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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 21:13

       Emile l'horloger étant l'un des personnages centraux de mes recherches pour l'instant, il me semble approprié de vous aider à le faire connaître.
      Il était horloger-bijoutier mais surtout, à un moment, fabricant d'une montre à gousset portant l'effigie du Roi, à savoir, Léopold II à l'époque. Ce modèle est appelé " Boîte du Roi ".

      Ci-dessous, vous trouverez un modèle de cette montre ainsi qu'une photo (la seule disponible ) de son frère Alexis. Ce dernier, qui est mon arrière - grand - père, porte ce type de montre comme on peut l'observer en la regardant de près.

      Voici un exemplaire de cette montre en état de fonctionnement, achetée sur E bay.
            
Montre à gousset modèle " Boîte du Roi"                                             Alexis PARFONRY

 

                  Alexis.jpg   

 

 

 

 

         






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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 10:28

      Voici un blason en couleur, réalisé par un spécialiste de cette science héraldique, sur base du modèle noir et blanc trouvé dans un document (Source : Armorial d’Europe, J.B. RIETSTAP). Il  aurait été porté par un seigneur de PARFONDRY au Moyen Age. C'est une des plus anciennes indications de l'existence de ce nom trouvée à ce jour. Il est lié à la commune de Soumagne, ce qui constitue l'un des indices permettant de penser que l'origine de ce toponyme soit localisée aux abords des vallées de la Vesdre et de l'Amblève.
      D'autres aspects, tels l'extraction du fer, la concentration de lieux-dits, le peuplement ancien dans cette région, sans parler de l'hypothétique résultante de l'invasion normande à la fin du 9ème siècle complètent cette analyse.

      Il se définit comme suit :

D’argent, à la fasce, accompagnés en chef de trois roses rangées et en pointe d’un cœur, le tout de gueule, les roses boutonnées d’argent, barbées de sinople



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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 21:46

         Profitant d’un séjour non loin de la vallée de la Loire en juillet 2008, je fus invité à venir débusquer cette famille de PARFONRY français, rassemblée dans leur environnement  familial de Briou du Lude, au milieu des arbres de la forêt de Sologne, non loin du château de Chambord. Ils se retrouvaient tous à l’occasion du mariage proche de Clémentine, l’ arrière- arrière - arrière - petite - fille de François-Xavier. Avec mon épouse, je rencontrai quatre des descendants de ce François - Xavier parti de Neerheylissem aux environs des années 1840 pour y exercer un métier de marbrier d'art.

        Il y avait Jacques le patriarche, revenu de sa retraite de Guadeloupe, ses enfants Patrick et Martine ainsi que le neveu Jean-Pierre qui nous accueillirent dans la convivialité, les joies de la table et la gentillesse.
L’histoire du château du Lude et de la chapelle Sainte Corneille nous fût contée
. Merveilleux lieux de promenade et d’architecture, ces deux endroits font partie désormais de la mémoire familiale. L’idée de la création d’un blog y fut évoquée. Une invitation nous fût adressée pour nous rendre en Guadeloupe. Un vrai séjour champêtre qui laisse augurer d’autres rencontres.

        On renouvelait en quelque sorte un contact qui avait probablement été effacé depuis le décès de l’horloger Emile PARFONRY en 1931. La découverte et la lecture d’une lettre de ce dernier, écrite peu avant en 1930, y démontraient l’existence d’un certain nombre de liens entre tous les PARFONRY de Belgique et de France.

        De quoi rattraper probablement près d'un siècle d'éloignement. Mais tout cela sera vite oublié car, c'est promis, on a décidé d'aller en Guadeloupe retrouver Jacques le patriarche et retraité bienheureux sur son île..

        Voici les photos de la rencontre entre Roland et les PARFONRY français en juillet 2008. Une rencontre qui faisait suite à celle du mois d'août 2006 en Belgique avec Jean-Pierre et Agnès.

        

Roland et Jacques


Patrick, Jean-Pierre, Roland et Jacques

                                                                       
Patrick, Jacques, Roland, Martine, Martine (la mienne) et Jean-Pierre

Jean-Pierre, Roland et Patrick au travail


Les trois cousins PARFONRY : Patrick, Jean-Pierre et Martine

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 14:58

      Avec le système patrynomique qui s'est perpétué, la question de la pérennité de certains noms se pose. Le patrimoine est en partie menacé. A l'heure actuelle, de nombreux noms sont portés par 10 personnes au maximum.
      Notre toponyme n'est ainsi pas recensé parmi les cent plus fréquents de Wallonie ni pour aucune des communes ou il est présent. Et la situation n'est pas meilleure en France ou il a émigré depuis plusieurs décennies. Pour ce pays, le nom PARFONRY est au 336 633ème rang et le nom PARFONDRY au 276 939ème rang.

