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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:30

      Voici un document assez rare. Il y aura bientôt cent ans, le 1er août 1914, en effet, que mon grand-père, François Emile PARFONRY, recevait son diplôme d'instituteur primaire de l' Ecole Normale agréée d'instituteurs à Malonne. Soit, quelques jours avant l'invasion de la Belgique par l' armée allemande, l'un des évènements majeurs de ce qui allait déclencher la Grande Guerre.

     Le support de ce diplôme est sur une sorte de papier huilé, imperméable. Le texte est imprimé en écriture normalisée. Seuls quelques ajouts à l'encre y sont apportés.  Il mesure 40 x 31 cm, soit une surface qui atteste de l'importance et de la valeur de ce diplôme à cette époque. Plus grand et plus luxueux en tout cas que celui obtenu, quelques 60 années plus tard, à la Fac de Gembloux.

     De la lecture du texte, on relève deux extraits, intéressant par le contenu.

    Il est ainsi mentionné que pour obtenir son diplôme, cet élève a satisfait aux épreuves sur la religion et la morale, ainsi que sur les autres branches obligatoires. Comme quoi, l'importance accordée aux branches fondamentales ne semble pas primordiale. Avec de telles priorités, il serait bien difficile de définir et de vérifier des seuils de compétence de nos jours. Quant à cette soi-disant satisfaction pour enseigner la religion, il a du y avoir un stûût quelque part. Je n'ai jamais senti que mon grand-père avait une obsession à me faire connaître le catéchisme par coeur, celui qui était tout de même enseigné chaque jour, en début de journée, même à l'école communale du village. J'y ai finalement trouvé un plaisir pour développer ma mémoire en mémorisant toutes les réponses aux questions. Par contre, la conséquence d'avoir du assimiler que le calcul était basé sur le système décimal m'a perturbé pendant quelques jours. En voici l'explication :

      Faites coexister dans une tête de gosse, l'existence de ce système décimal, inculqué à la maison, avec la question subite de l'institutrice, à l'école, qui vous demande combien il y a d'oeufs dans une douzaine. Et bien, le gosse que j'étais a répondu pendant plusieurs jours : dix. Avec chaque fois une brimade de l'institutrice, du genre : c'est cela un petit-fils d'instituteur !!. Jusqu'au moment où je suis sorti de ma castration pour découvrir que les poules ne pondaient pas selon un système économique classique !!! C'est un peu comme quand on montre à quelqu'un plein d'articles de couleur blanche et puis qu'on lui demande ce que boit la vache. Cela s'appelle dans ce cas du conditionnement d'idées contrairement au mélange de plaisir et de souffrance qui découlait de la résolution de mon problème numérique1.

     Autre extrait grandiloquent de ce diplôme : le récipiendaire a suivi avec fruit le cours facultatif de travail manuel et qu'il possède des aptitudes à la surveillance. Avec cela, le futur instituteur semble donc mieux armé pour remplir sa tâche d'enseignant. Il est donc apte à surveiller mais rien n'est certain de nouveau sur ses capacités à enseigner le français, le calcul élémentaire. Question de surveillance, je peux vous assurer que mon grand-père disposait de certaines capacités. Pas question de faire un geste hors du commun. C'était d'un naturel pour lui d'imposer une autorité. Même si le filtre de mes parents jouait en sa défaveur, il était le plus souvent sur le coup avant eux. Il en a du " tirer des oreilles " pour en arriver à prouver cette aptitude spécifique à la surveillance !!!

    Apparemment, personne ne s'en est plaint. On s'en est sorti quand même sans avoir besoin de cette nouvelle mode pédagogique disant de laisser faire les enfants. Il est vrai que je n'ai pas vécu dans la peau de Martin, le petit garçon du livre de Gilbert Cesbron "C'est Mozart qu'on assassine ". Encore que le choix approprié des rencontres reste un must pour apprendre.

1 Il se pourrait donc que j'ai traversé à ce moment une étape du processus de "castration symboligène ", théorie développée par la pédo-psychiâtre Francoise DOLTO ;

     Voici une photo de ce précieux diplôme, obtenu après 4 ans d'études, dont les résultats ont été analysés précédemment (voir article : Les résultats scolaires d'Emile, l'instituteur)

Le diplôme du grand-père
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 18:01

        De la carrière d'Emile PARFONRY, l'instituteur, on en sait peu de choses. Les rares traces de sa fonction, occupée dans la même école pendant 37 années, se rassemblent dans ce qui fut retrouvé dans le grenier de la maison qu'il occupa au cours des dernières années dans la rue de Velaine à Tamines.

