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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 22:06

        Après la cheminée du Musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet. Paris 2), après l'atelier de la rue Saint-Sabin (voir article : Ce qui reste de l'atelier du marbrier. Paris 3), notre mission exploratoire à Paris avait, comme nouvel objectif, d'atteindre ces fontaines jumelles déjà repérées au travers de documents (voir article : Les belles fontaines de la Place de la Madeleine). Pour ce programme, l'équipe a été rejointe, du moins pour une partie du circuit, par Louise, l'une des filles d'Agnès. De la jeunesse à qui transmettre tout ce savoir, cette relation quasi charnelle avec le marbre d'un ancêtre, pour montrer que le côté inter générationnel n'est pas oublié dans cette aventure. Louise nous sera  d'un grand secours pour nous faire découvrir le modernisme et l'animation hors des sentiers du Paris touristique.

      La difficulté n'était pas de les retrouver. Il était attesté que les deux fontaines, initialement installées sur la Place de la Madeleine, avaient du déguerpir suite à l'intensité croissante de la circulation. Au risque de voir des voitures emboutir leur joli marbre, elles avaient trouvé, non pas la solitude d'un parc, d'une place publique dans un lieu éloigné de la capitale, mais deux endroits particulièrement charmant, dégageant une sensation apaisante et surtout de recherche d'harmonie dans les formes, favorisée par un environnement verdoyant et par une architecture néo-classique exubérante. On ne pouvait trouver de situation aussi idéale, au milieu de ces artères trépidantes, regorgeant du luxe de la capitale française. Deux points sur la carte qu'il conviendra désormais de parcourir, de sentir, de contourner, de photographier, voire d'enjamber mais surtout de mémoriser comme lieu de rencontre.

     La première s'est retrouvée dans le 7ème Arndt., dans le périmètre du square Santiago du Chili, non loin des Invalides, le long de la rue de Grenelle. A l'écart du buste d'Antoine de Saint-Exupéry qui prête en quelque sorte son amour du continent sud-américain pour justifier de sa présence,  on décèle un petit espace triangulaire, dénommé Place Salvador Allende, histoire de ne pas perturber non plus la leçon de géographie souhaitée de ce lieu. En son milieu, notre fontaine joue toute la journée avec les ombres des arbres. Elle se délecte, paraît-il, des rheu qui émanent des poussettes promenées par les nombreuses nounous du quartier.

    Quant à la seconde, elle s'est montrée moins timide. Elle ne s'est pas cachée sous la frondaison de quelques arbres où à l'abri des circuits de passage traditionnels. Elle a choisi le 8ème Arndt., le plus chic, le plus lumineux, le plus huppé.  Elle est visible, surtout le soir, au milieu de la Place François 1er où son éclairage fait reluire l'esthétique des formes de son marbre. De vraies dentelles qui se voient dès que vous quittez l'avenue Georges V pour descendre la rue François 1er.. Dommage pour les magasins de haute couture qui se rassemblent sur son parcours (Versace, Givenchy, Zadig et Voltaire,....). On ne retient plus que les courbures de ses croisillons, la finesse des têtes de lion, le dessin des visages de femmes, les festons de la colonne cylindrique. Soeur jumelle de la première, elle est resplendissante au milieu de ce rond-point, de cette Place François 1er décorée des plus beaux balcons de Paris. Située à un jet d'eau de Europe n°1 et de RTL, elle doit surement agrémenter les promenades des animateurs de ces deux stations de radio.

       Une ébauche de quiproquo, voire de doute est apparu en raison de la situation de cette Place François 1er. Se trouvant à l'intersection de la rue Jean GOUJON, célèbre sculpteur du XVIème siècle, elle peut laisser croire dans l’existence d’un lien avec l’auteur de la célèbre Fontaine des Innocents, installée aux Halles (1er Arndt.). Même si c'est la seule fontaine qui serait attribuée à ce dernier, la crainte d'y voir dans ce cas son empreinte a été perçue. Le recours à certaines dates de référence dément toutefois cette ambigüité.

       La Place de la Madeleine, lieu d’implantation initiale de ces deux fontaines, ne date que de 1815. De création plus récente, la rue François 1er n’a été tracée qu’à la suite d’une ordonnance du 4 mai 1861. Et le Square Santiago du Chili n'a été installé, quant à lui, qu'en 1865. De plus, c'est sous l'autorité de Gabriel DAVIOUD, architecte influent de la période haussmannienne que l’installation des fontaines s’est opérée. On s’en tiendra donc aux références trouvées qui ne font aucune mention d’une création superposée à une œuvre ancienne.

      Comme la cheminée du Musée Carnavalet, ses deux fontaines se sont faites belles à l'arrivée de la mission. Approchant mon oreille de leurs têtes de lion, j'ai perçu un mouvement ténu mais bien perceptible de l'eau dans la vasque. Le marbre de chacune s'était mis à frissonner. Je les ai entendus réagir à notre présence. Moins ronchonnes que la cheminée, recluse dans sa salle aux odeurs de parquet ciré, elles m'ont assuré qu'elles bénéficiaient toutes les deux d'un cadre idéal, admirées et reconnues comme parmi les fontaines les plus charmantes de Paris. C'est ce qu'elles m'avaient exprimées chacune peu avant que la photographe ne me prenne en flagrant délit (voir article :  En préalable à l'expédition à Paris . Paris 1).  Nous leur avons promis à toutes deux que tout lecteur de ce blog serait invité à les inclure dans leur promenade. Et que pour n'importe quel PARFONRY, elles seraient désormais leurs points de rendez-vous.

      La relation de cette journée pourrait s'arrêter ici si on s'en tient à nos objectifs de départ. Ce serait toutefois oublier l'importance apportée par Louise. Après avoir poliment suivi et observé, ce qui peut être considéré pour elle comme une occupation du troisième âge, Louise, à l'approche de la pénombre nocturne, s'est proposée de nous faire découvrir un quartier hors du Paris touristique.  Et elle a eu de l'imagination la petite !! Pour y aller, pourquoi ne pas prendre une de ces Autolib électrique que l'on observe désormais, parquée un peu partout dans Paris. Et hop, une immersion dans le modernisme écologique et on s'y engouffre tous les cinq, même si le règlement la limite à quatre. Peu importe. Louise, au volant, pour la première fois dans Paris, paraît-il, se débrouille comme un chef. Après quelques hésitations de parcours, l'obligation de trouver une autre station Autolib, un petit oubli de fermeture des phares, nous marchons dans le 10ème Arndt., traversant le canal Saint-Martin sur une passerelle séculaire.  Alors que l'on croyait retourner dans notre siècle actuel, voilà que François-Xavier refait surface. Il est fichtrement partout à Paris ce bonhomme. Nous sommes en bordure du canal, sur ce quai de Jemmapes, celui qui a vu partir en pièces détachées ce fameux escalier de marbre que l'on retrouve à Saint-Pétersbourg au Palais Youssoupoff (voir article : De Paris à Saint-Pétersbourg : le début d'une grande carrière). Ma remarque ne semble plus attirer l'attention de mes partenaires. Ils doivent avoir l'esprit un peu fatigué et l'estomac dans les talons, après cette journée intense. Et ce canal Saint-Martin, si grouillant d'activités en ce XIXème siècle, est, de nos jours, le rendez-vous de la jeunesse, celle qui est avide d'échanger, de discuter, de sourire, de rigoler, de prendre du temps. Mes comparses sont happés par l'ambiance du lieu. Nous rencontrons la France inquiète, ingénieuse, réformatrice, cette nouvelle génération du futur. Totalement anachronique de la foule rencontrée précédemment. Et puis mentionnons aussi ce restaurant Le Petit Cambodge1situé entre le canal et l'hôpital Saint-Louis, choisi par Louise, pour terminer la soirée. Un endroit branché, assez dépouillé, aux saveurs du terroir de là-bas. A découvrir tout comme ce quartier de Paris. On avait retrouvé toute la réalité de la vie. Merci Louise de nous y avoir amenés pour nous changer les idées ! Et bien entendu, on est reparti dans une Auto lib pour aller nous reposer de cette journée.

 

1 C'est ce restaurant Le Petit Cambodge qui , avec le bar Le Carillon, sera l'une des cibles des attentats terroristes du vendredi 13 novembre 2015 à Paris (15 morts);     

De superbes balcons pour regarder la fontaine de la Place François 1er

De superbes balcons pour regarder la fontaine de la Place François 1er

Eclairage nocturne de la fontaine de la Place François 1er

Eclairage nocturne de la fontaine de la Place François 1er

La fontaine jumelle de la Place Salvador Allende au Square Santiago du Chili

La fontaine jumelle de la Place Salvador Allende au Square Santiago du Chili

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 12:08

    Etant remis des émotions du Musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet), les membres de la mission décident d'achever la journée en se rendant dans la rue Saint-Sabin, haut lieu stratégique de la carrière de François-Xavier.

     Sous la conduite d'Agnès qui avait pris résolument l'initiative de nous y conduire, le quatuor, toujours soudé par la bonne ambiance de l'équipe, ne mit que quelques instants pour y parvenir. Ne négligeant pas au passage les endroits incontournables, un arrêt sur la Place des Vosges s'avérait être indispensable. Si caractéristique avec sa dimension carrée, sa pelouse à la chevelure d'un vert lumineux et ses hôtels particuliers quasi similaires, on ne peut regretter que la présence des quatre fontaines ne soit malheureusement pas reliée à notre marbrier familial.  Ce n'est à vrai dire que partie remise pour la suite de notre expédition.

     Nous arrivons assez rapidement dans ce 11ème Arndt., l'un de ces lieux de Paris qui n'a pas été investi en son temps par les travaux gigantesques du baron HAUSSMANN. C'est ce même arrondissement, resté longtemps le plus industrialisé, et par conséquent le plus populaire de Paris qui fut le coeur des mouvements ouvriers et révolutionnaires durant le XIXème siècle. Située finalement à proximité de notre rendez-vous initial de la Place de la Bastille, cette rue Saint-Sabin, ouverte en 1846, est caractérisée par son parcours assez sinueux, présentant notamment sur son tracé un virage à angle droit et des impasses.

      C'est dans ces quartiers que François-Xavier a construit sa carrière. On le retrouve ainsi dès 1848 au sein de la Garde  Nationale, reconnue comme recrutant particulièrement dans cet arrondissement, lors la révolution mettant fin au règne de Louis-Philippe, puis au moment de la Commune de Paris  de mars 1871, où il décide de démissionner de cette même Garde Nationale. Il installe son premier atelier au 89, rue Traversière-Saint-Antoine ensuite au 28, rue Saint-Pierre-Amelot en 1850 avant d'acheter vers 1860 un ancien relais de poste au 62, rue Saint-Sabin. C'est à partir de ce moment qu'il acquiert progressivement la renommée qui lui est reconnue au travers des nombreuses médailles obtenues.

       De cette époque, il ne reste plus hélas, comme seul témoignage de l'activité marbrière, que les deux morceaux de marbre vert, apposés pour recevoir les poignées sur l'une des deux portes d'entrée. Sans certitude sur sa provenance, ce marbre ressemble assez à l'appellation "marbre antique" (serpentine verte incrustée de fibres de calcite blanche), qu'on retrouve dans la vallée  du Guil (Saint Véran, prés du col de l'Izoard) et ayant servi pour les escaliers du Palais Garnier et le socle du tombeau de Napoléon 1er. Par contre, la superbe verrière intérieure, qui donnait la lumière maximale au travail des sculpteurs, a du être enlevée par mesure de sécurité.  L'ancien espace industriel est désormais occupé par une crèche municipale. Avec son oeil aguerri de marin et de constructeur, Michel parviendra toutefois à retrouver dans la partie supérieure du mur, une courbure qui pourrait correspondre avec une forme arrondie de la verrière.

     Peu de choses matérielles ne subsistent donc. Seule la transmission de la mémoire visuelle d'Agnès parvient à restituer la majesté de cette verrière qu'elle a connue et qui n'a  pu être sauvée par une ultime reconnaissance dans le cadre du Patrimoine. Même la mémoire collective (voir article Wikipedia : Rue Saint-Sabin) ne fait référence qu'à l'ancien relais de poste et non à l'une des marbreries les plus célèbres de la seconde moitié du XIXème siècle. Si le matériel didactique fait défaut aujourd'hui, il reste la possibilité à l'historien de la mémoire de  donner à cette visite le cadre historique qui permet de faire le lien avec l'origine belge de François-Xavier.

