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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 15:56

     La notion de souvenir peut avoir plusieurs sens. Celui exprimé dans l'article précédent (voir article : Un souvenir pour faire progresser la science) faisait état de la survivance dans la mémoire d'une sensation, d'une impression, d'un évènement passés (Déf. Larousse). Rien de bien matériel par rapport à l'objet qui rappelle la mémoire de quelqu'un. Cet objet peut être par exemple une lettre. Plusieurs exemples de souvenirs détaillés sur la base d'une lettre ont déjà permis de remonter le temps1. Ce sera encore le cas avec cette lettre retrouvée récemment chez Françoise, l'arrière petite-fille du marbrier.

     Ecrite par François-Xavier PARFONRY, sur du papier reprenant son monogramme FXP, déjà présenté précédemment (voir article : Une petite lettre pour une grande plaque), elle est datée du 10 avril 1897, soit à peine 15 mois avant son décès. Il écrit à son beau-père Jean-François LEDOUX, âgé de 93 ans, qui habite dans la villa Les Buttes de Créteil, chez le marbrier qui s'y est installé depuis 18602. Les éléments qui y sont mentionnés nous apportent des indications sur cette période encore peu connue de sa vie. C'est une heureuse découverte permettant de mieux connaître la personnalité de notre marbrier. L'encre ayant perdu de son intensité, il en a été reproduit le texte écrit de sa main.

Lettre de François-Xavier PARFONRY envoyée de Dax le 10 avril 1897Lettre de François-Xavier PARFONRY envoyée de Dax le 10 avril 1897

Lettre de François-Xavier PARFONRY envoyée de Dax le 10 avril 1897

     Monogramme                                                         Dax 10 Avril 97

        de  FXP

      Votre petite lettre du 5 m'a fait grand plaisir mon Bon papa Doux. J'espère que ces quelques lignes vous trouveront en bonne santé ainsi que les habitants de la rue Jouffroy.

      Ici nous avons un temps affreux qui nous confine à la chambre ce qui n'est pas d'une gaieté folle. C'est à peine si on a le coeur de se rendre à l'établissement pour subir son traitement.

     Enfin, il faut se résigner en espérant du temps meilleur. J'en arriverai demain à ma sixième appliquation et après avoir pendant deux jours subi deux douches car j'alternai d'abord 4 jours d'appliquation et 2 jours de douche et ainsi de suite jusqu'à la fin du mois.

     Vos arbres en fruits sont-ils bien ravagés, et espérer vous quelques fruits ?

     J'aspire a être rentré à Créteil et j'espère que j'y trouverai bien installé Paul et sa smala.

      C'est égal on à peine à croire de faire pareil voyage pour trouver le soleil du midi et n'avoir que pluies vents et tempêtes. C'est une vraie déception.

       Je me trouve très bien dans la maison de M. Gallin. Nous avons deux grandes et belles chambres bien meublées et une bonne cuisine pas chère.

      Vous verrez probablement Gabrielle et Paul dimanche. Vous leur ferai mille et mille amitiés de ma part. J'espère que nos chers bébés vont bien. Il me tarde de les revoir.

     Voilà mon cher Papa tout ce que j'ai à vous dire pour le moment. En vous souhaitant une bonne santé, car je porte un toast à à tous les repas.

      Recevez à nouveau mes sentiments affectueux

 

Agathe se rappelle à                                                (Signature )

votre bon souvenir

    Commentaires sur la lettre3

     François-Xavier est à ce moment en cure à Dax dans le Département des Landes. C'est une station thermale qui avait pris de l'essor à la suite de la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux-Dax-Irun durant le Second Empire. Les vertus des sources thermales de Dax sont réputées soigner les rhumatismes et l'arthrose, des pathologies courantes du grand âge. Rappelons que François-Xavier avait à ce moment 76 ans, ce qui était particulièrement très âgé à l'époque. Selon les informations compulsées, il avait du se dissocier progressivement de ses activités professionnelles de marbrier à partir de 1895. Cette même année 1897, il avait offert des échantillons de marbre d'Algérie et de Corse au Musée des Arts et Métiers (voir article : A Saint-Denis, dans les Réserves des Arts et Métiers - Paris 5), de même qu'une cheminée en marbre au Musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet - Paris 2).

     Sur le plan local, il mentionne, à plusieurs reprises, des conditions météorologiques déplorables à cette période (un temps affreux; pluies, vents et tempêtes; c'est une vraie déception). Ce qui est confirmé par les quelques données météo retrouvées. La température moyenne en France en avril 1897 a été de 6.7°, soit bien inférieure à la norme de 8.4°. Les pluies ont également été fréquentes. On renseigne un orage le 1er avril et une pluviométrie de 32 mm à Biarritz, station la plus proche, pour la journée du 8 avril, très certainement la journée dont il fait référence dans sa lettre en la qualifiant de temps affreux qui nous confine à la chambre. Cette même année, il y a eu de la neige à Paris le 6 avril. Et l'allusion, dans sa lettre, aux arbres à fruits ravagés, probablement mentionnés par son correspondant, est sans conteste la résultante de cette froideur à Paris. Manifestement, FXP espérait trouver du meilleur temps. Il y fait à deux reprises une allusion (ce n'est pas d'une gaité folle; c'est une vraie déception). S'ennuyant un peu, il répond d'ailleurs rapidement à la lettre de son beau-père.

    Cet échange de lettres indique qu'ils étaient toujours restés en contact, bien après le décès de Françoise, survenu assez tôt en janvier 1862. Il lui attribue d'ailleurs le petit nom affectueux de mon Bon papa Doux, pouvant rappeler celui utilisé par son épouse défunte pour appeler son père. Il se peut d'ailleurs qu'il s'agit d'un jeu de mots sur leur patronyme LEDOUX. Peut-être a t-il retrouvé aussi chez ce beau-père une affection paternelle qu'il n'avait pas rencontrée lors de son enfance ?

     FXP demande à son beau-père de saluer les habitants de la rue Jouffroy à Paris (17ème Arndt.). Ou y habitent Paul avec sa famille, logé dans un des appartements de cet immeuble, là où encore aujourd'hui demeure Michel, un autre arrière petit-fils du marbrier. Tout celai dénote manifestement d'un attachement indéfectible du gendre à son beau-père. Jean-François LEDOUX, qui décèdera en 18984 comme FXP, est enterré à Créteil dans le caveau familial. Une nouvelle preuve est ainsi apportée. FXP agit en chef de famille et assure à tous ses proches une protection fournissant logement ou travail. Pour rappel, il a donné du travail dans la marbrerie à son frère Alexis et fournit des services à des personnes proches (voir article : Les inconnus de Créteil sont élucidés). Son fils Paul, sans autre moyen de subsistances que ses peintures, a pu, quant à lui, bénéficier des maisons de la rue Jouffroy et de l'Avenue de Ceinture pour y résider avec sa famille.

     N'ayant pas choisi pour son séjour à Dax l'un des grands hôtels qui se sont construits à l'époque comme Les Baignots, premier établissement thermal de France par son importance et la qualité de ses services, on en déduit que FXP mène un mode de vie économe. Il reconnait néanmoins être bien installé dans la maison de M. GALLIN (je me trouve bien) et disposer d'une bonne cuisine pas chère. Les origines modestes de son enfance à Anvers expliquent sans doute son choix. Il doit se déplacer pour avoir ses applications de boues thermales et de douches térébenthenées qui étaient à l'époque les potions offertes aux curistes. Peut-on espérer retrouver de nos jours cette maison ou a résidé FXP en 1897 ?

     FXP évoque la présence coutumière de son destinataire à Créteil, à la villa de l'Avenue de Ceinture. Il va voir Paul et sa smala, à savoir Gabrielle, son épouse, et les deux bébés que sont Georges et Jean, nés respectivement en 1894 et 1895. Une autre preuve du lien resté proche. L'utilisation du possessif dans l'expression  nos chers bébés place François-Xavier et son beau-père sur une même ligne de filiation paternelle.

    Au bas de la lettre, apparaît le prénom d'Agathe. Qui d'ailleurs se rappelle au bon souvenir du destinataire. Il s'agit en conséquence d'une connaissance commune. Qui est-elle ? Une employée, une amie, une aimée ....!!. Vu que l'on mentionne la présence de deux grandes et belles chambres dans la maison occupée à Dax, on peut raisonnablement convenir qu'il doit s'agir soit d'une gouvernante, d'une infirmière ou d'une cuisinière. 

    Sur le plan du style de la lettre, même s'il est assez simple, on dénote un vocabulaire assez diversifié et des tournures de phrases variables et très bien équilibrées. Indéniablement, une meilleure connaissance de la langue française que celle de l'horloger Emile PARFONRY (voir article : Une lettre de 1930). Une seule faute d'orthographe est relevée à deux reprises dans l'écriture appliquation, confondant manifestement entre le substantif (application) et le verbe (appliquer). Le plus étonnant est probablement l'usage de l'expression  (un toast à à tous les repas). Il s'agit ni plus ni moins d'un mot wallon (vô = vous)5, utilisé couramment encore de nos jours. Cela confirme indéniablement que les deux personnages entretenaient des liens depuis un certain temps, ce qui avait permis à FXP de faire passer des expressions rapportées de sa Belgique natale. Dernière petite remarque, elle concerne sa signature qui ne comporte plus de tréma sur le y. On a déjà relevé précédemment que FXP avait abandonné cette forme depuis de nombreuses années.

