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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 21:54

    Parmi toutes les rencontres effectuées au cours des recherches ayant abouti à rédiger tous ces articles sur ce blog, avant qu'il ne soit finalisé dans un livre, la catégorie de ceux que l'on peut qualifier d'historien de village m'a certainement le plus interpellée. 

    Le plus souvent rencontré au détour d'une promenade, ces personnes m'ont indéniablement apporté les souvenirs  les plus anecdotiques. Ils m'ont fait découvrir une passion dont j'étais loin d'en connaître l'ampleur. Dans chaque village, de nos jours, on découvre ce type de personnage. 

    L'article, ci-dessous, a été rédigé par l'un de ses défenseurs du patrimoine villageois. Interpellé par la plaque de rue Emile PARFONRY, située dans la commune de Hotton, il a décidé de se mettre à la recherche d'informations  sur cette personne. Pour immanquablement atterrir sur ce blog dans lequel on détaille à foison son parcours. Y ajoutant son style de journaliste, on y découvre, sous une dialectique assez différente, un nouvel article se rapportant à Emile PARFONRY. Ce qui en ferait la 21ème référence ayant servi pour diffuser cette saga.

      Pour assouvir la curiosité de ceux et celles qui ne se lassent d'approfondir l'itinéraire de ce militaire dans le Congo de Léopold II et de Henry M. Stanley, voici le texte intégral de l'article destiné à la revue de la commune d'Hotton. Une façon d'attester une nouvelle fois de l'impact toujours vivace de ce patronyme. 

          Emile Parfonry, le militaire explorateur

 Comme bon nombre de résidents de la commune de Hotton, vous êtes passés des dizaines de fois dans cette rue, une des principales de la localité, probablement en vous posant régulièrement la question de qui peut bien être ce fameux Emile Parfonry pour recevoir une rue à son nom. Comme vous, je me la suis régulièrement posée, sans forcément trouver de réponse. Il était donc temps de faire quelques recherches pour l’obtenir.

      Comme tout jeune rédacteur, mon travail commence généralement par une recherche sur le net. En ce qui concerne l’histoire locale, il est souvent très difficile de trouver une information de qualité de cette manière, mais qui ne tente rien… Et bien pour une fois, la chance nous sourit ici ! En effet, un riche blog généalogique consacré à la famille Parfonry nous fourni une intarissable mine d’information au sujet de ce « Pionnier bien de chez nous », comme un récent article dans la revue 36 de Mémoires du Congo et du Ruanda-Urundi le nomme si bien.

      Né en 1857, celui qui deviendra un des premiers pionniers belges au Congo, est en effet originaire de la commune de Hotton. Orphelin dès l’âge de 16 ans, son père Jean Joseph Parfonry, cultivateur à Erezée, décédera lors de l’épidémie de choléra de 1866. Sa mère, Marie Josée Robertfroid, sage femme, le suivra seulement cinq ans plus tard, en 1871. De nature visiblement aventureuse, le jeune Emile décidera de s’engager dans l’armée belge, au sein du Régiment des Carabiniers. A 19 ans, notre prometteur soldat acquiert le grade de caporal, suivi les années suivantes d’une constante escalade lui permettant d’atteindre finalement le grade de sous-lieutenant le 14 juillet 1878.

      Mais qu’est-ce qu’à bien pu accomplir ce jeune sous-lieutenant, qui plus est faisant office lors d’une période relativement paisible de l’histoire belge, pour obtenir qu’une des rues principales de sa localité d’origine porte son nom ? Et bien commençons par citer Henry Morton Stanley, célèbre explorateur dont nous vous parlerons plus tard dans cet article :

      « L’un de mes meilleurs hommes était le Lieutenant Parfonry. Il vécu assez pour démontrer qu’il avait en lui tous les éléments d’un homme grandement estimé pour sa valeur intrinsèque, sa force morale et son infatigable esprit d’entreprise ; et cependant, après avoir été légèrement imprudent un jour sous le soleil brûlant, il nous était enlevé juste quand je commençais à me sentir soulagé de voir nombre d’hommes de valeur se joindre aux standards de l’Association en Afrique. »

      Pour comprendre ces quelques phrases, il faut probablement remettre les choses dans leur contexte historique. Stanley est un célèbre journaliste et explorateur d’origine britannique, ensuite naturalisé américain, à qui on doit une des très célèbres phrases de langue anglaise. En effet, parti à la recherche du non moins célèbre explorateur David Livingstone, passé à la postérité pour ses titanesques explorations à la recherche des sources de Nil, Stanley aurait prononcé les quelques mots Dr Livingstone, I presume lors de leur première rencontre. Cette ligne, passée à la postérité de l’autre côté de la manche, nous donne une bonne idée de l’excellente réputation d’Henry Morton Stanley dans les milieux colonialistes de l’époque.