      Comment peut - on en être arrivé à cette situation alors que des témoignages mentionnent une présence abondante de ce toponyme à une certaine époque. On peut ainsi constater que l'on trouvait ce toponyme en rive gauche de la Meuse, alors que toutes les indications obtenues à ce jour laisse penser une origine au Sud de ce fleuve. Des mariages entre deux PARFONDRY ont même été observés à plusieurs reprises, ce qui laisse à penser qu'aucun lien récent n'existait.
     Ainsi, une lettre de la commune de Hannut du 24 novembre 1980, en réponse à une demande de recherche généalogique, signale que ce nom de PARFONDRY était très répandu anciennement. Il a disparu dans le courant du 19ième siècle. Ainsi, un faire-part mortuaire au nom d'Angélique PARFONDRY, veuve de François-Xavier VANNESSE, décédée le 29 juin 1895 à 64 ans, ne mentionne aucune ascendance ou descendance en lien avec son nom. Ce qui est sans aucun doute une indication d'une présence locale devenue toute relative. La dernière représentante de toute cette lignée a probablement été Hortense PARFONDRY, née en 1923 et ayant habité rue Camille Moïes à Trognée.
       Il en a été de même pour les communes situées aux abords de la vallée de la Burdinale. Le nom a été très prolixe en la matière. Les données obtenues sur le site généalogique de la Netradyle pour les communes de Heron, Meeffe, Landenne et Hannêche sont démonstratives sur ce plan. Un nombre important de mariages y ont été enregistré durant le XVIIIème siècle.

 

Héron

 

PARFONRY Jacques et BOCKA Marie Anne le 09/11/1738 ; PARFONRY Jean-François et JENNET Marguerite le 30/05/1726 ; STAS Defooz et PARFONRY Hélène le 07/05/1752 ; SERVAIS Jean François et PARFONRY Catherine le 09/01/1757 ; PIERRE Jean Hubert et PARFONRY Marie Catherine le 19/09/1764 ; PETITJEAN Jean et PARFONRY Marie Joseph le 20/11/1765 ; MATHELOT Lambert et PARFONRY Marie Jeanne le 04/11/1782 ; HOYOUX Philippe et PARFONDRY Hélène le 22/11/1728 :

Mais également de nombreuses naissances et de décès de PARFONDRY ce qui devraient permettre de trouver un lien, en fonction des dates, avec les mariages énumérés ci-dessus malgré une forme parfois variable du nom de famille : Jean- François ( 07/01/1703-21/05/1775) ; Michel (26/01/1707-25/01/1726), Marie Catherine (05/11/1708- 03/05/1778) ; Hubert (31/03/1711-01/06/1747), Albert (30/07/1713), Hélène ( 07/08/1728-03/03/1780), Marie Catherine (29/07/1733-03/03/1780), Marie Joseph ( 20/12/1738), Marie Catherine (27/09/1742), Toussaint (25/02/1745), Gertrude (16/07/1746), Jean Joseph (24/08/1748), Marie Jeanne (02/04/1754), Nicolas (02/06/1757), Marie Thérèse (12/02/1759) , Marie Catherine (1784 – 09/11/1841), Anne Joseph (1787-05/06/1845) ;
         Meeffe

Mariage de PARFONDRY Joseph et  MARNEFFE Catherine

4 enfants : Eugène Joseph (07/04/1730), Joseph Noël (12/06/1731), Antoine (28/10/1735), Marie Joseph (13/07/1738) ;

        Landenne

PARFONDRY Jean François, né le 22/07/1740, fils de PARFONDRY Joseph (de Meeffe) et de DIEUDONNE Hélène, marié le 05/08/1739 ;

Mariage de PARFONDRY Marie Catherine (de Héron) avec PIERRE Jean Hubert le 29/09/1764 ;

Mariage de PARFONDRY Catherine avec NOEL Jean Joseph (Héron) le 28/07/1778 ;

        Hannêche

Mariage de PARFOURY Egide avec JALET Barbe ; enfants : Lambert, né le 22/08/1671,  Michel, né le 23/03/1674,  Jeanne, née le 12/01/1679,  Barbara née le 13/06/1688 ;