    Cette lettre apporte dans sa teneur quelques éléments d'informations complémentaires sur FXP. Elle nous le fait découvrir pour la première fois dans sa sphère privée, familiale. En premier lieu, le lien étroit maintenu avec son beau-père. Ayant pleuré ensemble une fille et épouse disparue très prématurément, ils sont restés solidaires jusque la fin, en mourrant la même année. FXP a du souffrir de rhumatisme à la fin de sa vie, le contraignant à suivre une cure thermale bien loin de Paris. Il reste néanmoins à l'écart des mondanités de la ville de Dax. Contrairement à la lettre expresse décrite précédemment, le style grammatical de celle-ci démontre d'un assez bon niveau, venant compléter ses connaissances dans le dessin. Ce qui lui aura permis de devenir un capitaine d'industrie efficace pour l'époque. Cette lettre confirme le caractère rassembleur du marbrier, aimant s'entourer. Son exil à Dax affecte cependant son moral, aggravé quelque peu par les mauvaises conditions météos et sa santé délicate. 

1 De nombreux articles de ce blog sont basés sur l'existence d'une ou plusieurs lettres découvertes. En voici quelques-unes classées par ordre chronologique, de la plus ancienne à la plus récente :

a. Un décret de Marie-Thérèse d'Autriche; b. Une lettre écrite par Jean en 1839 ; c. L'échec de François-Xavier en Egypte ; d. Une petite lettre pour une grande plaque; e. Hubert-Narcisse devant le conseil de discipline; f. Une lettre de 1930; g. Lettre de voeux d'Espagne ;

2 La villa de Créteil, Avenue de Ceinture, est occupée de nos jours par des Carmélites ;

3 Les commentaires reprennent les éléments apportés par Agnès PARFONRY (mail du 24 novembre 2014) auxquels j'ai associé certaines données complémentaires ;

4 Jean-François LEDOUX est né en 1804. Il est décédé à l'âge de 94 ans ; 

5 Exemples : Vo nel savi nén ? : Vous ne le savez -pas ? ; Si vo jasé un pô wallon : Si vous parlez un peu wallon ;

 

 

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 09:54

    Quoi de plus représentatif du passé qu'une pierre tombale, qu'un caveau, qu'un monument funéraire, qu'un simple monticule de terre surmonté d'une croix annotée ou non. Un lieu où l'on retrouve ses morts pour nous rappeler que nous avons vécu en ce lieu, que nous avons une histoire, que nous poursuivons une lignée. En soi une preuve matérielle de cette mémoire qui est loin de nous reposer, de nous faire rêver. On est vivant quand on se promène dans un cimetière. Le réel, le souvenir proche l'emporte sur la mémoire qui a flanché depuis pas mal de temps. 

    C'est ce réel, ce souvenir proche qui sera le nouvel objectif de l'équipe, une fois évacuées les sentations de découvertes mais aussi d'insatisfaction de la visite du Carmel de l'Avenue de Ceinture à Créteil (voir articles : Un ultime marbre au Carmel - Créteil 1; Le Carmel conserve tous ses mystères - Créteil 2)C'est ce qui s'est sans doute produit quand nous sommes entrés à l'intérieur de ce cimetière de Créteil, haut lieu de la destinée de la famille PARFONRY française. Pour y apercevoir, au milieu de l'allée principale, ce monument funéraire installé par François-Xavier à la suite du décès de son épouse en 1862, âgée d'à peine 28 ans. 

    Et depuis lors, ils y sont presque tous enterrés. On y retrouve ainsi quatre générations de PARFONRY, beau-père et épouses compris. Il y a bien quelques absents, résultant sans doute d'un défaut d'appréciation sur la pérennité de la lignée, envisagée par François-Xavier. Il ne pouvait se douter, au moment de construire ce monument, du potentiel qu'il allait engendrer. Dans sa générosité, il allait aussi mentionner, sur des espèces de rebords externes, deux noms que seule la perspicacité récente fera ressortir de l'oubli (voir article : Les inconnus de Créteil sont élucidés).

Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)
Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)

Le monument sépulcral sous différents angles (credit : Roland PARFONRY)

    Cette sépulture est inscrite dans l'Inventaire général du patrimoine culturel de la ville de Créteil et dans la Base de données Mérimée du Ministère de la Culture. La nature des motifs ornementaux, sa masse imposante mais parfaitement profilée, le fait qu'elle soit surmontée d'un mausolée en marbre en sont indéniablement les paramètres de caractérisation. Mais ce que la description officielle ne mentionne pas1, en est aussi révélateur. A plus y regarder et à comparer avec les autres chapelles funéraires de ce lieu, un indice, un détail fait ressortir ce monument des autres. Avançant dans l'allée, notre regard avait bien remarqué les différentes chapelles funéraires d'anciens illustres bienfaiteurs de Créteil. On avait ainsi côtoyé celle de la famille BORD, cet illustre facteur de pianos, de la famille BOULENGER, un orfèvre renommé, de la famille GAIDELIN, maire de la ville, et de la famille RENAULT, ce voisin avec qui François-Xavier était entré en justice pour une querelle de paons (voir article : Les paons à Créteil ont posé quelques problèmes). Même si tout les quatre sont également inscrits dans l'inventaire général du patrimoine culturel de la ville, une particularité toute visuelle les différencie du monument sépulcral de la famille PARFONRY. Une teinte visible dès l'entrée du cimetière. L'aspect foncé de la pierre contrastait dans ce lieu. Une pierre de lave noire qui dévoilait son caractère ponceux et léger à son toucher, associée à une forme élancée surmontée d'un mausolée en marbre. Manifestement, une nouvelle fois, François-Xavier avait fait preuve d'innovation. On retrouvait dans cette construction le souci de finition, le tracé du dessin, de l'harmonie des formes qui la différencie.

   Restait à trouver l'explication, sinon l'origine de cette pierre de lave. Où avait-il été chercher cette pierre qui n'était pas de celles qui faisaient partie de son inventaire d'utilisation, en particulier dans la liste des échantillons retrouvés dans les réserves du Musée National des Arts et Métiers ? (voir article : A Saint-Denis, dans les Réserves des Arts et Métiers - Paris 5). Même les spécialistes qui avaient pris soin de décrire le monument, avant de l'inscrire dans le patrimoine de Créteil et la base Mérimée, n'avaient pas fournis ce renseignement. Question qui trouva rapidement réponse après quelques clics, toujours assis sur la chaise de Léon.

    La pierre de lave noire utilisée pour le monument fénéraire de Créteil provient, sans trop d'incertitude, du Puy de la Nugère, l'un des volcans de la chaîne des Puys dans le Massif Central. Appelée couramment la Pierre de Volvic, elle fut très utilisée dans les environs de Clermont-Ferrand, notamment pour la construction de la Cathédrale de cette ville au XIIIème siècle. Elle finit par arriver à Paris dans les valises du Comte de CHABROL - VOLVIC, nommé préfet de la Seine en 1812. Son caractère quelque peu austère la confina, au départ, aux bordures des trottoirs et aux plaques de rue dans cette époque des travaux résultant des agrandissements du baron HAUSSMANN. Il faut croire que François-Xavier trouva, dans la nature sombre de cette roche volcanique, une façon d'exprimer sa douleur ressentie suite au décès de sa jeune épouse. Lui, le migrant belge, après avoir souffert et travaillé pour démontrer de sa volonté à prendre sa place dans cette société française, venait d'encaisser un pénible revers. La couleur noire et la résistance de la Pierre de Volvic exprimeraient le deuil qu'il venait de subir. 

    De par sa texture, sa dureté et sa forte inertie aux variations de température, cette roche qui protège l'eau du même nom, se prête admirablement à la taille en grande dimension. François-Xavier venait de construire la villa à Créteil et avait pris la direction, depuis peu,  de  la nouvelle association avec LEMAIRE. Il était donc en plein essor et en pleine confiance sur son avenir. Le décès de son épouse l'éprouva durement. Et en réaction, comme il le démontrera à de nombreuses reprises, il se mit une nouvelle fois à innover dans le choix de la pierre et dans la forme du monument funéraire. Tant la couleur que le modèle se détache de tous les autres édifices funéraires que l'on retrouvent dans ce cimetière. François-Xavier, par la symbolique de ce monument, nous transmet indéniablement le côté artistique et émotionnel de sa personnalité. Complémentaire assurément de sa fonction de chef d'entreprise.

     Après les lettres P Y, incrustées dans la courbure du marbre rouge de l'Avenue de Ceinture, la seconde expédition venait une nouvelle fois de remonter la courbe du temps en terminant son parcours, là où en principe tout s'achève. Des preuves et non des traces de cette transmission qui attestent de l'existence. Ce qui restent une fois que les rêves s'évaporent. C'est pourquoi, il faut veiller à éviter cette dilution pour empêcher que les preuves ne s'envolent elles aussi.