      Cette rue Saint-Sabin correspond en partie au Chemin de Contrescape qui suivait anciennement le mur d'un fossé d'eau de 30 m de large et de 7 m de profondeur, autour du bastion de la porte Saint-Antoine, situé au pied de la Bastille. De ce fait, son parcours sinueux en est l'explication, suivant les fondations de l'ancienne enceinte érigée par Charles V et renforcée au XVIème siècle.

      En étudiant quelque peu l'histoire de la marbrerie parisienne, on s'aperçoit que cet endroit se situe dans le prolongement de la présence de certaines dynasties de marbriers wallons à l'époque de la construction du château de Versailles. Après une période d'accalmie, résultant d'un oubli pour l'emploi du marbre en France, la première moitié du XIXème siècle est marquée par la redynamisation au niveau de l'emploi du marbre. L'apparition d'une misère noire en Belgique, combinée aux  mesures de protectionnisme prises du côté français pour protéger l’industrie régionale, ouvre le passage du flot des ouvriers belges. Sans compter que les cantons frontaliers de Beaumont et Chimay, grands producteurs de marbre, avaient été rattachés à un département français sous Napoléon. Cet avantage sera supprimé après le Congrès de Vienne de 1815, qui reviendra sur les frontières des anciens Pays-Bas, issues du traité d'Utrecht. Ce qui provoquera le retour des marbriers belges dans le département du Nord, notamment à Cousolre dans l’Avesnois.

     Par la compulsion de différents travaux réalisés ces dernières années, on y découvre que ces marbriers wallons se sont installés à l'origine, dès le XVIIème siècle, à Paris dans un périmètre proche de la Place de la République. Le quartier initial se serait situé entre le Boulevard de la Poissonnière et la rue Bergère (9ème Arndt.). L’un des plus connus, Jérôme DERBAIS, natif de Nivelles vers 1644, naturalisé en 1669, devenu maître sculpteur en 1676, est localisé rue de la Poissonnière à la fin du XVIIème siècle. Il est associé à la construction de plusieurs pièces du château de Versailles. Plus tard, plusieurs d’entre eux (THOMAS, DEQUESNE, POLCHET, MAZZETTY), originaires de Beaumont, près de la frontière française, associés dans un cadre commercial depuis 1807, se sont installés en 1809 à Paris sur un terrain acheté dans la rue des Filles du Calvaire, dans ce même 11ème Arndt. Ils continueront à avoir deux sociétés, l'une à Beaumont, l'autre à Paris (cette situation double est identique pour la société BEAUGRAND et fils)1. En 1820, sous la politique protectionniste mise en place par la Restauration (droit de douane augmenté de 4 à 40 fr par 100 kg), les ateliers de Beaumont furent transportés à Cousolre, du côté français.

    Toutes ces rues se situent non loin des endroits occupés successivement par François-Xavier. Elles s’alignent sur un axe ESE – WNW, entre le 11ème et le 9ème arrondissement, dans le prolongement de ce qui était le quartier des sculpteurs autour de la rue Popincourt (N.B. : Popincourt est l'autre nom administratif donné au 11ème Arndt., bien que non employé). Ce qui confirme bien que notre aïeul doit être arrivé à Paris à la suite d'une filière commerciale en provenance de Belgique. La plupart travaillaient comme ouvriers et peu sont arrivés finalement au statut de chef d'entreprise. Son installation, aux environs de 1840, relativement tardive, atteste qu'il a été probablement le dernier chef d'entreprise, à bénéficier de cette filière. Les autres grands marbriers parisiens de cette période (LOICHEMOLLE, SEGUIN, DERVILLE, ROCLE, MAYBON, ...) n'ont probalement aucune origine belge. Ce qui peut par contre authentifier le maintien du lien de François-Xavier avec la Belgique, résulte dans le fait qu'il utilise de la main d'oeuvre en provenance de ce pays, en lui reconnaissant une formation supérieure dans le dessin (voir article : Déposition de François-Xavier). Comme exemple, un ouvrier contremaître portant le nom de MASQUELIER, ayant été récompensé d'un prix, est manifestement un exemple attestant d'une origine de la région du Hainaut (ndlr : il est attesté dans Généanet qu'un MASQUELIER, né à Courcelles,  a épousé une PARFONDRY de la branche de Forchies-la-Marche en 1854).

1 DUMONT Francis (2007, réimpression) : Aux Marbres de Flandre, Une entreprise industrielle et commerciale sous l'Empire (1807-1817), Ed. : Pierres et Marbres de Wallonie asbl, Naninne ;

 

Agnès devant l'entrée des anciens ateliers de marbrerie de la rue Saint-Sabin. On y remarque encore les deux entrées des chevaux du relais de Poste

Agnès devant l'entrée des anciens ateliers de marbrerie de la rue Saint-Sabin. On y remarque encore les deux entrées des chevaux du relais de Poste

Dernier vestige en marbre

Dernier vestige en marbre

Cour intérieure de la crèche créée à l'emplacement de l'ancienne verrière

Cour intérieure de la crèche créée à l'emplacement de l'ancienne verrière

Détail du marbre (Marbre de la vallée du Guil ou marbre vert de Maurin ???)

Détail du marbre (Marbre de la vallée du Guil ou marbre vert de Maurin ???)

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:33

      C'était une période ensoleillée comme les éphémérides du mois d'août le caractérisent. Tous les critères étaient au beau fixe. Envisagée depuis plusieurs mois, l'expédition formatée par une équipe aguerrie était prête. Le but avoué, en ce mois d'août, était de partir à la recherche de preuves méconnues sur la présence du marbrier François-Xavier PARFONRY à Paris.

      Pour cela, deux PARFONRY, pur sang,  se sont transformés en Rouletabille pour faire revivre les recoins de la mémoire. Associés dans la démarche, Agnès, de la lignée française et votre fieldmouse, de la dynastie belge, étaient convaincus que c'était le moment idéal. Leurs expériences respectives, en tant que fouineurs avérés, vont, pour la première fois, être associées. Pour ce faire, ils sont accompagnés de l'expertise de leur conjoint respectif. Avec Martine L., la photographe tout terrain, vedette de plusieurs sites photos sur le net, et Michel D., grand connaisseur de l'histoire de France et logisticien confirmé, ce quatuor au top est arrivé à Paris en ce lundi 19 août 2013. Le matériel pour mener à bien cette expédition est des plus limités. Outre le NIKON D3.100 double objectif, on se limite à une carte détaillée des rues de Paris, au plan des différents réseaux de transports parisiens, à l'impression des quelques cinquante pages rassemblées sur Francois-Xavier, à la liste des lieux attestés dans la bibliographie et aux tickets de métro achetés en série.

      Rendez-vous est pris sur la Place de l'Opéra Bastille, situé entre le vieux quartier du Marais et l'ancien quartier des artisans, dans le 11ème, là où François -Xavier avait installé ses ateliers de fabrication, dans la rue Traversière Saint-Antoine puis dans la rue Saint Sabin. Devant la Colonne de Juillet, haut lieu de mémoire de cette France révolutionnaire de 1830 qui peinait à sortir de son empreinte monarchique, le premier objectif de l'expédition se voyait décidé, au regard de la proximité des lieux sur la carte. La mission se devait d'atteindre le Musée Carnavalet.

     Le but était clair. Celui de découvrir cette cheminée offerte par François-Xavier sous forme de don à ce nouveau musée, spécialement orchestré autour de l'histoire de Paris. Sur base d'une lettre de remerciements de Georges CAIN, Conservateur de ce musée à l'époque, datée du 19 décembre 1897, son existence était attestée. Voici le texte de cette lettre, conservée par Jean-Pierre, le frère d'Agnès.

                Monsieur,

Vous avez eu la généreuse pensée d’offrir au Musée, une cheminée Louis XIV en marbre. Je suis heureux de vous annoncer que ce précieux don vient de prendre place dans une des salles du Musée Carnavalet.

Au nom de la Ville de Paris, j’ai l’honneur de vous adresser mes remerciements pour cette libéralité, et, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération la plus distinguée.

                                                                             Signé : Georges CAIN

      Plusieurs lettres et mails, envoyés précédemment, étaient restés sans réponses. Une ignorance qui ne pouvait perdurer. Il fallait trouver cette cheminée. L'indice était crédible. Restait à dénicher la salle dont il est question dans la lettre. Avait-on conservé cette cheminée comme témoignage du passé marbrier des artisans parisiens ?

      Le temps, la persévérance, la connaissance de l'histoire de ce marbrier, la bibliographie répertoriée se sont avérés nécessaires pour arriver au but. Rien n'est simple dans ce genre de mission exploratoire. Il a fallu pas moins de huit stations, un petit chemin de croix, pour la retrouver. En voilà la relation.

1. Arrivée devant l'entrée du Musée Carnavalet, au numéro 19. Pour apprendre, par une gentille antillaise, que le Musée était fermé ce jour. Pardi, vouloir visiter un musée un lundi, vous n'y pensez pas ! Un peu vexé de ne pas avoir intégré les horaires d'ouverture dans notre programme, nous lui sortons de mémoire le comment et le pourquoi de notre présence. On ne pouvait abandonner de sitôt. En un minimum de temps, nous faisons comprendre à cette brave gardienne que nous sommes en mission de la plus haute importance. On ne sait si cela l'a convaincue ou si c'était pour nous débarrasser de notre quatuor encombrant, mais nous voilà réorientés vers un autre numéro dans la même rue.

2. Au numéro 23, nous sommes accueillis cette fois par un agent de sécurité en tee-shirt rouge très reconnaissable. Refus de nous faire entrer comme précédemment. Cette fois, le discours ayant été répété, nous l'encadrons en le sermonnant quasiment sur l'intérêt stratégique de notre démarche. Le convainquant de nous donner accès au bureau de réception, dans lequel nous trouvons notre troisième interlocutrice.

3. Rebelote. Cette fois, seuls Agnès et moi-même entrons dans le bureau, laissant nos deux comparses dialoguer sagement avec la sécurité. De nouveau le discours de circonstance, en insistant sur la lettre de 1897 du Conservateur. Première impression assez mitigée. On reformule notre démarche en accentuant cette fois sur l'importance de la carrière du marbrier. Des dates, des lieux, des titres, des photos s'accumulent devant les yeux de la réceptionniste. Voyant qu'elle ne pourra pas se débarrasser de nous, elle finit par téléphoner au Conservateur de garde en ce jour de fermeture.

4. Le Conservateur se fait attendre. L'inquiétude de ne pas le voir apparaître nous stresse quelque peu. Finalement, il traverse la cour intérieure. Il croit trouver dans nos deux experts attitrés les bonnes personnes. Il n'en faut pas plus pour Michel de lui glisser quelques mots explicatifs dans l'oreille pour qu'il soit au parfum lorsqu'il arrive près de nous deux. On ressort une nouvelle fois la grosse artillerie qu'on commence  à connaitre par coeur. Sa première réponse est négative. Il n'y a pas d'archives de cette période qui pourrait nous faire remonter à la cheminée. Cette fois, nous prenons conscience que la phase commando de notre mission doit être déclenchée. Des actes, des gestes, de l'action pour un résultat. On entoure au mieux le Conservateur. En alternance, on maintient la pression. Les explications fusent, les pages sur François-Xavier sont déroulées une à une, le nom PARFONRY est martelé en espérant faire réagir un ultime recoin de ses neurones, les lettres restées sans réponse lui sont rabattues comme ultime argument.

5. Finalement, il abdique. A t-il perçu la fougue, l'intérêt émotionnel, l'émerveillement, la passion dans nos explications ? Sans aucun doute. Un déclic a du se provoquer  à son niveau. Il nous quitte quelques instants, nous demandant d'attendre. L'inquiétude et l'optimisme se mélangent dans nos regards échangés avec Agnès. Que peut-il maintenant se passer ? On a abattu quasiment toutes nos cartouches. La réussite de la première partie de la mission dépend de cette prochaine ouverture de porte.

6. M. BRUSON Jean-Marie, c'est le nom du Conservateur, arrive. Il brandit une petite fiche cartonnée à la main, ternie par le temps. En spécialiste des archives, nous comprenons tout de suite que c'est un sésame important. Elle a été retrouvée dans les tiroirs répertoriant la liste des donateurs au Musée. Sur celle-ci, le nom PARFONRY est écrit avec les références suffisantes pour attester de la présence toujours effective de la cheminée. Sourires, joies font de nouveau surface. Comme pour une partie de belote, nous avions remporté le dernier pli, le dix de der. On avait réussi à retrouver la trace de la cheminée, après quelques cent quinze années d'oubli, d'indifférence. On veut la voir, la toucher.