      Ceci explique probablement, en partie, pourquoi il fut ensuite choisi par le roi Léopold II pour partir paver le chemin de ce qui deviendra l’Etat Indépendant du Congo en 1885. A l’époque, cette région d’Afrique n’est encore vraiment colonisée par aucune nation européenne, même si la France et le Portugal nourrissent de sérieuses ambitions pour ces terres pratiquement inexplorées bordant le fleuve Congo. Conscient de l’enjeu, et visiblement attiré par la possibilité d’étendre son influence hors des frontières réduites de la Belgique, notre second monarque envoie plusieurs missions via l’Agence Internationale Africaine (ou AIA), dont les buts étaient de nature principalement philanthropiques. Stanley, sous contrat de l’Association Internationale du Congo, dépendant alors de l’AIA mais ayant des objectifs ouvertement plus commerciaux, sera alors envoyé par Léopold II dans la région dans le but d’y ouvrir une route commerciale reliant les différents bassins du fleuve Congo, tout en la ponctuant de stations capable d’assurer la logistique d’une telle entreprise.

      C’est dans ce contexte que s’inscrit l’épopée de notre jeune Sous-Lieutenant hottonais. Le 15 août 1882, celui-ci embarque en compagnie d’une poignée d’autres jeunes belges à bord du vapeur Falcon, direction Liverpool, d’où ils embarqueront pour l’Afrique le 19 à bord du Benguela. Pour l’époque, il n’y a pas de plus grande aventure à laquelle un jeune homme de 25 ans peut prendre part. Après plus d’un mois de voyage, notre lieutenant belge met enfin pied à terre à Banana, sur l’embouchure du fleuve Congo, accompagné de plusieurs compagnons de route engagés par le Colonel Strauch, président de l’Agence Internationale Africaine, afin de se joindre à la mission de Stanley.

      Très rapidement, le Sous-Lieutenant Parfonry se verra attribuer de sérieuses responsabilités. Un peu moins de deux mois après son arrivée à Banana, il se voit confier la direction de la station d’Ishangila. Il s’y fera remarquer, si on en croit l’interprétation donnée à certains documents, par la signature d’un tout nouveau type de traités. En effet, plus qu’une vision commerciale, les missions de l’Association Internationale du Congo se sont rapidement avérées avoir également des vues bien plus colonialistes, en s’assurant par des traités signés avec les chefs de tribus locales de la souveraineté de l’AIA dans la région. Commençant par la formule type Après mûr examen, ce nouveau type de traité inauguré par Parfonry insiste alors sur la période de réflexion supposément laissée aux chefs indigènes avant signature.

      La mission ne s’arrête pas là. Le 3 mars 1883, Parfonry se voit confier l’importante tâche de construire une route de plusieurs dizaines de kilomètres au travers des monts de Cristal, afin de continuer à relier les différentes stations alors en cours de création dans la région.. Pour se faire, on lui confie une quarantaine de travailleurs indigènes peu formés au métier de cantonnier. Malgré les nombreux défis engendrés par ces travaux de grande ampleur, il semble, si on se fie au discours élogieux de Stanley, que les travaux avancent bien.

      Dans une région sauvage au climat capricieux, une telle entreprise peut être très périlleuse. Emile Parfonry en fera les frais 21 jours seulement après s’être vu confié son ultime mission. Après s’être, si l’on en croit les différents récits à ce propos, imprudemment exposé au soleil pour inspecter les dégâts apportés au chantier par la dernière tempête, l’explorateur hottonais souffrira d’une insolation, qui, muée en fièvre typhoïde, aura raison du jeune explorateur de 26 ans.

      Ce jeune officier, malgré son très court séjour de sept mois sur le sol de ce qui deviendra en 1885 l’Etat Indépendant du Congo, fera partie des seulement 63 premiers pionniers belges partis à l’exploration de ces terres entre 1879 et la création de ce qui deviendra le Congo Belge. Vu les discours élogieux fournis par les explorateurs l’ayant rencontré à l’époque, dont le célèbre Stanley, il y a fort à penser que sans cette fin prématurée, notre explorateur local aurait encore bien plus fortement marqué de son emprunte cette période clé de l’aventure coloniale belge. Vous comprenez maintenant probablement pourquoi, en 1925, la commune de Hotton décidera de donner le nom d’Emile Parfonry à une des rues principales de la localité.

           Sources 

           - Le Blog de Parfonry : http://parfgeneatoponyme.over-blog.com/.

           - « Un pionnier bien de chez nous », Fernand Hessel. Mémoires du Congo et du Ruanda-Urundi,                                                            revue numéro 36, décembre 2015 ;

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:38

             Arrivé au Congo le 23 septembre 1882, le sous-lieutenant Emile PARFONRY travailla au début à divers relevés géographiques, ayant été détaché un moment en Belgique à l’Institut Cartographique militaire.

            Manifestement, Emile PARFONRY se vit attribuer rapidement des responsabilités. Selon l’interprétation d’une note de bas de page, il aurait été le premier à conclure un nouveau modèle de traité avec les chefs locaux d’Isanghila dès le 15 novembre 1882, soit à peine moins de deux mois après son débarquement à Banana, à l’embouchure du fleuve Congo. Quelques mois plus tard, en mars 1883, il fut nommé responsable de la station d'Isanghila, située sur une partie navigable de l’embouchure du fleuve. Cette station était la seconde après celle de Vivi, et avant celle de Manyanga, à avoir été installée par STANLEY en remontant le fleuve Congo vers l’intérieur. Il est décédé quelques semaines plus tard.

