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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 18:16

       L'idée que notre patronyme se serait diversifié à la suite des nombreuses guerres qui se sont déroulées en Principauté de Liège s'avère une hypothèse crédible. La période de règne sous Louis XIV a été particulièrement intense et meurtrière en conflits sur le sol européen. L'opposition manifeste vis à vis des Habsbourg était à son paroxysme. La Principauté de Liège, attestée comme indépendante depuis le Xème siècle, se trouvait malheureusement au milieu de ces zones de conflits. Orientée du Nord au Sud, ses terres divisaient en deux les territoires des anciens Pays-Bas bourguignons, découpées en Provinces-unies et Pays-Bas espagnols en 1581, avant d'être incorporée dans le BENELUX, composé par les Pays-Bas, la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg. De plus, dépourvue d'armée structurée et présentant un découpage géographique abondant, ses frontières étaient largement perméables. Les armées étrangères ne s'en privaient pas pour y transiter et l'occuper. Huy était également devenu un verrou important permettant de traverser la Meuse.

       Si la Guerre de Succession d'Autriche, entre 1740 et 1748, sous Louis XV, est la plus récente, d'autres, plus anciennes, ont également provoqué d'importants dégâts. Il s'agit de la Guerre de Hollande (1672-1678), ayant occasionné le passage du Rhin en 16721. La Principauté de Liège sera le lieu de passage idéal pour contourner les forces du prince d'Orange et envahir la Hollande. La bataille de Maastricht en 1673, avec la mort de d'Artagnan, en sera l'une des étapes principales.

       Il y eut ensuite la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, entre 1688 et 1697. La révocation de l'Edit de Nantes en 1685 provoque une réaction des princes et populations protestantes d'Europe. Menée par Guillaume III, roi d'Angleterre et d'Irlande, roi d'Ecosse et stathouder2 des Provinces-Unies, cette guerre voit se dérouler de nombreuses batailles. Dès 1688, Huy sera occupé par les Français puis restituée au prince-évêque l'année suivante après avoir été incendiée et son fort démantelé. Du 2 au 6 juin 1691, Liège sera bombardé par les Français du Marquis de Boufflers. En apothéose, celle de Neerwinden, le 29 juillet 1693, opposera 75 000 soldats du côté français et 50 000 du côté des Anglais et des Provinces-unies. Victorieux, l'armée française occupera de nouveau Huy. Elle restera sur place en s'établissant de Saint-Trond à Waremme, à côté de l'armée de Guillaume III qui campe entre la Gette et la Dyle. Neerwinden, étant situé à proximité de Huy, on peut imaginer les effets de cette bataille sur les populations locales. L'année 1694 sera marquée par une grande famine dans la région.

       Une phrase extraite d'une publication3 apporte son témoignage sur l'impact de cette guerre. Se concentrant sur l'histoire de la commune de Nandrin, on y extrait, page 36, la phrase suivante : 

En 1694, la communauté fait requête à S.A.4 en vue d'obtenir une diminution des tailles. Les habitants sont ruinés par la guerre, les pillages et les réquisitions militaires. Le village est occupé pendant 7 nuits.

      La date de 1694 se situe indéniablement dans la période de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, juste après la bataille de Neerwinden. Sur le plan géographique, la commune de Nandrin est située, à cette époque, en Principauté de Liège, à proximité de la commune de Huy. Suite au regroupement des communes, opéré en 1977, elle incorpore désormais les villages de Saint-Séverin, de Yernée et de Villers-le-Temple, trois endroits qui ont été des ancrages du patronyme dès le Moyen-âge.

      Cette simple phrase est manifestement un nouvel indice qui recoupe notre intuition sur l'origine de l' éclatement du patronyme remontant aux guerres menées dans notre région par Louis XIV. Peu de temps après, la Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) occasionnera d'autres combats sur le territoire.

    On peut aisément concevoir que les pillages orchestrés par plusieurs milliers de soldats occasionneront des mouvements de population. Il est envisageable de penser que le noyau initial, celui limité aux trois communes citées, soit encore, à la fin de ce XVIIème siècle, celui qui en fut le lieu d'origine. Tout en actant qu'un premier déplacement ait pu s'opérer, au milieu de ce XVIIème siècle, vers la ville proche de Huy. Et ce ne sera qu'au début du siècle suivant que s'opérera, avec Jean Baudoin de PARFONDRY, la migration vers l'Espagne, à l'origine de la famille BORDES-PARFONDRY, via probablement la création des Gardes wallonnes par Louis XIV. 

 

1 Pour mémoire, ce sera quelque 273 années plus tard, fin mars 1945, que l'armée française traversera le Rhin à Germersheim, avec un effectif de 90 hommes, parmi lesquels Jacques PARFONRY ;

2 Stathouder, équivalent à Gouverneur général ;

3 Nandrin et Fraineux sous l'ancien Régime, Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, Tome LXXI, 1955-1956, Liège Musée Curtius ;

4 S.A : il s'agit de Son Altesse le Prince-évêque de Liège ;

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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 19:43

    Les archives décèlent des documents dont il est difficile d'en apprécier le nombre et l'âge. Alors que l'on croyait perdu toutes les références qui auraient permis de remonter avant les guerres menées sous Louis XIV dans nos contrées, voici qu’apparaît un acte plus ancien, les convenances de mariage entre Toussaint, fils de Crespin de Parfondrieux et Marie, fille légitime de Robert de Vivier, qui est à même de confirmer nos soupçons d'un lien avec la famille des Chevaliers1.

    Peu déchiffrable dans la lecture pour un quidam comme moi, on y recèle toutefois quelques termes qui permettent d'en assurer une interprétation plausible. On n'en retiendra que 3 pour étayer notre analyse :

             Crepin de Parfondrieux - Saint-Séverin en Condroz - Fontaine ban de Clermont

Crepin de Parfondrieux : Mentionné dans ce document, il est apparu dans la généalogie de la famille du baron Jacques de Parfondry, issue des recherches rassemblées par plusieurs généalogistes et consultables sur le site de Généanet. Il en est l'un des tous premiers personnages de l'arbre (voir La véritable saga des Parfonry de Neerheylissem, p.58). Son existence est confirmée avec la mention de son fils Toussaint dans le document. L'écriture " Parfondrieux " est conforme avec celle que l'on retrouve dans le livre de Jacques de Hemricourt "Le Miroir des Nobles de Hesbaye", rédigé à partir de 1353, et dans lequel apparaît cette famille de chevaliers de Parfondrieux- Parfondry. 

Saint-Séverin en Condroz : Ce village est mentionné à plusieurs reprises en relation avec la généalogie de cette famille de Chevaliers au cours du XIVème siècle. On y apprend notamment que Jacques de Parfondry, petit-fils de Jean de Parfondry, premier de la lignée, demeurait à Saint-Séverin en Condroz en 1365. Ce village est par ailleurs situé à proximité du hameau de Parfondry, où s'est installée cette famille et d'où il aurait pris le nom à partir de la fin du XIIIème siècle.

Fontaine ban de Clermont : Même constat que pour Saint-Séverin, Fontaine est un lieu tout proche, toujours existant de nos jours, contrairement à Parfondry.  Devant dépendre de la commune voisine de Clermont (ban signifiant territoire), on est indéniablement dans une même zone de configuration. Permettant de compléter ce tableau géographique, le Baron Jacques de Parfondry sera, plus tardivement, bourgmestre de Yernée (fin XVIIIème-début XIXème), localité très proche de tous ces lieux énumérés2.

    Ce document est daté du 12 janvier 1601, ce qui constitue un indice intéressant mais surtout apportant une pièce importante pour relier la famille de ces Chevaliers et la lignée à laquelle vient de s'adjoindre, via la descendance de Jean Baudouin de Parfondry, les Bordes-Parfondry. On peut cette fois, envisager, avec une certaine sérénité, la cohérence de tous ces noms. Il y aurait bel et bien eu une descendance de ces Chevaliers qui se serait poursuivie, à travers les siècles. Une similitude avec la famille Halleux, originaire de Nandrin, localité proche de Saint-Séverin, qui pourrait faire remonter sa généalogie à 1270, à l'exception de trois générations dont le rattachement n'est pas prouvé mais fort probable3. La première indication de l'existence de cette famille des Chevaliers de Parfondry remonte à 1261.