7. Poussant la gentillesse jusqu'à neutraliser les alarmes des différentes pièces à notre passage, M. BRUSON nous entraine, tous les quatre, dans un dédale de couloirs, de salles, d'escaliers. Le mobilier du tout Paris défile devant nos yeux sans que l'on s'y attarde ni que l'on y apporte un quelconque regard. Le but est tout proche. Rien d'autre ne peut attirer notre attention.

8. On arrive finalement dans une pièce assez sombre, les volets étant fermés en ce jour de repos des visites. Elle est là, au fond de la salle. Avec son âtre baillant, elle semble nous dire : Enfin, vous êtes là !! Cela fait plus de cent ans que je vous attends. Vous n'avez - pas oublié ma médaille d'or, j'espère !!. Comme pour nous excuser, nous l'avons regardée, palpée, admirée, contemplée pendant de nombreuses minutes. La finition de la plaque au fond de l'âtre est superbe. Nous ne pouvions lui dire qu'il y avait peu d'espoir de retrouver sa médaille. De marbre, elle ne pouvait évidemment répondre à nos commentaires. Elle qui a été exposée et obtenu une médaille d'or à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris, se trouvait oubliée. Son âtre restait froid depuis trop longtemps pour qu'il puisse éclairer les quelques mètres carrés sur lesquels nous restions confinés. Elle se savait condamnée à rester indéfiniment dans la salle 41 - LIESVILLE de ce musée.  Prenant conscience cependant que la photographe de la mission se préparait, elle a un mouvement d'orgueil. Elle s'est sentie à nouveau contemplée, admirée comme au bon vieux temps de l'Exposition universelle. Ayant eu enfin la reconnaissance des siens, elle s'est faite dès lors toute belle pour poser pour l'éternité.

9. L'euphorie passée et les photos réalisées, nous quittons à rebour la salle 41, en la regardant jusqu'au dernier entrebaillement de la porte qui se referme. N'oubliant pas de sortir nos GSM pour avertir, tel un cri de Victoire, les autres membres de cette famille d'avoir retrouvé la cheminée de François-Xavier.

     Reste à espérer que ce premier succès de cette mission se prolongera avec la rédaction d'une fiche signalétique complète de cette cheminée. La référence au style Louis XIV, attestée dans la lettre, doit recevoir une confirmation de la part de Madame Marie-Laure DESCHAMPS, la responsable Mobilier de ce Musée Carnavalet. Ce sera la dixième station de notre chemin. Et pourquoi pas, comme une onzième station, prenant le recul nécessaire pour une visite complète de ce Musée, en choissisant de préférence les heures d'ouverture. N'oubliant pas malgré tout d'aller revoir, à la lueur du jour, cette cheminée patrimoniale dans la salle 41-LIESVILLE.

     La suite de cette mission d'exploration sur les traces de François-Xavier PARFONRY sera détaillée prochainement.

La cheminée de notre aîeul est retrouvée. Cela valait bien la peine de déguster une bonne bière .... belge pour nos deux têtes chercheuses chevronnées
La cheminée de notre aîeul est retrouvée. Cela valait bien la peine de déguster une bonne bière .... belge pour nos deux têtes chercheuses chevronnées

La cheminée de notre aîeul est retrouvée. Cela valait bien la peine de déguster une bonne bière .... belge pour nos deux têtes chercheuses chevronnées

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 15:02

      Comme prévu, la relation de l'expédition, réalisée en ce mois d'août à Paris, pour retrouver des témoignages de la présence du marbrier François-Xavier PARFONRY est en cours de rédaction. Bientôt, les péripéties de cette mission hautement stratégique vous seront divulgués.

      Ayant nécessité une longue préparation, cette expédition franco-belge, financée sur fonds propres, n'en a néanmoins pas été quelque peu périlleuse. Comme avant-goût de ce périple parisien, une photo est présentée en avant-première. Pour attester que même à Paris, une expédition du style " Sur les traces de ... " peut s'avérer hasardeuse et sportive.

      Le montage photographique qui s'en suit est un témoignage de la difficulté rencontrée pour arriver à mieux percevoir la face cachée du marbrier. Et cela sous le regard bienveillant, sinon nonchalant du gardien du square de la Place Santiago du Chili, reclus dans sa petite aubette de sureté. Votre Fieldmouse, reporter sans carnet de notes, enfourche en fait un grillage, dont la barrière est cadenassée. Le risque est réel mais il n'en a cure.

      Quant à la seconde photo, le danger n'est pas loin non plus. Au milieu d'une place, point de rencontre de plusieurs axes de circulation, notre reporter a osé transgresser une nouvelle fois les règles de prudence. Passant cette fois sous la barrière, il sent les échappements lui frôler les narines.

     Mais quel est le but de cet enjambement hasardeux d'une barrière aux pointes élancées et de cette pliure du dos non conventionnelle ? En héritier du héros belge Tintin, se montre t - il trop téméraire ou tout simplement trop impliqué dans sa quête de découverte. Qu'a découvert notre reporter ? La réponse dans un prochain article.

      Les photos et le montage ont été réalisés par la photographe de l'expédition, experte en art du camouflage et de l'instantané.

Mais qu'a bien pu découvrir notre Fieldmouse pour se mettre dans de telles postures ? A suivre !!! (credit et montage: Martine LEMAIRE)
Mais qu'a bien pu découvrir notre Fieldmouse pour se mettre dans de telles postures ? A suivre !!! (credit et montage: Martine LEMAIRE)

Mais qu'a bien pu découvrir notre Fieldmouse pour se mettre dans de telles postures ? A suivre !!! (credit et montage: Martine LEMAIRE)

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 09:00

       On aurait pu donner à cet article un titre du genre : Le Wisconsin aurait pu être la destination finale. Mais, cela aurait atténué quelque peu le sens souhaité. Il sera malgré tout question de cet Etat américain quand sera abordé l'une des conséquences possibles de ce qui est le fait principal de l'article.

       Dans un dossier précédent (voir article : Les derniers prénoms PARFONDRY. Appel à témoins), il avait été fait allusion à une phrase de l'écrivain Hervé Bazin, exprimant la forte probabilité de devoir assumer de l'existence de croisements non déclarés dans n'importe quelle famille. Cette quasi évidence, non confortée évidemment par des calculs statistiques de tests ADN, se devait d'être attestée par un exemple quasi factuel. Si c'est aussi fréquent qu'on le dit, il serait normal que les secrets de famille en regorgent. Bien difficile cependant de les faire resurgir ces secrets qui, même après plusieurs générations, sont tus et finalement appelés à sortir de la mémoire. Par bonheur, Votre Poor lonesome cowboy, Your fieldmouse est parvenu à sauver l'un de ses secrets. Pour montrer au final, non pas une histoire familiale mais ce que fut l'existence dans les lambris feutrés des maisons patriciennes de nos campagnes.

      Il y a quelques années, j'avais demandé à ma mère, née Solange Berger, de mettre sur papier les quelques souvenirs qu'il lui restait de son jeune temps. De quoi, approvisionner une sorte de document de synthèse que j'avais souhaité rédiger sur son histoire familiale en me limitant toutefois à la période couvrant le XXème siècle1. Rien que des souvenirs de sa jeunesse heureuse remontaient à la surface. Quelques mots par contre sur cette origine incertaine qu'elle osait parfois énoncer avec beaucoup de discrétion. En parler par bribes de phrases passait encore mais l'écrire clairement était manifestement encore trop hasardeux. D'autant que, selon mon appréciation, elle n'en connaissait que quelques lignes imparfaites, étant l'une des plus jeunes des enfants Berger de sa génération.

       J'avais transmis cette information à un de ces lointains petits-cousins qui, pris du même virus que moi, s'était lancé dans l'aventure de faire revivre l'histoire des BERGER d'Orbais, en reculant plus loin dans le temps par rapport à l'objectif que je m'étais imparti. Alex Berger, un des derniers vrais BERGER de cette lignée, a ainsi donné plus de corps à cette simple indication que je lui avais transmise.

      Au sein de son arbre remontant à l'année 1758, apparaît le couple Adolphe Berger (Orbais, 1856-Orbais, 1935) et Rosine Lengelé (Bienne-lez-Happart, 1861 - Orbais, 1934), marié le 17 décembre 1880, lesquels sont les grands-parents du côté paternel de ma mère. L'installation de ce couple à Odenge, hameau du village d'Orbais, est intimement lié avec l'arrivée d'une autre famille très connue, en la personne du sénateur Hippolyte Trémouroux et son épouse Marie-Catherine Pieret dans leur propriété de Petite Odenge.

       Hippolyte Trémouroux (Perwez, 1803 - Orbais, 1888) n'est pas n'importe qui. Procureur du Roi et échevin à Nivelles, il a aussi été député puis sénateur libéral. C'était également un grand industriel, cofondateur de la S.A. des mines du Luxembourg et des forges de Sarrebrück ainsi que de la S.A. des Hauts fourneaux de La Providence à Marchienne-au-Pont. Sans oublier qu'il disposait de grandes propriétés à Orbais2 dans le Brabant wallon, autour de sa maison de maître, située au hameau d'Odenge. Il a eu deux enfants, Mathilde et Hippolyte, qui n'auront aucun des deux de descendance.

      Le décor de la famille Trémouroux étant planté, voilà ce que nous en rapporte Alex Berger dans son article4, publié récemment dans Le Souvenir Perwézien, revue d'histoire locale reprenant des données se rapportant à la commune de Perwez et environs (Bt wallon de l'est), dont Orbais constitue l'une des sections.

Le 17 décembre 1880, Adolphe Berger fils s’était uni à la jeune couturière Rosine Lengelé, dont l’histoire est intimement liée à celle de la famille Trémouroux. Il faut pour cela remonter à sa maman, Rosine Durieux.

Cette dernière est née le 19 octobre 1833 dans la commune hennuyère de Bienne-lez-Happart (près de Lobbes). Elle est le second des huit enfants des journaliers Adrien Durieux et Victoire Pourbaix ....

D’après les registres de population, Rosine Durieux est arrivée à Orbais en octobre 1863, accompagnant de Bruxelles ses maîtres de l’époque, Hyppolite Trémouroux fils (Nivelles 1829 – Neuilly 1914) et son épouse Aline Amand dans la demeure de la Petite Odenge. Elle y est alors renseignée comme gouvernante. Nous ne savons pas grand-chose de la période bruxelloise de Rosine Durieux si ce n’est l’accouchement d’une fille à Bienne-lez-Happart le 9 février 1861, inscrite à l’Etat civil sous le nom et le prénom de sa mère. La tradition familiale a attribué la paternité de cette enfant à Hippolyte Trémouroux fils.

Rosine Durieux ne restera que peu de temps à Orbais. Elle se marie à Charleroi le 4 juin 1864 avec l’Orbaisien Jacques Lengelé (né le 14 juin 1831, il est le fils du tailleur et journalier Charles Lengelé et de Marie Agnès Vase), union au cours de laquelle ce dernier adopta la petite fille sans père qui sera dès lors connue sous le nom de Rosine Lengelé. Ils résideront près de six ans à Charleroi, servant comme domestique et cocher auprès d’une famille bourgeoise, avant de revenir à Orbais en février 1870, après la naissance, le 10 décembre 1869, d’un petit Gustave Lengelé. Ils reprendront du service auprès de la maison Trémouroux en tant que cuisinière et domestique, postes qu’ils occuperont jusqu’au décès du sénateur le 16 mai 1888. Il semble néanmoins qu’ils aient attendus qu’Hippolyte Trémouroux fils quitte le domicile de ses parents en août 1879 pour y réélire domicile avec Gustave. Au cours de toute cette période, la jeune Rosine Lengelé vivait probablement à Bienne-Lez-Happart auprès de sa famille maternelle puisque nous ne retrouvons sa trace ni à Charleroi, ni à Orbais avant son mariage avec Adolphe Berger fils le 17 décembre 1880.

      C'est précisément de ce fils prénommé également Hippolyte (Nivelles, 1829-Paris, 1914) qu'il est question. Agé de 59 ans à la mort de son père, il semble s'être débarrassé très vite de son héritage en léguant la majeure partie de sa fortune à la commune d'Orbais, à savoir un total de 300 ha, afin d'y créer un hospice et un hôpital. Ce geste lui vaudra d'avoir son buste dans la cour du home Trémouroux de nos jours. La rue reliant justement le village d'Orbais au hameau d'Odenge porte désormais son nom. A partir de 1888, on le retrouve résidant à Paris. Il s'y maria à deux reprises, tout en conservant, paraît-il, un pied à terre à la rue du Musée à Bruxelles. Derrière cette face recto du personnage, il existe cependant une face verso. C'est ce côté obscur qui va nous intéresser.