              Cette rapidité au niveau de la responsabilité doit certainement pouvoir être expliquée. C’est ce que l’on va s’efforcer d'analyser, à partir de la note de bas de page extraite d'un livre et reprise ci-dessous.

 

Léopold II et la rivalité franco-anglaise en Afrique, 1882-1884, Jean STENGERS, dans Revue belge de philologie et d’histoire, Vol. 47, fasc. 2, 1969, Fondation universitaire de Belgique

 

p. 449, note de bas de page : ….Les instructions envoyées à Stanley en mars 1882, et répétées au mois de septembre indiquaient nettement ce que devait être cette clause. On avait même élaboré à Bruxelles une formule de traité-type prévoyant cet abandon partiel de souveraineté. C'est la formule dont le dispositif commence par " Après mûr examen,..." et que l'on a retrouvé dans les Papiers Lindner. La première convention que nous connaissions et qui ait été rédigée d’après cette formule est le traité conclu par Parfonry avec les chefs d’Isanghila le 15 novembre 1882. Parfonry avait quitté la Belgique le 15 août, et il n’est pas déraisonnable de penser que c’est à ce moment que l’on avait envoyé au Congo, la formule «  Après mur examen,… »

 

La raison de donner à Emile Parfonry des responsabilités est une conséquence d’un fait survenu deux années plus tôt. Le 10 septembre 1880, à l’initiative de l’explorateur français Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA, fut signé une convention par le roi Makoko, près du Stanley-Pool. Cette convention était rédigée selon le texte repris ci-dessous.

 

            Accord de Makoko (10 septembre 1880)

           Le roi Makoko qui a la souveraineté du pays situé entre les sources et le confluent de la Lefini et Nkuna (Le Pool), ayant ratifié la cession de territoire faite par Ngampey pour l'établissement d'une station française et fait, de plus, cession de son territoire à la France à laquelle il fait cession des droits héréditaires de suprématie : désirant, en signe de cette cession, arborer les couleurs de la France, je lui ai remis un pavillon français, et par le présent document, fait en double et revêtu de son signe et de ma signature, donné acte des mesures qu'il a prises à mon égard, en me considérant comme le représentant du Gouvernement français.

 

     Comparé au premier traité  que Stanley avait fait signer pour installer la première station à Vivi quelques mois plus tôt, il y avait une légère différence de langage. Si à Makoko, on parle de "cession de son territoire à la France", dans le Traité de Vivi (ci-dessous), on ne mentionne que " le Comité d'Etudes du Congo " et " la cession et l'abandon d'un territoire compris entre les limites suivantes ". Manifestement, la portée géographique à Makoko envisageait tout le territoire sous l'autorité du chef local qui était transféré à la France, ce qui n'était pas le cas à Vivi, vu l'objectif initial différent de la mission de Stanley. 

 

The Treaty of Vivi (June 13th, 1880)

            The aforesaid chiefs of the district of Vivi recognise that it is highly desirable that the Comite d'Etudes of the Congo should create and develop in their states establishments calculated to foster commerce and trade, and to assure to the country and it's inhabitants the advantages which are the consequence thereof. With this object they cede and abandon, in full property, to the Comite d'Etudes the territory comprised within the following limits : to the west and north and east the left banks of the river Lulu, and to the south the districts of Kolu and Congo.

 

Autre particularité surprenante, c'est que De BRAZZA n'avait au départ pas d’instructions précises de la part du gouvernement français. Il  finit cependant par convaincre la France de ratifier la convention, ce qui fut fait finalement deux ans plus tard par la publication au Journal Officiel du 30 novembre 1882. La portée de ce traité donnait dès lors autorité de la France sur un tout petit territoire d’une importance stratégique, situé au début de la partie navigable, en rive droite, du fleuve Congo. La ville de Brazzaville a été construite sur ce premier territoire. Cette évolution politique risquait par conséquent de voir la France prendre possession de tout le bassin du Congo mais surtout de son embouchure. L’application de ce traité ne permettait plus à STANLEY de s’installer sur la rive droite du fleuve Congo. N'ayant comme objectif essentiel, celui d'ouvrir un passage à travers les Monts de Cristal (route des cataractes), ce dernier se préoccupait essentiellement de traverser les barrières rocheuses en s'appuyant sur quelques stations intermédiaires. Ce qui lui valut par ailleurs le surnom de " Boula matari - Briseur de roches" suite à l'utilisation massive d'explosifs pour parvenir à ses fins. Le but initial du Roi Léopold II était de constituer ces stations en villes libres tout en respectant l'autonomie des Etats indigènes. Insidieusement, ce premier traité élaboré par l’explorateur DE BRAZZA, permit à la France de poursuivre son œuvre colonisatrice et de constituer un ensemble géographique et politique, sous le vocable d'Afrique Equatoriale française (République du Congo, Gabon, Centre Afrique, Tchad).  