1 voir http://www.actuacity.com/creteil_94000/monuments/

L'équipe soudée prend la pose devant le monument sépulcral . De gauche à droite : Agnès, Your fieldmouse, Françoise et Martine (credit : Michel DEYMIER)

L'équipe soudée prend la pose devant le monument sépulcral . De gauche à droite : Agnès, Your fieldmouse, Françoise et Martine (credit : Michel DEYMIER)

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 16:16

      Une fois l'effet de surprise assimilé, suite à la découverte des deux lettres P Y dans un renfoncement d'un marbre attenant à la petite porte d'entrée du Carmel (voir article : Un dernier marbre au Carmel-Créteil 1), l'heure de notre entrevue avec la Mère prieure se précisait. Nous furent reçus de manière très courtoise par Hélène, responsable de l'économat. Elle nous apparaitra plus tard comme la seule partie bien visible de cet îlot d'invisibilité de l'Avenue de Ceinture. Pareil à ce qui se passe dans un cabinet médical, dans une étude de notaire, nous attendions que notre tour arrive pour, croyais-je encore,  avoir un entretien à bâtons rompus avant de faire la visite des lieux. 

    Pour tout dire, à ce moment, j'avais en mémoire le visage de Soeur Clotilde, le personnage un peu déluré, exhalté, comique qui intervient dans la série des Gendarmes à Saint-Tropez. Mais aussi celui de Soeur Madeleine, cette jeune nonne pleine de vie, avec qui j'avais arpenté les allées du verger de l'Abbaye bénédictine de Keur Guilaye, près de Dakar, dans les années 1980. De ces deux seules rencontres, je m'étais fait, à vrai dire, une idée assez joyeuse du monde des nonettes recluses. 

   Après quelques minutes d'attente, l'équipe, que nous constituions, reçut l'autorisation d'entrer dans une pièce située en face de l'économat.  Quelques chaises nous y attendaient, sans autre mobilier usuel. On se trouvait dans un parloir. Quoi de plus normal me direz-vous dans un endroit pareil et quand on y est préparé. C'est alors qu'est apparue devant moi une sorte d'oeuvre d'art moderne, faite de deux cadres verticaux constitués d'épais barreaux de métal foncé de 3-4 cm d'épaisseur. Pire qu'un parloir en milieu carcéral. Et de l'autre côté, on entrevoyait une forme qui bougeait quelque peu. Comme les deux cadres étaient décalés l'un par rapport à l'autre, la vision nous était tronquée, imaginant une masse de couleur noire avec quelques carrés blancs. Nous avions de fait devant nous Soeur Marie-Claire de la Passion, Mère prieure du Carmel de Créteil. Un tel tableau, me suis-je dit, aurait pu influencer Picasso pour développer son art déformé des visages qu'on appelera le Cubisme.

   Je ne puis dire que la première vision, une fois assimilée, m'ait apaisé et rendu à ma quiétude. Ce serait mentir. Alors que ce mot de liberté est de nos jours fort usité, de quelle liberté était-il question dans ce monde contemplatif ? Parler sans ressentir l'expression des sentiments de son vis-à-vis, sans voir le mouvement de son corps, sans goûter au plaisir  de la parole, sans renifler le parfum de la pièce, avec les sons étouffés par l'épaisseur des barreaux. Je découvrais la réalité mystique et ésotérique d'un Carmel.

     

Vue arrière de la villa de Créteil avec la colonne de marbre (début XXème et 2013)
Vue arrière de la villa de Créteil avec la colonne de marbre (début XXème et 2013)
Vue arrière de la villa de Créteil avec la colonne de marbre (début XXème et 2013)

Vue arrière de la villa de Créteil avec la colonne de marbre (début XXème et 2013)

     La Mère prieure, bienheureuse de nous entrevoir, commença par souligner combien il est important de refaire l'histoire d'une famille, de retrouver ses racines. Et manifestement contente de pouvoir désormais expliquer l'origine de l'architecture particulière de la maison (voir article : La villa flamande de Créteil). Agnès s'était donnée, il est vrai, un mal de chien pour lui présenter sur deux pages l'intérêt de notre démarche. Soulignant également les efforts entrepris par sa Communauté pour assurer son entretien. Inscrite dans la liste du patrimoine à préserver de la commune de Créteil, cette villa est évidemment assez dispendieuse pour la maintenir en état. Ce qu'apparemment, et vu de l'extérieur, s'est attelé ce Carmel. Si la cheminée a été rabattue, sans doute pour éviter la chute de briques, le ravalement de la façade a été effectué il y a deux années. L'oeil aguerri de Michel constata cependant que les trois ancres qui avaient servi à maintenir la structure autour de la cheminée n'étaient plus en place. Il serait évidemment trop optimiste d'espérer percer le mystère de leurs suppressions. 

       Point question évidemment de nous permettre de passer outre de ce parloir, au risque de rencontrer l'une ou l'autre des 17 soeurs de cette communauté entièrement dévouée à la prière. Devant nous contenter de la description qui en sera faite. On apprendra ainsi qu'un atelier de reliure était installé au 1er étage dans une pièce très claire pourvue de 6 fenêtres. Sans doute l'atelier de peinture de Paul lorsqu'il s'est installé dans cette villa. Les différents étages sont accessibles par un escalier en colimaçon en bois serpentant dans la tourelle que l'on peut voir de l'extérieur. Aucun marbre ne nous a été signalé, ce qui est évidemment surprenant. Seule, la colonne à l'extérieur, que l'on aperçoit sur une ancienne photo, est toujours en place. D'ou provient - elle ? Probablement importée d'un site de fouille (Grêce, Egypte !!) et installée à Créteil par le marbrier.  

    Un dernier détail intéressant nous sera livré avant de quitter le parloir. L'existence de carrières anciennes dans la région de Créteil, comme il en existe des milliers sous la ville de Paris, a laissé comme vestiges la présence de souterrains à certains endroits. L'un d'eux permettait la liaison avec l'extérieur. Il a du être comblé à un moment par les soins du Carmel afin d'éviter toute visite inapropriée, mettant en péril la quiétude et l'isolement de ce lieu. Seul, le Service Technique des Carrières de Paris est autorisé chaque année à passer une inspection pour en évaluer les risques d'effondrement. 

   Dernière petite information, cette villa a été rebaptisée par cette communauté religieuse. Elle s'appelle désormais Nazareth. Ville israélienne d'ou seraient originaires Joseph et Marie, personne parmi nous n'a pensé a demander l'explication de ce choix. Le dogme préservé dans le Prieuré de Sion, qui constitue la trame du Da Vinci Code, serait-il ici de même nature ? Mais plus prosaïquement, le terme "Ancienne propriété Parfonry " qui se perpétuait dans la mémoire de Créteil, ne pouvait être approprié avec une telle occupation des lieux. Un nouveau nom de baptème fut décidé comme choix du nouveau code d'honneur appliqué dans l'enceinte. Heureusement, il nous reste les deux lettres P Y gravées dans le marbre à l'entrée. Ce sera notre secret pour attester que l'histoire familiale s'est prolongée depuis lors non par le Saint-Esprit mais bien par la Vie et dans un esprit sain.

   Laissons le Carmel dans son silence. Bien des questions restent à la suite de cette visite. Pas de photos d'intérieur. Pas de documents anciens. Pour percer finalement tous ces mystères du Carmel, il ne nous reste plus qu'à nous infiltrer dans l'une des équipes du Service des Carrières de Paris, à l'occasion de l'une de leurs visites annuelles de contrôle. Da Vinci Code n'avait pas prévu cette éventualité !!!!. 

PS : Il est de mon recours de dire que la lecture de cet article doit être envisagée dans le seul contexte de la liberté de penser et d'expression. Tout en m'appropriant l'entiereté de son contenu, il va de soi que je n'ai pas outrepassé, au travers de l'humour et de l'anecdote, le cadre informatif, instructif  et malgré tout ludique lié à cette recherche sur la famille. 

Nous avions été très touchés par l'appel téléphonique préalable de la Mère prieure qui a accepté de nous rencontrer. Déçu néanmoins d'être si proche d'une  preuve du parcours familial, nous imaginons désormais la vie de cet aïeul immigré belge, figurant parmi les bienfaiteurs de Créteil. Pour remercier le Carmel d'entretenir cette maison, certains d'entre nous ont apporté des dons à l'occasion de cette visite. Nous sommes convaincus, par ailleurs, que le contenu de cet article s'avèrera intéressant pour s'intégrer dans l'histoire de ce Carmel. Si aucune suite ne peut étre envisagée, il nous restera des traces et non des preuves. Seules les traces font rêver nous a dit le poète René CHAR. En somme, nous sommes devenus des bienheureux, ayant pu profiter de cette rencontre. 

Photo 1 :Françoise et Agnès devant le grillage d'entrée de la chapelle du Carmel Sainte-Thérèse. Photo 2 : Vue sur la villa prise de l'Avenue de Ceinture
Photo 1 :Françoise et Agnès devant le grillage d'entrée de la chapelle du Carmel Sainte-Thérèse. Photo 2 : Vue sur la villa prise de l'Avenue de Ceinture

Photo 1 :Françoise et Agnès devant le grillage d'entrée de la chapelle du Carmel Sainte-Thérèse. Photo 2 : Vue sur la villa prise de l'Avenue de Ceinture

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 18:19

       Récemment retrouvée, la villa de Créteil, construite par François-Xavier PARFONRY en 1860, a déjà été présentée (voir article : La villa flamande de Créteil). Par la découverte, plus récente, des documents en rapport avec la succession, il est relaté que la propriété s'étendait sur 58 ares 96 ca. Outre une maison de jardinier, une écurie, un jardin, un parc boisé, cette propriété s'orchestrait autour d'une  maison d'habitation constituée d'un rez-de-chaussée et de trois étages. Disposant de nombreuses pièces, d'une salle de billard, l'élément le plus innovant relève sans aucun doute dans l'existence d'un calorifère dans les caves, remplaçant le classique foyer de cheminée. François-Xavier, dont la fortune provenait, pour une bonne part, de la production de cheminées en marbre pour les beaux immeubles haussmanniens, n'avait pas reculé devant ce tout nouveau mode de chauffage et de distribution de la chaleur. Témoignage de la modernité, de l'innovation, ayant caractérisé la vie de ce personnage.