    Reste désormais à découvrir le lien entre les 4 branches existantes de nos jours (Neerheylissem, Erezée, Aywaille et Forchies-la-Marche) et cet arbre généalogique pour authentifier de la validité de notre intuition. 

N.B. : En remerciant Olivier Lisein qui est à l'origine de la découverte de ce document et qui me l'a déchiffré ;

1 Ce document est issu du Fonds du Héraut d'armes Lefort, partie III, registre 33, Archives de l'Etat à Liège ; ce Jean-Gilles Lefort, natif de Verviers,  ayant  vécu à la fin du XVIIème et au début du XVIIIème siècle, est héraut d'armes de l'Empereur pour le Bas-Rhin et l’Électeur de Cologne ; 

2 Toutes ces localités (Saint-Séverin en Condroz, Clermont, Fontaines, Yernée) sont situées approximativement dans un quadrilatère de 3 à 5 km de côté ;

3 Nandrin et Fraineux sous l'Ancien régime; Bulletin de l'Institut archéologique liégeois. Tome LXXI 1955-1956; Liège, Maison Curtius ;

Un document remontant à l'année 1601
Un document remontant à l'année 1601
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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 13:24

     Grâce aux nouvelles données transmises d'Espagne par Luiz Martin Arriola, l'arbre généalogique, repris dans les pages 58 à 60 du livre "La véritable saga des Parfonry de Neerheylissem ", a pu s'étoffer quelque peu. Le lien avec une famille de Parfondri, apparu en Espagne au XVIIIème siècle, a permis d'interpréter certaines données et d'inclure, par ricochet, la lignée des Bordes-de Parfondry. 

      L'arbre, ainsi consolidé, vous est proposé ci- dessous. Il s'étend globalement entre le début du XVIème et la fin du XVIIème siècle, avec quelques incursions au XIVIIIème et même au XIXème siècle. En cliquant dessus, il se téléchargera directement sur votre ordinateur.

Arbre généalogique de la lignée de Parfondry complétée avec les dernières informations transmises par Luiz Martin Arriola

    Complémentairement, Luiz Martin Arriola m'a transmis des actes de baptême d'un certain nombre des personnages de cet arbre. J'en ai repéré trois, fils de Jacques de Parfondrieu et d'Anne de Loncin, à savoir ceux de :

    - Jacques, né le 15/02/1631 à Liège, Il est repris sous la numérotation 1.1c.1a.1e.1c.. Marié à Marie Durbuto, il décédera le 01/10/1694 à Liège. Ayant occupé la fonction de Commissaire de la Cité de Liège1, c'est la preuve de l'importance de cette famille à cette période. Leur beau-fils, Godefroid Tombeur, marié à Anne, Marie de Parfondry, sera également Commissaire de la Cîté en 1684. Et Jacques Tombeur, leur fils, sera bourgmestre de Liège en 1721. 

     Leur descendance, assez bien identifiée, aboutit à l'arrière-arrière-petit-fils, le Baron Jacques, Lambert de Parfondry (1.1c.1a.1e.1c.1a.2.1c.1), bourgmestre de Yernée, né en 1729 et décédé en 1824. Ce dernier n'aurait eu que des filles, dont la descendance se transmet encore de nos jours au travers des familles GurnadeDebatty et Braibant, ce qui nous libère d'une recherche à ce niveau.

      - Guillaume, né 30/05/1638 à Nandrin, frère du précédent (numérotation : 1.1c.1a.1e.1f.); pas de date de décès connue;

      - Jean, né le 19/11/1648 à Nandrin, frère des deux autres ( numérotation : 1.1c.1a.1e.1i.); pas de date de décès connue;

   Ces 3 frères, Jacques, Guillaume et Jean, sont les seuls fils parmi les 9 enfants identifiés du couple de Parfondrieu - de Loncin. 

      Quant au couple, Jacques de Parfondrieu - Marie Durbuto, il aura, dans sa descendance, plusieurs fils (Jacques, né en 1662, Antoine, né en 1667, tous deux frères de Jean (Juan) Baudouin (Baldorinos), né en 1673, décédé à Ceuta en 1721, dont on connaît désormais la descendance), petit-fils (Walter, Martin, né en 1686 ; Jean, Guillaume, né en 1693, décédé en 1756; Nicolas, Walther, né en 1695), arrière-petit-fils (Jacques, Philippe, né en 1729, décédé en 1758), pour lesquels on ne possède aucun document, autre que leurs actes de baptême.  On ne connait pas le lieu et la date de décès de Guillaume, de Jean et de Nicolas Walther. On peut même y ajouter un chanoine, François Marie, né en 1773 et décédé en 1833. Mais de celui-là, on peut considérer qu'il n'a pas eu de descendance.
 

     Il est, selon moi, envisageable que parmi tous ces prénoms, l'un ou l'autre puissent être à l'origine des 4 branches de Parfonry - Parfondry, encore existantes de nos jours. Tel est mon intuition. Ne m'étant pas trompé pour les précédentes, on peut espérer une découverte en provenance d'un généalogiste patenté et passionné. Si l'un d'entre eux avait la gentillesse de me déchiffrer le texte de ces actes de baptême, je lui en serais fort reconnaissant. On peut espérer un tel dénouement car si, tel n'est pas le cas, il faudrait remonter à des générations antérieures, ce qui ne nous laisse que peu d'espoir de remonter le temps.

N.B. : Muchas gracias a Luiz Martin Arriola por todas las informaciones transmitidas por haber podido avanzar en los datos de nuestro arbol genealogico en nuestro appelido.

1 Commissaire de la Cîté de Liège : Personnage nommé à vie qui avait pour tâche principale de désigner, à raison d'un par métier, les 32 électeurs des bourgmestres. Il veillait également au respect des privilèges urbains. (ndlr : 32 correspondant au nombre de corporations de métiers reconnus à Liège)

Actes de baptême de Jacques, Guillaume et Jean de Parfondrieu
Actes de baptême de Jacques, Guillaume et Jean de Parfondrieu
Actes de baptême de Jacques, Guillaume et Jean de Parfondrieu

Actes de baptême de Jacques, Guillaume et Jean de Parfondrieu

Autres actes de baptême
Autres actes de baptême
Autres actes de baptême
Autres actes de baptême
Autres actes de baptême

Autres actes de baptême

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 15:53

     Depuis un certain temps, l'existence d'une lignée de militaires portant le nom de Parfondri, installés en Espagne, avait été portée à notre connaissance. Différents documents attestaient de cette présence. Tout laissait présager d'une origine en provenance de la région liégeoise. Il restait à découvrir la preuve formelle de cette présomption intuitive.

      Une simple connexion avec l'Espagne, au travers de ce blog, a permis d'en authentifier le lien.  Luiz Martin Arriola Merino, dépositaire de l'histoire de sa famille depuis le XVème siècle, nous a transmis le document qui l'atteste. Ses recherches l'ont amené à retrouver l'acte de baptême, rédigé en latin, de Joannes Balduinus di Parfondry. Que l'on découvre plus tard sous le nom de Jean Baudouin de Parfondry avant de devenir Juan Baldorinos de Parfondri en Espagne. Baptisé à l'église Sainte Aldegonde à Liège, le 20 mars 1673, cet acte est essentiel pour comprendre l'intérêt de la découverte. Il permet en effet d'insérer cette lignée espagnole dans la généalogie, laquelle remonterait, selon la compilation des recherches menées sur Généanet par Marc Braibant, Georges Hansoul et Olivier Lesein, à un certain Johan d'Yvo de Parfondry, ayant probablement vécu au début du XVIème siècle. Son fils Baudouin de Parfondry de Morterre est attesté comme Bouvier de la Cense1 de Mogge dès 1558. Il est l'ancêtre, à la 8ème génération, du Baron Jacques de Parfondry (1767-1824). Cette propriété était située non loin du hameau de Parfondry. Elle avait une superficie de 161 bonniers, soit approximativement 225 ha. Le lien avec cette exploitation peut remonter dans le temps  par le mariage d'Agnès de Parfondry, une fille d'un de ces Chevaliers, avec un dénommé Raskin de Sorine, petit-fils de Wauthier de Mogge.