Devant cette crainte de voir la France étendre sa souveraineté le long du bassin du fleuve Congo, le roi Léopold II se vit obliger de revoir l’objectif de son intervention en Afrique. Pour faire face à la menace française, il comprit de suite qu'il ne pouvait opposer simplement le drapeau d'une entreprise commerciale. D’une portée des traités limités initialement aux surfaces des stations supervisées par le Comité d’Etudes du Haut-Congo et destinés à rendre accessible le bassin du Congo pour en apprécier le caractère commercial, il changea aussi bien la formulation des traités que STANLEY faisait signer aux chefs indigènes que la dénomination du cadre d’intervention. Celui-ci devint l’Association Internationale du Congo (A.I.C.), avec un but politique et hégémonique plus affirmé. Le nouveau texte constituait de fait une cession formelle de souveraineté de la part des chefs indigènes sur toutes leurs zones de pouvoir.

Cette ingérence française sur ce côté de l’Afrique ne fut pas appréciée par la Grande Bretagne. Manifestement, des contacts bilatéraux avec l'A.I.C. et le Portugal furent organisés pour contrer cette initiative française. Les Portugais attendaient qu'on leur reconnaisse, il est vrai, le droit de souveraineté sur le Bas-Congo, depuis le débarquement de Diego CAM au XVème siècle. Pour contrer le traité anglo-portugais qui aurait obligé de traverser le territoire portugais pour relier les stations à l'océan, le roi Léopold II conclu un accord avec la France en avril 1884. On y faisait état d'un droit de préférence par lequel l'A.I.C. (et non la Belgique) s'engageait d'une part formellement à ne pas vendre ses possessions à une puissance étrangère et d'autre part de rappeler STANLEY, devenu personna non grata en France, après avoir traité De BRAZZA de va-nu-pieds. De ces joutes diplomatiques, il en résulta d'une part le maintien de l'accès à l'embouchure du fleuve (Banana, Boma) et des 3 stations (Vivi, Isanghila et Manyanga) pour l'A.I.C. et d'autre part l'édification de l'enclave pétrolière de Cabinda qui restera séparée de l'Angola.

Le personnage clef de cette adaptation est le Colonel STRAUCH, qui n’était rien d’autre que le dirigeant mis en place par le roi Léopold II, aussi bien au niveau du Comité d’Etudes du Haut-Congo que de l’A.I.C. Il en résulta, semble t-il,  un changement d’orientation assez rapide dans l’approche de Léopold II. Les nouvelles instructions sont mentionnées par STANLEY en date du 1er novembre 1882.  La formule nouvelle doit prévoir au moins un abandon partiel de souveraineté de la part des chefs indigènes. Et il est fort probable qu'une version de ce nouveau traité, commençant par la formule « Après mûr examen,… », arriva au Congo avec Emile PARFONRY. Manifestement, ce dernier avait reçu des instructions claires de la part du colonel STRAUCH avant de quitter la Belgique.

La nouvelle formulation du traité insistait sur la phase de réflexion qui aurait été donnée aux chefs locaux avant de donner leur accord. Son acceptation ne résultait pas d’une contrainte exercée vis-à-vis des populations locales. Il y avait dans cette approche la reconnaissance de la nécessité d’un dialogue progressif mais surtout la suppression de toute contestation ultérieure. Et c’est sans doute pour ses qualités d’homme de compromis, qu’Emile PARFONRY fut rapidement désigné, après une courte période d’adaptation et d’apprentissage, pour prendre en main le poste d’Isanghila. Ce dernier n’était plus une simple station dépendant du Comité d’Etudes du Haut-Congo mais bien un centre d’extension de la souveraineté de l’Association Internationale du Congo. Isanghila devenait en quelque sorte un test de la nouvelle politique formulée par Léopold II en réponse à la présence de la France sur l’autre rive du fleuve. Le fleuve Congo aurait du servir de frontière mais grâce à la découverte des sources de l’Oubangui et de l'Uele, Stanley put repousser son territoire en y incorporant des zones au Nord de Mbandaka (ex Coquihatville)

  Et l’hommage unanime et intense manifesté par d’autres comme COQUILHAT, le fondateur de l’actuelle Mbandaka, mais surtout par STANLEY lui-même sont manifestement des reconnaissances posthumes quant à l’importance de l’action initiale menée par Emile PARFONRY. Il aura été l’un des premiers maillons qui aura permis de développer la présence de l’Association Internationale du Congo et in fine de créer l'Etat indépendant du Congo.

En intensifiant cette méthode, cette Association aura entre les mains, vers la fin de 1883, plus de mille traités par lesquels les chefs indigènes lui cédaient leurs droits souverains sur l'immense domaine compris dans le bassin du Congo. Grâce à cette nouvelle politique, ce territoire, dénommé Etat indépendant du Congo, fut reconnu, lors de la Conférence de Berlin de 1885 qui régenta le partage de l'Afrique entre les pays colonisateurs, comme la propriété personnelle de Léopold II. Et qui sera finalement transférée à la Belgique en 1908 pour constituer l’Etat du Congo.

