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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 02:02

      Toutes les familles ont des secrets de famille comme on le dit communément. Toujours abordés, jamais dévoilés, ils finissent par se faire oublier. A moins que ce secret soit si ancré dans les gênes qu'il finit par s'insérer dans la mémoire, la tradition locale, voire dans le drame social. L'un de ses secrets familiaux avait été dévoilé précédemment. Les quelques mots hésitant prononcés de temps à autre par ma mère avaient finalement trouvé leur cohérence (voir article : Des gênes inavoués du côté maternel).

    Tous les secrets ne sont pas nécessairement reliés à une intervention peu scrupuleuse au niveau de l'hélice de nos chromosomes. D'autres vecteurs peuvent intervenir pour damner le pion aux lignes de transmission qui sont axées sur le lien familial. La question des héritages en est un. En voici un exemple.

    Une phrase énoncée de temps à autre par mon père, Georges, m'était restée en mémoire. Elle disait clairement : On aurait dû hériter d'une maison à Bruxelles. D'un tempérament habituel peu loquace, comme la plupart des personnes de sa génération, cette phrase ne devait pas être anodine. Elle a continué à persister dans un coin de cet hippocampe de mon cerveau qui, paraît-il, est incontournable dans le processus de la mémorisation à long terme. L'énoncé de cette phrase apparaissait être le résultat d'une émotion contenue. Sans autres explications, il est devenu manifeste, au fil du temps, qu'elle découlait d'une situation non souhaitée. Que voulait-elle dire précisément ? Que cachait-elle comme secret familial ? Une phrase qui, une fois explicitée, démontrera que derrière le cocasse et l'imprévu se mélangent un timing indéniable d'actes officiels. 

    Au fil des recherches, les indices se sont déroulés progressivement. La mention de la ville de Bruxelles, seule piste crédible, allait permettre de remonter la pente. La seule personne, au niveau des chromosomes familiaux, qui présentait un lien avec cette ville ne pouvait être que l'horloger Emile PARFONRY. Il avait laissé suffisamment de témoignages pour le voir citer comme personne concernée. Et dans la lettre du 22 janvier 1930, adressée à Narcisse PARFONRY, la seule qu'il nous ait laissée, était énoncée avec précision l'adresse de la maison qui avait du être si convoitée par mon père (voir article :  Une lettre de 1930).  Il y était question de deux habitations au Square Marguerite1.

     L'horloger Emile était l'oncle de l'instituteur Emile, mon grand-père. Il était marié mais n'avait pas d'enfant. De ce fait, la phrase de mon père, probablement dictée par son père, prenait tout son sens. Restait toutefois à éclaircir l'usage du conditionnel passé dans la forme verbale. Manifestement, une situation, mal négociée, avait du gripper le beau rouage de l'espérance, voire de la délivrance. 

    Certaines informations collectées de nos jours dans le hameau de Gobertange, lieu de sa retraite, devaient nous servir à éclaircir tout cela (voir article : Jules cherche à Gobertange). La robustesse de l'horloger semblait être un allié non négligeable. Selon la fille du couple de domestiques qui était à son service2, il avait même fait confectionner un costume, conservé dans le coffre d'une banque, destiné pour le jour de l'enterrement de son épouse. Simple détail prouvant manifestement que l'ambiance entre les deux époux ne devait pas ressembler à un climat de confiance. Il était d'autant rassuré notre horloger que par contrat de mariage de la communauté d'acquêts, reçu à Bruxelles le 7 septembre 1885, il y était stipulé une clause attribuant la totalité de la communauté au dernier survivant3

   Tout cela fut manifestement balayé, suite au décès, sans doute inopiné de l'horloger, en date du 19 septembre 1931. Le timing si bien orchestré se mit à se gripper le plus légalement. Par testament du 30 septembre 19313, soit 11 jours après le décès de son mari, Clémentine DEVOS, sans trop d'état d'âme apparemment, laisse Clément, Rosa et Céline DEVOS, trois de ses neveux et nièces comme légataires universels. Anna, Henri et Emile PARFONRY, les trois neveux attitrés de l'horloger perdaient ainsi leurs droits. Un document atteste qu'elle leurs transmet, par un acte de licitation4 aux enchères publiques, la belle propriété de campagne, sise à Gobertange, pour une valeur de 60 000 francs5. Il en aura été de même vraisemblablement pour les propriétés du Square Marguerite à Bruxelles. Adieu veaux, vaches, cochons, couvées. Georges, en tant que fils unique d'Emile l'instituteur, n'aura jamais droit à son espérance. L'expression du remords, du regret dans le choix du conditionnel passé de la phrase de Georges y trouvait sa juste signification.