      En premier lieu, on y découvre toute une série d'exemplaires de la revue « L’Auxiliaire Pratique des instituteurs et institutrices primaires1 » à laquelle il fut abonné pendant de nombreuses années, et cela à partir de septembre 1928. A côté de ces fascicules imprimés sur des feuilles légères, s'efforçant d'aider l'instituteur à rayonner dans sa classe, se trouvait une autre collection qui ne présentait pas la même densité, tant au niveau de la formule physique que du contenu.

      Le savoir ne se limitait plus dans la lecture des romans de BALZAC, FLAUBERT ou STENDAL, des poèmes de RONSARD ou de Théophile GAUTHIER. La nouvelle divinité qui régnait désormais au début du XXe siècle c'était la science. Faisant partie de cette époque qui se mettait à découvrir les nouvelles connaissances acquises au cours des siècles précédant, Emile se mit aussi à constituer une bibliothèque dans laquelle se retrouve un éventail de dictionnaires volumineux à reliure rigide. Cartonnée et présentant une couleur foncée tendant le plus souvent sur le vert, chacun de ces exemplaires pesait non seulement par son poids effectif mais aussi par son poids de connaissances. Les quelques dix-sept volumes retrouvés, aux titres dorés, occupaient un rayonnage d'une largeur proche du mètre.

      Manifestement, l'instituteur faisait partie de cette génération qui bénéficiait de tout le travail mené par ce qui fut appelé la génération de la Semeuse, en allusion à la devise « Je sème à tout vent » lancé par LAROUSSE en 1895. Un condensé de savoir qui pesait lourd mais qui est un témoignage de ce qui était l'accessibilité à la culture à cette époque. Manifestement, la généralisation de la décision d'obliger l'inscription de tout enfant à un enseignement primaire, que ce soit en France ou en Belgique, durant la seconde moitié du XIXe siècle se concrétisait peu de temps après dans les faits de société.

      Les découvertes accumulées précédemment, que ce soit au niveau des sciences, de la mécanique, des mathématiques, des arts, de la philosophie, de l'histoire, de la géographie, de la musique, de la littérature se voyaient au final valorisées, vulgarisées et accessibles à un plus grand nombre. Sans oublier les écrits rapportés par les différentes expéditions qui arpentaient les différents continents depuis la découverte des Amériques en 1492 par Christophe COLOMB. Des précurseurs avaient investis dans le domaine du savoir et de la connaissance pour permettre de rassembler toutes ces découvertes. Après l'invention de l'imprimerie par GUTENBERG en 1454 et avant l'apparition de la puce électronique de Jack KILBY en 1958, secourue plus récemment par le génie de Steve JOBS  et l'encyclopédie compulsive de Jimmy WALES, cette période de l'édition de dictionnaires volumineux et lourds a constitué, pendant quelques décennies, le monde de l'émerveillement et de la culture, bien plus que celui de la possession et de la richesse.

      L’énumération de ces dictionnaires fait intrinsèquement partie de cette société nouvelle qui accédait de manière démocratique à un savoir. Le dictionnaire devenait, à partir des années 1920, accessible à une plus large majorité de familles. Chacun pouvait, à son aise, accéder à la sagesse de la connaissance.

     La liste, ci-dessous, reprend de manière chronologique l'ensemble de la collection des dix-sept volumes rassemblés par Emile PARFONRY. Des milliers de pages agrémentées par ci par là de gravures, de dessins, de cartes en couleurs, parfois de modèles démontables à plusieurs niveaux qui donnaient un large aperçu descriptif du nouveau monde moderne qui pointait son lorgnon.