      Ce que l'on peut retenir de cette histoire racontée par Alex Berger, c'est que le fils Trémouroux avait 32 ans à la naissance de Rosine en 1861. Et le nom de Bienne-lez-Happart faisait partie précisément des quelques mots prononcés par ma mère en rapport avec cette histoire. Il fallait bien qu'il ait quelque peu marqué les esprits pour que ce nom de village, situé à quelques 70 km d'Orbais, en dehors du cercle de villégiature pour l'époque, soit resté gravé dans sa mémoire. Quant à Trémouroux fils, n'ayant pas repris d'activités politiques, on ne connait point son occupation officielle à cette période. Reconnu comme grand voyageur, sa présence est seulement constatée entre 1876 et 1877 où on l'a retrouvé comme correspondant en Algérie. Par la suite, il aurait encouragé les efforts de Léopold II dans son entreprise de colonisation5. Ce qui signifierait concrètement qu'il aurait financé certaines actions du monarque belge.

      Manifestement, en cette année 1861, le fils n'aurait pas suivi les directives de son père, homme par ailleurs très cultivé6, à cheval sur les principes, pour lequel la bibliographie officielle retient l'énoncé suivant : Retiré de la vie privée, il a rapporté au foyer de la famille la conscience d'un bon citoyen, une vie pure et une réputation sans tâches. C'est le plus bel héritage qu'on puisse laisser à ses enfants7.

      La bâtardise n'a vraiment pas besoin de tant d'éloges pour se déjouer des conseils paternels. Elle n'a pas besoin de dix générations pour laisser ses gênes usurper la carte des chromosomes. Comment hésiter à ne pas croire à cet accident de parcours, alors que l'allusion est à peine voilée dans les propos de l'historien Joseph Tordoir, qui habite comme par hasard, la maison attenante de celle des Berger à Incourt. Lesquels, pour la bonne compréhension, constituent l'une des sous-branches descendant du couple Adolphe Berger - Rosine Lengelé installé à Orbais. Selon l'historien, il eut une vie galante assez intéressante et connu une vie tumultueuse à Paris. Il aurait par ailleurs eu une descendance naturelle non répertoriée3 .

      De plus, la notoriété du fils Trémouroux n'avait apparemment pas souffert de ses frasques, à son décès à Paris en 1914. Transportée au château familial d'Odenge, en Belgique, le deuil de la dépouille du fils Trémouroux était conduit par le Comte de Terves, MM. Tremouroux, Armand de Ceves, A. d'Ermeton, de Gourcy-Serainchamps, Mathieu de Malvoisin, de la Rocheblain, le comte Guyau, MM. de Burlet, etc ....8.

      Beaucoup d'aristocratie de dernière génération qui venait probablement se rappeler des instants passés dans les lambris feutrés des demeures patriciennes des parents. Et sur laquelle j'éviterai de m'appesantir de trop, n'ayant trouvé que quelques références notoires.

Le Comte Pierre Gabriel Léonce de Terves (1840-1916) est le mari de Mathilde, la soeur du défunt. Mariés en 1875, ils  habitaient l'imposant château de la Beuvrière, près d'Angers, propriété de la famille des comtes de Terves depuis 1765. Citée dans un article de la Société horticole d'Angers en 1908, Mathilde aurait développé les cultures florales du château. La même année cependant, le château dut être vendu suite à des spéculations désastreuses. 

Le Comte Adolphe de Gourcy-Serainchamps (1857-1915) est issu d'une famille nobiliaire belge, ayant occupé le magnifique château de Leignon, près de Ciney ;

Le Comte Guyau est probablement le fils du Comte Eugène Guyot (1803-1868), administrateur civil de la ville d'Alger de 1838 à 1847, grande figure de la colonisation en Algérie ;

Quant à M. de Burlet, c'est un membre d'une grande famille de la bourgeoisie belge, installée à Perwez, occupant une fonction notariale sans interruption depuis 18529.

      Au final, je laisse le soin, aux lecteurs de cet article, de visionner les  photos jointes pour se faire une idée du lien potentiel non reconnu. Par chance, les photos des Trémouroux père et fils existent, ce qui permet de comparer certains détails du visage de Rosine Lengelé. Un bandeau reprenant  les trois têtes s'avère très éloquent. On ne peut nier une ressemblance dans les traits. La vérité semble évidente. Rosine Lengele est le parfait témoignage de ce qui se passait autrefois dans les campagnes. De manière plus prosaïque, il y a (aurait !!) des gênes inavoués des Trémouroux d'Orbais au sein de toute la descendance des 6 enfants, des 20 petits-enfants,, des 23 arrière-petits-enfants10 et des 42 arrière-arrière-petits-enfants du couple Adolphe Berger - Rosine Lengelé.

       Qui auraient pu se retrouver sur les terres du Wisconsin11. Eventualité qui demande un petit retour dans l'histoire. Pour rappel, suite à de mauvaises récoltes successives de pomme de terre, créant une situation de famine dans les campagnes, plusieurs milliers de petits agriculteurs et d'artisans de la Hesbaye (incluant le Brabant wallon de l'Est avec les villages de Neerheylissem, Beauvechain, Orbais, Incourt,....) émigrèrent vers le Wisconsin, près de Green Bey, dans les années 1845/1855, y créant même des villages portant des noms de la région d'Orbais (Walhain, Rosière, Grand-Leez). En 1975, un journaliste de la télévision ira retrouver des descendants dont les plus anciens parlaient encore le dialecte wallon de nos campagnes. Et en 2012, un livre intitulé,  "Les Wallons du Wisconsin, nos cousins d'Amérique "  écrit par Françoise LEMPEREUR et Xavier ISTASSE a été édité en français et en anglais, témoignant de l'importance de ce fait d'actualité.

      Cette migration fut le cas pour une autre fille d'Orbais12, approchée d'un peu trop près également par le fils Trémouroux et qui, comme une sorte de dédommagement, lui paya le voyage13. C'était les moeurs de l'époque, paraissent dire certains. Rosine Durieux, ayant eu la chance de rencontrer le brave Jacques Lengele qui en adoptant sa fille, lui permit de ne pas suivre le même chemin. En 1861, date de sa naissance, le couloir de migration vers le Wisconsin s'était, il est vrai, déjà quelque peu raréfié.

       Rosine Lengelé reste dans le souvenir de ma mère comme une femme très gentille, très intelligente, très catholique, venant parfois sermonner son fils  Jean Berger14 de ne pas aller à la messe et de lire le journal La Dernière Heure, celui qui ne défendait pas ostentiblement ses convictions religieuses.

      Cette histoire n'est pas sans rappeler celle d'une autre Rosine, une Parfondry de la branche de Forchies-la-Marche, partie aussi pour les Etats-Unis avec son fils en 1902 (voir article : Une Rosine Parfondry aux Etats-Unis).

      Quant à la descendance des Trémouroux d'Orbais, existante de nos jours, elle doit probablement remonter aux frères du sénateur. De quoi éviter d'en poursuivre les clichés et les comparaisons hasardeuses.

1 PARFONRY Roland (2011) : Ainsi était ..... la maison BERGER d'Incourt, 30 pages, ronéo ;

2 Orbais : village situé au milieu des plus belles terres agricoles du Brabant wallon, disposant d'un important réseau hydrographique, et qui fut occupé, sous l'ancien régime, par de nombreuses familles aristocratiques, dont la famille d'Arenberg, ....

3 Les voyages d'Isidore-Hippolyte Trémouroux, Le Soir, 25 octobre 1994 ;

4 BERGER Alex (2013) : La famille BERGER à Orbais, Le Souvenir Perwézien , n°111 sept.2013, p. 5 à 15 ;

5 Le Soir (ibidem) ;

6 Hippolyte TREMOUROUX  père a passé une thése en latin en 1826 à l'Université de Louvain ;

7  BOCHART : Extrait de Biographie des membres des deux chambres législatives, Bruxelles, 1858 ;

8 Le Gaulois, 16 février 1914 ;

9 Les deux familles de BURLET et TREMOUROUX sont associées dans le nom de la maison de repos d'Orbais ;

10 Incluant donc votre fieldmouse ;

11 Trois frères BERGER (Barthélémy, Adrien et Ferdinand), cousins d'Adolphe, partirent ainsi pour le Wisconsin ;

12 dénommée VANDERMEUSEN ;

13 Information transmise par Joseph TORDOIR ;

14 Jean BERGER, un des six enfants de Rosine LENGELE, est le père de ma mère  et mon parrain ;

              Hippolyte Trémouroux père

Hippolyte Trémouroux père

                Hippolyte Trémouroux fils

Hippolyte Trémouroux fils

           Rosine Lengelé - Adolphe Berger

Rosine Lengelé - Adolphe Berger

Rosine LENGELE entre TREMOUROUX père et fils. Pour mieux comparer la filiation.

Rosine LENGELE entre TREMOUROUX père et fils. Pour mieux comparer la filiation.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 23:16

      Pour occuper quelque peu votre temps et vous permettre de vous remémorer quelques faits essentiels de l'histoire de notre patronyme, je vous propose un petit quiz de vacances. Les questions sont générales et couvrent l'ensemble des aspects répertoriés dans le blog. Une approche plus thématique pourrait être abordée par la suite. Bon amusement et surtout bonnes vacances.

      Vous trouverez les réponses en fin du quiz. Un avis sur le choix des questions me sera toujours utile.

 

1. Quelle est la date la plus ancienne attestant de l'existence d'un Chevalier de PARFONDRY ?

a. 1150

b. 1272

c. 1367

2. De quel Ordre, les Chevaliers de PARFONDRY ont-ils été Commandeurs ?

a. Ordre des Templiers

b. Ordre Saint-Lazare de Jérusalem

c. Ordre de Saint-Jean de Jérusalem

3. Quel personnage a accompagné H.N. STANLEY lors de sa seconde exploration du Congo ?

a. Hubert Narcisse PARFONRY

b. Emile Désiré PARFONRY

c. Lambert Joseph PARFONDRY

4. Quel est le roi des belges qui est représenté sur un modèle de montre de l'horloger Emile PARFONRY ?

a. Léopold I

b. Léopold II

c. Léopold III

5. Parmi toutes les branches énoncées sur l'origine de notre patronyme, laquelle n' est  jamais mentionnée au travers des différents articles ?

a. Liège

b. Aywaille

c. Erezée

6. Dans quelle église a t-on retrouvé un tableau de Paul PARFONRY ?

a. Neerheylissem

b. Beauvechain

c. Spy

7. Combien y avait-il de PARFONRY et de PARFONDRY recensés en Belgique en 1999 ?

a. 118

b. 258

c. 498

8. Pour quelle marque de voiture, Albert PARFONDRY était-il mécanicien sur le Critérium de France en 1907 ?

a. Dion-Bouton

b. Cottin-Desgouttes

c. Regina-Dixi

9. Dans quelle rue de Neerheylissem les PARFONRY sont-ils installés depuis au moins 1800 ?

a. rue des Brasseurs

b. rue des Charrons

c. rue du Moulin

10. Quelle est la bonne écriture officielle du village, situé près de Stavelot, et ayant fait l'objet d'un compte rendu de visite ?

a. Parfondris

b. Parfondruy

c. Parfondrut

11. Quel est le nom du village visité près de Caen en 2010, et ayant fait l'objet d'un article ?

a. Parfondrupt

b. Parfouru-sur-Odon

c. Parfouru-l'Eclin

12. Comment s'appelle le militaire ayant été diplômé en Espagne du Real Cuerpos de Ingenieros Militares vers 1730 ?

a. Don Diego PARFONDRI

b. Don Carlos PARFONDRI

c. Don Alfonso PARFONDRI

13. Quel fut le métier de Joseph (José) PARFONRY, installé à Séville vers 1900 ?

a. fabricant d'une bière belge

b. installateur de voies de chemin de fer

c. installateur de paratonnerres

14. Quel est le nom du premier associé du marbrier François-Xavier PARFONRY ?

a. DUPUIS

b. LEMAIRE

c. HUVE

15. Ou était située la terre (le fief) des chevaliers de PARFONDRY, dès la fin du 13ème siècle ?

a. Entre Liège et Huy

b. Entre Liège et Aywaille

c. Entre Liège et Neerheylissem

16. Dans quelle commune de Belgique y a t-il une rue portant le nom PARFONRY ?

a. Erezée

b. Aywaille

c. Hotton

17. Quel est le nom du chantre qui est mentionné sur une dalle funéraire de l'église Saint-Jacques-le-Mineur à Liège ?

a. Renier de Parfondry

b. Carolus de Parfondry

c. Baudoin de Parfondry

18. Quel est le nom de la région géologique au sein de laquelle la quasi totalité des lieux portant notre toponyme est rassemblée ?

a. Le Condroz

b. La Hesbaye

c. La Calestienne

19. Quel nom porte le titre de la pièce de théâtre de Jean LOUVET dans laquelle notre patronyme est mentionné ?

a. L'histoire du chevalier de Parfondry

b. Madame Parfondry est revenue

c. La barrière de Parfondry

20. Lequel de ces trois personnages n'a pas eu la Légion d'honneur ?

a. François-Xavier PARFONRY

b. Lambert-Joseph PARFONDRY

c. Emile Désiré PARFONRY

 

 

Réponses :

1 : b ; 2 : c ; 3 : b ; 4b ; 5 : a ;

6 : c ; 7 : a ; 8 : b ; 9 : b ; 10 : b ;

11 : b ; 12 : a ; 13 : c ; 14 : a ; 15 : a ;

16 : c ; 17 : b ; 18c ; 19 : b ; 20 : c ;

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 08:30

     Sorti de la mémoire,  le portrait  du tableau, qui avait été conservé depuis plusieurs générations, a finalement pu être identifié, grâce aux recherches menées par sa descendante. L'incertitude a pu être levée. Il s'agit bien de celui de Joseph-Léonard-Félix BORDES-PARFONDRY (1811-1883) dont trois articles de ce blog ont déjà reconstitué l'histoire.

