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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 21:33

      La particularité de ce genre de recherches se focalisant sur un patronyme spécifique n'est pas totalement dépourvue de découvertes diverses et parfois surprenantes. Comme si, par ces écrits, on parvenait à couvrir un large panel de situations, de la plus cocasse à la plus accablante. C'est ce dernier aspect qui est soulevé dans cet article. 

     Un livre récent1, interpellant par son côté obscur et méprisant dans son titre, nous laisse voir la vie interne des soldats de la Légion Wallonne sur le front russe. Il est constitué des carnets de campagne rédigés par l'aumônier de cette armée de collaborateurs à l'occupant allemand. Décédé de nos jours, c'est grâce à son neveu, Jean-Luc HOSTE, que ceux-ci se trouvent retranscrits. 

      L'auteur de ces carnets, Louis FIERENS, a été l'aumônier de la Légion Wallonne engagée, aux côtés de la Waffen SS2, sur le front de l'Est pendant la guerre 39-45. Enseignant le latin et le grec, au collège Saint-Jean Berchmans à Bruxelles, il aurait suivi certains de ses élèves, encore adolescents, s'engageant dans cette brigade. Ses carnets relatent, non les combats durant cette période, mais bien les séquences de vies et de morts qui se déroulent à l'arrière de ceux-ci. 

      Ce livre n'aurait jamais retenu notre attention s'il n'avait pas été fait mention de notre patronyme. L'aumônier se trouve dans les environs de Korsun en Ukraine. A trois endroits, il en est fait référence.               

13 janvier 1944. Nombreuses confessions et communions. J'ai baptisé avant la messe, le petit Pierre Parfondry. Après la messe, visite au pope et à sa famille ......

note bas de page : Pierre Parfondry est venu me demander la veille, dès mon arrivée, a être baptisé, me disant qu'il connaissait la religion chrétienne. Je l'ai rapidement interrogé. Sa connaissance de la religion m'a surpris. Il était bien prêt. Il a fait sa première communion ...........

Deux ou trois jours après mon départ, les Russes attaquaient en force dans ce secteur. Parfondry fut tué.

     Combinant le lieu (Korsun) et l'année (janvier 1944), cela ne laisse aucun doute pour situer le cadre de ce qui constitue le récit. Après la bataille de Stalingrad, les Russes avaient décidé de reprendre l'Ukraine pour contrer les visées expansionnistes d'Hitler. Depuis décembre 1943, STALINE avait déclenché l'offensive Dniepr-Carpates qui aboutit à l'encerclement de l'armée allemande. Les carnets couvrent cette période de guerre, entre décembre 1943 et février 1944, sur le front russe. La Légion Wallonne y subira d'importantes pertes3

       La mention de petit Pierre reprise dans le texte, indique qu'il est question de l'un de ses adolescent ayant répondu à l'appel du chef du parti rexiste belge Léon DEGRELLE. Les plus jeunes n'avaient que 15 ans.

      Tous ces jeunes ont été attirés par les discours populistes, l'arrogance et le tribun que fut DEGRELLE. Ils ont été entraînés dans une aventure dont beaucoup ne revinrent pas. Leurs existences pouvaient même avoir été occultées. Une histoire a ne pas dévoiler pour ne pas avoir honte, pour éviter la comparaison avec ses jeunes partis de nos jours en Syrie, espérant y trouver une autre idéologie de domination de l'esprit et l'espace. Difficile et hasardeux d'en faire un parallèle par manque de recul. Mais les mots de Louis FIERENS, repris des derniers chapitres de ses carnets, rebondissent comme une analyse comparative aboutissant à un même constat. 

Je suis très effaré de voir à quel point on se moque de Degrelle. Non pour l'estime que je lui porte, mais pour les désillusions, les découragements que cela cache dans l'âme de tous ces jeunes. Que de déceptions il doit y avoir là-dessous. On a abîmé cette belle jeunesse, qui portait en elle tant d'espoir. Il faudra maintenant la rééduquer.

      Ce texte mentionnant la faible estime de l'aumônier Louis FIERENS pour DEGRELLE est confirmé à plusieurs endroits dans une autre source4.

D'emblée, l'abbé Fierens pris une attitude anti-Rex et déploya des efforts non négligeables afin de soustraire ses ouailles à l'influence de l'idéologie national-socialiste en général et à celle de Degrelle en particulier.... Contrairement aux autres volontaires, l'aumônier refusa de prêter le serment de fidélité imposé aux légionnaires....Degrelle eut évidemment vent des tentatives engagées par Fierens contre ses intérêts. Les jours de l'aumônier étaient comptés ..... 