 

Liste des Dictionnaires d’Emile PARFONRY (par ordre d’année d’édition)

1.  Nouvelle encyclopédie autodidacte illustrée d’enseignement moderne, Aristide Quillet Editeur, 1922, 3 Tomes ;

2.   Larousse Universel en 2 Volumes, Claude Augé, Librairie Larousse, Paris, 1923, 2 Tomes ;

3.   Atlas Moderne, Librairie Hachette, Waucomont - Schrader et Gallouédec, Paris, 1930 (incomplet) ;

4.   Dictionnaire historique et géographique des Communes belges, Eugène de Seyn, Ed. A. Bieleveld, Bruxelles, 2ème Edition, 1933, 2 Tomes ;

5.   Grand Mémento encyclopédique Larousse, Paul Augé, Librairie Larousse, Paris, 1936, 2 Tomes ;

6.   Histoire de la découverte de la Terre, Ch. de la Roncière, Librairie Larousse, Paris, 1938 ;

7.   Méthode récréative Delgoffe-Gross. J’apprends le flamand en 40 leçons, Librairie Générale, Bruxelles, 1941 ;

8.   Nouveau Larousse Universel, Paul Augé, Librairie Larousse, Paris, 1948, 2 Tomes ;

9.   Nouvelle encyclopédie pratique de mécanique, Aristide Quillet Edition, 1949, 2 Tomes ;

10.  Larousse du XXe Siècle. Supplément, Librairie Larousse, Paris, 1953 ;

 

      Quelques éditeurs sont repérés dans cette série de dictionnaires. Si LAROUSSE est sans doute le plus connu, on remarque la présence de deux Nouvelles Encyclopédies de l'éditeur Aristide QUILLET (1880-1955) qui fonda sa maison d'édition en 1902, aujourd'hui disparue. Parmi les autres curiosités, outre les classiques encyclopédies de Larousse, coordonnées par ses responsables d'édition qu'étaient les AUGE, père et fils2, on extirpe le "Dictionnaire historique et géographique des communes belges " en deux volumes, qui restitue, pour chacune d'entres elles, une synthèse des connaissances un peu trop figées et manquant impérativement de ce charme descriptif que l'on retrouve de nos jours dans les publications cherchant à attirer le curieux. Mais, Emile PARFONRY était quelqu'un qui aimait son pays et manifestement, sans trop avoir envie de se déplacer3, il avait, par ce moyen, trouvé la solution pour son dépaysement.
      Sans trop se tromper, on se rend compte que les dictionnaires achetés à partir de l'édition de 1938, celui de l' " Histoire de la découverte de la Terre ", sont destinés à satisfaire les besoins d'éducation de son fils, âgé à ce moment de 18 ans. Ce recueil, qui fait une sorte d'état des lieux des civilisations du Tigre et de l'Euphrate, des missions d'explorations et des épopées coloniales, ne manque pas de rappeler que le mélange de la civilisation, de paysages nouveaux et de l'art a  constitué le témoin de l'attrait pour plus de découvertes et sans aucun doute l'une des sources dans mon choix de formation. La phrase qu'écrivit Ch. De La RONCIERE, l'auteur du livre,  dans la préface " Quoi de plus excitant que l'attrait de pays inexplorés en un temps où la rapidité des transports est une invitation au voyage" a du s'ancrer progressivement au niveau de mes émotions et de mes argumentations pour m'aider dans le choix de carrière. Quant aux achats, par l'instituteur, du livre destiné à apprendre le flamand4 et celui se rapportant à la mécanique pratique, ils avaient comme objectif  de pourvoir à la scolarité de son fils qui avait entamé des études de conducteur de travaux à Bruxelles à partir de la rentrée scolaire de 1940.
     Que d'exercices d'algèbre et de trigonométrie, que d'explications sur les forces mécaniques, que de compléments de documentation n'ai - je pu trouver dans ces dictionnaires tout au long de mes études. Sans compter, que dans le sillon creusé, mon père eut le juste instinct de m'abonner à la Grande Encyclopédie de Culture Générale entièrement illustrée en couleurs, plus connue sous le nom de Tout l'Univers, qui fut publiée par Hachette de 1961 à 1965. Une publication hebdomadaire, détaillée et illustrée, qui donnait réellement envie de  lire et d'apprendre. 
      Et c'est sans doute dans la continuité de cette transmission, que je m'octroyai le plaisir, en 1975, récemment installé au Maroc dans la localité de Berkane5, d'acheter les 10 Volumes du Grand Larousse encyclopédique, édition 1960, lesquels s'ajoutent désormais à l'espace réservé dans ma bibliothèque aux 17 autres volumes du grand-père.
      Car tout cela s'est passé avant qu'une aguichante pomme ne vienne remplacer ceux-ci, en les reléguant à jamais dans des bibliothèques, voire sur de vulgaires étagères de grenier.
 