 

Quelques définitions complémentaires

Vivi : localité située en bordure du fleuve Congo, à proximité de Matadi ; première station relais créée par STANLEY le 27/09/1879, elle fut la première capitale du Congo du 1/07/1885 au 1/05/1886, avant le transfert à Boma ; c’est  à cet endroit que fut signé, le 13/06/1880, le premier traité de transfert au Comité d’Etudes du Congo ; 

Isanghila : deuxième station relais créée le 21 février 1881, située au début du tronçon navigable entre Matadi et le Stanley-Pool ; 

Manyanga : troisième station relais créée le 1 mars 1881 ; sa situation assurait l’accès du Congo à l’Océan et évitait l’isolement et l’enclavement par les zones françaises de l’AEF d’une part et par l’Angola et l’enclave de Cabinda d’autre part. Le terrain de cette station fut concédé moyennant un tribut mensuel de deux pièces d'étoffe. Cette station fut supprimée en raison de son éloignement de l’axe ferroviaire et remplacée en 1885 par le poste de Luozi, le long du fleuve, à 40 km en aval de Manyanga. C'est dans cette station de Manyanga qu'Emile PARFONRY fut enterré;

Camille COQUILHAT (1853-1891) : officier à l'A.I.C. sous les ordres de Stanley, il est arrivé en même temps qu'Emile Parfonry; a découvert toute la région de l'Equateur; il est entré à l'administration de l'Etat libre du Congo après 1885 pour s'y occuper des affaires indigènes, du service des transports et du recrutement des troupes; de retour en Europe, il est devenu conférencier et écrivain (Sur le Haut-Congo)

Mbandaka : ancien nom COQUILHATVILLE ; chef lieu de la Province de l’Equateur ;                                       

Stanley - Pool : découvert par Stanley le 12/03/1877 lors de son premier séjour, après être remonté le fleuve sur presque toute sa longueur; de nos jours appelé Pool Malebo, c’est un vaste plan d’eau formé sur le fleuve Congo ; il est situé en amont des deux capitales Kinshasa et Brazzaville ; 

Otto LINDNER (1852-1945) : de nationalité allemande, ce fut un collaborateur de Léopold II, chargé de superviser les opérations commerciales au profit du roi ; 

Henri Norton STANLEY (1841-1904) : né au Pays de Galles, naturalisé américain ; après avoir retrouvé l’explorateur Livingstone le 10/11/1871, près du lac Tanganyika, il est le premier européen à remonter le fleuve Congo entre 1874 et 1877 (999 jours) de Zanzibar à Boma ; n’ayant pas obtenu de réponses des Etats-Unis et de l'Angleterre, il est recruté par Léopold II à partir de 1878 ;  

Pierre SAVORGNAN De BRAZZA (1852-1905) : explorateur d'origine italienne, naturalisé français;

Ville libre : cette terminologie découlait d'un emploi fréquent à l'époque du Saint Empire romain germanique ; il s'agissait de villes subordonnées à l'Empereur et non à un Etat ; en 1521, elles étaient au nombre de 86;

Comité d’Etudes du Haut-Congo : société à caractère commercial, créé par Léopold II le 25/11/1878 et principalement financée par le banquier LAMBERT; constituée dans le but de rendre accessible le bassin du Congo, son objectif n'était pas d'établir une colonie belge mais de mettre en communication le Bas et le Haut-Congo, séparé par une série de chutes et de rapides infranchissables, afin d'explorer les possibilités commerciales du Haut-Congo; ce Comité s'efforçait d'obtenir des chefs de tribus riverains des concessions de terrains privilégiées pour les destiner à la culture des terres arables ;

Association Internationale du Congo : créée et financée par Léopold II le 17/11/1879, dissoute en 1885 après la Conférence de Berlin qui avait reconnu l’Etat indépendant du Congo ;

Colonel Maximilien STRAUCH : Secrétaire général du Comité d’Etudes du Haut Congo puis Président de l’Association Internationale du Congo, c’est lui qui négocia l'accord du droit de préférence avec le Ministre français Jules FERRY, puis la reconnaissance des territoires à la Conférence de Berlin ;

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 18:08

Emile, né à Hotton en 1857, plus précisément à Strée chez ses grands-parents, est le fils de Jean Joseph PARFONRY, cultivateur à Erezée et de ROBERTFROID Marie Josée, sage-femme. Après le décès de son père, mort à l’âge de 31 ans lors de l'épidémie de choléra de 1866, sa mère se remaria avec Emile DESIROTTE mais décéda en 1871. Devenu orphelin à l’âge de seize ans, Emile s’engagea dès lors dans l’armée au Régiment des Carabiniers. Il devint successivement caporal le 23/12/1873, sergent le 1/10/1874, sergent - fourrier le 1/18/1875, sergent-major le 10/02/1876, sous-lieutenant le 14/07/1878.  Il a accompagné STANLEY en 1882 dans son expédition qui avait pour objectif de créer un passage en remontant l’escalier des Monts de Cristal, le long du fleuve Congo. Elle était financée par le roi LEOPOLD II, via l’Association Internationale du Congo. Parti d’Anvers le 15 août 1882, sur le vapeur Falcon, en compagnie du lieutenant COQUILHAT, d’AVAERTS, et de BRUNFAUT, il s’embarque pour l’Afrique, le 19 août à Liverpool, à bord du Benguela, steamer de la « British and African navigation Company ». On leur octroie à chacun pour le voyage une somme de cinq cents francs pour subvenir à  leurs dépenses. Le 23 septembre, il débarque à Banana dans l’embouchure du fleuve Congo. Durant son séjour, il travailla notamment à divers relevés géographiques, ayant été détaché un moment en Belgique à l’Institut Cartographique militaire. C’est lui qui aurait été le premier à établir une convention sous une forme plus adaptée avec les chefs d’Isanghila le 15/12/1882.

