Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 19:57

       Il y eut les peintres de Barbizon, ceux de Pont-Aven mais aussi de Crozant. C'est cependant d'un autre endroit que l'on s'en réfère pour parler de l'apparition de la peinture moderne. En 1869, Claude MONET et Auguste RENOIR transposèrent sur leurs toiles les lumières de l'île de la Grenouillère, au milieu de la Seine, en face de Croissy, localité des Yvelines située à l'ouest de Paris. L'impressionnisme était né. La carotte, principale culture maraîchère de ce coin, ne résista pas à cet envahissement. Le développement du canotage1 et la guinguette La Grenouillère n'étaient pas étrangers à cette frénésie qui fut l'une des caractéristiques de cette période qui suivra la défaite contre la Prusse. L'écrivain Guy de MAUPASSANT fut parmi ceux qui y séjournèrent, y qualifiant d'ailleurs de truculente l'atmosphère autour de La Grenouillère.

    Toute cette animation, cette création artistique ne pouvait qu'attirer ceux qui avaient assez d'argent pour s'extraire des murs de Paris. A Croissy, ils furent nombreux ceux qui résidèrent dans de belles villas construites à partir du Second Empire. Banquiers, professions libérales, écrivains et artistes s'y installèrent. Les grands domaines de l'Ancien Régime2 commencèrent à se morceller pour faire place à de belles demeures bourgeoises. C'est dans ce contexte que l'on retrouve notre marbrier François-Xavier PARFONRY, associé à ce moment aux frères HUVE. Auréolé de ses médailles obtenues aux Expositions Universelles (Philadelphie en 1876, Paris en 1878 et Melbourne en 1880)3, il trouvera l'opportunité de s'extraire des beaux immeubles haussmanniens pour venir côtoyer un nouveau style d'architecture et de loisirs. Ses aptitudes à l'innovation et son esprit d'entreprise ont du l'attirer dans ce nouveau cadre. Les recherches ont permis, à ce jour, de le retrouver à deux reprises en bordure de la Seine.

     Un premier travail fut réalisé à Chatou, juste à côté de Croissy, dans l'Avenue de Brimont. Il s'agit d'une belle villa, livrée le 1er juillet 1881, d'un coût total de 625 100 frs. et pour laquelle les travaux de marbrerie atteindront  8 200 frs. Il y sera fait usage de la Pierre d'Euville et du Banc-royal de Saint-Vaast4. S'agit - il de la villa cossue, qualifiée du Second Empire, reprise ci-dessous ? 

      Un second travail sera effectué dans la maison de campagne construite, vers 1886, par un certain Raoul TOCHE au 15 de la rue Charles Bémont, à Croissy. De style anglo-normand, comme de nombreuses maisons à l'époque, les travaux de marbrerie s'élèveront à un montant de 1500 frs. pour un total de 87 763 frs.pour l'ensemble des travaux5. D'un coût largement moins important que la précédente, la photo ci-dessous de cette maison, nous présente néanmoins une impressionnante demeure qui existe encore de nos jours.

     Ce personnage de Raoul TOCHE (1850-1895) n'était pas un inconnu à l'époque. Auteur dramatique et journaliste, il était l'un des plus populaires auteurs comiques de son temps. Plusieurs de ses opérettes et opéras-comiques, mises notamment en musique par Jacques OFFENBACH, furent à l'affiche des théâtres parisiens (not. Théâtre des Nouveautés) dans les années 1880. Il connut cependant une fin tragique. Endetté, il se tua avec un révolver en 1895. Ce qui le fit tomber rapidement dans l'oubli6contrairement aux autres auteurs dramaturges Victorien SARDOU et Alexandre DUMAS fils. Qui a entendu parler de nos jours de l'une de ces pièces : Madame Mongolon, Le voyage en Suisse, Le Château de Tire-Larigot, Adam et Eve, Le Royaume des femmes, Les femmes nerveuses,....?

1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com).         2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)
1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com).         2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)

1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com). 2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)

      Quel lien peut-on trouver entre Raoul TOCHE et François-Xavier PARFONRY ? Tout simplement le journal Le Gaulois7 dans lequel notre marbrier y insérait régulièrement des publicités. TOCHE y était critique journalistique. Le caractère conservateur et républicain de ce journal, qui avait été banni pendant la Commune, correspondait bien aux idées de notre ancêtre. En outre, le Directeur du journal, Edmond TARBE des SABLONS habita également à Croissy

     Cette énumération des deux maisons pour lesquelles François-Xavier PARFONRY a installé des marbres est probablement incomplète. Et beaucoup d'entre elles ont sans doute disparu de nos jours. Seule, une promenade sur le Chemin des Impressionnistes8 nous permettrait de concrétiser notre émerveillement et approfondir nos connaissances sur notre marbrier. A moins que Les Archives de Croissy, que nous avons contactées sur leur site, puissent nous apporter des éléments de réponse sur l'existence toujours actuelle de ces anciennes demeures.

    Cette recherche nous démontre aussi que François-Xavier a été au contact de ce nouveau monde pictural qui faisait la cassure avec le clasissisme issu de la Renaissance. Si les extérieurs des bords de Seine en étaient imprégnés, il est manifeste que les intérieurs de ces nouvelles demeures s'en avéraient peu perméables, préférant conserver la représentation froide et sculpturale du marbre. Et par souci de cohérence familiale, son fils Paul, est resté longtemps impassible9 à ces nouveaux modes d'expression de la couleur et à l'atmosphère truculente décrite par MAUPASSANT. A t-il eu seulement la curiosité de regarder les panoramas du peintre de Croissy Théophile POILPOT10 qui tendait de faire la transition entre les deux modes d'expression ? Manifestement, les intérieurs opulents des immeubles parisiens lui sont restés plus familiers. Ni François-Xavier, ni Paul ne deviendront des croissillions ou des catoviens11 célèbres, ayant préféré, dès 1860, devenir des cristoliens12 sur les bords de Marne, moins truculent assurément.

     Voici une façon bien concrête d'expliquer le cheminement de la mémoire au travers des générations. La généalogie est bien, dans ce cas, largement dépassée par l'interprétation de la découverte historique !! 

 

1 Le Déjeuner des canotiers d'Auguste RENOIR fut peint en 1880/81 à Chatou ; 

2 Depuis Henri IV, Croissy était devenu un domaine seigneurial ;

3 Sans oublier sa Légion d'Honneur obtenue en 1881 ;

4 Revue générale de l'architecture, 1885, n° 3 ;

5 La construction moderne, 1886, n° 17 ;

6 http://archives.croissy.com/2013/06/raoul-toche-1850-1895-du-rire-au-drame.html ;

7  Le journal Le Gaulois fut racheté en 1929 par Le Figaro ;

8 En particulier les Itinéraires MONET et RENOIR ;

9 Ce n'est qu'assez tard qu'il se mettra à peindre ce nouveau type d'expression (voir article : Enfin une peinture moderne de Paul) 

10  Un tel nom, bien réel, ne peut que servir à  insérer un moment de détente dans le texte ;

11 Un habitant de Croissy est appelé un Croissillion ; un habitant de Chatou un Catovien ;

12 Un habitant de Créteil est appelé un Cristolien ;

Repost 0
3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:40

     La réalité de la bataille contre le virus EBOLA est présente dans les médias. La maladie continue à se propager. La peur de la contamination vers d'autres pays en est la crainte latente.