     En conclusion, cet éventail de dictionnaires volumineux marque comme une étape importante du développement humain de la société dans le courant du XXe siècle. La clarté de la présentation, alliée avec la diversité des articles, ouvrait la connaissance à la classe moyenne. L'instituteur, Emile PARFONRY, se devait de participer à ce mouvement de vulgarisation. Cet article  a servi à illustrer ce que la psychanalyste Claude HALMOS décrit de nos jours  comme une nécessité de " s'inscrire dans une lignée, prolonger une histoire ".

 

Revue pédagogique indépendante, Imp. Lemaire-Moisse, Blégny-Trembleur ;

2 Claude (1854-1924) puis Paul (1881-1951) ;

3  Emile PARFONRY durant toute sa vie n'a jamais été à la Mer du Nord ;

4 Et non le néerlandais car la première refonte fondamentale de l'orthographe pour cette langue ne fut réalisée qu'en 1946;

5 Berkane est une localité de la Province d'Oudja, située dans le Nord-est du Maroc, à proximité de la frontière algérienne. Elle était le siège de l'Office de Mise en Valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), organisme d'état pour lequel j'avais été recruté ;

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 09:37

      Découvert par hasard entre deux feuilles d'un livre qui devait être là depuis plusieurs décennies dans le grenier de la maison familiale à Tamines, un petit mot écrit sur un bout de papier a retrouvé le souvenir de la lumière.

       Contraint pour vente de la maison de devoir effectuer le tri de toutes les choses conservées sur plusieurs générations, c'est en ouvrant de manière inopinée l'un des nombreux livres, qui se soutenaient toujours l'un contre l'autre sur les étagères en bois, qu'une sorte d'aile de papillon blanc crémeux se mit à virevolter dans la lumière traversant la tabatière du grenier.

 

             02

      En le ramassant, je vis avec surprise que ce chiffon de papier était destiné à l'instituteur PARFONRY. Un papa d'élève excusait l'absence de son fils. Il y était écrit, stricto senso, sans en altérer l'orthographe ni la grammaire, le petit mémo suivant :

                 Monsieur Parfonry

                Georges s'est absenter de l'école hier

                à cause qu'il a eu une indigestion

                                     Bien à vous

                         (signé ) Joseph Huens

 

      D'une écriture assez bien assurée, suivant la ligne, comportant une faute de participe, et l'emploi mal approprié d'une locution conjonctive, on se met à penser que ce petit mot aurait pu être compilé dans un livre que s'amusent parfois à publier des enseignants, au terme de leur carrière. L'une de ces dernières trouvailles a pour titre : Quand les parents écrivent aux enseignants. C'est, dans notre cas, probablement, la seule résurgence sur toute la carrière de 37 ans de l'instituteur, entre 1914 et 1950. Les autres livres du grenier n'ont plus délivré d'autres secrets.

       Il restait, afin de pouvoir dater ce morceau de papier, à déterminer à quelle période ce Georges HUENS a été élève à l'école primaire de Beauvechain, au niveau des trois années inférieures, classes de prédilection d'Emile PARFONRY.

      La visite à Beauvechain du 14 juin 2013 allait me permettre de clarifier cette énigme. Etant né en 1913, le papier devait remonter vers 1920. Pendant tout ce temps, soit quelques 80 années, il était resté enfoui entre deux pages d'un livre, ayant résisté à plusieurs déménagements.

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 17:21

       Les découvertes faisant resurgir les histoires de famille ne seraient sans doute pas aussi importantes si l'on ne pouvait compter sur la collaboration de personnes ressources de bonnes volontés. C'est ainsi que j'ai pu entrer en contact avec celui qui gère l'ASBL Saint-Berthuin à Malonne et qui en quelque sorte peut être considéré comme l'une des mémoires les plus actives de l'Ecole Normale de Malonne.