      Les phrases utilisées par Louis FIERENS, dans ses carnets, font directement le lien avec les recrues engagées par l'Etat islamique de nos jours. On peut y voir des différences mais chaque mot utilisé par l'aumônier de cette Légion Wallonne nous interpelle. Je ne suis pas sur, pour se protéger, en mettant en avant la phrase Plus jamais cela, qu'on se prémunit contre de nouveaux dérapages. Il est loin de penser que les deux guerres mondiales du XXème siècle soient les seuls épisodes parmi les plus meurtriers de l'histoire de l'humanité. Si La Guerre de 100 ans, 1415, 1685 et 1815 font parties du seuil minimum de connaissances des bacheliers, cette liste est loin d'être représentative. Les nombreux conflits en Asie, au cours des siècles (Révolte des Dounganes, Conquête de Tamerlan, Conquête mongole, Révolte d'An Lushan, Révolte des Taiping, Domination de la Dynastie Quing) font partie des conflits avec le plus grand nombre de victimes au cours de ces deux millénaires5. L'Histoire a désormais besoin d'autres références pour comprendre le Monde.

      Ce qui est la nouveauté, c'est cette nouvelle implication de jeunes dans les conflits. Mais contrairement aux jeunes djihadistes, ces jeunes de la Légion Wallonne ne poussaient pas leurs engagements jusqu'à devenir des terroristes, ni des bombes humaines6. Comme si de nos jours, on ne se démenait plus assez pour abriter le combat pour des valeurs humanistes7.

     Cet article n'est pas sans rappeler l'histoire de Marcel PARFONDRY qui, à l'âge adulte et diplômé, manifesta une sympathie à l'occupant allemand, sans jamais toutefois prendre les armes (voir article : Malgré ses égarements, Marcel a une histoire à raconter).  Il se ressourcera dans le surréalisme pour retrouver ses illusions. Une forme de rééducation comme le suggère Louis FIERENS.

      Sur le plan généalogique, pour y trouver une piste quant à l'origine, ce prénom de Pierre apparaît à plusieurs reprises au XIXème siècle dans la branche de Forchies-la-Marche. On ne peut négliger également le fait que ce patronyme est présent de nos jours en Allemagne. Ce qui ne me semble pas essentiel à trouver. La réflexion découlant de cette lecture mettant en lumière un passage oublié de notre histoire est sans conteste la plus méritante.

 

1 Louis FIERENS. Un prêtre chez les SS; Edition Jourdan, coll. Carnets de guerre 39-45, 2011, 118 pages ;

2  La Waffen SS fut la branche militaire des SS ;

3 En date du 31 janvier 1944, sur 1700, 632 sont en état de combattre ;

4 Eddy de BRUYNE : Léon Degrelle et la Légion Wallonne. La fin d'une légende ; Ed. Luc Pire ;

5 Soit 6 sur 10 en Asie; les quatre autres étant les deux guerres mondiales, la guerre civile russe et la deuxième guerre du Congo-Kinshasa ;

6 Sans parler des enfants-soldats dans le conflit au Congo-Kinshasa ;

7 TRUMP et le capitalisme autoritaire; Edito de Frédéric RAEVENS, Le Vif L'Express n° 3393, 15 au 28 juillet 2016 ;

 

 

 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:40

     La réalité de la bataille contre le virus EBOLA est présente dans les médias. La maladie continue à se propager. La peur de la contamination vers d'autres pays en est la crainte latente.

      A quoi est liée cette peur ? Très certainement, au risque de la voir apparaître dans nos contrées. Même si, cette maladie provoque, là même où elle sévit, beaucoup moins de morts que bien d'autres affections, à commencer par le choléra1. En ajoutant, pour notre part, que les efforts mis en place pour circonscrire l'épidémie peuvent expliquer en partie cette différence. Comme si cette comparaison entre Ebola et Choléra devait nous aider à nous souvenir des antécédents. Les grandes épidémies, ce que l'on appelle pandémie2, semblent sorties de nos mémoires collectives. On n'en parle plus vraiment. Aucune chapelle, ni potale ne semble avoir été édifiée en remerciement d'une guérison du choléra3. Comment peut-on dès lors s'en souvenir ? Qu'en est-il réellement ?4

      Les années 1918-1919 ont vu se développer la grippe espagnole avec ses dizaines de millions de morts. Sans doute la plus importante épidémie de notre Histoire moderne. La censure, mise en place par les vainqueurs de la guerre, en a empêché d'en diffuser les informations dans les journaux, préférant conserver vis à vis des populations les sentiments de vainqueur et de nécessité de reconstruction. Et empêchant dès lors que la mémoire collective s'en accapare. 

     Mais pourquoi donc cette comparaison entre Ebola et Choléra ? Alors qu'il faut remonter au XIXème siècle pour faire état de ce type de pandémie.  Plusieurs d'entre elles  se sont développées en un peu plus d'un demi-siècle avant que Robert KOCH n'identifie le bacille en 1883, limitant sa propagation5. La Belgique n'y a pas échappé. La plus meurtrière, la quatrième, en 1866, a causé la mort de 43 000 personnes en 6 mois dans notre pays.

    Et preuve de ce fléau, notre patronyme y a été lié. Outre Jean Joseph PARFONRY de la branche d'Erezée, déjà apparu sur ce blog (voir article : La plus vieille croix funéraire), une autre famille fut plus gravement atteinte. Un père, l'un de ses fils et l'un de ses beaux-fils sont décédés en cette année 1866, ayant été touchés par cette pandémie de choléra. 