Voir les articles :

1. Un nom curieux, celui de BORDES de PARFONDRY ;

2. La dénomination BORDES-PARFONDRY est expliquée ;

3. Du nouveau sur l'origine de la famille BORDES de PARFONDRY

      Par un jeu de recoupements avec les autres militaires de la famille, son identification a pu être attestée. Son entrée à l'Ecole Spéciale Militaire en 1828 a permis d'éliminer les doutes et de faire le choix définitif au sein de cette famille de militaires. Il ne pouvait s'agir de son père,  Paul-Joseph-Raymond BORDES y PILAS (1770-1847), lieutenant-colonel. Vu que cette Ecole n'existait que depuis 1803, il n'a pu entamer sa formation d'Officier à l'âge avancé de 33 ans. De même, la question ne pouvait se poser pour son fils Paul-Joseph-Raymond BORDES dit PARFONDRY (né en 1859). Portant le grade de sergent en 1883, cela indique qu'il n'a pas suivi cette formation militaire.

      La confirmation est venue d'un Officier supérieur de l'Armée de Terre. L'uniforme porté a été déterminant pour le confondre. Il correspond de fait à la période de 1828, année de son entrée à l'Ecole Spéciale Militaire, qui sera appelée Saint-Cyr plus tard. En particulier, le port des épaulettes à franges a connu des évolutions dans leur couleur et leur attribution. Ainsi, celles à franges amarante de la tenue de grenadier, visionnées sur le portrait, indiquent un classement parmi les élèves d'élite. La description de l'uniforme1, sous la période du règne de Louis XVIII, entre 1814 et 18242, donne une idée de la totalité de l'habit. Voici ce qu'il en est dit :

- un habit en drap bleu de roi, avec parements et revers de même sorte ; le collet également en drap bleu étant relevé d'un passepoil amarante; les boutons en cuivre étaient au chiffre du Roi (deux L entrelacés, qui deviendront deux C à l'avènement de Charles X.);

- une veste également bleue de roi;

- un pantalon en drap de même nuance avec passepoil amarante;

- un shako en feutre noir avec plaque aux armes de France et mentonnière à écailles de cuivre;

- une giberne en cuir noir et d'un porte-baïonnette en buffle blanc

     Agé entre 17 et 19 ans lors de sa formation à l'Ecole Spéciale Militaire, cela correspond au visage du portrait repris ci-dessous. Il n'y a plus aucun doute sur son identité. Cet air mystérieux que lui trouve sa descendante est finalement en phase avec la physionomie mobile et expressive qui est décrit dans le texte de son éloge funébre en 18833. Une autre visite au Service Historique de l'Armée de Terre au Fort de Vincennes devrait permettre de faire ressortir probablement d'autres détails sur cet élève officier que fût Joseph-Léonard-Félix BORDES - PARFONDRY, et sa carrière militaire4.

    Ce  qui est certain c'est que ce portrait fait désormais partie intégrante de la saga de notre patronyme.

 

1 Général DESMAZES (1948) : Sant-Cyr, Son Histoire, Ses Gloires, Ses Leçons ;

2 A l'exception de la période des Cent Jours, marquant le retour de Napoléon jusque la défaite de Waterloo en juin 1815 ;

3 Journal L'Eclair du 17 février 1883 ;

4 L'explication de la  variation de nom entre les générations peut être trouvée en se référant aux articles précédent se rapportant à ce nom.

 

     Portrait de Joseph-Léonard-Félix BORDES-PARFONDRY (entre 1828 et 1830)

Portrait de Joseph-Léonard-Félix BORDES-PARFONDRY (entre 1828 et 1830)

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 14:15

     C'était le 14 juin 2013. Le temps n'était pas trop moche. On avait connu pire en cette année où il était plus fréquent de sortir ses habits de protection que les protections solaires. Les BBQ étaient d'ailleurs toujours remisés dans leurs pénates d'hiver. Une préparation assez minutieuse devait me permettre de répartir les quelques rencontres qui allaient agrémenter cette journée. Un retour aux sources, comme on le dit en pareille occasion. Beauvechain, lieu d'installation de mon grand-père en 1914, est situé à 23 km de Neerheylissem.

     Ce devait être vers le mois d'octobre 1960. A l'âge de onze ans, je quittais définitivement le village de mon enfance, suivant par là mes parents. Mon père, licencié quelques mois plus tôt, des Ateliers Belges Réunis (ABR) de Leuven, avait déniché un nouveau job dans la région industrielle de la Basse-Sambre. Aux ateliers HMS d'Auvelais. Tout allait devenir différent, sinon enrichissant.

     Un premier retour avait bien été réalisé en 2008. Dans l'ancien site du patronage, j'avais rencontré, par hasard, Thierry Bertrand. Il s'en était suivi trois articles sur les instituteurs de Beauvechain, dans le Bulletin du Centre culturel de la vallée de la Néthen (Emile Parfonry, Basile Paesmans, Jacques Riguelle). Malheureusement, suite à son décès peu après, le contact fut rompu.

      Désireux de parfaire la période de vie de la présence des Parfonry à Beauvechain entre 1914 et 1960, j'ai réactivé récemment la démarche. Par des échanges de mails avec André Gyre, un répertoire d'adresses et de numéros de téléphone me fut transmis. Il ne restait plus qu'à organiser tout cela. Quelques coups de téléphone, quelques mails allaient jeter les bases de cette journée. Mais aussi pas mal d'imprévus et de rencontres enrichissantes qui permirent de récolter le maximum d'indices.

     Première étape à mon arrivée : la maison communale. Comme pour sentir le vent, l'ambiance dans ce village. Sur la place, le tilleul planté en 1860 n'existait plus. Les locaux de l'administration étaient ouverts. Je devais être le premier visiteur de la journée. Sans vouloir à tout prix découvrir et quémander des informations. Plutôt sensibiliser à ma démarche, présenter l'originalité de mes recherches, montrer les vieilles photos de classe. Donner en somme un peu d'informations afin d'accaparer l'attention. C'est ainsi que Carine, Sabine et les autres filles rencontrées, captivées et captivantes, me donnèrent en retour quelques éléments de réponse. Le temps avait bien sur effacé pas mal de données mais la volonté était là de regarder les anciennes photos et de rechercher le nom des élèves. De découvrir notamment le visage de gamin de Fernand Vansante, dénommé Nannan, son beau-père pour l'une, de voir son grand frère Willy pour une autre. De donner des nouvelles de Francis Lebrun,  mon meilleur ami de l'époque, pour une troisième. De chercher la date de naissance de Georges Huens, celui qui se retrouve sur un bout de papier retrouvé dans un livre du grenier pour une autre (voir article : Mot d'excuse pour l'instituteur).

      Deuxième étape, me diriger vers Tourinnes-la-Grosse, une autre section de cette commune, à la rencontre de Madame Gyre, l'épouse de l'instituteur Marcel Gyre, celui qui avait remplacé mon grand-père en 1949 et décédé quelques années plus tard. J'avais promis à son fils de lui apporter la photo ou son mari se trouvait en compagnie de ses élèves. Une personne de 90 ans me reçut, avec un très léger accent flamand, presqu'aussi alerte et tout aussi rayonnante que les filles que je venais de quitter. N'étant pas de Beauvechain, elle ne pu me donner aucune information sur les photos de classe que je lui présentais. Par contre, de manière très détaillée, elle m'expliqua, au travers de notre conversation, la route pour voir l'un des rares de ma photo de classe qui habitait encore Tourinnes. Mais au lieu de Pierrot Gilis, l'assureur, je ne vis qu'une jeune secrétaire qui me dit que son patron était à la mer. Juste le temps de me présenter et de laisser une carte de visite, je pris la direction du Centre culturel de la vallée de la Néthen (ici on dit CCVN), question de leur montrer ma trogne après avoir envoyé, sur recommandation d'André Gyre, toutes les photos de classe que je possédais. Hélas, la permanence était vide. Pas de chances de ce côté. Il était temps que je pense à me restaurer.

      Sur conseil d'une des filles de l'Administration communale, j'optai pour le café Renaissance, près de l'église de Beauvechain. Malgré mon jeune âge, à l'époque, ce café était resté un lieu important. Ce fut de cet endroit que je regardai pour la première fois une émission de télévision. C'était le jeudi après-midi, jour de congé scolaire à l'époque. Il y avait l'émission Les 1001 jeudis présentée par Lisette, Jean Poinpoin (ah ! cet excellent animateur que fut par la suite Jean-Claude Ménessier) et Jacques Careuil mais aussi, Pantaléon, le Commissaire Bredouille et l'Agent Cadrenbois, personnages burlesques venant en appui avec des séquences éducatives. Pareil à Bonne nuit les petits, cela ne s'oublie pas des mémoires. Le café n'appartenait plus à la famille Van Dijck, mais les nouveaux tenanciers n'attendaient, semble t-il,  que mon arrivée pour discuter de l'ancien temps. Sans compter les deux clients, sans doute des piliers de comptoir, l'un flamand, ancien militaire à la retraite, l'autre wallon et, comme je l'apprendrai très vite, ancien élève de mon grand-père. Car, la justification de ma présence une fois expliquée, André Devester se reconnut sur une photo de classe de la fin des années 1940. Y ajoutant au passage le nom de quelques autres condisciples. La tenancière s'efforça de m'aider en prenant son téléphone. La conversation se continua à bâtons rompus, pour déboucher évidemment sur une tournée générale. Me permettant de conclure que le prix de la bière dans un coin reculé de la campagne, malgré le coût de transport, restait très abordable par rapport à la ville.

    Vu le manque de résultats additifs, j'organisai la diversion. Avec l'appui du militaire flamand, le contact avec le curé s'en trouva facilité. Macaise Gitango, c'est son nom, originaire du Bandundu,  m'ouvrit les portes de l'église. Au passage, je lui mentionnai que j'avais été arpenté quelques fois la région de son enfance. De quoi dégoupiller l'amorce de la rencontre. Une envie certaine me tenaillait de faire découvrir aux lecteurs de ce blog les magnifiques fonds baptismaux de cet endroit. Avec des têtes ressemblant à des rois syriens, semblables à ceux de Neerheylissem mais surtout aussi bien stylisés que ceux de Saint-Séverin-en-Condroz. Datés de la seconde moitié du XIIème siècle, ils mériteraient manifestement une meilleure présentation. Contrairement à ces derniers, protégés par de superbes grilles de fer forgé, confortant leurs valeurs réelles, les fonts baptismaux de Beauvechain de trouvent malheureusement dans un local au fond de l'église, ressemblant plus à un débarras qu'à une réelle salle de sacrement mettant en valeur ces superbes têtes. Avec le mobilier annexe (chaire de vérité, autel, vitraux de l'abside,.... ), le sentiment de beauté esthétique, que j'avais conservé de cette église, s'est vu confirmé, cinquante-cinq années plus tard. Auquel, il faut y adjoindre les magnifiques orgues qui ne demanderaient qu'à être restaurées, selon notre militaire.