      La preuve ultime de l'existence des Chevaliers de Parfondry, en tant que Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem remonte à 1411. Il nous reste donc un peu plus d'un siècle d'incertitudes avant d'avoir l'assurance d'une sève continue au niveau de notre arbre2. Avec hélas,la difficulté de retrouver la partie manquante des données entre 1670 et 1750 pour nous permettre de rattacher au tronc commun les 4 branches actuelles identifiées. Pendant les guerres menées par Louis XIV (Guerre de Hollande 1672-1678, Guerre de Succession d’Espagne 1701-1714) et par Louis XV (Guerre de Succession d'Autriche 1740-1748 ), la Principauté de Liège, son alliée, lui sert de voie de passage pour attaquer les Provinces-Unies (Pays-Bas actuel) et les Pays-Bas espagnols (Flandre, Hainaut, Namur et Luxembourg actuels). La présence des troupes françaises y causera des dégâts irréversibles et provoquera des déplacements de population. 

1 Cense : mot signifiant Ferme ;

2  Arbre auquel est rattachée également la lignée française des Bordes-Parfondry ;

Acte de baptême de Jean Baudouin de Parfondry

Acte de baptême de Jean Baudouin de Parfondry

    Le document suivant, également transmis par notre correspondant espagnol, atteste de la variation de l'écriture de notre patronyme. La liste reprend le nom de 5 frères et sœurs, dont le dénommé Jean Baudouin. Ce sont une partie des nombreux enfants du couple formé par Jacques de Parfondry (1631-1694) et Marie Durbuto (1626-1698), les arrière-arrière-grands-parents du Baron Jacques de Parfondry (1767-1824). On y trouve 3 écritures différentes, à commencer par de Parfondrieux, celle qui apparaît déjà dans le document " Le Miroir des nobles de Hesbaye" rédigé par Jacques de Hemricourt et reprenant la généalogie de l'ancienne noblesse liégeoise et des environs de 1102 jusqu'en 1398. La seconde écriture de Parfondry est parfaitement correcte, preuve que le patronyme était déjà d'actualité. Quant au troisième, de Parfunry, il est quelque peu discordant. Il pourrait évoquer un lien avec les communes normandes de Parfouru s/Odon ou Parfouru-l'Eclin, lieu de propagation des écuyers de Parfouru, faisant revivre l'hypothèse insolite d'un lien avec les migrations des vikings au Xème siècle. Seules des traces et non des preuves nous feront rêver dans ce cas !!!!!

Jean Baudouin  et quelques uns de ses frères et sœurs

Jean Baudouin et quelques uns de ses frères et sœurs

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 10:40

     Dans un des derniers articles de ce blog, le lien entre la lignée des Bordes-Parfondry et celle du lieutenant Don Diego de Parfondri, ne relevait plus uniquement d'une intuition mais bien d'une hypothèse sérieuse1. Cette hypothèse est dorénavant devenue une certitude suite à la transmission de l'arbre généalogique de Joseph Léonard Félix Bordes-Parfondry. Cet arbre m'a été fourni, bien aimablement, par Luis Martin Arriola Merino, qui est le descendant, à la 17ème génération de la famille Arriola, dont la généalogie complète, remontant au XVème siècle, peut être consultée sur le site www.arriola.webs.com. Suite au dépôt d'un commentaire sur le blog, un contact a été établi, permettant d'échanger certaines données pour affiner notre recherche et attester du lien formel entre Bordes-Parfondry et cette lignée de Parfondri en Espagne. 

      Les explications qui vont suivre ne seront pas dans le style de ce qui est habituellement proposé. La généalogie  a été assez rarement utilisée comme fondement des récits, préférant inscrire les articles dans un vécu réel et non cadré par des dates. Il est assez difficile de raconter une histoire quand on ne rassemble que des dates et des noms. La règle a toujours ses exceptions. Les personnages qui vont être énumérés sont intéressants parce qu'ils nous permettent de comprendre finalement la raison principale de ce travail sur ce patronyme. Quelque soit la lignée à laquelle notre patronyme appartient au XXIème siècle, on a un faisceau d'indices qui autorisent d'en attester d'une origine unique. Le milieu militaire, voire la Chevalerie au Moyen-âge, en était une assez bonne indication. C'est la raison pour laquelle, la présentation de cette séquence familiale, basée sur la généalogie, semble s'avérer utile et nécessaire. Elle confirme ce qui était pressenti, à savoir relier une présence en Espagne, en France et dans la Principauté de Liège après plusieurs siècles d'oubli. L'arbre généalogique, fourni par Luis Martin Arriola est le document à avoir sous les yeux pour comprendre cet imbroglio de noms et de dates qui sont repris ci-dessous. Il se trouve en pièce jointe de cet article. Luis Martin Arriola l'a complété par la transcription d'actes de naissance permettant de formaliser les dates et les liens. Merci pour son travail de synthèse que je m'efforce de retranscrire le plus précisément en français, le complétant par quelques informations.

     Prudencia Parfondry y de Badenas, l'épouse du lieutenant Colonel Joseph Raymond Bordes y Pilas2, est la petite-fille du Lieutenant Colonel Diego Joseph de Parfondri et par conséquent l'arrière petite-fille de Juan Baldorinos de Parfondri, né à Liège en 1673 et décédé à Ceuta en 1721 lors de la guerre entre l'Espagne et le sultan du Maroc3. Probablement recruté dans la cadre des Gardes wallonnes venues en appui de Philippe II, nouveau roi d'Espagne, Juan (Jean) Baldorinos (Baudouin) de Parfondri était marié à Marie Françoise de Braibant4, originaire également de Liège. Pour rappel, Juan Baldorinos est le frère cadet de l'arrière-grand-père du Baron Jacques de Parfondry, celui que nous retrouvons, vers 1800, comme bourgmestre de la commune de Yernée, située à proximité du lieu-dit Parfondry, d'ou sont originaires les Chevaliers de Parfondry, attestés à partir de la fin du XIIIème siècle (N.B. : 1261 est la date la plus ancienne témoignant de leur existence).

      Ce couple de Parfondri - de Braibant, eut au moins deux enfants. L’une, Maria Juana (Marie Jeanne) de Parfondri, née à Liège en 1701, décédée à Madrid en 1770, se marie avec Andres René Clairac de Lamamie. Ce  dernier nom a déjà été mentionné dans un précédent article, confirmant par là ce lien. Quand au second, le Lieutenant Colonel Diego Joseph Parfondri, également né à Liège, en 1699, et décédé à Barcelone en 1773, il eut comme seconde épouse Maria Luisa de Arriola y del Frago. Leur fils, Diego Parfondri y de Arriola, lieutenant de cavalerie en 1780, épousera Mariana de Badenas. Et c'est à la génération suivante qu'apparaît donc Prudencia Parfondry y de Badenas, retrouvant dans son nom l' "y" initial des générations anciennes.

     Luis Martin Arriola nous permettra également de résoudre une autre énigme de cette présence du nom en Espagne. Dans différentes lectures, il était apparu celui de Torribio Parfondri Diaz. Convaincu d'un lien avec Don Diego Joseph Parfondri, il restait à le découvrir. De fait, il est le fils de Raymundo Parfondri y Mendoza Carillo, l'un des 3 enfants du premier mariage de Don Diego Joseph Parfondri avec Francisca Mendoza Carillo. Les deux autres enfants sont Rita Parfondri et Gaspar Parfondri. En résumé, on pourrait dire que Torribio Parfondri Diaz est un petit-cousin de Prudencia Parfondry y de Badenas.

N.B. : J'espère que vous avez pu suivre et replacer tous les noms à leur juste place. 

     De ces informations, il est assez clair que cette lignée en Espagne vivait encore dans la région de Liège en 1705. La naissance du Lieutenant Colonel Diego Joseph Parfondri le confirme. On en conclut que son père Juan Baldorinos n'est pas arrivé avec la première vague de mercenaires de cette Garde wallonne, créée en 1703. On apprend, par ailleurs, qu'il a été désigné comme Capitaine commandant du régiment de Cambrai, sans connaître de dates précises. Or, on sait que Cambrai est restée dans le giron de l'Espagne jusqu'au Traité de Nimègue en 1678 (alors que la reprise de la ville par la France remontait déjà à 1667), ce qui attesterait que Jean (Juan) Baudouin (Baldorinos), né en 1676, était bien, à ce moment, un soldat de l'armée de Louis XIV. Ce qui semble normal vu que la Principauté de Liège, entourée de toutes parts dans les Pays-Bas espagnols, voyait son soutien dans la France pour lui conserver un peu d'indépendance. Et la présence en Espagne ne devenait en somme qu'une contrepartie, venant en appui à Philippe II, le nouveau roi et petit-fils de Louis XIV.