      Cette école est celle où mon grand-père, Emile PARFONRY, a suivi sa formation d'instituteur entre 1910 et 1914. Quatre années, ayant débuté à l'âge de 15 ans, qui lui furent payées, selon les reliquats de la mémoire encore actuelle, par son oncle et parrain, l'horloger - bijoutier de Bruxelles, lui aussi prénommé Emile. 

      Après avoir probablement suivi les trois premières années (moyennes inférieures) quelque part dans les environs du village à Neerheylissem, c'est très probablement grâce à l'appui de cette personne qu'il a pu s'inscrire à l'Ecole Normale de Malonne. Le milieu familial assez pauvre n'aurait pas permis de couvrir les frais de l'internat.

      Diplômé quelques semaines avant le déclenchement de la Première guerre mondiale, cela lui a très certainement évité d'être un combattant de l'Armée belge, reclus durant ces quatre années de guerre dans les tranchées de l'Yser. De cette période, le seul souvenir qu’il avait transmis était le fait de devoir se laver avec de l’eau glacée dans l’évier en hiver. Grâce au concours du responsable de l'ASBL Saint-Berthuin, M. Michel LENOBLE, on vient de retrouver les traces tangibles de son passage à l'Ecole Normale de Malonne, à travers les différents Palmarès de fin d'année scolaire. Conservés dans les Archives de l'école, ses résultats nous sont parvenus tout au long des quatre années d'études.

      Ayant eu successivement 210 pts en première année d'études (1910 - 1911), 206 pts en deuxième (1911 - 1912), 284 pts en troisième (1912 - 1913), il a terminé avec une cotation de 240 pts en quatrième (1913 - 1914). Tous ces résultats sont agrémentés par un Prix d'Honneur (325 pts) pour le premier semestre de la troisième année.

Comparés aux points extrêmes obtenus pour l'ensemble de la classe, à savoir :

1ère année : 210 - 175 pts (45 étudiants) ;

2ème année : 210 - 200 pts (35 étudiants) ; 

3ème année : 300 - 215 pts (34 étudiants) ;

4ème année : 240 - 220 pts (30 étudiants) ;

Prix d'Honneur : 338 - 280 pts (34 étudiants) ;

 

      On peut en conclure qu’Emile devait être un bon élève. Variant entre 100 % et 94.6 % du score obtenu par les meilleurs, ses points reflètent manifestement le sentiment d’un bon niveau scolaire. Sa troisième année, durant laquelle il se retrouve 19ème au premier semestre et 24ème  en final, laisse toutefois apparaître une légère baisse de niveau par rapport aux  résultats de ses première et quatrième années d'étude ou on le retrouve ex aequo à la première place.

      Ses condisciples de promotion en 1914 s'appelaient : Jean Boonen, Octave Cartiaux, Louis Charles, Isidore Claes, Fernand Collart, Fernand Delescaille, Raphaël Devrindt, Louis Divoy, Joseph Doumont, Flavien Gérard, Georges Gesnot, Henri Godfrin, Adelin Grégoire, Edgard Hubin, Jules Jaumain, Aimé Maquestiau, Augustin Michel, Cyrille Mouraux, Joseph Peeters, Dominique Raemaekers, Fernand Servais, René Vanderwhalle, Nestor Van Hassel, Albert Warnier, Emile Monin, Fernand Namurois, Léonard Truyen, Emile Thirot, Jean Satinet.

      Dans le Grand Livre des Pensionnaires, on retrouve les faits en rapport avec la vie scolaire. On y relève  le montant de la pension à l’internat (460 fr.) et le fait qu’il devait disposer d’une bourse. Il ne suivait aucun cours spéciaux à charge des parents (musique, langue, dactylo). Les quelques dépenses trimestrielles se limitaient aux fournitures scolaires (12 à 16 fr), au transport des bagages (2 fr), à la coupe des cheveux (50 cts) et à un régime particulier (3 fr). Aucunes dépenses n'étant affectées à la blanchisserie, on suppose que le renouvellement du linge lui parvenait à travers les bagages.

      Ces dernières données ne permettent donc pas de confirmer l'hypothèse selon laquelle sa scolarité lui a été payée par son parrain. Les dépenses étaient directement adressées à son père Alexis. Autre information intéressante, le numéro d'habitation dans la rue des Charrons à Neerheylissem est le 58 (contre 11 lors du recensement de 1840 et 114 actuellement).