    Il y eut Joseph Lambert PARFONDRY, né à Huy en 1803, et décédé à Havelange le 03/08/1866. Suivront son fils cadet Léonard Joseph PARFONDRY, né à Havelange en 1850, et y est décédé le 30/08/1866, tout comme Joseph Ferdinand LAYS,  le 31/08/1866, époux d'Eléonore PARFONDRY (1831, Havelange -1903, Havelange), fille ainée du premier6.

     Qui sont ces PARFONDRY d'Havelange pour lesquels nous n'avions pas encore porté notre attention ? Leur provenance de la ville de HUY ne semble pas faire de doute. Jean Joseph PARFONDRY, le père de Joseph Lambert y est né en 1757 tout comme son fils en 1803. Décédé à Havelange en 1819, cela donne une indication sur l'année de migration vers Havelange, soit aux environs de 1810. Ils doivent, de ce fait, très probablement être reliés aux PARFONDRY de la branche de Forchies-la-Marche, dont la filiation les fait remonter également à la ville de HUY (voir article : Découverte du lieu de naissance de Mengold PARFONDRY). Et rappelons que cette ville de Huy, la première des villes européennes, reconnues comme ayant reçu en reconnaissance une Charte des Libertés, est située à proximité de cette terre de PARFONDRY, le long de la Meuse (voir articles : La terre de Parfondry a bien existé ; Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Nous avons la filiation parfaite permettant de remonter à l'une des origines les plus anciennes de notre patronyme.

  De nos jours, cette branche d'Havelange ne serait plus représentée que par deux personnes de sexe féminin. Et donc malheureusement en extinction. 

     La mémoire est sélective, composée de quelques souvenirs, non sans omettre que l'oubli fait le reste dit-on. Deux éléments pour ne pas se rappeler de notre histoire, de l'évolution de notre société. Ne parlons pas des épidémies trop anciennes de peste dans nos villes au Moyen-âge, résultant des conditions d'hygiène et d'insalubrité. Mais qui connait encore ces cas de choléra, apparus chez nous, il y a moins de deux cents ans ? L'oubli, n'est pas volontaire dans ce cas. Il n'est pas dans le déni de vouloir occulter quelque chose du passé. L'oubli est scolaire, éducatif, sociétal. Un travail sur l'histoire d'un patronyme peut faire resurgir une telle connaissance. Et sans doute aider à comparer les phénomènes, en analysant les résultats du passé pour nous servir pour le futur. Et permettre d'y apporter une réflexion, une réponse et non un repli identitaire sur la peur. Qui se souvient de la lecture du livre Le Hussard sur le toit de Jean GIONO, dans lequel le choléra y apparait comme un symbole ? Dans ce cas, c'est la peur du choléra, la haine qui tue, pas le choléra lui-même. C'est ce que certains appellent l'altruisme rationnel.

     Mais rien ne vous oblige à penser comme moi .... (expression reprise de Pascal de SUTTER, Pensée incorrecte, Le Vif)

1 Jacques ATTALI : Contre Ebola, l'altruisme rationnel ; Le Vif L'Express n°43, 24-30 octobre 2014 ;

2 Pandémie : Epidémie présente sur une large zone géographique, à l'échelle internationale ;

3 Il est vrai qu'il n'y avait que peu de chances de guérison; l'expression "peur bleue" découle de cette épidémie car le malade prenait une couleur bleuâtre ;

4 Il ne sera pas fait allusion dans cet article à la pandémie du SIDA, considérant que cette maladie n'est pas intrinsèquement liée à la pauvreté ;

5 Le choléra est toujours endémique en Afrique de nos jours; le vaccin est assez peu efficace; 

6 Anciennement, dans le langage populaire, le choléra était appelé "trousse galant" du fait qu'il affectait plus spécifiquement les hommes que les femmes ;

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 21:58

       Cet article aurait pu s'intituler " De la mine à l'écriture chez ceux de Forchies-la-Marche ". Comme un témoignage de cette évolution sociale observée. Qu’ils soient artisan, houilleur ou cloutier, les membres de cette branche ont été liés au développement de l’industrie le long de la Sambre depuis leur installation au début du XVIIIème siècle. Le lien sociétal et historique souhaité, au travers de cet article, permettait d'aborder sereinement ce nouvel aspect rencontré par notre patronyme.

     En développant l'histoire de Marcel PARFONDRY (1904-1968), il est apparu qu'un autre moment de notre Histoire prenait le pas sur cette relation avec le développement industriel en bordure de Sambre. Même si les années ont passé, les souvenirs sont toujours là. Même si les plus impliqués ont été exécutés, même si les exécutants ont été condammés par la justice, même si quelques uns se sont cachés, ils nous restent tout le reste. A savoir, la connaissance de faits, l'ambiance dans la famille, le témoignage des anciens, les images des salles obscures, ..... Ce n'était pas pour rien si mon grand-père a toujours refusé de poser son pied sur le sol allemand.