Mariage de PARFOURY Egide avec FONTAINE Barbara ; enfant : Catherine, née le 25/02/1675 et décédée le 02/04/1715 ;

Mariage de PARFOURY Michel avec JACQUE Catherine le 26/05/1678 ; enfants : Lambert, né le 17/09/1679,  Michel né le 15/09/1681,  Jean né le 01/07/1685,  Elisabeth née le 20/11/1687 ;

Mariage de PLOMBTEUR Egide avec PARFOURY Elisabeth le 12/04/1687 ;

Mariage de BOURGUIGNON Jean avec PARFOURY Catherine le 27/01/1706 ;

Mariage de MOREAU Simon avec PARFOURY Barbe le 05/05/1712 ;

      Et la même observation est constatée pour la commune de Trognée. Les recensements de 1883 et 1910 indiquaient une présence importante, totalement absente de nos jours.
     Et probablement que cette situation était reproduite au sud de la Meuse, le long de certaines vallées qui a vu naître ce toponyme.  Qu'en est - il devenu depuis ce temps ? Il n'en reste que quelques dizaines. Et cela sans compter que la pérennité de ma branche, à partir de la naissance d'une seule personne à Neerheylissem en 1762 est assez exceptionnelle. La proportion plus importante d'hommes que de femmes à chaque génération  a du être déterminante pour la conservation de ce nom.

      Pour en apporter une preuve, j'ai ainsi calculé la proportion d'hommes et de femmes de cette branche, né en portant le nom de PARFONRY. Par esprit de comparaison et de répétition, j'ai effectué également le calcul pour chacune des lignées belge et française. On en retient les éléments suivants :


      En reprenant la totalité des données de notre arbre généalogique, on observe un rapport global entre les garçons et les filles de 2,4 ce qui est proportionnellement très élevé (pour un  total 36 garçons et 15 filles). On peut s'attendre à une valeur légèrement supérieure à 1 pour maintenir un nom. Avec une répartition de 2,8 (17 garçons et 6 filles) et 2,1 (19 garçons et 9 filles) respectivement pour la partie française et la partie belge.

     En conclure que nous sommes pourvus d’un gêne dominant qui prédispose cette proportion serait évidemment fort présomptueux. D'autant que si on se limite aux trois dernières générations, soit celles nées après la guerre 40 - 45, on aboutit à une proportion différente : 1,6 (8 garçons et 5 filles) pour la lignée française et 3,5 (7 garçons et 2 filles ) pour la lignée belge. Des résultats assez différents des moyennes générales qui laissent à penser que d'autres variables doivent intervenir.


     On ne peut que conclure que le gène mâle dominant n'a pas traversé totalement la frontière heureusement !!!!. Ce qui ne constitue évidemment pas une assurance pour la pérennité.


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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 11:25

           En rencontrant en décembre 2007, Alain, un PARFONDRY de la branche d'Aywaille, la discussion s'est dirigée sur le lien possible entre notre toponyme et le mot " Fonderie ". Cette relation était argumentée par le fait que le site du " Fondry des chiens", situé à Nismes dans la commune de Viroinval mentionnait ce lien.

           Cette localisation dans une des régions géologiques de Belgique, appelée " La Calestienne " peut constituer une source importante de confirmation quant on découvre la situation de ce lieu. Cette région de la Calestienne s'étend sur 130 km de longueur sur une largeur maximale de 10km depuis Trelon dans le Nord de la France jusqu'au dessus d'Aywaille, en comprenant toutes les grottes importantes de Belgique ( Rochefort, Han-sur -Lesse, Remouchamps, Aywaille, Hotton,...).

Note : Pour avoir plus d'explications sur la Calestienne et le phénomène de formation du fer :
http://www.brunette.brucity.be/Pagodes1/vierves/vierves_geo.htm ; http://www.marchelibre.be/calestienne.htm ;

            Ce terme de " fondry " est utilisé pour de vastes et profondes cavités qui fournissaient du minerai de fer en quantité depuis la plus haute antiquité. Le fait également que l'on retrouve différents lieux - dits répertoriés, construits sur la même assise géologique, dans la même région géologique, interpelle évidemment.
            Il en est ainsi de la vallée " Parfond ry " située le long de la Lomme dans le village de Mirwart, du petit ruisseau " Le Parfond ry ", sous-affluent de la Lesse, près de Ciergnon, du lieu " Parfond Ry " à Amonines, près d'Erezée ainsi que les sites mentionnés à proximité de Comblain et Aywaille. Cette coïncidence constitue malgré tout une pierre solide pour aider à définir plus précisément l'origine du nom.
            Outre ce lieu du " Fondry des chiens ", on découvre que les vallées de l'Aisnes, à Amonines et celle de l'Amblève, près de Comblain - Aywaille, ont été des lieux importants d'extraction du fer bien avant l'époque romaine.