      Vendue peu après le décès de son fils Paul, par la veuve de ce dernier, en 1921, cette propriété a subi plusieurs affectations. Achetée par un certain Louis Victor CHEVALLIER, architecte, elle a abouti de nos jours à être occupée par le Carmel Sainte-Thérèse. Ce qui n'a pas été probablement la meilleure initiative pour assurer la persistance des lieux dans son environnement initial. Installé à Natoye en Belgique en 1901, le Carmel avait fui en cela les vicissitudes de la loi française de cette même année1, contraignante pour les congrégations religieuses. Exilée volontairement comme de nombreuses autres pour échapper à une plus grande transparence, ce fut en définitive un exil fiscal vers la Belgique avant la lettre2.  Mais quelle mouche a piqué ce Carmel de revenir s'installer à Créteil en 1920 dans la rue du Moulin ? Pour finalement en arriver à venir squatter en 1949 la propriété de François-Xavier dans l' Avenue de Ceinture. En peu de temps, une bonne partie du jardin et du parc boisé ont fait place à des constructions destinées à la prière et au recueillement, indispensables pour la quiétude de cet Ordre religieux contemplatif. Comme si le calme d'une promenade dans un sous-bois et les odeurs d'un panel de fleurs ne pouvaient pas fournir un résultat similaire. Une chapelle, un cloitre avec son pré carré d'espace vert ont empiété largement sur le domaine initial. 

      Une configuration nouvelle s'appropriait l'espace du domaine. Ce qui ne nous a pas empêché de reformer la même mission exploratoiree que celle menée dans les murs de Paris en août 2013 (voir articles : Paris 1 à 6). Il fut décidé de retenter l'expérience. Les deux Parfonry, fact house, toujours accompagnés de leur conjoint, reçurent en plus l'appui de Françoise, l'ainée, la parisienne. Tous les cinq se mirent à rêver, quelques 95 années après s'en être éloigné, de pénétrer dans l'enceinte cloîtrée de ce lieu. Et l'approche permit de comprendre précisément l'origine de cet adjectif. Plusieurs tentatives s'avérèrent en effet nécessaires avant d'obtenir un rendez-vous avec la Mère Prieure. Qui fit la sourde oreille avant de réagir à la rédaction, par Agnès, d'une lettre rassemblant le maximum d'informations sur l'historique de cette maison. Ce qui eut comme résultat de provoquer le ressac espéré. Agnès reçut, la veille au soir de son départ, un appel téléphonique de la Mère Prieure, lui fixant un rendez-vous au Carmel pour le lundi 15 décembre à 12 heures 30. Il n'y avait plus qu'à obtempérer. L'ouverture divine tant escomptée avait été transmise à temps en empreintant une voie moderne de communication. Oufti, qu'allait-on y découvrir !!!

Plan des nouvelles constructions du Carmel Sainte-Thérèse de Créteil (La villa située à droite, n'est pas reprise sur cette photo)

Plan des nouvelles constructions du Carmel Sainte-Thérèse de Créteil (La villa située à droite, n'est pas reprise sur cette photo)

      La propriété est toujours entourée, semble t-il, de son mur en pierres d'origine. Par son regard perçant de bibliothécaire, habituée à fouiller dans la pénombre des catacombes des archives, Agnès remarqua de suite l'objet qui permettait de faire le lien avec François-Xavier. Encastrées dans la pierre, indissociable de cet endroit, la petite porte d'entrée donnant accès à la villa, est entourée de deux pièces en marbre griotte rouge (de Belgique !!). Etonnantes, ces deux plaques de marbre percées d'un demi-ballon et fixées à ce repaire de nonettes. Probablement jouant un rôle de support à une manette reliée à un câble qui aurait actionné une sonnette3. Le plus remarquable restait cependant à découvrir. Au fond de la partie incurvée, apparaissent encore très lisiblement les lettres P Y. On ne pouvait avoir une meilleure preuve pour attester d'un lien avec le premier locataire du lieu. P Y, deux lettres sans contrefaçon évidemment pour PARFONRY. Plus subtil et plus clairvoyant que la cheminée retrouvée au musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet, Paris 2), ce sigle nous était visible, tel la découverte du secret d'une chasse aux trésors. Une sorte de Da Vinci Code qui avait conduit les alter ego du Professeur Robert LANGDON et de la cryptologue Sophie NEVEU à suivre une piste qui les aura au final emmenée à une organisation religieuse. Le Carmel Sainte-Thérèse serait-il, dans ce cas, une sorte de Prieuré de Sion, détenteur d'un secret capable de détruire un dogme !!!. Y a -t-il un mystère qui se cache derrière le mur du Carmel ? A suivre ........

 

Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)
Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)

Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)

1  La loi française de 1901 est une loi fixant le droit des associations et liant la liberté d'enseignement des congrégations religieuses à une plus grande transparence sur les recettes et la nécessité de disposer d'un compte financier annuel ; ce qui provoqua un exode en particulier vers la Belgique ;

2 A l'origine, installé rue de Grenelle à Paris, le Carmel Sainte-Thérèse a accueilli à plusieurs reprises des membres de la famille royale jusque la Révolution ;

3 dixit Patrick, le Mac GYVER familial ;

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 16:22

     Sur le site des Collections du Musée d'Orsay (numéro d'inventaire PHO 1996 5564), on y découvre une photo sur papier albuminé (H : 18 cm ; L : 21,5 cm) représentant un revêtement de cheminée en marbre. Au verso, imprimé au tampon et à l'encre noire, il y est mentionné : Marbrerie PARFONRY sculpture, 62 rue Saint-Sabin Paris n° 119 A. La photo est datée vers 1870.

      Une simple photo qui atteste une nouvelle fois que ce marbrier fait bien partie de la liste de ceux qui ont laissé une trace indélébile de leur savoir-faire. Outre cette confirmation, déjà mentionnée à plusieurs reprises dans ce blog, le commentaire attenant nous apporte une information nouvelle, pouvant s'avérer essentielle. Comme tous les objets inclus dans un inventaire de musée, l'origine de cette photo est précisé. On y apprend qu'elle appartenait au départ au Fonds Alphonse GOSSET1. Faisant partie ensuite de la collection d'un certain Serge GOSSET, ce dernier en a fait un don manuelà l'Etat français en 1986. Il s'en suivra en 1996 une inscription sur l'inventaire photographique du Musée d'Orsay3.

Photo d'un revêtement de cheminée du marbrier FX PARFONRY (credit : Musée d'Orsay)

Photo d'un revêtement de cheminée du marbrier FX PARFONRY (credit : Musée d'Orsay)

      Si le sujet de la photo n'apporte en soi que peu de nouveaux éléments d'information, si ce n'est celui de découvrir un nouveau modèle de cheminée, la mention de GOSSET en est tout autre. Ce nom a déjà été mentionné précédemment, en relation avec Paul PARFONRY, le fils du marbrier (voir article : Paul Parfonry, l'artiste peintre).

      Sur une feuille trouvée dans la propriété de Briou du Lude, il était apparu l'une des toiles du peintre, intitulée Une tasse de thé. Et il était justement fait mention que cette peinture était la propriété de la famille GOSSET. Et sur une carte postale, à caractère publicitaire, représentant ce même tableau, et faisant partie de la collection du Museo de Historia de Madrid, on pouvait lire au dos de la carte Cigarettes St Michel, Gosset - Bruxelles (voir article : Une tasse de thé de Paul à Madrid).

     A deux reprises, ce nom GOSSET était donc déjà apparu au travers de l'histoire familiale. Cette nouvelle découverte ne peut que renforcer non seulement le lien mais aussi notre curiosité. La famille GOSSET a bel et bien été en relation avec la famille PARFONRY à une certaine époque.

     Petit rappel de ce qui est connu sur cette relation. L'histoire des GOSSET commence avec Félicien GOSSET (1844, Arbre - 1920, Bruxelles), installé à Spy, avant de créer à Bruxelles en 1885, une usine de fabrication de cigarettes, les marques Saint-Michel et Zéphyr, bien connues de tout belge d'un certain âge4. L'apparition de la localité de Spy n'était pas si anodine en soi, suite à la découverte d'un grand tableau religieux de Paul PARFONRY dans l'église de cette même localité (voir article : Signature authentifiée à Spy). L'histoire récente de cette famille GOSSET, suite à la dilapidation de l'héritage familial dans les années 1990, et la mort de Roger GOSSET en 1991, le petit-fils de Félicien (voir article : Paul Parfonry, l'artiste peintre), nous avait convaincu de la difficulté de retrouver des traces de nos jours permettant de nous expliquer l'origine de cette liaison entre les deux familles.