    Preuve s'il en est que le décès inopiné de l'horloger aura occasionné une brisure intense qu'aucun élément matériel ou souvenir personnel ne viennent contredire. Aucune des montres à gousset de l'horloger, notamment sa célèbre "Boîte du Roi", ne furent retrouvées dans les effets personnels du grand-père. Clémentine DEVOS ne survivra finalement que dix mois à son époux, décédant le 20 juillet 1932. Suffisamment cependant pour que s'installe un secret familial qui n'engendra nullement de drame social, tout au plus permettant, par cet article, de retrouver sa cohérence après quelques 83 années.

 

 1 Le Square Marguerite, avec le Square Marie-Louise et le Square Ambiorix, tous trois installés en enfilade rectiligne, fait partie du quartier des Squares à Bruxelles. Ils s'inscrivent dans l'extension Est de la ville. Constitué au départ d'une vaste esplanade bordée d'arbres avec un kiosque central, le Square Marguerite était entouré de maisons dont seules douze des habitations originelles subsistent de nos jours, remplacées par des immeubles à appartements de 10 étages. Construit entre 1875 et 1880, il était constitué de bâtisses présentant des styles architecturaux très riches, mélanges de néo-renaissance flamande et d'Art nouveau. 

2 Laquelle habite toujours à proximité de la propriété à Gobertange  ;

3 Selon actes transmis par le propriétaire actuel de la maison de l'horloger à Gobertange ;

4 Licitation : Mise en vente aux enchères, à l'amiable ou en vertu d'un jugement, d'un bien en indivision successorale ;

5 Il est difficile d'apprécier de sa valeur de nos jours suite aux dévalutations importantes (surtout périodes 1925-1930 et 1970-1980) ; sur base des données recueillies, ce chiffre équivaudrait à 32 792 €, ce qui n'est pas révélateur de sa vraie valeur pour 1930 ;

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 19:01

      Il aura fallu sans doute attendre un certain temps. Mais finalement, en bénéficiant de la passion d'un ardent défenseur de l'histoire de l'horlogerie, voici que le nom d'Emile PARFONRY, l'horloger de Bruxelles, est réapparu à la lumière. Notre ancêtre a trouvé enfin une reconnaissance dans la communauté des horlogers. Un article spécifique vient de lui être consacré, résultat d'un travail préliminaire de repérage ayant débuté il y a de cela deux années.

      En 2010, un livre de 369 pages intitulé " Staande klokken en uurwerkmakers in Vlaanderen "1, publié en 2006 aux éditions Peeters à Leuven, avait attiré mon attention. Son auteur Eddy FRAITURE y démontrait d'une certaine compétence et d'un savoir faire pour y présenter l'évolution de l'horlogerie. Il n'en était pas à son premier livre sur le sujet. De quoi impressionner mes neurones toujours friands de découvrir des liens avec l'histoire de la société.

      Et comme pour titiller ma curiosité, il débutait sa recherche en mentionnant que la signature du Traité d'Utrecht en 1713 était considérée comme le catalyseur de l'émergence de la construction d'horloges en Flandres. Ah, ce fameux Traité d'Utrecht qui nous avait enfin débarrassé, du moins temporairement, des querelles incessantes que se livraient sur notre territoire, depuis le partage de l'empire de Charlemagne, les différentes puissantes européennes. Exit les espagnols, bas les pattes les français, dehors les allemands, les anglais et autres. Ils étaient remplacés par l'autrichienne, non pas Marie-Antoinette la fille, mais Marie-Thérèse la mère. Enfin, nous allions pouvoir vivre en toute quiétude et investir dans l'avenir. Prémices de l'âge d'or d'une Europe expansionniste, triomphante qui allait se poursuivre jusque dans la seconde moitié du XIXème siècle, empiétant même quelque peu dans le XXème jusqu'en 19142. Et permettre à ce nouveau pays de devenir le troisième, voir le deuxième pays exportateur au monde.