            Sachant que la langue wallonne et par la suite le vieux français se sont construits au contact du langage parlé par les légionnaires, on peut imaginer que ces lieux - dits  se soient formés par contraction des mots latins " fundus " et " rivus ". Il  est difficile de croire que le verbe latin " fundere ", signifiant " précipiter au fond, laisser couler " n'ait pas été à la base de la création d'une série de termes en rapport direct avec l'industrie du fer, tels que " fondre, fonderie, fondrière".  Sans oublier que la signification originelle de "fundus " est " le sol d'une terre considérée comme moyen de production ". On peut imaginer que l'on faisait référence dans ce cas à la terre dont on extrayait du fer.

            La seule forme française de nos jours, proche de la même étymologie que notre patronyme, se rencontre dans le verbe " parfondre ", dérivant du latin " perfundere" signifiant en latin " mélanger " et en français " incorporer des couleurs à la plaque de verre ou d' émail et les faire fondre également ". Or, à l'origine, le fer était produit dans des bas-fourneaux, formés par un simple trou dans le sol ou on mélangeait le minerai, le charbon de bois et les fondants. Le fer était récupéré à la partie inférieure sous forme d'une loupe spongieuse

           En lisant cela, il est difficile de ne pas s'apercevoir du lien entre la coulée de fer récupérée dans le fond du fourneau et la situation des lieux-dits mentionnés ci-dessus. Même si la dénivellation au niveau du ruisseau peut rester l'une des explications premières.

           Néanmoins, la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, que j'ai contacté, se montre assez circonspecte pour y trouver un quelconque lien. Évitons donc de nous montrer trop confiant pour l'instant et utilisons cette version avec parcimonie.  Mais je ne puis croire que l'on doive se contenter de l'indication " Près du ruisseau profond " mentionnée dans tous les livres traitant de l'origine des noms. Cela ne pourra nous empêcher de rêver.

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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 10:39

      Après notre rencontre à Gobertange (voir article antérieur), Jules s'est mis très rapidement à rechercher des indices de la présence d'Emile PARFONRY l'horloger. Il est allé rendre visite à une dame, proche voisine du " Château" ou a habité Emile PARFONRY. Ses parents et la famille de cette personne oeuvrèrent pour  Emile, le retraité de Gobertange.
      De cette première rencontre, Jules nous fait part des informations et anecdotes suivantes :

- Elle garde un très bon souvenir d'Emile, l'horloger, malgré son jeune âge ( 8 ans) au moment de son décès ;
- Elle possède toujours une montre pour dame, gravée à l'adresse bruxelloise de PARFONRY, donnée en reconnaissance des services rendus par ses parents ;
- Il y a un monument funéraire assez imposant au cimetière de Mélin mais les inscriptions sont devenues illisibles ;
- Il aurait offert un petit autel, dédié à Notre-Dame du perpétuel secours, pour l'église de Mélin. Celui-ci aurait été enlevé lors de la restauration de l'église ;
- Sachant son épouse de santé délicate et précaire, et prévoyant son décès, PARFONRY s'est fait tailler un nouveau costume noir pour porter son deuil; il l'avait fait déposer dans un coffre bancaire à Jodoigne; Or ce fut l'inverse qui se produisit ;
- M. PARFONRY a légué à sa cousine une " assez belle prairie" ( sic) joignante au "château" ;

De cet entretien, on confirme que l'horloger a réalisé un certain nombre de montres, ce qui explique que certaines d'entre elles existent encore de nos jours.
On apprend également que M. PARFONRY utilisait des gens de maison en les rétribuant probablement de façon correcte ;
Il était sans aucun doute assez pratiquant sur le plan religieux. Si le monument funéraire existe au cimetière, il faudra être très attentif la prochaine fois et amener des brosses car je ne l'ai pas trouvé lors de ma première visite.
Il  a du y avoir du terrain autour de sa maison qu'il appelait le " Château ".

La question subsidiaire serait de s'assurer que le costume ne se trouve toujours dans le coffre de la banque !!!! Et de se renseigner auprès de la Fabrique d'Eglise pour savoir ou se trouve maintenant le petit autel.