Il fait partie des quelques soixante trois premiers pionniers belges au Congo, arrivé entre 1879 et juillet 1885 qui ont collaboré directement à l’œuvre de Léopold II, sous l’impulsion de Stanley et consacrée essentiellement à l’occupation du territoire. Nommé responsable de la station d’Isanghila en mars 1883, il est décédé peu de temps après, soit sept mois après son arrivée au Congo. Enterré au cimetière des pionniers à Manyanga dans le Bas-Congo, sa bravoure et son infatigable ardeur au travail furent soulignées dans un paragraphe du livre écrit par l’explorateur mais aussi par COQUILHAT. Par décision du Conseil Communal du 4 novembre 1925, une rue de la commune de Hotton, son lieu de naissance,  lui fut attribuée.

 

Voici ci-dessous, une première série d'extraits de différents documents qui relate des faits en lien avec Emile PARFONRY, le militaire explorateur

 

Extraits de documents sur Emile – Désiré PARFONRY (1857 – 1883)

 

1.    Les Belges au Congo – Notices bibliographiques, Ed JANSSENS et A. CATEAUX, 1908

Le 15 août 1882, vers deux heures de l’après-midi, le vapeur Falcon, de la » General steam navigation Company », quittait Anvers, à la Tête de grue, pour se rendre à Londres. A son bord, le lieutenant Avaert, du 5e de Ligne, le sous-lieutenant Parfonry, du 10e de Ligne, M .Brunfaut, agent comptable, et moi, nous envoyons un dernier adieu à nos amis agitant leurs mouchoirs sur le quai. Le temps était superbe, l’Escaut roulait ses flots jaunes….

Le 19 août, nous nous embarquions à Liverpool à bord du Benguala, steamer de la « British and African navigation Company » ;

 

2.   «  Cinq années au Congo 1879 – 1884 » de Henry N. STANLEY

Un des collaborateurs dont j’ai eu le plus à me louer est le sous-lieutenant PARFONRY. Il vécut assez pour se faire estimer par sa bravoure et son infatigable ardeur au travail. Je commençais à me féliciter de sa présence, quand une imprudence, une seule mit fin à ses jours. Il s’exposa témérairement aux rayons du soleil et mourut peu après.

  

3.   « Biographie coloniale belge » Tome 1

Parfonry s’engagea au Comité d’Etudes du Haut-Congo en 1882. Il partit pour la première fois le 15 août 1882 en compagnie de Coquilhat, Avaert, Brunfaut, Guillaume Vande Velde. ……Parfonry resta à Isanghila…….Stanley annonça à Parfonry qu’il devrait céder son poste d’Isanghila, étant choisi par lui, Stanley, pour continuer le dur travail de la route des caravanes…..il ne disposait que de quarante travailleurs noirs zanzibarites, peu initiés au métier de cantonnier……Néanmoins, Parfonry se mit à l’œuvre et, dès le 6 mars, il dirigeait son escouade de routiers. …….le brave officier n’avait d’autre satisfaction que de recevoir, au passage des caravanes, des nouvelles de ses compatriotes…..Parfonry sortit imprudemment nu-tête de sa tente……Il s’affaissa dans l’eau fangeuse du chemin, frappé d’insolation……..ils trouvèrent le pauvre Parfonry en proie au délire, gesticulant, criant….Le mal se mua en fièvre typhoïde…Le 24, à 9h 30 du soir, Parfonry expirait, sans avoir repris connaissance….Parfonry avait assez vécu pour montrer qu’il y avait en lui des éléments d’une haute valeur morale. Il alliait aux qualités de cœur une bravoure remarquable, une ardeur infatigable au travail.

 

4.            Sur le Haut Congo de C. COQUILHAT, Ed. J. LEBEGUE, Paris, 1888 ;

…Remise en marche, nous nous dirigeons vers Momboukou. Or, voici ce qui est curieux : la route qui avait jusqu’ici une bonne largeur de quatre mètres et un sol bien battu, se réduit subitement à un mètre….. » Ah çà, s’écrie Parfonry, cette route n’est qu’un décor d’opéra-comique, destiné à tromper le voyageur qui ne dépasse pas Vivi »…. nous sommes au bout de cette première étape, dans le village de Lousaala-Kindongo…..Les tentes sont dressées à l’entrée de la localité, et bientôt les trois poules que nous avons achetées en route mijotent dans les marmites. Parfonry est proclamé chef des fourneaux…. Avaert, Parfonry et moi, nous exhibâmes les instructions de Bruxelles, qui nous donnaient Léopoldville comme premier but à atteindre. M. Peschuel répondit. « Je vous laisse libres d'aller ou non au Stanley-Pool mais vous n'y aurez rien à faire, sauf la chasse….M. Parfonry restera à Issanghila pour relever M. Swinburne qui doit rentrer en Europe.

