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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 11:17

      Bénéficiant d'un séjour gastronomique, résultant d'une des nombreuses attentions reçues à l'occasion de mon départ à la retraite (merci mon beauf), nous avons été nous promener dans la région de Durbuy en ce début du mois de juin 2009.
      Lieu ancien de peuplement, cette région se faisait appeler " Terre de Durbuy " durant le Moyen Âge. Elle disposait d'une certaine autonomie, résultant de la présence d'un important potentiel d'extraction du fer, combiné à des superficies consacrées à l'agriculture et l'élevage mais également à la forêt. Traversée par la vallée de l'Aisnes, affluent de l'Ourthe, elle constituait l'un des 5 principaux bassins hydrauliques aux bords desquels se faisaient la fabrication du fer jusqu'au 18ème siècle, avant l'essor de la sidérurgie.
(carte de la Terre de Durbuy sur http://www.ernonheid.net/FORGESDURBUY.html ;

      Des forges existaient à proximité de villages tels que Amonines, Clerheid. Le paysage a conservé ainsi le nom de cette industrie artisanale dans un certain nombre de lieux-dits (La Forge, ..). Jusque assez tardivement, Clerheid, situé sur les hauteurs, aurait été plus important qu'Erezée, dans la vallée le long de l'Aisnes, dont elle dépend de nos jours.
    Cette Terre de Durbuy se trouve par ailleurs incorporée dans la région géologique dénommée " La Calestienne ". Intercalée entre la Fagne-Famenne et l'Ardenne au Sud, elle est reconnue comme ayant été une zone favorable d'exploitation du fer, probablement avant l'époque romaine.
      De cette région, est issue ce que l'on a caractérisé désormais de " Branche des PARFONRY d'Erezée ". Et probablement que cette branche a évolué parallèlement à celle de Neerheylissem, non sans l'avoir côtoyée à plusieurs reprises au vu des quelques témoignages retrouvés et qui font l'objet d'autres articles de ce blog.

      Repérée au début du 18ème siècle dans le village de Clerheid, cette branche est restée très longtemps dans cette région avant de se disperser à la fin du 19ème siècle, en transitant en particulier par la commune de Hotton, limitrophe de cette terre médiévale. Commune de Hotton qui a vu naître l'un des illustres représentants de cette branche et dont le souvenir est conservé via le nom de la seule rue dans le Monde qui porte notre nom.
      Une lignée de cette famille y serait toujours présente à proximité, aux abords de Rendeux, notamment par l'existence d'une terre de chasse portant ce nom dans la forêt de Saint Thibaud. Mais aussi dans la terminologie des lieux, via un site dénommé " Le Parfonry " à Amonines, que l'on retrouve par ailleurs sur une ancienne carte postale, vendue parfois sur E Bey.
      Quoi de plus normal pour découvrir cette région sur le plan touristique que de dessiner un parcours passant par ces différents lieux, faisant partie de l'histoire de cette branche.
      Voici ainsi quelques photos prises tout au long de ce trajet et qui peuvent aider à meubler le souvenir de cette histoire si passionnante des PARFONRY. Pour les commentaires, je me suis fait aidé par les deux topo-guides du Pays d'Ourthe et d'Aisnes, qui nous ont été d'un apport didactique précieux tout au long de ce séjour de 2 jours.

CLERHEID
Ce nom viendrait de "clarus" et "heid" signifiant bruyère, soit "terrain découvert au milieu de la bruyère".
C'est ici que tout a sans doute commencé, il y a de cela bien longtemps pour cette branche d'Erezée. Peut-être dans l'une de ses maisons photographiées comme des témoins potentiels de cette histoire. La rénovation est en plein essor et agrémente de ce fait le plaisir de s'y balader. Le patrimoine architectural traditionnel date pour l'essentiel du 19ème siècle. La raison en est que les maisons initiales en bois et en torchis ont été remplacées par de la pierre. L'ossature en bois de la maison de droite indique une construction très ancienne



Détail de la toiture
Particularités de ces anciennes fermettes, les toitures sont dites " à cherbins ". Fabriquées à partir du schiste ardoisier, elles sont constituées de grandes écailles de pierre assez épaisses, de forme arrondie à la partie inférieure.

 


Paysages de l'Ardenne herbagère
La traversée du village de Clerheid permet de découvrir les paysages de cette Ardenne herbagère du Nord, située entre le Pays de Herve (La Vesdre) et le Plateau des Tailles au Sud. Combien de temps encore ces paysages pourront t-il résister aux baisses des prix du lait ?


Lieu - dit " Le Parfonry " à Amonines
Amonines est un village établi sur les versants d'une petite vallée descendant vers l'Aisnes. Son origine remonte aux anciennes forges situées autrefois entre les bois et les marais.
Un lieu-dit portant le nom  " Le Parfonry " est encore mentionné de nos jours sur les cartes topographiques de l'IGN. Il est repris également sur une ancienne carte postale. On y découvre ainsi que ce lieu est occupé par une villa. Villa que nous avons pu voir lors de notre passage. Située le long de la N 481 reliant Erezée à Dochamps, elle est la dernière maison du village, en direction de Dochamps. Située sur le côte droit en surplomb, elle occupe un site au milieu des bois.
Une rapide enquête effectuée au Cercle d'Histoire d'Erezée et auprès d'un résidant habitant Amonines depuis 70 ans, ne nous permet pas de relier l'existence de ce nom avec un site ancien d'extraction du fer. La mémoire n'a pas retenu l'histoire industrielle de la région, remplacée de nos jours par l'évolution marquée vers un tourisme saisonnier. La recherche effectuée par le Cercle d'Histoire n'a finalement abouti qu' à découvrir mon blog, sur lequel sont concentrées les informations collectées. Comme si je devenais finalement la seule mémoire réelle s'efforçant de conserver ce nom si ancien.
La situation de ce lieu-dit, le long d'un affluent de l'Aisnes, au milieu de la forêt, entre marais et prairies, à proximité de sites ayant conservé dans leurs noms l'histoire locale (Forges de Blier, Vieux Fourneau, La Fosse) me laisse croire que mon hypothèse du lien entre le toponyme PARFON(D)RY et le mot " fonderie " se trouve ici matérialisée. Mais personne ne va pouvoir me l'affirmer ni aussi me contredire.




Vue sur le village de Marcourt

Une promenade pédestre, au milieu des hêtraies du bois de Saint-Thibaud, nous a permis d'atteindre, après 25 minutes de montée assez sportive, l'ermitage de Saint-Thibaud construit sur un ancien château du Moyen Âge.  Ce qui nous a permis de profiter d'une belle vue sur le village de Marcourt, niché au bord de l'Ourthe.
Ce lieu fut le siège du comté de Montaigu à la période féodale. Et comment ne pas rappeler que cette dernière famille est d'origine normande et qu'il existe, selon mes recherches, une certaine proximité entre les lieux portant ce nom et le nôtre, le long d'un périple démarrant près de Caen en France et aboutissant le long de l'Amblève.
Qu'il est beau de rêver à une telle épopée devant un tel panorama !!!



Et on termine par Hotton ...
Lieu de naissance d'Emile PARFONRY, né en 1857, qui accompagna STANLEY à l'occasion de la deuxième expédition remontant l' escalier des Monts de Cristal le long du fleuve Congo, pour ouvrir un chemin caravanier reliant Matadi au Stanley Pool  (appelé de nos jours Pool-Malebo). Il fait partie des premiers pionniers du Congo, parti d'Anvers en août 1882 et qui ont collaboré directement à l'oeuvre de Léopold II.  Décédé  7 mois plus tard, le 24 mars 1883, il est enterré au cimetière des pionniers à Manyanga dans le Bas-Congo (voir autres articles sur cet Emile P.)
Par reconnaissance, Hotton lui a dédié une  rue. L'ancienne plaque (à droite) mentionne encore des éléments permettant de maintenir un lien avec ce nom pour en permettre éventuellement une recherche approfondie. Malheureusement, la nouvelle plaque (à gauche) en a altéré toute l'information pour ne conserver que des aspects peu évocateurs. Disparition une nouvelle fois de cette mémoire qui fait la richesse d'un terroir, d'une histoire. Combien de temps encore l'ancienne plaque résistera t-elle à l'uniformité matérielle ?



 

 

 

 

 

 

 

 

La statue du Chat à Hotton                          
Hotton fait peau neuve. Un nouveau personnage fait désormais partie de ses murs. Et excusez du peu, l'inauguration de cette statue à monopoliser la présence de 4 ministres wallons. Coup de chapeau à Philippe GELUCK, même s'il aurait probablement mieux apprécié la présence de Michel DRUCKER comme signe de reconnaissance.

Et qui du Chat et d'Emile PARFONRY, le militaire aventurier,  verra sa plaque la plus lue !!! Et qui connaîtra encore les histoires de ces deux personnages dans cent ans !!


      Avant de terminer ce parcours, nous avions espéré retrouver dans le cimetière du village de Samrée la tombe de ce premier PARFONRY. Découvert, par hasard, il y a près de 30 ans par l'une de ses descendantes, nous avons le regret de vous annoncer que cette tombe a disparu de ce cimetière. Une mémoire en plus qui disparaît. Tout comme les traces matérielles de ce passé, bien peu de choses subsistent. Comme pour me conforter de la nécessité non pas de rattraper le temps perdu mais bien de rassembler ce que le temps nous laisse après son passage.
      C'est terminé. Ils vous restent, chers lecteurs et lectrices, chers PARFON(D)RY de toutes branches, à parcourir cette Terre de Durbuy. On aurait pu, dans cet article, y montrer aussi les plus beaux villages de Wallonie que sont Ny et Wéris, les sites mégalithiques autour de Wéris démontrant que cet endroit constitue un lieu très ancien de peuplement, le moulin de Bardonwez, l'arboretum Lenoir, l'ermitage de Saint-Thibaud, la grotte de Hotton, la plus petite ville du Monde qu'est Durbuy,... On s'écartait un tant soit peu du cadre de ce blog. Néanmoins, on espère que l'on aura donné finalement l'incitant à venir découvrir, dans un cadre touristique et de vacances, ce beau terroir bien de chez nous qui allie dans ses paysages l'eau et la pierre.

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 08:54

      Une pièce de cheminée de François-Xavier, distinguée lors de l'Exposition Universelle de 1867 à Paris est mentionnée sur le site de l'antiquaire Marc MAISON, spécialiste en cheminées et éléments architecturaux. Elle serait représentative de l'art néo renaissance qui vit le jour en 1830 à l'avènement du Roi Louis Philippe.

     C'est une cheminée en marbre noir qui aurait été réalisée en collaboration avec un certain LEMAIRE. Elle reçut la médaille d'or de l'industrie marbrière à l'occasion de cette Exposition Universelle.

     Contacté par nos soins, l'antiquaire nous signale qu'il a trouvé cette cheminée dans un livre de la fin du 19ème siècle, trouvé au musée d'Orsay. Il ne peut dire ou elle se trouve mais nous conseille, en cas de recherche, de démarrer par ce musée.

     Il est à remarquer que dans un autre article découvert précédemment ( "L'exposition universelle de 1867 illustrée", livre en deux volumes, 976 pages, coordonné par F. DUCUING, autorisé par la commission impériale, article rédigé par J. LAURENT-LAPP, p. 158) et se rapportant toujours à cette Exposition Universelle de 1867, PARFONRY se serait, à cette occasion, associé à un certain DUPUIS pour réaliser notamment une cheminée en marbre noir de Belgique de style renaissance. Par contre, son association avec LEMAIRE est mentionnée lors de l'Exposition Universelle de Philadelphie en 1876, célébrant le centenaire de la création des Etats-Unis.

« L’exposition universelle de 1867 illustrée » (J. LAURENT-LAPP, p. 158)

 


……De leur place, ils pourront contempler la triple exposition de MM. Cordier, Parfonry-Dupuis, et Landeau et Cie. ….M. Landeau  produit cinq variétés de marbres qu’il tire de la Sarthe…..MM. Dupuis et Parfonry ont exécuté diverses cheminées avec beaucoup de bonheur. Deux, entre autres, se font remarquer : l’une en marbre noir de Belgique, style renaissance ; l’autre en marbre rouge antique des Pyrénées, style Louis XIII…..

 
     Il s'agit très certainement de la même cheminée, celle qui ferait en quelque sorte le lien entre l'origine belge de François-Xavier et son statut de marbrier en France. Ce marbre noir de Belgique, extrait de carrières répertoriées, caractérisé par l'uniformité de sa couleur sans tâches ni veines, devait être connu de François-Xavier.

     Reste la confusion dans le nom de l'associé (LEMAIRE ou DUPUIS). Dans le cadre de nos recherches, il a été mis en évidence que l'association avec LEMAIRE se serait réalisée plus tard, lors de l'Exposition Universelle de Philadelphie en 1876, marquant le centenaire de la création des Etats-Unis.


« La revue des deux Mondes, 15 oct.1876 : Les Etats - Unis célébraient leur premier siècle d’existence »

 


........Dans les branches que l’on vient de citer, quelques-uns de nos plus grands industriels étaient accourus. Faut-il nommer des maisons que chacun connaît et qui n’ont pas eu besoin qu’on les vante : Bréguet dans l’horlogerie, Boucheron dans la joaillerie, Hielard pour les fleurs artificielles, Hachette et Gauthier- Villars dans la librairie, Koenig et Deleuil dans les instruments de précision, Pottier, Soyer, Mansuy pour leurs émaux, Million et Guiet, Binder, Muhlbacher dans la carrosserie et la sellerie, Hache et Pepin-Lehalleur et Haviland dans les porcelaines, Parfonry et Lemaire dans la marbrerie, Mazaroz dans l’ameublement de luxe, Chatel dans les soieries ?


On peut avoir une vue de cette magnifique cheminée en visionnant la pièce numéro 4 sur  le site :

http://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/neo_renaissance_style

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 11:28

          Oyé, Oyé, Chers PARFONRY,

          Voici un version de la véritable saga des PARFONRY de la branche de Neerheylissem. Extraite du document de travail en cours d’élaboration depuis cinq ans, il rassemble, en trois parties, tous les éléments réunis à ce jour. Son contenu provient de différentes sources : consultation de documents sur le web, lectures de textes, résultats de conversation, visites de terrains, observations, photos récupérées, mémoires visuelles et familiales, bibliothèques universitaires, archives provinciales, …..

          Cette version se veut être en constante évolution. Il reste l’espoir que de nouveaux aspects continuent à y être insérés. De nouveaux sillons sont à approfondir, des indices doivent être trouvés, des mémoires restent à éveiller, des questions peuvent subsister, des réponses sont à donner, des découvertes semblent possibles, des discussions doivent nourrir notre arbre de vie,…

         Il est scindé en trois parties principales. Les deux premières s’en réfèrent essentiellement à la lignée restée en Belgique alors que la dernière se focalise sur la lignée française. Le tout est chapeauté par un premier paragraphe reprenant certaines indices et idées communs. Cette série de trois articles ne comportent qu'un petit nombre de photos. D'autres articles, pourvus de documents et photos, regroupés dans des catégories plus thématiques, complètent cette première série d'informations.

           Les données connues de notre histoire remontent au 18ème siècle. Mais pour la première fois, un indice essentiel est avancé pour nous permettre de préciser notre présence au sein de cette région de la Hesbaye brabançonne dès le 14ème siècle. Il reste malgré tout quatre siècles d’incertitude et d’obscurantisme qu’il s’avérera difficile à combler.

           Un document plus global aborde tous les aspects didactiques de ce nom, à savoir, l’étymologie, l’histoire, la géographie, la géologie mais il se connecte aussi à d’autres branches de personnes portant ce nom si peu commun.

Tout cela est complété  par la publication régulière d’articles sur ce blog :

                        http://parfgeneatoponyme.over-blog.com

 

         Plus de  deux cents articles s’y trouvent actuellement, répartis en plusieurs dossiers et documentés par des photos. Les différents aspects de cette recherche y sont ainsi abordés. Celle-ci se veut avant tout instructive, ludique, conviviale et progressive. C’est la raison de l'insertion de ce document qui je l’espère, vous permettra de vous intéresser à votre Histoire et d’en dévoiler l’un ou l’autre élément complémentaire, non repris actuellement.

          Il est par ailleurs évident que la documentation ne couvre pas nos générations adultes, laissant ce travail à nos descendants, en espérant leur avoir transmis une certaine passion et un certain regard de curiosité et d’observation.

 

          Bonne lecture, dans l’attente de vos commentaires et de vos réactions

 

          Roland, your fieldmouse.


A. Observations préliminaires sur lorigine des branches belge et française
Les informations mentionnées dans cette série de trois articles proviennent des renseignements collectés sur Google, sur la Bibliothèque numérique Gallica, auprès des membres de cette branche des PARFONRY mais aussi sont extraites des documents du "Club de Recherches Historiques et Généalogiques - CRHG " de Neerheylissem (particulièrement ceux de Jean DELANDE), des archives des Bibliothèque provinciales de Louvain-la-Neuve et de Bruxelles, des bibliothèques des Facultés de Philo et de Droit de LLN et des témoignages d'Henri PAESMANS, initiateur de cette étude.


           L’origine connue de cette histoire remonte au milieu du 18ème siècle avec l'arrestation vers 1750 dans le cimetière du village de Neerheylissem du premier habitant de l’arbre. Situé en Hesbaye brabançonne, dans cette partie la plus orientale du Brabant wallon de l'est, aux confins de plusieurs provinces belges, c’est l’un des quelques quarante villages qui font le charme de cette région, caractérisée avant tout par ses espaces de grandes cultures, ses tumuli gallo-romains et ses fermes quadrangulaires ou "les granges ont le gabarit de navires", selon l'expression du chanteur - poète local Julos BEAUCARNE.

Les différents éléments recueillis au niveau des déplacements tendent généralement à confirmer le fait qu'ils se sont effectués en liaison avec notre Histoire et l’appauvrissement des ressources dans les zones d’origines vers des régions plus riches sur le plan industriel ou sur le plan agricole. Dans les informations rassemblées précédemment, certaines hypothèses de recherche ont été émises pour le confirmer. On dispose  d'un faisceau d’indices pour affirmer l’existence d’un lien avec le contexte historique de la Principauté de Liège, territoire ayant conservé son indépendance et non sa quiétude de 980 à 1795, au milieu du tumulte des multiples conflits au sein de l'Europe. 

 Et, il n’est pas improbable, que la présence de ces Chevaliers de PARFONDRIEU, de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la Commanderie de Chantraine, dans l'un de ces quarante villages, en l'occurrence celui de Huppaye, dès le 14ème siècle,  ne soit une explication d'une présence nombreuse de ce nom en rive gauche de la Meuse au 17ème siècle. Sur le plan historique, ces chevaliers remontent à une lignée originaire de Comblain dès le 13ème siècle, aux confins des vallées de l'Ourthe et de l'Amblève, en rive droite de la Meuse, correspondant également avec l'origine supposée de la création de ce nom dans des anciens fiefs féodaux (Terre de Durbuy, Fief d'Aywaille) où se pratiquaient depuis une période reculée l’extraction artisanale du fer. Et d’en étendre dès lors l’origine, avec une série d'indices à l'appui, à une étymologie comparable à celle ayant conduit à la formation du terme « fonderie » lié à ce minerai.  