     Eddy FRAITURE redonnait ainsi vie à 2.500 horlogers, démontrant la vivacité d'un métier d'art et de précision. Et parmi ceux-ci, notre Emile PARFONRY avait droit à quelques lignes à la page 259. Manifestement, on ne lui reconnait pas les mêmes références que les ténors de l'horlogerie belge qu'ont pu être les COIGNET, les ZIMMER, les DE BEFFE, les CRETEN, ....

      Sans aucun doute motivé d'être le descendant d'un père et d'une grand-mère institutrice en chef à Opheylissem, Eddy FRAITURE se proposa de rédiger un article sur cet horloger en profitant des informations déjà  contenues dans mon blog. Pour la première fois sans doute, un témoignage sur notre saga sortait du contexte de la francophonie et était rédigé en néerlandais. Avec cet article personnalisé, notre aïeul y reprend une place plus significative. Son modèle de montre " Boîte du Roi ", à l'effigie de Léopold II, photo à l'appui, est reconnu en quelque sorte comme faisant désormais partie du patrimoine. Un résultat qui met une nouvelle fois en exergue un individu de notre lignée que la mémoire allait oublier.

     L'article d'Eddy FRAITURE a été publié dans la revue trimestrielle " Uurologisch3 Nieuws " d'août 2012, édité par un groupe de passionnés se regroupant sous la dénomination de  Het Uurwerkgezelschap4.  L'intitulé " Parfonry, een Brussels uurwerkmaker ...."5 se prolonge par quelques petits points qui ne sont pas là par pur hasard. Ils font comprendre, après lecture, que le texte ne se limite pas intrinséquement au métier d'horloger d'Emile. Le mélange avec quelques éléments de sa vie privée rend bien entendu un peu plus vivant son profil. Un parfait exemple d'une retranscription de l'histoire de la mémoire familiale. Et l'article se termine par les quelques mots de reconnaissance " Met grote dank aan Roland PARFONRY en zijn uitgebreid blog over de familie Parfonry " dont la traduction ne me semble pas nécessaire, car manifestement le style et la structure des mots sont suffisamment compréhensifs pour le lecteur. L'auteur de l'article avait trouvé assez d'éléments sur mon blog qui justifiaient de développer les quelques maigres lignes écrites précédemment dans son livre.

      La mémoire d'Emile PARFONRY, l'horloger de Bruxelles, est  désormais conservée. Sans oublier Alexis, dont la photo est reproduite dans l'article, portant à son gilet la montre à gousset qui fait la célébrité de son oncle.

  (pour  les informations plus détaillées, et notamment la photo de la " Boîte du Roi ", voir les articles sur ce blog dans la catégorie : Emile Parfonry, l'horloger de Bruxelles)

 

1 Traduction : Horlogers de parquet et horlogers en Flandre ;

2 A l'exception d'une période de 20 ans perturbée par l'expansionniste débordant d'un petit caporal hyper actif qui voulait devenir aussi gros que le boeuf de la Fable de La Fontaine ;

3 Mot intraduisible car il découle d'un jeu de mots avec le terme " Urologisch =Urologie " ;

4 Traduction : Le Club (ou Cercle) des horloges ;

5 Traduction : Parfonry, un horloger bruxellois ... ;

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:02

      Voici une autre montre à gousset de l'horloger bruxellois Emile PARFONRY. Elle a été mise en vente sur le site E bey durant ce mois de février 2010.