 

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 18:13

             L'objectif de ce blog ne consiste pas nécessairement à rédiger des articles reprenant le résultat des recherches, des découvertes et des analyses de son auteur. Il peut également être utilisé pour transcrire des textes rédigés par d'autres. Diffuser cette mémoire via d'autres canaux, cela me paraît aujourd'hui essentiel.

            Durant l'été 2007, suite à un travail de classement de vieilles photos, je repérai certaines d'entre elles avec mon grand-père en compagnie d'élèves. Elles remontaient à différentes époques de sa carrière d'instituteur. Soucieux d'identifier les endroits, je retournai dans le village de Beauvechain ou il avait exercé ce métier pendant 37 ans. A cette occasion, je rencontrai Thierry BERTRAND dans un des lieux, l'ancienne école du patronage,  ou certaines de ces photos avaient été prises. Rédigeant régulièrement des petits articles pour une revue locale, il m'informa qu'il avait l'intention d'en écrire sur les instituteurs de Beauvechain. En lui promettant que je lui enverrais, non seulement plusieurs photos, mais aussi des renseignements sur la vie de mon grand-père, je m'aperçus que le fruit de mon travail pouvait ainsi être diffusé pour la première fois.

           Nous échangeâmes avec Thierry plusieurs courriers. Conscient qu'il avait pu trouver la source idéale, il me demanda à plusieurs reprises non seulement des compléments d'informations mais également de veiller à la vérification du texte.

           C'est ainsi que je reçus, quelques mois plus tard, le texte publié dans "Le bulletin du Centre Culturel de la vallée de la Néthen - 1er trimestre 2008, n° 155". Il fait partie, à ce jour, d'une série de trois articles sur ces instituteurs de Beauvechain. Je pus ainsi mettre en relation Thierry avec le fils d'un autre instituteur, mon petit-cousin germain Henry, celui qui a été à l'origine de ma motivation (voir article : Petit hommage à ceux qui  ont démarrés). Son père Basile PAESMANS (article n°156 du Bulletin du CCVN), avait épousé Anna la soeur aînée de mon grand-père. Et par la suite, fut publié celui sur Jacques RIGUELLE (article n° 157 du Bulletin du CCVN) dont je fus l'un des élèves dans les années cinquante. Et comme pour donner de la consistance à cette boucle de la vie, Jacques RIGUELLE fut élève chez mon grand-père durant les trois premières années primaires. Pour parachever mon souvenir de ma vie de petit garçon à Beauvechain, il ne reste plus qu'à rédiger ceux sur Marcel GYRE et Anna VERVAEREN, les deux instituteurs que j'ai connu en primaire.

          Comme simple complément de l'article, je mentionnerai le fait qu'il a appartenu à une génération pour qui l'instituteur représentait un personnage essentiel dans la vie et le souvenir des gens. A mon encontre, malgré son grand âge, il n'a cessé de me dicter des messages de vie par des phrases ciblées: Faire et défaire, c'est toujours travailler ; Qui veut peut ! 

          Voici l'article rédigé par Thierry BERTRAND. Outre mes données personnelles, il a consulté également les Registres des délibérations du Conseil Communal de Beauvechain. Il est également l'auteur de plusieurs livres sur Beauvechain
.

N.B. : Afin d' éviter trop de lourdeur au texte, j'ai éliminé les références annotées ainsi que les photos de classe qui feront partie d'un autre article. On peut également s'en référer partiellement aux 3 autres articles de ce blog : Y a t-il une ressemblance ? ; Emile l'horloger; Emile Parfonry l'horloger.

Emile Parfonry et l’école des garçons de Beauvechain

  

1914 - 1950

  

1895 … il y a un an déjà qu’en Belgique le suffrage universel (tempéré il est vrai par un vote encore plural) a été établi… pour quelques années encore nous nous trouvons au 19ème siècle même si de nombreuses prémices annoncent le siècle suivant : la Trip lice (ou Triple Alliance) a été conclue en 1882 annonçant la Triple Entente de 1908 et, au-delà, la Grande Guerre qui ravagera l’Europe et se « mondialisera » …

 

Le 16 mars de cette année 1895 naît à Neerheylissem, rue des Charrons, François, Emile, Antoine Parfonry, fils d’Alexis. Le petit garçon, cadet d’une Anna et d’un frère Henry, grandira sans doute sans problème dans son village natal, lorsque grâce à son parrain Emile, frère de son père, horloger de son état, il aura l’opportunité d’entamer, de poursuivre et de réussir avec fruit des études d’instituteur à l’Ecole Normale de Malonne. Il obtient son diplôme le 1er août 1914.