     Alphonse GOSSET (1835, Reims-1914, Reims), dont il est question ici, est un grand architecte ayant vécu à Reims, auteur de la plupart des monuments de cette ville (Opéra, bâtiments Champagne Pommery, nombreux hôtels particuliers, châteaux,....). Il a constitué une importante documentation rassemblant des photographies réalisées entre 1860 et 1900, dans le but de nourrir sa pratique d'architecte. Rassemblée, cette collection fut bien transmise au Musée d'Orsay en 1986. Il a également collaboré à l'Encyclopédie d'architecture, entre 1882 et 1888, au même titre que d'autres architectes français, tels Charles NORMAND et Paul SEDILLE, que l'on retrouvent en certaines occasions au contact des PARFONRY (voir articles : Paulo, pas si barbouilleur que çà !! ; Le vase du marbrier a bien existé au Palais royal à Bruxelles). Son fils Pol (1881-1953) est devenu également architecte.

     Quel lien peut-il exister entre ces GOSSET de Reims (Alphonse et son fils Pol) et la famille GOSSET (Félicien et son petit-fils Roger) en Belgique ? Qui est ce Serge GOSSET, auteur de la donation au Musée d'Orsay ? Autant de questions à résoudre. 

  1986, l'année de donation du Fonds Alphonse GOSSET, correspond en fait à l'année d'inauguration du Musée d'Orsay, considéré comme le Musée des Arts du XIXème siècle5. Même s'il existerait 11 personnages au nom de Serge GOSSET en France, la solution d'une partie de l'énigme semble avoir été trouvée au-travers de Généanet6. Serge GOSSET serait en fait un lointain cousin de Roger GOSSET. Albert (1878, Spy - 1946, Forest), le grand-père de Serge, et Camille (1887, Bruxelles-1958, Woluwe St Lambert), le père de Roger, sont deux des fils de Félicien, celui qui est à l'origine des cigarettes Saint Michel et Zéphyr.

      Quant au lien pouvant exister entre les GOSSET de Reims et la famille GOSSET en Belgique, rien n'est précisé dans les arbres généalogiques parcourus. Ce qui ne clarifie non plus le lien entre Alphonse et Serge. On ne peut croire qu'il n'y ait aucun lien de parenté pour autoriser ce transfert au Musée d'Orsay. D'autant que l'on identifie une avenue Alphonse GOSSET dans la commune de Dilbeek, près de Bruxelles, en Belgique. Qui est donc cet Alphonse, célèbre architecte de Reims,  par rapport à Félicien, le fondateur des Tabacs GOSSET à Bruxelles ? C'est ce que l'on appelle " tourner en rond " sans pouvoir disposer de la clef pour en sortir. Et donc de ne pouvoir toujours pas mieux comprendre le lien entre les familles GOSSET et PARFONRY. A moins de trouver la mémoire vive qui puisse nous extraire du cercle !!

1 Le Fonds Alphonse GOSSET comprend une importante documentation personnelle constituée de journaux, dessins, notes diverses, d'estampes et de photographies ;

2 PASQUIER Julie (2013): Adaptation constante de l'indexation de l'image à l'ère numérique : le cas de l'agence photographique de la RMN-GP, Mémoire présenté à l'Université de Bordeaux III, IUT Michel Montaigne ;

3  www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/.... , fiche oeuvre : n°86272 ;

4 Du moins pour ceux qui ont survécu à leurs nocivités (tabac brun sans filtre) ;

5 Le Musée d'Orsay possède la plus importante collection des oeuvres impressionnistes au monde ;

6 Arbre généalogique d'Elise GOSSET ;

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 19:57

       Il y eut les peintres de Barbizon, ceux de Pont-Aven mais aussi de Crozant. C'est cependant d'un autre endroit que l'on s'en réfère pour parler de l'apparition de la peinture moderne. En 1869, Claude MONET et Auguste RENOIR transposèrent sur leurs toiles les lumières de l'île de la Grenouillère, au milieu de la Seine, en face de Croissy, localité des Yvelines située à l'ouest de Paris. L'impressionnisme était né. La carotte, principale culture maraîchère de ce coin, ne résista pas à cet envahissement. Le développement du canotage1 et la guinguette La Grenouillère n'étaient pas étrangers à cette frénésie qui fut l'une des caractéristiques de cette période qui suivra la défaite contre la Prusse. L'écrivain Guy de MAUPASSANT fut parmi ceux qui y séjournèrent, y qualifiant d'ailleurs de truculente l'atmosphère autour de La Grenouillère.

    Toute cette animation, cette création artistique ne pouvait qu'attirer ceux qui avaient assez d'argent pour s'extraire des murs de Paris. A Croissy, ils furent nombreux ceux qui résidèrent dans de belles villas construites à partir du Second Empire. Banquiers, professions libérales, écrivains et artistes s'y installèrent. Les grands domaines de l'Ancien Régime2 commencèrent à se morceller pour faire place à de belles demeures bourgeoises. C'est dans ce contexte que l'on retrouve notre marbrier François-Xavier PARFONRY, associé à ce moment aux frères HUVE. Auréolé de ses médailles obtenues aux Expositions Universelles (Philadelphie en 1876, Paris en 1878 et Melbourne en 1880)3, il trouvera l'opportunité de s'extraire des beaux immeubles haussmanniens pour venir côtoyer un nouveau style d'architecture et de loisirs. Ses aptitudes à l'innovation et son esprit d'entreprise ont du l'attirer dans ce nouveau cadre. Les recherches ont permis, à ce jour, de le retrouver à deux reprises en bordure de la Seine.

     Un premier travail fut réalisé à Chatou, juste à côté de Croissy, dans l'Avenue de Brimont. Il s'agit d'une belle villa, livrée le 1er juillet 1881, d'un coût total de 625 100 frs. et pour laquelle les travaux de marbrerie atteindront  8 200 frs. Il y sera fait usage de la Pierre d'Euville et du Banc-royal de Saint-Vaast4. S'agit - il de la villa cossue, qualifiée du Second Empire, reprise ci-dessous ? 

      Un second travail sera effectué dans la maison de campagne construite, vers 1886, par un certain Raoul TOCHE au 15 de la rue Charles Bémont, à Croissy. De style anglo-normand, comme de nombreuses maisons à l'époque, les travaux de marbrerie s'élèveront à un montant de 1500 frs. pour un total de 87 763 frs.pour l'ensemble des travaux5. D'un coût largement moins important que la précédente, la photo ci-dessous de cette maison, nous présente néanmoins une impressionnante demeure qui existe encore de nos jours.

     Ce personnage de Raoul TOCHE (1850-1895) n'était pas un inconnu à l'époque. Auteur dramatique et journaliste, il était l'un des plus populaires auteurs comiques de son temps. Plusieurs de ses opérettes et opéras-comiques, mises notamment en musique par Jacques OFFENBACH, furent à l'affiche des théâtres parisiens (not. Théâtre des Nouveautés) dans les années 1880. Il connut cependant une fin tragique. Endetté, il se tua avec un révolver en 1895. Ce qui le fit tomber rapidement dans l'oubli6contrairement aux autres auteurs dramaturges Victorien SARDOU et Alexandre DUMAS fils. Qui a entendu parler de nos jours de l'une de ces pièces : Madame Mongolon, Le voyage en Suisse, Le Château de Tire-Larigot, Adam et Eve, Le Royaume des femmes, Les femmes nerveuses,....?

1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com).         2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)
1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com).         2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)

1. Villa construite par Raoul TOCHE à Croissy, contenant du marbre de FX PARFONRY (Source : archives.croissy.com). 2. Villa Second Empire située rue de Brimont à Chatou (à vérifier si c'est celle avec du marbre de FX PARFONRY ?) (source : Wikipedia Chatou)

      Quel lien peut-on trouver entre Raoul TOCHE et François-Xavier PARFONRY ? Tout simplement le journal Le Gaulois7 dans lequel notre marbrier y insérait régulièrement des publicités. TOCHE y était critique journalistique. Le caractère conservateur et républicain de ce journal, qui avait été banni pendant la Commune, correspondait bien aux idées de notre ancêtre. En outre, le Directeur du journal, Edmond TARBE des SABLONS habita également à Croissy

     Cette énumération des deux maisons pour lesquelles François-Xavier PARFONRY a installé des marbres est probablement incomplète. Et beaucoup d'entre elles ont sans doute disparu de nos jours. Seule, une promenade sur le Chemin des Impressionnistes8 nous permettrait de concrétiser notre émerveillement et approfondir nos connaissances sur notre marbrier. A moins que Les Archives de Croissy, que nous avons contactées sur leur site, puissent nous apporter des éléments de réponse sur l'existence toujours actuelle de ces anciennes demeures.

    Cette recherche nous démontre aussi que François-Xavier a été au contact de ce nouveau monde pictural qui faisait la cassure avec le clasissisme issu de la Renaissance. Si les extérieurs des bords de Seine en étaient imprégnés, il est manifeste que les intérieurs de ces nouvelles demeures s'en avéraient peu perméables, préférant conserver la représentation froide et sculpturale du marbre. Et par souci de cohérence familiale, son fils Paul, est resté longtemps impassible9 à ces nouveaux modes d'expression de la couleur et à l'atmosphère truculente décrite par MAUPASSANT. A t-il eu seulement la curiosité de regarder les panoramas du peintre de Croissy Théophile POILPOT10 qui tendait de faire la transition entre les deux modes d'expression ? Manifestement, les intérieurs opulents des immeubles parisiens lui sont restés plus familiers. Ni François-Xavier, ni Paul ne deviendront des croissillions ou des catoviens11 célèbres, ayant préféré, dès 1860, devenir des cristoliens12 sur les bords de Marne, moins truculent assurément.