      Elle n'est pas du style " Boîte du Roi " comme les modèles découverts précédemment. Réalisée probablement plus tardivement, soit après 1910, elle se caractérise par la présence de sa chaînette de 43 cm de longueur, composée de mailles alternées aux couleurs or et métal. La montre et le boîtier intérieur sont en outre plaqués or, portant à l'extérieur les initiales L et C entrecroisées. D'un poids de 80 gr, son diamètre est de 4,7 cm. Et dernière particularité, elle est toujours accompagnée de son écrin de couleur pourpre de 9 x 6.5 cm.

      L'intérieur de l'écrin comporte les indications suivantes :

                                            Fournisseur du Gouvernement

                                        MAGASIN SUISSE 

                               Bijouterie E. PARFONRY - DEVOS

                    Fournisseur agréé de la Coopérative Militaire Nationale

                                    et des employés de l'Etat

                                           BRUXELLES

      Voici deux photos de cette montre

 

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De ces indications, il en ressort que :

 

1. L'horloger Parfonry travaillait avec des fabricants suisses. Il achetait certainement des modèles dans ce pays. Il utilisait également un brevet suisse (Patent Moeri's) pour fabriquer lui-même certains modèles, dont " la Boîte du Roi ".

2. Confirmant ce qui nous avait été rapporté récemment par le responsable des Archives du Palais royal à Bruxelles, l'horloger n'était pas " Fournisseur officiel de la Cour". Son nom ne figure pas dans la liste des fournisseurs agréés, rassemblés dans un livre.  En fait, il avait fabriqué le modèle " Boîte du roi " pour certaines manifestations, dont le " Concours de tir du gouvernement ", pour lequel participaient essentiellement des militaires.

3. Pour la première fois, on trouve une association avec son épouse " DEVOS " dans la raison sociale mentionnée à l'intérieur de l'écrin. Ce qui peut expliquer dès lors la dénomination de " horloger - bijoutier " qui était dévolue à son commerce.

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 21:29

      Ce dimanche 10 mai, nous avons décidé avec mon épouse, de reprendre le chemin de découverte des PARFONRY. Avant l'identification du tableau dans l'église de Spy, quelques semaines plus tôt, un indice m'avait été transmis sur l'existence dans le cimetière de Mélin de la sépulture d'Emile PARFONRY, l'horloger - bijoutier de Bruxelles, né à Neerheylissem en 1852. Attendant que le réchauffement climatique s'opère naturellement, il a été décidé, en cette première journée ensoleillée de printemps, d'arpenter une nouvelle fois le terroir de nos origines. A la veille de la période des Saints de glace, que tout ancien jardinier attend avant de sortir ses plantes annuelles, le thermomètre devait jongler pour la première fois de l'année avec les 20°.

      Et c'est ainsi que nous avons traversé quelques villages et communes de ce Brabant wallon de l'est. A la sortie de Gembloux, le premier village est apparu, celui de Thorembais-Saint-Trond, suivi tout au long de cette N 29, dans un ordre tranquille,  par Thorembais-les-Béguines, Glimes, Jauchelette, Jodoigne-Souveraine avant d'arriver, en " passant devant les écoles ", comme dit ma mère comme pour se souvenir de son jeune temps, dans la ville de Jodoigne. Petite ville de terroir calme ou je pouvais encore reconnaître au passage le magasin de vêtements " Aux Elégants ", devant lequel je prenais le bus dans les années 50, descendant la rue Saint-Jean en sortant de la classe de 5ème primaire de Madame STAELS, ainsi que la friterie devant le château Pastur, l'une des meilleures de Wallonie. Traversant cette cîté si chère à Big Loulou, notre Commissaire européen au développement, on la quitte pour nous diriger immédiatement vers notre destination, à quelques encablures, le village de :














      Tout en approchant à allure modérée, on repère le clocher de l'église, installé sur un promontoir, en face d'une grande batisse, du type château - ferme,  qui a du être construit à l'emplacement d'une de ses mottes féodales, qui jouaient un rôle défensif à une certaine époque. Une vue générale de l'église nous montre de suite que l'appellation de " pays blancs " donné à ce terroir est tout à fait justifiée.