      A quoi est liée cette peur ? Très certainement, au risque de la voir apparaître dans nos contrées. Même si, cette maladie provoque, là même où elle sévit, beaucoup moins de morts que bien d'autres affections, à commencer par le choléra1. En ajoutant, pour notre part, que les efforts mis en place pour circonscrire l'épidémie peuvent expliquer en partie cette différence. Comme si cette comparaison entre Ebola et Choléra devait nous aider à nous souvenir des antécédents. Les grandes épidémies, ce que l'on appelle pandémie2, semblent sorties de nos mémoires collectives. On n'en parle plus vraiment. Aucune chapelle, ni potale ne semble avoir été édifiée en remerciement d'une guérison du choléra3. Comment peut-on dès lors s'en souvenir ? Qu'en est-il réellement ?4

      Les années 1918-1919 ont vu se développer la grippe espagnole avec ses dizaines de millions de morts. Sans doute la plus importante épidémie de notre Histoire moderne. La censure, mise en place par les vainqueurs de la guerre, en a empêché d'en diffuser les informations dans les journaux, préférant conserver vis à vis des populations les sentiments de vainqueur et de nécessité de reconstruction. Et empêchant dès lors que la mémoire collective s'en accapare. 

     Mais pourquoi donc cette comparaison entre Ebola et Choléra ? Alors qu'il faut remonter au XIXème siècle pour faire état de ce type de pandémie.  Plusieurs d'entre elles  se sont développées en un peu plus d'un demi-siècle avant que Robert KOCH n'identifie le bacille en 1883, limitant sa propagation5. La Belgique n'y a pas échappé. La plus meurtrière, la quatrième, en 1866, a causé la mort de 43 000 personnes en 6 mois dans notre pays.

    Et preuve de ce fléau, notre patronyme y a été lié. Outre Jean Joseph PARFONRY de la branche d'Erezée, déjà apparu sur ce blog (voir article : La plus vieille croix funéraire), une autre famille fut plus gravement atteinte. Un père, l'un de ses fils et l'un de ses beaux-fils sont décédés en cette année 1866, ayant été touchés par cette pandémie de choléra. 

    Il y eut Joseph Lambert PARFONDRY, né à Huy en 1803, et décédé à Havelange le 03/08/1866. Suivront son fils cadet Léonard Joseph PARFONDRY, né à Havelange en 1850, et y est décédé le 30/08/1866, tout comme Joseph Ferdinand LAYS,  le 31/08/1866, époux d'Eléonore PARFONDRY (1831, Havelange -1903, Havelange), fille ainée du premier6.

     Qui sont ces PARFONDRY d'Havelange pour lesquels nous n'avions pas encore porté notre attention ? Leur provenance de la ville de HUY ne semble pas faire de doute. Jean Joseph PARFONDRY, le père de Joseph Lambert y est né en 1757 tout comme son fils en 1803. Décédé à Havelange en 1819, cela donne une indication sur l'année de migration vers Havelange, soit aux environs de 1810. Ils doivent, de ce fait, très probablement être reliés aux PARFONDRY de la branche de Forchies-la-Marche, dont la filiation les fait remonter également à la ville de HUY (voir article : Découverte du lieu de naissance de Mengold PARFONDRY). Et rappelons que cette ville de Huy, la première des villes européennes, reconnues comme ayant reçu en reconnaissance une Charte des Libertés, est située à proximité de cette terre de PARFONDRY, le long de la Meuse (voir articles : La terre de Parfondry a bien existé ; Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Nous avons la filiation parfaite permettant de remonter à l'une des origines les plus anciennes de notre patronyme.

  De nos jours, cette branche d'Havelange ne serait plus représentée que par deux personnes de sexe féminin. Et donc malheureusement en extinction. 

     La mémoire est sélective, composée de quelques souvenirs, non sans omettre que l'oubli fait le reste dit-on. Deux éléments pour ne pas se rappeler de notre histoire, de l'évolution de notre société. Ne parlons pas des épidémies trop anciennes de peste dans nos villes au Moyen-âge, résultant des conditions d'hygiène et d'insalubrité. Mais qui connait encore ces cas de choléra, apparus chez nous, il y a moins de deux cents ans ? L'oubli, n'est pas volontaire dans ce cas. Il n'est pas dans le déni de vouloir occulter quelque chose du passé. L'oubli est scolaire, éducatif, sociétal. Un travail sur l'histoire d'un patronyme peut faire resurgir une telle connaissance. Et sans doute aider à comparer les phénomènes, en analysant les résultats du passé pour nous servir pour le futur. Et permettre d'y apporter une réflexion, une réponse et non un repli identitaire sur la peur. Qui se souvient de la lecture du livre Le Hussard sur le toit de Jean GIONO, dans lequel le choléra y apparait comme un symbole ? Dans ce cas, c'est la peur du choléra, la haine qui tue, pas le choléra lui-même. C'est ce que certains appellent l'altruisme rationnel.

     Mais rien ne vous oblige à penser comme moi .... (expression reprise de Pascal de SUTTER, Pensée incorrecte, Le Vif)

1 Jacques ATTALI : Contre Ebola, l'altruisme rationnel ; Le Vif L'Express n°43, 24-30 octobre 2014 ;

2 Pandémie : Epidémie présente sur une large zone géographique, à l'échelle internationale ;

3 Il est vrai qu'il n'y avait que peu de chances de guérison; l'expression "peur bleue" découle de cette épidémie car le malade prenait une couleur bleuâtre ;

4 Il ne sera pas fait allusion dans cet article à la pandémie du SIDA, considérant que cette maladie n'est pas intrinsèquement liée à la pauvreté ;

5 Le choléra est toujours endémique en Afrique de nos jours; le vaccin est assez peu efficace; 

6 Anciennement, dans le langage populaire, le choléra était appelé "trousse galant" du fait qu'il affectait plus spécifiquement les hommes que les femmes ;

Repost 0
14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:58

      On aurait pu intituler cet article Un long dimanche de fiançailles. Mais la photo, reprise ci-dessous, est indéniablement le reflet d'une certaine époque. Et c'est à partir de ce qu'elle exprime que l'on en a choisi l'angle d'interprétation. Même si elle peut se définir comme étant une photo de famille, le caractère qui en ressort est marqué par le positionnement et la personnalité des personnes qui y sont représentées. Ni photo de groupe, montrant des individus en symbiose avec le moment, ni photo souvenir témoignant d'un bref instant de rencontre, elle n'en reste néanmoins expressive et interrogative. On y ressent une certaine ambiance, un lien certain entre les personnages. Ambiance et lien que l'on va chercher à faire apparaitre, à interpréter. Mais surtout, photo d'un autre temps, représentative d'un monde rural, retranché sur ses principes, qui n'avait pas encore rejoint le monde galopant des paillettes et de la citoyenneté. 

    La répartition et le regard des personnages en sont indéniablement les aspects majeurs qui en ressortent. Pas besoin de mots, de phrases pour comprendre que cette photo laisse apparaître la force de caractère, la fierté, l'autorité patriarcale des deux personnes posant à l'avant plan. Dès la première manipulation, on est confronté à ce sentiment de domination transmis par ces deux regards. Ils sont manifestement les personnages sur lesquels se focalisent directement notre attention. Attention qui finalement en arrive à découvrir l'autre sentiment exprimé dans la photo. Hommes et femmes sont isolés, séparés par les marches de l'escalier. Non comme une coïncidence mais assurément comme une volonté de reproduire un modèle de société.

     Qui sont-ils, tous ces personnages ? Trois hommes et cinq femmes renfermés dans leurs devoirs et leurs obéissances. Observons bien la photo avant de les définir.

Tout se trouve dans les regards sur cette photo

    Prise le jour des fiançailles, sur le perron de la maison des parents de la future mariée, à Incourt, la photo se compose de deux groupes de personnes. Ou on n'y retrouve pas vraiment une expression de joies, de satisfactions, d'union. Tout répond indéniablement à certains codes encore en vigueur. 