Jules s'efforce de déterminer la raison qui a poussé Emile, l'horloger de Bruxelles, a venir s'installer dans ce hameau de Gobertange, situé à l'écart. Je lui ai demandé de s'informer aussi sur les liens existant avec sa famille de Neerheylissem, de Beauvechain ainsi que celle installée en France.

Pour info, Gobertange est le lieu ou on extrayait des carrières une pierre blanche spécifique, utilisée notamment pour les hôtels de ville de Bruxelles, Louvain et Tirlemont. Peut-on envisager de trouver  de cette façon, la piste de François-Xavier, marbrier, parti de Neerheylissem vers Boulogne - sur - Mer aux environs de 1840 ?
 

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 13:42

Le mot «  parfond «  a été utilisé dès le Moyen Âge dans les écritures. Comme témoignage de son emploi, on mentionne quelques exemples extraits d’auteurs connus.

Le premier est issu du  Roman de la Rose, écrit au 13ème siècle par Guillaume de LORRIS.

 

Trop avoit son cueur courroucie Et son deul parfond  commencie ;

(en anglais : She had angered her heart too muck, and her grief was too deep-rooted);

 

L’autre exemple reprend deux phrases du recueil " Le testament " de François VILLON, poète du 15ème siècle,

Ilz seront avec Lucifer, Au plus parfond de la chauldière,

Et Narcissus, le bel honnêtes, en un parfond puits se noya pour l’amour de ses amourettes

 

Un troisième est repris du « Pantagruel » de RABELAIS,

ce faict, ouvre quelque peu de la bouche, et avecques le plat de la main dextre frappoit dessus, faisant en ce un grand son et parfond comme s'il venoit de la superficie du diaphragme par la trachée artere, ……

 

 Un autre est repris du Voyage de Jacques CARTIER, navigateur français du 16ème siècle, au Canada,

Et y a de distance en traverse environ trente cinq ou quarante lieues, & y a au parmy plus de deux cens brasses de parfond le plus seur a naviguer est du coste devers

 En dehors de la littérature, on le rencontre dans une réglementation sur le droit de moulin dans le Poitou au 17ème siècle qui utilise le terme également :

Et pour faire les dites mesures, le boisseau doit avoir de parfond le tiers de son large.

 

Il est mentionné également dans un texte du lombard occidental : di pussee parfond grazie a tucc quij che gh’hann repizzaa sta fiamma (traduction : doit être profondément reconnaissant envers qui a rallumé cette flamme). Le fait que Charlemagne soit devenu roi des Lombards en 744, après les avoir combattu de nombreuses années, peut être une des explications de l’apparition un peu surprenante de ce terme dans le langage. Sans oublier  le système banquier lombard qui est resté présent durant tout le Moyen âge en Europe du Nord. Il est utilisé également dans le patois normand en 1856 où il désigne un « fond extrême ». Dans le vieil argot, le mot signifie «  pâté » et son féminin « parfonde » se traduit par « cave ». Mais aussi dans le langage parlé des canadiens francophones : Je suis sourde très parfond.


            De nos jours, le mot «  parfond «  n’est pas complètement oublié car on le retrouve dans le dialecte wallon, comme le démontre les quelques phrases trouvées par ci par là1
.

 

  • Èt d’ vosse alinne vos aloz chofler dsus l’ basse ki lès va nèyî; come do plon is vont coler au parfond  d’ l’ eûwe ?
  • Dîre k' i n' dimère nén pont on vî parfond d' rancune dins tos cès sicrîjaedjes là ça sèréve d' aler ène miète râde.
  • Dji vos voe evi et dji vos voe voltî. Kimint k' ça s' fwait ? Dji n' è sai ren, mins djel rissin pår, et å parfond d' mi-minme.
  • ene foirt bén fwaite croejhete do walon lingaedje; i gn a ene grande, foirt spepieuse, eyet ene pitite, djusse po-z aprinde sins aller parfond dins les teyoreyes linwistike ;
  • Bin, dji vs el va dire tot dreut, bones et binameyès djins,... dji m' voreu bin têre...po k' nos polanse lèyî moussî è pus parfond  d' nosse coûr çou ki Jézus Criss vint d' nos confiyî tot-asteure (Abbé Gaston SCHOONBROODT) ;

Une connaissance plus détaillée des différents langages de wallon devrait probablement relier l’utilisation de ce terme avec la région d’expression. Sans en être absolument sur, il semble que la plupart de ces extraits sont repris du wallon liégeois. La structure de la langue wallonne se serait stabilisée dès le 12ème siècle. Quant à son évolution ; elle aurait débuté à partir du 8ème siècle. Ce qui laisse une période étalée sur quatre cent ans pour en déceler l’apparition de ce terme.