Selon les informations recueillies sur l'origine des familles, on peut considérer que les plus anciennes de Neerheylissem, celles installées dès le 15ème siècle, présentaient une consonnance flamande (CLAES, VANLINTHER, VANORLE, VANMELDERT, THEUNIS), ce qui n'argumente pas d'une origine similaire pour notre branche.  Jusqu'au milieu du 18ème siècle, la population n'était de fait guère élevée. Et, il n'est pas rare de rencontrer encore de nos jours des couples qui sont cousins au 4ème ou au 5ème degré, sans que l'un ni l'aute ne le sache.  Le recensement de 1742 fait état de  437 habitants. Ce nombre passait à 770 habitants en 1784, à 866 en 1796, à 919 en 1805 et à 1314 en 1840, soit un triplement en un siècle. Cette évolution est similaire quant aux maisons. On passe ainsi de 93 maisons en 1742 (4,7 hab./maison), à 123 en 1796 (7,0 hab./maison) et à 236 en 1840 (5,5 hab./maison) (ndrl : toutes ces données sont reprises des documents du CRHG).
            Si l’origine géographique de la migration des PARFONRY reste à préciser, au niveau local, il est déterminé, selon les recherches généalogiques effectuées (Delande Jean, 1999, CRHG), que cette famille, tout comme de nombreuses autres de Neerheylissem (LAMPROYE, LALMAND, THEUNIS, CARLENS) soit apparentée au couple CASTERS Bartholomé (1801-1874), pharmacien, originaire de Racour, et ACHTEN Marie-Claire, en tenant compte des alliances au cours des générations successives. Ainsi, l'une
des petites-filles de ce couple, née Mathilde DELCOURT, a épousé en 1894 un Alfred, Jules LALLEMAND (1870-1941) lequel possède un ancêtre commun avec Julienne LALLEMAND (1824-1855), mariée en 1851 avec Henri PARFONRY. Ce lien doit exister de la même manière pour les SMEESTERS,  les DESTAT et les MONETTE, nom des épouses successives des PARFONRY de Neerheylissem.  

Les deux lignées belge et française de PARFONRY de Neerheylissem descendent du côté maternel de cette famille LALLEMAND (ancienne écriture L'ALMAN puis LALMAND). Ce qui n’apparaît pas comme surprenant au vu de l’implantation de cette famille dans le village. La lecture des données reprenant la liste des naissances de cette famille est évocatrice sur le nombre de personnes portant ce nom. Ils descendent tous de Jean L'ALMAND, originaire de Grimde, marié en 1687 à Petronille DELVAUX. 

Ainsi, la lignée française descend de Jeanne LALLEMAND (1797-1877), mariée à Neerheylissem le 7 septembre 1821 à Jean PARFONRY (1797- ??), arrière-arrière-grand-père de Jacques. Quant à la lignée belge, elle descend de Julienne LALMAND (1824-1855), mariée le 24 avril 1851 à Henri PARFONRY (1826-1885), arrière-arrière-grand-père de Roland. Henri étant le neveu de Jean, on pouvait penser qu’il existait un lien semblable entre Jeanne et Julienne. Toujours en se référant au document du CRHG, on découvre qu'elles sont bien parentes mais à un niveau plus éloigné. Ce sont les petites-filles de deux frères, nés à Neerheylissem (Jean-Jacques et Jean LALMAND), issus du couple de deuxième génération formé par Jean L'ALMAND (1687-1737), originaire de Grimde (commune de Tirlemont) et Hélène RENOTTE (1700-1775), originaire de Boelhe (commune de Geer).

Ce qui semble évident, c'est que le couple formé par Julienne LALLEMAND et Henri PARFONRY, plus jeune de près de 30 ans, n'a pas vécu à proximité du couple formé par Jeanne LALLEMAND et Jean PARFONRY, qui comme on le découvrira avait déjà quitté Neerheylissem avant leurs naissances. Manifestement, la lignée de Jeanne LALLEMAND se trouvait dans une situation économique plus précaire que celle de Julienne, issue d'une lignée travaillant le fer (tonnelier, charron) à Neerheylissem. En outre, Henri LALMAND, le père de Julienne, s'était marié avec Rosalie LEENAERTS, la fille du censier collecteur Guillaume LEENARTS (1757-1836). De plus, le mariage de Jeanne avec Jean PARFONRY, qui n'avait pu bénéficier de la présence de son père dans son jeune âge, n'a pas du arranger le niveau de vie. C'est ce qui peut expliquer que le couple a quitté peu après leur mariage le village de Neerheylissem. On les retrouve ainsi en 1833 à Anvers, déclarant un enfant mort-né.

Il est reconnu qu’une partie des membres de cette famille LALLEMAND s’est déplacée vers Bruxelles et Anvers. Le fait que Jeanne, épouse de Jean PARFONRY, soit décédée en 1877 à Saint-Josse-ten-Noode, l’une des 19 communes actuelles de Bruxelles, le confirme. L’un de ceux-ci, LALLEMAND Edgard, un descendant d'un frère de Julienne,  est même devenu Secrétaire général du Parti communiste belge et Ministre du Ravitaillement dans deux gouvernements éphémères au lendemain de la guerre 1940-1945. Ceci permettrait très certainement d’expliquer la présence de PARFONRY à Bruxelles ou ils auraient pu acquérir des capacités dans le métier d’horloger  et de marbrier. 
          L’une des caractéristiques de cette branche de Neerheylissem concerne l’écriture du nom depuis l’installation dans cette commune au 18ème siècle. La présence de la consonne « » est apparente à la première génération, sur le premier acte de baptême de 1762, avec une écriture du nom du père sous la forme Parfondrij. Cette forme  semble disparaître par la suite. Les actes de décès de Gabriel en l'an neuf (1800) et de Jean en l'an onze (1803) de la République s'écrivent sous forme de Parfonrij. Et l'acte de baptême de Marie-Christine en 1793 est déjà entièrement conforme avec l'écriture actuelle Parfonry. Beaucoup plus constant, la forme ij est visible sur plusieurs générations. Et elle apparait aussi sur l'acte de naissance du 18 frimaire an six de la République française (soit le 07/12/1797) dans le nom Parfonrij ainsi que dans le nom du village Bas Heijlissem. Cette transcription du ij à la place du y permet de constater que l'occupation française n'a pas occulté l'existence du tréma. Par contre, en ce qui concerne le premier PARFONRY français, on observe une situation plus contrastée. Si l'administration française n'utilise jamais de tréma dans l'écriture de son nom, on constate que la signature de François-Xavier maintient celui-ci sur les deux lettres du 20 juillet 1867 et de 1871, adressée au Ministre de la Justice. Par contre, ce tréma n'apparaîtra plus en 1881 dans sa signature sur des documents en relation avec son dossier d'obtention de la Légion d'Honneur. Cette même transition sera observée de façon inverse plus tard, avec son fils Paul qui authentifie encore un tableau en 1914 de la signature de Parfonrij, écriture qui n'apparaît pas sur des toiles plus anciennes.

Et pour démontrer que la stabilisation de l'écriture ne s'était pas encore opérée, un acte notarié du 19 juillet 1911, en Belgique, s'écrit sous la forme d'Alexis Parfonri. Par la suite, plusieurs exemples attestent de la disparition définitive de ce tréma. Signant son diplôme d'instituteur en 1914, Emile, mon grand-père, ne le mentionne plus tout comme sur un document daté de 1926 en Belgique. Le y est bien apparent dans les deux cas. Il en est de même, plus tard, dans la lettre de son oncle Emile, l’horloger, écrite de Gobertange le 22 janvier 1930. La stabilisation sous sa forme actuelle se serait ainsi réalisée assez tardivement.

La même évolution au niveau de l'écriture est observée pour d'autres branches. On la trouve ainsi assez curieusement en Normandie en 1703 sur une ordonnance de Charles DHOZIER, mais cette fois sous le vocable Parfonrij, même si on doit admettre une erreur dans l'écriture. On doit se référer très certainement au nom local  Parfouru.  Pour celle d'Erezée, l'écriture actuelle apparaît assez tôt, avant 1900. Et la signature d’Anne Elizabeth PARFONDRY, de la branche d’Aywaille, sur un acte de mariage de 1893, comporte le point sur le i et non sur le j, résultant soit d’une omission, soit d’une transition au niveau de l’écriture. Confirmée par la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, cette transcription du ij à la place du y n’est pas due à une influence flamande mais résulte de la maintenance du tréma sur le y  sur les graphies anciennes. Le fait que les trois premiers PARFON(D)RY installés à Neerheylissem se sont mariés avec des filles d’origine flamande (LAMBRECHTS, VANDERLINDEN, SMEESTERS), en toute logique avec la situation géographique et la plus forte proportion de filles en provenance de villages flamands à cette époque, n'est en rien l'explication de cette écriture. 
          Une autre preuve de cette évolution du nom est donnée dans les actes de la commune de Trognée. Lieu probable d'origine du premier de notre branche de Neerheylissem, leurs lectures permettent de se rendre compte des modifications apportées dans la signature pour une même famille de PARFONDRY. Il est manifeste  que dans ce cas la consonne d est réapparue, signifiant que l'influence locale du scribe  doit être prise en compte au niveau de l'écriture. Ainsi, en 1797, Lambert signe l'acte de naissance de son fils du nom de Parfonrij, Joseph signe en 1849 sous la forme de Parfondrij et Gérard en 1888 écrit Parfondry.
         Ce serait  donc bien la terminologie du lieu de naissance, et non l’origine flamande du nom, qui serait restée présente dans la mémoire des PARFONRY de France reprise dans la lettre de 1999, et dont une partie du texte est reprise ci-dessous. A moins que, vu la succession des unions qui s’étaient concrétisées sur trois générations, entre 1767 et 1828, des liens familiaux n’étaient restés du côté de la Flandre. Mais, comme on l'indiquera par la suite, il existe une autre éventualité pour que le métier de marbrier de François-Xavier ne puisse être l'explication de cette mention d'une origine flamande au niveau de sa descendance.

On pourrait faire remonter cette recherche plus précisément au 23 février 1999 quand Jacques PARFONRY, résidant en Guadeloupe, écrivait à Jean PARFONRY d'Overijse ceci : 

            Lettre de février 1999 de Jacques PARFONRY (Guadeloupe) à Jean PARFONRY (Overijse)

          .....J’avoue que l’annonce de la rencontre de nos deux filles au golf de Dakar relève du miracle. …. Mon neveu Jean Pierre m’a transmis, à l’époque, copies des correspondances qu’il avait eues avec vous. Venant de mon père ou de mon oncle Jean, nous n’avons quasiment rien de substantiel sur nos générations précédentes. Nous savions que nous étions issus d’une branche de Parfonry venant de Flandres il y a longtemps. De mémoire, je ne peux citer que mon arrière - grand - père François Xavier Parfonry, marbrier de métier …..
            

        Cette lettre fut l’une des pièces maitresses de ce travail. Ces quelques phrases, qui en sont extraites, servirent de détonateur pour poursuivre les investigations.  Après l'inscription dans la notice de synthèse rédigée, quelques années plus tôt, par Henri PAESMANS, le prénom de François-Xavier apparaissait ainsi pour la deuxième fois. Et tous les autres prénoms de ces PARFONRY qui y étaient référenciés (Jacques, Jean, Martine, Jean-Pierre, Aliette,) m’étaient totalement inconnus.

       Méditant l’expression de Victor HUGO « L’intuition est la vigie de la raison «, cette lettre contenait suffisamment d’éléments pour attiser la curiosité. Il y avait, dans cet écrit, l'élément essentiel pour découvrir l'un des aspects oubliés de cette saga. Seul, Jacques, en avait encore connaissance. Il était la dernière mémoire de ce lien ancien entre la lignée belge et la lignée française. 
       Et finalement, en me demandant comment un toponyme s'est propagé à travers l'évolution de notre société et de son histoire, je me suis efforcé de donner de la consistance à tous ces personnages. Mais pour cela, il faut dès lors en supporter les aléas de cette histoire en sachant que l'âme humaine n'est pas toujours parfaite.

 

        Il est par ailleurs évident que le souhait de l'auteur est de voir perpétuer son travail. Même si la dixième génération est en cours, il s'est limité à inscrire les témoignages de cette saga jusqu'à la septième génération, celle qui autorise de disposer du recul suffisant pour divulguer les faits essentiels tout en n'entrant pas de manière trop intense dans le respect de la vie privée et du cadre légal. Sa principale préoccupation est d'espérer remonter le temps en faisant reculer les générations.

 

           B. Lignée des PARFONRY de Neerheylissem - part Belgique 

           a. Jean-Pierre, le rescapé de la justice du Moyen-âge
           Le premier de la lignée n’est très certainement pas né dans ce village et son mariage n’y a pas été enregistré. Le répertoire des dates de naissance remonte à 1651 et celui des dates de mariage à 1635. Sur base de la date de naissance de son fils en 1762, et de quelques éléments de référence, on en déduit selon toute vraisemblance, qu'il doit être né vers 1730. Il a du arriver au début de la phase de croissance de la population, postérieure à 1742, ce qui pourrait être un indice pour en confirmer sa provenance.
                Acte de baptême de Jean PARFONDRIJ du 16 avril 1762   
              16 aprilis baptizatus est joannes filius illegitimus joannis petri parfondrij          
               et elisabetha lambrecht

               testis joannes terwagne et philippina lambrecht 

         Ce qui est certain, c’est que la branche de Neerheylissem y est installée depuis la naissance relatée de Jean en avril 1762, reconnu sur l'acte de baptême, fils illégitime de Jean-Pierre PARFONDRIJ et d’Elizabeth LAMBRECHTS. Cette indication offre la possibilité de donner différentes interprétations qu'on ne peut approfondir. La naissance hors mariage ou le fait que le père était déjà marié restent probablement les plus plausibles.
          On ne dispose d’aucuns renseignements sur l’origine de cette branche. Au vu des données répertoriées sur l’origine des migrants, la piste des villages de Trognée/Bertrée doit être envisagée. Elizabeth LAMBRECHTS, quant à elle, la mère déclarée de l’enfant, serait originaire du village flamand de Budingen, situé dans la province du Limbourg, à 18 km au Nord de Neerheylissem. Et il est probable, après avoir compulsé les registres du CRHG, qu'elle a épousé ensuite, le 13 avril 1766,  Thomas KYSIN, dont elle aura six enfants (Elisabeth, Marie-Anne, Jean, François, Lambert et Célestine) entre 1767 et 1784. Quatre de ces enfants se marieront à Neerheylissem. Et curieusement, les registres de baptême mentionnent une Marie-Anne PARFONDRIJ, née le 22 janvier1766, soit trois mois avant son mariage avec Thomas KYSIN. On peut croire qu'elle a donné ce même prénom à son autre fille fille, née le 28 juin 1769, signifiant  que la première était décédée entre-temps.
  
            Le fait que le témoin du père, nommé Jean TERWAGNE, ne soit pas un proche de la famille, ne peut que confirmer une installation récente. Pour le choix de témoins, il est plus légitime de trouver une personne de même lignée pour valider une naissance. Ce qui est  le cas de Philippine LAMBRECHTS, le témoin de la mère, âgée de 26 ans. Cette famille TERWAGNE s’est installée aux environs de 1700 à Neerheylissem, soit avant l'arrivée de Jean-Pierre PARFONDRIJ. Il doit s’agir probablement de Jean TERWAGNE, né le 26 mars 1701, âgé de 61 ans, fils des premiers migrants Joaquim TERWAGNE (1672-1716) et Marguerite RENQUIN (1672-1749). Fait autrement significatif, cette famille TERWAGNE devait très certainement habiter à ce moment dans la rue des Charrons car on la mentionne lors du recensement de 1796.
           Il est très probable que ce Jean-Pierre PARFONDRY, arrivé à Bas-Heylissem, arrêté comme vagabond, soit le père de l'enfant baptisé en 1762. Il a été déclaré innocent en 1761. Manifestement le personnage de Jean-François PARFONDRIJ apparaissant dans le livre de TARLIER et WAUTERS, condamné pour vol dans les églises, emprisonné à la prison de Steenpoort, ne serait autre que ce Jean-Pierre. Il est possible que dans les actes de ce procès, on retrouve des renseignements intéressants sur la parenté de ce Jean-François, alias Jean-Pierre. Le cadre et la comparaison des différents articles retrouvés indiquent que l'on se trouve dans la même configuration de situation, à savoir l'arrestation, la comparution devant un tribunal, la citation du Prévôt de L'ESCAILLE, avant d'aboutir finalement à sa libération. Les dates sont manifestement en cohérence avec l'acte de baptême de son fils illégitime.
 (voir articles plus récents sur Jean Pierre (Joannes Petri) donnant des informations complémentaires sur son parcours )


           b. Jean, le maître-charron
           Jean PARFONDRIJ, le fils, reconnu illégitime, est né le 16 avril 1762. Son nom apparaît à de nombreuses reprises sur des actes de décès de la commune de Neerheylissem, entre l’an six et l’an dix de la république française (
Florence Vrancken, Louis de Geneff, Anne Joseph van Meldert, Ernest Kinnart, Barbe Keijsin, Bertinne Nihoul, Célestine Keijsin, Laurent de fore, Pierre Terwagne,…), agissant en tant que témoin et voisin. Son dernier acte citoyen est effectué le 16 thermidor, an 10 de la république (4 aoüt 1802), pour constater le décès d’André MINON (03/07/1749-04/08/1802), veuf d’Anne RENQUIN, soit un an avant sa mort. Il est vrai que depuis le décès d'André GIJSBERGH (1755-1800), originaire de Neerwinden, tué le 28 ventose, an 8 (19 mars 1800), à son domicile au 1 rue des Charrons, son assiduité dans les actes avait fortement régressé. Outre le fait que le prénom varie entre Jean-Pierre et Jean selon les actes, l’élément majeur consiste dans la notification de la rue des Charrons comme lieu d’habitation, et cela à partir de l’an huit de la République, soit en 1800. Il est déclaré, selon les actes, charron ou maître charron. Décédé à Neerheylissem, à l’âge de 40 ans, le 24 messidor an 11 (13 juillet 1803), l’acte de décès est constaté par Philippe KINNART, adjoint au maire en présence de Prosper COLLET (1767-1839), garde-champêtre, originaire de Braine-le-Comte, qualifié de voisin, et de Jean-Pierre KESTENS, journalier, qualifié d’ami.

          Décédé assez jeune, il n'a pu transmettre à ses enfants son métier de charron. Marié en 1792 à Marie Josèphine VANDERLINDEN (1768-1817), originaire de Lincent, Jean a eu un minimum de cinq enfants. Remariée en 1807  avec Jacques VRANCKEN (1780-1835), elle aura un fils, prénommé Michel (1809-1873).
           Une fille Marie-Anne, reconnue tout aussi illégitime sur l'acte de baptême, naîtra le 22 janvier 1766. Les témoins sont François Baudouin (1722-1782, écrit BADUE sur l'acte), originaire de Bertrée et son épouse Marie-Anne DELIBE (1723-1782). Cette naissance, cinq années après avoir été déclaré innocent, atteste que Jean-Pierre est resté à Neerheylissem après cette affaire avec le Prévôt de l'Hôtel. Il n'a pas subi la peine de bannissement qui était le plus souvent appliquée aux vagabonds.


             c. Les enfants de Jean qui se dispersent
            Du premier enfant de Jean, Marie-Christine, on dispose de son acte de baptême à Neerheylissem qui mentionne la date du 25 juillet 1793. Sur celui-ci est inscrit, probablement comme parrain, le dénommé Lambert PAQUOT, originaire de Fumal, qui a épousé en 1765 Philippine LAMBRECHTS, le témoin, et sans doute la marraine, à la naissance de Jean, le père de Marie-Christine. Une autre personne dont le nom n'a pu être déchiffré, originaire de Lincent, est également mentionnée. Marie-Christine est probablement décédée un mois plus tard car le recueil des actes mentionne le décès en date du 25 août d'une fille enfant de ce couple.