 

1 Pour rappel, le lien supposé entre les deux familles provenait de la juxtaposition des recherches généalogiques des familles Mamie de Clairac et Braibant ;

2  La transformation de Bordes Pilas en Bordes Parfondry se fera plus tard avec le fils Joseph-Léonard-Félix Bordes-Parfondry, né le 19 mai 1811 à Madrid. Il juge plus glorieux le nom PARFONDRY, venant de sa mère espagnole, que celui de Pilas, venant de sa grand-mère paternelle, d'origine catalane ;

C'est en grande partie, grâce à cette victoire, que l'Espagne peut se prévaloir, encore de nos jours, de conserver l'autorité territoriale sur la ville de Ceuta, le Maroc n'ayant jamais réussi à la conquérir ;

4 La descendance de cette famille de Braibant existe toujours en Belgique. Marc Braibant est un généalogiste passionné qui est à la base de mes découvertes sur la généalogie du Baron Jacques de Parfondry et par conséquent de ce lien avec les Bordes-Parfondry ;

Arbre Généalogique de Joseph Léonard Félix Bordes-Parfondry

Arbre Généalogique de Joseph Léonard Félix Bordes-Parfondry

Actes authentifiant l'existence de Diego (Jacques) Joseph et Maria Juana Parfondri, les deux enfants de Juan (Jean) Baldorinos (Baudouin) de Parfondri et Maria Francesca de Braibant
Actes authentifiant l'existence de Diego (Jacques) Joseph et Maria Juana Parfondri, les deux enfants de Juan (Jean) Baldorinos (Baudouin) de Parfondri et Maria Francesca de Braibant

Actes authentifiant l'existence de Diego (Jacques) Joseph et Maria Juana Parfondri, les deux enfants de Juan (Jean) Baldorinos (Baudouin) de Parfondri et Maria Francesca de Braibant

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 18:49

    Les recherches sur notre patronyme nous avaient permis de démontrer une présence à diverses reprises en Espagne. L'une de ces implantations faisaient référence à deux noms, à savoir Maria Juana de PARFONDRY et Juan Baldorinos de PARFONDRY. Ce dernier est décédé à Ceuta en 1721, suite à un conflit entre l'armée espagnole et les troupes du sultan du Maroc Moulay Ismaêl. Un lien avec la famille BORDES-PARFONDRY, apparue au début du XIXème siècle, fut par ailleurs également découvert1

   Une lecture récente de certains sites familiaux de généalogie nous permet désormais de trouver une relation entre ces deux personnes. Le second est en fait le père de la première. De plus, via le site généalogique de la famille BRAIBANT, le lien avec l'arbre d'ascendance et de descendance du Baron Jacques de PARFONDRY a pu être entériné. Par la suite, en recoupant avec le site de la famille La MAMYE de CLAIRAC, de nouvelles générations purent être identifiée. Et assurément, les BORDES-PARFONDRY doivent se relier à l'un des étages de cette généalogie2.

1 La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem. L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme, avril 2017, p. 89  ;

2 et donc, la famille SERVENT, vivant en France de nos jours ;

                                                Généalogie

       (combinaison des sites gérés par José Maria La Mamye de Clairac Delgado et Marc Braibant)

  1. Jacques de Parfondry, né en 1631, décédé en 1694 à Liège ; marié en 1726 à Marie Durbuto3;

   2. Jean Baudouin de Parfondry, né le 20 mars 1676 à Liège; à sa naissance, son parrain est le Révérend Jean de Parfondry, chanoine4, et sa marraine dame Catherine de Parfondry, sa soeur5; il serait donc le frère cadet de Jacques, Arnold, l'arrière-grand-père du Baron Jacques de Parfondry6 et le cadet d'une fratrie composée de 8 enfants7; il est désigné comme capitaine commandant du régiment de Cambrai. Marié à Marie-Françoise de Braibant, originaire du pays liégeois aussi, il est dès lors certain qu'il n'est pas parti très jeune en Espagne, ce qui peut correspondre avec la date de création, en 1703, de cette Garde wallonne au service du roi d'Espagne.

A l’avènement de Philippe V, nouveau roi d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, la faiblesse de l'armée espagnole était indéniable. Aussi, pour lutter contre l'axe Angleterre, Provinces-Unies, Autriche, Portugal et Savoie qui s'était réuni pendant la Guerre de succession d'Espagne (1704-1714), Louis XIV décida de créer une Garde wallonne, complémentairement à un appui français. Celle-ci, composée de 3000 hommes en 1706, devint une unité d'élite qui fut rapidement incorporée à la Garde royale d'Espagne en participant à de nombreuses batailles. Et c'est dans cette unité d'élite que devait opérer Jean (Juan) Baudouin (Baldorinos) de Parfondry.

   3.1. Jacques Joseph de Parfondry, né en 1699 à Liège ; à sa naissance, son parrain est Maître Jacques de Parfondry (probablement son grand-père) et sa marraine Dame Anne Marie de Parfondry, épouse de Godefroid Tombeur, Commissaire de Liège8 ;

   3.2.  Marie Jeanne Françoise Joseph Bernardine de Parfondry, née le 20 août 1701 à Liège, décédée en août 1770,  mariée à André René de la Mamye de Clairac, né le 15 juin 1695 à Pinerolo (Piémont) ;

plusieurs enfants : Agustin (né le 20/10/1720, Pamplona), Bernarda, Luisa, Nicolas, Francisco, Petronila, Manuel et Roque ;

 La Mamye de Clairac: Famille originaire de Toulouse, ayant été, depuis le début de XVIème siècle, conseiller du Roi et au Parlement de Toulouse; elle a possédé jusqu'en 1626 un bâtiment, au 31 rue de la Dalbade, vendu à la Congrégation de l'Oratoire ;

Clairac : localité du Lot-et-Garonne, fief huguenot jusqu'au moment de sa reddition sous Louis XIII ; 

    4. Maria Bernarda Isabel Francesca La Mamye de Clairac Parfondry, née le 20 août 1721  à San Sébastien (Pays Basque), décédée en 1773 ; mariée à Juan Bautista de Bussy y Chapelas, né le 23 juin 1715 à Lartigue (Gers);

   5.1 Juan Bussy y Clairac, né le 15 décembre 1752 à Séville ;

   5.2 Antoine Bussy y Clairac, né le 16  avril 1754 à Grenade ;

   5.3 Esteban Bussy y Clairac

   5.4 Maria Bussy y Clairac

   5.5 Nicolasa Bussy y Clairac, décédé à Caracas (Venezuela) en 1816 ;

        marié à Lorenzo de Sata y Subiria, née à Barcelone;

Leur fils José Fermin de Sata y Bussy, est né à Azangaro au Pérou en juillet 1779. Après avoir participé à la guerre d'indépendance du Vénézuela, il a collaboré à la rédaction de la Déclaration d'Indépendance et à l'élaboration du drapeau national en 1811. Devenu Chef d'Etat major, il est décédé en 1815 lors des combats de Carthagène, en Colombie, en s'opposant aux armées de Simon Bolivar. Pas de descendance

  5.6 Barbara Bussy y Clairac

 

      Une descendance de la famille La Mamye de Clairac habite encore de nos jours à Madrid, Barcelone et PuyLaurens (Tarn). L'un d'entre-eux, le Chevalier Louis - André de la Mamye de Clairac fut un ingénieur militaire sous Louis XV. Historien et dessinateur, il a réalisé de nombreux dessins à l'occasion d'une mission en Turquie, de 1724 à 1727.  Une exposition, rassemblant ses dessins et publications, fut organisée en 2010 au Musée d'archéologie d'Antibes, avec la présence de 7 descendants dont le Chevalier actuel. L'un de ceux-ci, Ignacio, posséderait un arbre généalogique de 1400 à nos jours rassemblant 13 000 personnes.  