     Voici une façon bien concrête d'expliquer le cheminement de la mémoire au travers des générations. La généalogie est bien, dans ce cas, largement dépassée par l'interprétation de la découverte historique !! 

 

1 Le Déjeuner des canotiers d'Auguste RENOIR fut peint en 1880/81 à Chatou ; 

2 Depuis Henri IV, Croissy était devenu un domaine seigneurial ;

3 Sans oublier sa Légion d'Honneur obtenue en 1881 ;

4 Revue générale de l'architecture, 1885, n° 3 ;

5 La construction moderne, 1886, n° 17 ;

6 http://archives.croissy.com/2013/06/raoul-toche-1850-1895-du-rire-au-drame.html ;

7  Le journal Le Gaulois fut racheté en 1929 par Le Figaro ;

8 En particulier les Itinéraires MONET et RENOIR ;

9 Ce n'est qu'assez tard qu'il se mettra à peindre ce nouveau type d'expression (voir article : Enfin une peinture moderne de Paul) 

10  Un tel nom, bien réel, ne peut que servir à  insérer un moment de détente dans le texte ;

11 Un habitant de Croissy est appelé un Croissillion ; un habitant de Chatou un Catovien ;

12 Un habitant de Créteil est appelé un Cristolien ;

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 17:59

       Ca y est une fois pour toute. La thèse de doctorat, annoncée depuis quelques temps1, a été soutenue par Joëlle PETIT en ce mercredi 19 mars au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris. Entérinée par un jury de cinq spécialistes2 de ce domaine si réservé de l'histoire des techniques, deux femmes et trois hommes, un belge et quatre français, qui se devaient d'attester de l'originalité et de l'innovation proposées par Joëlle3, centrée sur la marbrerie tant artisanale qu'industrielle.

      Oser aborder un titre tel que Le Rayonnement des marbriers wallons (1800-1920), la question pouvait sembler surprenante alors que la notion de Marbres de Flandre constituait une référence mieux perçue dans les écrits4 et les souvenirs de nos jours. Cela donnait un peu à cette thèse un parfum de débat régionaliste que les médias et politiques ne manquent pas habituellement d'orchestrer. Avec comme preuve, cette référence explicite à l'origine flamande de François-Xavier PARFONRY dans la lettre assez récente de Jacques PARFONRY, son arrière-petit-fils, écrite en 2006. Mais aussi dans le titre de la thèse repris sur le diplôme symbolique remis, lors de la réception, par la Société des amis du Centre d'histoire des techniques de l'environnement (SACDHTE). Il y a de quoi créer un trouble dans les esprits et devoir rétablir la vérité historique et géographique.

     Présent en tant que soutien aux multiples facettes (la solidarité wallonne, la curiosité thématique, le lien avec ce blog), il fallait aussi vérifier et attester que le nom de PARFONRY y allait bien être cité. J'avais, comme prévu, fait le déplacement très matinal en THALYS, en réservant un billet au départ de la gare de Charleroi. Arrivé assez tôt dans la matinée à la Gare du Nord, l'envie m'est venue de prendre la direction du Centre Georges POMPIDOU. Quoi de plus complémentaire que d'aller visiter ce haut lieu des musées parisiens.  Ce deuxième objectif  pour remplir ma journée avait de quoi booster ma curiosité. Mais arrivé devant ce lieu, reconnu par sa configuration externe particulière, qu'elle ne fut pas ma déception de constater que les visites ne commençaient pas avant 11 heures. Comment imaginer, prévoir cette configuration horaire si tardive. Bardaf, c'est l'embardée comme on dit chez nous. Mon beau programme se trouvait amputé. Il ne me restait plus qu'a patienter.

      La soutenance de thèse a commencé avec un léger retard. Vu le nombre supérieur sans doute escompté de personnes, des sympathisants de Joëlle, le jury parvint à obtenir une autre salle plus large, rendant l'atmosphère plus apaisante, moins oppressante.

      Joëlle était désormais seule devant ses juges, sentant néanmoins le fluide positif d'une assistance non clairsemée venue la soutenir. Brièvement, son parcours mérite d'être notifié en préalable. Sa détermination, sa quête initiatique dans ce domaine si particulier de la marbrerie a débuté lorsqu'elle travaillait en tant que volontaire, comme trésorière du petit musée du marbre de Rance, petite localité de la botte du Hainaut, fleuron ancestral de la production marbrière, ayant déversé ses produits pendant de nombreuses années vers la France en général et le château de Versailles en particulier. Et qui, pour la cause, se trouva longtemps être une enclave française dans ces Pays-Bas instauré depuis l'occupation bourguignonne au XVème siècle. Contaminée singulièrement par un virus trouvé dans le marbre, Joëlle se mit à relancer cette histoire oubliée de l'industrie marbrière. Précédée d'un long parcours scientifique, elle se lança dans cette thèse de doctorat pendant huit années, occupant sans partage cette passion durant tous ses moments de loisirs. Elle débusqua dans les archives ce qui restait de cette exploitation d'un matériau noble. Plusieurs exposés et publications commencèrent à la faire connaitre dans le milieu scientifique. Pour finalement être reconnue, en 2013, d'un prix de l'Académie des sciences, des arts et belles lettres de Dijon5, l'autorisant à présenter en cette journée cette thèse toute personnelle.

      Les membres du jury ne s'y trompèrent pas, lui reconnaissant une belle monographie, faisant de la Wallonie une région marbrière, à part entière, aussi bien qu'une région minière déjà reconnue. La lecture de cette histoire du marbre donna l'occasion aux membres du jury d'exceller dans la terminologie et les citations. Manifestement, ils avaient, chacun et chacune, veillé à décortiquer le document. Ce qui me permit d'en ressortir les abords les plus attrayant.

      Pour un premier juré, cela  donne l'impression qu'il avait une belle oeuvre à faire. Un second y voit un travail héroïque compte tenu des difficultés rencontrées mais débouchant sur un document de grande envergure présentant un ancrage local dans des outils, dans un terroir en partant du matériau brut jusqu'au produit fini. Un autre insiste sur la dimension du geste technique, associée d'ailleurs à  la comparaison avec une cathédrale.

     De nouvelles pistes de recherche furent préconisées, témoignant par là des réelles possibilités entr'ouvertes par cette thèse. La richesse des acteurs est telle qu'elle implique d'être approfondie. Le lien avec les autres secteurs de l'industrie au niveau de l'utilisation des outils de production, les échanges commerciaux - au travers des registres comptables, une meilleure caractérisation de la production marbrière d'origine belge, le lien plus affirmé entre la technique et l'art sur le plan historique, le développement des réseaux de marbriers qui se sont constitués entre la Belgique et la France sont désormais autant de créneaux donnant un grand avenir à ces études sur la marbrerie.

      Quant à notre marbrier PARFONRY, il ne fut pas oublié, loin de là. Joëlle l'a mis sur le même piédestal que d'autres de nos jours plus connus, tels les CANTINI, DERVILLE, SEGUIN. En le faisant ainsi entrer parmi les acteurs incontournables de ce domaine de la marbrerie. M'avouant d'ailleurs, au moment de la réception qui succéda à cette défense, qu'elle avait pris conscience que son rôle est probablement beaucoup plus global que les autres au vu de ses diverses initiatives apparaissant au travers de tous les articles de ce blog. La charge symbolique du marbre, au cours de ce XIXème siècle avait évolué, en faisant  de la cheminée l'objet artistique par excellence de la bourgeoisie émergente. Matériau préparant à la modernité, ses réalisations constituent une mémoire vivante de cette époque. Les  marchés d'exportation, les premiers conflits sociaux, la notion de concurrence, l'implication dans les Expositions universelles, la longueur de son parcours complètent le tableau en faisant de François-Xavier PARFONRY, un acteur incontournable dans ce milieu. Sans omettre le fait que ses acquis sont le résultat de nombreux extraits rassemblés à partir d'une littérature conséquente. Et à ce niveau, Joëlle a relevé dans sa synthèse, sans anicroches, qu'il se montra particulièrement pro-actif au vu de ses prestations et de ses récompenses qui dominent. Au même titre que les marbriers de Rance, installés avant lui en France, il est indéniablement l'un des marbriers témoins de cette relation historique si particulière entre les deux pays. Un domaine que les membres du jury ont estimé comme insuffisamment exprimé au regard du titre annoncé de cette thèse. Déception que j'avais moi-même ressentie dans la présentation et les différentes analyses du jury de thèse. Lui préconisant d'en revoir le titre sous la forme : Des marbriers wallons et leur rayonnement en France afin d'en mieux clarifier son propos. Un problème identitaire, un concept géographique sur lesquels nous pouvons être sur que Joëlle rebondira et en profitera pour relancer sa passion. L'oeuvre de François-Xavier PARFONRY n'est sans doute pas finie d'être approfondie dans le milieu scientifique.

    Au cours de cette même réception, qu'elle ne fut pas ma surprise d'entendre, par l'une des deux voix féminines de ce jury, qu'en découvrant ce blog, elle s'était fortement amusée à la lecture du compte rendu de la visite effectuée au Musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet). Comme pour attester finalement que cette relation de faits autour d'un même dénominateur commun finissait par attirer un large public.

P.S. : Dès qu'une version de la thèse sera disponible sur la base de données du Cnam, j'indiquerai le lien pour y parvenir.

