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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 09:55

      Superbe château construit au milieu d'un espace vert protégé, le château de Modave fait partie de ces lieux de visite qui ne se dévoilent qu'au détour d'un circuit de villégiature assez peu classique. Il n'est pas encore l'un des lieux incontournables et prioritaires que tout parent fait découvrir à sa progéniture durant son enfance.

    Au retour d'un circuit traditionnel dans la région de Durbuy, et sur indication de Tante Alice, notre chambre d'hôte, nous avons effectué un léger détour qui nous a permis de trouver l'emplacement de ce lieu un peu isolé. Le seul souvenir de son histoire qui nous était resté en mémoire consistait au fait que Rennequin SUALEM avait utilisé la forte dénivelée des abords de ce château avant de concevoir la célèbre Machine de Marly, construite pour alimenter en eaux les jardins du château de Versailles.

     Avec l'aide d'un audio-guide, la visite du château énuméra les personnages de son histoire. Et parmi ceux-ci, on vit apparaître ceux des comtes de MARCHIN, lesquels furent parmi les plus éminents restaurateurs de ce château. Ce nom n'était pas inconnu dans le cadre de nos découvertes en rapport avec l'histoire de notre patronyme. On s'est rappelé que Ferdinand de MARCHIN (Liège,1651-Turin,1706) fut appelé par Louis XIV pour épauler son petit-fils, devenu roi d'Espagne sous le nom de Philippe V. La nouvelle dynastie espagnole héritait d'une situation peu brillante sur le plan militaire. La Guerre de Succession d'Espagne, entre les Habsbourg et les Bourbon, qui s'en suivit ne se présentait pas à l'avantage de ces derniers. Philippe V avait besoin d'aide pour conserver son trône. 

      C'est ici qu'apparait le comte Ferdinand de MARCHIN1, descendant de cette lignée des propriétaires de ce château de Modave. Recrutant dans différentes régions des Pays-Bas espagnols, mais aussi en Principauté de Liège, sur instruction de Louis XIV, il fut chargé de la création en 1702 d'une Garde Wallonne au service du nouveau roi d'Espagne. Ce régiment, composé de plusieurs milliers d'hommes, entre 17 et 40 ans, appartenant à une famille honorable, devint rapidement une unité d'élite2, incorporée à la garde royale, au sein de l'armée espagnole. Il se signala pendant la Guerre de Succession d'Espagne qui opposa, entre 1701 et 1714, la France et l'Espagne contre l'Angleterre, l'Autriche, les Provinces Unies et le Portugal. Plusieurs batailles qui se déroulèrent en Espagne, au Portugal, en Sicile, en Sardaigne, à Ceuta et même à Oran virent la présence de ce régiment. Ayant compté dans ses rangs plusieurs milliers de morts3, des recrutements s'opérèrent de manière régulière, jusque dans les années 1780. Le manque de renouvellement provoqua sa dissolution en 1822, mais il devint comme un véritable livre d'or de la noblesse belge par la suite4.

   Et parmi les nombreux soldats incorporés à ce régiment de cette Garde Wallonne, nos recherches ont permis de retrouver un dénommé Juan Baldorinos de Parfondri, décédé dans un hôpital à Ceuta en janvier 1721 (voir article : Maria Juana de Parfondri). Cette date correspond précisément à la campagne de Ceuta menée pour lutter contre les troupes du sultan du Maroc. Ce personnage est, selon les éléments analysés, le descendant d'une lignée en provenance de la Principauté de Liège. Il est également l'ancêtre du colonel Joseph Léonard Félix BORDES-PARFONDRY, militaire de l'armée de Napoléon III (voir articles : Du nouveau sur l'origine de la famille Bordes de Parfondry ; La dénomination Bordes-Parfondry est expliquée) et dont une descendance s'est perpétuée en France jusqu'à ce jour.

    Ce lien avec la présence de notre patronyme en Espagne dans le courant du XVIIIème siècle ne fut pas la seule découverte durant cette visite du château de Modave. Les murs et plafond du hall d'entrée étaient décorés des blasons et des noms des ancêtres de ces comtes de MARCHIN. Et parmi ceux-ci, du côté maternel, on y découvrit, avec la surprise que l'on devine, les noms du couple Gérard d'ANTHINE et Isabeau de PARFONDRIEU, avec leurs blasons respectifs5. Ces noms ne nous sont pas inconnus. Ils avaient déjà été mentionnés en rapport avec l'histoire des chevaliers de PARFONDRY qui étaient apparus à la fin du XIIIème siècle en région liégeoise. Et Isabeau est de fait la petite-fille de Jean de PARFONDRY, le premier de la lignée, et la tante de deux des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ayant officié à la Commanderie de Chantraine en Brabant wallon (voir articles : Des chevaliers de Parfondrieu à la Commanderie de Chantraine ; Du nouveau sur la famille des chevaliers de Parfondry). 

     Déja présent dans la généalogie de certaines familles de la noblesse belge toujours actuelle6, ce couple apparaît également dans celle des comtes de MARCHIN. Et de nous autoriser à penser que cette famille de chevaliers fait partie de celles qui ont jetté les fondements de l'histoire de ce pays. De quoi encore nous faire trépigner sur cette particule que l'on a une fois pour toute abandonnée (voir articles : Quid de la particule ? Mythe ou réalité !! ; A l'origine, il y a la particule élémentaire).

 

1Transformé en Comte de MARSIN dans la littérature française, il reçu le titre de Maréchal de France ;

2 Colonel GUILLAUME (1858) : Histoire des Gardes Wallonnes au service d'Espagne, Bruxelles, F. Parent éditeur ; A propos de la Garde Wallonne, il y est mentionné : Sa bravoure était à toute épreuve, sa fidélité n'a jamais été contestée, sa gloire est le patrimoine légitime de beaucoup de familles du pays ;

3 CASO Paul : Les soldats wallons au service des Bourbons d'Espagne, Le Soir, 19 octobre 1989 ;

4 G. du BOSCQ de BEAUMONT (1904) : La Garde Wallonne, Paris, Conseil Héraldique de France ;

5 On y trouve le blason "Fascé d'or et de sable de six pièces", attribué au premier chevalier de la lignée ;

6 Geneanet : Généalogie TERLINDEN - de POTESTA ;

    

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 15:48

       La lignée des chevaliers de PARFONDRY (ou de PARFONDRIEU, voir de PARFONRIWE) est attestée aux abords de la localité de Saint-Séverin en Condroz, à partir de 1261 jusque l'année 1398 en ligne directe1. Durant cette période, on a pu y enregistrer  cinq générations de chevaliers. Originaire de la région de Comblain, cette lignée descend de la famille de LEXHY qui comptait en son sein la fine fleur des chevaliers de Hesbaye à cette époque. Sa branche ainée a certes conquis sa réputation par les armes avant de donner une série successive de trois commandeurs de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem aux environs de 1363 jusqu'en 1411, en s'octroyant une présence passagère sur l'île de Rhodes, lieu de refuge de cette confrérie religieuse après avoir été évincée de Saint-Jean d'Acre (voir article : Des chevaliers de Parfondry à la Commanderie de Chantraine )

        Des documents attestent également que deux de ces chevaliers, à savoir le premier de la lignée et son fils, ont été enterrés dans la chapelle du lieu Parfondry, en bordure de Meuse, ce qui ne laisse bien sur aucune équivoque sur le lien que cette famille avait avec ce lieu (voir article : D'autres sépultures de la lignée des chevaliers de Parfondrieu ). Ce lieu n'était probablement pas un fief, dans le sens moyenâgeux du terme, mais un lieu d'implantation et sans doute d'habitation. Des documents de 1340 et 1380 font référence à des actes de redevance et de cession de biens au sein de membres de cette famille (voir article : La terre de Parfondry a bien existé ).