     A l'avant plan, Jean BERGER (1885-1962), le père de la fiancée, le patriarche à la tête d'une fratrie de six enfants1, le chef d'entreprise en plein essor du développement d'un négoce de grains et d'aliments pour bétail, démarré en  l'année 19272. Un personnage autoritaire, fier, séduisant, joueur en Bourse, bon vivant et entrepreneur. Et qui pour moi, outre le fait qu'il ait été mon parrain, a représenté cette force, cette rudesse et ce caractère taiseux qui marquaient généralement les gens des campagnes habitués aux durs labeurs. 

    Un peu en retrait, Emile PARFONRY (1895-1987), le père du fiancé, l'instituteur à l'aube de sa retraite. Un personnage autoritaire, instruit, défenseur de la fonction publique, cultivant son jardin, colombophile passionné et peu dépensier. Et qui pour moi a représenté cette recherche de connaissances, ce côté strict, ce repli identitaire qui marquaient généralement les nouvelles instances émergeantes dans les villages.

   En somme, rien ne rassemble ces deux grands-pères, ces deux chefs de famille. Deux personnages hiérachisés par une simple photo. L'autorité de l'entrepreneur, main dans la poche, veste ouverte,  prévalait par rapport à l'autorité de l'instituteur, renfermé à l'intérieur de son habit. Tout est résumé dans la pose et les regards qui transpercent au travers du papier de la photo. Le premier se devait de marquer de sa prestance et de son territoire.

      Et derrière, à l'abri du trois-pièces boutonné de l'instituteur, Georges PARFONRY (1920-2006), le fils unique, le fiancé, le futur marié, l'ex réfugié du Gard (voir article : Réfugié dans le Gard), le futur Président associatif (voir article : Georges, le colombophile), mon père. Qui, tout en montrant une déférence aux anciens, n'en affiche néanmoins une certaine désinvolture3. Loin du regard profond et perçant, pour ne pas dire tueur des deux autres personnages, le changement de génération est réel. L'héritier, le gendre envisageait, à ce moment, de ne pas reproduire  l'attitude de ses aînés. 

     Au fond de la photo, sur la dernière marche, compactée dans un espace restreint, un groupe de cinq femmes qui attendent probablement l'accord pour se disloquer, une fois la prise introduite dans le boitier. De gauche à droite, on découvre :

Rosa HENNE (1895-1956), la belle-soeur de Jean BERGER, épouse de Georges BERGER (1895-1970), appelée tante Rosa d'Orbais ;

Marthe HUYNEN, épouse d'Adolphe BERGER (1917-2000), le frère de Solange, et donc future belle-soeur, celle qui est à la base de la rencontre dans un bal à Tirlemont, entre les deux fiancés du jour ;

Marthe BERGER (1920-1978), fille de Fernand BERGER (1892-1958), le frère de Jean BERGER ;

Solange BERGER, née en 1924, la petite fiancée du jour, ma mère ;

Julienne LANCELLE (1892-1984), épouse d'Emile PARFONRY, mère de Georges, ma marraine ;

    Une absente remarquée, Maria DELEUSE (1886-1961), la mère de la fiancée, l'épouse du personnage à l'avant-plan. Comme pour bien signifier que c'est sur lui que se focalise l'image de la famille. Pour preuve, au moment de me choisir un parrain, on aurait pu se reposer sur un des trois frères aînés de Solange. Mais, cette éventualité n'était pas encore envisageable, en cela confirmé par un choix similaire pour ma marraine. A bien regarder, même dans ce groupe de femmes, on peut y trouver une hiérarchie. La petite fiancée, celle qui aurait du se retrouver à l'avant-plan, auprès de son futur époux, afin d' authentifier pour les générations futures l'instant, est reléguée à l'arrière-plan aux côtés de sa belle-soeur. Le léger sourire qui l'anime est cependant comme le miroir de celui affiché par son fiancé. Une façon de représenter la joie qui les réunit au milieu de tous ces regards figés et peu accueillants, façonnés par la position sociale. Manifestement, si l'on ne m'avait pas donné d'explications sur le sujet de cette photo, rien ne laissait présager que l'on assistait à l'une des premières rencontres entre les deux familles BERGER et PARFONRY4.

     Quant à préciser le moment, on ne peut que s'en référer à la date du mariage qui suivra (24 mai 1947) (voir article : Le mariage de Georges et Solange) et à l'habillement : probablement début du printemps 1947 ?

    Il m'a fallu, il est vrai, un certain temps avant de décrypter les attitudes et faire revivre le moment au travers de sa date de prise de vue. N'ayant entrevu pendant longtemps que la présence de mes deux grands-pères et de mon père, rassemblés dans un instant unique, l'analyse des attitudes, des regards, la ségrégation n'étaient pas ce qui m'avait apostrophé. Tout cela m'est apparu après n'avoir retenu que quelques dizaines de photos5 parmi toutes celles qui s'aggloméraient dans des boîtes en fer. La multitude avait supprimé la finesse de la description6. Par ce tri, considéré au départ comme un peu aléatoire, il n'avait en fait été conservé que les photos les plus marquantes, celles que mon regard avait perçu et connecté aux neurones. L'expressivité, l'esthétique et l'instantané avaient servi à nourrir mes filtres. Et en dernière analyse, de donner une fenêtre pour me faire comprendre, d'une certaine façon, l'une des raisons de mon choix de carrière à l'étranger. Etait-il envisageable de vouloir fuir ces regards, cette autorité, cet esprit dominateur ? Poser la question c'est probablement et partiellement y donner une réponse !!7

Sans compter les deux premiers fils morts en bas-âge ;

2 Le Plan Marshall, instauré après la guerre 1940-1945, avait mis l'une de ses priorités sur le développement de l'agriculture ;

3 Agnès PARFONRY lui voit " un petit air détaché et coquin " ;

4 Rencontre qui n'a pas du se réaliser souvent, selon mes propres connaissances ;

5 Choix effectué afin de présenter, sur un panneau, un éventail de photos à l'occasion de la journée organisée, en mai 2014, pour fêter les 90 ans de ma maman, la petite fiancée de la photo ;

6 La photo originale étant assez petite, c'est après l'avoir scannée et aggrandie que les détails au niveau de l'expressivité des personnages sont apparus ;

7 L'autre partie de la réponse à la question est explicitée dans l'article : Les dictionnaires du grand-père

Repost 0
29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 17:58

    Un Louis PARFONRY, soldat de la guerre 14-18, avait déjà été repéré précédemment (voir article : Qui est le fantassin PARFONRY ?). Désormais en voilà un deuxième, identifié par son faire-part de décès1

   Décédé en 1927, à l'âge de 58 ans, il serait donc né vers 1868/1869. Qui est - il ? telle est la question. Devant faire partie de la branche des PARFONRY d'Erezée, au vu de son lieu de décès au hameau de Blier, situé dans le village d'Amonines, il n'est néanmoins pas repris au sein de l'arbre généalogique très détaillé de cette branche et reconstitué sur base des nombreuses informations transmises par différentes personnes. 

     Amonines est situé en bordure de l'Aisnes en Terre de Durbuy, non loin du village de Clerheid, lieu précis où apparait cette branche vers 1710. Un lieu-dit Parfondry y est par ailleurs toujours mentionné sur les cartes2. La Terre de Durbuy fut une seigneurie importante pendant plusieurs siècles, attestée comme centre de production du fer. De nombreux forges artisanales existaient dans ce territoire et se retrouvent encore de nos jours dans la terminologie des lieux-dits (voir articles : Petite histoire sur le développement des forges ; Promenade sur les terres de la branche d'Erezée). En conséquence, ce fut un centre de peuplement conséquent. On peut considérer cette contrée comme étant probablement l'un des centres d'origine de notre patronyme, au même titre que la vallée de l'Amblève entre Comblain et Aywaille.

