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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:29

      Ferdinand, qui apparait de manière aléatoire et épisodique dans ce blog, y devient finalement bien présent. On le croyait peintre occasionnel, moins prolifique que Paul, son supposé neveu (voir les 2 articles : Un autre peintre PARFONRY ; Après Paul, voici une toile de Ferdinand). Deux découvertes récentes tendent à démontrer le contraire. Ferdinand commence à concurrencer Paul au nombre des toiles répertoriées

      La première peinture, intitulée : Scène d'intérieur, a été mise en vente à l'Hôtel des Ventes Mosans à Liège le 21 mars 2013 (lot 163). C'est un tableau de 53 x 40 cm, signé en bas à gauche et daté de 1860. Estimé entre 300 et 500€, sa vente nous a été confirmée à cette occasion. Le décor est manifestement d'inspiration hollandaise du XVIIème siècle. Sur la table, on découvre un jeu de cartes étalé en demi-cercle.

    L'histoire de la seconde peinture est un peu plus surprenante. Elle nous a été signalée récemment, via ce blog,  dans la Province du Québec au Canada. D'une dimension de 40 x 60 cm, elle a été achetée, il y a de cela environ 5 ans, par Gaëtan GARIEPY,  charpentier et menuisier mais aussi récupérateur de beaux objets pouvant s'inscrire dans la décoration de sa maison1. Le problème de l'attribution de cette peinture se posait car la signature était difficilement lisiible2. Nécessitant une restauration, elle est alors passée dans les mains de Carol POULIN, un des restaurateurs d'oeuvre d'art les plus connus, résidant à Saint Agustin de-Desmares au Québec. C'est manifestement à cette occasion, selon Gaëtan GARIEPY, que la signature est apparue en diagonale dans le coin inférieur gauche. Etant difficilement lisible, l'attribution de cette peinture reste toutefois incertaine. Selon Carol POULIN, tout n'est pas très clair sur le nom3.

     Quant au thème représenté, il peut se rapporter éventuellement au tableau "The lecturer of the young page " présenté lors de l'exposition de Dublin en 1865 par ce même Ferdinand PARFONRY. Même si Carol POULIN lui  en donne une autre appelation : L'enfant et l'oiseau.

   Manifestement Ferdinand reste, au même titre que Paul, un peintre toujours présent de nos jours sur le marché de l'art. Sous toute logique, ces deux personnages ont du se rencontrer. Il n'en reste probablement hélas aucune trace.

1 Article journal Le Soleil du 27 juin 2007 ;

2 L'aggrandissement de la partie représentant la signature n'est pas vraiment concluante ;

3 Carol POULIN m' a répondu, ce 2 septembre, en me signalant que son travail est purement technique et qu'il ne s'attarde pas sur l'origine lors des restaurations ; 

Tableau intitulé : Scène d'intérieur

Tableau intitulé : Scène d'intérieur

Autre tableau attribué à Ferdinand PARFONRY

Autre tableau attribué à Ferdinand PARFONRY

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 15:08

      Les recherches généalogiques ne pourraient avancer sans que l'on y insère un minimum de cogitation et de réflexion à partir d'indices. Cette réflexion, si elle ne conduit pas immédiatement sur un résultat, se négocie par à coups, par étapes non nécessairement toujours coordonnées mais plutôt par recoupement de données éparses qu'un simple éveil cathodique ou une pensée furtive fait propulser rapidement comme protocole prioritaire de recherche approfondie. Le temps pluvieux de ces dernières semaines ne fait que favoriser ce foisonnement de pièces d'un puzzle qui n'attendent que d'être étalées.

     C'est ce qui vient d'arriver avec les données rassemblées, parseminées au milieu de nos fiches. Une série de noms de rues vient peut être nous apporter une réponse à l'une des questions essentielles qui ont été posées dans les articles de ce blog :  Qui sont les parents de Ferdinand PARFONRY ?