      Nous sommes maintenant près de 70 années plus tard. Le devoir de mémoire reste. Mais, l'évolution est ainsi faite. Cette dernière guerre s'intégrera, comme bien d'autres, dans le parcours livresque des historiens. Elle servira de source d'analyses, d'articles, de références pour les chercheurs. Elle marquera son temps par le fait d'avoir initié la recherche d'une définition du mot génocide. Comme les Croisades, il y a bien longtemps, ont fait apparaître le terme de Guerres saintes. Comme les nombreux conflits au cours de la seconde moitié du XVIème siècle en France qui se sont transformés en Guerres de religion , voire en Massacre (de la St Barthélemy).

     C'est donc dans ce contexte d'insertion historique progressive, selon les buts voulus par ce blog, que l'on doit comprendre l'article qui suit. Une découverte d'une époque pas si ancienne, un aspect du parcours de ce patronyme, un texte qui rassemble ce qui a émergé de nos jours. Innovant, instructif et je l'espère pas dérangeant. S'appuyant  sur une documentation importante pour démontrer de la rigueur et de la neutralité de son contenu.

     La branche de Forchies-la-Marche comprend un nombre incalculable de mineurs. Durant des générations, ils sont descendus dans la terre pendant que d'autres cultivaient leurs terres. Certains, au cours de ces dernières décennies ont pu s’extraire de ce milieu en acquérant un autre statut. C'est là que l'on rencontre Marcel PARFONDRY. Lequel a déjà été présenté dans un article précédemment (voir article : Et aussi le théâtre). Reprenant ce nom de famille, Jean LOUVET, écrivain et auteur de pièces de théâtre, l'avait inséré dans le titre d'une de ces pièces en 1998, intitulée : Madame PARFONDRY est revenue.

      Marcel est lui-même, fils de mineur (Augustin Joseph). Né en 1904, ayant survécu à la grippe espagnole de 1918, contrairement à ses frères et sœurs, cela donne l’opportunité à sa famille, avec l’appui d’un oncle boucher, de le faire entrer à l’école Normale et devenir instituteur. Un début d' histoire, somme toute assez semblable à celle de mon grand-père, dont les mêmes études lui furent payées par son oncle horloger.

      De ces années qui précédent la guerre, on lui découvre plusieurs activités en lien avec le mouvement wallon. On le retrouve au sein de la revue La Bataille wallonne, à laquelle Achille CHAVEE consacre des éditoriaux incendiaires pour une autonomie culturelle et économique de la Wallonie. Comme délégué de cette revue, il devient membre, en 1932, du conseil général lors du troisième congrès de la Concentration wallonne1, organisme de regroupement de toutes les associations wallonnes proches du courant autonomiste. Président de la section de Saint-Vaast de l’Union fédéraliste wallonne (1930) puis de celle de Trivière (1932), Marcel PARFONDRY se montre un défenseur acharné d’une union économique complète entre la France et la Wallonie1bis.

    A l’instar de l’expression déambulée de nos jours, à travers le monde, répétant que Le surréalisme est une histoire belge, l' action reconnue de Marcel sera d’être à la base de la création en mars 1934 du premier groupe surréaliste wallon Rupture à La Louvière2, qui se structura autour d’Achille CHAVEE en associant progressivement Constant MALVA4, Pol BURY5, Fernand DUMONT6, André LORENT et quelques autres. Pour la plupart, de jeunes intellectuels d’extrême gauche qui furent marqués par le ravage de la crise économique et les manifestations réprimées de 1932 et qui trouvèrent par là une sorte d’exutoire et de synthèse entre la poésie et les convictions politiques. Le Manifeste du groupe Rupture, publié en 1935 dans le journal Mauvais Temps, ne laisse aucun doute sur les motivations de ce groupe7. Pour démontrer de cette intransigeance, Marcel appuiera la décision de ceux qui, en janvier 1936, excluront du mouvement surréalisme le compositeur André SOURIS8 pour avoir dirigé, à Bruxelles, un orchestre à l'occasion d' Une messe des Artistes, cérémonie jugée religieuse et mondaine8bis. Dans la foulée, Marcel participera à l'organisation, en octobre 1935, de la première exposition surréaliste dans le Hainaut9 qui présentera des peintures de ... Magritte, Chirico, Dali, Man Ray, Dora Maar, Klee. Rien que du beau monde. Très attaché aux idées d’André BRETON, fondateur du mouvement surréaliste en 1924, avec qui il a probablement correspondu, Marcel PARFONDRY a quelque peu été l’élément le plus présent et le plus attaché du groupe pour défendre le Manifeste. Avec MALVA et LORENT, ils formeront l’aide rigide de ce mouvement. Pour preuve, on le retrouve en janvier 1936, à l’occasion d’un rituel d’initiation, faisant office de baptême du fils d’André LORENT10, tenant en main la photo de Lénine11. Pour des raisons idéologiques, le groupe se perdit dans des débats, entre trotskisme et stalinisme, à l’approche de la guerre, et se disloqua en juin 1939. Démontrant par là de la primauté du contexte politique sur le sens esthétique du mouvement, Marcel ne s'inscrira pas dans la création d’un autre mouvement surréaliste, lancé par A. CHAVEE. Ce qui confirme plus volontiers son lien préférentiel avec les surréalistes de Paris plutôt que ceux de Bruxelles, rassemblés autour de MAGRITTE.