Le deuxième, Emmanuel, le fils aîné, né le 2 août 1795 à Neerheylissem, a eu comme parrain une nouvelle fois Lambert PAQUOT et comme marraine Marie-Agnès VANDERLINDEN, cette dernière présentant très certainement une affinité familiale avec la mère d'Emmanuel. Celui-ci a été qualifié successivement de dienstbode (domestique) à Opheylissem, de tisserand à Neerheylissem et de cultivateur. Il est probable que  par son mariage le 28 août 1828 avec Jeanne SMEESTERS (1799-1871), qualifiée de cultivatrice, il devient lui-même cultivateur. Ils auront quatre enfants (Henri, Joséphine, Florentine, Julie). Le premier, né SMEESTERS, a été reconnu après le mariage. Les trois filles se marieront respectivement avec Ferdinand DUCHAINE (1830-1886), Victor THEUNIS (1844-1923) et Victor STAES (1872-1946). Seul Ferdinand DUCHAINE, arrière-petit-fils du maréchal-ferrant Jean-Jacques, habitait Neerheylissem. THEUNIS et STAES provenaient respectivement de Noduwez et de Saint-Jean-Geest. Peu de traces ne subsistent de la descendance de ces filles. Il y a eu cinq enfants DUCHAINE, quatre enfants THEUNIS et deux chez les STAES, ce qui sont manifestement des indications comme quoi ces familles se sont probablement perpétuées jusqu’à ce jour. Un lien plus conséquent a du exister avec la famille THEUNIS - PARFONRY, résultant de la plus grande longévité de Florentine, décédée en 1930 à l'âge de 93 ans. Joséphine, la soeur de Florentine, fut marraine de leur premier fils et Henri, le frère, fut parrain de leur fille Marie-Désirée THEUNIS. Par ailleurs, une des rares anecdotes qui m’a été relatée sur ces personnes concerne le fils de Florentine, Emile THEUNIS, né le 29/04/1874. Il verra son mariage contracté en France avec la princesse d’Arenberg, veuve de CROY, annulé par la curie romaine  en 1825.  Par la suite, il se mariera à Paris avec une nommée Yvonne LEHUEDE qui devait être de nationalité française. Ce nom est plutôt concentré dans la Loire Atlantique, soulignant qu'Emile est resté en France. Ayant travaillé comme cocher pour cette famille d’ARENBERG, ses frères et sœurs porteront ce sobriquet (Joseph mon l’cocher, Adèle mon l’cocher). C'est ce qui est narré par Henri PAESMANS, sans sa notice de synthèse, retranscrivant les propos de mon grand-père qui parlait fréquemment de ce mariage raté. Emile THEUNIS a eu comme marraine ma grand-mère Julia LANCELLE, épouse d’Emile l’instituteur.   

Le troisième enfant, appelé Jean comme son père, est né le 18 frimaire an 6 de la République française, soit le 07/12/1797  à Bas Heijlissem. Sur l’acte de naissance, on découvre que les témoins ne présentent de nouveau aucuns liens familiaux avec cette famille. On y retrouve Prosper COLLET auquel on adjoint cette fois Pierre van HOVE (1798-1858), journalier. Ils habitaient à cette époque respectivement aux n° 8 (pour Van HOVE) et 9 (pour COLLET) de la rue des Charrons soit à proximité des numéros 11 et 12 qui serviront de domicile à PARFONRY Henri à partir de 1851. Et c'est Toussaint HAMELS (1744-1805) qui établit l'acte en tant qu'agent municipal. Jean se mariera le 7 septembre 1821 avec Jeanne LALMAND et sera à l'origine de la branche française.

 

Acte de naissance de Jean PARFONRIJ  du 18 frimaire an 6 (07/12/1797)

(Texte reproduit identique à la version écrite à la main)

 
« Aujourd’hui dix huit frimaire l’an six de la république française à deux heures après midi par devant moi Toussaint Hamels agent municipal de la commune de bas heijlissem pour dresser les actes destinés à constater les naissances mariage et décès des Citoyens est comparu jean pierre parfonrij maitre charrons domicilié de bas Heijlissem assisté de prosper Collette garde champêtre agé de trente ans et de pierre van hove journalier agé de trente sept ans demeurant à bas Heijlissem Canton de hougarde département de la dijle à déclaré à moi T. Hamels que Marie Joseph van der Linden son épouse en légitime mariage est accouchée hier dix sept frimaire à douze heure du soir de demi nuit dans sa maison d’un enfant mâle quil a donné le prénom jean d’après Cette déclaration que les citoyens prosper Collette et pierre van Hove ont certifié conforme à la Vérité et la représentation qui ma de fait de l’enfant dénommé j’ai rédigé en vertu des pouvoirs qui me sont délégués le présent acte que jean pierre parfonrij père de l’enfant dénommé a signé après moi et les deux témoins ont aussi signé »

 

Un dernier fils, prénommé Gabriel, né le 14 mai 1800 à Neerheylissem, décédera quelque mois plus tard, le 7 vendémiaire, an 9 de la République, soit le 30 septembre 1800. Son parrain est Gabriel ROUCHET et sa marraine Constance KINART (1782-1860). Sur l’acte de décès, on retrouve le nom de Prosper COLLET, attestant en tant que témoin, et Toussaint HAMELS, établissant l’acte en tant que maire, ainsi que J.M. DENIS, le prêtre d'Opheylissem.

 Du dernier enfant, dénommée Constance, née le 18 décembre 1801, toujours à Neerheylissem, on peut avancer l’hypothèse, selon les actes enregistrés, qu’elle a résidé à Ostende au 23 Kerkstraat. Elle habitait avec Thomas Georgius BROWNE, déclaré handelsbediende. Né à Spott en Ecosse, ce dernier est décédé à Courtrai en 1851 à l’âge de 48 ans. Un fils de ce couple, portant le même prénom que le père, est décédé le 23 mars 1833 à l’âge de 2 mois et 12 jours à Ostende.
         La mention de Prosper COLLET mérite que l'on s'y attarde quelque peu. Sa maison, située dans la rue des Charrons, présente la particularité d'avoir été toujours occupée jusqu'à ce jour par sa descendance. Par alliance, elle est ainsi arrivée dans la famille CLAES, suite au mariage de la petite-fille du garde-champêtre, avec François-Xavier CLAES (1851-1919), receveur communal. Y habitèrent successivement le vétérinaire Camille (1881-??), Joseph (1914-1978), et Guy CLAES. Ce Joseph CLAES a épousé Rosalie DESTAT (1874-1956), la belle-soeur d'Alexis PARFONRY, en 1901. Cette dernière personne, plus connue sous la dénomination de Tante Rosa d'Hampteau fut la marraine de mon grand-père. Leur fils Guy CLAES, décédé en 1993, s'est marié avec Marie-José SIBILLE, laquelle réside toujours dans cette maison de la rue des Charrons, contigüe de nos jours à celle des PARFONRY, et ayant été dénommée "à mon Collette", en rapport avec le nom du premier occupant.  Et on observe que cette situation de proximité avec la rue des Charrons était similaire pour l'agent municipal Toussaint HAMELS (1744-1805), habitant au n°2 de la rue des Charrons. Cette maison sera toujours occupée par sa descendance jusqu'au début du vingtième siècle.
        Le choix des témoins confirme bien que cette famille ne s’était pas encore diversifiée et a du choisir des connaissances sur la base d’une certaine proximité. Ce qui n’était pas le cas pour de nombreuses anciennes familles qui se caractérisaient à l’époque par un nombre élevé d’individus. C'est ce qui a permis à cette branche, après s'être apparentée aux LALLEMAND et aux DUCHAINE de la rue des Charrons, de se lier plus tard par alliance avec les familles THEUNIS et CLAES, deux des plus anciennes de Neerheylissem. Si les THEUNIS sont établis avant 1650, CLAES est considéré comme le nom le plus ancien de la commune. Ils y étaient présents en 1470.

On peut manifestement considérer qu’il a du exister entre tous ces personnages un lien, créé autour de la rue des Charrons. Ce qui semble pouvoir être conforté par le métier de maître charron reconnu du père. La lecture des actes a permis de déterminer qu'il habitait cette rue en 1800. Mais, ce métier de maître-charron doit laisser croire dans l’existence d’un lien plus ancien avec cette rue. Ayant porté d’autres noms durant le 18ème siècle (Rademakerstraat vers 1700, rue des Charliers vers 1725), il est vraisemblable que sa transformation en rue des Charrons provienne de l’occupation professionnelle des gens qui l’habitaient. Le changement définitif a du se faire peu de temps après la phase de peuplement observée peu avant la seconde moitié du 18ème siècle. En 1840, cette rue avait une longueur de 919 m et une largeur de 5m 10, grandeurs indiquant de son importance pour l'époque. Jean-Jacques DUCHAINE s'y était installé comme maréchal-ferrant depuis 1732. Jean LALLEMAND et Jean PARFONRY durent s'y installer par la suite. Ils furent sans doute à l'origine de ce changement de nom. Et la famille LAMPROYE, dont la maison est mentionnée à côté de celle des PARFONRY, sur une photo prise vers 1915,  y a exercé par la suite cette profession dans cette rue. Nicolas LAMPROYE (1817-1894) avait épousé Amélie LALMAND (1820-1886) en secondes noces, la soeur de Julienne, épouse d'Henri PARFONRY. 

  Ce changement de nom correspond à la période d'accalmie dans le territoire des Pays-Bas autrichiens voisins qui voyait la fin des affrontements entre espagnols, anglais, hollandais et français durant le long règne de Louis XIV (1661-1715) qui avaient ruiné et décimé les populations (batailles de Neerwinden de 1693 et de Ramillies de 1706). Ceux de l'impératrice Marie-Thérèse (1740-1780) puis de Joseph II (1780-1790) marqueront le retour à des temps plus prospères notamment sur le plan industriel. Avec pour toute incertitude, la courte occupation française de 1746 à 1748. Combiné à la suppression des frontières entre le territoire de la Principauté et le Brabant autrichien, cette situation transitoire a  favorisé une plus grande liberté de circulation et de migration, combinée aux exactions des soldats de tous bords. 
          L’occupation professionnelle initiale de cette lignée laisse apparaître une évolution marquée. Il est vraisemblable qu’Emmanuel et Jean, né respectivement en 1795 et en 1797, très jeunes au décès de leur père en 1803, n’ont pu profiter de son expérience de maître-charron, expliquant l’absence de continuité et le niveau moindre de leurs activités. De plus, l'Europe connaissait une nouvelle période de guerre avec l'apparition de nouveaux conflits (nouvelle bataille de Neerwinden en 1793) et la liquidation de la Principauté de Liège en 1795, intégrée tout comme les Pays-Bas autrichiens à la France jusqu'à la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815. Tout cela entraînait une modification des avantages de l’enclave protégée de Hougaerde, située à proximité de Neerheylissem. C’est à ce moment que les conditions de travail furent les plus éprouvantes, en occupant des petits métiers de service, voire de se déplacer. C’est ce qui doit probablement expliquer le changement d’orientation observé. Une partie de la descendance s’est orientée vers l’artisanat avec les métiers d’horloger et de marbrier sans que l’on puisse en déterminer précisément la filière de formation. Une autre s’est maintenue au niveau du village en se développant dans l’agriculture sans qu’il n'y ait eu nécessairement de continuité en la matière en ce qui concerne le lieu d'habitation. Il est en effet acquis par les actes qu'Emmanuel habitait Opheylissem lors de son mariage en 1828 avec Jeanne SMEESTERS. Il est décédé le 28 juin 1879. L'installation à l'emplacement actuel s'est effectuée probablement à la génération suivante.
   

d. Henri, l'inconnu de la rue des Charrons 
          L'installation de manière continue dans la rue des Charrons remonte probablement à Henri. Né SMEESTERS,  le 18 janvier 1826, soit deux ans avant le mariage des parents le 28 août 1828, il a été légitimé par la mariage des parents. Il est le seul fils de cette génération. Marié le 24 avril 1851 avec Julienne LALMAND, il se serait installé dans la maison actuelle de la rue des Charrons. Cette  maison portait le numéro 11 dans le recensement de 1840 et appartenait à cette famille depuis le 18ème siècle. Cette dernière personne décèdera en 1855 soit quatre années après son mariage. On peut penser que c'est Henri qui a hérité ou acheté cette maison bien que Julienne avait deux soeurs (Amélie et Marie-Françoise) ainsi que deux frères (François et Clément). Il est vraisemblable que le mariage, à la génération précédente, d'un LALLEMAND avec Rosalie LEENAERTS, fille de Guillaume LEENAERTS censier collecteur, a permis de constituer une dot importante. Ce mariage assurait également le rapprochement de la famille de deux anciens charrons, à savoir LALLEMAND Jean et PARFONRY Jean, le grand-père d'Henri.        

Il est vraisemblable qu'à la suite de ces rapprochements familiaux, Henri a pu modifier et faire évoluer son cadre de vie. Reconnu comme horloger, il a du acquérir cette formation d'artisan en quittant le milieu familial tout comme son cousin germain François-Xavier, parti développer à la même époque ses capacités de marbrier en France en 1841. La décision qui a été prise à ce moment a du se répercuter impérativemenbt sur l'environnement familial. Contrairement à François-Xavier, Henri a du rester dans sa région. Il est en effet décédé à Racour (commune de Lincent), à quelques km de Neerheylissem, le 04 novembre 1885.

Si on n’a aucun élément précis sur le lieu d’habitation des premiers PARFONRY, on peut imaginer que Jean PARFONRY, le charron, dont l'installation dans cette rue dès 1800 est attestée, a pu y être domicilié auparavent car le bâtiment qu'occuperont les LAMPROYE vers 1830 y existait déjà en 1775. De nos jours, une descendance habite toujours dans la ferme ayant appartenu au couple LALLEMAND Henri – LEENAERTS Rosalie. Le recueil des dates pourrait aboutir à la conclusion qu’Henri aurait légué sa maison à son fils Alexis  qui a pu également recevoir d'autres terres de son grand-père Emmanuel. Manifestement, entre la naissance d'Alexis en 1853 et le décès d'Emmanuel, son grand-père en 1879, soit durant 26 années, trois générations de PARFONRYse sont côtoyées. On peut envisager qu’Henri PARFONRY exercera son métier d’horloger dans une autre habitation et non dans la ferme. Et que ce soit Emmanuel qui ait pris en main la petite ferme de la rue des Charrons, après son mariage, avant de la léguer à son petit-fil Alexis.      

            e. L'horloger du Roi
 
           Le fils aîné d’Henri est l’horloger - bijoutier Emile PARFONRY, né le 27 février 1852. Métier probablement hérité de son père, il est peu probable qu'il soit resté longtemps à Neerheylissem. Il sera désigné vers 1900 sous Léopold II  en tant que fabricant d’une montre à gousset dénommée « Boîte du Roi ». Cette montre présente la figure du Roi Léopold II sur le cadran ainsi que certains détails qui précisent son utilisation " PARFONRY, fabricant Boîte du roi, 58 rue de Namur, Bruxelles. Concours de 19.., prix de tir du gouvernement remporté par ….". La première découverte de cette montre portait la mention «  Prix du tir du Gouvernement 1902 » ainsi que son bénéficiaire, le Major Henri GILIS. Sans être fournisseur royal officiel, il était fournisseur agréé de la Coopérative Militaire Nationale et des employés de l'Etat. Très certainement offerte par le Souverain à l’occasion de manifestations, certains de ces modèles se retrouvent encore de nos jours sur des sites de vente. Ceux pour les années 1900, 1901 et 1902 existent encore à ce jour. La description pour un exemplaire en vente aux Etats–Unis est révélatrice d’une certaine ignorance sur la dynastie belge. Le texte décrivant cette montre, repris ci-dessous, désigne le roi Léopold II comme un » soldat blanc barbu ».

 La raison de l’arrêt de ce modèle ne doit pas être liée au décès du Roi Léopold II en 1909. On découvre ainsi que son magasin, installé à la rue de Namur à Bruxelles devient Maison Rosseels dès 1906 en continuant à délivrer des montres du type « Prix de Tir du gouvernement « sans toutefois reprendre la représentation de Léopold II.

 

Son nom est repris dans un livre récent d'Eddy FRAITURE (Staande klokken en uurwerkmakers in Vlaanderen, Ed. PEETERS, Leuven, 2006), réalisant un inventaire de milliers d'horlogers flamands depuis le Moyen-âge. Les inscriptions en français sur les montres dénotent par contre une origine francophone.         

La découverte d'une lettre de 1930 en France, écrite par Emile, donne une nouvelle approche historique sur le lien entre les lignées belge et française. Adressée à Hubert Narcisse PARFONRY de la branche d’Erezée, il y reconnaît l’existence d’une lignée originaire de Neerheylissem à Paris, ce qui constitue une indication importante sur la pérennité du lien entre les deux pays. Cette information intervient près de 90 ans après le départ de François-Xavier pour Boulogne-sur-Mer. On peut en conclure que des contacts entre les deux pays se sont poursuivis pendant plusieurs générations.

De cette lecture, on en déduit qu'il devait connaître Paul, le peintre, et très probablement l'avoir rencontré. Il a également connaissance de la présence de mon grand-père et de mon père à Beauvechain. Dans cette lettre, il mentionne également qu’il avait rencontré le militaire Emile PARFONRY, frère d'Hubert-Narcisse, avant son départ pour le Congo, dans une cantine du bois de la Cambre, à proximité de Bruxelles. Or, grâce à une carte postale de l’époque, il est précisé que l’une de ces cantines a appartenu à Alfred PARFONRY, un troisième frère de la branche d’Erezée. Etant enterré au Congo, cette rencontre avec le militaire s'est nécessairement déroulée avant son départ en août 1882, soit 48 ans plus tôt. L'horloger avait à cette époque 30 ans en n'était probablement pas encore fabricant pour la Cour. Peut-on dès lors expliquer cette proximité entre les deux branches de PARFONRY sans pouvoir appréhender un lien établi qui ne soit pas uniquement de proximité ?
          Au niveau familial, Emile a occupé une place non négligeable. Après avoir été témoin au mariage de son frère Alexis, lui et son épouse se sont partagés les rôles de parrain et marraine aux naissances des trois enfants. Il a en effet été le parrain d’Anna et de mon grand-père Emile tandis que son épouse était marraine d'Henri, l’autre frère. Ce volontariat ne s’est pas arrêté aux enfants de son frère car il a été également le parrain d’Adèle THEUNIS, sa cousine germaine, fille de sa tante Florentine PARFONRY. La question de son héritage reste également peu connue. Il semble évident que n’ayant pas eu de progéniture, l’horloger Emile PARFONRY a transmis peu de mémoires, d’autant que le lien avec ses neveux n’a pas été prolongé après sa mort en septembre 1931. Pour preuve, aucunes des montres à gousset n'ont été retrouvées dans l'entourage familial, tout particulièrement dans le lot des montres ayant appartenu à mon grand-père. Seule la piste d'une maison qu'on aurait du hériter à Bruxelles, évoquée dans la famille, semble crédible. Il devrait probablement s'agir de celles relatées dans la même lettre de 1930.

            En mai 2009, sa tombe, assez bien détériorée, a été retrouvée dans le cimetière de Mélin, un autre des villages de cette Hesbaye brabançonne, sur base des indications obtenues par Jules TITS auprès de la fille des personnes qui étaient au service d'Emile PARFONRY à Gobertange. Gravé dans la pierre, le décès de son épouse en date du 20 juillet 1932 apportait l’élément manquant. Le fait qu’il soit finalement décédé quelques mois avant elle constitue probablement l’une des raisons pouvant expliquer la rupture de cette transmission. C’est ce qui nous revient après avoir entendu les quelques réflexions parvenues à notre oreille et qui semblent probablement constituer une sorte de secret de famille. La fortune de l’horloger Henri ne pouvait pas être inconnue. Et sa robustesse semblait également plus importante que celle de son épouse. Lui - même en avait pris conscience car il avait fait confectionner un costume, conservé dans le coffre d’une banque, en prévision de l’enterrement de cette dernière. Son décès inopiné aurait dès lors occasionné une brisure plus intense que seule la descendance de son épouse pourrait éclaircir en espérant toutefois que des éléments réceptifs existent encore de nos jours .
(voir articles dans dossier Emile PARFONRY, l'horloger)

  Extraits de documents sur Emile PARFONRY, l’horloger – bijoutier (1852 – 1931

             Description de la montre à gousset mise en vente aux Etats-Unis

  
There is a portrait of a white-bearded soldier on the enamel face. Silver  reposse care. Has  a  crowned lion on the reverse with “PRIX DE TIR DU GOUVERNEMENT” in a banner at the bottom. Gold filigree hands. The watch also has a “BRUXELLES” on the bottom of the dial.