     Plusieurs noms de communes et de rues sont apparues au cours de nos découvertes. Le temps de la réflexion a du faire son oeuvre avant de mettre en lien ces différents éléments. Voici les indices qui ont permis d'élaborer cette nouvelle supposition sur l'origine de Ferdinand PARFONRY, l'artiste peintre bruxellois.

       1. En 1853, Ferdinand PARFONRY habitait au 20, rue Allard, faub. de Cologne, commune de Schaerbeek ;

       2. En 1871, Ferdinand PARFONRY habitait au 2, Antwerpsecherstraat à Bruxelles ;

       3. En 1877, la dénommée Jeanne LALLEMAND, mère de François-Xavier PARFONRY, décède à 78 ans dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode ;

       4. L'Imprimerie A. LEFEVRE qui a rédigé le faire-part de décès de Jeanne LALLEMAND, est située au 9, rue Saint-Pierre à Bruxelles ;

      Il restait à trouver un lien entre ces noms de rue et ces différentes communes de l'agglomération bruxelloise. C'est ce qui est expliqué à travers la démarche qui suit.

     La rue Allard existe toujours de nos jours aux abords de la gare du Nord. C'est une petite rue piétonne qui débouche dans la rue de Brabant. Par contre, aucun signalement pour l'Antwerpsecherstraat, qui selon toute probabilité doit désormais s'appeler l' Antwerpse steenweg (Chaussée d'Anvers), située également à proximité de la gare du Nord. Quant à la rue Saint-Pierre, elle se positionne aussi aux abords de ce quartier de la gare du Nord.

    Autre rapprochement géographique qui complète la cohérence de toutes ces rues, les communes de Schaerbeek et de Saint-Josse-ten- Noode sont limitrophes l'une de l'autre, à proximité de la Gare du Nord

    In fine, l'ensemble de nos données est situé dans un périmètre exigu et contigu à la gare du Nord.  Rapporté à une recherche d'itinéraire sur Via Michelin, cela nous conduit à parcourir un trajet de quelque 5 km pour relier les différents endroits, comprenant en plus certains détournements résultant de l'existence de nos jours de sens uniques et d'une extension  de la gare du Nord, ayant empiété sur des terrains existant.

      La cohérence entre tous ces lieux est donc réelle. Ferdinand PARFONRY et Jeanne LALLEMAND ont vécu à proximité l'un de l'autre impérativement. Un sérieux lien qui autorise de continuer à souscrire à cette hypothèse déjà formulée précédemment.

      Après la déclaration d'un second enfant mort-né à Anvers en 1937, il est envisageable que Jeanne LALLEMAND se soit dirigée vers Bruxelles y rejoignant probablement une autre branche des LALLEMAND de Neerheylissem. Elle a pu être accompagnée de son fils Ferdinand, lequel a pu naître à Anvers dans l'espace de temps entre la naissance d'Alexis en 1823 et du premier enfant déclaré mort-né à Anvers en 1833. Il n'y a aucune incompatibilité entre ces dates et celles connues sur la vie de Ferdinand. Le bombardement d'Anvers du 27 octobre 1830 par l'armée hollandaise peut expliquer l'absence d'acte de naissance pour Ferdinand. Outre les 85 morts, il a  provoqué un certain nombre de dégats. La première mention de son existence à Bruxelles remonte à 1850. Il pouvait, en fonction de ses données, avoir à ce moment entre 16 et 26 ans, ce qui le situe manifestement dans l'intervalle de l'âge légal lui permettant de signer une pétition en 1850.

      Les analyses effectuées à partir de tous les indices disponibles tendent donc à nous faire admettre que Ferdinand PARFONRY serait l'un des fils de Jeanne LALLEMAND, et en conséquence le frère de François-Xavier né en 1821 et d'Alexis, né en 1823.

     Complétant les informations antérieures relatives au parcours professionnel de Ferdinand et de son père Jean, les pièces du puzzle commencent manifestement à montrer une certaine consistance et cohérence.