Entrée de l'Eglise dans le village de Mélin








       Ne nous attardant pas dans les escaliers, on se dirige immédiatement vers la gauche, où, selon les indications de Jules notre informateur, nous devrions trouver cette fameuse sépulture, disparue des mémoires depuis longtemps. Seul indice connu, la croix est cassée. Et c'est effectivement ce qui nous permet de la découvrir, non sans avoir, pendant un instant, recherché et espéré découvrir une pièce architecturale de plus grande envergure. Légère déception, car la tombe, bien que massive, n'a rien de bien particulier pour l'époque. En plus, elle laisse apparaître un certain abandon au niveau de l'entretien, ce qui ne nous rassure pas sur l'assiduité des visites qui s'y sont opérées.















      En faisant glisser la croix, on découvre des mots gravés dans la pierre.
Un nettoyage s'impose. Tout avait été prévu pour la circonstance : seau, brosse et eau faisaient partie du voyage. Après avoir éliminé les dépôts du temps, on commence à déchiffrer le texte écrit en lettres majuscules. Le lieu et la date de naissance de l'épouse restent cependant à préciser.

                     EN MEMOIRE DE                     
       MONSIEUR EMILE PARFONRY
       NE A NEERHEYLISSEM LE
       27 - 2 - 1852 ET DECEDE A                  
       MELIN LE 19 - 9 - 1931

       ET DE SON EPOUSE
      CLEMENTINE DEVOS
      NEE A .................................1860
      ET DECEDEE A MELIN 20 - 7
                                                   
1932


       Cette lecture permet de connaître la date de décès de l'épouse, donnée qui nous était inconnue jusqu'àlors. Son décès a suivi celui de son époux de seulement 10 mois. Sa santé précaire lui aura permis malgré tout de lui survivre. Et d'expliquer en grande partie l'absence de pérennité de liens familiaux d'autant que le couple n'avait pas d'enfant.

       Malgré cette découverte importante dans le cadre de la conservation de la mémoire, nous sommes malgré tout un peu déçu par l'affligeant spectacle de cette tombe. Nous ne sommes même pas certain que la couronne de fleurs en céramique qui la décore lui ait été destinée. Depuis quand cette tombe n'a t-elle plus eu de visites ? Nous prenons le numéro repéré sur une étiquette apposée au devant de chacune des tombes, 158 dans ce cas, en espérant que cet indice nous permettra d'obtenir certaines informations auprès de l'Hotel de Ville.

       En sortant du cimetière, nous nous rappelons que nous sommes dans un des plus beaux villages de Wallonie, reconnu par l'utilisation de la pierre blanche de Gobertange dans la construction de ses maisons, la même pierre qui donne son fabuleux aspect à la Grand Place de Bruxelles. On en profite pour parcourir le village à la recherche de ces pierres centenaires. On n'a que l'embarras du choix pour les photos. Tout ici est lisse, propre, apaisant, laissant apparaître un matériau noble travaillé et entretenu par l'homme.


                      Exemples de maisons construites en Pierres de Gobertange

                                             
 Gobertange-024.jpg   Gobertange-028.jpg
       

      Avant de quitter ce pays, on passe par le hameau de Gobertange, le plus important et le plus célèbre de Mélin. Il doit sa renommée aux carrières de grès-calcaire dont l'exploitation, remontant à l'époque romaine, s'est pratiquement arrêtée au 19ème siècle. A l'époque, l'exploitation était souterraine à 15 ou 20 mètres de profondeur pour atteindre ce calcaire lumineux. Une centaine de puits étaient en activité dans la région. Aujourdhui, il reste une carrière et l'activité se fait à ciel ouvert. La pierre de Gobertange est réputée pour sa maniabilité, son durcissement et sa belle patine. Elle garnit les édifices autour de la Grand Place de Bruxelles.

       Dans cet endroit, nous retrouvons facilement la maison, dans la rue de la Croix Sainte Barbe, là où Emile PARFONRY s'est retiré à la fin de sa vie, à partir de 1919 jusqu' à sa mort en 1931. Une maison, datée sur le fronton latéral de l'an 1840, qu'il faisait appeler " le château " et qui gardera probablement tous les secrets de ce personnage. Elle vient d'être rachetée et sa rénovation est en cours.

