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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 06:19

     Pour terminer le reportage de ce périple de quatre jours à Paris, le reporter de l'expédition s'est efforcé de rassembler les derniers lieux et faits en rapport avec la présence de François-Xavier. Abondance manifeste de cette présence retrouvée au travers de nombreux documents (voir article : Dans les rues de Paris avec François-Xavier) Impossible de les découvrir tous. C'est donc un peu en fonction du parcours effectué pour rencontrer les objectifs essentiels assignés à la mission que l'on a abordé certains de ces témoignages encore présent de nos jours.

     Sur le retour de la visite aux Réserves des Arts et Métiers à Saint-Denis, un arrêt à la gare Saint-Lazare s'imposait. Le tracé du Métro s'y prêtait à descendre. Sans qu'elle soit parmi les plus connues, cette gare est un point stratégique du trafic entre l'Est et l'Ouest de la France. Non seulement la deuxième gare parisienne en terme de flux de voyageurs, elle est également la deuxième d'Europe après la gare du Nord. Rénovée et agrandie à plusieurs reprises, elle nous intéresse tout particulièrement par l'existence du bel escalier double côté Cour de Rome, l'une des extensions réalisées entre 1885 et 1888, en vue de l'Exposition universelle de 1889. François-Xavier y a apporté sa connaissance du marbre, la finition de son travail pour réaliser un imposant escalier, emprunté chaque jour par quelques milliers de voyageurs. Qui sont bien sur excusés de ne pas connaitre son constructeur. Ce qui ne sera plus le cas pour tout individu de notre confrérie qui gravira ou descendra ces marches. Du bel ouvrage qui mérite un arrêt sur pose pour prendre conscience de cet héritage, de ce travail méticuleux et aussi de la beauté de l'oeuvre.

    Le 8ème Arndt. a été assurément le quartier de prédilection de notre marbrier. Au coeur des travaux d'aménagement menés par le Baron HAUSSMANN, il était évidemment le plus recherché par les grandes fortunes. C'est ainsi que de part et d'autre des Champs-Elysées, on le retrouve immanquablement. Il a fourni les marbres, en 1885, de l'hôtel particulier d'Eugène RITT, le nouveau Directeur de l'Opéra de 1884 à 1891, situé dans l'angle des rues Balzac et Lord Byron. De nos jours, ce lieu est occupé par le prestigieux Hôtel 5* Balzac. Nous y sommes entrés, nous limitant au périmètre de la Réception. Manifestement, la personne recrutée pour gérer la clientèle, n'avait aucune notion sur le vécu historique de son lieu de travail. Il faudra donc revenir avec une autre opportunité.

    Retraversant les Champs-Elysées, dépassant l'Avenue Georges V, après quelques longueurs d'enjambées, on arrive à l'angle avec la rue Pierre Charron. Là s'y trouve l'immeuble à loyers édifié en 1888 par ROMAGUERA de ALISAL. Ce dernier, sujet argentin, décédé en 1915 à Madrid, possédait plusieurs habitations dans différents pays. Après la mort de son épouse en 1919, l'immeuble resta en litige pendant de nombreuses années, à la suite de contestations sur le testament, suite à l'apparition d'héritiers ab intestat, à savoir de personnes non mentionnées sur le testament mais se déclarant avoir un lien généalogique direct. Cette procédure s'est prolongée jusqu'en 1937 pour finalement être attribuée aux Soeurs de la Charité, comme le prévoyait le testament initialement. L'immeuble actuel, qui doit toujours resplendir, en son for intérieur, des marbres de François-Xavier, est occupé par une agence bancaire LCL. N'ayant pas de compte dans cette banque, je ne pouvais trouver l'excuse d'aller dans la salle des coffres, pour jeter un regard fouineur sur les alcôves. Il faudra envisager de demander à quelqu'un de la confrérie d'y rapatrier son argent planqué en Suisse !!!