     Par la suite, tout comme une certaine frange issue du prolétariat dans le Hainaut, Marcel participa avec MALVA, au début de la guerre, à l’aventure du seul syndicat autorisé en Belgique par l’occupant, l’Union des Travailleurs manuels et intellectuels (UTMI), en y devenant l’un des rédacteurs de l’organe mensuel Le Travailleur. Cet égarement était de fait orchestré par Henri de MAN12, l’un des belges les plus controversées du début de la guerre. Catalogué comme collaborateur de gauche, sans toutefois verser dans la collaboration active et l’engagement militaire comme Léon DEGRELLE, cet homme politique belge a composé avec l’occupant au cours des deux premières années de guerre avant de se retirer en Suisse. Laissé sous la seule emprise de nationalistes flamands, il est probable que Marcel quittera aussi le navire à ce moment pour se retrouver au sein de la Section wallonne et belge de langue française (SWBLF), créé en mars 194213, dont le porte-parole était Pierre HUBERMONT14, l’un des responsables de la censure en Belgique sous l’occupation. Aucune information sur une quelconque inculpation après la guerre n’a été retrouvée sur Marcel PARFONDRY, contrairement à d’autres (de MAN, MALVA, HUBERMONT,….).

     Retrouvant après-guerre le fil du mouvement surréaliste, il découvrira en 1952 les toiles du peintre Rémy VAN den ABEELE (1918-2006) et décide de l’instruire sur ce mouvement en le présentant en 1953 à Achille CHAVEE. Si avant la guerre, il utilise le surnom de Laurent DERAIVE, il prit plus volontiers par la suite celui d’Hector LABARRE. On le retrouve sous ce dernier nom, répondant, avec beaucoup d’autres15, fin 1958, à la question : Quel est le but dans la vie ! Que faites –vous pour l’atteindre ?16. Il est aussi ‘l’un des signataires d’un article sur le surréalisme en 196117, ainsi que l’un de ceux18 qui fournissent l’une des treizes images rassemblées sur A. CHAVEE lors d'une exposition organisée à l’occasion du 10ème anniversaire de sa mort en 197919. Il participera également sous ce surnom au Musée du soir20, revue dont la parution se serait étalée de 1954 à 1968.

    Si Constant MALVA est sorti de nos jours de sa disgrâce, tout en lui reconnaissant ses lâchetés, ses errements sous l’occupation21, et HUBERMONT qui ne paraît pas conscient de ses choix politiques22, ce n’est pas encore le cas pour Marcel PARFONDRY dont le profil d’écrivain et d’essayiste reste à approfondir. Un récent ouvrage23, dont on a extrait une phrase, a tendance à insérer ce contexte de la collaboration intellectuelle en rapport avec l’origine populaire de ces écrivains prolétariens et de leur défense de l’identité wallonne.

           La collaboration dévore également des gens de gauche comme les écrivains Hubermont et Parfondry dont l’histoire plonge dans les milieux populaires wallons. Ils défendent une identité wallonne à la faveur de l’occupation.

       L'histoire est désormais en marche vers de nouvelles analyses. Même si on ne peut refuter que ce patronyme sonnait bien, pour reprendre l'expression de Jean LOUVET, il serait étonnant qu'il n'y ait pas une autre explication pour avoir repris ce nom dans une pièce de théâtre, considérée par lui comme un peu expérimentale et dont le thème central est la perte du symbolique dans nos sociétés.

       Et, de toutes ces personnes qui ont été au contact de Marcel, seules Achille CHAVEE et Jean LOUVET sont inclus dans la liste des 100 wallons du XXème siècle, éditée par l'Institut Jules DESTREE. Oufti !! Il n'y a pas de situations révisionnistes à craindre.

      De quelle façon peut-on comprendre le parcours de Marcel PARFONDRY ? Eclectique sans doute mais dont le lien fondamental est celui marqué par la misère et la pauvreté ouvrière dans le Hainaut. Héritier de plusieurs générations de travail au contact du fer et du charbon, l'acquisition d'un diplôme lui laissait l'espérance d'en sortir. D'abord aux contacts  de cette gauche prolétarienne, ensuite à la recherche de cette identité wallonne pour finalement espérer un petit quelque chose dans cette ouverture picturale réformatrice, tels ont été ses crédos. Pour ensuite entrevoir cet espoir de renouveau venu d'Allemagne qui devait apporter la solution à la situation de misère des siens, sinon tout au plus un apport alimentaire personnel, voire une promotion sociale. Après avoir tâté toutes ces voies, il semble que Marcel s'en est retourné vers le surréalisme en retrouvant Achille CHAVEE, celui des premières rencontres, celui qui était resté fidèle et cohérent tout au long de ses années. Le seul sans doute qui a su vivre pleinement ses émotions. Marcel a t-il perdu au final ses illusions et les symboles de ses combats ? En avait-il fait part avant de décéder ? Ce qui pourrait expliquer l'insertion dans le titre de la pièce ?

      Au final, cette histoire tend à démontrer que les conflits, qui se sont succédés sur son territoire depuis le partage de l'empire carolingien, ont imprégné ceux qui y habitent, divisés dans leur sentiments d'appartenance. Un sentiment dont la synthèse  a été exprimée dans une phrase du poète Maurice CARÊME24, y soulignant sa double attirance culturelle. 

