquoi c’était un agronome qui avait écrit ce premier livre messianique sur l’Afrique. Qui pouvaient finalement être au courant de la réalité profonde de ces pays, si ce ne sont les agronomes qui sont en permanence au contact de la latérite, du vent des idées, de la terre qui se meurt, du blé qui lève, de la parole non écrite.

 

J’ai vu et compris le risque majeur d’un développement de la désinformation, de l’idéologie, via parfois des systèmes d’éducation peu productifs qui risquaient de produire un obscurantisme. En me réinstallant en Belgique en 1991, je rédigeai pour le Centre d’études Jean REY, une note de réflexion d’une dizaine de pages sur ce que j’entrevoyais comme problématique de la politique de coopération future au niveau du continent africain. Vous me direz que c’est un peu présomptueux d’en parler maintenant. Mais quand je la relis maintenant, je retrouve certains axes actuels qui s’avéraient prémonitoire à l’époque, tels que la déforestation, le manque de réserves de terres, l’intégration régionale, l’amélioration des systèmes de culture, la crise identitaire, la fragilité des accords d’Arusha, le manque de flexibilité de l’ONU, le développement des systèmes d’alerte précoce, le transfert des capacités, le soutien à l’Afrique du Sud comme moteur de réussite, la mise en place d’un système de suivi et d’impact, une politique européenne coordonnée. Et j’y mentionnais, en me basant sur un document FAO, une liste des pays potentiellement susceptibles de subir des crises. En énumérant cela aujourd’hui, on peut vérifier que je n’avais pas sorti cette liste d’une boule de cristal. On y retrouvait successivement, par ordre d’importance décroissante des pays comme le Burundi, le Rwanda, l’Afghanistan, la Tunisie, le Yémen, l’Egypte, le Bangladesh, le Pakistan et Haïti. Avouez qu’il y à de quoi en rester un peu bouche bée. Et si j’étais diplomate, je me mettrais immédiatement à écrire une note au Ministre en disant que le prochain pays instable sera la Tunisie car c’est le seul pays qui n’a pas encore été touché.

 

Finalement, mon choix de carrière était lié avec cet espoir d’entrer dans ce nouveau Monde que m’avait fait découvrir Jean REY. Espérons de nos jours toutefois que dans un autre registre, celle par exemple de la Station polaire d’Alain HUBERT, et dans le contexte climatique actuel, on puisse apporter ce rêve, cet espoir, cette compétence à une nouvelle génération. Que des vulgarisateurs de son niveau, se rendront dans les écoles primaires pour émerveiller et colorier des regards qui attendent de s’ouvrir. Car je suis persuadé que pour lutter contre le développement d’idéologies mensongères, la propagation de dogmes,  les méfaits de système maffieux, la seule méthode efficace consiste à transférer ce rêve, cet espoir, cette compétence dès le plus jeune âge. Donner de l’émerveillement à ces jeunes tout réceptifs serait un premier pas vers la connaissance et le respect. De même, on pourrait faire comprendre de cette façon que c’est la mer qui prend l’homme et non l’inverse.

 

Je verrais ainsi le vicomte DAVIGNON s’impliquer plus spécifiquement dans cette stratégie d’autant qu’il aura désormais du temps libre. Imaginez le dans une école, sans sa pipe, avec comme seul tableau la courbe de l’évolution de l’action FORTIS !! Cela rendrait plus humble toute personne.

 

Tout comme pour les produits alimentaires, on devrait finalement imposer des dates de péremption obligatoires pour supprimer les causes et les raisons de ces idéologies, de ces dogmes, qui constituent le chienlit de nos civilisations. Une fois qu’elles auraient été jugées inacceptables, on les retirerait du jour au lendemain de la circulation, de façon similaire aux boîtes de conserves périmées. Car, après la  crise pétrolière, la crise alimentaire, la crise financière, on peut craindre que n’apparaisse ce qui serait encore plus grave, à savoir la crise de références culturelles.