         Le début du XIVème siècle marque le début de la suppression de la chevalerie. Une nouvelle ère, plus axée sur le travail et non sur les guerres voyait le jour. C'est ainsi que les branches cadettes ont du s'adapter à l'évolution de leur temps.

     Quelques dates2 résument cette période de transition entre la chevalerie et le développement d'une activité économique, donnant naissance à une bourgeoisie.

1269 : premier soulèvement important liégeois contre l'autorité épiscopale;

1288 : Première mention d'un métier (union d'artisans) au sein de la Principauté de Liège, celui des tanneurs ;

1313 : La Paix d'Angleur décide que nul ne pourra faire partie du Conseil de la Cité (Liège en l'occurence) s'il  n'est pas préalablement  inscrit dans l'un des 25 métiers ;

1316 : La Paix de Fexhe introduit le partage du pouvoir à l'intérieur de la Principauté de Liège, entre le prince et le  pays ;

 1298 à 1325 : guerre des Awans et des Awirs, qui a eu comme résultat de décimer la chevalerie hesbignonne et condruzienne et marqua le début de son déclin ; le peuple de Liège arracha de multiples libertés au Prince-évêque qui avait perdu la force de la noblesse comme alliée; cette guerre contribua à assurer la suprématie de la bourgeoisie

1330 : reconnaissance officielle des métiers (qui culmineront au nombre de 32) ;

1333 : début d'extraction du charbon à Berleur, près de LIège;

1382 : les 32 métiers élisent les deux bourgmestres et la totalité des jurés (conseillers) ;

     L'un des principaux secteurs en développement fut sans aucun doute l'extraction minière. SI celle de la houille prenait son essor qu'elle pérennisera jusqu'à une date récente, d'autres minerais furent également convoités, tels le zinc et le plomb, comme l'atteste l'extrait qui suit.

De nombreux gisements de zinc et plomb ont été exploités le long de la Meuse, de Namur (Vedrin) jusque Liège (Engis). Le gisement de Landenne a l'avantage d'être encore aujourd'hui "visitable"; ce qui n'est malheureusement plus le cas pour la majorité des autres gisements mosans.(Source : Le site des minéraux belges) ;

      Le lieu de Parfondry était situé en rive droite de la Meuse, en amont de la localité d'Engis, et en face de l'abbaye de Flône. C'est particulièrement cette situation qui permet de connaitre avec un peu plus de détails le type d'activités opérées par cette famille, relevant de ces chevaliers et commandeurs.  L'extrait suivant fait ainsi référence à Henri de Gueldre qui fut Prince-évêque de Liège de 1247 à 1274. Ce Prince-évêque, un peu trop autoritaire, a été obligé de revoir sa copie face à la détermination de ses ouailles. C'est lui qui est à l'origine de la première révolte importante de 1269 des liégeois. Et précisément, dans l'extrait suivant, daté de 1269, il est fait référence à cette abbaye de Flône, située sur la localité d'Amay, dont on restitue les mines de plomb. Abbaye, située en rive gauche mais qui possédait par ailleurs des terres de part et d'autre de la Meuse comme l'atteste l'existence de plusieurs fermes en rive droite (not. ferme de Hottine).

Le 30 avril 1269, Henri, évêque de Liège, restitue à l'abbaye de Flône les mines de plomb et la gestion de la ville de Flone qu'il avait fait saisir indument (Source : .........) ;

      Grâce à cette information essentielle, on peut, sans détour, la relier à l'extrait suivant qui se rapporte à des mines de plomb et d'argent entre Huy et Amay. La personne dont il est fait mention, Ameil de Parfonriwe, est en fait l'arrière-petit-fils du premier de la lignée. Mais aussi le fils d'Aely de Parfondry, l'une des branches cadettes. Et phénomène très marquant les quatre enfants de cet Aely, bien que mariée avec un certain Bauduin d'Achou, qualifié de bourgeois3 de Liège, conserveront le patronyme de la mère. Deux explications concourantes peuvent en être apportées. L'importance acquise par cette famille pourrait en être la raison majeure, associée au décès précoce du mari en 1349. Par ailleurs, cet Ameil de Parfondrieu se mariera avec une fille de la famille illustre du seigneur du château de Geneppe4 (qui était très probablement une lointaine cousine). Il a bien été renseigné comme résidant à Flémalle, dans la banlieue liégeoise, comme le confirme l'extrait ci-après.  On peut situer ce document, en fonction de la généalogie, dans la seconde moitié du XIVème siècle.

Amele de Parfonriwe, manant5 à Flémale, prend en emphytéose, avec consorts, les mines de plomb et d'argent situées des deux côtés de la Meuse, entre Huy et Amay (Source : Jacques de HEMRICOURT) ;

      Son frère ainé, Jean de Parfondrieu deviendra, quant à lui Secrétaire du Tribunal des XII lignages et de la ville de Liège, fonction qu'il exercera pendant quarante années.  Cette institution fut créée au terme de la guerre des Awans et des Awirs. Elle était chargée de régler les différents entre les nobles, évitant dorénavant le recours systématique aux armes de guerre.

Jean de Parfondrieu apparaît comme clerc, secrétaire de la Cité en 1368. Il exerçait encore cette fonction en 1375, au témoignage du chroniqueur de 1403, qui le qualifie d’homme sage et éloquent. Comme secrétaire du tribunal des XII, il doit avoir succédé à Goffin de Hemricourt, nommé le premier à cet office, et avoir précédé Jacques de Hemricourt, lui-même, qui en était investi en 1384.(Source : Sylv. BALAU, chanoine (1913) : Chroniques liégeoises, vol. 2, pp 203 et 206) ;

     Le dernier extrait, datant de 1349,  est à mettre en relation avec tous les précédents. On ne peut préciser avec certitude à qui fait référence ce Jean de Parfonriwe. Il doit s'agir du frère aîné d'Aely. On y découvre l'octroi de l'exploitation de la houille et du charbon qui doit probablement se situer à proximité du lieu de démarrage de l'extraction en 1333 à Berleur, au vu du nom qui est associé à son beau-frère.  N'étant pas parvenu à préciser l'emplacement de cette " voie de Riwalpont ", on ne dispose que de ce renseignement pour le supposer.

29 mars 1349 : Le chapitre de Saint-Lambert concède à Baudouin del Berleur et à Jean de Parfonriwe, son soroige6, les ouvrages de houille et de charbon « delle grande voine condist de Riwalpont…. » (Source : HAYEZ F. : Cartulaire de l'église Saint-Lambert de Liège, Vol. 6, p. 100, note 524 en bas de page; 1933)

    On peut penser que c'est cette lignée, issue d'Aely de Parfondry, qui s'est perpétuée principalement dans les environs de Liège en continuant à exploiter le sol et le sous-sol.  Deux de ses fils sont décédés sans héritiers. Outre Jean qui était secrétaire du tribunal des XII lignages, il y avait Baudouin qui exerçait le métier non moins important de cangeur7. Ce métier exercé par une famille locale est en soi une confirmation de la faible présence prise par les banquiers lombards à Liège à une période où ils jouissaient d'une grande influence dans les contrées avoisinantes8. Quant à sa fille ainée, Marie de Parfondrieu, elle s'est mariée avec Guillaume d'Abée dont la descendance porte ce dernier nom. De là à conclure que la descendance d'Ameil de Parfondrieu, le quatrième enfant, est à mettre en relation avec le Baron Jacques de Parfondry au début du XIXème siècle, dont la lignée ascendante est attestée à partir de 1600 (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule), il y a un creux de deux siècles qu'aucun généalogiste ne comblera aussi facilement. Toutefois, avec la mention de l'extrait suivant, se rapportant à cette famille de Parfondry, on peut envisager, avec une certaine ouverture d'esprit, la continuité in tempore de la lignée. 