    

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:38

       On aurait pu intituler cet article : Du nouveau sur Ferdinand !!. Sans avoir toutefois trouvé une réponse à notre quête sur son origine. Car rien n'a été découvert sur le lien entre ces deux peintres portant le patronyme de PARFONRY. Ainsi, après Paul qui nous est apparu à plusieurs reprises sur des sites de vente, voici que son collègue Ferdinand en fait de même. Et en plus, on ne sait toujours pas si ces deux là sont parents. Vivement que l'un de ces généalogistes amateurs, forcenés de la lecture d'actes illisibles, nous retrouve l'acte de naissance de Ferdinand.

     Voici la peinture intitulée Elégante contemplant la baie, attribuée à Ferdinand PARFONRY, qui a été mise en vente à l'Hôtel de ventes HORTA à Bruxelles en date du 11 octobre 2011. Estimée entre 600 et 800 € et d'une dimension de 50 x 37 cm, son caractère peut nous faire penser à l'attitude de la jeune femme regardant par la fenêtre au niveau de la peinture Triste dimanche de Paul PARFONRY. De quelle baie s'agit-il ? A tout hasard, on peut penser à la baie de Somme ou à l'une des nombreuses baies de Bretagne !! Une impression subtile me laisse croire que l'on est à Venise, peut être à Gênes, en regardant le décor traversant la fenêtre. La belle attend son mari(n) parti en mer ou bien cherche t - elle à fuir par son regard la mélancolie de son existence ?

      Dans les deux cas l'attente semble insupportable. Curieuse attitude convergente qui pourrait cacher un sens commun de l'inquiétude et de l'ennui chez les deux peintres. Vivement qu'on nous dise si Ferdinand est ce frère de François-Xavier, cet oncle de Paul !!

     Ce tableau est en fait le second de ce personnage a se retrouver sur le marché de l'art. Le premier, intitulé Portrait d'enfant au sabre, a ainsi été mis en vente le 10 mars 2002 par MERCIER et Cie, Commissaires priseurs à Lille. Datée de 1849, elle est la référence la plus ancienne de l'existence de ce peintre. Comme on peut cerner sa date de naissance entre 1825 et 1833, en cas de filiation avérée, cette dernière date concorde dans ce cas. Estimée à l'époque entre 1200 et 1400 € et d'une dimension de 45 x 35 cm, elle pourrait cette fois être reliée à la peinture Enfant au rocher de Paul PARFONRY.

     Sans omettre que les deux peintres se sont attaqués à copier une peinture de Rubens, visibles de nos jours dans une église en Belgique.

     Comme si à chaque fois Paul avait trouvé son inspiration dans le travail d'un oncle. Totale utopie ou plaisir de croire à une histoire non vérifiable ?? Dans l'attente d'une confirmation, cet article sera envoyé dans les oubliettes de l'Histoire, comme  les deux articles antérieurs se rapportant à Ferdinand (Un autre peintre PARFONRY ; Et si Ferdinand PARFONRY était des nôtres).

       Messieurs les généalogistes, nous attendons avec impatience le résultat de vos recherches.  Approfondissez cette piste svp !

                                                            Elégante contemplant la baie

 

picture-Fer-Parf.jpg

 

    

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:18

           Il est de nouveau question dans cet article du peintre Ferdinand PARFONRY. Suite à des recherches complémentaires, menées sur  base de la méthode de déduction et de rassemblement d'éléments d'un puzzle, déjà expérimentée par notre détective national, Hercule POIROT, il s'est avéré possible de suivre une piste assez sérieuse.

            Afin de comprendre la démarche, il est conseillé au lecteur de se remémorer les deux articles se rapportant à Ferdinand PARFONRY, à savoir : Un autre peintre PARFONRY - Et si Ferdinand était des nôtres !!!! 

           En reliant les quelques indications émises dans la lettre adressée à Léopold II du 31 janvier 1867 et les photos reprises sur le site de l'Institut royal du patrimoine artistique (IRPA), il est apparu, à notre sagacité, que l'on pouvait espérer retrouver la trace d'une peinture de Ferdinand PARFONRY.