 

C’est pourquoi, j’irais plus loin dans la refonte des programmes scolaires aujourd’hui. Dites vous bien que l’un des potentiels le plus important de ses prochaines années s’exercera au niveau du groupe des personnes pensionnées. On doit prendre conscience que tout ce qui est du ressort du secteur associatif repose en grande majorité sur le bénévolat de ces personnes. A l’heure ou certains s’accrochent à des fonctions ou que d’autres envisagent de prolonger l’âge de la pension, il serait probablement plus utile d’utiliser cette force vive à des fins pédagogiques. Pour cela, il faudra forcément être imaginatif et créer un cadre légal spécifique. Je ne lance ici qu’une réflexion mais je crois volontiers que l’on peut faire à ce niveau le lien entre les générations et donner un vrai sens au mot durabilité.

 

Pour une fois que l’Afrique peut nous servir comme exemple, ce serait l’occasion d’en profiter. Ne dit-on pas sur ce continent que quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui disparaît.

 

Après 35 ans de carrière, à travers l’acquisition d’une certaine expérience de la vie, j’ai sans doute l’opportunité de rencontrer de nouvelles joies, de nouveaux étonnements. Je n’ai pas comme par le passé, à ce stade de l’écriture, entamer ma bouteille de whisky. Comme si je me rendais compte que l’époque était à une réflexion plus sérieuse. Qu’il fallait rendre limpide le futur et réconcilier au plus vite les gens avec un rêve, un espoir, une idée, …. Comme si je me rendais compte que je devais présenter une face propre à cette nouvelle génération, qu’il fallait encourager plutôt que critiquer et non pas finir ce moment avec seulement la tranche d’humour habituelle. Car, pour en référer à MALRAUX,  la seule unité de notre civilisation, c’est l’interrogation et non le dogme. Et j’ai certaines craintes sur l’interprétation de la phrase qu’on lui attribue : » Le 21ième siècle sera religieux ou ne sera pas ».

 

Je citerai deux expressions idiomatiques qui me semblent complémentaires au niveau de l’existence et qui malheureusement peuvent être quelque peu antagoniste :

         « Tout excès constitue une nuisance pour l’homme »

         « Chasser le naturel, il revient au galop »

Beau sujet de dissertation, je vous l’avoue.

 

Malgré certains aspects de mon écriture, je ne suis pas un contestataire dans l’âme. Je ne suis pas venu habiller du keffi d’Arafat, du teeshirt de Che Guevara, des sandales du dalaï-lama, du pantalon de James Dean, de la pipe de Davignon, du blouson en cuir signé Francesco Smalto,  le tout agrémenté éventuellement de l’écharpe rouge et blanc d’Yves Leterme. Ce n’est pas mon genre. Je n’en suis pas encore à mélanger les genres. Mais je constate que le mauvais goût semble se propager au même titre que les mauvaises idées.

 

Et pour terminer, je me remémorerai  la phrase que mon professeur de français m’a allongée au soir de ma dernière dissertation de rhétorique : Monsieur PARFONRY, si je n’ai rien à vous dire sur la forme du texte, je me demande, quant au fond, comment vous allez pouvoir vivre avec la réalité du monde. Pour lui, la connaissance des philosophies émanant de la Grèce antique apparaissait quelque peu périlleux, voire risqué. Le mélange de l’épicurisme et du stoïcisme ne faisaient pas un bon carburant alternatif pour entrer dans un nouveau monde. Or, c’est en fait tout le contraire qui s’est produit, ne me contentant pas de me limiter à une application à un premier niveau de ces philosophies.

 

De nos jours, on parlerait plus volontiers de civilisation des loisirs au lieu d’épicurisme et de gestion axée sur les résultats en ce qui concerne le stoïcisme. Je dirai aujourd’hui que de ce mélange j’ai pu parfaitement m’y adapter et que ma carrière d’agronome à la coopération m’y a aidé fortement. Je me suis efforcé de ne pas confondre idéalisme et idéologie, ni réflexion métaphysique et dogme. C’est ce que l’on peut qualifier d’acquis durable pour plus de sagesse et de bonheur.