 " ...qu' après avoir subi les grands bouleversements dès le 15ème siècle, cette famille aurait été de nouveau à la base de l'industrie dans le courant du 19ème siècle. Leur blason aurait été rendu plus moderne par la suite"  (source, THIRY L. :Histoire ancienne de la Seigneurie et Commune d'Aywaille, 1ère édition, Tome II, 1936),

      L'allusion dans ce texte au XVème siècle, fait implicitement référence à l'occupation de la Principauté de Liège par le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, entre 1467 et 1477. Durant cette période, il mit à sac la ville de Liège (incendiée pendant 7 semaines), organisa le pillage de la Hesbaye et la destruction de toutes les forges dans la région de Franchimont9, avant de décéder à la bataille de Nancy en 1477 devant l'armée lorraine et les Confédérés suisses10 Une réorganisation profonde de la société liégeoise en résulta. On retrouvera peu après des personnes portant ce patronyme, ayant migré vers la ville de Huy, et occupant des fonctions officielles. Le Moyen âge se terminait également aussi en 1492 dans la Principauté de Liège.

      N'ayant pas encore eu accès au livre de L. THIRY pour étudier le contexte de ce passage, il est difficile d'avancer avec une plus grande certitude. Le village de Yernée pour lequel ce baron a été bourgmestre est situé non loin de ce lieu-dit Parfondry qui aurait été la propriété de cette famille dès la fin du XIIIème siècle. On travaille donc dans un espace géographique pas plus grand qu'un mouchoir de poche. Ce qui laisse toutes nos chances à la résolution de cette énigme non pas uniquement sur le plan de la généalogie mais surtout de la diffusion géographique du patronyme.
     
En définitive, cette recherche a permis de relier en cascades un certain nombre d'informations éparses permettant de pallier à l'absence et aux incertitudes des données généalogiques.
 
1 Jacques de HEMRICOURT : Le Miroir des Nobles de Hesbaye ;
2 Histoire de la Principauté de Liège ( http://perso.infonie.be/liege06/16seize.htm#1 ) ;
3 Les bourgeois au Moyen-âge rassemblaient les commerçants, les changeurs, les banquiers, les maitres artisans et les paysans enrichis;
4 A savoir Jean de Dammartin, d'Awans, de Lexhy, de Waroux, d'Hognoul, de Maillet, dit de Geneppe, Seigneur du château de Geneppe ;
5 Manant : Au Moyen âge, ce mot signifiait un riche paysan propriétaire, habitant d’un village ou d’un bourg ;
6 Soroige : beau-frère; provient du latin " sororius ", utilisé dans le dialecte wallon de nos jours " sorodje " ;
7 Le cangeur (où changeur) est celui qui faisait le change des monnaies permettant de faciliter le commerce des produits à travers différentes villes ayant différentes monnaies ; pour information le changeur avait une petite table pour déposer ses sacs de différentes monnaies, traduit par banca en Italien, ce qui est à l'origine du mot "banque " ;
8 C. TIHON : Aperçu sur l'établissement des Lombards dans les Pays-bas au XIIème et XIVème siècles, Revue belge de philologie et d'histoire, Vol. 39, 1961;
9 En réaction à l'attaque des 600 franchimontois en 1468 et avec l'assentiment du roi de France Louis XI ;
10 Si la Lorraine avait sauvé son indépendance momentanément et la Suisse son intégrité  définitive, c'est à partir de cette date de 1477 que la France et les Habsbourg entrèrent en conflit perpétuel pendant près de trois siècles sur le territoire européen ;
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 10:46

       Comme pour retrouver les traces de ces chevaliers de PARFONDRY (écriture ancienne PARFONDRIEU ou PARFONRIWE) dont l'existence nous a été décrite dans plusieurs documents anciens, nous sommes retournés sur les lieux où ont officiés, comme Commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, trois membres de cette famille durant la seconde moitié du XIVème et au début du XVème siècle.

     Voici quelques photos actuelles de l'endroit. La Commanderie de Chantraine était à l'époque l'un des plus importants centres de cet Ordre religieux dans le Nord de l'Europe. Localisé dans le village d'Huppaye, ce lieu est actuellement transformé en une ferme carrée, typique du style de cette région de la Hesbaye brabançonne.

     Les restaurations entamées vers 1995 par les nouveaux propriétaires sont bien terminées. La ferme a retrouvé tout son éclat. Quelques rares vestiges d'époque subsistent.

      Approchons nous progressivement de ce lieu qui, très certainement, a été à l'origine de la migration de notre nom de la rive droite vers la rive gauche de la Meuse, et dont l'une des dernières traces est attestée par notre branche de Neerheylissem, toujours présente de nos jours, à quelques encablures de cette ancienne Commanderie.

( voir autres articles sur ce sujet dans Catégorie : Commanderie et chevalier)

Photo 1. Vue générale du site

Au beau milieu de la campagne brabançonne, apparaît la ferme carrée de Chantraine

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Photo 2. Rue de Chantraine

Le nom de la Commanderie est resté présent à travers le nom de la rue qui nous y mène

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Photo 3. Entrée du porche de la ferme de Chantraine

Comme à l'accoutumée, on retrouve la forme imposante des entrées qui permettaient le passage des charettes chargées des récoltes. Avec à la partie supérieure, un local qui devait anciennement être très probablement un colombier.

DSC_0014.JPG

Photo 4. Armoiries aux armes des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem

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Photo 5. La Chapelle

Dernier vestige existant de l'ancienne Commanderie de Chantraine.

DSC_0007.JPG

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:25

      De récentes recherches menées par quelques uns des nombreux généalogistes qui approvisionnent à longueur d'années le site GENEANET permettent de donner des informations nouvelles sur cette famille de chevaliers de PARFONDRIEU (ou de PARFONDRY) dont l'existence la plus ancienne attestée remonte à 1261. Essayant d'une part de décrypter le document phare de la généalogie du Moyen âge que représente le livre " Le Miroir des nobles de Hesbaye" de Jacques de HEMRICOURT (1333-1403) et d'autre part de trouver des descendances à travers les grandes familles, ces recherches nous ont permis d'avancer quelque peu.

     Voilà les points principaux qui découlent de ces nouvelles données. On peut en synthétiser l'essentiel, à savoir que cette famille a pu pour certains percevoir le changement qui s'opérait. La période glorieuse de la chevalerie s'achevait et faisait place à plus de libertés et de développement de la bourgeoisie dans les villes. C'est en s'intégrant dans ce nouveau schéma que ce nom a pu perdurer. 

 

1. Il serait avéré que le premier de la lignée, à savoir Johan de PARFONDRIEU, mentionné comme Chevalier en 1272, est en fait le premier à porter ce nom. Selon les découvertes, son père ne serait autre qu'André de BIERSET de LEXHY1, un autre de ces nombreux chevaliers qui parsèment le livre de J. de HEMRICOURT, et sa mère une dénommée N.. de LOCREAU de DANMARTIN, fille du Chevalier Jean de LOCREAU de DANMARTIN qui possédait de nombreuses terres à Hody2 et à Comblain3. Le lien avec la localité de Comblain comme terre d'origine se ferait dès lors via le grand-père maternel de Johan de PARFONDRIEU. Du côté paternel, l'ascendance est encore plus affirmée car la famille de LEXHY4 descend en ligne directe du couple Raes de DAMMARTIN et Alix de WARFUSEE, mariés en 1115, considérés comme les ancêtres de la grande majorité des chevaliers de la Hesbaye liégeoise. Johan de PARFONDRIEU serait un des descendants à la 6ème génération de ce couple.  