          En premier lieu, dans sa lettre de 1867, Ferdinand rappelle explicitement la visite du futur Léopold II, alors Prince, à la Cathédrale d'Anvers en 1857. Il était à ce moment en train de peindre une toile de RUBENS, intitulée " La descente de Croix ". Et en consultant le site de l'IRPA, on trouve effectivement mention qu'une copie de cette peinture de Rubens, a été réalisée à Anvers entre 1841 et 18601, soit à l'époque de la visite du Prince Léopold. La concordance était manifeste et comme le hasard n'est pas une vertu partagée dans la science de la généalogie, on pouvait émettre l'idée que l'on parlait du même tableau. En complément d'information, il était indiqué que cette peinture se trouvait de nos jours dans l'Eglise Saint Maurice dans le village de Ciplet. Allait-on, après celle de Paul dans l'église de Spy, pour la deuxième fois trouver une copie d'une peinture de RUBENS dans une église et peinte par un PARFONRY ?

         Une visite à Ciplet devenait impérative. Après n'avoir pas reçu d'échos à mes mails de la part de l'administration communale de Braives, dont dépend Ciplet, je me suis rendu, un peu à l'aveugle, dans le village.  Un temps clément  a favorisé mon déplacement. Le fait de parcourir à pied les alentours de l'église, de profiter de l'ambiance apaisante d'un village ne vibrant qu'au rythme des horaires de travail de ses navetteurs,  m'a permis de prendre langage facilement avec les gens. J'ai ainsi pu poser ma question préliminaire  " Comment procéder pour entrer dans l'église, fermée à clef ? " à l'architecte habitant en face de l'église, venu ouvrir sa boîte aux lettres. De là, j'ai été convoyé, presqu'en face, chez Madame WOUTERS, la dame qui en possédait la clef, faisant fonction de gardienne. Une gardienne de la clef uniquement car j'ai ainsi appris que l'église était désormais pratiquement fermée à tout jamais. Avec pourtant, toujours à l'intérieur, excuser du peu, 47 objets d'art répertoriés sur le site de l'IRPA. Sans aucun doute, le nombre inférieur de ses fidèles, ne permet plus d'entretenir les biens du culte.

      Cette brave dame âgée, avec son accent flamand, ne comprenant pas bien ce que je voulais, m'a bien aimablement servie de guide pour pénétrer à l'intérieur. Le reste ne découlait que de mon expérience de chercheur/généalogiste. La situation apparaissait similaire au tableau de Paul dans l'église de Spy. La nécessité de trouver une échelle était donc primordiale. C'est là que je me suis rappelé qu'une échelle, dans une église, se trouvait toujours derrière l'ancien autel, comme me l'avait montré précédemment à Spy le responsable de la Fabrique d'église, Bernard Vandenbulcke.

       Il ne me restait plus qu'à expérimenter mon nouvel appareil photo, super intelligent, qui allait répondre à l'autre question du jour : Y avait-il la signature de Ferdinand sur la peinture, comme celle de Paul que l'on avait distinctement trouvée dans l'église de Spy ? 2

       Et voici comme témoignage et cartes de visite de ma virée à Ciplet, la photo de cette peinture dont l'original a été  décrit dans un article de Théophile GAUTIER, du 29 novembre 1836, intitulé " Les Rubens de la Cathédrale d'Anvers ". Il qualifie ce tableau comme : Le plus beau tableau de Rubens, peut-être le plus beau tableau du monde

                                                  La Descente de Croix , copie du peintre P.P. RUBENS

DSC_0247-copie-1.JPG

       Quant à la signature, la partie la plus énigmatique, voilà ce que l'on a pu en découvrir

DSC 0249

      Comme dans l'Eglise de Spy, on retrouve la notion " d'après RUBENS " mais point de nom de peintre qui la précéde. Espoir déçu de pouvoir donner notre nom à cette peinture, je sortis de l'église, après avoir remis, non sans mal, la lourde échelle derrière l'autel, sous le regard toujours hésitant de Madame WOUTERS. C'est à ce moment, que m'est venue ma troisième question fondamentale " Qui est le responsable de la Fabrique d'Eglise de Ciplet ? " Question toute simple mais qui, dans un lieu pareil et dans le contexte de la Belgique, est la chose élémentaire à découvrir. Toute la gestion des biens religieux relève de cette organisation ancestrale, chargée de veiller à l'administration des biens et des édifices affectés au service du culte.  