 

5.            Les Belges dans l’Afrique Centrale. Voyages, Aventures et Découvertes de Ch. De MARTRIN - DONOS, 1887

Ces arrivants, débarqués à Banana, peu de temps après le lieutenant Van Gele, faisaient partie d’une phalange d’explorateurs nouveaux, au nombre desquels on comptait : Emile Parfonry, sous-lieutenant au 10ième de ligne ; Emile Brunfaut, voyageur de commerce ; Louis Haneuse, lieutenant au 10ième de ligne ; Alfred Allard, docteur en médecine………

Parfonry et Coquilhat parcoururent cette étape et s’arrêtèrent pour bivouaquer à la nuit tombante ; puis ils reprennent leur marche au petit jour, franchissant les ravins, gravissant les falaises, traversant les villages indigènes amis. Un jour, c’est le soleil brûlant qui les accable ; une soudaine et terrifiante tornada transforme leur route en marais fangeux et glissants. Arrivé à Issanghila, les deux voyageurs se séparent. Parfonry devant séjourner dans cette station en qualité de chef, Coquilhat appelé à Léopoldville, s’embarquait sur le Royal,……

Cette route devait plus tard être établie par les agents de l’Association ; Parfonry, relevé par Avaert dans le commandement de la station d’Issanghila, fut appelé à le commencer dès les premiers jours de mars 1883. ……..Parfonry ne disposait en effet que de quarante travailleurs noirs de Zanzibar, peu initiés ou même étrangers au métier de cantonnier, mais solides…….

Dans l’accomplissement de ses fonctions, le brave sous-lieutenant n’avait d’autres consolations que le travail, et d’autres satisfactions que de recevoir au passage des caravanes des nouvelles de ses compatriotes ……..

Le 12, à sa grande surprise mêlée de contentement, Parfonry voyait s’avancer sur la route de Lutete, Amelot, guidant allègrement, aux doux sons de l’ocarina, une faible caravane de noirs………

Nous serons bons voisins, je l’espère, pendant plusieurs mois, dit Parfonry en prenant congé du marcheur. Ma route avance ; les travaux m’amèneront sous peu aux abords de votre station….Je vous ferai de fréquentes visites, et nous y passerons de douces soirées consacrées aux souvenirs, aux causeries intimes que vous entremêlerez des refrains si chers à la patrie…….Parfonry sortit imprudemment nu-tête de sa tente et courut pour examiner les dégâts………

 

6.            Vingt années de vie africaine : récits de voyages, d’aventures et d’exploration du Congo belge, 1874 - 1893, Alexandre DELCOMMUNE, Ed. Larcier, Bruxelles

p. 144 :…..Après avoir créé Vivi en septembre 1879, espèce de nid d’aigle situé sur l’éperon dominant le fleuve Congo à son extrémité navigable, c’est-à-dire à quelques kilomètres en amont de Matadi et à quelques kilomètres en aval des chutes de Yelada, il installé Isanghila en février 1881, où il laissa Valcke, et Manyanga en mai de la même année, qu’il confia à Harou.

Son objectif était d’atteindre le plus tôt possible Kintamo (Stanley Pool) en compagnie d’un petit vapeur l’En Avant, où il arriva en décembre 1881 et y laissa Braconnier comme chef.

Ce fut en août 1881 que je vis arriver les lieutenants Liévin Vandevelde. En 1882, ce fut le tour de Van Gèle, Coquilhat, Hanssens, Avaert, Parfonry, Grang, Joseph Vandevelde, Haneuse, que j’eus le plaisir de recevoir tous chez moi à leur premier voyage en Afrique.

Comme on le voit, l’année 1882 a vu arriver au Congo l’élite, pour ainsi dire, des officiers belges qui se sont distingués en Afrique dans la période des débuts … 

 

7.            Le Congo. Historique, diplomatique, physique, politique, économique, humanitaire et coloniale, par Albert CHAPAUX, Ed. Ch. Rozez, Bruxelles, 1894

p. 84 : Pendant ce temps, les départs pour l’Afrique se succédaient sans relâche, amenant des nouveaux et courageux pionniers : en mai 1882, le lieutenant Van Gèle s’était rendu au camp de Bonne-Espérance afin d’y attendre le lieutenant Valcke qui était allé engager 250 Zanzibarites pour le service des transports…. Vers la mi-août, les lieutenants d’infanterie Coquilhat et Avaert et le sous-lieutenant Parfonry étaient arrivés au Congo ; le premier rejoignit aussitôt le capitaine Hanssens, le lieutenant Avaert fut chargé de la surveillance des diverses stations du Bas et le sous-lieutenant Parfonry fut adjoint au service des transports, puis attaché à la station de Léopoldville…..

p. 101 : …..le roi Léopold envoyait constamment de nouveaux pionniers pour consolider et parfaire l’œuvre dont Stanley jetait les bases……En septembre 1882, arrivèrent au Congo les lieutenants Avaert, Coquilhat et le sous-lieutenant Parfonry….. La carrière africaine du malheureux Parfonry ne fut pas longue : il paya son tribut à la fièvre, et, quelques jours après, le sous-lieutenant Grang suivait son camarade dans la tombe, mourrant ainsi que lui au poste du devoir….