      De ces faits généalogiques, il en découle une considération essentielle. A savoir que ce Johan de PARFONDRIEU est devenu très probablement le premier attributaire d'un lieu (seigneur d'un fief !), qui ne serait autre que le territoire de PARFONDRY attesté dans des documents anciens mais existant toujours sur la carte des Pays-Bas autrichiens du Comte FERRARIS au XVIIIème siècle. Ce territoire se trouve en rive droite de la Meuse, situé près des localités d'Hermalle-sous - Huy et de Saint-Séverin-en-Condroz5, entre Liège et Huy, face à l'abbaye de Flône6.

 LEXHY : actuellement dans le village de Hozémont (commune de Grâce-Hollogne), près de Liège; la seigneurie de LEXHY remonte au VIIIème siècle et serait à l'origine de la plus haute noblesse de Liège.; 

2 HODY : village situé dans la commune d'Anthisnes, à proximité de Comblain ;

3 COMBLAIN : il existe de nos jours les villages de Comblain-la-Tour et Comblain-au-Pont, situés au confluent de l'Amblève et de l'Ourthe ;

4 Famille de LEXHY : cette famille est considérée comme l'une des plus nombreuses et des plus importantes en Hesbaye liégeoise, dès le 12ème siècle; elle possédait de nombreuses seigneuries ; c'est au sein de cette famille qu'éclate la guerre des Awans et des Waroux qui décima la noblesse liégeoise jusque la bataille de DAMMARTIN en 1325 ;

5  SAINT-SEVERIN-en-Condroz : village de la commune de Nandrin; lieu d'habitation de Jakemar (Jacques) de PARFONDRY en 1365, petit-fils du Chevalier Johan de PARFONDRY ; l'église de Saint-Séverin dépendait de l'abbaye de Cluny dont elle en a les caractéristiques ;

6 Abbaye de FLONE : situé sur la commune d'Amay, en rive gauche de la Meuse; abbaye érigée en 1139 sur un terrain donné en 1075 par l'évêque de Liège, Henri de Verdun; cette abbaye se situe pratiquement en face du site de Parfondry, localisé en rive droite de la Meuse ;

 

2. Ce Johan de PARFONDRIEU, comme nous l'avions déjà mentionné,  aura comme descendance des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui deviendront en particulier Commandeur de l'Ordre à la Commanderie de Chantraine et à celle de Villers-le-Temple.

 

3. La fille aînée de Johan de PARFONDRIEU, la dénommée Julienne épousera Thierry de MOHA dit l'Ardenois. Ce dernier est écuyer en 1299, châtelain de MOHA en 1301. Il décèdera en 1326. La descendance à la 20ème génération de ce couple aboutit, selon GENEANET, à Marie de JACQUIER de ROSEE (1849-1895), fille du baron Laurent de JACQUIER de ROSEE (1813-1858), et qui épouse le Baron Ludovic de POTESTA de WALEFFE (1870-1945). La famille actuelle de POTESTA de WALEFFE, l'une des plus anciennes familles de la noblesse belge, serait donc par alliance reliée au premier seigneur Johan de PARFONDRY, apparaissant à la fin du XIIIème siècle.

 

4. Il apparaît, à travers tous ces derniers approfondissements, qu'un des personnages clefs de cette lignée, ne serait autre que la petite fille de Johan de PARFONDRIEU, la dénommée Aely de PARFONDRIEU qui épouse Baudoin d'ACHOU, un bourgeois de Liège. Contrairement à la norme, ses enfants porteront son nom, ce qui est assez surprenant. Plusieurs d'entre eux ont assuré une présence notoire.

      * Le premier est Jean de PARFONDRIEU qui deviendra Secrétaire de la ville de Liège mais aussi du Tribunal des XII lignages. Ce tribunal était composé de 4 chanoines, de 4 nobles et de 14 représentants des villes en principe nommé à vie. Il a été chargé, après la guerre entre les AWANS et les WAROUX qui s'est déroulée dans la Principauté de Liège de 1290 à 1330, de régler les différends entre les nobles. Du moins ce qui en restait de la noblesse car pas moins de 30 000 hommes auraient péris lors de cette guerre. Ce conflit allait avoir comme conséquence de marquer le déclin de la chevalerie et la suprématie de la bourgeoisie.

      * Le second est Ameil de PARFONDRIEU que l'on retrouve dans un document ancien de J. de HEMRICOURT comme " manant (NB : un manant est un riche paysan propriétaire au Moyen âge) à Flémalle, prenant en emphytéose, avec consorts, les mines de plomb et d'argent situés des deux côtés de la Meuse entre Huy et Amay ". Manifestement, le lieu est proche du site de PARFONDRY. Cette indication est très importante car elle donne l'explication comme quoi cette famille s'était investie dès ce moment dans l'exploitation des ressources minières. Et de relier ce texte avec celui du Dr L. THIRY qui écrit : "...qu'apès avoir subi les grands bouleversements dès le XVème siècle, cette famille (ndrl : la famille de PARFONDRY) aurait été de nouveau à la base de l'industrie dans le courant du XIXème siècle ". 

(Source : THIRY L. (1936) : Histoire ancienne de la Seigneurie et Commune d'Aywaille, 1ère éd., Tome II, p. 239-240 (site de la famille) et 349-355 (généalogie) ;

       Et, par extension, il pourrait donc être l'ancêtre de la lignée qui réapparaît au XIXème siècle avec un titre de baron Jacques de PARFONDRY, bourgmestre de Yernée7. Ce dernier se marie avec Marie Elisabeth Van der MAESEN (1767-1851), descendante d'une grande famille de l'Empire romain germanique, propriétaire du château d'Avionpuits, construit en 1756 près de Liège par son père Jean-Christophe Van der MAESEN. Et dont la descendance se retrouve de nos jours dans la famille DEBATTY.

      * La troisième est Maroie qui épouse un dénommé Guillaume d'ABEE, lequel n'est autre que l'oncle de JACQUES de HEMRICOURT, auteur du livre " Le Miroir des Nobles de Hesbaye" mais qui fut également Secrétaire de la ville de Liège de 1356 à 1383, bourgmestre de Liège en 1389  et chevalier de Saint-Jean de Jérusalem.

 7 YERNEE : Yernée forme avec Villers-le-Temple et Saint-Séverin la commune actuelle de Nandrin; Villers-le-Temple et Saint-Séverin sont des lieux ou sont attestés la présence de chevaliers de Parfondry au 14ème siècle; Nandrin est limitrophe des communes d'Amay (rive gauche de la Meuse) et d'Anthisnes (rive droite de la Meuse) ;

 

5. Sans oublier Isabeau de PARFONDRIEU, la soeur aînée d'Aely, qui épouse le Chevalier Gérard d'ANTHISNES, fils de Corbeau D'ANTHISNES, lequel n'est autre que l'un des signataires de la Paix de FEXHE.

Signée le 18 juin 1316, cette Paix de FEXHE est le document le plus célèbre de l'histoire du pays de Liège. Il reconnaît le partage du gouvernement entre le Prince-évêque et le pays. Prenant l'aspect d'une vraie charte constitutionnelle, il a donné à la Principauté de Liège un caractère profondément différent de celui des autres Principautés Ecclésiastiques de l'Empire.