Brabant de cœur wallon, au visage latin

Mais à l’âme tournée vers le Nord légendaire

       Sur le plan généalogique, Marcel PARFONDRY est un descendant à la 4ème génération d'Antoine (1765-1845), l'un des fils de Mengold PARFONDRY (1711-1771), l'artisan qui est à l'origine de cette lignée, arrivé en provenance de Huy (voir article : Découverte du lieu de naissance de Mengold PARFONDRY) pour fuir plus que probablement les combats des armées de Louis XIV. Marcel est un lointain cousin de Max PARFONDRY (1943-2002), descendant à la 6ème génération de Thomas (1742-1810), un autre fils de Mengold. Auteur, enseignant l'art dramatique au Conservatoire de Liège, comédien, Max est décédé à Paris peu après la dernière représentation de la pièce Rwanda 94 qui, tout au long d'un spectacle de près de 5 heures, retrace la réalité du génocide rwandais. Une façon d'exorciser une histoire familiale sans la connaître peut être !!

 

1 Dont le programme est : l’unilinguisme de la terre wallonne, l’égalité entre la Wallonie et la Flandre dans tous les domaines, la liberté linguistique à Bruxelles, le fédéralisme étant considéré comme un des moyens de réaliser ce programme.
1bis Dans Encyclopédie du Mouvement wallon, t.III, p. 1219 ;Informations transmises par Paul DELFORGE ;
2 Terre de forte implantation communiste à cette époque, l’orientation et l’engagement politique du groupe primait sur les préoccupations esthétiques dans le texte du manifeste rédigé pour l’occasion ; il était question en premier point de » forger une conscience révolutionnaire et de contribuer à une morale prolétarienne» ;
3 Achille CHAVEE (1906-1969) : Avocat, Poète surréaliste belge d’expression française ; engagé dans les Brigades internationales lors de la guerre civile en Espagne ; repris parmi les 100 wallons du XXème siècle ;
4 Constant MALVA (1903-1969) : mineur et écrivain prolétarien ;
5 Pol BURY (1922-2005) : peintre et sculpteur ; membre fondateur du mouvement CoBrA puis du mouvement Art Abstrait ; influencé par les mobiles de Calder, il sera considéré comme le père de la sculpture cinétique (les fontaines de BURY) ;
6 Fernand DUMONT (1906-1945) : 	avocat, poète et écrivain, décéda au camp de concentration de Bergen-Belsen ;
7 Débutant par deux citations de Karl Marx et Lénine, on y trouve la phrase suivante : Est-il nécessaire d’ajouter que si poèmes et proses voisinent dans ce cahier, c’est en dehors de toute préoccupation littéraire ;
8 André SOURIS (1899-1970) : musicien et compositeur de musique de films ;
8bis WANGERMEE Robert (1995) : André Souris et le complexe d'Orphée. Entre surréalisme et musique sérieuse, Mardaga Editions, Liège ;
9 Et seconde dans le monde ;
10 André LORENT : libraire, poète surréaliste, l’un des 4 fondateurs du groupe Rupture ;
11   ROSIER Jean-Marie (mars 1997) : Le Surréalisme de Belgique, un problème d’histoire littéraire ?, Revue Pratiques n°93, (extrait de Cahier du groupe Rupture) ;
12 Henri de MAN (1885-1953) : ancien dirigeant du Parti ouvrier belge (POB), il soutint la capitulation de Léopold III au lieu de l’exil avec le gouvernement à Londres ; il se rebella contre le marxisme aussi en prônant un socialisme de collaboration de classe ;
13 FINCOEUR Michel (2006) : Contribution à l’histoire de l’édition francophone belge sous l’occupation allemande, Doctorat en philo et lettres, ULB, Bruxelles ;
14 HAUSMANN Frank-Rutzer (2004): Dichte, Dichter, tage nicht! Die Europäische Schriftsteller-Vereinigung in Weimar 1941-1948, Druck : Wilhem § Adam, Heusenstamm ;
15 Dont MALVA, SOURIS, Van den ABEELE, CHAVEE, MAGRITTE,…..
16 Situationnistes 1957-1960, Textes et documents ;
17 Surréalisme en Wallonie. Numéro spécial de la revue Savoir et Beauté, 1961, n°2-3, 40 pages (avec Louis SCUTTENAIRE, Fernand DUMONT et André LORENT) ;
18 Dont Pol BURY, Pol VANDROMME, André LORENT,…. ;
19 Exposition organisée par la Bibliothèque Centrale du Hainaut, à La Louvière, sept-octobre 1979 ;
20 Revue internationale de littérature prolétarienne ;
21 Hommage pour le centenaire de la naissance de Constant MALVA, discours de Richard MILLER, Député, 2003 ;
22 Paul DELFORGE, Directeur de recherche à l’Institut Jules DESTREE ;
23 BERG Christian et HALEN Pierre (2000) : Littératures belges de la langue française, Histoire et perspectives (1830-2000), Ed. Le Cri, Bruxelles ;