     Hormi l'environnement très religieux qui transparaît à la lecture du faire-part, les seuls indices relevant sont le nom de Victorine CREPIN, son épouse et la mention d'une mort précipitée. Aucun autre nom n'y figure. La mention adieu mes chères enfants laisse penser qu'il aurait laissé une descendance féminine. Et l'utilisation du féminin ne peut faire croire que ce soit une expression destinée à englober un groupe plus large de personnes. 

On reparle d'un ostensoir - soleil

      Une présentation générale pouvait constituer le seul objectif de la publication de ce faire-part dans ce blog. C'était sans compter sur le souvenir, à travers la recherche par des mots clés, d'anciens articles publiés. Ce nom de CREPIN, nom de famille de l'épouse de Louis PARFONRY, avait, de fait, déjà été mentionné (voir article : Pièce religieuse retrouvée). Une dénommée Marylène LAFFINEUR-CREPIN3 y apparaissait, en lien avec la découverte d'un ostensoir-soleil4 qui avait été volé en 2002 dans l'église Saint-Pierre de Chénée (Liège). Et manifestement, en relisant cet article, on y apprend que cet ostensoir5 a eu une histoire en lien avec la famille PARFONRY. Son pied d'origine, disparu de nos jours et remplacé, portait l'inscription Donnez par la Veuve du Sieur Parfory le 23 septembre 1742. Une légère erreur d'écriture qui n'est pas pour contredire le lien. 

    De quoi penser que Louis PARFONRY, décédé en 1927, serait, non seulement l'un des descendants directs de la lignée installée dans la Terre de Durbuy au début du XVIIIème siècle mais également un descendant de cette lignée ayant possédé l'ostensoir-soleil de l'église de Chénée. Et la mention de ce nom de CREPIN dans les deux articles pourrait nous y aider. Y aurait-il un lien entre les deux ? Et pourquoi ne pas se dire finalement qu'il existe un lien entre les forges de la Terre de Durbuy et cet ostensoir en argent et laiton doré6. Reste à trouver le chaînon manquant. Quand la généalogie rejoint l'histoire, cela devient passionnant. Encore faut-il que des mémoires se soient perpétuées pour nous faire mieux connaitre l'histoire de ce Louis PARFONRY ?

1 Site Delcampe.be ;

2 Une carte postale représentant une maison construite sur ce lieu est régulièrement mise en vente :

3 Marylène LAFFINEUR-CREPIN est responsable du Service du Patrimoine de l'Evêché de Liège et Conservatrice de la collégiale de Huy, auteur de plusieurs livres sur le patrimoine religieux ;

4 L'ostensoir est une pièce d'orfèvrerie religieuse destinée à recevoir l'hostie consacrée ;

5 Cet ostensoir-soleil présente le poinçon de l'orfèvre liégeois François-Joseph VANDENBERG qui fut également, à partir de 1752, l'ajusteur juré des poids et balances dans la Principauté de Liège ;

6 Site KIK - IRPA photo n° M207646 ;

Ostensoir-soleil de l'Eglise Saint-Pierre de Chénée (source : KIK - IRPA n° 10101327)

Ostensoir-soleil de l'Eglise Saint-Pierre de Chénée (source : KIK - IRPA n° 10101327)

Repost 0
24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 11:36

    Jusqu'à ce jour, tous les exemplaires décelés du modèle Boîte du Roi de l'horloger Emile PARFONRY ne comportaient qu'un seul portrait de Léopold II sur le cadran extérieur. L'exemplaire en notre possession suffisait à satisfaire notre souci de mémoire, se contentant de suivre les ventes de ce modèle afin d'en inventorier les pièces encore existantes.

    On peut dès lors qualifier d'incroyable, de surprenante cette récente découverte1 d'un modèle similaire mais comprenant, non pas un, mais deux portaits de Léopold II. Outre celui classique sur le cadran externe, un deuxième, plus grand, se découvre sur le couvercle interne incorporé entre le cadran et le mécanisme d'horlogerie. 

   Le cadre et le lieu de la réception de ce modèle apportèrent le cachet complémentaire inhabituel. Précédé de plusieurs échanges de mails, un rendez-vous fut pris, le jeudi 11 septembre à 11 heures, sous la statue du soldat, sur la place de Ham-sur-Heure. Après quelques minutes d'attente, l'Opel Astra de François Van GEEL pointa son capot noir. Comme pour un script d'un film d'espionnage, le transfert aurait pu se faire de manière discrète sous le regard inopérant du soldat. Un bistrot proche donna heureusement l'opportunité de rendre la transmission progressive et instructive, de manière à apprécier mais surtout de permettre que cet instant ne soit ni fugace, ni malhabile pour donner plus de consistance à ce passage de témoin. Porté par l'intérêt actuel sur les objets militaires, ce modèle fut découvert à l'occasion d'une de ces bourses d'échange rassemblant ce qui se rapporte à ce domaine. Ce modèle Boite du ROI était effectivement attribué lors de concours de tir au cours desquels participaient des militaires.

     Son diamètre de 5.3 cm lui donne indéniablement une autre prestance. Et oh surprise, une pression sur le remontoir supérieur permet d'ouvrir le boitier, en faisant apparaître subtilement le second portrait. Pour le reste, rien n'est dissemblable au modèle classique. Le texte habituel  E. PARFONRY  Fabricant Bte du ROI  Concours 190   Prix remporté par  est bien mentionné en demi cercle. Mais, ayant du laisser la place au second portrait, il se retrouve sur la face interne du cadran inférieur. Sans l'année précise et le nom du gagnant, c'est indéniablement l'un de ces modèles préparés en un certain nombre d'exemplaires mais qui ne furent jamais attribués. Et attestant de la même finition, le mécanisme d'horlogerie, qui fonctionne toujours, porte également la mention de MOERI'S PATENT 7547/280 NON MAGNETIC, confirmant bien, par le brevet, la référence à la Suisse liée à cette maison d'horlogerie (Voir article : Le magasin suisse de l'horloger PARFONRY)

Avec le double portrait de Léopold II
Avec le double portrait de Léopold II
Avec le double portrait de Léopold II

     Ce nouveau modèle donne encore plus de consistance à la qualité intrinsèque de notre horloger familial qui avait déjà obtenu une médaille d'or lors de l'Exposition Universelle de 1889 à Paris (voir article : L'horloger Emile PARFONRY est reconnu parmi les siens). Il est logique de penser qu'il fut réalisé pour attirer la convoitise du Souverain dans le choix de son fournisseur. Cette proximité avec le Palais Royal, quant à la délivrance de cette création Boîte du ROI, ne s'est pas pérénnisée sur la durée. 

      Agé de 52 ans au moment de la cession de son magasin de la rue de Namur à la Maison ROSSEELS (1906 probablement), cela nous semble assez précoce et peu explicite. Si ce n'est le début des déboires de Léopold II à la suite de la publication du rapport du diplomate anglais Roger CASEMENT, en décembre 1903, relatant les exactions commises sur la population locale au Congo afin d'intensifier la production d'hévéas. Il s'en suivra un rapport d'une commission parlementaire en Belgique qui confirmera bien en 1905 les abus. Et en 1908, Léopold II cédait son domaine privé, qu'était l'Etat Indépendant du Congo, à la Belgique. Il se peut que cette cession de son horlogerie de la rue de Namur puisse être expliquée par les débats politiques mettant en cause le roi Léopold II. Manifestement, le nombre d'exemplaires réalisés prévoyait un usage plus important ce qui expliquerait la relative présence de montres non attribuées circulant de nos jours.