Cette Charte de la Paix de FEXHE reste, de nos jours, l'un des documents fondamentaux de référence pour instituer une éventuelle Constitution wallonne.

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 10:53

       Enfin, vous allez pouvoir découvrir à quoi ressemblaient nos ancêtres. Ci-dessous, est mentionné le site du livre qui reproduit l'effigie des deux chevaliers de PARFONDRY (ou PARFONDRIEU, selon l'auteur) dont les gisants, aujourd'hui disparus, se trouvaient dans l'ancienne chapelle de la commanderie de Flémalle.

http://books.google.com/books?id=CqZ8uyJazT4C&pg=PA189&lpg=PA189&dq=maitre+de+chantraine+jerusalem&source=bl&ots=eRMR1If0vI&sig=Izi577stoRoCT3pSrUIgBeClmI4&hl=fr&ei=2wU4TYuAEomShAexkYW3Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CC8Q6AEwAw#v=onepage&q&f=false

      A la page 190, vous aurez très certainement eu une petite surprise, sinon une exclamation désopilante, en visionnant la reproduction. Ce n'est vraiment pas à cela que l'on s'attendait. On espérait pouvoir, avec une certaine fierté, porter un nom semblable de nos jours. Celui qui a reproduit ce qui se trouvait sur la dalle funéraire ne devait pas être doué en dessin.

       L'épitaphe qui y est inscrit pour chacun des deux gisants se lit comme suit.

Chi gist frere Ivhan de Parfondrieu chevalier maistre de Chantraine del ordre de S. Johan de Jerusalem ki trespassat an M.CCCC et XI…lyqueis demorat a Rhode sans partir XXIIII ans et VIII mois.

Chi gist Arnold de Parfondrieu1, chevalier commandeur de Flémalle ambedois freres germains et de laditte ordene ki trespassat an MCCC et XIII. XXI ior de ienvier. Anime eorum et fidelium requiescant in pace. Amen

      L'information la plus intéressante concerne la mention de Rhodes dans le texte du premier gisant, Jean de Parfondrieu. Il y serait resté durant 23 années. Un petit rappel historique pour en comprendre l'inscription s'avère nécessaire. Suite à la perte de Saint-Jean d'Acre en 1291, dernier bastion des Croisés, les Chevaliers Hospitaliers arrivent à Chypre. Il y restent jusqu'en 1307 et mettent trois années (1307-1310) pour conquérir l'île de Rhodes qu'ils occuperont jusqu'en 1522 et la prise de l'île par Soliman le Magnifique.  
     Jean de Parfondrieu a été le troisième et dernier de cette lignée à occuper la fonction de Commandeur, très probablement à partir de 1409. Rhodes étant occupé depuis 1310 par l'ordre des Hospitaliers (ou Saint -Jean de Jérusalem), il a eu le temps, entre 1310 et 1409, de passer 23 ans de sa vie à Rhodes, très probablement pendant la période ou son frère Amel était Commandeur de l'Ordre des Chevaliers de St-Jean de Jérusalem, entre 1386 et +/- 1409.
      C'est bien sur avec regret que l'on constate la disparition de nos jours de ce gisant bien qu'on ait été un peu réticent de devoir insérer ce lieu dans l'un de nos circuits touristiques liés aux découvertes faites en relation avec notre patronyme. Il aurait fallu assumer les quolibets !!!!

1  Le personnage d’Arnold n’étant pas connu,  il faut sans doute comprendre Ameil de Parfondrieu dont l’existence et le lien de parenté avec Jean sont attestés ;

       

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:59

       Voici un article, en provenance du journal Le Soir indiquant que le site de la Commanderie de Chantraine, ayant appartenu à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est en restauration.  Lieu de passage pendant plusieurs décennies, durant les XIV et XVèmes siècles, des chevaliers de Parfondry, qui en ont été à trois reprises les Commandeurs (voir autres articles sur ces chevaliers dans ce blog), ce sauvetage devrait réjouir tous ceux qui portent ce beau toponyme. Une visite à la rue du ruisseau Saint-Jean est désormais à intégrer dans le circuit touristique du Brabant wallon de l'Est, organisé à l'attention de toutes les personnes portant ce nom, en particulier ceux de la branche de Neerheylissem.

      Compte tenu du montant de l'investissement indiqué en anciens francs, cet article a été publié avant l'apparition de l'Euro, très probablement en 1996, selon les autres indications annexes de l'article.

 

LE PASSE RECOMPOSE DE LA FERME DE CHANTRAINE  AU TEMPS DES VALEUREUX CHEVALIERS CHACUN SON HISTOIRE

DELLISSE DANIEL

A Huppaye, un Hollandais investit cinquante millions (ndrl: soit 1 250 000 €) dans la restauration d'une ferme datant des Croisades.

Une grande grue devant un pignon sans toit. Une roulotte de chantier en bordure d'une route pleine de boue. Le spectacle que présente, depuis deux ans, la rue du Ruisseau Saint-Jean, à Huppaye (Ramillies), ne laisse planer aucun doute : on restaure la ferme de Chantraine. L'ancienne «commanderie de Chantraine », initialement bâtie pour un chevalier de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, à la fin du XIIe ou au XIIIe siècle.

Le généreux mécène n'est pas du cru. Il est hollandais. Jan Broekhoven, des «Broekhoven Agencies», un commerce d'importation de textile qu'il gère avec sa femme Kathleen, une Gantoise sensiblement plus jeune que lui.

J'ai toujours été dans le textile, raconte Jan le sexagénaire, avec son accent chuintant d'outre-Moerdijk. Je vis en Belgique depuis vingt-deux ans. Nous aimons beaucoup les vieilles pierres. Avant, nous étions installés à Turnhout. Nous voulions une position plus centrale. On a cherché dans un rayon de vingt kilomètres autours de Wavre, et on a eu le coup de foudre pour cette ferme. Pour les bâtiments, mais aussi pour les terres autour. Quatre hectares. Parce qu'on a aussi un cheval.

C'est donc en 1994 que les Broekhoven ont quitté la province d'Anvers pour le Brabant wallon. La première année, ils ont travaillé dans des containers aménagés. Après quoi les collections ont pu trouver refuge dans les anciennes étables, fraîchement reconverties en bureaux. Dans la foulée, les écuries, le hangar et les douves ont également été rénovés. Restent la grange, le corps de logis, les étranges caves annexes et l'ancienne chapelle (devenue étable), le seul bâtiment du XIIe  encore debout. Un vestige de l'époque des Croisades auquel sont récemment venus s'ajouter des fragments de dalle funéraire, retrouvés en creusant le sol. Investissement global : cinquante millions.

La restauration de la chapelle clôturera donc les travaux. Une chapelle qui devrait retrouver son affectation initiale. L'aboutissement d'une belle histoire de famille.
Au siècle dernier, les neuf enfants d'une de mes aïeules ont été sauvés du choléra, raconte Kathleen. En guise de remerciement, elle a fait construire un autel, en souhaitant qu'il reste dans la famille. Il prendra place dans la chapelle.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 08:24

      La présence d'une forme assez similaire à notre patronyme (Parfondrieu - Parfonriwe) est apparue en rive gauche de la Meuse dès le 14ème siècle. Ce nom a été porté par des chevaliers de l'Ordre de Saint - Jean de Jérusalem qui officiaient comme Commandeur dans l'une des plus importantes Maisons de cet Ordre, dans le Nord de l'Europe, à savoir la commanderie de Chantraine.