 

La réception à laquelle vous êtes invité aujourd’hui n’est que le début d’une période de transition. Vous en êtes parfaitement conscient. Désormais, au lieu de faire mes courses en courant, je pourrai faire mon marché en marchant. Et chaque fois que je prendrai  ma voiture le matin, le déclic devra dorénavant se faire dans la tête aussi.

 

 

 

                                                                Roland PARFONRY

                                                                Bruxelles – Aiseau, le  10 décembre 2008

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 14:27

 

            En poursuivant la recherche, j'ai découvert un nouvel article dans un livre reprenant en détail les aspects précis de l'Exposition Universelle de Paris de 1867. Ce livre intitulé "L'exposition universelle de 1867 illustrée " est composé de deux volumes et comporte 976 pages. Un des paragraphes, situé à la page 158,  fait référence à deux oeuvres de François Xavier PARFONRY, réalisée avec un certain DUPUIS. C'est très certainement avec l'une de ces deux pièces qu'il a obtenu une médaille d'or lors de cette exposition universelle de Paris. L'une de ces oeuvres, une cheminée de style renaissance, est élaborée avec un matériau originaire de Belgique, et dénommé : Marbre Noir de Belgique.
           Pour rappel, cette médaille d'or avait été mentionnée de manière spécifique dans la citation  qui avait été rédigée à l'occasion de l'attribution du titre de Chevalier de la Légion d'honneur .
 
         Ce Marbre Noir de Belgique, extrait depuis l'Antiquité, serait localisé dans des carrières spécifiques, répertoriées à Dinant, Namur, Dénée et Mazy. Les marbres noirs belges figurent parmi les plus beaux et les plus purs d'Europe. Ils sont très prisés pour la facilité avec laquelle ils se laissent travailler, pour la finesse de leur grain qui permet de recevoir le plus beau poli et pour l'uniformité de la couleur qui est d'un noir parfait.

           Caractérisé par l'uniformité de sa couleur et l'absence de tâches et de veines, ce matériau a été très utilisé au cours des 18ème et 19ème siècles, malgré des prix très élevés, pour la fabrication de cheminées, pendules et statues.

           Cette référence à la Belgique n'est peut être pas la conséquence de l'origine belge de François-Xavier. Tout marbrier d'art pouvait avoir eu connaissance de la qualité de ce matériau qui correspondait avec le goût et le luxe de l'époque. Ce marbre noir est toujours utilisé de nos jours par de nombreux sculpteurs. 

          Néanmoins, on dispose d'un premier élément qui permettrait de trouver l'existence d'un lien avec son pays d'origine. On ne peut pas assurer à partir de quelle année, François Xavier s'est exilé vers la France. Né en 1821, on peut avancer que ce départ  s'est  effectué vers 1840, et en premier lieu vers Boulogne-sur-Mer. Cela reste une supposition mais on peut toutefois affirmer qu'au moment de l'Exposition Universelle de Paris en 1867, il avait déjà acquis une habilité dans l'art de travailler le marbre. Il avait à ce moment 46 ans et cette médaille fut très certainement la première de sa carrière si on se base sur le texte de la citation

       
          On peut simplement noter une certaine coïncidence sur le plan géographique. Le tableau de son fils Paul, intitulé " Saint Roch intercédant auprès du Christ en faveur des pestiférés " a été retrouvé dans l'église de Spy qui se trouve précisément à proximité de la carrière de Mazy.
Peut-on y voir l'existence d'une filière de relations ?


           La carrière, d'où on extrayait ce marbre noir est toujours en activité. Il s'agit de la carrière souterraine de Golzinne. On peut en visiter certains galeries lors des Journées du Patrimoine.

Certaines informations sur cette carrière peuvent être trouvées sur :
http://www.mazysfunbikers.be/industrie.php

Voici le texte du paragraphe du livre ou on retrouve la référence à François Xavier PARFONRY


Extrait de « L’exposition universelle de 1867 illustrée » (J. Laurent-Lapp, p.158)

 

……De leur place, ils pourront contempler la triple exposition de MM. Cordier, Parfonry-Dupuis, et Landeau et Cie. ….M. Landeau  produit cinq variétés de marbres qu’il tire de la Sarthe…..MM. Dupuis et Parfonry ont exécuté diverses cheminées avec beaucoup de bonheur. Deux, entre autres, se font remarquer : l’une en marbre noir de Belgique, style renaissance ; l’autre en marbre rouge antique des Pyrénées, style Louis XIII…..