    Sur base de l'agencement des différents indices et dates rassemblés, cette présence de l'horloger dans la Cour du Palais pourrait être aussi la résultante de la contribution des deux frères PARFONRY (Emile et Narcisse) de la branche d'Erezée aux visées expansionnistes et colonisatrices de Léopold II. Installé dans la rue de Namur, à proximité du siège de la Société " Etat indépendant du Congo " qui gérait les financements octroyés par le roi Léopold II pour couvrir les frais de l'explorateur H.N. STANLEY, il serait assez incongru de ne pas y voir de liens. En se rappelant aussi que le décés en 1883 du lieutenant Emile PARFONRY au Congo, eut pour effet d'avoir une certaine indulgence vis à vis de son frère Narcisse2. Qui se retrouva par la suite aux confins du Brésil et de la Bolivie pour gérer une exploitation d'hévéas, confiée à une société anversoise mais pilotée au travers de l'appétit colonial de Léopold II. Le contenu des quatre lettres écrites en 1884 et 1885, découvertes dans les Archives au Palais Royal, sont assez explicites à cet égard (voir article : Hubert-Narcisse PARFONRY devant le Conseil de discipline). Narcisse revint en Belgique en 1903, soit peu avant que l'horloger ne crée probablement son modèle " Boîte du ROI". Une certaine logique dans la succession des dates est indéniable. Même si aucuns liens familiaux n'ont été trouvés, à ce jour, entre les PARFONRY des branches d'Erezée et de Neerheylissem, le patronyme commun et le choix de l'horloger peuvent être perçus comme une retombée de la promesse de protection accordée par le roi Léopold II à la famille du militaire, décédé au Congo.

     Un grand merci à François Van GEEL qui a compris qu'il ne s'agissait pas d'un simple échange d'une pièce entre collectionneurs. Sans cela, il n'est pas certain que l'on aurait pu aboutir à patienter au pied du soldat.

 

1 Découverte effectuée via le site de vente 2ememain.be ;

2 Rappelons la phrase écrite par Narcisse PARFONRY dans sa lettre du 22 octobre 1884, adressée au roi Léopold II, faisant référence au décès de son frère militaire en mars 1883 au Congo : Vous avez daigné, Sire, promettre votre haute protection à sa famille et à ses frères qui comme lui, servent sous le drapeau belge ;

 

Repost 0
18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 11:27

    Même s'il remonte déjà à plus de quarante années, le document, repris ci-dessous, ne fait pas encore partie de l'histoire ancienne de la saga. Il ne peut être comparé à ceux déjà présentés sur ce blog comme le diplôme d'instituteur du grand - père, daté du 1 août 1914 (voir article : Le diplôme du grand-père), voire plus ancien avec la lettre écrite en 1839 (voir article : Une lettre écrite par Jean en 1839). 

    Sa particularité, sa spécificité, ce qui le rendra probablement intéressant dans le futur, s'analyse dans le contexte politique du moment. Cela s'est passé en 1973, l'année qui a vu la Belgique et d'autres pays passer de la période des trente glorieuses à celle d'un début de déficit permanant du budget public. Le monde bougeait de tous les côtés y compris du côté de l'ancienne colonie, le Congo. 

    Jeune diplômé de la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux, orientation régions tropicales et subtropicales, la voie était en principe toute tracée1. Comme mes prédécesseurs, le Congo, cette ancienne colonie allait m'offrir un travail dans un des domaines des cultures agro-industrielles où Gembloux excellait depuis des générations. Entre le café, le thé, le coton, le cacao, le palmier à huile, l'hévea, ces cultures exportatrices, le choix était large. Avec également l'assurance d'être contacté, sans devoir trop chercher, par l'une ou l'autre de ces sociétés installées depuis plusieurs décennies. Le timing allait une fois encore être respecté. Même mon travail de fin d'études2, réalisé en Belgique, à la chaire de Pédologie et non à celle de Phytotechnie tropicale, et donc pas du tout centré sur une des plantes énumérées ci-dessus, ne faisait obstacle à un recrutement pour le Congo. 

   Le 24 octobre 1973, le contrat était signé à Bruxelles avec la Société de Cultures au Zaïre 3 pour travailler dans leurs plantations d'hévéas, précisément à Binga, près de Lisala, dans la province de l'Equateur. Un coin, il  est vrai un peu isolé, au beau milieu de la forêt tropicale mais reconnu comme ayant les meilleures aptitudes tant du point de vue climatique que pédologique pour l'hévéaculture4. Sans aucune expérience de ce milieu, de cette culture, rien qu'avec le diplôme de Gembloux, véritable sésame, Georges GODDING, le grand patron, qui m'avait intervieuwé quelque semaines plus tôt, me lançait dans l'aventure.

      Et ce sont ces termes de Zaïre et Zaïrois, dactylographiés,  apparaissant à de nombreuses reprises sur le contrat, surimposé au mot Congo et Congolais du texte initial qui en sont biffés qui doivent attirer l'attention. Répondant ainsi à la volonté du nouveau Guide suprême qui, non content d'adhérer à la politique des non-alignés de TITO, se frotta aux modèles absolus de Ceaucescu en Roumanie et de Kim II-Song en Corée du Nord. Un changement de nom qui ne mettait pas en péril mon recrutement à ce moment. C'était sans compter sur le personnage principal, le général Joseph-Désiré MOBUTU, qui avait décidé depuis le 27/10/1971 de recourir à l'authenticité des toponymes et des patronymes de son pays. Le Congo devenait ainsi le Zaïre et expliquait ainsi les griffonnages sur le contrat. Le port de l'abacost, comme costume national fut ensuite instauré. Devenu Sese Seko MOBUTU, son implication ne s'arrêta, hélas, pas à ces transformations qui ne faisaient que supprimer la partie visible de la période coloniale. 

     Devenu mégalomane et spoliateur5 d'un des pays africains les plus riches, sa fuite en avant progressive le conduisit à entreprendre la nationalisation des entreprises à partir de 1973. Résolution prévisible et logique sur le plan politique, si ce n'est celle d'avoir favorisés ses proches qui oubliérent rapidement de gérer en bon père de famille. Malgré la situation, cette Société de Cultures au Zaïre n'a apparemment pas reculé avant de faire signer trois nouveaux contrats en ce mois d'octobre 1973. Le contexte international du marché de l'hévéa s'avérait prometteur. L'année 1970 avait été marquée par une production importante (35105 T) et un chiffre à l'exportation inégalé depuis lors (31440 T) pour le pays4. Un programme d'extension des plantations s'avérait approprié, justifiant les recrutements. Une autre raison de cette confiance devait résulter dans la localisation de ces plantations près du fief de Lisala, lieu de naissance de MOBUTU. Le chef suprême n'allait pas, croyait-on, couper l'une des branches de son assise. Ce lien géographique ne fut pas suffisant. Il fit malgré tout le pas en avant devant le précipice. Avec l'effet, quelques jours après la signature, alors que les malles étaient arrivées au port d'Anvers pour être embarquées, de ne plus m'autoriser à débarquer à Kinshasa. L'aventure tournait court avec la conséquence de me mettre à rechercher avec un peu plus de constance dans un nouvel emploi.

    L'aventure tournait rapidement court aussi pour toutes les industries, en particulier le secteur des plantations agro-industrielles6. De 36200 T en 1960, la production d'hévéa chuta à 25801 T en 1975, à 6450 T en 1995 et à 3541 T en 2003. La plantation de Binga7, mise à l'arrêt de 1997 à 2004, a été reprise par le Groupe BLATTNER de nos jours4. Située au coeur de la forêt tropicale, la région de Binga est désormais affectée par une déforestation en raison d'une exploitation intense par des sociétés.