      Cette commanderie était située à Huppaye, un village proche de Neerheylissem. Ce qui nous indique que des lignées de ce nom avaient traversé la Meuse dès cette époque pour s'y installer. Il est indéniable que ces chevaliers n'ont pas été des individus isolés. Issus d'une famille ayant transité précédemment par la commanderie de Villers-le-Temple, située en rive droite de la Meuse, ils ont occupé à trois reprises, le poste de Commandeur dans cet endroit de Chantraine. Ils portaient également la dignité de bailli d'Alvaterre, signifiant qu'ils couvraient une grande partie du territoire de la Basse - Lotharingie. Le titre qui leurs étaient attribués était en fait " Commandeur et maître des maisons et commanderie de Chantraine, assis en Brabant ".

      Voici un texte, retranscrit de " Histoire et géographie des communes belges, canton de Jodoigne ", de TARLIER et WAUTERS qui atteste de la présence de ce patronyme dans la région de la Hesbaye brabançonne au Moyen - âge, en rive gauche de la Meuse. Il explicite également les relations avec les ducs de Brabant qui portaient également le titre de duc de Lothier, comme ultime référence à ce territoire de la Lotharingie, issue du démantèlement de l'empire de Charlemagne.

      Les ducs de Brabant qui se succédèrent à cette époque furent : Jean III (1312-1355), Jeanne de Brabant (1355-1405), épouse du duc de Wenceslas de Luxembourg, Antoine de Bourgogne (1406-1415), Jean IV (1415-1427). Il en découle, à la lecture du document, que la présence des trois chevaliers de Parfondrieu à Chantraine coïncide avec la période de règne de deux ducs de Brabant : Jeanne de Brabant et Antoine de Bourgogne.

      Selon le texte ci-dessous, cette famille occupa la commanderie de Chantraine après 1363, année ou devait officier Henri de Saint Trond, et au moins jusque 1409.

         La Maison ou Commanderie de Chantraine

      En 1175, Gilles, comte de Duras, établit près de l'église Saint Médard de Jodoigne, des frères de l'Ordre de l'hôpital de Jérusalem. Il leur assigna, pour dotation, la dîme de Huppaye et ses droits sur la terre de Reinfroid. C'est très probablement dans ce dernier domaine que s'éleva la Maison de Chantraine.

      L'histoire de cette maison, que l'on qualifie quelquefois de monastère, se borne, pour ainsi dire, à des privilèges ou des chartes de protection accordées par le souverain du pays. ........

      En 1298, par une charte donnée à Louvain, le jeudi après la Toussaint, le duc de Brabant Jean II, à l'initiative de ce qu'avait fait son père, son aïeul et d'autres de ses prédécesseurs, défendit de tourmenter les frères de l'Ordre de l'hôpital et d'exiger d'eux des exactions et des services. Le duc Jean III, en accordant une exception complète de corvées, de services et d'exactions, pendant un terme de 15 années, à toutes les maisons, tant de l'ordre de l'hôpital que de l'ordre des Templiers, supprimées depuis quelques temps, se réserva le droit de taxer les maisons. ........

      Comme ce terme allait expirer le 20 mars 1365, le duc Wenceslas et la duchesse Jeanne le prolongèrent de 16 autres années, le 8 novembre 1364. C'était alors Baudouin de Parfondrieu qui était maître de Chantraine. ............

      Le 16 décembre 1407, sire Amel de Parfondrieu, qui était maître de Chantraine depuis l'année 1386-1387, fut autorisé par la duchesse Jeanne à perdriser ou chasser aux perdrix et à prendre des conins ou lapins dans tous les biens dépendants de sa commanderie mais à la condition d'y réserver le même droit à la princesse précitée. A Amel succéda son frère Jean qui obtint du duc Antoine, le 28 janvier 1409-1410, exemption du paiement de 60 corvées que des biens de la Maison de Chantraine et du restant du bailliage que devaient au domaine ducal du Brabant. Cette faveur lui fut accordée en considération des pertes que l'Ordre avait subies à la journée de Bastweiler en 1371, où la plupart des chevaliers habitant en Brabant furent tués ou pris.

      Lorsque frère Jean mourut, et pendant que ses fonctions étaient remplies par frère Henri de Lummen, commandeur de Binkom, le duc Jean IV prescrivit de saisir, à Chantraine, tous ses biens et meubles.

      A l'époque des ducs de Brabant et de Bourgogne, les commandeurs étaient d'ordinaire bailli d'Alvaterre, c'est à dire chefs de l'ordre en Brabant, en Hainaut, dans le Namurois, le pays de Luxembourg et l'évêché de Liège; ils figurèrent maintes fois dans les conseils des princes, et exerçaient une grande influence.

      Au XVIème siècle, l'usage s'introduit de leur donner pour successeurs des chevaliers français, ce qui mécontenta à la fois ceux de nos compatriotes qui entraient dans l'Ordre, et nos souverains, qui voyaient avec un vif déplaisir de hautes positions occupées par des étrangers.

 

      D'autres documents confirment cette présence non seulement à Chantraine mais également dans d'autres commanderies précédemment. Dans l’ancienne chapelle de la commanderie de Flémalle, on pouvait trouver deux gisants aujourd’hui disparu, qui représentait deux chevaliers hospitaliers portant une armure complète du début du XVème siècle. L'épitaphe de deux frères de Parfondrieu, retrouvée dans l'ancienne chapelle, atteste de cette couverture géographique. Disparus de nos jours, les gisants de ce tombeau représentaient une armure complète du début du XVème siècle.

      Et une autre indication importante viendrait confirmer ce que l'on avait déjà appréhendé comme un passage préalable. Pour devenir commandeur d'un ordre, il fallait pouvoir présenter dans son cursus un lien avec une croisade. C'est ce qui semble vouloir nous apporter la référence à l'île de Rhodes dans l'épitaphe de Jean de Parfondrieu. Son frère prénommé Arnold n'est pas connu. Il faut sans doute comprendre Ameil dont l'existence et le lien de parenté sont attestés depuis 1368, année ou il est présent à Flémalle.

dans : Armes et combats dans l'univers médiéval, Vol. 2, Claude GAIER, Ed. de Boeck, Bruxelles, 2004, p. 189 ;

      " Plastron de cuirasse bombé et fauldes, couvert de surcot orné de la croix de l'ordre, brassards de jambières articulés, colerettes de mailles, éperons à molette. L'épée est de type " à une main et demie " avec quillons droits à bouts renflés et pommeau losangique. La dague et du type "à rognons ".

dans : Mémoire pour servir à l'histoire monastique du pays de Liège, Père J.P.R. STEPHANI, Impr. Grandmont, Liège, 1876 ; 

      " Chi gist frere Iohan de Parfondrieu chevalier maistre de Chantraine ki trespassat an MCCCC et XI.....lyqueis demorat a Rhode sans partir XXIIII ans et VIII mois "

    " Chi gist Arnold de Parfondrieu chevalier commandeur de Flemalle ambedois freres germains et de laditte ordene ki trespassat an MCCC et XIII. XXI ior de ienvier. Anime eorum et fidelium requiescant in pace. Amen "

dans : Dictionnaire géographique de la Province de Liège, Tome 1, Henri J.B. Del Vaux de Fouron, Liège, 1841 ;

      " D'après une charte de Pierre Vigonis, chanoine de Liège et archidiacre du Condroz, en date de 1370, Parfondrieu était cette année, commandeur de Villers-le-Temple "

 

      Et comme pour attester que ce nom n'était pas limité à la sphère des moines-chevaliers, on retrouve différentes mentions de cette présence de chevaliers à d'autres endroits. La confirmation du blason est également importante car il s'agit de la même famille que les chevaliers de Saint-Jean dont la lignée remonte à la localité de Comblain-sur-Ourthe à la fin du XIIIème siècle. On trouve également une référence à un droit de propriété à Liège en 1365 et à Huppaye en 1440. Ce qui sont manifestement des preuves de l'installation d'une lignée familiale à cet endroit.