 
Lettre du 22/01/1930 à Narcisse PARFONRY

  
             Monsieur N Parfonry,

 

Oui, je suis l’oncle Emile 78 ans, le plus âgé de la famille Parfonry de Neerheylissem (Brabant), des Parfonry de Beauvechain et de Paris, tous originaires de Neerheylissem.

J’ai causé plusieurs fois chez M. Molitor cantine de la Cambre avec feu votre frère Emile Parfonry alors sous-officier, je conserve sa photo.

Votre quartier Nord - Est est un peu le mien, attendu que je suis propriétaire des immeubles n° 6 et 7 Square Marguerite à Bruxelles.

Avant notre arrivée à Mélun, il y a onze ans, nous habitions la n° 7 Square Marguerite.

J’ai reçu une fois votre visite dans mon magasin d’horlogerie bijouterie rue de Namur.

Dans l’attente de faire meilleure connaissance, je vous présente mes sincères salutations.

 
            f. Alexis, l'homme à la chope

Né à Neerheylissem avec le prénom de Théophile le 16 juin 1853, le fils cadet d'Henri a porté durant sa vie celui d'Alexis, son deuxième prénom. Marié à Joséphine DESTAT d'Opheylissem le 8 octobre 1883, les témoins au mariage étaient son frère aîné Emile, l'horloger, et Théodore Joseph DESTAT, le frère de la mariée. Ils ont continué à résider dans cette maison pendant que son frère Emile accompagnait probablement sa mère à Bruxelles pour poursuivre le métier d’horloger de son père. Peu de mémoires sont conservées, si ce n’est qu’il a été parrain d’Edgard PAESMANS, son petit-fils et d’Adèle THEUNIS, la fille de sa tante Florentine PARFONRY. On le mentionne dans les registres comme cordonnier, du moins jusqu'en juin 1885. Ensuite, il devient cultivateur léguant des terre à ses enfants au décès de son épouse en 1942. La seule certitude réside dans l’acte d’achat d’Alexis, en vente publique le 19 juillet 1911, d’une parcelle de terre de 45a 40ca pour 3500 francs,  au lieu dit «  Tiers de Gossoncourt ». Cette parcelle a été achetée aux six héritiers de Félix, Guillaume Comte du MONCEAU, décédé à Bruxelles le 23 septembre 1890. Et assez significativement, parmi les époux des héritières, on ne mentionne que du beau monde à particules, plus précisément le Comte de VILLERS, le Baron de WOELMONT, Grand Maître de la Maison de la Reine, et le Baron de GAIFFIER d'HESTROY, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire du Roi. Manifestement, on ne peut s'empêcher de se dire qu'il y a pu avoir une influence certaine d'Emile, l'horloger, son frère, pour qu'un tel acte ait pu se réaliser. Cette parcelle s'ajoutait aux autres acquises progressivement et dont il est fait mention dans l'acte de partage du 4 juin 1942, après le décès de son épouse le 20 janvier 1942, soit un total de 2ha 13a 10ca. La lecture des différentes dates d'achat confirme bien qu'il s'est installé comme cultivateur à partir de 1885. La croissance, même faible, des surfaces est sans conteste un indice d'une volonté de s'étendre. 
           
Alexis, décédé le 2 juillet 1924, est enterré dans le nouveau cimetière  de Neerheylissem. L’ancien cimetière autour de l’église a été supprimé et remplacé par un parking. Il aurait été abandonné au début du 20ème siècle. Quelques stèles ont été conservées et intégrées dans le mur du parking. Après une première lecture, il n'apparaît pas que l'on puisse y retrouver des indications en lien avec notre ascendance. Dans le nouveau cimetière, se trouve un caveau qui daterait probablement de 1924, date du décès d’Alexis. On y lit une inscription.

 

                SEPULTURE                  qui signifierait que quatre personnes y sont inhumées à ce jour,

  DE LA FAMILLE                à savoir Alexis et son fils Henri ainsi que leurs épouses 

A.PARFONRY – DESTAT    (Joséphine DESTAT décédée en 1942 et Marie MONETTE

     MONETTE                        décédée en 1967)

 

La descendance d’Alexis, s’étant prolongée en ligne directe, a permis cette stabilité dans un même endroit. Une continuité qui n’est pas prête de s’éteindre car la relève au niveau de l’exploitation agricole semble acquise. Tout cela complété par une présence dans le village, assurée durant 250 années, depuis la naissance de ce Jean PARFONDRIJ en 1762, à l’origine d’une lignée de dix générations successives à ce jour.

Une chope en faïence portant l’inscription «  Hougaerde A. Parfonry « s’est perpétuée en deux exemplaires. C’est probablement l’une des pièces les plus anciennes encore visibles de la lignée belge avec les montres à gousset de l'horloger et le diplôme sur parchemin de l'instituteur. Cette pièce est à mettre en relation avec l'industrie brassicole qui s'est développée dans cette enclave liégeoise d'Hoegaarden. Ayant bénéficié d'avantages fiscaux indéniables pour ce promouvoir depuis le Moyen-âge, ce secteur agro-alimentaire devait encore imprégner les mentalités. Et de nos jours, on peut sans peine imaginer que la paroi interne de cette chope est toujours imprégnée de cette "Blanche " brassée depuis le Moyen-âge dans cette localité. La forme de l'écriture reprend ainsi la transcription de cette période et également celle de 1845. Objet utilitaire par excellence, il ne peut s'agir pour l'époque d'un article acheté lors d'une visite touristique.

La maison de la rue des Charrons fait référence implicitement à Alexis en s'appelant  « maujone de mon Tchitchi », sur une photo datant approximativement de 1915. Fils et frère des horlogers et ancêtre des occupants qui s’y succéderont jusqu’à ce jour, cette expression peut avoir plusieurs significations. Elle peut indiquer qu’Alexis en aurait apporté des modifications ou tout simplement qu'il en ait été le nouvel occupant. Mais l’appellation peut également découler de la personnalité propre de la famille d'Alexis. La mémoire, qui nous est parvenue à ce jour, insiste sur le fait que les DESTAT, nom de l’épouse d’Alexis, possédaient une intelligence et une ardeur appréciables, ce qui laisse penser qu’ils ont contribué à marquer l’esprit de leurs neveux et nièces.

Occupant les numéros 11 et 12 lors du recensement de 1840, cette maison porte à ce moment le numéro 58 comme l'atteste les extraits des registres du Grand Livre des pensionnaires de l 'Ecole Normale de Malonne. De nos jours, elle est affectée du numéro 114.

Selon la mémoire familiale, Emile l’horloger, le frère d’Alexis, aurait aidé financièrement l'installation de sa nièce Anna dans une épicerie DELHAIZE et les études d’instituteur de son neveu Emile à l’école Normale de Malonne. Si on peut penser que c’est Alexis qui a pu être à la base de la structure actuelle, il est peu probable qu’il n’ait pas aidé son troisième neveu Henri, qui était également le filleul de son épouse, à développer sa ferme. Par ailleurs, même si l’installation dans cette maison résulte du mariage d’Henri en 1851 avec une fille LALLEMAND, on peut envisager que certaines terres remontent à Emmanuel, devenu cultivateur suite à son mariage en 1828 avec une fille de cultivateur, bien que  l’héritage ait du se partager entre quatre enfants.

Alexis a eu trois enfants : Anna, Henri et Emile.


            g. Anna et ses enfants  
         Née le 5 juillet 1884, une photo de 1899 montre qu'elle a été élève du Pensionnat des Soeurs de Notre-Dame de la Visitation à Saint-Nicolas. Les études et la pension étaient sans doute payées par son parrain Emile, horloger – bijoutier. Après ses études, Anna ira quelques temps chez lui à Bruxelles pour s’initier au commerce, puis retourna à Neerheylissem pour y gérer dans la maison d'Alexis, un petit commerce DELHAIZE, qui avait été aménagé dans une partie du logis de la ferme. Ce magasin aurait subsisté jusqu'au mariage d'Anna.

Elle a rencontré son futur mari, Basile PAESMANS, en rendant visite à son frère cadet Emile, instituteur à Beauvechain. Il officiait en tant qu’instituteur en chef à l’école communale. Mariée le 26 mai 1917, elle s’occupera au début de la Ligue des Femmes et organisera des cours de ménage, de coupe et de couture ainsi que l’attestent certains cahiers de l’époque. Elle est la mère d'Henri PAESMANS, celui qui a été l’élément détonateur de toute cette recherche. Restée à Beauvechain jusqu'à la pension de son mari, ils ont rejoint ensuite leur fils à Noduwez, l'un de ces quarante villages de la Hesbaye brabançonne, en allant vivre au presbytère et en dernier lieu à Nil-Saint-Vincent lorsque celui-ci a été nommé doyen pour le Brabant wallon de l'Est. Décédée en 1973, elle est enterrée à Noduwez. La descendance possède toujours la terre du lieu dit « Hamptiau » de 20a 30ca à Opheylissem, héritée au décès de l’épouse d’Alexis en 1942.

Les trois enfants d'Anna, prénommés Edgard, Gilberte et Henri, sont nés à Beauvechain.
            h. Et la ferme se développa avec Henri 

Ce serait par la suite que l’exploitation agricole actuelle aurait réellement pris son essor dans ce bâtiment avec Henri, le frère d’Anna et de mon grand-père. Né le 12 août 1886, il a eu pour parrain son grand-père maternel, Antoine DESTAT, et pour marraine Clémentine DEVOS, épouse d'Emile l'horloger. Il s'est marié le 22 mai 1926 avec Marie MONETTE (1893-1967), une représentante d'une de ses familles importantes de Neerheylissem. C'est peu après le décès d'Alexis, qu'Henry entreprit les travaux de rénovation de la maison, en particulier la façade et l'ajout d'un étage, structure qu'elle présente encore de nos jours. Dans les années 1950, la maison mitoyenne des LAMPROYE fut rachetée et abattue pour permettre d'agrandir la zone réservée aux matériels agricoles. L'une des particularités de cette famille aura été marquée par la propension à démarrer les travaux agricoles de très bonne heure le matin et de les terminer vers 16 h, à contrario du rythme appliqué par les autres fermiers. La ferme occupe actuellement une superficie de cinquante ha dont vingt en propriété propre. A cela s’ajoutait en 2008 vingt à vingt-cinq taureaux pour engraissement de la race blanc-bleu-belge en stabulation. Parmi ces terres, celles héritées en 1942 par mon grand-père et sa sœur aux lieux-dits Thiers de Gossoncourt et Elsenbosch, en provenance d’Alexis, soit un total de 1ha 21 a et 40ca s'ajoutant au 71a 40ca hérité directement par Henri, ont été récupérées par la suite et font désormais partie du domaine. Après la mort d’Henri, le 05 août 1965, l’exploitation a été transmise à ses deux fils Jules et Emile. Ce dernier s'est marié en 1957 avec Martha LECOQ, originaire également de Neerheylissem. De nos jours, elle est désormais gérée par Bernard, le deuxième des trois fils de Martha et Emile. Jules, l'autre frère, est aussi le fondateur, avec Fernand JADOUL et Robert Van ORLE du groupe folklorique « Les Macrales d’Hélécine » en 1980. Et dans les années 90, il sera actif au niveau du groupe de théatre amateur du Centre culturel d'Hélécine, en se réservant le rôle de personnes de contact, chargée des réservations de place. Emile, quant à lui, continuant sans doute le métier de cocher, occupé par Joseph THEUNIS, fils de Florentine PARFONRY, a été pendant un certain temps, chauffeur pour la famille du bourgmestre LOWET,  le plus important propriétaire du village, dont le château de Flône. 
 
Delhaize.jpg                                                  

 Les Maujones mon Prau et mon Tchitchi

 (Traduction : Les maisons de chez Lamproye et de chez Alexis)
 


                     

 

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 11:20

( suite de l'article précédent)
           i. Emile, le maître d'école du village de Beauvechain

           Le troisième enfant d’Alexis est Emile, mon grand-père que j'appelais "Bon papa". Né le 16 mars 1895 à Neerheylissem, il est  baptisé avec le prénom de François. Il avait pour parrain Emile, l'horloger, et pour marraine Rosalie DESTAT, la soeur de Joséphine, épouse d'Alexis. La raison du changement de prénom n’est pas connue de manière précise. Plusieurs hypothèses sont avancées dont celle de prendre celui d’un frère décédé en bas âge ou de choisir le prénom de son parrain, l’horloger-bijoutier. Après avoir vécu à Neerheylissem dans la maison familiale de la rue des Charrons, il a été pensionnaire à l'Ecole Normale de Malonne entre 1910 et 1914 pour obtenir son diplôme d'instituteur le 1 août 1914. Âgé de 15 ans au moment de son entée, on peut supposer qu'il avait suivi ses trois moyennes inférieures dans les environs de Neerheylissem. Le milieu familial n'ayant pas la possibilité de lui payer des études, ce serait son oncle l'horloger qui l'aurait aidé financèrement à poursuivre sa scolarité.

 Il est arrivé à Beauvechain en 1914, toujours au sein de cette Hesbaye brabançonne, pour exercer son métier.  Tout jeune diplômé, sa prise de fonction semble s’être réalisée dans un contexte douloureux. Selon les informations obtenues, le remplacement de l’institutrice en poste se serait opéré dans « un certain parfum de scandale qui nécessite sans doute aujourd’hui encore un maximum de discrétion ». Les archives paroissiales de l’église Saint-Sulpice de Beauvechain conserve une lettre qui serait « à cet égard éclairantes » dénonçant de manière anonyme  le comportement de l'instituteur vis à vis de l'institutrice. Ces deux personnes se marieront par la suite, ce qui innocnete notre ancêtre quant à une éventuelle intimidation personnelle. Sa nomination n’est en rien liée au statut ancien de cette enclave de la Principauté de Liège. Il avait été cependant précédé d’une présence plus ancienne, une PARFONDRY Barbe, découverte en 1616 dans la base de données de la Netradyle. Ce retour dans l’enclave brabançonne n’en reste que symbolique.
           Nommé à l’école libre adoptée, dirigée par le curé MONSIEURS, installée dans les locaux paroissiaux, cette même école, pour cause de défectuosités en matière d’hygiène, est devenue communale par décision du Conseil Communal du 07 février 1920. De nouveaux locaux furent affectés dans l'ancien hospice NELIS, situé rue de la Station. Le déménagement s’est effectué après quelques aménagements pour accueillir deux classes et deux ménages d’instituteurs, soit vers 1924/1925. En 1938, l’école sera de nouveau déplacée sur la place communale.  
  
(voir articles et photos dans dossier Emile PARFONRY, l'instituteur
)
 

 

Emile a eu comme collègue son beau-frère Basile PAESMANS, époux de sa sœur Anna et nommé comme instituteur en chef. Petit de taille, les gens l’appelaient «  le petit maître » par opposition à son beau-frère, surnommé « le grand maître ». Les deux instituteurs ont été repris par la commune par la même délibération du Conseil Communal avec effet rétroactif au 1er octobre 1920. Au départ de PAESMANS en 1945, après ratification de sa démission par le Conseil Communal du 22 février 1946, il devient instituteur en chef. En congé de maladie à partir d’octobre 1949, par lettre du 30 avril 1950, il démissionnera et sollicitera sa pension. Il sera remplacé par Jacques RIGUELLE qui fut par ailleurs l’un de ses élèves durant les trois premières années primaire. Et qui fut l'un des mes instituteurs pendant mes quatre années primaires passées dans le confort d'une école communale de village. Ayant occupé la fonction pendant trente-sept ans, il restera probablement comme le témoin d’une époque ou l’individu bénéficiait d’une certaine stabilité au niveau de l’emploi. En contrepartie, il fit partie de cette génération qui connut les deux guerres mondiales. Outre un compte-rendu d’une Conférence pédagogique datant de 1926, on conserve la petite cloche en laiton de l’école communale qu’il a sans doute osé récupérer en fin de carrière mais surtout l'original de son diplôme sur papier parchemin. Au début de mes années primaires, effectuées dans la même école communale, il fut rappeler pour une journée pour pallier l'absence simultanée des deux instituteurs. On eut droit ce jour là à une révision complète des conjugaisons, témoignage de ce que devait être sans doute la méthode d'apprentissage à l'ancienne. 

Suite à une rencontre fortuite durant l‘été 2007, dans la cour de l’ancienne école paroissiale, j’ai pu documenter Thierry BERTRAND de Beauvechain en lui fournissant des éléments ainsi qu’un éventail de photos scannées sur un CD pour rédiger un article sur les instituteurs dans une revue locale. Il fut suivi de plusieurs autres.

 

Extrait de trois documents sur Emile PARFONRY, l’instituteur de Beauvechain (1895 – 1987) paru dans trois numéros du Bulletin du Centre culturel de la vallée de la Néthen

 

Emile Parfonry et l’école des garçons de Beauvechain 1914-1950 (source : T. BERTRAND

C’est Mademoiselle LOONBEECK qu’ Emile PARFONRY remplace en 1914 comme sous instituteur du chef d’école…….PAESMANS et  PARFONRY, prêtent serment le 7 février 1921 devenant par là même, instituteurs communaux….au 1er janvier de 1938, l’instituteur PARFONRY dispose d’une rémunération annuelle de 24 000 francs, de 600 francs d’indemnité de résidence et de 50 francs supplémentaires de prime pour être titulaire d’un diplôme de géomètre…...Basile PAESMANS demande de pouvoir accéder à la pension de retraite…en février 1946. PARFONRY le remplace comme chef d’école …….Trois ans plus tard, en octobre 1949, PARFONRY, demande son « congé de maladie » et démissionne en Avril 1950. Il obtient à son tour d’être admis à la retraite,…..PARFONRY ne reste pas pour autant inactif. Colombophile averti et passionné, il fréquente le café COISMAN (ancien Vert Galant) où étaient réalisés les enlogements. Le 22 octobre 1952, il se présente aux élections communales. Élu, il est désigné premier échevin. Sa carrière politique sera cependant de courte durée : frappé par un infarctus, il ne représentera plus sa candidature en décembre 1958.

 

Jacques RIGUELLE, Instituteur, chef d’école et directeur 1949-1985 (source : T. BERTRAND)

…… Après ses études primaires à l’école des garçons où il aura comme enseignants Emile PARFONRY (1ère à la 3ième) et …

…La chance lui sourit : Emile PARFONRY laisse sa place vacante en octobre 1949…..

 

Basile PAESMANS, instituteur à Beauvechain 1914 – 1945 (source : H. PAESMANS)

……En 1914, la demoiselle Léontine LOONBEECK, devenue entre temps Madame Jules BAUDRY, est remplacée par Emile PARFONRY, nommé par MONSIEURS comme sous-instituteur pour l’année 1914-1915..…Basile PAESMANS et Emile PARFONRY furent nommés, le premier instituteur en chef, le second instituteur des degrés inférieurs de l’école primaire communale de Beauvechain par délibération du Conseil communal du 7 février 1921

   

Étant resté à Neerheylissem jusqu'à l'obtention de son diplôme, rien n’est certain sur son lieu d’habitation entre 1914 et 1919. Il aurait habité, avant son mariage, dans une dépendance de la maison occupée par sa sœur et son beau-frère, séparée de la cour de récréation de l’école libre par un mur. Il s’est marié avec Julienne LANCELLE (1892-1984) à Tirlemont le 6 mars 1919, dont les parents étaient originaires également de Beauvechain, notamment la famille de sa belle-mère Victorienne GUILLAUME, décédée en 1915, habitant dans la rue du Monty. C'est probablement en se rendant dans cette famille, chez Marthe la couturière, pour se faire confectionner un costume, qu'il aura rencontré sa future épouse.  