      Cette fois, il était temps de respecter les engagements pris avant de prendre la route de Beauvechain. Josèphine Poffé, la voisine de la rue de la Station, où ont habité mes grands-parents et mes parents de 1914 à 1960, m'attendait en compagnie de sa fille Josée. Comme pour me démontrer qu'il s'est avéré possible de rester dans ce village aux grandes rues très aérées, au milieu de la verdure. Un coin où il nous semble bon de vivre. Henri, le mari, le père venait de décéder, il y a à peine un mois. Il avait occupé le poste de Président de la société colombophile, succédant probablement à mon père. Mais, par téléphone précédemment, Josée m'avait déjà laissé peu d'espoir de retrouver des traces de son travail bénévole. La visite aux Poffé voulait se trouver sur le plan sincère des souvenirs, des retrouvailles. Malgré mon jeune âge, j'avais conservé quelques mémoires de ce voisinage.

     Avant d'arriver chez les Poffé, je m'arrêtai, presque religieusement, devant la maison des Parfonry. J'essayai, en comparant les quelques photos de mon enfance, de retrouver les éléments de la devanture qui avaient traversé le temps. Cet empressement se transmit sans aucun doute aux murs de l'habitation, si bien que l'une des fenêtres à l'étage s'ouvrit, faisant apparaître la propriétaire. Obligé de justifier la curiosité qui m'habitait, le contact s'en est trouvé facilité à l'énoncé de mon nom. Un nom qui fait encore office de sésame dans ce village. Je restais le petit-fils du Maisse di scole, celui qui était resté en poste pendant 37 années comme instituteur. Même si le renouveau avait oeuvré pour donner du flamboyant à cette maison, il en est resté le linteau en pierres plus claires au-dessus des fenêtres et l'agencement des briques pour attester de sa construction en 1926, comme je le rappelais en lisant un paragraphe de mon document provisoire. Josée était venue nous rejoindre entretemps. Il était temps, après avoir pris une photo, d'aller voir sa maman.

     Je ne suis pas sur d'être reconnaissable après autant de temps. Par contre, à son allure droite, son visage mince, exprimant un caractère bienveillant, je reconnus Josèphine. Originaire du village flamand proche d'Opvelp, je lui rappelai qu'elle parlait discrètement en flamand avec ma grand-mère, originaire de Tirlemont (on dit plus volontiers Tienen de nos jours). n'osant pas trop l'afficher ouvertement. Et avec Josée, on s'est rappelé nos jeux de part et d'autre du muret séparant les deux propriétés, sous la surveillance de l'instituteur, placé souvent en position de chef de char dans la tourelle de son pigeonnier. Interdiction de se toucher sous peine de remontrances !!! Le départ discret des Parfonry de Beauvechain fut évoqué également. Aucun mots d'adieu ne fut, semble t-il, adressé. L'étonnement aussi quand je mentionnai que j'avais quitté l'école du village pour rejoindre chaque jour en bus l'Athénée de Jodoigne. On parla également de mon parcours professionnel. L'Afrique m'a semblé bien loin des aspirations souhaitées. L'heure avançait. La sortie d'école se rappelait à Josée. Le rendez-vous suivant se réveillait à mon attention. Il était déjà temps de quitter les Poffé, non sans avoir embrassé Josée pour la première fois, vu l'interdiction qu'il nous avait été sermonné de jouer l'un chez l'autre. Le muret s'était muré en frontière de l'amitié.

    15h 30. L'heure avait été fixée la veille par téléphone. Avec un peu d'avance malgré tout, je gravis les marches de la maison de Jacques Riguelle, mon instituteur, avant que je ne quitte les murs de l'école communale. Tout comme pour les Poffé, je déposais un paquet de ces Gayettes du Pays Noir, apporté comme témoin du lien culturel entre les deux régions belges de mon parcours. Démontrant de son assiduité à la préparation des cours, Jacques avait rédigé quelques mémos de rappel, faisant suite à mon souhait de rapporter des anecdotes sur ce temps révolu. Il compléta également le nom des élèves sur la photo visionnée au café dans la matinée. AInsi que le nom d'Yvonne Frix, l'institutrice remplaçante sur une des photos où je suis. Ces divers renseignements viendront bien sur s'insérer dans le document en cours de finition. Le plus important cependant, c'est d'avoir eu la réponse à mon souhait de connaitre la raison de mon transfert scolaire vers l'Athénée de Jodoigne. Moins qu'une véritable querelle de clocher, l'explication était malgré tout saupoudrée légèrement d'un relent de guerre scolaire. Le départ, pour cause de maladie, de Marcel Gyre, l'excellent instituteur qui avait remplacé mon grand-père, mais surtout la question du choix de sa remplaçante, Anna VERVAEREN-QUETS, avait servi d'élément détonateur de ce verdict. Je connaissais enfin la réponse à un des points restés obscurs de mon périple. Jacques me confirma aussi qu'il avait succédé à mon père au poste de secrétaire du club de football. Hélas, question archives, il n'a pas connaissance sur leurs existences. Et confirmant ce qui m'avait été dit chez les Poffé, il n'y a aucun réel témoignage du passage du grand champion d'athlétisme que fut Gaston Roelants à l'école communale de Beauvechain. Seuls, le souvenir de son père venant enloger ses pigeons et de sa soeur Jeanine dans la classe de Madame Irène semblent réels.

    Voilà, ma journée à Beauvechain s'est achevée. J'aurais bien sur voulu rencontrer Jean-Pierre Briké, l'ami des parties de foot dans le verger familial. Mais Jean-Pierre est de ceux qui restent toujours très actifs, que ce soit sur le plan professionnel qu'au niveau du bénévolat au sein du club de football de Beauvechain. En espérant qu'il découvre des archives du temps où mon père était secrétaire du club de football. Il y a aussi le notaire Guy de Streel, celui qui connait tous les secrets des fonds de famille de Beauvechain. Son état de santé ne permet pas pour l'instant de le rencontrer. Et aussi Freddy Morsain, avec qui j'ai échangé quelques mots au téléphone afin d'espérer obtenir des informations sur l'époque du club de colombophile.

     Comment dois-je analyser cette journée à Beauvechain ? Un retour aux sources ! Un espoir d'y retrouver ses racines ! Le souci de combler les vides sur mon travail de mémoires ! Le regret d'avoir quitté ce si joli village ! Le fait d'y avoir acquis  des références à la vie ! Quelle est la bonne question ? Pour m'apercevoir avant tout que André, Pierrot, Josée, Jean-Pierre, Jacques et sans doute tant d'autres sont toujours là. Ils y ont conservés leurs racines, leurs gênes dans ce lieu, y trouvant très certainement, par la juxtaposition d'un travail et d'un cadre de vie agréable, les bonnes raisons d'y rester. Que dois-je répondre à cela ? Sinon, le fait d'un parcours varié qui m'a permis de réaliser de nombreuses rencontres, de voir de multiples paysages, d'enregistrer plusieurs expériences professionnelles, de visiter des sites inscrits dans la mémoire des peuples, de remplir de visas et de cachets plusieurs passeports, de voir la réalité de la vie africaine. Ma lignée, issue de Neerheylissem, avait déjà évité la recherche d'un emploi vers la France vers 1830, la migration des années 1850 sur les terres du Wisconsin, l'appel de la colonisation du Congo après la Conférence de Berlin de 1885, le conflit des deux guerres mondiales. Une trop grande stabilité locale s'était incrustée finalement dans les gênes. Le signal du licenciement de mon père en 1959 était un premier déclic. L'ouverture au monde s'était opérée en changeant simplement de région dans un même pays. Avec au final, le constat d'avoir pu profiter pleinement de ces dix années passées à Beauvechain. Et devant sans doute, en partie, la suite de ma carrière à la qualité de l'enseignement de Jacques Riguelle, mon instituteur.  Et mon intérêt pour l'histoire et la géographie aux émissions éducatives du jeudi après-midi dans un café devant la télévision. Le retour à Beauvechain était donc bien pour combler les vides d'un travail plus global sur la vie. Pour offrir, sans le dire vraiment, une sorte de merci à Josèphine et à Jacques de m'avoir transmis ce je ne sais quoi de message discret qui a du me suivre tout au long de ma vie.

      Avec le plaisir supplémentaire de revoir ces monumentaux fonts baptismaux qui ont bercé le petit garçon que j'étais. On ne devait pas s'y sentir à l'étroit. Et de m'efforcer, sans vouloir être ni catho ni facho,  d'en faire la promotion, la sensibilisation. En publiant à la suite deux photos de cet ensemble architectural dont une partie de l'histoire est retracée dans un livre de Joseph Schayes : Les sentiers de l'histoire à Beauvechain et environs, Vander éditeur, 1975 (livre dédicacé par l'auteur avec ces mots : à Georges Parfonry, en souvenir du pays natal). Une autre façon donc, au travers de ma démarche, de faire perdurer un lien sentimental. Retrouvé en 1875, probablement dans l'étang du presbytère1, la description qui en est faite dénote de son caractère remarquable. Quelqu'un, me semble t-il, a parlé de référence à des modèles syriens, via les croisades. Si cet article pouvait favoriser la réflexion, ma démarche n'aurait pas été vaine.

 Les fonts baptismaux sont du XIIe siècle, taillés en grès de la Meuse. Ils se composent d'une large cuve circulaire ornée de quatre têtes humaines à la barbe finement taillée, reliées par des arcatures romanes, le tout supporté par une colonne cylindrique finement torsadée reposant sur un socle carré. Ils sont parmi les plus beaux de cette époque.

       Et le Bulletin des Commissions Royales d'Art et d'Archéologie (43ème année, Imp. Van Langhendonck, Bruxelles, 1964), dans son article : Rapport sur les travaux du Comité de la Section artistique de la Commission Royale des échanges internationaux pendant l'année 1904 (reprenant les objets intéressants) d'ajouter :

L'Eglise de Beauvechain possède des fonts baptismaux d'un siècle plus ancien que ceux de l'église d'Archennes. Ils se composent, comme ces derniers, d'une cuve ronde montée sur un pédicule cylindrique avec base. La cuve est décorée de quatre têtes humaines dont deux sont couronnées; ces têtes présentent des différences très curieuses a constater dans la manière dont sont traités les cheveux et les barbes. Nous avons choisi les fonts baptismaux de Beauvechain sur la liste de ceux parmi lesquels nous choisirons pour le mouler, un spécimen de ce type et de cette époque.

N.B. Un moulage des anciens fonts baptismaux a été décidé, à la suite de la description 2 

 

1 Selon mon hypothèse, il y aurait été caché, lors de déferlante de la révolution française, par le curé de l'époque Philippe-Ghislain Labar, qui fut d'ailleurs expulsé pendant quelques années ; les archives de la cure, construites pendant le sacerdoce du précédent curé, furent détruites à ce moment ;

2 Ce qui tendrait à laisser croire que l'exemplaire dans l'église ne soit pas l'original; ce qui reste à confirmer ;

 

Fonts baptismaux (vue générale)

Fonts baptismaux (vue générale)

Fonts baptismaux : détail d'une tête couronnée

Fonts baptismaux : détail d'une tête couronnée

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:17

    Que serait-on de nos jours sans cette particule élémentaire, ce boson de Higgs, considéré comme l'une des clefs de voûte du modèle standard de la physique des particules. Un petit rien capable de développer une énergie physique foudroyante pour créer de la matière.  Pareil au même en somme à cette simple particule qui affectait le nom de tous ceux qui, par leurs naissances, a donné la vie en créant de nombreux patronymes. Un simple mot de deux lettres qui servirait à transmettre une énergie pour s'accaparer d'un pouvoir. Comparable à ce petit objet physique qui base aussi sa persistance sur l'énergie déployée pour vivre.

      Cette réflexion sur le lien entre la matière et l'humain, nous a conduit à rechercher l'histoire originelle de notre patronyme. Pour considérer que nous sommes au même niveau que cette découverte réalisée récemment au CERN, près de Genève. L'histoire de deux particules élémentaires qui peuvent constituer l'armature des forces de l'univers. Et qui fait suite à une autre réflexion menée sur le traumatisme provoqué par la suppression de cette particule (voir article : Quid de la particule ? Mythe où réalité ?)