    En 1997, le terme Zaïre fut supprimé au moment de la prise de pouvoir par Laurent-Désiré KABILA pour en revenir à l'intitulé République démocratique du Congo (RDC). La boucle était bouclée mais le mal était fait. Le Congo devint le mauvais élève en matière de bonne gouvernance.

    Même si l'histoire de ce contrat est encore assez récente, le document, par sa singularité sur le plan de l'écriture et par le contexte politique, est un témoignage de l'évolution chaotique de cette ancienne colonie. Il offre la perspective de servir de référence lorsque les années auront anéanti les mémoires et envoyé aux parcs à containeurs les fonds de grenier. En 2073, à son centenaire, ce document, s'il existe encore, remplira son rôle en rappelant qu'il fut un de ces moments importants de l'histoire familiale. Sans cette interférence politique, la suite de la saga aurait été totalement différente. 

 

1 Cette aventure a déjà été relatée en partie dans l'article : Plus de laissez-passer pour le Congo !

2 Etude du milieu physique et agricole de la région herbagère liégeoise. Contribution à une détermination des classes d'aptitude des sols pour la culture du maïs fourrage dans le secteur Spa - Verviers , TFE, Année académique 1972-1973 (ronéo) ;

3 Le contrat fut signé dans les locaux d'UNILEVER à Bruxelles ;

Etude des filières Huile de Palme et Caoutchouc - Rapport d'Etape 1 (Diagnostic - Analyse), Groupement AGRER - EARTH Gedif, 2005 ;

5 Cette analyse est unanimement reconnue de nos jours ;

6 Ce qui n'empêcha pas Robert MUGABE , Président du Zimbabwe, en 2000 d'imposer le même scénario avec les mêmes conséquences ;

7 La plantation de Binga aurait encore 2983 ha d'hévéas en rapport de nos jours ;

Contrat signé avec la Société de Cultures au Zaïre  (ex Congo) le 24 octobre 1973 (4 pages)
Contrat signé avec la Société de Cultures au Zaïre  (ex Congo) le 24 octobre 1973 (4 pages)
Contrat signé avec la Société de Cultures au Zaïre  (ex Congo) le 24 octobre 1973 (4 pages)

Contrat signé avec la Société de Cultures au Zaïre (ex Congo) le 24 octobre 1973 (4 pages)

Repost 0
11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 20:31

     A l'occasion de l'Exposition universelle de Paris en 1900, de nombreuses manifestations furent organisées en parallèle. Il avait déjà été mentionné1 que Paul PARFONRY avait apporté sa collaboration bénévole à Georges CAIN, le Conservateur du Musée Carnavalet, pour l'organisation de l'Exposition rétrospective de la ville de Paris, sorte de Carnavalet improvisé, en recrutant dans les collections particulières, comme l'écrivait un critique littéraire2 à l'époque.

   L'extrait suivant relate l'affection de Paul pour la recherche d'objets encombrants qui devaient remplir les belles maisons haussmaniennes de cette période.

Dans ce demi-jour d'élégance, où cent trente peintures entourent une vingtaine de bustes, on dirait d'un Salon d'autrefois, contemporain d'un de ces intérieurs opulents que M. Walter Gay3 signe de sa maitrise, entre les bibelots anciens collectionnés par Parfonry .... (Le Bulletin de l'Art ancien et moderne, suppl. hebdo, p. 79. Expo et Concours. Cercle de l'Union artistique, Paris, 1912) ;

      On y retrouve également cette notion d' intérieurs opulents qui est celle qui a servi à caractériser son style de peinture et dont l'emploi fait encore partie de nos jours du langage usuel et familier permettant de l'identifier.

      De son côte, son épouse, née Gabrielle BARBAUT, ne fut pas en reste. On la retrouve comme donatrice d'habits pour une autre exposition intitulée Le costume et ses accessoires4. Si Paul assumait sa passion de peintre en squattant, on l'imagine, l'une ou l'autre pièce de la villa de Créteil ou de l'hôtel particulier de la rue Jouffroy, Gabrielle devait avoir aussi accumulé pas mal de choses en utilisant d'autres espaces. Les encombrants, comme on les appelle de nos jours, avaient largement leur place dans les maisons héritées de François-Xavier, le marbrier. 

     Un certain nombre d'habits sont fournis pour cette exposition. Les photos reprises dans le document attestent que Gabrielle a fait une donation d'un costume et de deux robes, essentiellement de l'époque Louis XVICette présence d'habits à cette exposition nous apporte l'éclairage nécessaire pour comprendre l'extrait de phrase découvert précédemment et n'ayant pas ou peu de liens avec l'occupation artistique de Paul. Le commentaire  formulé dans un journal de l'époque faisait bien référence aux costumes Louis XVI de Gabrielle et non à une toile de Paul. 

Parfonry fait partie des collectionneurs qui ont contribué à ce musée des élégances desséchées (Le Figaro du 16 juillet 1900) ;

      Description peu flatteuse en apparence, la signification d'élégances desséchées doit cependant être comprise, non pas nécessairement comme l'expression d'une accumulation d'objets démodés mais plutôt, selon le dictionnaire Larousse, dans le sens d'une présentation  manquant de douceur, d'ampleur et d'ornements  voire d' un coloris qui manque de douceur, de moelleux. De fait, comme on pouvait le craindre, cette exposition rassemblait une panoplie d'objets, de bibelots, sortis des armoires et des placards et ramenés en vue de les aérer. Objets qui pour certains, doivent se retrouver encore de nos jours au Musée Carnavalet à Paris, l'endroit idéal pour se faire une idée du monde des intérieurs opulents de l'époque 1900.

     Qu'elle était l'origine de ces habits Louis XVI, le roi guillotiné en 1793, il y avait de cela plus d'un siècle ? Probablement apportés par Gabrielle dans sa dot5 car il est peu évident que François-Xavier, issu d'une famille peu fortunée et belge de surcoit, n'ait amené ce genre de décor royal avec lui. Peu d'éléments sur l'ascendance de Gabrielle BARBAUT n'ont été relevés dans les arbres généalogiques consultés6. Ce qui nous limite pour en donner une interprétation pour le moment. Y avait-il dans la présence de ces habits Louis XVI l'affichage d'un soutien à la monarchie de l'Ancien régime ? Peut - on encore trouver réponse à cette question aujourd'hui ? Décédée en 1958, à l'âge de 88 ans, Gabrielle a peut être laissé des souvenirs dans les mémoires. 

     Dans un autre genre, imaginez-vous maintenant que le parolier de Johnny HALLYDAY ait eu connaissance de cette expression qualifiant les vêtements de Gabrielle. On aurait pu avoir une toute autre version de la terrible phrase du refrain de la chanson Gabrielle, qui se terminerait en un bel alexandrin parfait7:

J'ai refusé, mourir d'élégances desséchées 

P.S : Ah que coucou, répondrait Johnny !!!! 8

1 NORMAND Charles (1900) : Bulletin de la Société des Amis des Monuments parisiens, vol. 12, Paris, p. 321 ;

2 Ad. BRISSON ;

3 Walter GAY (1856-1937) : peintre américain, installé en France en 1876 , réalisant des tableaux du même style de peinture que Paul PARFONRY ;

4 CAIN Georges, CAIN Henri, CLARETIE Jules, etc.... : Musée rétrospectif des classes 85 et 86. Le costume et ses accessoires - rapports, pp. 53 et 55 ; (disponible au CNAM) ;

5 La dot apportée par Gabrielle BARBAUT, selon l'acte de liquidation et de partage des biens, était d'ailleurs beaucoup plus importante que celle de Paul ;

6 Achille BARBAUT, né en 1881 à Isbergues (Pas-de-Calais), décédé le 29/12/1914 à Ypres (Belgique) est le seul personnage relevé portant l'un des  prénoms du père de Gabrielle, décédé en 1902 ;

7 C'est à dire formé de deux hemistiches  de 6 syllabes ;

8 Extrapolation libre d'un sketch des  Guignols de l'nfo ;

Images où apparaissent les 3 modèles Louis XVI offerts par Mme PARFONRY
Images où apparaissent les 3 modèles Louis XVI offerts par Mme PARFONRY

Images où apparaissent les 3 modèles Louis XVI offerts par Mme PARFONRY

Repost 0
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 00:17

     En cette période de la commémoration du centenaire des premiers combats de 1914, rien n'empêche de parler également de cette autre guerre mondiale qui se déroulera moins d'un demi-siècle plus tard. Apparue déjà sur ce blog au travers d'un article sur mon père Georges PARFONRY (voir article : Réfugié dans le Gard), la mention de cette seconde guerre est de nouveau rendue possible, suite au décès d'un soldat belge portant notre patronyme. Au travers de son geste héroïque, il m'est ainsi donné de l'opportunité d'insérer son parcours en rapport avec les premiers jours de cette guerre.