dans : Bulletin de l'Institut archéologique liégeoise, Tome XXXII, Léon de Thier, Liège, 1902 ;

     .... A cette époque, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient également une partie de la terre de Flémalle. Il existait pourtant à Flémalle-Haute un lieu appelé la Heid. Jean de Parfondrieu épousa vers 1330, Marguerite, fille de Jean de Ramet, troisième fils de Guillaume de Flémalle, et apporte en mariage " une court, maison, jardin, viviers, prés et terres "

A un autre endroit, ce Jean de Parfondrieu est mentionné comme  " chevalier, portant d'or et de sable de six pièces.

dans : Miroir des nobles de Hesbaye de Jacques de HEMRICOURT ;

      Gérard, fils de Corbeau d'Anthisnes, eut pour femme Isabeau de Parfondrieu ... Ce Corbeau d'Anthisnes, chevalier, signe la Paix de Fexhe en 1316

dans : Inventaire des archives de l'abbaye de Val Benoit, Joseph CUVELIER, Liège, 1902 ; Journée du 9 mai 1365 ;

      Jean, dit le Borgne, le mercier du Marché de Liège, fait savoir que devant lui comparurent Jean Gorin, dit Kokein, bourgeois de Huy, époux de demoiselle Catherine, veuve de Jean de Herstal, le boulanger, citadin de Liège, d'une part, Jakemar de Parfonriwe, d'autre part, et Wauthelet, fils de Jakemar, comme mari de demoiselle Yde, fille de Catherine et de Jean de Herstal, de troisième part. Jean Gavin transporte à Wathelet une maison, dite la petite Rammée en Souverain-Pont, à Liège, entre la ....... Wauthelet transporte alors à Jakemar, son père, les 23 de la maison de la petite Rammée, moyennant les 23 de 3 mares de bonne monnaie de cens.....;

dans : Compte rendu des séances de la Commission royale d'histoire, vol. 15, par Académie royale de Belgique, 1849 ;

      En 1440, Jean de Parfondrieu, demeurant à Huppaye, tenait en fief du duc de Brabant plusieurs héritages et pièces de terre. Gisant sur le territoire de Huppaye et de Petit Bomal, paroisse de Jodoigne, dont un bonnier nommé le Longue voie gisait sur la voie de Bisut.

 

      Et ce nom s'est non seulement maintenu dans ce territoire mais y a occupé des postes significatifs pendant une longue période. On le retrouve notamment en 1674

dans : Jugement rendu par les Echevins de la Haute Justice de Liège en date du 2 mars 1674 (Recensé dans : Catalogue de livres anciens et modernes. La Sirène, Rue du Pont 14, Liège) ;

      A la demande de M. Parfondry, bailli des bois du prince-évêque, le jugement est rendu contre les coupeurs de bois qui ont dévasté les bois d'Amay où ils ont abattus de grands arbre .... ;

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 13:27

      Dans un article précédent, reprenant des informations sur une lignée de Chevaliers au Moyen Âge, portant le nom de PARFONRIWE, il avait été mentionné qu'ils avaient officiés dans l' Ordre des Hospitaliers de Saint - Jean de Jérusalem (actuellement Ordre des Chevaliers de  Malte) à la fin du 14ème et au début du 15ème siècle dans une Commanderie située à proximité de Liège, à savoir celle de Villers-le-Temple, en rive droite de la Meuse. 

      Un texte extrait du livre " Le miroir des Nobles de Hesbaye" de Jacques de HEMRICOURT en attestait l'existence. Ce texte mentionnait ainsi plusieurs membres de cette lignée de ces Chevaliers. Il était fait référence à plusieurs titres. Parmi ceux-ci, l'un n'avait pas attiré particulièrement notre attention, n'ayant pas pu situer les noms qui y étaient repris.

      La phrase était rédigée comme suit :
"..... frère Ameile et frère Johan, qui sont freires chevaliers delle ordre Saint Johan de Jherusalem, et est ly dis frère Ameile à présent maistres de Chantraines, assavoirs bailhiers d'Avalteres de la dicte religion. "

      Suite à une visite récente au Musée Armand PELLEGRIN à Neerheylissem, j'ai pu entrer en possession de documents décrivant la région de la Hesbaye brabançonne dont fait partie ce village.
A la lecture de l'un d'eux et plus particulièrement: " Visages du patrimoine en Hesbaye brabançonne. Itinéraire au - Pays blanc -, Jodoigne, 2007 ", des précisions étaient apportées sur ces noms.

      La signification et la situation  de Chantraines et d'Avalteres y étaient décrites. On y apprend ainsi que le lieu Chantraine est situé dans le village d'Huppaye qui est en fait l'un des quarante villages de cette Hesbaye brabançonne.  Au départ, il s'agissait d'une " hôtellerie " gérée par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dont la fonction première était d'offrir l'hospitalité à quiconque était de passage.

      Après l'incorporation de l'Ordre des Templiers en 1312, l'Hôpital de Chantraine acquiert le titre de Commanderie et devint la plus importante du baillage d'Avalterre (signification : Terre d'Aval, soit probablement les territoires les plus éloignés du centre historique de cet Ordre) qui comprenait les Anciens Pays - Bas méridionaux ( c'est à dire les anciens Pays - Bas espagnols ) et la Principauté de Liège, soit la totalité de la Belgique actuelle. Ce site sera abandonné progressivement à partir du 15ème siècle. De nos jours, il ne subsiste qu'une chapelle, intégrée dans les bâtiments d'un grande ferme carrée caractéristique de cette région.

      Dans le contexte de l'époque et de la situation, le titre de bailli était celui d'un Chevalier de grade supérieur dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il serait donc l'un des principaux dignitaires après le Grand Maître. Et selon le rituel, les Chevaliers sont " nobles de quatre races, du côté paternel et maternel, et portent les armes ", indiquant qu'ils étaient d'une noblesse d'armes. Acquérant ce titre plusieurs décennies après la chute de Jérusalem en 1290, il n'est pas certain par contre que l'un d'entre-eux ait participé à  une croisade pour atteindre ce niveau de responsabilité dans l'Ordre.

      Par le même texte du Moyen Âge, on apprend que cette lignée était originaire de Comblain, au confluent de l'Ourthe et de l'Amblève. Son existence est attestée en 1272 dans cette dernière localité par un Chevalier Johan de PARFONRIWE, déjà désigné sous le vocable de " Bailli du Condroz ".

      En conclusion, on retient que ce nom de famille existait dès le 14ème siècle dans la région de Neerheylissem. Ce nom se rapportait à une lignée de Chevaliers ayant occupé d'importantes fonctions jusqu'en 1411 dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

      On retrouve ce nom, avec une certaine densité, dans les actes de naissance pour un certain nombre de communes proches (Hannut, Bertrée, Trognée, Héron, ....), situées toutes sur le territoire de la Principauté de Liège et ceci dès le 17ème siècle, à la lisière de cette Hesbaye brabançonne qui nous a accueilli au milieu du 18ème siècle. Une présence ponctuelle a même été enregistrée dans l'enclave brabançonne de Beauvechain au 17ème siècle.

      On peut dès lors penser que ce nom avait traversé la Meuse dès le mileiur du 14ème siècle comme l'atteste cette famille de Chevaliers de PARFONRIWE à  la Commanderie de Chantraines.  Et que la branche de Neerheylissem, in fine, soit le dernier maillon de cette présence initialement importante au sein de la Hesbaye, en rive gauche de la Meuse, n'est pas impossible.
 