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 18:13

             L'objectif de ce blog ne consiste pas nécessairement à rédiger des articles reprenant le résultat des recherches, des découvertes et des analyses de son auteur. Il peut également être utilisé pour transcrire des textes rédigés par d'autres. Diffuser cette mémoire via d'autres canaux, cela me paraît aujourd'hui essentiel.

            Durant l'été 2007, suite à un travail de classement de vieilles photos, je repérai certaines d'entre elles avec mon grand-père en compagnie d'élèves. Elles remontaient à différentes époques de sa carrière d'instituteur. Soucieux d'identifier les endroits, je retournai dans le village de Beauvechain ou il avait exercé ce métier pendant 37 ans. A cette occasion, je rencontrai Thierry BERTRAND dans un des lieux, l'ancienne école du patronage,  ou certaines de ces photos avaient été prises. Rédigeant régulièrement des petits articles pour une revue locale, il m'informa qu'il avait l'intention d'en écrire sur les instituteurs de Beauvechain. En lui promettant que je lui enverrais, non seulement plusieurs photos, mais aussi des renseignements sur la vie de mon grand-père, je m'aperçus que le fruit de mon travail pouvait ainsi être diffusé pour la première fois.

           Nous échangeâmes avec Thierry plusieurs courriers. Conscient qu'il avait pu trouver la source idéale, il me demanda à plusieurs reprises non seulement des compléments d'informations mais également de veiller à la vérification du texte.

           C'est ainsi que je reçus, quelques mois plus tard, le texte publié dans "Le bulletin du Centre Culturel de la vallée de la Néthen - 1er trimestre 2008, n° 155". Il fait partie, à ce jour, d'une série de trois articles sur ces instituteurs de Beauvechain. Je pus ainsi mettre en relation Thierry avec le fils d'un autre instituteur, mon petit-cousin germain Henry, celui qui a été à l'origine de ma motivation (voir article : Petit hommage à ceux qui  ont démarrés). Son père Basile PAESMANS (article n°156 du Bulletin du CCVN), avait épousé Anna la soeur aînée de mon grand-père. Et par la suite, fut publié celui sur Jacques RIGUELLE (article n° 157 du Bulletin du CCVN) dont je fus l'un des élèves dans les années cinquante. Et comme pour donner de la consistance à cette boucle de la vie, Jacques RIGUELLE fut élève chez mon grand-père durant les trois premières années primaires. Pour parachever mon souvenir de ma vie de petit garçon à Beauvechain, il ne reste plus qu'à rédiger ceux sur Marcel GYRE et Anna VERVAEREN, les deux instituteurs que j'ai connu en primaire.

          Comme simple complément de l'article, je mentionnerai le fait qu'il a appartenu à une génération pour qui l'instituteur représentait un personnage essentiel dans la vie et le souvenir des gens. A mon encontre, malgré son grand âge, il n'a cessé de me dicter des messages de vie par des phrases ciblées: Faire et défaire, c'est toujours travailler ; Qui veut peut ! 

          Voici l'article rédigé par Thierry BERTRAND. Outre mes données personnelles, il a consulté également les Registres des délibérations du Conseil Communal de Beauvechain. Il est également l'auteur de plusieurs livres sur Beauvechain
.

N.B. : Afin d' éviter trop de lourdeur au texte, j'ai éliminé les références annotées ainsi que les photos de classe qui feront partie d'un autre article. On peut également s'en référer partiellement aux 3 autres articles de ce blog : Y a t-il une ressemblance ? ; Emile l'horloger; Emile Parfonry l'horloger.