1 ne maîtrisant pas le wallon liégeois, je serais heureux que l'on me me fasse parvenir une traduction de ces phrases.
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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 21:08

Dans le livre «  Le miroir des Nobles de Hesbaye », on trouve mention d’une famille de Chevaliers « de PARFONDRY » entre 1272 et 1411, s’écrivant au départ sous la forme de PARFONRIU et PARFONRIWE (et même PARFONDRIEU). La donnée la plus ancienne fait mention au Seigneur Johan de PARFONRIWE au 13ème siècle, marié à la fille du Seigneur Johan de RAMEY. Il y est fait référence de plusieurs titres dans la lignée : Bailli du Condroz en 1315 ; souverain commandeur de Flémalle, Haneffe et Villers en 1409; chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, religieux de Saint-Jean de Jérusalem, maître de Chantraine, curé de Flémalle ainsi qu’un domaine à Saint-Séverin en 1365. A partir de ces informations, il fut possible d’établir un arbre généalogique de cette famille.

 

L’un des personnages principaux en est Amel de PARFONDRY, arrière - petit - fils de Johan, à qui est attribué le titre de Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et de souverain commandeur de Flémalle, Haneffe et Villers au début du 15ème siècle. Ce titre de Chevalier a également été porté par son frère Jehan et par le fils de son autre frère Walter. Amel aurait par ailleurs été commandeur de Chantraine en 1386 et Jehan en 1411. Cette commanderie de Chantraine, située dans le village actuel d'Huppaye en Hesbaye brabançonne, était la plus importante commanderie, couvrant la totalité de la Belgique actuelle. Elle fut reprise en 1312 aux Templiers.

          On apprend également qu’un Johan de Parfonriu, très probablement relié par une branche latérale de cette famille, fut Secrétaire de la cité de Liège et du Tribunal des douze. Manifestement, cela devait lui conférer une position appréciable au niveau de la Principauté. Tout cela sont des indications sur l’importance  de cette famille à la fin du Moyen Age dans la région.


Dans le contexte historique et géographique du lieu, il est probable que ce titre de bailli ne soit pas celui d’un administrateur d’un pouvoir judiciaire comme ce fut le cas en France mais plutôt de celui d’un Chevalier de grade supérieur dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Selon le rituel, les Chevaliers  sont  « nobles de quatre races, du côté paternel et maternel, et portent les armes »  ce qui  indique clairement qu’ils devaient être d’origines d’une noblesse d’armes. Le titre de souverain commandeur signifierait, selon les statuts de cet Ordre, qu’ils ont fait « leurs caravanes sur mer contre les Turcs «  pour pouvoir aspirer aux Commanderies. Il ferait de ce personnage l’un des principaux dignitaires après le Grand maître. Le fait que cette famille acquiert des titres dans l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean peu après la date de reprise de la commanderie de Villers-le-Temple par les Hospitaliers en 1312, lors de la dissolution de l’Ordre du Temple, est particulièrement instructive. Toutes ces indications peuvent attester qu’ils ont pu prendre part à une certaine période à l’une des premières croisades. L’aspect syrien des figures d’angles des fonts baptismaux du 12ème siècle de l’Eglise des Saints-Pierre-et-Paul, situé à proximité de la Commanderie de Villers-le-Temple,  montre une inspiration pouvant découler de chevaliers ayant participé aux croisades. La création de cet Ordre, remontant en 1099, pourrait dès lors expliquer le lien avec cette famille. Transformé en Chevaliers de Rhodes en 1309, suite à la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291, on remarque qu’ils portent toujours le titre d’origine durant tout le 14ème siècle.

L’historique de cette Commanderie de Villers-le-Temple nous apprend qu’ils officiaient cependant en lieu et place des commandeurs résidant en France. Cet élément peut évidemment influencer sur le statut initial de cette famille en les considérant uniquement comme faisant partie d’une noblesse reconnue localement pour ses faits d’armes. Tous les documents relatant l’histoire de la Commanderie ont été détruits à la Révolution française. Il ne subsisterait que des documents retrouvés à Paris sur les rapports des inspecteurs visitant les Commanderies de l’Ordre.