       Adresse en main, j'ai ainsi pu rencontrer Emile GRANVILLE, le dernier responsable en date de la Fabrique d'Eglise. Et oui, comme l'église n'est plus opérationnelle, il n'y a plus besoin de prévoir un budget pour l'achat du pain et du vin. Quant à la détérioration de l'infrastructure intérieure, c'est un voeu pieux de dire qu'elle attend un acte de foi, d'espérance et de contri(bu)tion.

       M. GRANVILLE me donna certes quelques informations historiques. La construction de l'église s'est terminée en 1858 et la peinture proviendrait de l'ancienne chapelle. Mais aucun signe quant au nom du peintre. Il a bien rédigé un livre retraçant l'histoire de cette église mais sans y faire allusion à un nom de peintre. J'y ajoutai, sur base de mon expérience, que cette peinture aurait pu être achetée par un personnage important du village. En réponse, M. GRANVILLE me cita quelques noms éloquents pour l'époque : de MARNEFFE, VANESSE, JACQMAIN. Mais sans autres informations permettant d'avancer plus loin. Tout au plus, en bon détective, je peux ajouter que dans le village proche de Trognée,  PARFONDRY Angélique, décédée en 1895, a été mariée avec VANESSE François-Xavier. La généalogie déteste les hasards. Encore convient-il de découvrir l'élément, l'indice qui autoriserait un Procureur à délivrer une autorisation de perquisition. 

      La visite dans l'église de Ciplet s'achevait dans la désillusion et dans la déception. Une belle journée sans lendemain !!! Espérons que la peinture de Ciplet n'ait pas encore dévoilé tout son secret !!

      Malgré tout, ne peut-on continuer d'espérer, en considérant que l'on ne peut y voir qu'un signe postif. Dans le village de Ciplet, une croix commémorative, bien visible et connue de tous, est la marque manifeste qui confère une indéniable cohérence à notre périple. Elle a été élevée sur les lieux du décès accidentel de la Baronne de POTESTA de WALEFFE, victime d'un accident, le 4 septembre 1895, et dont les chevaux s'étaient emportés. Si le hasard n'existe pas en généalogie, pourquoi ne pas y voir la certitude que le destin de la famille PARFONRY transite immanquablement par ce village de Ciplet. L'époux de la baronne accidentée ne serait rien d'autre, selon des généalogistes aguerris, que le lointain descendant du Chevalier Johan de PARFONDRY apparu à la fin du XIIIème siècle.

 

1 Voir site KIK - IRPA, objet n° 10002651, cliché n° M55224

2 Distance entre Ciplet et Spy : 37 km;

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:14

        Ayant obtenu l'autorisation de consulter les archives du Palais Royal, croyant y trouver des informations sur Emile PARFONRY, l'horloger de notre saga familiale, qu' elle ne fut pas ma surprise d'y découvrir une lettre de ce Ferdinand PARFONRY, ce peintre dont il a déjà été fait mention dans un article précédent.