 

Le 1er octobre 1914, alors que la guerre fait rage depuis le 4 août sur le territoire national, Emile, qui a 19 ans, est engagé comme instituteur à l’école libre adoptée de Beauvechain.

 

Cette école libre des garçons s’était installée, au plus fort de la « Guerre scolaire » (1879-1884), dans les bâtiments de la ferme Decosseaux-Gauthier (aujourd’hui les numéros 19, 21 et 23 de la rue de l’Eglise Saint-Sulpice) depuis 1879, à l’époque où le doyen Jacobs avait loué les bâtiments à leur nouvel acquéreur, l’avocat Jacobs de Louvain. Le premier instituteur sera Eugène Doyen, remplacé en 1888 à sa pension par Nestor Despas, et, au départ de ce dernier en 1892, par Jules Joseph Baudry.  

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En 1913, sous le pastorat de l’abbé Monsieurs une deuxième classe y est ouverte, créant par la même occasion un poste de sous instituteur qui sera occupé brièvement par le dénommé Hubrechts, remplacé à son départ par Marie Jeanne Colette Léontine Loonbeek, institutrice diplômée, née à Tourinnes-la-Grosse et domiciliée à Hamme-Mille (qui avait déjà assuré, en 1907 à La Bruyère, l’intérim de la sous institutrice à l’école communale des filles Marie Brasseur, malade).

 

C’est Mademoiselle Loonbeek qu'Emile Parfonry remplace, en 1914, comme sous- instituteur du chef d’école Jules Joseph Baudry. Ce dernier épousera d’ailleurs la demoiselle en question le 16 novembre suivant et, en sa séance du 17 septembre 1915, le Conseil communal sera amené à examiner la demande de mise à la retraite de Baudry qui l’obtiendra. L’intéressé avait alors 52 ans.

 

La place ainsi laissée vacante va être confiée à Basile Paesmans, qui rentre en fonction comme instituteur de première classe et chef d’école le 1er octobre 1915. Paesmans deviendra le beau-frère de Emile Parfonry en épousant Anna, la sœur de ce dernier, le 26 mai 1917 à Neerheylissem. Il semble bien que les deux instituteurs aient habité la maison de l’école des garçons rue de l’église Saint-Sulpice, séparée de la cour de récréation par un mur.

 

Le 6 mars 1919, Emile Parfonry épouse Julienne, Marie, Joséphine Lancelle, une tirlemontoise d’adoption, fille de Jules Lancelle et Victorienne Guillaume, tous deux originaires de Beauvechain. Le jeune ménage habite du 20 mars au 20 octobre au 25 de la rue des Voyageurs, à Tirlemont. En 1920, leur naîtra un fils : Georges.

 

La même année 1919, un rapport de l'architecte provincial dénonce l'état des locaux scolaires (soit l’école libre adoptée des garçons et l’école des sœurs) qui sont  défectueux, sauf l'habitation des Soeurs qui peut encore être conservée, mais tous les autres bâtiments devront être reconstruits dans un bref délai. Il y a donc lieu d'envisager de construire, mais, pour cela, il faut solliciter des subsides. Or, ceux-ci ne peuvent être octroyés que s'il s'agit d'un terrain communal. La solution que trouvera l'administration, en accord avec l'autorité religieuse, sera de changer purement et simplement de statut l'école adoptée des garçons en lui conférant la qualité d'école communale : les locaux de l'ancienne école adoptée des garçons ne sont plus convenables du point de vue hygiénique. Les locaux de l'école adoptée des filles sont en bon état.

 

Étant donné ce constat, à l’occasion du renouvellement du statut des écoles adoptées, on ne procède donc qu’à celle de l'école des filles. En attendant de trouver une solution pour les locaux, les cours sont malgré tout assurés pour les garçons dans les anciens bâtiments mais les deux instituteurs, Paesmans  et Parfonry, prêtent serment le 7 février 1921 devenant, par là même, instituteurs communaux.