      Aloys, Albert, Gilles PARFONRY1 est né à Marenne2 le 1/04/1917 au sein d'une fratrie de 7 enfants (2 filles et 5 garçons). Il est l'un des descendants, à la 7ème génération, du premier PARFONRY, né dans la petite localité de Clerheid vers 1710 et faisant partie de la branche des PARFONRY, communément dénomnée d'Erezée sur ce blog. 

     Soldat au sein du 20ème Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais (20A/3Gp/7Bie,  n° de matricule 298/78), l'un des détachements les plus prestigieux de l'armée belge, Aloys est tué dès le 10 mai 1940, soit le premier jour de l'offensive allemande. Contrairement aux autres Régiments de ces Chasseurs ardennais qui avaient pris position le long de la frontière belgo-luxembourgeoise, Aloys est l'un des onze soldats de ce corps tués à Rosmeer3, petite bourgade limbourgeoise, le long du canal Albert, en face de Maastricht. 

    La présence, à cet endroit, d'Aloys PARFONRY reste à expliquer. Le cadre opérationnel de cette première journée de la guerre 40-45 permettra de le comprendre. 

     Pendant qu'il rencontrait une résistance coriace au sud du pays, le rouleau compresseur allemand déferla rapidement sur la Belgique dans sa partie septentionale. Avec pour raison principale, la prise, en quelques heures, du fort d'Eben-Emael, qui avec ses 75 ha de défense et ses trois niveaux de fortins, devait protéger tous les ponts sur la Meuse et le Canal Albert4 entre Maastricht et Visé. Considéré par les militaires comme imprenable par voie terrestre, l'attaque allemande, préparée pendant plusieurs mois, arriva par les airs, peu avant que ne soit officialisée la déclaration de guerre. En utilisant des planeurs pour débarquer des soldats sur les toits des casemates, ils réussirent, en un rien de temps, à anéantir les tourelles des canons. Combinée avec la prise des ponts sur le Canal Albert, la surprise fut totale, ouvrant ainsi la voie vers Bruxelles et Anvers. Et ce ne fut pas la résistance de l'artillerie des Chasseurs ardennais le long de ce Canal Albert qui put faire le contre-poids. Le subterfuge des allemands avait pris par surprise le commandemant militaire belge, modifiant également les stratégies élaborées par les Alliés, pris de ce fait en tenaille. Rosmeer est situé entre les ponts de Vroenhoven et Veldwezelt sur le Canal Albert. N'ayant pas été détruits, Aloys PARFONRY a du défendre avec l'artillerie le passage du Canal aux allemands sans pouvoir compter sur l'appui du fort d'Eben-Emael. Il fut submergé rapidement par le nombre avant de  succomber. Durant ces premières heures des premiers combats, le Bataillon d'artillerie subira de lourdes pertes, que ce soit à Veldwezelt, à Heerenaelderen, à Riemst et à Zichem-Zussen-Bomder. De nos jours, un Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A, portant la mention Défense du Canal Albert, a été érigé rue du Fort à Eben Emael5. Une liste de 41 noms de ce Régiment, dont Aloys PARFONRY, y sont mentionnés sur deux plaques commémoratives.

    Par  contraste, l'opposition affichée par contre dans le sud du pays par ces Chasseurs ardennais, puis lors de la bataille de la Lys, fera dire à ROMMEL, commandant de la 7ème Panzerdivision, la phrase suivante : Ce ne sont pas des hommes, mais des loups verts. Couleur verte en référence avec celle du béret de ces Chasseurs, dont la devise est Résiste et mords, et qui sera reprise par la suite par les Anglais pour doter leurs commandos de ce fameux béret vert, en hommage à leur bravoure.

     Tombé au Champ d'honneur, la tombe rénovée d'Aloys PARFONRY se trouve désormais dans le cimetière de Marche-en-Famenne6. Il n'aura pas la chance de connaître sa fille Christiane, née le 1/06/1940, soit seulement quelques semaines après son décès. Outre le fait d'être la ville de garnison de ce Régiment des Chasseurs ardennais, c'est aussi de là qu'est originaire Aloys. C'est son grand-père Hubert PARFONRY (1843, Erezée - 1923, Marche-en-Famenne) qui effectuera le déplacement à partir d'Erezée pour venir créer un nouveau centre secondaire d'incrustation de notre patronyme.

   Au travers de plusieurs articles dans ce blog, la bravoure des PARFONRY ne s'est pas démentie lors des deux guerres mondiales. A côté d'Aloys, on retrouve Louis (voir article : Qui est le fantassin Parfonry ?), Jean (voir article : Jean est cité à l'Ordre de l'armée) , Georges (voir article : Georges, prisonnier à Meschede) et Jacques (voir article : La seconde vie de Jacques après Germersheim) mais aussi plusieurs résistants (voir article :  Et si on parlait de nos Résistants). De quoi se dire qu'il n'est pas sur qu'il ne reste rien, après la mort, d'un passé évanoui, d'un être jadis vivant7.

1 Sur le site La Fraternelle des Chasseurs ardennais, il est mentionné le patronyme de PARFONDRY, ce qui est manifestement une erreur ; 

2 Marenne est un village situé à proximité de Marche-en-Famenne ;

3 Et l'un des 630 morts parmi les Chasseurs ardennais au cours de cette guerre (source : l'excellent site de Frans GORISSEN, présentant individuellement chaque soldat mort au sein de ce Régiment des Chasseurs ardennais ) ;

4 Le Canal Albert est une voie navigable construite entre les deux guerres et reliant Liège à Anvers ;

5 http://www.bel-memorial.org/cities_liege_2/eben-emael/eben_emael_fort_mon_20a.htm ;

Source : http://www.bel-memorial.org/photos_liege/eben_emael/PARFONRY_Aloys_54333.htm ;

7 Phrase reprise et adaptée du livre de Jean d'ORMESSON : Comme un chant d'espérance, 2014 , édition Héloïse d'Ormesson ;

Tombe du soldat Aloys PARFONRY

Tombe du soldat Aloys PARFONRY

Plaque commémorative au Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A à Eben Emael. Liste des soldats morts pour la défense du Canal Albert en mai 1940

Plaque commémorative au Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A à Eben Emael. Liste des soldats morts pour la défense du Canal Albert en mai 1940

Repost 0
12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 09:58

      Deux chiffres clefs sont à mettre en ce début du mois d'août 2014 en évidence. En premier lieu, ce blog vient de dépasser la quotité des 50 000 pages visionnées. Un chiffre qui démontre de la visibilité et de la constance dans la lecture des quelques 271 articles édités à ce jour.  S'il ne peut se prévaloir de faire partie des blogs les plus prisés, il est parvenu à fidéliser et à trouver sa place dans le panorama des sites. On peut tabler sur un minimum de 15 à 20 pages ouvertes chaque jour depuis sa création avec des pointes supérieures à 100 pages à certains moments (117 pages le 25 décembre 2013, 136 pages le 27 janvier 2014, 110 pages le 18 mars 2014). En dehors du cercle géographique franco-belge largement majoritaire (dans une proportion de 2/3 France et 1/3 Belgique), ce blog attire régulièrement des visiteurs d'autres pays, tels que le Canada, l'Allemagne, l'Algérie, la Suisse, l' Espagne, le Maroc,....