Extrait du livre «  Le miroir des Nobles de Hesbaye » de Jacques de HEMRICOURT

 

§ 490. Item, est assavoir que, des dois filhes le dit monssaingnor Johan de Ramey, ly une fut mariée en Condros  monsaingnor Johan de Parfonriwe, chevelier ; s’en furent dois fis et trois filhes, assavoir : Jakemar, qui morit sains hoirs, et Ameyle, qui soy mariat à damoyselle Desirée, filhe monssaingnor Ameile de Warnant, chevalier. Ly deseurnomeis messires Johan de Parfonriwe portait les armes de Comblen : faischiet de siiez piechez d’or et de sable. Et ly dis Ameile, ses fis, out de sa dicte femme quatre fil et quatre filhe, assavoir Johan de Parfonriwe, Jakemar, qui demorat à Sains Sevrin, en Condros, Houwe, Ameyle, Ysabeal, Aely, Johanne et Juliane. Ly deseurnomeis Johan et Ameile morirent sains hoirs.

§ 491. Jakemars, leurs frères, soy mariat à Nandren et out VI fis et une fille, assavoir : frère Ameile et frère Johan, qui sont freires chevaliers delle ordre Saint Johan de Jherusalem, et est ly dis frère Ameile à présent maistres de Chantraines, assavoirs bailhiers d’Avalteres de la dicte religion. Ly tirs fis do jadit Jakemars de Parfonriwe est nommeis Watier ; ly quars, Jakemin ; ly Vé Thiry ; et ly VIe Abiers ; et leurs sereurs est mariée à Gilchon de Grimomont.

§ 492. Item, Watier, fis do jadit Jakemars, at trois fis et quatre filhe, assavoir freire Ameyle, qui est chevalier de la dicte religion Saint Johan, frère Johan, qui est frèires prestre de ceste meismes religion et vestit de Flemale, Angnès, Maroie, Deniset et Ydelette.

                        «  La guerre des Awans et des Waroux « de Jacques de HEMRICOURT

 

42. Encors vos fay savoir que, anchois la batailhe à Domartien, entront en ceste morteile fait, avoek cheaz de Warous, ly Gailhars de Chaiienéez, chilh de Pret aile comble et de Noevis,  ……

43. Item, semblament entront adont en la dicte werre, avoek cheaz d'Awans, ly Sorlés de Liège, ly enfans d'Oire ly Romans, ly enfans de Parfonriu , ly Chayveaz de Vivengnis, et ly Diavelos de Harsta, dont messires Johan Ruzemuse de Harsta, chevalier, estoit capitaine, par tant qu'il issit d'unk des bastars d'Awans,……..





 


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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 21:20

      Profitant d'un séjour non loin de la vallée de la Loire en juillet 2008, nous avons été débusquer, avec mon épouse, dans leur environnement familial de Briou du Lude, non loin du château de Chambord, les PARFONRY de France. Il y avait Jacques, le patriarche revenu de sa retraite de Guadeloupe, ses deux enfants Patrick et Martine et son neveu Jean-Pierre.

      A cette  occasion, j'ai pu prendre connaissance d'une copie de lettre importante, rédigée en 1930 par Emile PARFONRY, l'horloger et adressée très certainement à Narcisse PARFONRY de la branche d'Erezée. Outre la relation avec Narcisse, plusieurs détails intéressants apparaissent à la lecture de cette lettre.

1. Il avait connaissance de l'existence de PARFONRY à Paris relié à sa branche, soit celle de Neerheylissem ;
2. Il connaissait l'existence de mon grand-père, habitant Beauvechain qui était son neveu ;
3. Il avait connu, avant son départ pour l'Afrique en août 1882, Emile PARFONRY, le militaire décédé au Congo, de la branche d'Erezée et dont il avait une photo ;
4. Il indique l'adresse de sa maison à Bruxelles ;
5. Il s'était retiré dans le hameau de Gobertange (village de Mélin, près de Jodoigne) vers 1920 ;

      Par notre visite, on renouvelait très certainement un lien qui s'était effacé depuis le décès de cet horloger en 1931. Son souvenir et sa mémoire s'étaient envolés de la mémoire familiale.

      Pour avancer dans la connaissance, je me persuadais que l'un des personnages clefs de cette histoire des PARFONRY devait être cet horloger. Malgré une présence somme toute assez récente, se superposant partiellement à mon grand-père, à mon père et à ses cousins germains, il a laissé bien peu de traces dans la mémoire collective. Qui était finalement ce personnage qui avait eu accès au Palais Royal en tant que fabricant d'une montre portant l'effigie du Roi Léopold II, qui aurait payé les études d'instituteur de mon grand-père, qui connaissait l'existence de la lignée française mais aussi celle des PARFONRY d'Erezée, qui avait choisi pour sa retraite de revenir dans son terroir du Brabant wallon de l'Est ?