Emile Parfonry et l’école des garçons de Beauvechain

  

1914 - 1950

  

1895 … il y a un an déjà qu’en Belgique le suffrage universel (tempéré il est vrai par un vote encore plural) a été établi… pour quelques années encore nous nous trouvons au 19ème siècle même si de nombreuses prémices annoncent le siècle suivant : la Trip lice (ou Triple Alliance) a été conclue en 1882 annonçant la Triple Entente de 1908 et, au-delà, la Grande Guerre qui ravagera l’Europe et se « mondialisera » …

 

Le 16 mars de cette année 1895 naît à Neerheylissem, rue des Charrons, François, Emile, Antoine Parfonry, fils d’Alexis. Le petit garçon, cadet d’une Anna et d’un frère Henry, grandira sans doute sans problème dans son village natal, lorsque grâce à son parrain Emile, frère de son père, horloger de son état, il aura l’opportunité d’entamer, de poursuivre et de réussir avec fruit des études d’instituteur à l’Ecole Normale de Malonne. Il obtient son diplôme le 1er août 1914.

 

Le 1er octobre 1914, alors que la guerre fait rage depuis le 4 août sur le territoire national, Emile, qui a 19 ans, est engagé comme instituteur à l’école libre adoptée de Beauvechain.

 

Cette école libre des garçons s’était installée, au plus fort de la « Guerre scolaire » (1879-1884), dans les bâtiments de la ferme Decosseaux-Gauthier (aujourd’hui les numéros 19, 21 et 23 de la rue de l’Eglise Saint-Sulpice) depuis 1879, à l’époque où le doyen Jacobs avait loué les bâtiments à leur nouvel acquéreur, l’avocat Jacobs de Louvain. Le premier instituteur sera Eugène Doyen, remplacé en 1888 à sa pension par Nestor Despas, et, au départ de ce dernier en 1892, par Jules Joseph Baudry.  

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En 1913, sous le pastorat de l’abbé Monsieurs une deuxième classe y est ouverte, créant par la même occasion un poste de sous instituteur qui sera occupé brièvement par le dénommé Hubrechts, remplacé à son départ par Marie Jeanne Colette Léontine Loonbeek, institutrice diplômée, née à Tourinnes-la-Grosse et domiciliée à Hamme-Mille (qui avait déjà assuré, en 1907 à La Bruyère, l’intérim de la sous institutrice à l’école communale des filles Marie Brasseur, malade).

 

C’est Mademoiselle Loonbeek qu'Emile Parfonry remplace, en 1914, comme sous- instituteur du chef d’école Jules Joseph Baudry. Ce dernier épousera d’ailleurs la demoiselle en question le 16 novembre suivant et, en sa séance du 17 septembre 1915, le Conseil communal sera amené à examiner la demande de mise à la retraite de Baudry qui l’obtiendra. L’intéressé avait alors 52 ans.

 

La place ainsi laissée vacante va être confiée à Basile Paesmans, qui rentre en fonction comme instituteur de première classe et chef d’école le 1er octobre 1915. Paesmans deviendra le beau-frère de Emile Parfonry en épousant Anna, la sœur de ce dernier, le 26 mai 1917 à Neerheylissem. Il semble bien que les deux instituteurs aient habité la maison de l’école des garçons rue de l’église Saint-Sulpice, séparée de la cour de récréation par un mur.

 

Le 6 mars 1919, Emile Parfonry épouse Julienne, Marie, Joséphine Lancelle, une tirlemontoise d’adoption, fille de Jules Lancelle et Victorienne Guillaume, tous deux originaires de Beauvechain. Le jeune ménage habite du 20 mars au 20 octobre au 25 de la rue des Voyageurs, à Tirlemont. En 1920, leur naîtra un fils : Georges.