 

    Permettant de compléter l'arbre généalogique le plus conséquent du patronyme, ces découvertes laissent présager d'autres insertions futures. Elles s'accolent parfaitement avec les données rassemblées par Marc BRAIBANT. Une association entre les deux familles, via l'épouse de Jean Baudouin, découle par ailleurs de l'ensemble des données rassemblées. Sans assurance, il devient cependant indéniable que cette lignée puisse remonter à celle des Chevaliers de PARFONDRY, mentionnés dès le Moyen-âge. Le caractère militaire, la présence concentrée sur la ville de Liège et le lien avec certaines hautes fonctions peuvent en attester. La difficulté sera d'arriver à prouver si nos branches actuelles en sont issues et à partir de quel moment, avant 1700, notre patronyme s'est réduit pour nous faire devenir des roturiers. Cette migration de cette lignée vers Liège a du s'opérer peu après 16309, ce qui s'avère un premier indice.

    Autre découverte intéressante, l'insertion de la famille BORDES-PARFONDRY est désormais avérée dans l'ascendance du baron Jacques de PARFONRY. On dispose également d'informations sérieuses permettant de pouvoir envisager un lien entre le couple formé par Joseph-Raymond BORDES dit BORDES-PILAS et Prudencia-Josephe PARFONDRI de MENDOZ y BADENAS, mariés le 20 mars 1809 dans la Province de Saragosse, et les familles La MAMIE de CLAIRAC et BUSSY de CLAIRAC, localisées en Espagne.

3 référence 1.1c.1a.1e.1c. de l'arbre du Baron Jacques de PARFONDRY (p. 58-60 du livre);

4 ce chanoine serait donc ce Jean de PARFONDRY, cité dans le livre à la page 62 ; le titre et l'année correspondent ;

5 référence 1.1c.1a.1e.1c.1c. de l'arbre du Baron Jacques de PARFONDRY ;

6 Jean Baudoin de PARFONDRY devrait désormais avoir la référence 1.1c.1a.1e.11c.1i. dans l'arbre du Baron Jacques de PARFONDRY ;

7 Jean Baudoin, né en 1676, 7 années après le dernier enfant recensé, ce qui donne la possibilité  qu'il en ait eu d'autres ;

8 référence 1.1c.1a.1e.1c.1b. ; Anne Marie, née en 1656, est la sœur aînée de Jean Baudouin; elle avait déjà 20 ans à sa naissance ;

9 les premières naissances sont enregistrées dans l'église St Adalbert, proche de l' Eglise Notre-Dame-aux Fonts ;

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 18:31

     Comme il l'a été énoncé à de nombreuses reprises, notre patronyme est originaire du territoire dénommé Principauté épiscopale de Liège. Oubliée des préceptes d'histoire moderne, cette Principauté a joué un rôle non négligeable. Pour en connaître un peu plus sur ce lieu, appliquons nous à en faire découvrir ses principales caractéristiques.

     Née en 972, à la suite d'une décision de l'Empereur d'Allemagne OTTON II de lui donner une assise officielle, cette Principauté était une réminiscence de la scission de la Lotharingie, elle-même issue du partage de l'Empire de Charlemagne. Liège devenait un Etat du patchwork que constituait le Saint-Empire romain germanique. A la fois Comte et Prince d'Empire, ces Princes-Évêques, nommés avec l'assentiment de l'Empereur d'Allemagne, étaient aptes à gérer au vu des pouvoirs temporels qui leurs étaient conférés1

    A cette époque, Liège, avant Paris, était devenu un centre culturel important en Europe.  Elle possédait les écoles les plus renommées. Charlemagne est né en 742 à proximité de cette ville. A son apogée, son territoire s'étendait sur 23 villes (dont Huy, Châtelet, Thuin, Dinant, Ciney, Couvin, Verviers, Fosses-la-Ville, Visé, Tongres, Hasselt, Saint-Trond, Maaseik, ....). Ne disposant pas d'une armée de métier, chaque ville devait assurer la sécurité de sa population et avait le droit de s'entourer d'un mur d'enceinte. Ce territoire deviendra très tôt une zone d'exploitation minière, ce qui lui procurera des sources importantes de revenus mais également pas mal de sollicitations. Particulièrement étiré et découpé du Nord au Sud, il couvrait environ 1/5 de la Belgique actuelle, soit 5697 km2. Par sa particularité géographique, il divisait en deux les Pays-Bas espagnols, ce qui occasionna de nombreux déboires et guerres pendant des siècles. De nombreuses enclaves parsèment également son territoire (Française, Duché de Luxembourg, Comté de Namur, Duché de Brabant, ....) mais l'inverse se présentait également (Beauvechain, Hoegaerden, .....). La neutralité liégeoise est souvent mise à mal suite aux passages des belligérants, lui occasionnant des sévices aux populations. En particulier, Charles le Téméraire et Louis XIV se montrèrent assez véhément lors de leurs passages. En surenchère, les querelles entre les Princes-Évêques et les nouvelles classes bourgeoises développèrent tout au long de son existence de nombreux conflits internes.  

    Suite à la Révolution liégeoise de 1789 et la victoire de l'armée républicaine française de DUMOURIEZ sur les autrichiens en 1792 à Jemappes, la Principauté de Liège est incorporée en 1794 à la Première République française. Son territoire sera réparti entre les Départements de l'Ourthe, de Sambre et Meuse et de Meuse inférieure2. Un traité conclu quelques années plus tard entre la France et l'Autriche rendra ce lien officiel. Elle aura existé de fait sur une période de huit siècles. En 1830, la quasi totalité de ce territoire intégrera le Royaume de Belgique. Un habitant de la Principauté de Liège n'aura jamais été bourguignon, espagnol, ni autrichien, contrairement aux autres régions de la Belgique.

    Le lieu-dit PARFONDRY, à consonance latine, apparaît sans doute assez tôt. Il constituera plus tard un hameau pourvu d'une chapelle. Situé en rive droite de la Meuse, à mi-distance entre Huy et Liège, ce toponyme sera accaparé par une famille de Chevaliers, durant la seconde moitié du XIIIème siècle. Ils le porteront pendant plusieurs générations durant le XIVème et au début du XVème siècle. Issue d'une des plus importantes familles de Chevaliers de cette époque, à savoir celle de la famille de LEXHY, apparaissant peu après l'an 1000, la lignée des Chevaliers de PARFONDRY occupera à trois reprises une fonction de Commandeur de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

    Ce patronyme restera confiné au sein de cette Principauté de Liège jusqu'au début du XVIIIème siècle. Les nombreuses guerres menées par Louis XIV seront la source de dispersions qui ne feront que s'accentuer par la suite comme il en a été démontré au travers de différents articles dans ce blog.

      Liège est de nos jours la capitale économique et la première agglomération de la Wallonie. Un sentiment d'indépendance vis à vis d'autres villes wallonnes, l'accent particulier de ses habitants, résultant de la longueur dans la prononciation des voyelles, et la présence de TCHANTCHES, la marionnette folklorique à tringle dialoguant avec Charlemagne, restent ses caractéristiques principales de nos jours. 

1 De nos jours, seule la Principauté d'Andorre dispose approximativement du même statut d'indépendance (avec une gestion partagée entre le Président français et l'évêque d'Urgel) ;

2 Correspondant de nos jours approximativement aux Provinces de Liège, de Namur et du Limbourg ; Napoléon avait supprimé toute référence historique à la période de l'Ancien régime en basant son découpage sur les bassins versants ;

N.B. : Pour parfaire ses connaissances sur l'Histoire de la Principauté de Liège :

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Principaut%C3%A9_de_Li%C3%A8ge

Position de la Principauté de Liège dans la Belgique actuelle

Position de la Principauté de Liège dans la Belgique actuelle

                        Carte de la Principauté de Liège a son apogée (cercle vert : Lieu-dit Parfondry)

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 00:49

   La généalogie c'est finalement l'histoire de la remontée du temps. Et pour remonter ce temps, la mémoire fait nécessairement défaut au-delà d'un certain nombre d'années. Pour contrer cela, il nous reste les archives, les écrits d'un autre temps. Pour quelqu'un comme votre fieldmouse qui n'est pas assoiffé de vieux papiers, de rangées pléthoriques de livres, de textes indéchiffrables, de classements à la numérotation impersonnelle, de dédales de couloirs à choix multiples, de silences de cathédrales, la numérisation accélérée de ces documents,  au cours de ces dernières années, a rendu un fier appui à tous ceux qui perdent patience à appliquer une marche à suivre chronométrée. Pour en arriver à attester que le taux des découvertes, assis sur la chaise de Léon1, atteint le chiffre de 90 %.  Les 10 % restant étant répartis entre les visites extérieures dans les villages (Neerheylissem, Gobertange, Erezée, Parfondruy, Parfouru), les villes (Paris, Créteil) et les archives (Palais royal, Bruxelles, Louvain-la-Neuve). Confortable et rentable à la fois d'avancer dans un tel environnement. Pas besoin d'abonnements à la SNCB et aux Archives du Royaume, tout devient quasiment à portée de main.