     Sans vouloir attester de la véritable généalogie, vu l'absence totale d'enregistrement, voici la supposée filiation qui aurait amené à l'apparition du premier de notre patronyme avec sa particule, non plus élémentaire, mais plutôt seigneuriale. Basons-nous sur les dire du célèbre chroniqueur du Moyen-âge, Jacques de Hemricourt (1333-1403). Entre 1115 et 1398, il relate, au travers de son Miroir des Nobles de Hesbaye, la généalogie de quelques 204 patronymes, tous originaires du berceau de la chevalerie que fut la Hesbaye liégeoise, héritière de ce sacré Charlemagne, né près de là vers 745. A la sixième génération, y est décrit celui qui allait attiser notre flamme.

    1. Notre histoire débute, comme il est de coutume, par une belle histoire d'amour. Celle entre un brave chevalier, Raes de Dammartin, que certains voient fuir les foudres du roi de France, arrivé dans la région de Huy, et tombé amoureux de la riche héritière d'un des seigneurs les plus puissants de ces terres de la Hesbaye liégeoise. Alix de Warfusée, la jeune colombe, avait en effet hérité, en ces temps féodaux, d'un ensemble prestigieux de domaines. Les deux tourtereaux  se marièrent en 1115 et eurent de nombreux .... seulement deux enfants. Qui se partagèrent évidemment les terres et qui sont considérés comme les ancêtres de tous les chevaliers à naître de cette région.

    2. Si l'aîné s'installa sur les terres seigneuriales provenant de son grand-père maternel, c'est le cadet, Hugues de Lexhy, qui nous intéresse au plus haut point. Récoltant les nombreuses terres acquises par les parents, il devint seigneur de Waroux et aussi avoué d'Awans, soit le seigneur protecteur  d'une institution ecclésiastique. Il est ainsi, ce que l'on peut considérer, l'ancêtre de tous les chevaliers qui s'affronteront de 1297 à 1325 lors de la bataille entre les Awans et les Waroux. Il épouse Marie d'Agimont qui lui donne quatre fils.

     3. Le deuxième de ces fils, le plus connu, est le Chevalier Bretton le Vieux de Waroux. Né vers 1138 et décédé vers 1210, il épouse Maroie de Trazegnies, dite de Flémalle, fille du Seigneur de Trazegnies, Silly et Ath. Ils n'eurent pas moins de six fils et de deux filles, ce qui aida à intensifier évidemment le  partage des terres.

     4. A la quatrième génération, on trouve ainsi Humbert de Lexhy, décédé vers 1258. Fait important pour la suite, c'est lui qui conservera l'avouerie d'Awans. Il épousera Juliette de Rulant, comtesse de Hozémont, autre héritière bien achalandée qui lui apportera d'autres terres mais aussi, pour la première fois,  des armoiries : Burelé d'or et de sable de six pièces.  Les Hozémont descendraient de fait de la scission des terres de la famille des Pépin (Pépin de Landen, de Herstal, le Bref), ancêtres de Charlemagne. La lignée, quittait son statut de maison seigneuriale, pour côtoyer cette noblesse liégeoise. Ils eurent hélas cinq fils et trois filles, ce qui n'épargna pas une nouvelle fois la scission des terres.

    5. De cette descendance, on retient le Chevalier Jean de Locreau de Dammartin, le cinquième fils. D'une union sans doute assez éphémère avec une personne que l'histoire n'aura pas eu le temps de retenir, il aura juste le temps d'assurer une seule descendance. Avec un certain étonnement, on lit que cette fille unique, retrouve de nouveau les titres seigneuriaux de Locreau, de Lexhy, de Dammartin. Et qui se marie avec André de Luxembourg - Bierset, dit de  Velroux.

    6. Et enfin, parmi les quatre enfants de ce couple, apparaît quasi inopinément l'aîné Johan de Parfondrieu, déclaré Chevalier vers 1272. Voilà notre ancêtre tant attendu avec une devise quasi similaire à celle de son aïeul : Fascé d'or et de sable de six pièces. Celui à qui fut probablement octroyé ce terroir en bordure de la rive droite de la Meuse, entre Hermalle-sous-Huy et Saint-Séverin-en-Condroz. Une terre nouvelle qui portait ce nom qui s'est perpétué de nos jours. Un toponyme a donné probablement naissance à notre patronyme. Un arpent de terre comparé aux étendues rassemblées par ses prédécesseurs (voir article: Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Mais l'avenir ne se trouvait plus au-niveau du sol mais bien dans les richesses du sous-sol. La ligne d'horizon ne s'apparentait plus à la limite du pouvoir. Il épousa Marguerite de Rameyfille du seigneur de Flémalle. Et chose bénéfique, ses descendants choisirent évidemment, au vu de la protection accordée antérieurement, le parti vainqueur des Awans lors de cette guerre fratricide avec les Waroux qui envenima la Principauté de Liège entre 1297 et 1325.

     Le temps avait fait son oeuvre au niveau du découpage des terres et de l'avenir de la Chevalerie. Non content de procréer, la période était propice aux conflits. Les terres liégeoises étaient mises à rude épreuve. Les Chevaliers durent se battre, non seulement entre eux, mais aussi contre tous leurs voisins, issus du démantèlement de ce duché de Basse-Lotharingie dans le courant du onzième siècle (avec l'apparition des comtés de Louvain, de Hainaut, de Namur, de Frise, de Gueldre, de Luxembourg, de Flandre et du duché de Brabant). La chevalerie épuisa progressivement la force vive de sa particule élémentaire. Leur nombre se décima tout comme la scission des terres, permettant l'apparition de la classe bourgeoise dans les villes. Et ce patronyme fut de ceux qui réussirent  à s'immiscer dans ce qui préfigurait déjà, en 1398,  la fin du Moyen-âge (voir les trois articles : La vigueur du nom Parfondry au Moyen-âge ; La reconversion économique des Chevaliers; Du nouveau sur la famille des Chevaliers de Parfondry ).

      A l'aube de sa vie1, l'arbre doit prendre racine, selon l'expression. Tout comme la bûche de bois doit prendre dans la chambre d'un âtre en pierre. Le même verbe prendre pour exprimer l'inquiétude aux deux extrêmes : la vie et la mort. Semblable à cette particule qui donnerait de l'énergie pour multiplier les branches d'un arbre généalogique. Mais alors, que se passe t-il lorsque celle-ci disparait ? Perdons-nous tous ces gênes, au point de brûler définitivement nos ultimes forces ? Non bien sur, l'humain comme le végétal a eu le temps de se perpétuer.  Il s'est empressé de couper ce lien caduc, ce concentré d'envie, de rancune qui l'empêchait de se greffer et continuer sa croissance, sa vie. L'important n'est plus dans la particule, mais bien dans le patronyme qui s'adapte le mieux à la société. La particule dispose d'une énergie qui s'épuise, qui l'empêche le plus souvent d'imaginer. Sa suppression est finalement synonyme de liberté, de choix multiples. La vraie noblesse serait celle des sentiments, de l'éducation et du travail. C'est paraît-il, un pape, Pie XII, qui a énoncé cette dernière phrase. Oufti !!!!

      Les deux particules du début, l'élémentaire et la seigneuriale, sont toujours bien là. Dans la solitude des êtres d'exception. Conscients qu'elles ont construit la matière physique et génomique ayant permit l'association de la vie et de l'intelligence. Elles ne sont plus responsables de l'avenir. Nous devons en prendre conscience. Elémentaire, mon cher ..... !!!!!

 

1 Ce paragraphe est une sorte de réflexion découlant de la lecture du livre "Le Journal intime d'un arbre" de Didier Van Cauwelaert ;

 

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 22:38

     En espérant que vous avez eu le temps de découvrir les premiers commentaires se rapportant aux PARFONRY de la branche de Neerheylissem, je transmets la seconde partie, afin que vous puissiez continuer à prendre acte des marques de sympathie et de convivialité qui se tissent autour de la thématique de cette recherche de mémoire. Successivement les PARFONRY d'Erezée, les PARFONDRY d'Aywaille, complétés par des individualités représentant les PARFONDRY de Forchies-la-Marche, les PARFOURU de Normandie et, très récemment, les franco-espagnols BORDES-PARFONDRY, s'y sont accrochés. Avec au final, un beau réservoir de personnes ayant perçus qu'elles disposaient d'un patronyme originaire d'une  provenance commune, associé à un toponyme, et remontant aux temps reculés de notre Histoire.

B. Ceux  des PARFONRY d’Erezée

Jean PARFONRY

* 06/03/06 :…et c’est en vous disant cher cousin, sans nul doute, que je vous dis un tout grand merci. Ma sœur vous remercie également…..

* 27/09/06 : Incroyable cette carte postale…. Il s’agit d’un frère de mon grand - père…..On devra absolument nous rencontrer……

* 24/12/06 : Je ne sais plus ou me cacher, après tout le travail et le superbe dossier que vous m’avez fort gentiment fait parvenir. Quel travail magnifique et intéressant, mes fils en ont directement demandé une copie.

* 16/06/07 : Ce jour, j’ai enfin trouvé un peu de temps pour trier quelques documents qui je pense pourraient vous intéresser…Je vous joins quelques notes manuelles

* 25/04/08 : …. quand je lis tous les messages de notre ami Roland, je suis super gêné et n'ose même plus y répondre. J'ai des informations certainement intéressantes, mais il me faut du temps pour m'y mettre, ce n'est pas en 1 ou 2 h, que je peux commencer et vous ne me croirez peut être pas, mais franchement je n'en n'ai pas le temps….

* 04/08/08 : Comment faites vous pour trouver toutes ces informations intéressantes?
Je me suis aussi arrêté à Parfouru en rentrant de Bretagne ; charmant petit village. La carte de ce jour est très intéressante aussi, car je pense bien, qu'il s'agit d'Alfred Parfonry, qui était un des frères de mon grand - père. Il a eu une brasserie du côté d'Ixelles et j'avais aussi entendu parler d'un restaurant, mais sans aucune précision…. . Votre recherche et votre passion m'impressionnent et un tout grand merci pour tout ce que vous me communiquez si réguliè
rement

* 18/08/08 : Cher Cousin, vous êtes formidable! Quel dynamisme, quelle passion.je reste béat d'admiration, …..

* 19/02/09 :….. J'ai reçu d'un ami, cette lettre de remerciement concernant mon grand-père et je pense qu'elle pourra s'ajouter à votre documentation.

* 28/02/09 : Je viens d'aller quelque temps sur ton blog, c'est incroyable, je n'en reviens pas !! Quand trouves- tu le temps de monter tout cela et où vas tu chercher toutes ces infos? J'ai même appris des détails sur mon grand Oncle Emile, que je vais relire avec beaucoup d’intérêt.

* 08/05/09 : mais où vas tu chercher toute cette information, mais surtout le temps de la mettre sur ordinateur ? C'est incroyable ! Tu me les casses comme dirait poliment ma fille Aliette !

* 26/10/09 :et qu'après le 6 décembre, je serais à la retraite ...et alors je rechercherai des infos pour vous;

* 06/12/09 : merci pour ce beau et intéressant dossier, que je n'ai pas encore découvert. J'y reviendrai dans 2 ou 3 jours. Mais j'ai promis à mon épouse et mes amis de freiner et j'aurai enfin un peu de temps pout te rencontrer et ressortir les dossiers.

* 08/03/10 : Comme toujours, vous êtes un formidable chercheur et vous trouvez des documents importants tout à fait ignorés! Grand merci une fois de plus ;

* 03/05/10 : Avec plaisir, je te fais suivre un très beau diaporama sur les villages de France, parmi lesquels tu y verras celui de Parfondeval. Un élément de plus à tes formidables recherches généalogiques ! Qui sait, nous sommes peut être châtelains !

* 10/06/10 : Il y a quelques jours, je me suis un peu perdu avec beaucoup de plaisir sur le blog de la famille et j'ai été vraiment étonné et surpris par le nombre d'informations. Tu dois passer une grande partie de ton temps en recherche et mise sur site. C'est formidable.

* 26/09/12 : je viens de lire ton dernier article et en remontant ton énorme fichier, j'ai relu ton passage à Parfouru, où nous nous sommes déjà arrêtés en allant en Bretagne. J'adore la façon de décrire ce charmant petit bourg ;

* 15/05/13 : incroyable, quelle somme de travail et depuis des années ! Si tu édites un livre ou tout autre document, je suis preneur et te passe ma commande ce jour ;

André PARFONRY

* 12/07/06 : Tout le travail généalogique effectué est épatant, je ne suis guère surpris de l’intérêt que les Parfonry dispersés aux 4 coins du monde lui portent.