 

1 Notamment, par les articles suivants :

- François-Xavier devient un moteur de recherche ;

- François-Xavier, acteur important de l'industrie marbrière au 19ème siècle ;

- François-Xavier n'a pas été le seul marbrier wallon en France ;

2 Jury composé par André GUILLERME (Directeur de thèse), Jean-François BELHOSTE, Robert HALLEUX, Laurence LESTEL et Valérie NEGRE ; 

3 L'objectif de cette thèse est de montrer, par l'étude de deux registres d'archives inédits, que les réseaux commerciaux mis en place au XVIIIème siècle par une famille de marbriers de Rance, en Hainaut belge, perdurent au XIXème siècle à travers une production marbrière spécialisée dans la cheminée monumentale, qui s'est développée grâce à l'évolution des techniques et des transports ;

4 DUMONT Francis : Aux Marbres de Flandre. Une entreprise industrielle et commerciale sous l'Empire (1807-1817), Ed. DESOER, Liège, Réimpression 2007, 90 pages ;

5 Vivre, transmettre, transcrire le geste technique ; ouvrage écrit en collaboration avec le Professeur André GUILLERME et Martine MILLE ;

Diplôme symbolique remis à la suite de la soutenance de thèse (avec l'erreur dans le titre)

Diplôme symbolique remis à la suite de la soutenance de thèse (avec l'erreur dans le titre)

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 16:39

     Précédemment, il avait été fait mention d'une lettre écrite de la main de François-Xavier PARFONRY (voir article : Une petite lettre pour une grande plaque) sur laquelle on y trouvait inscrit son monogramme personnalisé FXP. Notre célèbre marbrier ne s'en laissait pas compter. Il voulait démontrer de son assise dans la société parisienne de cette fin du XIXème siècle. Ce monogramme se lit comme l'expression d'une certaine reconnaissance. Celle obtenue en 1881 par un immigré belge, à qui on avait octroyé la Légion d'honneur (voir article : Le dossier de Chevalier de la Légion d'honneur de François-Xavier PARFONRY)

     On peut comparer cette ascension à celle de Joseph PARFONRY, arrivé à Séville à la fin de ce siècle également, qui se reconnaissait personnellement le droit d'ajouter un titre à rallonge à son nom, puisé dans les terres belges de son origine (voir articles : Jose Parfonry de Hotton ; Joseph Parfonry, le fournisseur de paratonnerres à Séville). Rien à voir par contre avec un autre objet conservé en deux exemplaires dans la famille belge de François-Xavier, et dont l'usage est plus volontiers destiné à un emploi populaire  (voir article : La chope d'Alexis).

      Ce sigle FXP, François-Xavier s'en est servi volontiers pour exprimer cette réussite acquise progressivement durant cette seconde moitié du XIXème siècle. On le retrouve aussi sur son service de table. Comme pour démontrer que l'aristocratie se confondait désormais avec ces nouveaux chefs d'industrie qui avaient réussi à conjuguer l'innovation, la dynamique commerciale et la capacité de gestion d'une entreprise. Ils voulaient aussi faire connaitre leurs puissances, leurs réussites économiques, sans avoir recours à l'une de ces armoiries rassemblées par Charles DHOZIER sur injonction de l'édit de Louis XIV en 1696. Ils en inventeront d'autres, moins héraldiques mais plus personnalisés.

      On retrouve ce sigle FXP sur une soupière faisant partie d'un service de table en porcelaine. Le P et le F s'accolent sur les deux branches du X qui forment l'armature de ce monogramme distinctif.

La soupière avec le monogramme FXP (credit : Patrick PARFONRY)

La soupière avec le monogramme FXP (credit : Patrick PARFONRY)

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 08:47

      Parmi les nombreuses pièces d’art sorties des ateliers du marbrier François-Xavier PARFONRY, on relève, dans un livre écrit par Jules MESNARD, un grand critique d'art de l'époque, les deux fontaines jumelles, œuvres de l’architecte Gabriel DAVIOUD1 et du sculpteur François Théophile MURGUET, installées en 1865 sur la place de la Madeleine à Paris.

MESNARD Jules : Les Merveilles de l'Exposition universelle de 1867, Arts - Industrie, Tome second, Imp. Générale Ch. Lahure, Paris
 ….La cheminée Renaissance en marbre noir ainsi que la précédente vient des ateliers de MM. Parfonry et Lemaire. Elle est remarquable de dessin et de sculpture. ....Il n’en pouvait être autrement des œuvres sorties de cette maison qui à l’Exposition universelle a obtenu de la façon la plus honorable la médaille d’or de l’industrie marbrière. Quoique exposant pour la première fois, cet établissement qui jouit à juste titre d’une haute réputation, est connu pour avoir exécuté pour la ville de PARIS les fontaines de la place de la Madeleine (M. Davioud, architecte) ;
 

     Cette place de la Madeleine porte le nom de l'église qui s'y trouve en son centre. On peut se poser la question s'il existait une raison d'installer ces fontaines jumelles à cet endroit. Historiquement l'une des maisons de cette Place a été le lieu de réunion  des députés de l'opposition en 1848, ayant abouti au renversement de la monarchie de Louis-Philippe et à la proclamation de la deuxième République. Elle a également été le lieu du premier regroupement, dans la journée du 22 février 1848, entre les étudiants et les ouvriers, ayant conduit à ce qui fut appelé les journées révolutionnaires du 22 au 25 février 1848. Et circonstance majeure durant cette période révolutionnaire, le rôle de la Garde Nationale " se posant en arbitre entre l'armée et le peuple en protégeant les ouvriers " a été l'élément déclencheur de cette révolution, en ne prenant pas parti pour le roi.

 

      Ce dernier fait n'est pas sans rappeler la lettre de François-Xavier qui écrivait au Ministre de la Justice le 20 juillet 1867, pour se défendre vis à vis de sa condamnation à deux mois de prison, dont voici un extrait :

 

                      .... J'ai agi avec jeunesse et obstination, sans vouloir porter la moindre atteinte aux principes d'ordre et d'autorité que j'avais défendu au péril de ma vie, dans les rangs de la Garde Nationale aux jours difficiles que la France a eu à traverser.....  

 

      Cette lettre, écrite peu avant d'obtenir son décret impérial de domiciliation, et avant la guerre franco-prussienne de 1870, fait très certainement référence à ces évènements de 1848 au cours desquels la Garde Nationale a soutenu le soulèvement du peuple de Paris.

 

      Manifestement, le positionnement de ces deux fontaines sur la Place de la Madeleine doit se décrire en lien avec les évènements de 1848. La Place de la Madeleine méritait qu'on lui offre un décor visuel reposant, à l'image des vasques d'eau et des festons de ces fontaines.  La quiétude des regards dans ce Paris soumis à la révolution haussmannienne devait succéder à l'agressivité des cris révolutionnaires du peuple. Et François-Xavier y trouvait quant à lui probablement, en supervisant la finition dans son atelier,  le souvenir des évènements de février 1848 qui lui auront permis de transpercer les ukases de ceux qui lui avaient refusés pendant plusieurs années d'être considéré comme un citoyen français. Pour rappel, sa demande d'admission à domicile est déjà actée dans une lettre du 2 mars 1864 du Ministre de la Justice au Préfet de la Seine.

 

       Les deux fontaines ont été hélas déplacées par la suite. Même si la Place de la Madeleine était devenue l'une des places les plus huppées de Paris, on ne peut croire que le simple accroissement de circulation puisse expliquer ce transfert. Le symbole  qu'elles continuaient à représenter ne faisait plus partie du nouveau contexte politique et sociologique de ce huitième arrondissement. On pouvait craindre qu'elles ne restent un lieu de rassemblement d'une nouvelle révolution. Il fallait briser le mythe. C'est ce qui s'est sans doute opéré dans les années suivantes en les remplaçant par deux autres symboles forts.

 

       En 1903, l'une des fontaines fut transférée sur le square de la Place Santiago du Chili (7ème Arndt.) pour faire place à une statue de Jules SIMON2, un des allocataires de cette Place de la Madeleine qui, en tant que Ministre de l'Instruction publique dans le premier gouvernement d'Auguste THIERS en septembre 1870, avait déposé le projet d'enseignement primaire obligatoire. La seconde fontaine suivra le mouvement en 1909, remplacée cette fois par un monument à Victorien SARDOU3, qui venait de décéder et dont le talent d'auteur de comédies sociales (Madame Sans gênes) se devait d'être honoré par une oeuvre d'art. Exit donc la fontaine de François-Xavier qui était déjà, quarante années plus tard, d'un autre temps et qui se retrouvera désormais Place François 1er (8ème Arndt.)4, enjolivant de nos jours la promenade des animateurs des Grosses têtes sur RTL. Un nouveau message était transmis. Le savoir et la culture remplaçaient l'art de la pierre et la pensée subversive.

 

                                               Fontaine Place Santiago du Chili (7ème Arndt. Paris)

 

Fontaine-Chili.jpg

                                               Fontaine Place François 1er (8ème Arndt. Paris)

   Le bassin est large et circulaire avec un piédouche de marbre blanc soutenant la vasque. Le piédouche est constitué de quatre griffons ailés et élégants. La vasque est ornée d'une petite galerie des croisillons et de douze têtes des lions qui distribuent l’eau dans le bassin. Une colonne cylindrique et évasée en haut s’élève du centre de la vasque. Elle est décorée de quatre visages des femmes 5

(voir site http://www.visites-guidees.net/article-fontaine-place-francois-1er-97128671.html pour visionner d'autres photos de cette belle fontaine)

    Sur un autre site, cette fontaine est considérée comme faisant partie de la catégorie des " fontaines les plus charmantes de Paris ".