   Et le résultat le plus tangible de cette remontée du temps est d'avoir pu réaliser un inventaire des textes et surtout d'en avoir pu retrouver l'apparition la plus lointaine. Inventaire sans doute incomplet mais qui donne désormais la possibilité de réaliser une étude chronologique sur son parcours

     On abordera dans cet article les trois dates capitales permettant d'établir des repères assez précis, quant à la liaison entre le patronyme, le toponyme et notre lignée.

A. Le jour où tout a commencé pour notre patronyme : 7 décembre 1261

Le texte qui suit2 fait référence à une transmission de terre à Nandrin. Un certain Jean de Parfondrive y est mentionné parmi les témoins. Contrairement à ceux qui sont cités avant lui, il ne possède aucun titre. On peut malgré tout émettre la supposition que c'est le même personnage que Johan de Parfondry, lequel apparaîtra comme chevalier dans un autre texte de 1272 faisant également mention de l'abbaye du Val-St-Lambert et du seigneur de Ramet. Ce chevalier est issu d'une lignée portant les titres seigneuriaux de Locreau, de Lexhy et de Dammartin. Ce changement de nom tend à démontrer qu'il a pris possession d'une nouvelle terre, située en rive droite de la Meuse entre Hermalle-sous-Huy et Clermont-sous-Huy, soit à proximité de la localité de Nandrin, citée dans le document. Un dernier point concordant résulte dans son mariage avec une fille du seigneur de Ramet dont le nom est cité également parmi les témoins.

Walthère, doyen du Conseil d’Ouffet, fait savoir que Richard de la Neuville qui tenait en fief de l’évêque de Liège des terres situées à Nandrin, savoir : sept journaux et vingt-cinq verges à Gerarvoie, sept journaux et trente-cinq verges à Saint-Jean-Sart (dépendant d’Outrelouxhe) et neuf bonniers, moins septante verges et demies petites à Tortecosse, a remis ces biens-fonds aux mains de l’évêque, lequel les a rendus à Henri, fils du susdit Rigald et de feue Christine. Henri, après avoir fait relief des mêmes biens devant les hommes féodaux de l’évêque, ci-après désignés, les a remis aussi en mains à celui-ci qui les a transportés au susdit Rigald, lequel les a donnés en lansage au monastère du Val-Saint-Lambert. Ce lansage, que les présentes renouvellent, a eu lieu le 7 déc. 1261.

Hommes féodaux de l’évêque : Jacques de Clermont et Walthère del Wege, chevaliers, Adam dele Ramet, bourgeois et échevin de Liège, Jean (Hanekin) de Parfondrive et Conrad de Nandrin.

Différents termes sont utilisés dans ce texte.

Bonniers, journaux et verges sont des mesures de surface dont les grandeurs variaient en fonction des villes; 

Faire relief : accepter en héritage après en avoir payé les frais ;

Lansage : terme juridique spécifique au pays de Liège qui était une mécanique mise en oeuvre pour lutter contre la déperdition de terres et de revenus. Le nouveau propriétaire du bien rend au vendeur la jouissance du bien vendu contre le paiement annuel et perpétuel d'une redevance, en fait une sorte de bail à rente au tenancier, ancien propriétaire;

Monastère du Val-St-Lambert : il s'agit de l'abbaye cistercienne de Val-St-Lambert, construite en 1202, près de Seraing ; le développement de houillères dans la région liégeoise à partir du XIIème siècle n'est probablement pas étranger à ce transfert de terres vers l'abbaye en pleine extansion ;

Jacques de Clermont : famille des comtes de Clermont occupant le château surplombant la Meuse et à l'origine, par donation de terres, de la fondation de l'abbaye du Val-St-Lambert ;

B. Le jour où tout a commencé pour notre toponyme : 1 juillet 1348

La première mention retrouvée de cette terre à Parfondry est assez tardive même si on peut penser qu'elle appartenait à la lignée des chevaliers depuis la fin du XIIIème siècle. Le premier chevalier Johan ainsi que son fils Jacques de Parfondry ont été enterrés dans la chapelle3. Il est raisonnable de penser que cet autre Johan de Parfondry est un membre de cette lignée des chevaliers. Son témoin Johan de Chantremel en est d'ailleurs un lointain cousin4. Ce terroir de 21 ha deviendra par la suite un hameau de Clermont. En 1841, on y comptait encore 3 habitations. Il a disparu de nos jours, englobé dans l'un des lotissements de la zone.

Sentence débitale touchant la dime de Parfondry, sous Clermont 5

Jean de Coir, abbé de Flône, revendiquait la dime sur le manoir, courte, assize et appendiche, que Johan de Parfondry possédait à Parfondry (Parfonriwe). Les parties, ne parvenant pas à s'entendre, choisirent deux arbitres : Williame de Coir, de Liège, chevalier, et Johan dit de Chantremel, écuyer. Les arbitres décidèrent que Johan de Parfondry devait la demi-dîme, dans son domaine de Parfondry, de tous biens, fruits et autres choses dont on a usage et coutume de payer la dîme au pays de Liège : mais l'abbé de Flône, pour noirir amour entre eux, le dispensa de cette obligation, sa vie durant.

L'an delle Nativiteit nostre Sangnour Jhesus Christ milh ccc et xlviii, le indiction prime, le premier jour del mois de julet 

C. Le jour où tout a commencé pour notre lignée : vers 1755

Le texte suivant6 relate l'arrestation de celui qui a entraîné la modification du mode de fonctionnement de la Justice. Les autorités autrichiennes installées en Belgique, réagirent assez sévèrement en condamnant le Prévot, fonction relevant encore du Moyen-âge. L'année de son arrestation diffère selon les textes retrouvés, oscillant entre 1752 et 1758. Quant à la St-Jean, on a le choix entre le 24 juin (St Jean-Baptiste) et le 27 décembre (St Jean l'Apôtre). Avec une préférence pour la première date, mieux identifiée en milieu rural du fait de sa proximité avec les fêtes du solstice d'été. Ce qui semble également assuré c'est que cet ancêtre était arrivé à Neerheylissem, en provenance de la Principauté de Liège, dans la vague de migrations qui avait suivi le Traité d'Utrecht de 1713 et l'arrivée des autrichiens dans les Pays-Bas méridionaux (Belgique et Luxembourg actuel sauf Principautés de Liège, de Stavelot-Malmédy).

La veille de la St. Jean 175., il fit saisir, sur le cimetière de l'église de Bas-Heylissem, par son lieutenant, accompagné de plusieurs archers, Jean-Pierre Parfondry. Il le représentait comme vagabond, homme sans aveu et complice dans plusieurs vols qualifiés, attribués à un certain Boulois dit Birwar. Parfondry cependant était innocent et, sur la demande de son frère, la cour d'Heylissem avait attesté qu'il était habitant de ce village, et que sa conduite avait toujours été celle d'un homme de probité. Le prévôt général n'en persista pas moins dans son accusation et voulut l'envoyer au gibet aussi bien que Birwar, réellement convaincu de vol. Il allait peut-être subir ce supplice infamant, quand sur un rapport, le gouverneur général7 par décret du 5 janvier 1759, ordonna son élargissement et lui permit d'agir contre le prévôt général….

 

      Ce bref résumé historique, limité à trois dates fondamentales (1261 - 1348 - vers 1755), permet de donner un aperçu assez précis de l'évolution de notre patronyme. Manifestement issu d'un lieu-dit, son apparition remonte au XIIIème siècle dans un endroit situé entre les localités d'Hermalle/s/Huy et de Clermont/s/Huy, en rive droite de la Meuse (actuellement commune d'Engis). Même s'il est indéniable que d'autres lieux-dits ont du être à la base d'autres lignées (not. le long de l'Amblève à Aywaille; le long de l'Aisnes près d'Erezée), la relative proximité géographique entre Hermalle-sous-Huy et Neerheylissem, l'abondance de migrants du pays de Liège vers Neerheylissem au XVIIIème siècle, l'existence d'une présence nombreuse de ce patronyme à Trognée, en rive gauche de la Meuse, plaident pour favoriser cette liaison pour notre lignée. Une recherche par Via Michelin donne un trajet en ligne droite de 43 km entre Hermalle-sous-Huy et Neerheylissem, en passant par Trognée. Tout à fait plausible en quelques 500 années. Des traces et non des preuves, c'est ce qui est le plus utile pour rêver. Même si entretemps la particule s'est évaporée mais de cela j'en ai déjà fait débat dans plusieurs articles.