         Dans cette lettre, datée du 31 janvier 1867, envoyée à Léopold II, Ferdinand propose de lui offrir, à l'occasion de son avènement au Trône, qui a eu lieu en 1865, une copie d'une peinture de RUBENS intitulée " La descente de Croix ". Parmi les nombreuses copies de cette peinture, il est confirmé par l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique) que ce modèle a été effectivement réalisé à Anvers entre 1841 et 1860. Cette toile se trouverait de nos jours dans l'église Saint-Maurice dans le village de Ciplet (commune de Braives).
        On ne peut, dans le contexte de l'histoire familiale, ne pas faire le lien avec la peinture de Paul PARFONRY (1857-1920), retrouvée dans l'église de Spy, et qui est aussi une copie d'une autre oeuvre de RUBENS. Les dates de référence indiquent cependant avec certitude qu'il ne s'agit pas de la même personne.
       Les informations collectées antérieurement sur Ferdinand nous avaient appris qu'il avait participé en 1866 à des expositions à Lille et à Bruxelles, organisées sous le patronage successif de Napoléon III et de Léopold II. Reconnu d'origine belge, il y a dans cet aspect manifestement un signal d'un lien possible entre la France et la Belgique.
        Après analyse des dates, il en découle qu'il était en phase de création artistique entre 1857 et 1867. Ferdinand PARFONRY est indéniablement d'une génération antérieure à Paul PARFONRY. Né à Bruxelles, cette indication supplémentaire m'oriente à développer une intuition non totalement fondée. Mais me rappelant cette expression de Victor HUGO " L'intuition est la vigie de la raison ", il existerait un certain nombre d'indices qui me permet " d'oser envisager l'improbable ".


      Il est désormais avéré que Jean PARFONRY et Jeanne LALLEMAND ont eu quatre enfants : François-Xavier en 1821, Alexis en 1823 et deux autres mort-né sans nom en 1834 et 1837. Il est reconnu que ce couple avait quitté Neerheylissem pour Anvers avant la naissance du premier François-Xavier. Si on ne connaît pas avec précision le parcours de Jean, on sait qu'il a résidé à Anvers, en y déclarant notamment les deux derniers enfants, et que son épouse est décédée à Bruxelles en 1877.
        Ayant déjà émis l'hypothèse que ce couple a pu avoir d'autres enfants entre 1823 et 1834, soit sur une période de onze années, et qu'ils restaient à découvrir, " mon intuition raisonnée " me laisse souscrire à l'éventualité que Ferdinand pourrait être un frère de François-Xavier et d'Alexis. La lettre atteste qu'il était à Anvers en 1857, ce qui peut s'avérer en conformité avec la présence de Jean PARFONRY en 1837 et la période de  réalisation de la copie de Rubens à Anvers.

        Seule information non vérifiable, la rue du Camion qui aurait été l'adresse de Ferdinand PARFONRY, puisque mentionnée au bas de sa lettre, n'existe plus de nos jours sur le plan détaillé de Bruxelles.

        Voici le texte intégral de la lettre adressée par Ferdinand PARFONRY au Roi Léopold II, et la réponse négative du Cabinet du Roi, attestant donc que cette lettre a bien été reçue. La forme de présentation des phrases de la lettre de Ferdinand dénote encore un fort sentiment d'allégeance, mêlé d'une emphase certaine, voire d'une exagération dans la terminologie utilisée à l'égard du Roi. On comptabilise ainsi, pour faire référence à Léopold II, plus d'une dizaine de mentions associées à la dynastie sur l'ensemble du texte.  Il est probable que l'on recourait à des écrivains publics habitués à ce type de tournure de phrases. Par contre, la réponse du Cabinet du Roi, effectuée près d'un mois plus tard, est assez brève et ne comporte aucun mots d'encouragement ou de bienveillance. 

                              1. Lettre de Ferdinand PARFONRY à Léopold II
                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 31 janvier 1867

                                                                A sa Majesté Léopold II Roi des Belges

                                      Sire !!!