 Fontaine-Francois-1er.jpg

 

1 Gabriel DAVIOUD (1823-1881) : important architecte parisien de la période haussmannienne; créateur de nombreux monuments, en particulier de nombreuses fontaines à Paris ;

2 Jules SIMON (1814-1896) : philosophe et homme politique qui habita cette Place de la Madeleine ;

3 Victorien SARDOU (1831-1908) : auteur dramatique ;

4 Article Wikipedia : Place de la Madeleine ;

5 Extrait du livre : Les fontaines de Paris : l'eau pour le plaisir; Paris 2008, p. 241,274 de Marie Hélène LEVADE et Hugues MARCOUYEAU ;

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 21:59

      Rassemblant les données essentielles contenues dans les différents articles de ce blog sur François-Xavier PARFONRY, voici un énoncé récapitulatif des principales dates de la fabuleuse carrière de ce marbrier d'art, ayant exercé son métier en France et exporté dans le Monde. Cette série des dates n'est en rien exhaustive car de nombreux documents n'ont pu être retrouvés où ne sont pas confirmés par une date suffisamment précise. 

03 décembre 1821 : Naissance à Neerheylissem (Prov. Brabant wallon, Belgique) ;

Dans les années 1820 et 1830 : Logement probable à Anvers sur base de témoignages du la présence de son père ;

24 mars 1833 : Date probable de sa communion solennelle, sur base de la date gravée sur un verre de cristal ;

Vers 1841 : Arrivée à Paris ; Passage préalable par Boulogne s/Mer (à confirmer) ;

De 1843 à 1850 : Ouvrier puis contremaitre au faubourg St Antoine (12ème Arndt) ;

Décembre 1848 : Condamnation par le Tribunal Correctionnel de Paris à 2 mois d'emprisonnement pour une intervention intempestive au Conseil des Prud'hommes ;

1850 : Création de sa marbrerie Rue Traversière-Saint-Antoine (11ème Arndt) ;

1853 : Première récompense au Congrès des architectes (médaille d’argent) ;

10 avril 1855 : Mariage avec Marie-Françoise LEDOUX ;

1856 : Direction des ateliers DUPUIS et PARFONRY, Rue St-Pierre-Amelot  (11èmeArndt) ;

29 août 1856 : Socle en marbre de Carrare de la statue de l'Impératrice Joséphine inaugurée Place de la Savane à Fort-de-France (Martinique) ;

07 avril 1857 : Naissance de son fils Paul ;

Août 1859 : Livraison d’un escalier de marbre pour le palais du Prince Youssoupoff à Saint-Pétersbourg ;

06 décembre 1859 : Naissance de son fils Georges ;

1861 : Direction des ateliers PARFONRY – LEMAIRE, rue Saint-Sabin ;

18 janvier 1862 : Décès de son épouse ; construction du monument sépulcral familial à Créteil ;

1862 : Vice - Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

1865 : Construction des deux fontaines jumelles pour la Place de la Madeleine (8ème Arndt.) ;

1866 : Attribution du lot Marbrerie pour la construction de l’hôtel de Préfecture de Tulle en Corrèze ;

27 juillet 1867 : Décret impérial d’autorisation de domiciliation ;

1867 : Exposition de Paris, Médaille d’Or ;

1868 : Membre élu du Jury International à l’Exposition du Havre ;

02 Octobre 1869 : Lettre de refus du Khédive d’Egypte pour la construction de deux cheminées dans son palais d'Ismailia, le long du canal de Suez ;

1 janvier 1870 : Initiateur de la notion de participation aux bénéfices pour ses ouvriers dans son entreprise (influence probable de l'émergence du radicalisme social qui sera développée par la suite par Léon BOURGEOIS, futur Prix NOBEL de la Paix en 1920) ;

guerre franco-prussienne : fait partie du 57ème Bataillon de la Garde Nationale et est membre du Conseil de famille ;

vers 1871 : Nouvel Hôtel de la Société des Ingénieurs civils, cité Rougemont à Paris ;

Mars 1871 : Démission de la Garde Nationale ;

25 sept. 1871 : Décret de naturalisation française du Ministre de la Justice ;

1873 : Exposition de Vienne (médaille du mérite ) ;

1874 : Inauguration de l’hôtel du Figaro dans la rue Drouot à Paris ;

1875 - 1877 : Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

1876 : Fournisseur de marbres pour la Manufacture de Sèvres ;

1876 :  Chambre des députés dans l'aile sud du Palais de Versailles ;

1876 : Décès de son frère Alexis à Paris ;

1876 : Exposition universelle de Philadelphie ; Prize Medal ;

1876 : Devient seul propriétaire de sa marbrerie ;

1877 ? : Début d’association PARFONRY – HUVE frères ;

17 mars 1877 : Décès de sa mère Jeanne LALLEMAND à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) ;

18 février 1878 : Décès accidentel de son fils Georges à Créteil ;

1878 : Exposition Universelle de Paris ; Médaille d’or ;

1880 : Exposition universelle de Melbourne ; Première médaille ;

14 avril 1881 : Décision de paiement des arrièrés impayés de l'Hôtel de  Préfecture à Tulle en Corrèze ;

1 juillet 1881 : Livraison d'une villa Avenue de Brimont à Chatou (Yvelines) ;

3 juillet 1881 : Chevalier de la Légion d’honneur ;

1881 : Exposition internationale d’électricité de Paris ;

1881-1883 : Président de la Chambre syndicale de la marbrerie de Paris ;

21 janvier 1882 : Auditionné à la Commission parlementaire " Situation des ouvriers et des industries d’art " ;

Mars 1883 : Inauguration des nouveaux Grand Magasins du Printemps à Paris, reconstruit après l'incendie de 1881 ; Fourniture des marbres qui supportent le pont-galerie transversal et les paliers d'arrivées des 2 grands escaliers extrêmes ;

1885 : décès de Josèphine LOGE (selon l'inscription sur le monument funéraire de Créteil) ;

1885 : Hôtel particulier d'Eugène RITT, Directeur de l'Opéra, angle rues Balzac et Lord Byron, Paris (8ème Arndt.) ;

11 juillet 1886 : Inauguration de l'hôtel de ville de Vannes ;

1886 : Maison de campagne de M. TOCHE à Croissy (Yvelines) ;

Mars 1887 : Membre du Comité spécial de la Commission de surveillance à la Bibliothèque FORNEY à Paris ;

1887 : Piédestal de la statue de Paul BROCA, installée à Paris puis transférée à Sainte Foy-la-Grance (33220) ;

1887 : Maison à loyers, construite par La Confiance, Place d'Iena Paris (16ème Arndt) ;

1888 : Président d'honneur de la chambre syndicale de la marbrerie ;

1888 : Installation du bureau de météorologie dans l'hôtel des écuries de l'Alma (Palais Branly) à Paris ;

1888 : Maison à loyers de M. Romaguera de Alisal, Av. des Champs Elysées (coin rue Pierre Charron), Paris (8ème Arndt.) ;

1888 :  Reconstruction de la gare Saint-Lazare, Paris (8ème Arndt) , bel escalier côté Cour de Rome ;

1888 : Exposition internationale d’art monumental Bruxelles, Diplôme d’honneur et Médaille de Bruxelles ;

1889 : Exposition universelle au Champ de Mars à Paris ; Membre du Jury international des récompenses ;

1890 :  Hôtel 38, Avenue Marceau, Paris (8ème Arndt.) ;

1891 : Rénovation de la nouvelle mairie à Maison Lafitte ;

1891 :  Hôtel particulier 30, Av. du Bois de Boulogne, en collaboration avec deux autres marbriers (Maybon et Journet) ;

21 juillet 1891 : mariage à Mazy (Belgique) de son associé Lucien HUVE avec Cécile DEJAIFFE ;

1891 : Participation à l'Exposition française de Moscou ;

12 mars 1893 : Legs de 1000 frs à la commune de Créteil ;

1895 : Arrêt comme fournisseur de marbre pour la Manufacture de Sèvres ;

1896 : 1ère partie bâtiments de l'Ecole coloniale, angle rues de l'Observatoire et Aug. Comte, Paris (6ème Arndt.) ;

1897 : Don d’une cheminée en marbre au musée Carnavalet à Paris ;

16 juillet 1898 : Décès dans sa villa à Créteil ;

depuis 2006 : Cheminée exposée lors de l'Expostion universelle de Paris en 1867, de style néo-renaissance, présentée sur le site de l'antiquaire parisien Marc MAISON, spécialisé en cheminées et monuments architecturaux ;

juin 2010 : Communication de Joëlle PETIT lors d'un colloque au Centre National des Arts et Métiers (CNAM) à Paris, exhortant explicitement la suprématie et le rôle de François-Xavier PARFONRY dans la valorisation des métiers et les techniques du marbre au XIXème siècle ;

30 novembre 2012 : Les expositions universelles en France au XIXème siècle. Techniques - Publics - Patrimoines, Publication CNRS Alpha du colloque de juin 2010, 482 pages, (comprenant la communication de J. PETIT) ;

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