1 Il s'agit de Léon BERGER, mon oncle, chez qui j'ai repris, à son décès, sa chaise de bureau en bois acajou pourvue d'un accoudoir circulaire enserrant le bas du dos, en souvenir de mes années de travail estival dans son entreprise de négoce de grains et d' aliments pour bétail à Incourt ;

2 Inventaire analytique et chronologique des archives de l'abbaye de Val-St-Lambert, Archives de l'Etat à Liège, Ed. J. Desoer, 1875 ;

3 JALHEAU Charles-François (1791) : Le Miroir des Nobles de Hesbaye, Nouvelle édition augmentée, Impr. J.F. Bassompière, Liège, p. 22-23 ;

4 Jacques de HEMRICOURT : Le Miroir des Nobles de Hesbaye (écrit entre 1353 et  1398) ;

5 Chanoines BENSENS et BARBIER (1893) : Analectes pour servir à l'histoire écclésiastique de la Belgique, 2ème série, T. VIII, Ch. Peeters, Louvain, p. 433 ;

6 Anales de l'Académie d'archéologie de Belgique, XXXIII, 3è série, Tome III, Anvers, Typographie J. PLASKY, 1876, p. 154 ;

7 A savoir Charles de Lorraine ;

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:17

    Que serait-on de nos jours sans cette particule élémentaire, ce boson de Higgs, considéré comme l'une des clefs de voûte du modèle standard de la physique des particules. Un petit rien capable de développer une énergie physique foudroyante pour créer de la matière.  Pareil au même en somme à cette simple particule qui affectait le nom de tous ceux qui, par leurs naissances, a donné la vie en créant de nombreux patronymes. Un simple mot de deux lettres qui servirait à transmettre une énergie pour s'accaparer d'un pouvoir. Comparable à ce petit objet physique qui base aussi sa persistance sur l'énergie déployée pour vivre.

      Cette réflexion sur le lien entre la matière et l'humain, nous a conduit à rechercher l'histoire originelle de notre patronyme. Pour considérer que nous sommes au même niveau que cette découverte réalisée récemment au CERN, près de Genève. L'histoire de deux particules élémentaires qui peuvent constituer l'armature des forces de l'univers. Et qui fait suite à une autre réflexion menée sur le traumatisme provoqué par la suppression de cette particule (voir article : Quid de la particule ? Mythe où réalité ?)

     Sans vouloir attester de la véritable généalogie, vu l'absence totale d'enregistrement, voici la supposée filiation qui aurait amené à l'apparition du premier de notre patronyme avec sa particule, non plus élémentaire, mais plutôt seigneuriale. Basons-nous sur les dire du célèbre chroniqueur du Moyen-âge, Jacques de Hemricourt (1333-1403). Entre 1115 et 1398, il relate, au travers de son Miroir des Nobles de Hesbaye, la généalogie de quelques 204 patronymes, tous originaires du berceau de la chevalerie que fut la Hesbaye liégeoise, héritière de ce sacré Charlemagne, né près de là vers 745. A la sixième génération, y est décrit celui qui allait attiser notre flamme.

    1. Notre histoire débute, comme il est de coutume, par une belle histoire d'amour. Celle entre un brave chevalier, Raes de Dammartin, que certains voient fuir les foudres du roi de France, arrivé dans la région de Huy, et tombé amoureux de la riche héritière d'un des seigneurs les plus puissants de ces terres de la Hesbaye liégeoise. Alix de Warfusée, la jeune colombe, avait en effet hérité, en ces temps féodaux, d'un ensemble prestigieux de domaines. Les deux tourtereaux  se marièrent en 1115 et eurent de nombreux .... seulement deux enfants. Qui se partagèrent évidemment les terres et qui sont considérés comme les ancêtres de tous les chevaliers à naître de cette région.

    2. Si l'aîné s'installa sur les terres seigneuriales provenant de son grand-père maternel, c'est le cadet, Hugues de Lexhy, qui nous intéresse au plus haut point. Récoltant les nombreuses terres acquises par les parents, il devint seigneur de Waroux et aussi avoué d'Awans, soit le seigneur protecteur  d'une institution ecclésiastique. Il est ainsi, ce que l'on peut considérer, l'ancêtre de tous les chevaliers qui s'affronteront de 1297 à 1325 lors de la bataille entre les Awans et les Waroux. Il épouse Marie d'Agimont qui lui donne quatre fils.

     3. Le deuxième de ces fils, le plus connu, est le Chevalier Bretton le Vieux de Waroux. Né vers 1138 et décédé vers 1210, il épouse Maroie de Trazegnies, dite de Flémalle, fille du Seigneur de Trazegnies, Silly et Ath. Ils n'eurent pas moins de six fils et de deux filles, ce qui aida à intensifier évidemment le  partage des terres.

     4. A la quatrième génération, on trouve ainsi Humbert de Lexhy, décédé vers 1258. Fait important pour la suite, c'est lui qui conservera l'avouerie d'Awans. Il épousera Juliette de Rulant, comtesse de Hozémont, autre héritière bien achalandée qui lui apportera d'autres terres mais aussi, pour la première fois,  des armoiries : Burelé d'or et de sable de six pièces.  Les Hozémont descendraient de fait de la scission des terres de la famille des Pépin (Pépin de Landen, de Herstal, le Bref), ancêtres de Charlemagne. La lignée, quittait son statut de maison seigneuriale, pour côtoyer cette noblesse liégeoise. Ils eurent hélas cinq fils et trois filles, ce qui n'épargna pas une nouvelle fois la scission des terres.

    5. De cette descendance, on retient le Chevalier Jean de Locreau de Dammartin, le cinquième fils. D'une union sans doute assez éphémère avec une personne que l'histoire n'aura pas eu le temps de retenir, il aura juste le temps d'assurer une seule descendance. Avec un certain étonnement, on lit que cette fille unique, retrouve de nouveau les titres seigneuriaux de Locreau, de Lexhy, de Dammartin. Et qui se marie avec André de Luxembourg - Bierset, dit de  Velroux.

    6. Et enfin, parmi les quatre enfants de ce couple, apparaît quasi inopinément l'aîné Johan de Parfondrieu, déclaré Chevalier vers 1272. Voilà notre ancêtre tant attendu avec une devise quasi similaire à celle de son aïeul : Fascé d'or et de sable de six pièces. Celui à qui fut probablement octroyé ce terroir en bordure de la rive droite de la Meuse, entre Hermalle-sous-Huy et Saint-Séverin-en-Condroz. Une terre nouvelle qui portait ce nom qui s'est perpétué de nos jours. Un toponyme a donné probablement naissance à notre patronyme. Un arpent de terre comparé aux étendues rassemblées par ses prédécesseurs (voir article: Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Mais l'avenir ne se trouvait plus au-niveau du sol mais bien dans les richesses du sous-sol. La ligne d'horizon ne s'apparentait plus à la limite du pouvoir. Il épousa Marguerite de Rameyfille du seigneur de Flémalle. Et chose bénéfique, ses descendants choisirent évidemment, au vu de la protection accordée antérieurement, le parti vainqueur des Awans lors de cette guerre fratricide avec les Waroux qui envenima la Principauté de Liège entre 1297 et 1325.

     Le temps avait fait son oeuvre au niveau du découpage des terres et de l'avenir de la Chevalerie. Non content de procréer, la période était propice aux conflits. Les terres liégeoises étaient mises à rude épreuve. Les Chevaliers durent se battre, non seulement entre eux, mais aussi contre tous leurs voisins, issus du démantèlement de ce duché de Basse-Lotharingie dans le courant du onzième siècle (avec l'apparition des comtés de Louvain, de Hainaut, de Namur, de Frise, de Gueldre, de Luxembourg, de Flandre et du duché de Brabant). La chevalerie épuisa progressivement la force vive de sa particule élémentaire. Leur nombre se décima tout comme la scission des terres, permettant l'apparition de la classe bourgeoise dans les villes. Et ce patronyme fut de ceux qui réussirent  à s'immiscer dans ce qui préfigurait déjà, en 1398,  la fin du Moyen-âge (voir les trois articles : La vigueur du nom Parfondry au Moyen-âge ; La reconversion économique des Chevaliers; Du nouveau sur la famille des Chevaliers de Parfondry ).