      Et in fine, dernière rencontre, du moins pour la durée de cette mission exploratoire, la prospection des Grands Magasins du Printemps sur le Boulevard Haussmann. Nous savions, en y entrant, n'avoir que peu d'espoir de découvrir les marbres qui supportaient le pont-galerie et les paliers d'arrivée des deux grands escaliers extrêmes, installés après un premier incendie en 1881. Et probablement endommagés ou détruits à la suite du deuxième incendie important de 1921. Dans cet espace dédié à la consommation depuis des décennies, nous nous sommes laissés quelque peu mis à flâner, même si l'architecture des lieux avait perdu de sa grandeur. Des panneaux en contreplaqués uniformes font désormais rempart afin d'éviter que les yeux ne se perdent et conservent leurs regards sur les objets à haute valeur ajoutée. D'étage en étage, dans cette atmosphère luminescente qui endort votre agilité et vos réflexes, on arrive devant ce qui reste l'un des spectacles les plus aboutis de notre périple. Devant nous, tel un dôme de cathédrale, se dresse la fameuse coupole Art Déco bleue des Grands Magasins. Ouah !! Enfin quelque chose d'aussi beau que les marbres de François-Xavier, se dit-on !!  Ne deviendrait-on pas un peu parano, sur le coup ?

     Et évidemment pas d'escalier en marbre à ce niveau. Mais la beauté esthétique des nouvelles matières de ce XIXème siècle est restée présente en ce lieu. Cette verrière, c'est la quasi complémentarité de cette Tour Eiffel. Avec le ciel pour unique attraction, comme pour contrecarrer la force d'attraction de Newton. Des réalisations qui ne servent à rien si ce n'est d'avoir démontré du savoir-faire industriel, de la plasticité, de la maniabilité de ces nouveaux matériaux que sont le verre et le fer. Hélas, le marbre n'a pas ces qualités pour suivre le mouvement. Si l'escalier n'est plus là, on tombe malgré tout sur la photo grand format N/B de la partie supérieure de ces Grands Magasins, prise avant l'incendie. Affichée non comme un substitut mais tout comme la publicité Ripolin vue au marché de Saint-Denis (voir article : A Saint-Denis, dans les Réserves des Arts et Métiers. Paris 5). Grandes agitations au sein de l'équipe, considérant d'avoir atteint son objectif, vu la configuration inattendue de l'espace. Ce qui finalement attire l'attention du Chef de rang du restaurant installé sous cette coupole. Nous lui expliquons les raisons de notre fièvre photographique, avant de le suivre pour  prendre place à l'une des tables et profiter de l'architecture de l'endroit.

      La fin de la mission semble proche. L'incendie aurait tout fait disparaître. Contrariés, on descend en prenant une autre issue, celle qui nous fait sortir par une autre porte. Et Eureka !  nous tombons sur deux escaliers en marbre jaune, apparemment non utilisés, qui semblent avoir pour seule vocation de donner ce sentiment du grandiose, du chic, du sur mesure aux visiteurs qui y entrent. Probablement ce qui reste des deux escaliers extrêmes de François-Xavier.

      La mission exploratoire s'est achevée. Les résultats atteints sont indéniables. L'équipe a pu allier son esprit de découverte avec celui de découvertes plus classiques. Il reste bien évidemment de nombreuses portes à ouvrir pour rechercher, inventorier tout le travail réalisé à Paris par François-Xavier. Là n'est sans doute pas le plus important. L'essentiel est d'avoir assuré de l'existence toujours actuelle de son travail. Un nouveau pas pour une reconnaissance de son  oeuvre et de son rôle didactique dans cette société de la seconde moitié du XIXème siècle. Et surtout pour le faire mieux connaitre à tous ceux et celles qui l'introduiront dans leur circuit parisien.

      Et pour terminer le tout, comme dans toute aventure gauloise, la belle équipe se retrouva pour un bon repas à la brasserie le Franc-Tireur, face à l'église Saint-Ferdinand, dans le 17ème, recommandée par Françoise, la PARFONRY parisienne, notre  ainée, qui s'était jointe in extrémis, revenant juste d'un séjour de vacances. Bonne assiette et bonne ambiance pour clôturer ces quatre jours. Nous étions aux environs de 14 heures, ce jeudi 22 août 2013. Les quatre membres de la mission, Agnès, Michel, Martine et votre Fieldmouse, reprenaient la route pour rejoindre Briou du Lude.

Double escalier de la Cour de Rome à la Gare Saint-Lazare

Double escalier de la Cour de Rome à la Gare Saint-Lazare

Photo de l'étage supérieur des galeries du Printemps avant l'incendie de 1921

Photo de l'étage supérieur des galeries du Printemps avant l'incendie de 1921

Escalier à l'une des entrées des Grands magasins Le Printemps. On peut penser au marbre jaune de Chimtou !!

Escalier à l'une des entrées des Grands magasins Le Printemps. On peut penser au marbre jaune de Chimtou !!

Partie de la coupole Art Déco des Grands Magasins du Printemps

Partie de la coupole Art Déco des Grands Magasins du Printemps

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