      Et deuxième élément marquant, nous fêtons également en ce mois d'août, ses six années d'existence. Créé début août 2008, ce blog a réussi à développer une thématique assez originale, au travers l'histoire d'un patronyme, de manière à attirer et intéresser à de nombreuses reprises des personnes qui, parfois, tombaient dessus un peu par hasard. C'est ce moyen d'ouverture qui a permis assez régulièrement d'ouvrir de nouvelles pistes de recherche et d'approfondir certaines  découvertes. 

      Une autre façon de constater son succès est d'avoir développé une approche toute innovante sur la manière de faire redécouvrir une histoire familiale en associant aux aspects historiques, géographiques, toponymiques des éléments de mémoire qui allaient immanquablement sortir des sentiers parcourus par nos vies à tous et à toutes. 

      Le travail continuera non seulement pour maintenir l'intérêt mais aussi, dans l'espoir de faire ressortir sans cesse de nouveaux éléments. Et pour éviter de donner aussi l'impression de se trouver devant un travail inachevé. Au gré de ma disponibilité, selon le bon vouloir de ceux qui le visitent, en fonction des pistes de réflexion qui naitront, ce blog devrait continuer à vivre. C'est sans doute tout le mal que vous souhaitez pour lui.

     Par ailleurs, le monde  informatique et la pression commerciale évoluent toujours un peu plus. Ayant évité les entrées publicitaires jusqu'à ce jour, il semble cependant que le site over-blog veuille désormais s'inscrire dans un schéma du donnant-donnant. Des encarts publicitaires devraient apparaître bientôt en compensation d'une gratuité d'utilisation du blog. Rien de précis pour le moment sur l'importance et la qualité des prestations qui viendraient se surimposer aux articles. Aussi, il a été décidé, au titre de phase de transition, d'accepter l'option d'essai, sur une durée d'une année, d'une présentation offrant une plus grande capacité de travail sans insertion de publicités. L'offre sur cette durée est assez intéressante. Il est bien entendu qu'une évaluation de notre part sera faite à terme afin de décider de la suite à donner à ce blog. Il pourrait être temps, à ce moment, de se lancer dans le monde des cloud computing en simplifiant le partage des données, voir de publier le document de travail régulièrement mis à jour. 

Repost 0
8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 16:59

     Habitué à découvrir des modèles de montres à gousset pour hommes de l'horloger Emile PARFONRY, la surprise n'en fut que plus importante pour ce dernier exemplaire retrouvé. Contrairement aux autres pièces présentant un couvercle de métal argenté de dimension raisonnable, celle-ci était une petite montre en or 18 carats de quelques 2,7 cm de diamètre, marquée du numéro 5721. Le mécanisme interne d'horlogerie ne comporte aucune référence quant à un brevet de fabrication.

      Tout en venant s'ajouter aux quelques exemplaires dèjà récupérés, le parcours de ce modèle en ajoute avant tout à l'intérêt. Même partielle, la description ouvre la possibilité de certaines pistes de suivi sur base de ce que nous en a relaté la personne qui nous a proposé d'entrer en possession de cet objet.

      " Cette montre a été au départ la propriété d'un haut gradé militaire d'origine allemande, répondant au nom de WEICKERT. Il a épousé une belge et ont habité à Uccle (Bruxelles). Leur fille Marie-Louise, née vers 1930, a reçu cette montre en héritage. Restée célibataire, elle a finalement transmis, avant sa mort en 2010, cet objet à une de ses amies. Toujours vivante, c'est par l'intermédiaire de sa fille Isabelle WAYS que cette montre a intégré la collection rassemblée de l'horloger ".

    Que retenir de cette transmission de mémoire ? Le seul élément déterminant de ce parcours est le nom de ce militaire allemand. Sa présence à Bruxelles ne semble pas résulter de la période de la première guerre mondiale. Il a probablement du arriver, au vu de l'année de naissance de sa fille, après 1920. Aucun détail supplémentaire n'a pu m'être fourni par Mme Renée WAYS-DAMIEN, l'amie de la fille de ce WEICKERT. 

    Seule piste intéressante pouvant être retenue, en rapport avec les éléments déjà relevés, la naturalisation ordinaire en 1939, d'un dénommé WEICKERT Ludwig-Conrad, né à Nürnberg (Nuremberg) le 25 août 1878, et habitant la Belgique depuis 1925. Il est mentionné comme Agent commercial  à Uccle. Ayant satisfait aux obligations sur la milice dans son pays d'origine, son mariage avec une belge et la naissance d'une fille sont également repris dans la justification pour l'obtention de cette naturalisation1.  Agé donc à ce moment de 61 ans, les dates, la nationalité et la présence à Uccle ne laissent que peu de doutes sur le lien avec le militaire allemand. Seul élément non concordant, la référence au satut d'agent commercial ne confirme pas totalement de l'identité d'un seul et même personnage. Ayant des carrières plus courtes, il se peut que ce militaire allemand, arrivé en Belgique à l'âge de 47 ans, ait officié comme agent commercial après sa mise à la pension. Sans être assuré de ce critère, la piste est néanmoins cohérente et crédible. Ce Ludwig-Conrad WEICKERT est bel et bien celui qui est entré en possession de cette montre.

      Arrivé à Bruxelles en 1925, WEICKERT n'a pu acheter ce modèle de montre directement dans le magasin de l'horloger, installé dans la rue de Namur à Bruxelles2. Il est par contre très probable qu'elle ait été acquise pour l'offrir en cadeau à son épouse. Deux éventualités peuvent être dans ce cas envisagées. Soit, la montre s'est retrouvée après 1918 en Allemagne, ramenée par un soldat allemand et récupérée par ce WEICKERT. Soit, ce même WEICKERT a acheté directement à Bruxelles cette montre dans un magasin spécialisé, peu après son installation en Belgique. Autre possibilité, WEICKERT lui-même, serait entré en possession de cette montre pendant la guerre 14-18. Ayant 36 ans en 1914, il aurait pu faire partie de l'armée allemande qui a envahi la Belgique. Ce qui reste malgré tout à être confirmé.

     Pour la première fois, l'action de se réapproprier une montre de l'horloger Emile PARFONRY s'est vu consolider par la connaissance partielle de son parcours. Une manière de combler notre curiosité sur un objet marqué non seulement de notre patronyme mais aussi de notre histoire familiale. Et complétant cette satisfaction modeste, la consistance en or du boitier n'en confère que plus de valeur. Le prix fixé, après un échange de mails, est bien en rapport avec la valeur marchande et symbolique de ce modèle.

 

1 Projets de Loi présentés par la Commission des Naturalisations, Chambre des Représentants, session extraordinaire 1939, n°130 et 131  (Liste n° 14) ;

2 Ce magasin de l'horloger PARFONRY  a été cédé à un autre horloger (Maison ROSSEELS) vers 1906 ;

 

      

La montre en or E. PARFONRY BRUXELLES avec la mention 18 K et son numéro.La montre en or E. PARFONRY BRUXELLES avec la mention 18 K et son numéro.

La montre en or E. PARFONRY BRUXELLES avec la mention 18 K et son numéro.

Repost 0