      Je me suis décidé le 9 août à arpenter le hameau de Gobertange où il avait passé les dernières années de sa vie. Et c'est à ce moment, après avoir posé quelques questions dans la rue, que je rencontrai un Monsieur s'appelant Jules TITS. En prononçant le nom de PARFONRY, son cerveau ne tarda pas à réagir. Tout gamin, il avait entendu parler ses grands-parents de ce personnage.

      Curieux dans l'âme, il se proposa de rechercher des indices. Je m'étais pris pour Hercule Poirot et je venais de trouver son adjoint, l'élégant Capitaine Hastings.
Les anecdotes ne devraient pas tarder pour connaître mieux cet horloger car Jules a pris contact, depuis lors, avec une dame proche voisine dont les parents ont travaillé pour la famille PARFONRY. On est impatient de connaître la suite dans un prochain article.

       Notre visite à Gobertange s'est poursuivie par la visite externe de la maison habitée par Emile l'horloger, maison qu'il avait fait qualifier sur sa carte de visite de " Château de Gobertange ". Même si elle offre un certain cachet, cette appellation est un peu disproportionnée. Mais cela doit sans doute faire partie du personnage.

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 16:30

      A ce jour, les recherches sur le patronyme PARFONDRY ont permis de mettre en évidence les points importants suivants

      1. Lignées existantes de nos jours en descendance directe :

 Pour les PARFONRY
     - branche de Neerheylissem remontant à 1762, présente en Belgique, en Suisse et en France;
     - branche de Clerheid/Erezée remontant vers 1710, présente en Belgique, en Espagne ;
     - branche de Serinchamps/Chevetogne remontant en 1713, éteinte de nos jours;

 Pour les PARFONDRY
    - branche de Forchies-la-Marche, remontant à 1711, présente en Belgique; des recherches doivent encore confirmer une présence en France ;
    - branche d'Aywaille, remontant à 1732  présente en Belgique, en France et en Suisse;
    - branche d'Havelange, remontant  à 1883, présente en Belgique ;

      2. Sa signification la plus usuelle est " Près du profond ruisseau". Le terme "Parfond" est toujours utilisé dans le wallon liégeois de nos jours. Mais d'autres indices autorisent à en donner une autre interprétation (développée dans un autre article).

      3. La mention la plus ancienne reprenant cette dénomination, résultant d'une appellation d'un lieu-dit à l'origine, remonte à 1049, avec le terme de "Profundus rivus", utilisé pour la commune de Parfondru, près de Laon, dans le Département de l'Aisnes en France.
      L'apparition la plus ancienne, en tant que nom de famille, remonte à 1261, avec la lignée des chevaliers de PARFONRIWE (ou PARFONRIU), près de Liège. Cette lignée est identifiée jusqu'en 1398 et serait à l'origine de l'industrie métallurgique dans la région liégeoise.

     4. La liste des lieux-dits a été répertoriée. Elle porte la marque d'une certaine correspondance avec le territoire de la Principauté de Liège mais aussi avec les endroits ou l'on extrayait le fer dès la période romaine. Un lien avec la géologie particulière de la Calestienne est désormais probable. Il est possible mais difficilement vérifiable que ce nom puisse remonter au minimum à la période carolingienne (8ème et 9ème siècle)

      5. L'origine du nom pourrait être circonscrite en bordure de l'Amblève, entre Soumagne, Comblain et Aywaille, et le long de l'Ourthe supérieure. Ce nom s'est apparemment multiplié par la suite car on retrouve une forte concentration dès le 17ème dans certains endroits avec parfois des mariages entre deux personnes portant ce même nom. De nos jours, ce patronyme (PARFONDRY et PARFONRY) doit être porté par un maximum de 150  personnes.

      6. De ce qui ressort des éléments rassemblés, on peut retenir que ce patronyme a été confronté à un cadre de vie âpre, rural et instable durant plusieurs siècles. Sortant progressivement de son terroir d'origine, il s'est étendu à d'autres contrées et d'autres pays. Valorisé par la reconnaissance acquise par certains de ses membres au niveau de l'esprit d'entreprise, du social, de la culture, du sport, il a fini par s'inscrire dans le titre d'une pièce théâtrale, écrite par l'auteur wallon Jean LOUVET, démontrant bien là qu'il appartient de manière indéniable à cette identité wallonne ouverte sur l'extérieur.

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