 

La même année 1919, un rapport de l'architecte provincial dénonce l'état des locaux scolaires (soit l’école libre adoptée des garçons et l’école des sœurs) qui sont  défectueux, sauf l'habitation des Soeurs qui peut encore être conservée, mais tous les autres bâtiments devront être reconstruits dans un bref délai. Il y a donc lieu d'envisager de construire, mais, pour cela, il faut solliciter des subsides. Or, ceux-ci ne peuvent être octroyés que s'il s'agit d'un terrain communal. La solution que trouvera l'administration, en accord avec l'autorité religieuse, sera de changer purement et simplement de statut l'école adoptée des garçons en lui conférant la qualité d'école communale : les locaux de l'ancienne école adoptée des garçons ne sont plus convenables du point de vue hygiénique. Les locaux de l'école adoptée des filles sont en bon état.

 

Étant donné ce constat, à l’occasion du renouvellement du statut des écoles adoptées, on ne procède donc qu’à celle de l'école des filles. En attendant de trouver une solution pour les locaux, les cours sont malgré tout assurés pour les garçons dans les anciens bâtiments mais les deux instituteurs, Paesmans  et Parfonry, prêtent serment le 7 février 1921 devenant, par là même, instituteurs communaux.

 

Quant au problème des locaux, on évitera la construction.  En 1923 en effet, l'Hospice Nelis de la rue de la Station est fermé: la commission administrative des hospices offre à l'administration communale de Beauvechain, pour servir de locaux scolaires et de logement à deux ménages d'instituteurs, en attendant des temps meilleurs, cet établissement, très bien situé  au centre de la commune.

 

Peu de temps après cependant, Emile Parfonry loue une maison située au n°5 de la rue de la Station puis, en mars 1926, achète à Louis Vancaster le terrain qui se trouve en face et fait construire sa maison qui portera le n°2.

 

En 1938, l'école est à nouveau déplacée : elle retrouve ses locaux d'origine, à la maison communale dans laquelle on a procédé à des travaux à la salle communale réalisée à l'étage, à hauteur du secrétariat avec des travaux complémentaires prévus pour l'aménagement des locaux scolaires. Il n’est sans doute pas sans intérêt de préciser qu’au 1er janvier de cette année 1938, l’instituteur Parfonry dispose d’une rémunération annuelle de 24.000 francs, de 600 francs d’indemnité de résidence et de 50 francs supplémentaires comme prime pour être titulaire d’un diplôme de géomètre.

 

L'école des garçons restera installée sur la place jusqu'à sa disparition définitive en 1976.

 

Par lettre du 31 octobre 1945, Basile Paesmans demande de pouvoir accéder à la pension de retraite et celle-ci lui est accordée en février 1946. Parfonry le remplace comme chef d’école et Marcel Gyre est nommé deuxième instituteur. Trois ans plus tard, en octobre 1949, Parfonry demande son « congé de maladie » et démissionne en avril 1950. Il obtient à son tour d’être admis à la retraite, Marcel Gyre le remplace et Jacques Riguelle est engagé comme deuxième instituteur à titre intérimaire.

 

Parfonry ne reste pas pour autant inactif. Colombophile averti et passionné, il fréquente le café Coismans (ancien Vert Galant) où étaient réalisés les enlogements. Le 12 octobre 1952, il se présente aux élections communales. Elu, il est désigné premier échevin. Sa carrière politique sera cependant de courte durée : frappé par un infarctus, il ne représentera plus sa candidature en décembre 1958. En 1960, il revend sa maison de la rue de la Station et va s’installer chez son fils Georges qui habite à Auvelais puis à Tamines. Il décède le 26 novembre 1987 dans un home pour personnes âgées, rue de Velaines à Tamines. Il est inhumé auprès de son épouse, dans la même localité, au cimetière des Bachères.



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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 17:58

      Cet article va s'efforcer de justifier le lien entre le nom PARFONDRY et la géologie.

      La mention du lieu " Fondri des chiens" situé près de Viroinval, à proximité de la frontière française, constitue manifestement un élément intéressant d'analyse. Sa localisation dans une des régions géologiques de Belgique appelée la Calestienne confirme en quelque sorte l'hypothèse d'un lien avec une ressource minérale pour en expliquer l'étymologie.