 



Maison d'Emile PARFONRY à Gobertange








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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 20:39

      Cette lettre de 1930 constitue manifestement un élément important de l'histoire des PARFONRY. Elle est la preuve que des liens existaient encore à cette époque entre les différentes branches en Belgique et en France.

      Il est peut être trop tôt pour dire si cette lettre d'Emile PARFONRY, l'horloger de la branche de Neerheylissem, écrite en 1930 et adressée à Hubert-Narcisse PARFONRY, l'industriel, de la branche de Clerheid/Erezée, soit la marque d'un lien familial. L'analyse du texte ne le laisse pas entendre. Il doit plutôt s'agir d'une relation basée sur le fait que ces deux personnes portaient le même nom mais aussi devaient relever d'un milieu d'indépendant habitant et travaillant à Bruxelles.

      Le contenu de cette lettre laisse croire qu'elle a été rédigée en réponse à une première écrite par Hubert-Narcisse. On y laisse une place importante à la description des faits justifiant pareille démarche, ce qui dénote que l'on se trouve à un début d'échange. Elle a été écrite près de 20 mois avant la mort d'Emile. Si une suite y a été donnée, il est peu probable qu'elle ait été intense. C'est ce qui explique que certaines de ces informations puissent avoir été perdues par la suite d'autant qu'Emile est décédé avant son épouse et n'avait pas d'héritier.

      Parmi les faits relatés, on relève l'existence de rencontres multiples avec le sous-officier, frère de Hubert-Narcisse. Ce dernier est parti d'Anvers, le 15 août 1882, pour le Congo, accompagnant la seconde expédition de Stanley  chargée de créer un passage en remontant le fleuve Congo à partir de l'embouchure. Il y est mort peu de temps après en mars 1883 et est enterré au cimetière des pionniers à Manyanga dans le Bas-Congo.

      En conséquence ces rencontres se sont déroulées avant cette date de départ, soit au minimum 48 ans avant cette lettre. Pour quelles raisons, ces deux personnes, née en 1852 pour l'horloger et en 1857 pour le militaire, se côtoyaient - elles ? N'oublions pas que c'était Léopold II qui finançait les expéditions de Stanley et que l'horloger devint également (à partir de quand ?) fabricant d'un modèle de montre jusque peu avant la mort de Léopold II en 1909. On peut dès lors se poser la question si les PARFONRY n'avaient pas une filière commune pour approcher le Palais Royal. Si c'est le cas, il pourrait avoir existé un lien plus prononcé entre les branches d'Erezée et de Neerheylissem. Pour l'instant, il faut laisser la place au hasard en y incorporant sans doute un zeste de curiosité sur le plan généalogique. 

      Narcisse PARFONRY est, quant à lui, mort en 1946. Il a sans aucun doute conservé la lettre dont la copie a été trouvée en France. Des contacts entre la branche d'Erezée et la lignée française de Neerheylissem se sont en effet renouvelés pour des raisons professionnelles entre Jean, le petit-fils de Narcisse et Jean-Pierre, un lointain parent français d'Emile mais dans l'ignorance de ce lien. Et par un effet de curiosité, un échange d'informations s'est élargi aux aspects familiaux en tentant de nouveau de trouver ce lien potentiel. Les mêmes raisons qui avaient poussés Emile à écrire à Narcisse ont été à la base de ce nouvel échange : la similitude du nom et le milieu professionnel. 

       Il n'a pas encore été déterminé si plusieurs lettres ont été écrites dans ce contexte plus récent mais c'est à l'occasion de l'une d'entre elles que le petit-fils de Narcisse a transmis la copie de la lettre d'Emile à Jean-Pierre PARFONRY de la lignée française de Neerheylissem.

      Voici le contenu de cette lettre, envoyée de la maison de Gobertange (village de Mélin), ou Emile s'était installé à sa retraite.