Dans le contrat de mariage, établi sur le principe d'une communauté réduite aux acquets, il est indiqué qu'elle a apporté des biens d'une valeur largement supérieure à ceux de son époux.  Se limitant à une chambre à coucher en bois blanc, estimée à 250 francs, le coffret de l'épouse atteignait par contre un montant de 13 225 francs dont 8 327 francs sur un Compte à la Banque Centrale de la Dyle et 1 983 francs sur un livret Série B à la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite. Parmi le mobilier, il est indiqué un piano Charlier fils et une machine à coudre Singer dont je me rappelle de l'existence. Ce qui dénote que la famille PARFONRY ne devait pas vivre dans une grande aisance à cette époque. Issue d'une famille de marbrier de Tirlemont, l'épouse était manifestement plus riche.

Dans son carnet de mariage, il est mentionné qu’Emile était inscrit au 25, rue des Voyageurs à Tirlemont du 20 mars au 20 octobre 1919, avant de louer avec son épouse une maison au 5 rue de la Station à Beauvechain. Après les aménagements de nouveaux logements à l’hospice NELIS, situé dans cette même rue de la Station et transformé en locaux scolaires, il a du y habiter à partir de 1924. Il a ensuite acheté un terrain rue de la Station, à Louis VANCASTER, d’une superficie de 30a 20ca en mars 1926 pour 13.500 francs, sur lequel a été construite la maison au numéro 2. Cette maison a été vendue le 15 novembre 1960, pour 350.000 francs, à Raymond QUETS et à son épouse Anna VERVAEREN, pour suivre son fils Georges qui, subissant les premiers effets de la crise économique après la période des années glorieuses de reconstruction de l’après guerre, avait du trouver du travail dans une autre région.

                Ayant également le diplôme de géomètre, il réalisera, de manière bénévole, des arpentages de terrain. C’est lui qui a signé, en tant que géomètre-arpenteur-juré, le plan du terrain acheté par son fils à Tamines en 1962. Dans son livret de mobilisation civile, il est mentionné également qu’il était brancardier

           Peu après sa pension, il se présente aux élections communales du 12 octobre 1952 sur une liste  « Intérêts communaux ». D'obédience libérale, il se prévalait de connaître le Baron WARNANT, habitant Nivelles et Vice-Président du Sénat. Élu sur la liste d’opposition au bourgmestre, il sera désigné 1er échevin des Travaux pendant quelques années avant de se retirer de la vie publique pour cause d’infarctus vers 1957. C'est durant cette période qu'il me fit découvrir son village, en arpentant régulièrement toute les rues, à la recherche de défectuosités au niveau des routes et de contacts avec les gens. Et c'est en raison de cet engagement politique, qu'il me retira après ma quatrième année primaire, de l'école communale du village pour me transférer à l'Athénée de Jodoigne, jugée sans doute plus élitiste et correspondant mieux à ses opinions. Il fut également un colombophile passionné tout au long de sa vie. Cette passion résulte très certainement de l'un de ses amusements favoris au cours de  sa jeunesse. Cela constituait à peindre la carapace des hannetons et à les lâcher un peu plus loin afin d'observer leur retour. Il y a bien là un analogisme avec le loisir de coulonneux qu'il pratiquera plus tard. Le nombre de volières dans lesquelles il élevait ses nouveaux bleus n'a jamais cessé de rythmer sa passion. Le dimanche était consacré aux retours de ses pigeons, étant averti sur les heures de lâcher par les communiqués à la radio. Des localités méconnues dont le nom revenait chaque semaine : Momignies, Erquelinnes, Laon, Soissons, Dourdan, Pont-St-Maxence, Montargis,... constituaient pour lui la seule ouverture sur le monde.

Un autre souvenir qui me revient est celui des parties de whist hebdomadaires à Beauvechain en compagnie du docteur LIESSE, du pharmacien Albert BOSMAN, des agriculteurs Jules GODFROID et Robert VANDENBORG et du propriétaire terrien VAN SANTE. Avec le recul, ces joutes devaient probablement rassembler les personnes représentatives d'un certain ordre socio-économique nouveau dans un petit village rural d'après guerre. J'imagine très bien que ce fut à l'occasion des discussions autour de la table de jeu que l'instituteur avait pris la décision de s'engager en politique. L'impact de son infarctus combiné au déménagement vers une autre localité trois années plus tard en 1960, réduisit progressivement son ardeur. Entretemps, il avait veillé à transmetttre sa passion de colombophile à son fils, se contentant au final de lire chaque jour, en silence dans son fauteuil, le journal Le Soir. L'une des dernières sorties marquantes qu'il se permit de faire, ce fut le jour de ma délibération de 1ère Candidature à la Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux, en juillet 1968. Conscient de l'importance du résultat pour la suite de mon existence, il avait arpenté le décor grandiose de cette ancienne abbaye bénédictine, avant de venir partager un verre dans un café estudiantin. Durant les dernières années, il restait le plus souvent assis dans un canapé, continuant à prodiguer ses phrases comme un leitmotiv de philosophie : " Qui veut peut", " Faire et défaire, c'est toujours travailler". Par la suite, il fut transfré dans un home de la rue de Velaine, à quelques pas de l'habitation familiale. Et lors de notre dernière rencontre en été 1987, avant de repartir pour l'Afrique après une période de congé, concentrant ses dernières forces dans un dernier regard, sans pouvoir parler, je me souviens de l'intensité de celui-ci. Il avait pris conscience, tout comme moi, que c'était la dernière fois que l'on se voyait. Décédé le 26 novembre 1987, il est enterré auprès de son épouse au cimetière des Bachères à Tamines.

 

  j. Mon Père, ce Président associatif

 

Son fils Georges, mon père, est né à Beauvechain le 9 novembre 1920, l'un des quarante villages de cette Hesbaye brabançonne. Il est, de ce fait, le premier de la lignée belge à ne pas être originaire de Neerheylissem. Sans surprise, ayant eu successivement comme instituteurs son père Emile pendant les trois premières année et ensuite son oncle Basile pour les trois dernières, ses études primaires se sont déroulées dans l'école communale qui s'était installée dans l'ancien hospice Nélis. Comme tous les enfants de son âge, Georges verra sa communion solennelle du 24 mai 1931 agrémentée d'un diner plantureux, resté marqué dans l'encre de l'époque, où le coeur de filet de boeuf rôti annonce les asperges Pompadour avant de faire saliver les convives devant une langue de boeuf et une dinde truffée.

Et, il venait de terminer ses humanités gréco-latines à l’Athénée de Jodoigne en 1939 lorsque la seconde guerre mondiale se déclencha. Un épisode de cette époque est relaté dans une lettre d'Henri PAESMANS. Il y rappelle des faits en rapport avec le mouvement d’évacuation vers la France, le jour de la Pentecôte, en réflexe aux agissements pratiqués par l’armée allemande en 1914. Après des étapes successives via Villers-la-Ville, Houtain-le-Val et Quiévrain, il répétait sans cesse qu’il s’était finalement retrouvé dans un village près du Pont du Gard.  Pendant ce temps, ses cousins germains Henri et Edgard descendent en vélo jusque Limoges en arrivant la veille de la capitulation avant de partir le surlendemain en autocar vers Andance. De ce séjour, il rappelait parfois qu’il avait été employé comme infirmier et effectuait des piqûres dans la population de réfugiés. Une photo de lui du 1 juin 1940 avec un brassard de la Croix-Rouge atteste de ce fait.  

 

Extrait de la lettre du 20/12/2008 de Henri PAESMANS adressée aux parents de Martin1

….. Le 12 mai 1940, conformément aux ordres, nous sommes partis Georges ainsi que mon grand frère et moi, en vélo vers Quiévrain où l’on devait se rendre à la caserne pour y être mobilisés. A Piétrebais, nous avons récupéré Norbert Lacroix, un ami de collège de mon frère, et nous voilà en route vers l’inconnu. Pas très loin de là, Georges a crié tout à coup : regarde un avion dans le ciel. Mais en même temps la pédale de son vélo a buté contre la bordure de la route et s’est cassé tout net. Mal remise par un marchand trop pressé, l’engrenage ne tournait plus rond. On a cependant continué avec ce handicap jusqu’à Quiévrain où l’on a trouvé refuge dans une maison abandonnée par ses propriétaires et le soir venu est arrivé le premier bombardement par un avion allemand. Prudemment, nous sommes descendus à la cave, où, Georges, pris de panique, s’est mis à tourner en rond en disant à voix haute son acte de contrition, ce qui ne devait pas être habituel, n’étant pas un pilier d’église. Sans demander nos restes, nous sommes partis vers la frontière française qui s’était malheureusement déjà fermée, et nous avons été obligés de dormir à la belle étoile en plein champ par une belle nuit de mai.
Ce sont ces nombreux souvenirs de jeunesse et tant d'autres qui ont fait que la famille de Georges nous est restée si proche.

 

La suite de son parcours scolaire fut dès lors un peu perturbée car il n’obtint son diplôme de conducteur des travaux avec grande distinction qu’en juillet 1944 à l’Institut d’Etudes Polytechniques, situé 11, rue de Londres à Ixelles. Il effectua son service militaire à la fin de la guerre durant la période d’occupation de l’Allemagne.  

Peu de temps après la fin de la guerre, il a rencontré sa future épouse dans un bal à Tirlemont, accompagnée de sa belle-soeur Marthe. Marié le 24 mai 1947 avec Solange BERGER, originaire d'Incourt, un autre de ces quarante villages, la photo de mariage permet de visionner l’ensemble des convives, soit 42 adultes et 4 enfants. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment du côté des belles-sœurs de son grand-père Alexis, Jean PAQUAY, le fils de Marie Elisabeth DESTAT (tante Lisa) ainsi qu' Henri et Fernand CLAES, les deux fils de Marie Rosalie DESTAT (tante Rosa), marraine de mon grand-père Emile. Outre ses parents, les trois enfants de la famille PAESMANS - PARFONRY  et Henri PARFONRY, son oncle, on reconnait également Marcel GOEMANS, l'unique neveu du côté de sa maman, en costume militaire. Manifestement minoritaire avec un nombre de 11 personnes, la famille PARFONRY s'était efforcée de rassembler le maximum de ses gènes vivant à ce moment pour fêter l’évènement, en allant puiser dans des ressources assez lointaines, comblant non seulement le décès des parents plus proches, à savoir les grands-parents et le grand-oncle du marié, mais aussi la perte de la connaissance de certaines ramifications de l'arbre. L'absence de représentants de la lignée française indique bien que l'interruption du lien s'était déjà opérée. Si la mémoire s'était perpétuée, après 1931, au décès d'Emile l'horloger, Georges, le fils de Paul l'artiste peintre, aurait pu y assister avec ses trois enfants (Jacques, Pierre et Michel) ainsi que Jean et sa fille Françoise. Et de la même manière, on ne remarque aucune présence de la descendance des trois filles d'Emmanuel, l'arrière-arrière-grand-père du marié.  De ce côté, les liens ne s'étaient plus perpétués également. Ce mariage fut officié par Henri PAESMANS, son cousin germain, nommé vicaire à Neerheylissem quelques mois auparavant. Il permit aussi de sceller une autre alliance entre les deux familles. C’est à cette occasion, que Gilberte PAESMANS, fille d’Anna PARFONRY, et par conséquent cousine germaine de mon père, rencontra son futur époux Max DELEUSE, le cousin germain de ma maman, originaire de Thorembais-Saint-Trond mais habitant Marcinelle. Ils se marièrent en août 1948. Et c’est ainsi que Maryse, l’enfant de cette union née en 1949, et sa descendance, peuvent se prévaloir d’être mes petits - cousins, tant du côté paternel que maternel. Et de constater que cette année 1949 fut assez prolifique au niveau de l'arbre généalogique car pas moins de quatre personnes y sont nées. Outre Maryse et moi-même, il y a Patrick et Jean-Pierre, deux membres de la lignée française

 

Après la guerre, Georges fut engagé comme opérateur à titre temporaire à la Province de Brabant à Tirlemont. Dès janvier 1947, il entama son parcours professionnel de dessinateur industriel dans des bureaux d’études. Il s’adapta aux aléas du contexte économique qui suivit l’abondance des années glorieuses après la seconde guerre  mondiale. Habitant Beauvechain, il débuta à Louvain aux ABR (Ateliers Belges Réunis), tout en exerçant le métier de courtier d'assurances (La Paix, Winterthur, La Royale belge) après ses heures de travail. Après avoir reçu un préavis, il dut quitter en 1959, afin de continuer à exercer son métier, sa région rurale du Brabant wallon de l’Est pour la région industrielle de la Basse - Sambre, située entre Charleroi et Namur. Habitant jusqu'à ce jour dans la maison familiale à Beauvechain, il loua pendant une période de deux années une maison au 72, rue Docteur Romedenne à Auvelais, située à deux pas de son nouveau lieu de travail, les Ateliers HMS (HEUZE, MALEVEZ et SIMON Réunis), installés dans la rue des Glaces Nationales à Auvelais. Cette rue était celle qui, selon la rumeur du trottoir, à cette époque, fournissait le plus d’emplois en Belgique par mètre de façade. Espérant y terminer sa carrière, il fit construire un bungalow sur une parcelle de 10 ares au 126, rue de Velaine à Tamines. Une nouvelle réduction d'activités le contraint cependant à trouver un nouveau travail sur Bruxelles au bureau d'études SOFINA à partir de 1967. Il suivit, à partir de ce moment, les différentes restructurations de la société intégrant successivement Tractebel puis Electrabel. Il prit sa pré-pension à l’âge de 58 ans en 1978. Dans ses archives, les quelques plans qu'il avait longtemps conservé et dont il se montrait assez fier, n'ont pu être retrouvés. Il a du les garder jusqu'au moment de son déménagement dans l'appartement, devant sans doute se résigner à faire le tri pour s'y installer.

Durant toute sa vie, il apporta une attention particulière à collaborer au contexte associatif local comme président de plusieurs entités : club de football de Beauvechain, club colombophile " L'Indépendante " à Tamines et in fine au Conseil de gérance de la résidence " Ma Campagne ", situé au 26, rue de la Radache à Auvelais où il disposait d’un appartement.  Il avait repris le flambeau de son père en devenant lui-même un colombophile acharné. Il avait ainsi constitué un élevage en allant puiser des géniteurs à l'extérieur dont la célèbre colonie Fabry de Liège. C'est ainsi que les dimanches printaniers et estivaux étaient réservés pour  constater  le retour de ses oiseaux de concours. Présidant durant de nombreuses années la société de colombophiles, il organisera notamment le 1er février 1970, la journée colombophile du journal " Vers l'Avenir " dans la salle communale de Tamines. De toute cette période de colombophile ayant démarré à Beauvechain vers 1958 jusqu’à son installation dans un appartement en 1995, soit sur 37 ans, je n’ai récupéré, malgré l'acquisition d'une certaine renommée, qu’une coupe, mentionnant un titre de champion de vitesse et de demi - fonds et un petit panier d'enlogement portant sur le fond les initiales PG. Comme résultat marquant, il y eut le concours dénommé  « Le Bourge National des Prisonniers » où un de ses pigeons avait été classé dans les dix premiers sur plusieurs milliers.

Son épouse hérita en 1962, au décès de son père Jean BERGER, d'une prairie à Incourt au lieu-dit " Grand Cortil", sur la route de Roux-Miroir, de 1ha 11a 40ca. Ce terrain fut vendu quelques années plus tard, n'ayant pas jugé adéquat de conserver une terre dans une région rurale proche de Bruxelles.
          Comme loisir, il se rendait souvent dans la vallée de la Molignée, en terminant sa ballade par un café à l' Abbaye de Maredsous ou à l'Auberge des Italiens à Dénée. Peu adepte des vacances, il s'offrit cependant, après s'être installé dans un appartement,  quelques séjours à Vresse-sur-Semois, en louant de temps en temps un studio. Pour ses 50 ans de mariage en 1996, la famille lui offrit un voyage en TGV et un séjour dans la région ou il avait évacué en 1940. Il y retrouva le village, près du Pont du Gard, dans lequel il avait séjourné. Ce fut l'un de ses seuls déplacements à l'extérieur de la Belgique, hormis celui en 1976 pour venir constater ma première installation à Berkane au Maroc, à proximité de la frontière algérienne. Il avait pris avec son épouse, pour la première fois, l'avion entre Bruxelles et Oujda.

Décédé le 27 janvier 2006 au CHR de Val de Sambre d’Auvelais, selon ses dernières volontés, écrites de sa main quelques années auparavant, il a été incinéré au crématorium de Gilly. Ses cendres ont été répandues au cimetière des Alloux à Tamines. Et pouvant servir de mot d'adieu, Henri PAESMANS m'écrivait peu après les quelques phrases suivantes, résumant l'épisode qui a très certainement marqué par la suite toute sa vie.

Avec la mort de Georges, c'est tout un pan de notre jeunesse qui disparait ; en 1940, on est parti  ensemble à vélo jusqu'à la frontière française pensant devoir être incorporés dans l'armée si la guerre avait duré.....

 

La descendance de cette branche de Neerheylissem, bien que peu nombreuse, est dispersée de nos jours dans différentes localités en Belgique. Outre la persistance à Neerheylissem, elle a transité  par le Hainaut dans le courant de la seconde moitié du 20ème siècle ou on la retrouve encore de nos jours, confirmant l’attrait que cette province a pu avoir en matière d’emploi durant de nombreuses décennies avant de subir à partir de 1970 les fermetures de nombreuses usines. Et personnellement, après une échappée sur le plan professionnel pendant une vingtaine d’années dans différents pays en Afrique, j’ai décidé de poser mes bagages en 1991 dans cette même province. A un niveau plus récent de la descendance, on constate un effet manifeste d'intensification de transfert des gênes de cette branche vers la France et même la Suisse.

 

1  Il s'agit de mon petit-fils Martin ; 

 

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 10:02

(suite et fin des deux précédents articles) 

 

C. Lignée des PARFONRY de Neerheylissem – part France

  
          Il est acquis que cette lignée est issue de l'installation en France de François-Xavier. Celui-ci y a pris souche très probablement en 1841. Cette lignée descend de Jean, frère cadet d'Emmanuel, né à Neerheylissem pendant la courte période française, en l’an six de la République, soit en 1797. Jean a épousé Jeanne LALLEMAND à Neerheylissem le 7 septembre 1821. Si son père, portant le même prénom de Jean, n’est pas resté à Neerheylissem, contrairement à son oncle Emmanuel, qui y a maintenu la lignée encore présente, on apprend qu’il habitait Gossoncourt, à quelques km,
au moment de la naissance de François-Xavier. Jean s'est déplacé par la suite vers Anvers et fut probablement le premier à quitter cette terre de la Hesbaye brabançonne, intégrée dans le nouveau régime depuis 1795. Il est le seul de cette période dont on ne dispose d’indications sur la date et le lieu de décès. Son épouse Jeanne LALMAND est décédée, quant à elle, dans la commune bruxelloise de Saint-Josse-ten-Noode, en 1897, à l'âge de 78 ans. Assez curieusement, on ne la repère pas dans le document rassemblant l'imposante généalogie de cette famille, publiée par le CRHG de Neerheylissem alors qu'elle figure au registre des baptêmes à la date du 28 octobre 1797. Il a déjà été souligné que l'environnement socio-économique défavorable de ce couple a occasionné leur départ de Neerheylissem. Ne connaissant pas à ce jour son lieu de décès, il est peu probable toutefois qu’ils aient fait partie de la vague de migration des wallons  qui s'est déroulée de fin 1852 à 1857 et qui se sont retrouvés dans le Wisconsin, comme ce fut le cas pour d’autres habitants de Neerheylissem et des membres de la branche des PARFONDRY d’Aywaille et de Forchies-la-Marche
          Ils leur sont reconnus quatre enfants dont deux mort-nés sans nom, respectivement le 21 janvier 1833 et le 28 février 1834 (où 1837)  à Anvers, soit dix années après le précédent. Ce qui laisse croire qu'il a pu avoir d'autres enfants dans l'intervalle.

          a. François-Xavier, le marbrier à la Légion d'Honneur
          François-Xavier est né à Neerheylissem le 3 décembre 1821, soit trois mois après le mariage de ses parents. La naissance est déclarée par le père de sa mère, Jean-Pierre LALMAND, âgé de 60 ans, en présence de deux témoins Jean PIERARD (1758-1843), menuisier et Jacques DEBRY (1792-1880), cultivateur. Son père Jean, domicilié à Gossoncourt, est mentionné comme exerçant le métier de cocher et sa mère, Marie-Louise LALMAND est qualifiée de journalière. Ceux-ci ont probablement quittés le village peu après. François-Xavier est sans doute passé par Anvers ou on retrouve son père en 1833.  Son parcours en Belgique reste  obscur en ce qui concerne son niveau de formation. Sur la base de sa carrière et de l'importance reconnue à la formation des marbriers belges, il a du suivre des cours de dessin. Son installation en France durant la première moitié du 19ème siècle n'est pas liée à la naissance d'un conflit, étant né après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815.
Elle s'inscrit cependant dans un contexte plus général de déplacements, avec l'acquisition à la même période en Belgique, par son neveu Henri, du métier d'horloger. Elle ne coïncide pas non plus avec la période d'émigration de personnes du Brabant wallon vers le Wisconsin qui s'est déroulée peu après de la fin 1852 à 1857.