24 Maurice CARÊME (1899-1978) : poète du Brabant wallon (Wavre); un des 100 wallons du XXème siècle ;

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 09:38

      Le patronyme PARFONDRY, écrit sous différentes formes, existe depuis la fin du XIIIème siècle, sur base des recherches historiques relatées dans plusieurs articles de ce blog. Il s'est perpétué à travers les siècles et les générations. Et selon les données généalogiques rassemblées à ce jour, il a été recensé plusieurs branches  bien distinctes remontant le plus souvent au début du XVIIIème siècle. Avec toutefois les indices mais aussi le sentiment d'avoir trouvé le terroir d'origine de création de ce patronyme,  le long de la Meuse, sur sa rive droite, entre Liège et Huy, Une unité de lieu qui autorise de considérer un certain cousinage entre les individus portant ce patronyme de nos jours.

      La lignée des Chevaliers de PARFONDRY installée à proximité d'Hermalle-sous-Huy vers 1262 (apparition la plus ancienne), peut se revendiquer comme faisant partie de la nombreuse descendance du roi de France Hugues CAPET1. Tout comme d'ailleurs notre équivalent patronymique français de PARFOURU. Avec comme corolaire obligatoire, une présence toujours actuelle à ce jour. C'est ce qui nous est démontré  au travers du site GENEANET. Isabeau de PARFONDRY, la petite-fille du premier chevalier, mariée avec Gérard d'ANTHISNES, serait l'ancêtre à la 20ème génération de la famille actuelle du baron de PODESTAT de WALEFFE, via les barons JACQUIER de ROSEE, les de WAL (seigneur de Baronville) et les D'ORJO (seigneur de Lonchin).

     Cette noble lignée n'est pas restée unique et probe. Probablement construit à partir d'un où plusieurs toponymes existant, la puissance et le pouvoir de cette lignée a du être suffisamment influente pour le faire porter par d'autres, moins nobles mais sans doute tout aussi représentatif de la société dans laquelle il vivait (voir article : La reconversion économique des chevaliers de PARFONDRY). Sans oublier le melting pot qui se créait entre ces deux mondes pour développer une généalogie des plus obscures et qui, me semble t-il, n'a jamais été aussi limpidement exprimée que dans la phrase d'Hervé BAZIN2 : A la dixième génération, vous avez un bâtard certain et deux probables parmi vos ascendants. La bâtardise s'avance, couronne en tête et ne doutant point de ses chromosomes 

     Aujourd'hui, il existerait plusieurs branches attestées de PARFONDRY. L'une en provenance d'Aywaille, qui aurait transité ensuite par le village de Tournay, près de Bertrix, avant de se disperser. Une autre, décelée dans la commune de Forchies-la-Marche, mais très certainement localisée à Huy durant le Moyen-âge. D'autres branches semblent avoir existé, attestant de la diffusion qui s'est opérée, que ce soit à Havelange, à Trognée (Hannut) et très certainement ailleurs aussi. La branche de Trognée, aujourd'hui semble t-il disparue, est probablement celle qui est restée le plus longtemps au contact de son territoire d'origine, entre Liège et Huy. Tout cela sans compter les deux branches de PARFONRY (celles de Neerheylissem et d'Erezée), dont les généalogies sont établies et quasiment complétées jusqu'à la première moitié du XVIIIème siècle. Toutes ses branches ne peuvent attester d'une origine commune, hormis  l'hypothèse d'un lien possible plus récent entre les PARFONRY de Neerheylissem et les PARFONDRY de Trognée. L'explication sur la divergence entre les deux écritures a fait l'objet précédemment d'un article sur ce blog (lire article : Pourquoi PARFONRY et PARFONDRY ?)

     Il y a de faibles probabilités pour que nos recherches à travers les fonds de bibliothèque et les archives, effectuées depuis plusieurs années,  nous permettent de dénicher de nouvelles découvertes. Il nous reste dès lors à espérer que certaines mémoires ou certains documents existent de nos jours dans les greniers ou les neurones enfouis. Un rapide aperçu dans les réseaux sociaux (Facebook et Linkedin) nous fait apparaitre toute une série de prénoms attachés au patronyme PARFONDRY3. Une énumération qui s'avère avoir été marquée d'un certain étonnement. Une vigueur relativement aussi actuelle de celui-ci de nos jours n'était pas aussi évidente au départ. Manifestement, une relève existe, prête à poursuivre le cheminement de cette chevauchée ayant démarré au plus tard à la fin du XIIIème siècle.

    C'est au travers des prénoms, qui sont repris ci-dessous, que l'on peut espérer trouver quelques éléments intéressants. Des souvenirs, une mémoire, un indice, un ultime document qui permettrait de faire remonter le temps. L'appui, dans ce cas, des réseaux sociaux peut s'avérer très utile. Permettre d'arriver à contacter celui où celle qui détient une parcelle de ce souvenir, de cette mémoire, de l'existence d'un document.