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 15:04

      Intéressons nous un petit peu à la seule rue qui porte notre patronyme dans le Monde. Elle se situe dans la commune de Hotton, le long de l'Ourthe en Belgique. C'est le lieu d'où sont partis ces trois frères PARFONRY pour découvrir à la fin du 19ème siècle d'autres espaces. Édifiée en hommage au militaire parti en 1882 d'Anvers, à destination du Congo, le nom donné à cette rue est comme un témoignage du lien qui a permit à la Belgique de devenir la seconde puissance industrielle mondiale au début du 20ème siècle.

  

       On reprend ci-dessous quatre photos de la rue, prises du pont sur l'Ourthe, à des moments différents. Les trois premières sont des cartes postales qui se retrouvent régulièrement en vente de nos jours. La dernière est une photo personnelle prise lors d'un séjour dans la région.

      Rien ne semble avoir vraiment changé au cours de ces quelques dizaines d'années. Du pont sur l'Ourthe, d'où sont prises les photos, l'entrée de la rue présente toujours le même aspect. Quelques publicités sont venues s'insinuer pour donner un peu plus de couleurs. Et le restaurant, sur la gauche, s'y est installé en 1951, sans aucun doute pour un certain temps encore. Quant aux autres habitations, elles semblent figées dans la pierre qui les soutient. Et rien ne peut nous indiquer si les voitures en stationnement ont bougé dans l' intervalle. De plus le ciel, en cette journée de juin 2009, n'apportait nullement un peu de luminescence pour rendre la vue plus attrayante.

      Cela ne nous a pas empêché de prendre une collation à cet endroit comme pour venir profiter du nom et soutenir la mémoire qui se trouve sur la plaque.

Vue en 1920

        rue-Parfonry-1920.jpg

Vue en 1950

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Vue au début de l'installation de la brasserie Jacquemart (vers 1952)

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Vue en juin 2009

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 17:11

      Sur le site mentionné ci -dessous, on trouvera retranscrit, sous la plume de COQUILHAT, le voyage d'Emile PARFONRY, parti d'Anvers le 15 août 1882 et arrivé à Banana dans l'embouchure du fleuve Congo le 23 septembre de la même année.

 

      Ces pages décrivent sous une forme assez précise la situation et les activités engendrées dans les différents lieux habités tout au long de ce parcours, le long de la côte atlantique de l'Afrique. Sans être concentré spécifiquement sur le personnage d' Emile PARFONRY (il n'est cité qu'une fois), on comprend, au fil de la lecture, que ce dernier a découvert tous ces endroits et a participé aux différentes rencontres qui y sont mentionnées. Ce furent très certainement, tout au long de cette traversée, les derniers jours paisibles de sa trop courte vie. Emile devait décéder en mars 1883.

      On ne pouvait pas rêver d'un voyage plus exotique à l'époque. Les étapes successives parcourues étaient manifestement des moments de détente et de découverte intenses, pour un jeune homme de 25 ans.  Il est ainsi passé, en descendant parfois à terre, par Madère, la Sénégambie, la Sierra Léone, la baie du Bénin, le Delta du Niger, Old Calabar, l'île de Fernando-Po, la Baie du Biaffra, l'île de Corisco, Libreville avant de passer la ligne de l'Equateur et poursuivre via Cap Lopez, Ogoué, Empando au Gabon, Loango, Pointe-Noire, Landana dans l'enclave de Cabinda avant de descendre définitivement à terre à Banana dans l'embouchure du fleuve Congo.

       En arrivant, il avait dèjà vu et compris ce qu'était l'Afrique à ce moment. Une côte très longue de plusieurs centaines de kilomètres :

                - occupée par des comptoirs (factories) ou se pratiquaient différents commerces pas toujours licites (hévéa et ivoire en priorité),

                      - marquée par les témoignages de l'esclavage, trop récemment interdites pour ne pas en voir les effets,

                      - investie par les missions religieuses soucieuses d'apporter sinon la bonne parole, du moins une certaine éducation,

                      - prisée par différents pays européens s'activant à en contrôler chaque mètre d'estran,

                      - marquée par les risques mortels de maladies ou d'accidents.

       Tout cela a du alimenter les seules connaissances du jeune Emile Parfonry, basées essentiellement sur les directives de celui qui l'avait recruté, le colonel STRAUCH, Président de l'Association Internationale du Congo, organisation chapeautée et financée directement par le roi Léopold II de 1879 à 1885. Et dont l'un des objectifs consistait à fournir des soldats de l'armée belge, afin de venir équilibrer les nombreux aventuriers étrangers recrutés par STANLEY et garantir de ce fait une présence nationale.

      Ce document, s'il ne constitue pas impérativement un apport sur le plan généalogique, apporte néanmoins une vision historique de cette époque et par conséquent permet de renforcer le caractère sociétal, descriptif et éducatif de tout ce qui se rapporte au toponyme que nous portons.

     Voici l'adresse du site reprenant l'aventure maritime de notre militaire - explorateur.

 

http://www.aml-cfwb.be/africa/Coquilhat/CoquilhatI01.pdf

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Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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