Mentionné par son arrière-petit-fils comme ayant débuté son parcours à Boulogne-sur-Mer, avant de s'installer à Paris, son déplacement pourrait s'inscrire dans la suite de la migration de marbriers wallons observée depuis la construction du château de Versailles au 17ème siècle. L'arrivée de François-Xavier à Boulogne en 1841 coïncide aussi avec le développement économique de cette ville. Elle devint, à cette époque, un grand centre de transit pour les voyageurs traversant la Manche, un grand port de pêche et un centre balnéaire. Durant ce siècle, le nombre de ses habitants passe de dix à cinquante mille. Il en résulta un programme de constructions et de rénovations de monuments ainsi que de nombreuses maisons. Sans compter celle de la Colonne Napoléon, dite de la Grande Armée, qui donna une impulsion à l’exploitation des marbres du boulonnais en faisant connaître leur existence à la France. Il est probable que ce François-Xavier a participé à cette phase florissante et en aurait fait bénéficier son frère Alexis qui est enterré également dans la sépulture familiale de Créteil. Ayant pu travailler et se former préalablement dans les carrières de tuffeau à Linsmeau, près de Neerheylissem, puis dans les carrières du boulonnais,  il existerait à ce niveau une légitime succession et cohérence dans les situations. Cette hypothèse supplanterait celle qui voudrait qu'il se soit dirigé sur Boulogne pour prendre un navire à destination de l'Angleterre.


          Concernant ses lieux d’habitations, selon les informations mentionnées dans les  lettres échangées pour l'obtention de sa naturalisation française, on doit conclure qu’il est installé en France depuis 1841
. Aucune indication par contre sur une adresse ou un lieu entre 1841 et 1850. Aucunes références ne permettent de confirmer son passage à Boulogne-sur-Mer. A Paris, c’est le XIème arrondissement, près de la Bastille, qui a eu ses faveurs. Le premier endroit, en 1850, se situe au 28, rue Saint-Pierre Amelot avant de s’installer vers 1859 à proximité, au 62, rue Saint-Sabin près de ses ateliers. Par la suite, pour cadrer avec son époque, il acquit un hôtel particulier au 59, rue Jouffroy. Il a possédé également une maison à l'adresse les Buttes à Créteil, au bord de la Marne. Marié le 10 avril 1855 à Paris, son épouse Marie-Françoise LEDOUX est décédée en 1862, à l'âge de 29 ans. Il a donc du assumer seul l’éducation de ses deux enfants.
 
          Au niveau professionnel, par la lecture d'un certain nombre de documents, on peut arriver à déterminer son parcours. Il a du arriver à Paris en 1843. De cette date à 1850, il a travaillé au faubourg Saint-Antoine comme ouvrier et comme contremaître, notamment chez un marbrier du nom de GARDION, au moment de sa condamnation en justice en 1848. Ce qui indique qu'il a débuté à Paris sans aucun capital financier mais probablement avec de bonnes bases de dessins et de techniques qui lui permettront de progresser rapidement dans le métier. Ainsi, en 1850, il fonde déjà sa modeste marbrerie au 89 de la rue Traversière-Saint-Antoine. Et en 1856, il est appelé à la direction des ateliers de M. DUPUIS, Petite rue Saint-Pierre Amelot 28, sous la raison sociale DUPUIS et PARFONRY. En 1861,  suite à la retraite de ce dernier, il s'adjoignit à un certain LEMAIRE, cette fois sous la raison sociale PARFONRY et LEMAIRE. Pendant de nombreuses années, il conservera le nom de son premier associé dans les textes publicitaires. Il est encore associé avec LEMAIRE  lors de l'Exposition de Philadelphie en 1876, organisée à l'occasion du Centenaire de l'existence des Etats-Unis. C'est cependant la même année qu'il devint seul propriétaire de l'établisssement au 62, rue Saint-Sabin, et des succcursales qui en dépendaient. Il s'associera de nouveau pour former la société PARFONRY et HUVE Frères.    

         Suite à la lecture d'un document, on apprend qu'il utilisait le marbre noir de Belgique, calcaire de haute valeur. Ce type de marbre était particulièrement reconnu à l'époque avec notamment ceux de Golzinnes, de Dénée, de Furnaux, faisant de la Belgique un lieu privilégié pour les marbreries. L’exploitation aurait commencé à ciel ouvert vers 1850. Par la suite, il y appliquera les acquis de son savoir - faire aux cheminées des appartements bourgeois des immeubles haussmanniens de Paris. Et pour cadrer avec son époque, il fera l’acquisition d’un hôtel particulier dans la rue Jouffroy à Paris. Dès 1864, on reconnaît que son entreprise fait un chiffre d’affaire considérable. Celle-ci est même évaluée en 1871 à un montant de 700 000 francs. 
          Marbrier d’art, Vice-Président de la chambre syndicale de la marbrerie de Paris depuis 1862, qu'il présidera à deux reprises (1875-1877, 1881-1883), il sera fait Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 3 juillet 1881, en récompense de ses titres obtenus à l’occasion de différentes expositions internationales  dont celles de Paris en 1867 et 1878, de Philadelphie en 1876 et de Melbourne en 1880. Son dossier sera transmis avec le parrainage du sculpteur animalier Auguste CAIN (1821-1894) dont certaines oeuvres  se trouvent de nos jours au Jardin des Tuileries à Paris.

         Sa présence se retrouve en différents endroits dont le socle de la statue de l'impératrice Joséphine de Beauharnais, inaugurée le 29 août 1856, et installée Place de la Savane à Fort-de-France en Martinique. Cette statue, d'une hauteur d'environ 5 mètres, est constituée de marbre de Carrare, de granit et de bronze. M. MANGUIN en a été l'architecte. Il est aussi mentionné en tant que fournisseur de marbres à la Manufacture de Sèvres entre 1876 et 1895, ainsi qu'aux expositions Universelles de Paris et de Philadelphie pour y avoir présenté des pièces en marbre. L’une de ces cheminées est retenue par l’antiquaire Marc MAISON, sur son site, comme représentative du style néo renaissance, style qui apparut à l’avènement du roi Louis-Philippe suite de la redécouverte des primitifs italiens, qui entrent au Louvre à partir des années 1830. Antiquaire qui me signale par ailleurs qu'il y a " très peu de noms d'artisans à pouvoir être rattachés à la promotion de cheminées ", signalant de ce fait le grand intérêt de cette mention. Pour l'exposition de Philadelphie, sa présence s’inscrit dans ce que la France pouvait apparemment présenter de mieux comme industriel.  Il est encore mentionné dans l’annuaire des fabricants de Paris en 1886. En 1891, il a probablement obtenu, en compagnie de HUVE, le lot « marbrerie et sculpture » des travaux de rénovation d’une nouvelle mairie, située Avenue de Longueil à Maisons Lafitte. Il est probable que cette association s’est pérennisée sur un certain nombre d’années. Un certain Louis LEGOUY, âgé de 44 ans, travaillant comme contremaître marbrier depuis 1874 pour MM. PARFONRY et HUVE frères, a été récompensé de la médaille de bronze dans la catégorie « Personnel de bâtiments » lors d'un Congrès international des architectes qui s'est tenu à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris en 1889.
 
          Outre son cadre d’activités professionnelles, il a joué un rôle social et didactique. Il a offert une cheminée Louis XIV en marbre au musée Carnavelet à Paris. Il a également été nommé membre de la Commission de surveillance de la bibliothèque professionnelle d’art et d’industrie, créée dans l’école communale de la rue Titon, dans le 11ème arrondissement. Fondée suite à un legs de 200 000 francs à la ville de Paris de M. Aimé Samuel FORNEY, elle a été inaugurée le 27 février 1886. Par proposition de cette commission, il sera désigné, par un décret du préfet de la Seine POUBELLE du 31 mars 1887, comme l'un des dix memebres du comité spécial chargé de la recherche et du choix des modèles de meubles et d'objet d'art industriel à reproduire et à vulgariser dans la publication industrielles L'Artisan. Il était par ailleurs membre sociétaire de la « Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures ».

         L'organisation de sa marbrerie a également fait l'objet d'une attention particulière. Faisant suite aux grèves dans les années 1860, confronté aux problèmes de livraison et de débouchés extérieurs importants, il avait pris la résolution d'instaurer la participation aux bénéfices. Il fut l'un des initiateurs en France de cette pratique. Dans plusieurs documents, notamment dans un cours de la Faculté de droit de Paris, on trouve une référence explicite sur la mode de salaire pratiqué. Manifestement cette marbrerie devait servir de modèle socio-économique et sa notoriété avait dépassé les frontières nationales. Devant être l'une des plus connues de Paris,  elle est notamment visitée à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris en 1867 par un artisan anglais, Thomas CONNELLY, délégué par le Council of Society of Arts. Dans un rapport élogieux, il déclare "avoir été impressionné par l'ordre et la régularité du travail, en particulier celui du découpage. Ce sont les meilleurs marbriers qu'il n'ait jamais vu".

         Des dernières années de sa vie, on ne retrouve que peu d'éléments. Dans un testament du 12 mars 1893, il est écrit qu'il a effectué un legs de 1000 francs au bénéfice d'une commune du Département de la Seine, probablement Créteil ou il résidait. Décédé le 16 juillet 1898, à l'âge de 76 ans, il est enterré dans le monument sépulcral familial à Créteil. Décoré de sujets sculptés représentant des guirlandes, un aigle et une figure de femme drapée, il l'avait fait construire en 1862, année du décès de  son épouse. Ce monument funéraire est inscrit dans la liste des monuments historiques non protégés.

          François-Xavier a été une des figures de proue du renouveau de l'industrie marbrière en France durant le 19ème siècle. Mal connue de nos jours, cette recherche fait l'objet d'un nouveau centre d'intérêt.
( voir autres articles dans le dossier FX PARFONRY)

            b. Un autre Alexis, bien mal en point

Peu d’informations sont connues par contre sur son frère Alexis, né probablement en 1823. La seule mention connue était qu'il soit enterré dans le caveau familial de Créteil, auprès de son frère. On pouvait en déduire qu'il avait  très certainement accompagné celui-ci dans son périple parisien. Suite à un compte rendu d’une visite en 1857 auprès du Baron HEURTELOUP, médecin urologue à Paris, on dispose d'autres éléments. L’un d’entre eux confirme notamment le fait qu’il travaillait bien chez son frère marbrier au 28, rue Saint-Pierre-Popincourt. Il habitait dans le faubourg Saint-Antoine, non loin de la première marbrerie installée par son frère en 1850. Ayant contacté à plusieurs reprises la blennorragie, dès l’âge de 18 ans, on y décrit avec de nombreux détails, les affections et les traitements subis avant la visite du 6 mai 1857, effectuée auprès de ce praticien. La description effectuée par l'infortuné Alexis lors de sa visite, à propos de son affection, est un témoignage des plus réalistes. De quoi en retenir que le sacro-saint secret médical n’était assurément pas de mise à cette époque. Les témoignages de spatients étaient ainsi repris pour justifier d'une avancée dans le traitement médical. Dans ce cas précis, il s'agit du rétrécissement de l'urètre ne recourant pas à l'usage de corps dilatants. Alexis fut opéré le 9 mai suivant. Et le document se termine par l’écriture de deux lettres adressées au médecin pour l’assurer des bons résultats de l’opération.

Ce Baron Charles, Louis HEURTELOUP (1793-1864) n'est rien d'autre que le fils du Baron Nicolas HEURTELOUP (1750-1812), Premier chirurgien des armées de l'Empire. Il est considéré comme le précurseur du développement des connaissances et de la législation en matière de lithotripsie. Cette visite auprès du chirurgien se réalise une année après l'installation de la statue de Josèphine de Beauharnais en Martinique. Ce qui peut confirmer que François-Xavier, devenu très proche de l'entourage de Napoléon III, disposait de certains égards et de certains contacts. Alexis avait du attendre pas moins de seize années pour guérir de son mal. Il est décédé à Paris en 1876, soit l'année au cours de laquelle son frère obtint sa première reconnaissance internationale lors de l'Exposition Universelle de Philadelphie. 

 

Lettres d’Alexis PARFONRY au Baron HEURTELOUP, médecin urologue

29 Mai 1857

Je viens dire à M. Heurteloup que son opération a parfaitement réussi ; elle a été faite sans que j’aie éprouvé de douleurs. Je me vois débarrassé de mon rétrécissement, car je pisse fort bien, et je suis également et tout à fait débarrassé de mon écoulement.

 

2 août 1859


Monsieur le Baron,

Je réponds à votre petit billet du 23 juillet.
Par suite de vos opérations, je me plais à vous témoigner toute ma reconnaissance pour les résultats que j'ai obtenus presque sans douleur.
Lorsque je m'adressai à vous, j'étais désespéré par plusieurs années de traitement par le système bougie et sonde en raison des affreuses souffrances que ce traitement m'occasionna, et cela sans résultat.
Grâce à vous, Monsieur le baron, j'éprouve aujourd'hui un soulagement radical; la miction se fait très facilement, et la blennorrhée a entièrement disparu. Je suis heureux de pouvoir constater ce fait, et je vous prie d'agréer les remerciements bien sincères de votre tout dévoué serviteur.

PARFONRY
Rue Traversière Saint-Antoine, 29

            c. Paul, le peintre mondain
         Le fils aîné de ce François-Xavier, prénommé Paul, est né le 7 avril 1857 à Paris. Bénéficiant de la fortune de son père, il partagea son temps entre la peinture dans son hôtel particulier de la rue Jouffroy et la dispendieuse vie parisienne sans jamais réellement travailler. Artiste peintre d'une certaine renommée, il est reconnu comme " Petit Maître du 19ème siècle "représentant souvent des personnages dans des décors intérieurs urbains du 18ème siècle, notamment de l'hôtel particulier à Paris. Il a été l'élève du peintre Albert MAIGNAN (1845-1908).

        Cinq de ces peintures  " L'atelier du peintre", "Intérieur d’une chambre, 70 x 47cm ", " L’interruption, 130 x 100 cm ", " Rencontre devant un hôtel particulier " et " La visite galante, 56 x46 cm " ont été mises en vente ces dernières années respectivement en France (déc. 1981), au Danemark (sept. 1997), aux Etats-Unis (mai 2007) et en France (2008 et 2011). On mentionne également que la galerie NELLEMAN-THOMSEN aurait également effectué une vente d’un de ses tableaux. Un autre, intitulé " Le Souper de Louis XV", datant de 1888 est estimé peu après à 5 500 francs dans un inventaire. Une autre de ses toiles, intitulée " L'armoire aux robes " est considérée, selon le cas, comme "un très aimable caprice bibelotier", " un véritable bijou" ou " un intérieur à bibelots très habilement touchés ". Manifestement, Paul n'était nullement marqué par le mouvement impressionniste qui avait pris son essor depuis 1873 et qui allait marquer la peinture moderne.
 
        Contrairement à son style habituel, une de ces toiles, la seule recensée à ce jour à caractère religieux, copie d'une oeuvre de Pierre Paul RUBENS, intitulée " Saint Roch intercédant auprès du Christ en faveur des pestiférés ", a été repérée en Belgique dans l'église Saint-Amand à Spy (Province de Namur). A l'occasion d'une visite personnelle, j'ai pu en authentifier la signature. Installée probablement à l'occasion de la construction de l'église actuelle en 1901, elle est inventoriée dans le " Répertoire photographique du Mobilier des Sanctuaires de Belgique ". Malheureusement, la Fabrique d'Eglise n'a conservé aucune des archives qui auraient permis d'approfondir l'histoire de ce tableau. Retrouvéee dans les années 90 dans un débarras, elle a été dépoussiérée à l'ocasion du centenaire de l'église actuelle en 2001 et mise à sa place actuelle. C'est le seul tableau dans l'église.
           Le fait que plusieurs congrégations religieuses françaises se soient installées à Spy au début du 20ème siècle, en réaction à la loi COMBES, votée à Paris en décembre 1905, reconnaissant la séparation des Eglises et de l'Etat, peut constituer une explication de cette présence. Précédemment, une première vague d'expulsions s'était déroulée dès 1880. Jules FERRY avait ainsi interdit les Jésuites dans les écoles et donné un délai aux autres congrégations de se faire autoriser. Il en résulta une expulsion de cinq mille six cent religieux de tous ordres vers l'étranger. Pas moins de huit congrégations religieuses se seraient installées dans le village de Spy, avec l'appui du Comte de BEAUFORT, propriétaire du château de Mielmont. On y dénombre la liste suivante : Pères blancs Capucins, Soeurs des Pauvres Clarisses Colettines, Soeurs Visitandines, Soeurs N.D. de Sainte Erme, Soeurs Ursulines, Soeurs Augustines, Soeurs N.D. de la Providence et Soeurs Oblates du Coeur de Jésus.

        Cette migration consensuelle de plusieurs ordres religieux dans cette localité de Spy peut constituer l'une des clefs expliquant la présence de ce tableau. Acheminé dans un bagage d'un des ordres, lors de l'exode, il aurait pu être donné en remerciement de l'aide fournie à les recevoir. Paul a pu revenir en Belgique à cette occasion.

       Et comme autre coïncidence, le marbre noir de Belgique qu'utilisait son père François-Xavier, dans son travail, devait très probablement provenir de la localité de Mazy( carrière de Golzinnes), commune limitrophe. Simple hasard géographique ou existence d'une cohérence dans les situations !!!
       La grandeur de l'église de Spy, assez inhabituelle pour un petit village, peut apporter une autre interprétation de la présence de ce tableau. Construite vers 1900, l'objectif était d'édifier une église d'une certaine importance pour obtenir l'attribution du nouveau siège du doyenné. Dans ce contexte, il est probable que le curé ait recherché des oeuvres d'art pour la décoration de son église. Les grandes familles de la commune ont été sollicitées très certainement. Et le tableau de Paul, se serait finalement retrouvé dans l'églisse, donné en cadeau par le châtelain, le directeur de la marbrerie ou tout autre personne fortunée. Hélas, le choix du doyenné se porta finalement sur la ville industrielle voisine d'Auvelais.
 