 

Quant au problème des locaux, on évitera la construction.  En 1923 en effet, l'Hospice Nelis de la rue de la Station est fermé: la commission administrative des hospices offre à l'administration communale de Beauvechain, pour servir de locaux scolaires et de logement à deux ménages d'instituteurs, en attendant des temps meilleurs, cet établissement, très bien situé  au centre de la commune.

 

Peu de temps après cependant, Emile Parfonry loue une maison située au n°5 de la rue de la Station puis, en mars 1926, achète à Louis Vancaster le terrain qui se trouve en face et fait construire sa maison qui portera le n°2.

 

En 1938, l'école est à nouveau déplacée : elle retrouve ses locaux d'origine, à la maison communale dans laquelle on a procédé à des travaux à la salle communale réalisée à l'étage, à hauteur du secrétariat avec des travaux complémentaires prévus pour l'aménagement des locaux scolaires. Il n’est sans doute pas sans intérêt de préciser qu’au 1er janvier de cette année 1938, l’instituteur Parfonry dispose d’une rémunération annuelle de 24.000 francs, de 600 francs d’indemnité de résidence et de 50 francs supplémentaires comme prime pour être titulaire d’un diplôme de géomètre.

 

L'école des garçons restera installée sur la place jusqu'à sa disparition définitive en 1976.

 

Par lettre du 31 octobre 1945, Basile Paesmans demande de pouvoir accéder à la pension de retraite et celle-ci lui est accordée en février 1946. Parfonry le remplace comme chef d’école et Marcel Gyre est nommé deuxième instituteur. Trois ans plus tard, en octobre 1949, Parfonry demande son « congé de maladie » et démissionne en avril 1950. Il obtient à son tour d’être admis à la retraite, Marcel Gyre le remplace et Jacques Riguelle est engagé comme deuxième instituteur à titre intérimaire.

 

Parfonry ne reste pas pour autant inactif. Colombophile averti et passionné, il fréquente le café Coismans (ancien Vert Galant) où étaient réalisés les enlogements. Le 12 octobre 1952, il se présente aux élections communales. Elu, il est désigné premier échevin. Sa carrière politique sera cependant de courte durée : frappé par un infarctus, il ne représentera plus sa candidature en décembre 1958. En 1960, il revend sa maison de la rue de la Station et va s’installer chez son fils Georges qui habite à Auvelais puis à Tamines. Il décède le 26 novembre 1987 dans un home pour personnes âgées, rue de Velaines à Tamines. Il est inhumé auprès de son épouse, dans la même localité, au cimetière des Bachères.



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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 20:15

      Voici un petit test destiné à vérifier si l'on peut trouver des éléments de ressemblance au niveau d'une lignée de PARFONRY. Y a t-il des traits de physionomie communs permettant de reconnaître, à travers des photos, le grand-père, le père et le fils ? C'est ce que je suis curieux de détecter en fonction des réponses qui y seront apportées ?

      Voici deux photos de classe de primaire prises à Beauvechain à 2 périodes bien distinctes.


       La première, la plus ancienne, remonte vers 1926. L'école se trouvait à ce moment dans l'hospice Nelis, maintenant abattu, situé dans la rue de la Station. Sur la photo, on y voit le grand - père Emile, instituteur de son état, âgé de 31 ans et son fils Georges, âgé de 6 ans. La deuxième photo, prise en 1956, présente la classe d'une institutrice. Elle a été réalisée dans la cour de l'école actuellement occupée par les locaux de la Maison communale, sur la place du village. On y voit le petit - fils d'Emile, c'est à dire moi - même Roland, âgé de 7 ans.

      Il y a peut être certains détails en comparant les deux  photos qui pourraient orienter les recherches. Les personnes plus proches ayant connu de près la famille sont un peu plus favorisées. Mais ce n'est pas une certitude.

A vos observations !!! J'attend vos réponses en utilisant le commentaire.

      Si Emile, l'instituteur est aisément reconnaissable, ou se cache donc Georges (plus difficile) et Roland ( très difficile) ? Bonne recherche anthropométrique !!!

Photo de classe vers 1926 avec Emile, le grand-père instituteur.
Ou est Georges son fils ?

 



Photo de classe de 1956


Ou est Roland, le petit-fils de l'instituteur et le fils de Georges ?















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