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 10:28

      Voici un blason en couleur, réalisé par un spécialiste de cette science héraldique, sur base du modèle noir et blanc trouvé dans un document (Source : Armorial d’Europe, J.B. RIETSTAP). Il  aurait été porté par un seigneur de PARFONDRY au Moyen Age. C'est une des plus anciennes indications de l'existence de ce nom trouvée à ce jour. Il est lié à la commune de Soumagne, ce qui constitue l'un des indices permettant de penser que l'origine de ce toponyme soit localisée aux abords des vallées de la Vesdre et de l'Amblève.
      D'autres aspects, tels l'extraction du fer, la concentration de lieux-dits, le peuplement ancien dans cette région, sans parler de l'hypothétique résultante de l'invasion normande à la fin du 9ème siècle complètent cette analyse.

      Il se définit comme suit :

D’argent, à la fasce, accompagnés en chef de trois roses rangées et en pointe d’un cœur, le tout de gueule, les roses boutonnées d’argent, barbées de sinople



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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 21:08

Dans le livre «  Le miroir des Nobles de Hesbaye », on trouve mention d’une famille de Chevaliers « de PARFONDRY » entre 1272 et 1411, s’écrivant au départ sous la forme de PARFONRIU et PARFONRIWE (et même PARFONDRIEU). La donnée la plus ancienne fait mention au Seigneur Johan de PARFONRIWE au 13ème siècle, marié à la fille du Seigneur Johan de RAMEY. Il y est fait référence de plusieurs titres dans la lignée : Bailli du Condroz en 1315 ; souverain commandeur de Flémalle, Haneffe et Villers en 1409; chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, religieux de Saint-Jean de Jérusalem, maître de Chantraine, curé de Flémalle ainsi qu’un domaine à Saint-Séverin en 1365. A partir de ces informations, il fut possible d’établir un arbre généalogique de cette famille.

 

L’un des personnages principaux en est Amel de PARFONDRY, arrière - petit - fils de Johan, à qui est attribué le titre de Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et de souverain commandeur de Flémalle, Haneffe et Villers au début du 15ème siècle. Ce titre de Chevalier a également été porté par son frère Jehan et par le fils de son autre frère Walter. Amel aurait par ailleurs été commandeur de Chantraine en 1386 et Jehan en 1411. Cette commanderie de Chantraine, située dans le village actuel d'Huppaye en Hesbaye brabançonne, était la plus importante commanderie, couvrant la totalité de la Belgique actuelle. Elle fut reprise en 1312 aux Templiers.

          On apprend également qu’un Johan de Parfonriu, très probablement relié par une branche latérale de cette famille, fut Secrétaire de la cité de Liège et du Tribunal des douze. Manifestement, cela devait lui conférer une position appréciable au niveau de la Principauté. Tout cela sont des indications sur l’importance  de cette famille à la fin du Moyen Age dans la région.


Dans le contexte historique et géographique du lieu, il est probable que ce titre de bailli ne soit pas celui d’un administrateur d’un pouvoir judiciaire comme ce fut le cas en France mais plutôt de celui d’un Chevalier de grade supérieur dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Selon le rituel, les Chevaliers  sont  « nobles de quatre races, du côté paternel et maternel, et portent les armes »  ce qui  indique clairement qu’ils devaient être d’origines d’une noblesse d’armes. Le titre de souverain commandeur signifierait, selon les statuts de cet Ordre, qu’ils ont fait « leurs caravanes sur mer contre les Turcs «  pour pouvoir aspirer aux Commanderies. Il ferait de ce personnage l’un des principaux dignitaires après le Grand maître. Le fait que cette famille acquiert des titres dans l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean peu après la date de reprise de la commanderie de Villers-le-Temple par les Hospitaliers en 1312, lors de la dissolution de l’Ordre du Temple, est particulièrement instructive. Toutes ces indications peuvent attester qu’ils ont pu prendre part à une certaine période à l’une des premières croisades. L’aspect syrien des figures d’angles des fonts baptismaux du 12ème siècle de l’Eglise des Saints-Pierre-et-Paul, situé à proximité de la Commanderie de Villers-le-Temple,  montre une inspiration pouvant découler de chevaliers ayant participé aux croisades. La création de cet Ordre, remontant en 1099, pourrait dès lors expliquer le lien avec cette famille. Transformé en Chevaliers de Rhodes en 1309, suite à la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291, on remarque qu’ils portent toujours le titre d’origine durant tout le 14ème siècle.

L’historique de cette Commanderie de Villers-le-Temple nous apprend qu’ils officiaient cependant en lieu et place des commandeurs résidant en France. Cet élément peut évidemment influencer sur le statut initial de cette famille en les considérant uniquement comme faisant partie d’une noblesse reconnue localement pour ses faits d’armes. Tous les documents relatant l’histoire de la Commanderie ont été détruits à la Révolution française. Il ne subsisterait que des documents retrouvés à Paris sur les rapports des inspecteurs visitant les Commanderies de l’Ordre.

Extrait du livre «  Le miroir des Nobles de Hesbaye » de Jacques de HEMRICOURT

 

§ 490. Item, est assavoir que, des dois filhes le dit monssaingnor Johan de Ramey, ly une fut mariée en Condros  monsaingnor Johan de Parfonriwe, chevelier ; s’en furent dois fis et trois filhes, assavoir : Jakemar, qui morit sains hoirs, et Ameyle, qui soy mariat à damoyselle Desirée, filhe monssaingnor Ameile de Warnant, chevalier. Ly deseurnomeis messires Johan de Parfonriwe portait les armes de Comblen : faischiet de siiez piechez d’or et de sable. Et ly dis Ameile, ses fis, out de sa dicte femme quatre fil et quatre filhe, assavoir Johan de Parfonriwe, Jakemar, qui demorat à Sains Sevrin, en Condros, Houwe, Ameyle, Ysabeal, Aely, Johanne et Juliane. Ly deseurnomeis Johan et Ameile morirent sains hoirs.

§ 491. Jakemars, leurs frères, soy mariat à Nandren et out VI fis et une fille, assavoir : frère Ameile et frère Johan, qui sont freires chevaliers delle ordre Saint Johan de Jherusalem, et est ly dis frère Ameile à présent maistres de Chantraines, assavoirs bailhiers d’Avalteres de la dicte religion. Ly tirs fis do jadit Jakemars de Parfonriwe est nommeis Watier ; ly quars, Jakemin ; ly Vé Thiry ; et ly VIe Abiers ; et leurs sereurs est mariée à Gilchon de Grimomont.

§ 492. Item, Watier, fis do jadit Jakemars, at trois fis et quatre filhe, assavoir freire Ameyle, qui est chevalier de la dicte religion Saint Johan, frère Johan, qui est frèires prestre de ceste meismes religion et vestit de Flemale, Angnès, Maroie, Deniset et Ydelette.

                        «  La guerre des Awans et des Waroux « de Jacques de HEMRICOURT

 

42. Encors vos fay savoir que, anchois la batailhe à Domartien, entront en ceste morteile fait, avoek cheaz de Warous, ly Gailhars de Chaiienéez, chilh de Pret aile comble et de Noevis,  ……

43. Item, semblament entront adont en la dicte werre, avoek cheaz d'Awans, ly Sorlés de Liège, ly enfans d'Oire ly Romans, ly enfans de Parfonriu , ly Chayveaz de Vivengnis, et ly Diavelos de Harsta, dont messires Johan Ruzemuse de Harsta, chevalier, estoit capitaine, par tant qu'il issit d'unk des bastars d'Awans,……..





 


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