         Sur une feuille trouvée dans la propriété familiale de Briou du Lude, on découvre la mention d’une autre de ses toiles, intitulée « Une tasse de thé » qui aurait été la propriété de la famille GOSSET, fabricant de cigarettes en Belgique. Cette peinture a fait l’objet d’un article dans la revue « Le Monde illustré, n°2182 «  du 21/01/1899, sous le titre « À la ville, une tasse de thé » et en première page de la revue "La Famille" du 20 mars 1899. Et curieusement, ce Félicien GOSSET, installé à Bruxelles en 1885, est originaire du village de Spy. On ne peut qu'y voir un lien crédible pour justifier le tableau religieux dans l'église et négliger la piste des congrégations religieuses françaises.
         Parmi les tableaux en possession de la famille, conservés à Briou du Lude, l’un d’entre eux aurait servi pour un calendrier de la Poste. Un autre, de petite dimension, rerésente une vue sur le port de Dieppe. Et sur un troisième, on y déchiffre sur le  dessus une signature, une sorte d'attention particulière écrite sous la forme la plus anodine " A mon ami Lucien ". Cette indication a permit de déterminer que le nom de l'artiste peintre photographié en même temps que Paul et son fils Jean s'appelait Lucien GROS. Plusieurs pièces de mobilier, apparaissant sur les tableaux (tabourets, pendules), appartiennent toujours à la famille. Certaines de ces peintures se trouvent dans des articles de ce blog s’y rapportant.
(voir autres articles dans le dossier Paul Parfonry)

         La présence de Paul Parfonry est observée à plusieurs reprises. Au salon de 1884, au Palais des Champs Elysées, il a présenté une peinture intitulée " Un coin de Cayeux (Somme) ", à celui de 1889, une autre intitulée " La tentation ", à celui de l'Exposition des Beaux-Arts en 1892, une toile intitulée " Triste dimanche " et au Cercle de l'Union des Artistes de 1894, une autre dénommée "Intérieur de pêcheur à Blankenberge". Il est mentionné qu'il a fait partie des collaborateurs du Conservateur du musée Carnavalet M. Georges CAIN, fils d'Auguste CAIN, pour organiser " l'Exposition rétrospective de la ville de Paris " présentée en parallèle de l'Exposition Universelle de Paris de 1900. Des pièces en provenance de Belgique ont été fournées à cette occasion. Son nom est également repris pour avoir participé avec sa toile " L'armoire aux robes" à l'exposition du Cercle de l'Union artistique, en tant que représentant " du goût français détaillant le portrait des intérieurs opulents et des musées".

        On le découvre également comme photographe dans un livre écrit par ce même Georges CAIN, avec une photo prise lors des inondations de Paris, datée du 26 janvier 1910, et intitulée " Le quai Voltaire et la pompe d'épuisement du Journal Officiel ". Il est cité dans la liste des personnes qui ont fait un don pour les sinistrés, lors de la souscription du journal Le Figaro du 1er février 1910. Abonné durant de nombreuses années à ce journal, on y découvre, dans une rubrique insolite intitulée "Déplacement de villégiatures des abonnés" qu'il se déplaçit le plus souvent à Créteil, très certainement dans la maison héritée de son père, mais aussi au château de Sainte-Claire, à Guise-la-Motte, situé à Berneuil-sur-Aisne, dans l'Oise. Son épouse, après sa mort, a continué à s'y abonner car on la retrouve dans la même rubrique, en déplacement à Trégastel (Côte d'Armor) en juillet 1929. Et, au regard des plaques en cuivre visibles à Briou du Lude, Paul a participé également à des chasses à courre dans la forêt de Villers-Cotterêts (Aisne). A deux reprises, en mars 1901 et en mars 1903, il y a reçu " les Honneurs ", suite à la prise d'un " dix cors attaqué au Rond Capitaine ". Ce qui signifierait qu'il a reçu, en tant qu'invité ne portant pas nécessairement une arme, une patte tressée de cerf. Dans cette même localité, il a été membre correspondant, en 1907 et 1908, de la Société historique régionale de Villers-Cotterêts, chargée de la conservation du musée d'Alexandre DUMAS. Il a également été, pendant de nombreuses années, membre souscripteur de la Société des Amis du Louvre.

        Assez curieusement, sa signature de certaines peintures réalisées assez tardivement, notammant celle sur un tableau de 1914 et sur celle reprise dans le calendrier de la Poste, reprend le tréma des actes du 18ème siècle.
       Marié à Gabrielle BARBAULT, il est décédé à son domicile, rue Jouffroy, en octobre 1920. La cérémonie religieuse s'est déroulée en l'égise  de Saint-François-de-Salon. Il est enterré dans l'imposant mausolée de famille du cimetière de Créteil. Un avis nécrologique a été repris dans un livre de l'époque et dans le Figaro du 8 octobre 1920 en mentionnant les sociétés d'artistes dont il était membre.
 
        » Le 7 octobre est mort à Paris, sa ville natale, le peintre Paul Parfonry, membre de la Société des Artistes français et du Comité de l’Union artistique ».
 
               d. Georges découve la vie de château

Des petits-fils de François-Xavier, le premier Georges, né le 3 juillet 1894 à Créteil, porte le prénom de son oncle, décédé. Il fut mobilisé au début de la première guerre mondiale. Fait prisonnier, il restera en Allemagne, au camp de Meschede durant toute la période de guerre. Il épousera en 1923 l’une des filles de la dynastie de la famille BASTIDE, propriétaire du château du Lude, près de Jouy-le-Potier dans le Loiret. C’est par ce mariage que les PARFONRY de France ont insufflé dans leurs gênes ce souffle du terroir de la Sologne qu’ils continuent à apprivoiser et à transmettre. Ils se partagent ainsi, au gré de leurs séjours, un domaine d'une superficie de 180 ha, autour de la ferme de Briou. Georges fut nommé membre titulaire de la Société de statistique de Paris en 1938. Il termina sa carrière comme Directeur commercial d’IBM.Décédé en 1964, il a eu trois fils.

(voir autres articles sur Georges dans ce blog)


          
e. Jean, Un oeil de maître

        Le second petit-fils de François-Xavier, prénommé Jean, est né le 9 août 1895. Diplômé de la promotion de 1924 des Internes en Médecine des Hopitaux de Paris, il sera nommé, après concours, ophtalmologue des hôpîtaux en 1933. Sans être déjà diplomé, il sera recruté en tant que médecin à la fin de la première guerrre. En 1934, il est affecté comme ophtalmologiste au Service des Consultations de l'hospice de Bicêtre. Il est de nouveau réquisitionné en 1939, avant de devenir médecin de réserve en 1940. Installé à Paris, son parcours professionnel en tant que chef du service ophtalmologique, débutera à l'hôpital Saint-Louis, puis à partir de 1943 à l'hôpital Laennec ou il viendra remplacer le docteur BOURDIER, atteint par la limite d'âge. Il poursuivra ce travail durant dix années avant de céder sa place au docteur VOISIN.

Médecin ophtalmologue, réputé pour ses travaux de recherche sur le strabisme, il a jeté les bases en France de la chirurgie millimétrée. Brillant professionnel reconnu, il publia plusieurs articles sur ce sujet. L’un de ceux-ci concerne l’un de ses confrères, l’ophtalmologue Albert POULARD. Il a également collaboré avec la SNCF pour le traitement des lésions des yeux des conducteurs de locomotives, vctimes d'escarbilles. Un hommage lui a été rendu, à l’occasion d’une rencontre entre spécialistes, par son collègue, le docteur Louis POLLIOT, sous une forme sibylline  assez conventionnelle mais néanmoins marquée de reconnaissance.

« Le docteur Polliot rend hommage à son maître le docteur Parfonry trop tôt disparu pour mener à bien l’achèvement de son rapport ».

 

Dans ses recherches, il collabora avec le professeur américain Edward HARTMANN, qui créa à l'hôpital Laribosière le premier centre français de traitements orthoptiques. Leurs travaux sont mentionnés dans différents revues et congrès. Il est décédé d'un infarctus en 1953, l'empêchant de finaliser son dernier rapport, centré sur le strabisme concomitant. Celui-ci ne laissa pas indifférent le monde médical, l'accueillant même "avec stupeur, sauf ceux qui y voyaient la justification de leur paresse ". Différentes interventions dénotent que ce rapport fut analysé avec beaucoup d'intérets mais surtout pas mal de critiques.

           Passionné de pêche, Jean pratiquait celle à la mouche dans la Charentonne, un affluent de l'Eure). Par l’intermédiaire de ce même HARTMANN, il est entré en possession d’une des premières cannes à pêche en fibre de verre, ramenée des Etats-Unis. Comme lieu de détente, il a fait construire en 1938 une maison à Grandcamp-Maizy, dans le Cotentin, qu’il a dénommée « Villa Françoise » du prénom de sa fille, née la même année. 
              (voir autres articles sur Jean Parfonry, l'ophtalmologue, sur ce blog )


            f. Le Papipunch guadeloupéen

Jacques, le fils aîné de Georges, l'aîné des quatre arrières-petits-enfants de François-Xavier, est né le 20 janvier 1924 à Paris. De sa jeunesse passée dans le décor du château du Lude, les chroniques de l'époque ont retenus qu'il fut présent le 22/12/1934, au mariage de se tante Odile BASTIDE du LUDE avec Guy BRUNEL. Ses années d'adolescence traversées avec l'espoir de devenir mécanicien dans la marine marchande, il obtiendra son baccalauréat après des années de pension à partir de l'âge de 9 ans dans différentes écoles religieuses, dont le Collège de Juilly en Seine et Marne, chez les Oratoriens,avant de terminer au Lycée Carnot à Paris. L'exigence de ce type d'enseignement laissera à Jacques un goût amer contrairement à son frère cadet Pierre.

Puis arrivèrent les années de guerre. Au début de l'occupation, il travaille dans un haras de pur-sang près d'Alençon., Son père, ayant été muté à Lyon, il y suivra sa famille pour travailler quelques temps dans les fermes de la région. Par la suite, en pleine période de guerre, il s'inscrira, près de Toulouse, à une formation de tractoriste lui permettant d'acquérir une expérience en mécanique agricole. Cela lui ouvre la voie d'être embauché dans des fermes  de la Beauce avant de s'engager à la fin de la deuxième guerre mondiale dans les Chasseurs alpins. Combattant en Alsace puis traversant le Rhin à Germersheim (voir article : La seconde vie de Jacques après Germersheim) avant d'atteindre la Forêt Noire, il poursuivit l'ancien occupant jusque la frontière autrichienne. De cette expérience, il en ressort avec la Croix de Guerre. Il poursuivra dans cette voie militaire en suivant une formation de parachutiste, ponctuée de six sauts. Jouant son engagement pour l'Indochine à pile où face, la pièce lui indiquera qu'il sera démobilisé. Après avoir travaillé un court moment dans les surplus de l'armée américaine, il est allé rejoindre en bateau, fin de l'année 1947, sa future épouse en Guadeloupe, installée avec ses frères et sa mère revenue du camp de concentration de Ravensbruck. Un livre intitulé " Sous la Schlague" y retrace son expérience. Le voyage, effectué au départ de Bordeaux, sur un porte-container, lui a été payé par son oncle et parrain, Jean. Marié le 24 mai 1948 à Baie-Mahault, il a débuté sa carrière avec un contrat local pour l'entreprise VIVIES, garagiste. Il combinera ce travail avec celui effectué pour PRAVAS, un béké spécialisé dans l'exportation de bananes, où il se consacrera à défibrer du palétuvier, destiné à assurer la protection des bananes mises dans  des sacs de papier kraft. Pendant ce temps, ses beaux-frères et son épouse trouvaient du travail chez DARBOUSSIER, entreprise fabricant du sucre et du rhum. Quelques années plus tard, revenu en Métropole, il s'installe à Arras à partir de 1962. Après un petit passage comme chef grutier à Aire-sur-la-Lys, il assurera la maintenance du matériel lourd de l'entreprise "International Harvester", basée à Arras et dont un des principaux clients était la société  LESAGE de Bailleul dans le Nord. Exerçant finalement son rêve de mécanicien à terre plutôt que sur mer, il occupera la fonction de chef de service de 1965 jusqu'en 1970, recevant entretemps les félicitations de son père, peu avant sa mort. Ensuite, après avoir résidé quelques années dans le Périgord, à Champagnac-de-Belair en Dordogne, dans la propriété de ses beaux-parents, il est arrivé en 1976 dans le fief familial de Briou du Lude à Jouy-le-Potier. Il y est devenu enseignant dans le cadre de formations continues dans le secteur des bâtiments et des travaux publics, acquérant le surnom de « Tonton Bull » pour ses capacités à assurer la maîtrise de ce type de matériel. Basé dans une école située à Vendôme, cette fonction lui a permis de sillonner la vallée de la Loire en assurant notamment certaines formations dans des centrales nucléaires. Pour sa retraite, désireux de retrouver le soleil des tropiques, il est retourné vivre définitivement en Guadeloupe en 1994, dans la maison achetée à Gissac dans le lotissement « Petits étangs », près de la plage de Bois Jolan. Parcourant les îles des Antilles, cela  lui permit de découvrir le socle de la statue de Joséphine de Beauharnais, réalisé par son ancêtre en Martinique. Son épouse Michelle LASNET de LANTY, est l’arrière-petite-fille d’un propriétaire de plantations en Indochine. Son père, Jean LASNET de LANTY, est venu travailler avant la guerre à Baie-Mahault, près de Pointe-à-Pitre, pour assurer le développement de plantations de bananes. Ce dernier, revenu en France pour gérer dans la Brie les exploitations agricoles du baron ROTHSCHILD, sera arrêté avec son épouse, pendant la guerre comme résistant et transféré au camp de travail de Vaihingen en Allemagne ou il décédera en février 1945. Michelle, auteur de plusieurs ouvrages culinaires, dont certains écrits en collaboration de sa mère Henriette, est reconnue comme « une spécialiste de la cuisine de tradition et  du terroir ».

    

g. Les Parisiens
           Le deuxième fils de Georges, Pierre né le 13 septembre 1926 est le seul à naître au château du Lude, à Jouy-le-Potier. Il a travaillé longtemps sur des chantiers en Afrique, notamment pour la construction du port de Douala au Cameroun. Il a terminé sa carrière comme chef du service de presse chez IBM. Il participera notamment à un débat intitulé "Le dossier du robot. Qui prendra les décisions dans les sociétés des années à venir", relaté dans le numéro 29 de la revue Planète de juillet-août 1966. Décédé le 23 novembre 1983, son épouse Jeanne BUDIN est une médaillée de la résistance. Quant au troisième, Michel, né à Paris le 21 février 1933, il poursuit le mode de vie de ses ancêtres dans le contexte de l’hôtel particulier de la rue Jouffroy. Et une dernière arrière-petite-fille du marbrier, Françoise, fille de l’ophtalmologue, née à Paris le 19 avril 1938, travaillant pour une caisse d'assurance maladie des professions libérales en Ile-de-France, est restée également centrée sur la capitale. La descendance est répartie de nos jours dans plusieurs régions de la France métropolitaine, principalement dans le Loiret et la Gironde. 

  
                D. Une petite réflexion pour terminer

 

       Cette branche, installée en France en 1841, vient de s’étoffer d’une seconde migration en 2007, suite au mariage de mon fils François avec une française de la région de l’avesnois. Par un hasard totalement fortuit, le pays de VILLON, TRUFFAUT, MAURIAC, RABELAIS, NOURISSIER et de nombreux hommes politiques (MITTERAND, FILLON, HOLLANDE, BAYROU) mais avant tout de LA FAYETTE, de PASTEUR, de HUGO, de MERMOZ, de SAINT-EXUPERY, du Général de GAULLE, de MENDES FRANCE, du professeur MONTAGNIER peut s’enorgueillir désormais de la présence de deux PARFONRY portant le même prénom et en lien direct avec leur ancêtre né en 1762  à Neerheylissem. Il en est de même pour le prénom Benoît, présent en Suisse et en France et également de la même origine. Et complétant la série, d'autres prénoms ne tarderont pas à prendre connaissance de cette saga pour en perpétuer la lignée sinon la mémoire.

       Une saga qui ne se contente pas de passer en revue la liste de ses acteurs, enfermés dans une représentation statique des dates de la vie. Mais qui finalement se présente sous la forme de rencontres en faisant apparaître une série de personnalités marquantes se retrouvant impliquée encore de nos jours dans la simple connaissance acquise. Quoi de plus éloquent que d’apprendre son passé en le découvrant traverser l’histoire au contact d’une Impératrice autrichienne, d’un Empereur des français, d’un Roi des belges, d’un Prince russe ayant organisé l’assassinat de Raspoutine, d’un Khédive d’Egypte, d’un Conservateur illustre du musée du Louvres, d’un Prix Nobel de la Paix, du Père de la théorie du Big Bang, d’un peintre flamand des plus connus, de plusieurs personnes reprises dans la liste des cents wallons du XXème siècle d’un cinéaste des plus réputés, du Général de la Première armée française, d’un certain nombre de médecins renommés, de l’instigateur de la modernisation de Paris, d’un préfet ayant laissé son nom dans le langage, d’une grande tragédienne française, d’un important fabricant belge de cigarettes, etc.… Bref, une kyrielle de personnages qui, à travers notre histoire familiale, nous font découvrir la grande Histoire et l’évolution permanente de la société ce qui est assurément un gage d’originalité de son parcours.

         Sans faire oublier que le pays de BREL, de GREVISSE, de LEMAITRE, de MAGRITTE, de PAULUS, de REDOUTE, de RENNEQUIN SUALEM, de REY, de SAX, de SOLVAY et de nombreux dessinateurs du 9ème art (HERGE, JIJE, FRANQUIN, Edgard P. JACOBS, MORRIS, DUCHATEAU, PEYO, WALTHERY, WASTERLAIN, WILL, ROBA, SCHUITEN, TILLIEUX, MITACQ, HUBINION, CAUVIN, LAMBIL, MITTEÏ, MACHEROT, DELAHAYE, MARLIER, VANDERSTEEN, Van HAMME,...) restera à jamais la région ou cette saga a pris corps.

        Et de façon similaire à l’époque ou nous avons quitté les enfants des Chevaliers de PARFONRIWE en 1398, la poursuite de la continuité de la lignée en 2011 est donc réelle. Présente en Belgique, en France et en Suisse, la 10ème génération est en marche, descendant en ligne directe du couple PARFONDRIJ - LAMBRECHTS, identifié sur l'acte de baptême de leur fils en 1762.

   

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 21:29

      Ce dimanche 10 mai, nous avons décidé avec mon épouse, de reprendre le chemin de découverte des PARFONRY. Avant l'identification du tableau dans l'église de Spy, quelques semaines plus tôt, un indice m'avait été transmis sur l'existence dans le cimetière de Mélin de la sépulture d'Emile PARFONRY, l'horloger - bijoutier de Bruxelles, né à Neerheylissem en 1852. Attendant que le réchauffement climatique s'opère naturellement, il a été décidé, en cette première journée ensoleillée de printemps, d'arpenter une nouvelle fois le terroir de nos origines. A la veille de la période des Saints de glace, que tout ancien jardinier attend avant de sortir ses plantes annuelles, le thermomètre devait jongler pour la première fois de l'année avec les 20°.

      Et c'est ainsi que nous avons traversé quelques villages et communes de ce Brabant wallon de l'est. A la sortie de Gembloux, le premier village est apparu, celui de Thorembais-Saint-Trond, suivi tout au long de cette N 29, dans un ordre tranquille,  par Thorembais-les-Béguines, Glimes, Jauchelette, Jodoigne-Souveraine avant d'arriver, en " passant devant les écoles ", comme dit ma mère comme pour se souvenir de son jeune temps, dans la ville de Jodoigne. Petite ville de terroir calme ou je pouvais encore reconnaître au passage le magasin de vêtements " Aux Elégants ", devant lequel je prenais le bus dans les années 50, descendant la rue Saint-Jean en sortant de la classe de 5ème primaire de Madame STAELS, ainsi que la friterie devant le château Pastur, l'une des meilleures de Wallonie. Traversant cette cîté si chère à Big Loulou, notre Commissaire européen au développement, on la quitte pour nous diriger immédiatement vers notre destination, à quelques encablures, le village de :














      Tout en approchant à allure modérée, on repère le clocher de l'église, installé sur un promontoir, en face d'une grande batisse, du type château - ferme,  qui a du être construit à l'emplacement d'une de ses mottes féodales, qui jouaient un rôle défensif à une certaine époque. Une vue générale de l'église nous montre de suite que l'appellation de " pays blancs " donné à ce terroir est tout à fait justifiée.