Mélin, le 22 janvier 1930

                 Monsieur N Parfonry

                Oui je suis l'oncle Emile 78 ans, le plus âgé de la famille des Parfonry
                de Neerheylissem (Brabant) des Parfonry de Beauvechain et de Paris,
                tous originaires de Neerheylissem.
                           J'ai causé plusieurs fois chez M Molitor cantine de la Cambre
                avec feu votre frère Emile Parfonry alors sous-officier; je conserve
                sa photo.
                           Votre quartier Nord Est est un peu le mien attendu que 
               je suis  propriétaire des immeubles n° 6 et 7 Square Marguerite  à Bruxelles.
                            Avant notre arrivée à Mélin il y a onze ans nous habitions
                la n° 7 Square Marguerite.
                            J'ai reçu une fois votre visite dans mon magasin d'horlogerie 
                Bijouterie rue de Namur.
                            Dans l'attente de faire meilleure connaissance, je vous 
               présente mes sincères salutations.
                                        
                                                                                    Signé : Emile PARFONRY


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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 21:13

       Emile l'horloger étant l'un des personnages centraux de mes recherches pour l'instant, il me semble approprié de vous aider à le faire connaître.
      Il était horloger-bijoutier mais surtout, à un moment, fabricant d'une montre à gousset portant l'effigie du Roi, à savoir, Léopold II à l'époque. Ce modèle est appelé " Boîte du Roi ".

      Ci-dessous, vous trouverez un modèle de cette montre ainsi qu'une photo (la seule disponible ) de son frère Alexis. Ce dernier, qui est mon arrière - grand - père, porte ce type de montre comme on peut l'observer en la regardant de près.

      Voici un exemplaire de cette montre en état de fonctionnement, achetée sur E bay.
            
Montre à gousset modèle " Boîte du Roi"                                             Alexis PARFONRY

 

                  Alexis.jpg   

 

 

 

 

         






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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 10:39

      Après notre rencontre à Gobertange (voir article antérieur), Jules s'est mis très rapidement à rechercher des indices de la présence d'Emile PARFONRY l'horloger. Il est allé rendre visite à une dame, proche voisine du " Château" ou a habité Emile PARFONRY. Ses parents et la famille de cette personne oeuvrèrent pour  Emile, le retraité de Gobertange.
      De cette première rencontre, Jules nous fait part des informations et anecdotes suivantes :

- Elle garde un très bon souvenir d'Emile, l'horloger, malgré son jeune âge ( 8 ans) au moment de son décès ;
- Elle possède toujours une montre pour dame, gravée à l'adresse bruxelloise de PARFONRY, donnée en reconnaissance des services rendus par ses parents ;
- Il y a un monument funéraire assez imposant au cimetière de Mélin mais les inscriptions sont devenues illisibles ;
- Il aurait offert un petit autel, dédié à Notre-Dame du perpétuel secours, pour l'église de Mélin. Celui-ci aurait été enlevé lors de la restauration de l'église ;
- Sachant son épouse de santé délicate et précaire, et prévoyant son décès, PARFONRY s'est fait tailler un nouveau costume noir pour porter son deuil; il l'avait fait déposer dans un coffre bancaire à Jodoigne; Or ce fut l'inverse qui se produisit ;
- M. PARFONRY a légué à sa cousine une " assez belle prairie" ( sic) joignante au "château" ;

De cet entretien, on confirme que l'horloger a réalisé un certain nombre de montres, ce qui explique que certaines d'entre elles existent encore de nos jours.
On apprend également que M. PARFONRY utilisait des gens de maison en les rétribuant probablement de façon correcte ;
Il était sans aucun doute assez pratiquant sur le plan religieux. Si le monument funéraire existe au cimetière, il faudra être très attentif la prochaine fois et amener des brosses car je ne l'ai pas trouvé lors de ma première visite.
Il  a du y avoir du terrain autour de sa maison qu'il appelait le " Château ".

La question subsidiaire serait de s'assurer que le costume ne se trouve toujours dans le coffre de la banque !!!! Et de se renseigner auprès de la Fabrique d'Eglise pour savoir ou se trouve maintenant le petit autel.