* 20/05/07 : Poor lonesome cowboy may be but …chapeau bas pour le travail et l’énergie déployés ainsi que les résultats obtenus !!!!

* 05/09/07 : C’est toujours avec grand intérêt que nous suivons les aventures du « poor lonesome cowboy ». Nous entrons maintenant dans une dimension épique puisque la chevalerie moyenâgeuse intervient. Une fois encore bravo pour toutes ces recherches qui ramènent nos racines à la surface !

* 07/09/07 : Ces liens forêt ardennaise - fond de vallée - extraction de fer semblent effectivement tenir la route…..

Alfredo PARFONRY

* 28/05/06: I hope that this information is good for you and for me because I am very interested in this thing. I hope that you bring me more information about my branche. My aunt Maruja is very interested and she has a lot of photos of my grandfather and his father Joseph.

Marie - Claude GENIN

* 24/05/07 : Nous avons eu un plaisir énorme à parcourir en diagonale votre travail…….

Jean – Claude PARFONRY

* 29/04/08 : Cher Mr Parfonry, je serai bientôt, du moins je l'espère en mesure de communiquer avec vous ;

* 05/05/08 : je suis celui à qui vous avez envoyé des documents et qui serait à même de vous apporter quelques précisions relatives à la branche de Rendeux ;

* 10/07/08 : En deux mots : la ferme Parfonry de Compogne et la chasse de Rendeux font bien partie de mon environnement.

* 10/09/09 : Je me suis permis de proposer la lecture de vos recherches à un amateur de la chose : JP Adam de Ronzon, auteur de plusieurs travaux portant sur la région. Sans doute prendra-t-il contact avec vous...Au plaisir de vous lire. Je suis à votre disposition pour des renseignements complémentaires.

Aliette PARFONRY

* 04/05/09 : Je serais ravie de vous accueillir à Pointe Noire ou nous parlerions des Parfonry, car je suis une lectrice assidue de votre site et suis vos recherches avec beaucoup d'estime ;

* 26/09/12 : On a bien parlé de ton blog tous ensemble la dernière fois que je suis rentrée. Merci pour ça aussi ;

Josefina JIMENEZ-PARFONRY

* 08/06/10 : J'ai été très heureuse de trouver des informations sur votre Google Blog de l'histoire de nos ancêtres ;

* 21/07/10 : Je vous remercie de vos nouvelles et de l'arbre généalogique que vous m'avez envoyé, j'ai été très intéressé et a suscité ma mémoire. J'ai essayé de remplir avec des dates et des faits, avec quelques difficultés de manipulation et avec un peu d'aide de mes fils. Je serais intéressé à pouvoir communiquer avec Claudine Van Eyck, qui est le membre de la famille de mon âge que je me souvienne. Je n'ai pas eu de nouvelles depuis des années. Je serais très reconnaissante si vous m'envoyez des informations de contact.

* 06/08/10 : Esta vez en español, le remito algunas fotos familiares como modesta colaboración al blog Parfonry.

Viviane GOFFIN

* 13/06/10 : J’ai été voir le site, c’est vrai que c’est intéressant et je détaillerai plus à l’aise prochainement ; Maman nous a raconté que les cousins étaient venus pendant la guerre. Il y avait aussi une Fifi était-ce la même ? … à cet âge là nous n’étions pas spécialement intéressées par la généalogie, mais nous avons une photo faite au jardin, je m’en souviens, on se trouvait toutes les 2 tout à fait cloches.

Claudine Van Eyck

* 12/07/10 : Je suis bien la petite-fille d’Alfred Parfonry. J’ai connu Narcisse et sa famille. J’ai reçu Jean à Lovanium en 1962. J’ai des photos de la famille et de celle de Séville avec laquelle nous sommes restés en contact jusque 1950 environ. Cela me ferait plaisir de recevoir mon arbre. Je pourrais éventuellement compléter.

Bernard PARFONRY

20/10/11 : Encore merci Roland pour votre travail extraordinaire. J'y découvre des choses émouvantes dont je n'avais aucune connaissance.

C. Ceux des PARFONDRY d’Aywaille

Camille BOURG

* 07/08/07 : … la surprise de recevoir du courrier auquel on ne s'attendait plus peut être agréable… ;….j'en ai profité pour mettre sur fichier les quelques piètres renseignements que je possède sur la filière des ParfonDry à laquelle je suis attaché par alliance….. Mon beau-père ne faisait presque jamais allusion à sa famille et je n'ai jamais entendu parler de ses père ou mère. Je sais qu'il avait passé une partie de ses jeunes années en orphelinat mais je n'ai jamais eu le loisir de lui demander le pourquoi. Il semblerait qu'il ait été le plus jeune, hormis peut-être son dernier frère dont nous n'avons jamais entendu parler. Mon épouse et sa sœur aînée n'ont jamais eu l'occasion d'en connaître davantage et, n'entendant parler de rien, n'ont jamais eu la curiosité d'en savoir plus sur leur lignée. L'esprit de famille dans lequel elles ont été élevées se cantonnait à leur seul cercle de famille ! Pour récolter le peu de renseignements que je vous transmets, il m'a fallu questionner et faire retourner mon épouse vers des souvenirs souvent bien enfouis.

P.S. J'ai choisi le nom de Parfond Ry pour notre gîte parce qu'il s'agit de la maison paternelle de mon épouse. De ce fait, nous continuons à faire vivre ce nom

Alain PARFONDRY (de Suisse)

* 07/12/07 : Je pensais que Parfondry venait d’un nom de lieu dit qui décrivait un effondrement rocheux dus à l’érosion des coteaux calcaires….Mais ce n’est peut-être que le fruit de mon imagination….Je serai de passage à Bruxelles…et nous pourrions peut-être nous rencontrer si vous êtes intéressé.

* 06/01/08 : … Dans les années 60, mon grand-père avait été approché par une personne des USA intéressée par l’histoire de cette famille. Je n’ai plus de pistes concrètes dans cette direction…

* 12/03/11 : ….. J'ai ensuite pris connaissance avec intérêt des informations que vous avez publiées sur le blog

*13/03/11 : Pour en revenir à vos recherches, plusieurs des Parfondry de France ayant laissé des traces dans l'état-civil font partie de la branche d'Aywaille (Paris, Somme/Aisne, Allier). Si vous consultez les archives municipales de Paris au XIXe siècle (celles qui ont survécu à la Commune), vous en trouverez des dizaines d'autres, apparentés ou non.

Paul LAURANT

* 06/12/07 et 09/01/08 : Chaque élément me conduisant à recueillir plus de documentation sur cette branche de ma généalogie me touche au plus profond, car c'est le seul ancêtre, côté maternel qui me soit un peu connu,……PARFONDRY Anne- Elisabeth est mon arrière-grand-mère, décédée à l'âge de 99 ans et quelques mois. Je ne l'ai pas connue, mais ma mère en parlait avec tellement de chaleur que c'est tout comme. Elle laissa auprès de ses trois petits enfants (ma mère et deux oncles avec qui elle habitait à Bertrix) un souvenir affectueux très profond. Elle décéda l'année où ma mère épousa Joseph LAURANT, mon Père,…, alors que l'on préparait les festivités du Centenaire. Elle figure en bonne place sur la photo de famille.

* 12/04/08 : Que je suis HEUREUX! J’apprends que je suis cousin d'un de mes anciens concitoyens, Camille BOURG, et de même, j'apprends avec stupeur que je suis cousin de feu Jules DELOGNE ……. Il était apprenti boulanger chez mes parents lorsqu'il fut tué, …… faisant lui-même partie de la résistance……Et à tous mes "cousins" à connaître je dis cette irrésistible envie de savoir qui ils sont, d'où ils viennent et où ils vont.

* 20/04/08 : Une abondante documentation vient de nous être offerte par Roland Parfonry que je remercie encore ici très chaleureusement. J'espère que Marie-Paule en retirera le meilleur avantage. On découvre des choses surprenantes.

* 25/04/08 : Ce message …corrobore parfaitement tes dires…, il semble donc confirmer que je n’ai aucune chance de trouver un lien de parenté avec Jean - Marie que je connais depuis 50 ans…..

* 01/06/08 : Si le destin nous conduit encore sur la trace de nos ancêtres, je le ferai aussi dignement qu’Anne-Elizabeth l’aurait fait,……Je ne veux rien ternir de tout cela.

* 19/08/08 : Excellente idée que cette création de blog PARFON(D)RY. J'espère que nous aurons le bonheur d'y lire des choses bien intéressantes. Bon succès dans tes recherches.

* 31/08/08 : Que de surprises sur votre blog. Très intéressant.

* 27/12/08 : Bonne année 2009 et surtout grand succès dans tes recherches généalogiques. Bravo en tout cas pour tout ce qui est déjà fait.

* 13/03/11 : Grand merci pour les informations pertinentes. Je transmets à mon frère aîné, Louis et à ma fille Marie-Paule laquelle pratique la généalogie avec assiduité. Bravo et bonne continuation.

* 18/06/11 : Vos blogs sont si souvent agréables à lire que je veux vous dire le plaisir que m'ont procuré les lignes d'aujourd'hui. C'est de la belle Histoire, pleine d'incertitudes et d'incises qui portent à la rêverie, voire même au doute. Peut-être découvrirez-vous d'aussi amusantes pistes à la "Sherlock-Holmes" quand vous aborderez la région de Neufchâteau ?? Merci et Bravo

* 20/06/11 : …. C’est bien vrai que la recherche toponymique est bien plus complexe et ardue. Mais finalement, dépouillée des diverticules généalogiques, ce sont des disciplines qui se rejoignent, me semble-t-il? Bonne continuation en tout cas.

Alain PARFONDRY (de Gironde)

* 20/05/08 : C’est avec grand plaisir que j’ai reçu votre courrier,……Votre cousin Patrick m’a transmis l’arbre généalogique de la branche d’Aywaille ? C’est passionnant ….. je vous joins des photocopies des livrets de famille qui couvre les quatre dernières générations de ma branche…

* 19/09/08 : Merci pour toutes vos informations. Si je puis vous aider….

* 21/09/08 : je confirme, je suis bien le Bordelais........

* 12/03/11 : C'est avec beaucoup d'intérêt que je consulte votre blog…...

* 15/01/13 : bravo pour votre travail, c'est avec intérêt que je consulte les nouveaux articles de votre blog.

* 15/05/13 : Bravo pour cette somme de travail. Je suis souscripteur potentiel pour une éventuelle publication.

Oscar LAMBERT

* 20/11/08 : Je suis tombé par hasard sur votre blog très intéressant. Ma mère qui est malheureusement décédée, s'appelait Gilberte PARFONDRY dont les ancêtres proviennent de la région d’AYWAILLE-DIEUPART. J'ai effectué des recherches sur le patronyme Parfondry. Peut-être pourrions-nous échanger des renseignements ?

D. Celui des PARFONDRY de Forchies-la-Marche

Olivier PARFONDRY

* 20/05/09 : Je suis effectivement de la lignée de Forchies-la-Marche, où mes grands-parents (Henriette Wiard et Gaston Parfondry) ont vécu la majorité de leur vie, bien que mon père Max Parfondry (décédé en 2002) soit né à Fontaine-l'Evêque. Malheureusement, à ma connaissance, il n'y a plus de Parfondry de ce côté là, si ce n'est peut-être encore une cousine de mon grand-père. En espérant vous avoir donné des renseignements utiles.

E. Celui des PARFOURU de France

* 05/09/09 : Merci pour vos recherches ; nous avions la particule autrefois ; Parfouru vient de la région de Saint-Lô ;

F. Celle des BORDES – PARFONDRY

Michele SERVENT

* 04/06/13 : Merci aussi à vous pour votre article reformulé et enrichi des nouvelles données, dont je viens de prendre connaissance. Peut-être en saurons-nous plus un jour sur cette branche espagnole ?

* 05/06/13 : Merci pour votre message qui devance mon intention de relire ce matin cette lettre ……. Vos connaissances éclairent cette lettre, et les informations semblent effectivement se recouper. L'histoire de cette époque en Espagne m'est encore inconnue, je la découvre au travers de la famille Parfondry avec une certaine émotion.

* 07/06/13 : Merci pour votre bel article. Vous avez su y exprimer combien Joseph Bordes était attaché au nom de sa mère Prudence, et à quel point il aurait aimé transmettre ce nom à ses propres enfants.

* 08/06/13 : Je découvre au fil de mes lectures sur votre blog toute la richesse des recherches que vous avez entreprises, et qui feront, je l'espère, l'objet d'une édition prochaine.

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