Entrée de l'Eglise dans le village de Mélin








       Ne nous attardant pas dans les escaliers, on se dirige immédiatement vers la gauche, où, selon les indications de Jules notre informateur, nous devrions trouver cette fameuse sépulture, disparue des mémoires depuis longtemps. Seul indice connu, la croix est cassée. Et c'est effectivement ce qui nous permet de la découvrir, non sans avoir, pendant un instant, recherché et espéré découvrir une pièce architecturale de plus grande envergure. Légère déception, car la tombe, bien que massive, n'a rien de bien particulier pour l'époque. En plus, elle laisse apparaître un certain abandon au niveau de l'entretien, ce qui ne nous rassure pas sur l'assiduité des visites qui s'y sont opérées.















      En faisant glisser la croix, on découvre des mots gravés dans la pierre.
Un nettoyage s'impose. Tout avait été prévu pour la circonstance : seau, brosse et eau faisaient partie du voyage. Après avoir éliminé les dépôts du temps, on commence à déchiffrer le texte écrit en lettres majuscules. Le lieu et la date de naissance de l'épouse restent cependant à préciser.

                     EN MEMOIRE DE                     
       MONSIEUR EMILE PARFONRY
       NE A NEERHEYLISSEM LE
       27 - 2 - 1852 ET DECEDE A                  
       MELIN LE 19 - 9 - 1931

       ET DE SON EPOUSE
      CLEMENTINE DEVOS
      NEE A .................................1860
      ET DECEDEE A MELIN 20 - 7
                                                   
1932


       Cette lecture permet de connaître la date de décès de l'épouse, donnée qui nous était inconnue jusqu'àlors. Son décès a suivi celui de son époux de seulement 10 mois. Sa santé précaire lui aura permis malgré tout de lui survivre. Et d'expliquer en grande partie l'absence de pérennité de liens familiaux d'autant que le couple n'avait pas d'enfant.

       Malgré cette découverte importante dans le cadre de la conservation de la mémoire, nous sommes malgré tout un peu déçu par l'affligeant spectacle de cette tombe. Nous ne sommes même pas certain que la couronne de fleurs en céramique qui la décore lui ait été destinée. Depuis quand cette tombe n'a t-elle plus eu de visites ? Nous prenons le numéro repéré sur une étiquette apposée au devant de chacune des tombes, 158 dans ce cas, en espérant que cet indice nous permettra d'obtenir certaines informations auprès de l'Hotel de Ville.

       En sortant du cimetière, nous nous rappelons que nous sommes dans un des plus beaux villages de Wallonie, reconnu par l'utilisation de la pierre blanche de Gobertange dans la construction de ses maisons, la même pierre qui donne son fabuleux aspect à la Grand Place de Bruxelles. On en profite pour parcourir le village à la recherche de ces pierres centenaires. On n'a que l'embarras du choix pour les photos. Tout ici est lisse, propre, apaisant, laissant apparaître un matériau noble travaillé et entretenu par l'homme.


                      Exemples de maisons construites en Pierres de Gobertange

                                             
 Gobertange-024.jpg   Gobertange-028.jpg
       

      Avant de quitter ce pays, on passe par le hameau de Gobertange, le plus important et le plus célèbre de Mélin. Il doit sa renommée aux carrières de grès-calcaire dont l'exploitation, remontant à l'époque romaine, s'est pratiquement arrêtée au 19ème siècle. A l'époque, l'exploitation était souterraine à 15 ou 20 mètres de profondeur pour atteindre ce calcaire lumineux. Une centaine de puits étaient en activité dans la région. Aujourdhui, il reste une carrière et l'activité se fait à ciel ouvert. La pierre de Gobertange est réputée pour sa maniabilité, son durcissement et sa belle patine. Elle garnit les édifices autour de la Grand Place de Bruxelles.

       Dans cet endroit, nous retrouvons facilement la maison, dans la rue de la Croix Sainte Barbe, là où Emile PARFONRY s'est retiré à la fin de sa vie, à partir de 1919 jusqu' à sa mort en 1931. Une maison, datée sur le fronton latéral de l'an 1840, qu'il faisait appeler " le château " et qui gardera probablement tous les secrets de ce personnage. Elle vient d'être rachetée et sa rénovation est en cours.

 



Maison d'Emile PARFONRY à Gobertange








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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 13:27

      Dans un article précédent, reprenant des informations sur une lignée de Chevaliers au Moyen Âge, portant le nom de PARFONRIWE, il avait été mentionné qu'ils avaient officiés dans l' Ordre des Hospitaliers de Saint - Jean de Jérusalem (actuellement Ordre des Chevaliers de  Malte) à la fin du 14ème et au début du 15ème siècle dans une Commanderie située à proximité de Liège, à savoir celle de Villers-le-Temple, en rive droite de la Meuse. 

      Un texte extrait du livre " Le miroir des Nobles de Hesbaye" de Jacques de HEMRICOURT en attestait l'existence. Ce texte mentionnait ainsi plusieurs membres de cette lignée de ces Chevaliers. Il était fait référence à plusieurs titres. Parmi ceux-ci, l'un n'avait pas attiré particulièrement notre attention, n'ayant pas pu situer les noms qui y étaient repris.

      La phrase était rédigée comme suit :
"..... frère Ameile et frère Johan, qui sont freires chevaliers delle ordre Saint Johan de Jherusalem, et est ly dis frère Ameile à présent maistres de Chantraines, assavoirs bailhiers d'Avalteres de la dicte religion. "

      Suite à une visite récente au Musée Armand PELLEGRIN à Neerheylissem, j'ai pu entrer en possession de documents décrivant la région de la Hesbaye brabançonne dont fait partie ce village.
A la lecture de l'un d'eux et plus particulièrement: " Visages du patrimoine en Hesbaye brabançonne. Itinéraire au - Pays blanc -, Jodoigne, 2007 ", des précisions étaient apportées sur ces noms.

      La signification et la situation  de Chantraines et d'Avalteres y étaient décrites. On y apprend ainsi que le lieu Chantraine est situé dans le village d'Huppaye qui est en fait l'un des quarante villages de cette Hesbaye brabançonne.  Au départ, il s'agissait d'une " hôtellerie " gérée par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dont la fonction première était d'offrir l'hospitalité à quiconque était de passage.

      Après l'incorporation de l'Ordre des Templiers en 1312, l'Hôpital de Chantraine acquiert le titre de Commanderie et devint la plus importante du baillage d'Avalterre (signification : Terre d'Aval, soit probablement les territoires les plus éloignés du centre historique de cet Ordre) qui comprenait les Anciens Pays - Bas méridionaux ( c'est à dire les anciens Pays - Bas espagnols ) et la Principauté de Liège, soit la totalité de la Belgique actuelle. Ce site sera abandonné progressivement à partir du 15ème siècle. De nos jours, il ne subsiste qu'une chapelle, intégrée dans les bâtiments d'un grande ferme carrée caractéristique de cette région.

      Dans le contexte de l'époque et de la situation, le titre de bailli était celui d'un Chevalier de grade supérieur dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il serait donc l'un des principaux dignitaires après le Grand Maître. Et selon le rituel, les Chevaliers sont " nobles de quatre races, du côté paternel et maternel, et portent les armes ", indiquant qu'ils étaient d'une noblesse d'armes. Acquérant ce titre plusieurs décennies après la chute de Jérusalem en 1290, il n'est pas certain par contre que l'un d'entre-eux ait participé à  une croisade pour atteindre ce niveau de responsabilité dans l'Ordre.

      Par le même texte du Moyen Âge, on apprend que cette lignée était originaire de Comblain, au confluent de l'Ourthe et de l'Amblève. Son existence est attestée en 1272 dans cette dernière localité par un Chevalier Johan de PARFONRIWE, déjà désigné sous le vocable de " Bailli du Condroz ".

      En conclusion, on retient que ce nom de famille existait dès le 14ème siècle dans la région de Neerheylissem. Ce nom se rapportait à une lignée de Chevaliers ayant occupé d'importantes fonctions jusqu'en 1411 dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

      On retrouve ce nom, avec une certaine densité, dans les actes de naissance pour un certain nombre de communes proches (Hannut, Bertrée, Trognée, Héron, ....), situées toutes sur le territoire de la Principauté de Liège et ceci dès le 17ème siècle, à la lisière de cette Hesbaye brabançonne qui nous a accueilli au milieu du 18ème siècle. Une présence ponctuelle a même été enregistrée dans l'enclave brabançonne de Beauvechain au 17ème siècle.

      On peut dès lors penser que ce nom avait traversé la Meuse dès le mileiur du 14ème siècle comme l'atteste cette famille de Chevaliers de PARFONRIWE à  la Commanderie de Chantraines.  Et que la branche de Neerheylissem, in fine, soit le dernier maillon de cette présence initialement importante au sein de la Hesbaye, en rive gauche de la Meuse, n'est pas impossible.
 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 09:50

      L’une des caractéristiques de cette branche de Neerheylissem concerne l’écriture du nom depuis l’installation dans cette commune au 18ième siècle. La présence de la consonne « d » est apparente à la première génération, sur le premier acte de baptême de 1762, avec une écriture du nom du père sous la forme « Parfondrij ». Cette forme semble disparaître par la suite. La lecture des actes de trois membres de cett famille est ainsi assez significative. Les actes de décès de Gabriel en l’an 9 (1800) et de son père Jean en l’an onze (1803) de la république s’écrivent sous la forme de « Parfonrij ». Et l’acte de baptême de Marie-Christine en 1793,  est déjà entièrement conforme avec l’écriture actuelle «  Parfonry ». Beaucoup plus constant, la forme « ij » est visible sur plusieurs générations. On la trouve assez curieusement en Normandie en 1703 sur une ordonnance de Charles D’HOZIER, mais cette fois sous la forme « Parfonrij » avec une erreur d'écriture du fait que cette ordonnance se réfère très certainement au nom local " Parfouru". Et elle apparaît aussi sur l’acte de naissance du 18 frimaire an 6 de la République française (soit le 07/12/1797) dans le nom « Parfonrij » ainsi que dans le nom du village «  Bas Heijlissem ». Cette transcription du « ij » à la place du « y » n’est en rien en liaison avec l’occupation française. Celle-ci n’a pas occulté l’existence du tréma.Il en est de même, plus tard, dans la lettre de son oncle Emile (1852 - 1931), l'horloger bijoutier, écrite de Gobertange dans le Brabant wallon le 22 janvier 1930.

      Confirmé par la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, cette transcription du "ij" à la place du "y" n'est en rien une résultante d'une influence flamande mais résulte de la maintenance du tréma sur le " y " sur les graphies anciennes. Le fait que les trois premiers PARFONRY installés à Neerheylissem se sont mariés avec des filles d'origine flamande (LAMBRECHTS, VANDERLINDEN, SMEESTERS), en toute logique avec la situation géographique et la plus forte proportion de filles en provenance de villages flamands à cette époque, n'est en rien l'explication de cette écriture. La stabilisation sous la forme actuelle se serait réalisée assez tardivement. 

      Un élément essentiel de cette évolution du nom est donnée dans les actes de la commune de Trognée. Lieu probable d'origine du premier de notre branche de Neerheylissem, leurs lectures permettent de se rendre compte de l'évolution de la signature pour une même famille de PARFONRY. Ainsi, en 1797, Lambert signe l'acte de naissance de son fils du nom de " Parfonrij ", Joseph signe en 1849 sous la forme de "Parfondrij " et Gérard en 1888 écrit "Parfondry ".

      C'est donc bien la terminologie du lieu de naissance, et non l'origine flamande de la famille, qui devait être restée présente dans la mémoire des PARFONRY de France, reprise dans la lettre de 1999. A moins que, vu la succession des unions qui s'étaient concrétisées sur 3 générations, entre 1767 et 1828, des liens familiaux n'étaient restés du côté de la Flandre, ce que François Xavier PARFONRY (1821 - 1898) aurait pu encore connaître.  La phrase de Jacques, son arrière-petit-fils, extraite de sa lettre du 23 février 1999, adressée à Jean de la branche des PARFONRY d'Erezée, et reprise ci-dessous, peut recouvrir l'une ou l'autre des interprétations.

 " ..... nous n'avons quasiment rien de substantiel sur nos générations précédentes. Nous savions que nous étions issus d'une branche de Parfonry venant de Flandre il y a longtemps ......".


Extrait de la Lettre de François Xavier PARFONRY adressée au Ministre de la Justice français en 1864




Signature de Anne Elizabeth PARFONDRY (branche d'Aywaille) en 1893

 


      La stabilisation sous sa forme actuelle se serait réalisée assez tardivement. La signature d'Anne Elizabeth PARFONDRY (1834-1933), de la branche d'Aywaille, sur un acte de mariage de 1893, comporte le point sur le " i " et non sur le " j ", résultant soit d'une omission, soit d'une transition au niveau de l'écriture. En ce qui concerne le premier PARFONRY français, la situation évolue. SI l'administration française n'utilise jamais de tréma dans l'écriture de son nom, on constate que la signature de François-Xavier maintient celui-ci sur les deux lettres du 20 juillet 1864 et de 1871, adressées au Ministre de la Justice. Par contre, ce tréma n'apparaîtra plus en 1881 dans sa signature sur des documents en relation avec son dossier d'obtention de la Légion d'Honneur. Cette même transition sera observée plus tard pour son fils Paul qui authentifie encore un tableau en 1914 de la signature " Parfonrij ", écriture qui n'apparaît pas sur des toiles plus anciennes. Par la suite, plusieurs autres exemples attestent de la disparition définitive de ce tréma par la suite. Signant son diplôme d'instituteur en 1914, Emile, mon grand-père, ne le mentionne plus tout comme sur un document signé en 1926 en Belgique. Le " y " est bien apparent dans les deux cas. 
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 16:44

      Neerheylissem, le lieu des origines de cette branche des PARFONRY, est un village du Brabant wallon qui, depuis 1977, s'est regroupé avec les deux autres villages d'Opheylissem et de Linsmeau, pour constituer la nouvelle commune d'Hélécine.

      Ce nouveau nom constitue en quelque sorte la transcription de ce village sous une forme plus francophone que ne laisse pas apparaître la dénomination d'origine. Hélécine, avec 5 autres localités, est regroupé dans un ensemble paysager, territorial et géographique relativement préservé de nos jours. Il s'agit de la Hesbaye brabançonne, caractérisée notamment par un réseau de rivières déroulant leurs méandres vers le bassin de l'Escaut, à contrario de sa proximité avec le pays de Liège et la vallée de la Meuse proches. La région repose essentiellement sur une roche calcaire recouverte d'une importante couche de loess, un limon éolien d'origine glaciaire.

      Le territoire s'étend sur une superficie de 270 km2 et comprend 1 ville (Jodoigne) et une quarantaine de villages répartis sur les 6 communes (Jodoigne, Beauvechain, Ramillies, Orp-Jauche, Incourt et Hélécine). Il compte quelque 39 000 habitants. Hélécine constitue la plus petite des communes de cet ensemble.

      Composé de plateaux de cultures ouverts (openfield) légèrement ondulants avec un habitat rural relativement dense, cette région dispose ainsi d'une cinquantaine de monuments classés dont six appartiennent au rang de " Patrimoine exceptionnel de Wallonie", à savoir : 

           - La Ferme de l'ancienne Abbaye de la Ramée à Jauchelette,
           - l'Eglise Saint-Martin à Tourinnes-la-Grosse,
           - les carrières souterraines de Folx-les-Caves,
           - l'Eglise Saint-Médard à Jodoigne,
           - la Ferme de Wahenges à l'Ecluse, 
          - le tumulus Hottomont à Grand Rosière.
      A cela, il convient d'y adjoindre le village de Mélin (avec le hameau de Gobertange), inscrit dans la liste des plus beaux villages de Wallonie.

      Pour résumer l'harmonie et l'originalité de ce territoire, on peut le caractériser en retenant cinq centres d'intérêts.
 

         * un milieu agricole voué aux grandes cultures, marqué par la présence de bosquets ou d'arbres isolés ;
        * un sous-sol riche et diversifié qui a permis un développement de nombreuses carrières; l'une d'entre elles, la pierre de Gobertange est la plus connue du fait que c'est avec cette pierre que l'on a édifié la Grand Place de Bruxelles. D'autres ont également été extraites dont le tuffeau de Linsmeau qui a peut être inspiré l'ancêtre des PARFONRY de France avant de s'expatrier. La couleur claire de ces pierres a donné à cette zone géographique l'appellation de pays blanc ;
      * un nombre important d'églises anciennes remontant aux XIème et XIIème siècles, caractérisées par une tour romane quadrangulaire, disposant de murailles épaisses et pouvant servir de refuge temporaire; l'église de Neerheylissem en est un exemple type ;
     * les grosses fermes en quadrilatère, héritage issu du monde médiéval, soit résultant d'une origine seigneuriale, soit sous la tutelle d'une institution religieuse; ce type de ferme aurait monopolisé quelque 60 à 75% du sol cultivé; elles présentent plusieurs particularités dont la finition de la porte d'entrée du logis, la présence d'un  porche colombier mais surtout le volume de ses granges. Ce point est explicité sur les panneaux le long des autoroutes de la région par les mots du chanteur poète wallon Julos BEAUCARNE : 
le pays où les granges sont des navires ;
     * des témoignages de la présence romaine par le passage d'une voie importante reliant la ville de Bavay dans le Nord de la France à Cologne mais surtout par les tumuli, ces monticules de terre d'ampleur variable érigée autour du IIème siècle pour couvrir une sépulture. La Hesbaye étant un grenier à blé, la densité des villages est la résultante du nombre élevé de villae attribuée à l'époque romaine ;

      Il reste aux PARFONRY vivant à l'extérieur de cette belle région à venir découvrir le pays de leurs ancêtres. La description succincte ne peut pallier l'émerveillement d'une visite sur les traces de ceux -ci.

Ndlr : Cet article a été réalisé avec l'aide des documents fournis par le musée Armand PELLEGRIN, situé à Opheylissem, et en particulier " Visages du Patrimoine en Hesbaye brabançonne. Itinéraire au " Pays blanc ", Jodoigne, 2007.

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 16:15

      En dehors de son activité principale d'artiste peintre, Paul a du avoir, comme tout bon artiste, des occupations alternatives.

      Si celles-ci n'étaient pas bien connues, l'une d'entre elles vient d'être découverte. Dans le livre " Les Pierres de Paris " édité par Flammarion en 1915 et rédigé par son ami Georges CAIN, le Conservateur du Musée Carnavalet, on peut y trouver un dernier chapitre intitulé " La semaine d'un inondé ".

      Ce chapitre fait référence aux inondations de Paris de janvier 1910. Il est agrémenté d'un certain nombre de photos permettant de rendre compte de l'importance de cette catastrophe naturelle. Et parmi ces photos, on y trouve, un peu avec surprise, une photo de notre cher Paulo.

      Intitulée " Le quai Voltaire et la pompe d'épuisement du Journal Officiel ", elle est datée du 26 janvier 1910.

      Cette photo est reproduite à la page 379 du livre. Elle peut être trouvée sur le site :
 http://www.archive.org/stream/lespierresdepari00cainuoft/lespierresdepari00cainuoft_djvu.txt.

Pour y accéder : cliquer successivement sur "see other formats" puis sur " Djvu" ;  inscrire ensuite le chiffre "397" dans la fenêtre au dessus de la page. Ce qui vous permettra d'atteindre directement la page 379.

      La page est reproduite ci-dessous permettant de visionner directement la photo.

lespierresdepari00cainuoft_0397.jpg
      Peut - on trouver d'autres photos de Paul ? Une nouvelle piste possible vient d'être soumise à notre sagacité. Décidément, mon cher Paulo, tu étais un personnage de ton temps ! 

         Et sans doute, en voyant l'apparition de cette nouvelle technique permettant de placer les décors, les paysages et les gens sur un nouveau support papier, tu as du t'exclamer, en reprenant une formule qui aurait pu être reprise par  ton petit - fils de nos jours :

      "Pourquoi me faire ch... à colorier et me foutre des couleurs partout, alors qu'il est si simple de pousser sur un bouton  " !!!

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Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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