Jules s'efforce de déterminer la raison qui a poussé Emile, l'horloger de Bruxelles, a venir s'installer dans ce hameau de Gobertange, situé à l'écart. Je lui ai demandé de s'informer aussi sur les liens existant avec sa famille de Neerheylissem, de Beauvechain ainsi que celle installée en France.

Pour info, Gobertange est le lieu ou on extrayait des carrières une pierre blanche spécifique, utilisée notamment pour les hôtels de ville de Bruxelles, Louvain et Tirlemont. Peut-on envisager de trouver  de cette façon, la piste de François-Xavier, marbrier, parti de Neerheylissem vers Boulogne - sur - Mer aux environs de 1840 ?
 

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 21:20

      Profitant d'un séjour non loin de la vallée de la Loire en juillet 2008, nous avons été débusquer, avec mon épouse, dans leur environnement familial de Briou du Lude, non loin du château de Chambord, les PARFONRY de France. Il y avait Jacques, le patriarche revenu de sa retraite de Guadeloupe, ses deux enfants Patrick et Martine et son neveu Jean-Pierre.

      A cette  occasion, j'ai pu prendre connaissance d'une copie de lettre importante, rédigée en 1930 par Emile PARFONRY, l'horloger et adressée très certainement à Narcisse PARFONRY de la branche d'Erezée. Outre la relation avec Narcisse, plusieurs détails intéressants apparaissent à la lecture de cette lettre.

1. Il avait connaissance de l'existence de PARFONRY à Paris relié à sa branche, soit celle de Neerheylissem ;
2. Il connaissait l'existence de mon grand-père, habitant Beauvechain qui était son neveu ;
3. Il avait connu, avant son départ pour l'Afrique en août 1882, Emile PARFONRY, le militaire décédé au Congo, de la branche d'Erezée et dont il avait une photo ;
4. Il indique l'adresse de sa maison à Bruxelles ;
5. Il s'était retiré dans le hameau de Gobertange (village de Mélin, près de Jodoigne) vers 1920 ;

      Par notre visite, on renouvelait très certainement un lien qui s'était effacé depuis le décès de cet horloger en 1931. Son souvenir et sa mémoire s'étaient envolés de la mémoire familiale.

      Pour avancer dans la connaissance, je me persuadais que l'un des personnages clefs de cette histoire des PARFONRY devait être cet horloger. Malgré une présence somme toute assez récente, se superposant partiellement à mon grand-père, à mon père et à ses cousins germains, il a laissé bien peu de traces dans la mémoire collective. Qui était finalement ce personnage qui avait eu accès au Palais Royal en tant que fabricant d'une montre portant l'effigie du Roi Léopold II, qui aurait payé les études d'instituteur de mon grand-père, qui connaissait l'existence de la lignée française mais aussi celle des PARFONRY d'Erezée, qui avait choisi pour sa retraite de revenir dans son terroir du Brabant wallon de l'Est ?

      Je me suis décidé le 9 août à arpenter le hameau de Gobertange où il avait passé les dernières années de sa vie. Et c'est à ce moment, après avoir posé quelques questions dans la rue, que je rencontrai un Monsieur s'appelant Jules TITS. En prononçant le nom de PARFONRY, son cerveau ne tarda pas à réagir. Tout gamin, il avait entendu parler ses grands-parents de ce personnage.

      Curieux dans l'âme, il se proposa de rechercher des indices. Je m'étais pris pour Hercule Poirot et je venais de trouver son adjoint, l'élégant Capitaine Hastings.
Les anecdotes ne devraient pas tarder pour connaître mieux cet horloger car Jules a pris contact, depuis lors, avec une dame proche voisine dont les parents ont travaillé pour la famille PARFONRY. On est impatient de connaître la suite dans un prochain article.

       Notre visite à Gobertange s'est poursuivie par la visite externe de la maison habitée par Emile l'horloger, maison qu'il avait fait qualifier sur sa carte de visite de " Château de Gobertange ". Même si elle offre un certain cachet, cette appellation est un peu disproportionnée. Mais cela doit sans doute faire partie du personnage.

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