      A l'aube de sa vie1, l'arbre doit prendre racine, selon l'expression. Tout comme la bûche de bois doit prendre dans la chambre d'un âtre en pierre. Le même verbe prendre pour exprimer l'inquiétude aux deux extrêmes : la vie et la mort. Semblable à cette particule qui donnerait de l'énergie pour multiplier les branches d'un arbre généalogique. Mais alors, que se passe t-il lorsque celle-ci disparait ? Perdons-nous tous ces gênes, au point de brûler définitivement nos ultimes forces ? Non bien sur, l'humain comme le végétal a eu le temps de se perpétuer.  Il s'est empressé de couper ce lien caduc, ce concentré d'envie, de rancune qui l'empêchait de se greffer et continuer sa croissance, sa vie. L'important n'est plus dans la particule, mais bien dans le patronyme qui s'adapte le mieux à la société. La particule dispose d'une énergie qui s'épuise, qui l'empêche le plus souvent d'imaginer. Sa suppression est finalement synonyme de liberté, de choix multiples. La vraie noblesse serait celle des sentiments, de l'éducation et du travail. C'est paraît-il, un pape, Pie XII, qui a énoncé cette dernière phrase. Oufti !!!!

      Les deux particules du début, l'élémentaire et la seigneuriale, sont toujours bien là. Dans la solitude des êtres d'exception. Conscients qu'elles ont construit la matière physique et génomique ayant permit l'association de la vie et de l'intelligence. Elles ne sont plus responsables de l'avenir. Nous devons en prendre conscience. Elémentaire, mon cher ..... !!!!!

 

1 Ce paragraphe est une sorte de réflexion découlant de la lecture du livre "Le Journal intime d'un arbre" de Didier Van Cauwelaert ;

 

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 14:41

      L'existence de ce lieu PARFOURU dans le Calvados avait déjà été mentionnée précédemment (voir article : Les Ecuyers de PARFOURU en Normandie). La similitude quant à l'origine toponymique nous est apparue dès le début de cette recherche. Pour attester de cette cohérence, un transit par la commune de PARFOURU-sur-Odon (voir article : Un petit détour par Parfouru-sur-Odon) s'est même effectué sur le trajet des vacances. Il en était aussi résulté une diversion sur le plan historique, nous autorisant, dans la satisfaction de l'épopée et de l'imagination, un lien entre les deux patronymes de PARFOURU et PARFONDRY, basé sur le déplacement de cavaliers vikings au IXème siècle vers les vallées proches de la région liégeoise, à la recherche probable de ce fer tant convoité.

      Si le nom, en tant que lieu, est toujours attesté de nos jours au travers de deux endroits proches de Caen, il s'est également perpétué à travers les âges. Les lignées qui sont décrites, reprises pour la plupart des archives départementales de Saint-Lô, indiquent qu’ils portaient la particule et le titre d’écuyer et qu’ils ont été de tout temps au service du Roi. La première mention de cette famille des écuyers de Parfouru remonte en 1224 avec Charles de Parfouru (source : Généanet), Il y aura par la suite la naissance en 1310 de Richard de PARFOURU, Seigneur de Saint-Pierre de Semily à Couvains et en 1391 avec le mariage d’un Jehan de PARFOURU, écuyer, Seigneur de Parfouru-l’Eclin, du Mesnil - Segard et Couvains. L’un des derniers écuyers aurait été Jean-François René de PARFOURU, docteur et professeur royal en médecine de l’Université de Caen en 17641.

      Et descendant probablement de l'une de ces lignées d’écuyers ayant aussi perdu leur particule, on citera Paul PARFOURU (1846-1905). Elève de l’Ecole des Chartes, il consacrera toute sa vie à rassembler et classer les archives dans le département du Gers au début de sa carrière avant de revenir en 1890 dans celui de l’Ile - et - Vilaine, lieu d’origine de la lignée. Parmi ces actions  décisives, c’est lui qui sauvera de la ruine les archives du Parlement de Bretagne. Ayant une impressionnante énumération de publications, en particulier sur l'histoire de la Bretagne, il recevra en 1893 la rosette d’Officier de l’Instruction publique.

      On ne peut oublier de mentionner Désiré Paul PARFOURU, dit POREL (1843-1917), né précisément à Saint-Lô, où son père Paul Dominique PARFOURU était menuisier (source : Généanet). Tout comme le colonel BORDES-PARFONDRY (voir article : La dénomination BORDES-PARFONDRY est expliquée), il sera blessé durant la guerre franco-prussienne de 1870. Il fut comédien avant d’être directeur de plusieurs théâtres parisiens (Odéon, Gymnase, Vaudeville). Très connu dans le milieu, il ouvrira les portes à de nombreux auteurs parmi lesquels DAUDET, George SAND, DOSTOIEVSKI,… et fera entrer au répertoire des pièces comme L’Avare de MOLIERE, Esther de RACINE. Parmi ses actions innovantes, c'est lui aussi qui s'efforcera d'ouvrir les portes du théâtre à d'autres milieux de la société afin d'accroitre sa fréquentation. Sa nouvelle façon de gérer les théâtres parisiens, donnera l'occasion au critique d'art et écrivain pamphlétaire Octave MIRBEAU (1848-1917)  de le considérer comme " un représentant du théâtre mercantile qu'il exècre". Il épousera la comédienne Réjane, célèbre pour avoir créé le rôle de Madame Sans-Gêne, comédie de Victorien SARDOU (1831-1908) en 1893. Ils seront tout deux fait Chevalier de la Légion d’honneur.

      Ce couple, devenu légendaire, est à l’origine d’une dynastie d’artistes des plus connus2. On a ainsi successivement leur fils l'écrivain Jacques POREL (1893-1932) et leur petite-fille, la comédienne et célèbre doublure de voix d'actrices américaines3 Jacqueline POREL4 (1918-2012). Connue aussi pour ses nombreuses liaisons, cette dernière est la mère :

                  - du photographe Jean-Marie PERIER, né en 1940, dont le père biologique n'est autre qu' Henri SALVADOR ;

                 - de la journaliste Anne-Marie PERIER, née en 1949, de son mariage avec l'acteur François PERIER (1919-2002) ; en devenant la dernière épouse du chanteur Michel SARDOU, il serait erroné de penser qu'ils se sont réappropriés en quelque sorte l'histoire familiale ; même si ce nom est originaire de la région de Toulon - Marseille, aucun lien de parenté n'existe entre Michel et Victorien SARDOU ;

                - de l'acteur Marc POREL (1949-1983), né d'une troisième liaison, dont le seul souvenir dans la mémoire collective, restera d'avoir promené sa belle gueule dans le film " Le clan des Siciliens ", en jouant le rôle de Sergio, le fils cadet du patriarche Vittorio Manalese, joué par Jean GABIN ;

       Toute cette belle famille d'artistes est enterrée au cimetière de Passy (16ème Arndt.). Et que l'on peut découvrir sur le site très intéressant de Philippe LANDRU (déjà visionné précédemment sur ce blog pour montrer le monument sépulcral de Créteil de la famille PARFONRY) : .http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article1078

      Comme quoi, on s'aperçoit qu'il y a toujours quelque chose à découvrir à travers le parcours de ce patronyme. Que ce soit des faits de société, des actes inscrits dans la mémoire, des dates ou des noms célèbres, on peut parfois être quelque peu étonné de trouver toutes ces rencontres et de se refaire la petite histoire. C'est sans aucun doute l'une des finalités de ce retour dans le passé.

 

1  Ses deux fils (Claude-Charles, né en 1765 et Jean-Gervais, né en 1767) sont décédés à l’adolescence ;

2 Pour de plus amples renseignements sur ces personnes, il est préférable de rebondir dans Wikipedia ; je n'ai pas voulu alourdir cet article de détails que l'on peut trouver assez aisément   ;

3 Deborah Kerr, Lana Turner, Audrey Hepburn, .....

4 De son vrai nom : Jacqueline Renée PARFOURU-POREL ;                                           

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  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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