                                 C'est avec le plus profond respect, que Parfonry, Peintre d'histoire domicilié rue du Camion, 42 a l'honneur de venir rappeler au Souvenir de votre Majesté, qu'en 1857, lorsqu'il était occupé à peindre une descente de Croix dans la Cathédrale d'Anvers, en même temps qu'un de ses Confrères, Français, lequel fut envoyé par Sa Majesté l'Empereur des Français pour prendre une Copie pour Sa Chapelle impériale, il fut assez heureux d'attirer l'attention des regards de bienveillance de l'auguste Prince, aujourd'hui le bien aimé roi des Belges, et protecteur des beaux arts dès sa tendre jeunesse ! ...
                                Il fut assez heureux, enfin d'être félicité de votre Majesté; depuis lors l'idée lui est venue de faire la Copie de la descente de Croix de Rubens et de l'offrir à Votre Majesté à propos de son avènement au Trône; et la Copie vient d'être achevé à présent et l'exposant ose espérer que Votre Majesté daignera y mettre Son attention Royale; et vient supplier Votre Majesté de bien vouloir l'autoriser à soumettre Son Sujet qu'il croît digne de fixer l'attention du Souverain qui a toujours été comme Prince, et comme Roi, le Protecteur des beaux-arts.
                               L'exposant, Sire, attend avec confiance que Votre Majesté daignera accueillir favorablement l'objet de sa demande, et il prie Votre Majesté, de vouloir agréer l'expression de sa reconnaissance, ainsi que l'assurance de son plus profond respect.


                                                             A Votre très humble Serviteur

                                                              Ferdinand PARFONRY


                             2. Réponse du Cabinet du Roi à Ferdinand PARFONRY
                                                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 26 février 1867

                                         Monsieur,

                                    Par lettre du 31 janvier dernier, vous avez demandé de pouvoir transmettre au Roi une copie d'un tableau de Rubens que vous désirez offrir à Sa Majesté.

                                    J'ai l'honneur de vous informer que le Roi n'acceptant jamais aucun tableau lorsqu'il n'y a eu ni commande ni autorisation préalable, votre demande n'est pas susceptible d'être accueillie favorablement.

                                                                             

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 15:55

      Avec une certaine curiosité saupoudrée d'un brin de surprise, je viens de trouver le nom d'un autre artiste peintre PARFONRY. Notre cher Paul ne serait pas l'unique peintre portant ce nom
 

      Son existence la plus ancienne est mentionnée en mars 1856 dans le « Verzeichnis der gemälde der zehnten grossen Ausstellung des Kunstvereins in Bremen « (traduction : Liste des peintures de la dixième grande exposition de l'Association artistique de Brême).


      Se prénommant Ferdinand, sa présence est également repérée lors du " Dublin International Exhibition of Arts and Manufactures " en 1865. Mentionné dans la catégorie " Belgian school ",  il y a présenté quatre oeuvres, intitulées :

           - The lecture of a young page ;
           - The carpenter ;
           - The young gardener ;
           - The musical party ;

      Et l'année suivante, en 1866, on le retrouve à l'occasion de deux expositions. La première, lors de l'Exposition des Beaux-Arts de Lille, organisée sous le patronage de Napoléon III, il présente l'un de ses mêmes tableaux dont le titre est naturellement francisé " La jeune jardinière ". L'ajout de son lieu de naissance, Bruxelles, nous donne une information encore plus capitale. Et à la seconde, l'Exposition générale des Beaux-Arts, organisée à Bruxelles sous le patronage du roi Léopold II, on y trouve une autre toile intitulée " Une orpheline ".

      Il ne peut y avoir manifestement une quelconque similitude avec Paul PARFONRY. Ce dernier est né à Paris en 1857. Paul avait seulement 8 ans au moment de cette exposition en Irlande. La nationalité belge de Ferdinand PARFONRY paraît également indéniable.

      Et pour démontrer de son ancrage bruxellois, il fait partie des quelques trente à quarante signataires d'une pétition des habitants de la ville de Bruxelles de mai 1850, adressée aux présidents et membres du Sénat, appuyant la protestation lancée par les évêques contre le loi d'enseignement moyen, votée à une très grande majorité par la chambre des représentants (Annales parlementaires de Belgique/Session législative de 1849-1850 - Sénat).
 
      Une nouvelle piste qui ne devrait sans doute pas rester sans suite  !!

 

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