      La Calestienne, intercalée entre la Fagne-Famenne au Nord et l'Ardenne au Sud se caractérise par un relief marqué et la présence de massifs coralliens mis en place dans les mers chaudes de l'ère primaire au dévonien. Elle s'étend sur 130 km et une largeur maximale de 10 km depuis Trélon en France jusqu'à Louveigné, en passant par Chimay, Givet, Han-sur-Lesse, Rochefort, Hotton, Erezée, Remouchamps, Hamoir et Aywaille. 

      Ce terme " fondri " est utilisé pour de vastes et profondes cavités qui fournissaient des minerais de fer en quantité depuis la haute antiquité. Il en découlerait le mot " fonderie " résultant de l'exploitation en surface des gisements de fer caractérisant ce milieu naturel. Celui de Viroinval est le plus spectaculaire. Le fer y fut exploité dès l'époque romaine jusqu'au 19ème siècle.

      Le fait que parmi les différents lieux-dits répertoriés (voir article sur les lieux-dits), on retrouve dans cette région géologique la présence d'autres sites de ce type et de même construction étymologique, tels que la vallée le long de la Lomme à Mirwart, le petit ruisseau près de Ciergnon, le lieu-dit à Amonines et les sites près de Comblain et Aywaille, constitue une nouvelle pierre pour aider à mieux définir l'origine du nom.

      Si d'autres éléments et un autre environnement ont pu contribuer à la formation de ce toponyme, telle que la déclivité d'un ruisseau, il n'est pas exclus de persévérer dans ce sens. La notion de domaine et de situation de lieu se verrait complétée non pas simplement par une notion de déplacement mais également par un lien clair avec les premières exploitations de minerais de fer.

      A l'époque gauloise, les tribus locales des Condruzes et des Aduatuques y extrayaient déjà du fer, profitant des forêts comme source d'énergie. Le contact avec les légions romaines a favorisé l'apparition de certains termes dont le langage wallon s'est accaparé. D'où l'explication probable de retrouver le mot " parfond " en wallon.

      L'origine latine pourrait expliquer dès lors l'apparition de ce nom. Le mot latin " fundere " signifie " précipiter au fond, laisser couler ". Il a servi à créer toute une série de termes en rapport direct avec l'industrie du fer, tels que fonderie, fondre, fondrière.  Le terme français " parfondre " issu du latin "perfundere" signifie " incorporer les couleurs à la plaque de verre en les faisant fondre ". Manifestement, ses différentes significations offrent un lien avec l'écoulement de l'eau. On se rappellera également que l'argot " pâté " utilisé pour " profond " peut en donner une interprétation pouvant découler de ce mélange de terre (contenant du fer) et d'eau. Il y a dès lors une possibilité de relier cette notion de fusion et de purification des métaux, inclue dans le terme fonderie, avec celle plus ancienne d'un lien entre des éléments comme le fer, la terre et l'eau.

      On peut difficilement concevoir que les Romains n'aient pas été impressionnés par cet artisanat d'extraction du fer au milieu des forêts pour qu'il n'en soit pas issu des termes spécifiques et par voie de conséquence des lieux-dits et au final des noms de famille.

      Malheureusement, cette piste est totalement réfutée par le monde académique qui la trouve sans fondement même si elle peut s'avérer plaisante à défendre. Mais doit-on impérativement se limiter à une connaissance limitée à des données connues de notre horizon ? Et ne pas pouvoir y introduire des espaces évolutifs qui participeraient à donner un cadre plus élargi d'émerveillement.

      Ce qui est certain c'est que l'utilisation dans le dialecte wallon, structuré dès le 12ème siècle  à partir du latin des légionnaires, et le fait que, dès le 13ème siècle dans le Roman de la Rose, la présence du mot " parfond " est attestée, doit laisser envisager une origine plus ancienne que celle mentionnée dans les différents dictionnaires explicatifs sur les noms, à savoir un lien avec un lieu-dit remontant au 15ème siècle à Aywaille. L'apparition, en tant que nom de famille, à la fin du 13ème siècle, en rive droite de la Meuse, dans cette région d'intense peuplement et ayant été à l'origine de la dynastie carolingienne, ne peut que confirmer cette piste

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