  Liste des prénoms sur les réseaux sociaux reliés au patronyme PARFONDRY

A-B-C : Anna, Axelle, Brigitte, Bruno, Catherine, Claire, Claude,

E-F : Elodie, Emilie, Erik, Fanny, Fernand, Françoise (x2), Fred, Frédéric,

G-J-L : Ghislain, Guillaume, Jenny,  Joëlle, Laurence, Logan,

M-O : Marie, Marie-Françoise, Marie-Luce, Mégane,  Olivier,

P-R-S-W : Pascal, Patrick, Philippe, Pierre, Romain, Sébastien, Steve, Willi,

      La difficulté pourrait venir de l'incertitude quant à la délivrance d'une information pouvant être jugée de faible importance où jugée trop personnelle. Mon seul but, à ce stade de mes recherches, est de chercher à consolider l'hypothèse d'une origine commune de ce patronyme et confirmer de l'identification des différentes branches effectuées à ce jour. Un transit conséquent a du s'opérer via la ville de Huy jusqu'au XVIème siècle. Après, c'est sur base de faits historiques, liés aux guerres de Louis XIV, que l'on déroule les quelques éléments de diffusion secondaire (Trognée, Forchies-la-Marche, Aywaille, Neerheylissem, Erezée). Toutes les personnes vivant de nos jours, et dont les prénoms sont repris ci-dessus, n'entrent pas nécessairement dans ce cadre restrictif. C'est ce qu'il serait intéressant à découvrir.

      Cinq pistes essentielles restent à préciser avant de finaliser tout ce travail effectué depuis 2007. Une meilleure compréhension sur ces points serait bien évidemment de consulter au préalable  les différents articles sur ce blog, repris dans la catégorie PARFONDRY. Il y en a 12 en tout.

     Quant aux cinq pistes principales que je souhaiterais solutionner en priorité, voici leurs énoncés.

1. Vérification et validation que chaque PARFONDRY vivant de nos jours atteste être raccordé à l'une des trois branches identifiées : Trognée, Forchies-la-Marche et Aywaille.

2. Le cas de ceux et celles dont l'existence tourne autour de la ville de Ciney reste à approfondir. Il y a là encore des inconnues qui subsistent sur l'origine, le parcours depuis le XVIIIème siècle et sur leurs relations familiales. Toutes informations en la matière serait très appréciée.

3. Il n'est pas certain selon moi que la branche de Trognée soit éteinte complètement même si la dernière représentante dans cette localité, Flore Hortense PARFONDRY est décédée sans héritiers en 1992. Certains des prénoms peuvent y être rattachés.Cette branche pourrait être liée avec la branche des PARFONRY de Neerheylissem. Il reste malheureusement un chainon manquant à découvrir.

4. La branche des PARFONDRY de Forchies-la-Marche est nécessairement encore  active de nos jours. Je souhaiterais clarifier la liste des prénoms qui font partie de cette branche, avec si possible les relations familiales qui les unissent. Les dernières personnes identifiées sont Marcel, Max et Olivier, le fils de ce dernier.

5.. De façon plus précise, des informations en relation avec le consul de France en Belgique Lambert Joseph PARFONDRY et le coureur cycliste médaillé olympique Alphonse PARFONDRY me seraient pertinentes et utiles. Cela permettrait de compléter l'article dans ce blog qui les concerne chacun.

      Sans réponses concrètes, il est à craindre que le travail de recherche se termine à ce stade des découvertes. Parmi les 86 PARFONDRY recensés en 1999, il doit bien exister certaines mémoires, certains indices, certains documents cachés qui pourraient apporter des réponses exploitables.

1 Site de la descendance capétienne : Capedia.fr ;

2 Extrait de : La mort du petit cheval (suite de Vipère au poing);

3 Pour les PARFONRY, on peut considérer que les généalogies recensées sont quasiment complètes jusqu'au début du XVIIIème siècle ;

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:11

    L'histoire de notre patronyme se fond parfaitement dans la grande histoire comme je l'ai déjà rappelé. Les différentes mentions des individus qui la composent sont automatiquement rapportées à l'une où l'autre période. Tous ces faits, toutes ces énumérations de personnages ont été jusqu'à présent reliés à des époques précises. Le but de cet article est cette fois d'aller un peu plus loin dans la réflexion. Aborder l'un des aspects relationnels qui y apparait d'une manière assez récurrente. Je veux parler de ce lien constant de notre patronyme belge avec la France. Si le souci majeur des monarques français a été de vouloir dominer ce territoire pendant des siècles, en contrepartie une attirance vers la France s'est manifestée très tôt. Ce dualisme dans les situations a probablement du attendre un certain temps avant que le tabou ne tombe. Deux livres récemment parus s'efforcent de décortiquer cette relation ambiguë. Leurs titres attestent bien de ce désaccord. 

            L'inconnue Française. La France et les Belges francophones (1944-1945), par Catherine LANNEAU, P.I.E. Peter Lang, Bruxelles, 2008 ;
         La Belgique et la France. Amitiés et rivalités, par Romain YAKEMTCHOUK, L'Harmattan, Paris, 2010 ;

     Pour expliquer et témoigner, il me restait à trouver un témoin, pouvant illustrer de cette relation. Je l'ai découvert dans la personne d'un Consul de France en Belgique, belge de naissance. Sa carrière offre l'opportunité d'aborder cet angle particulier, toujours en ayant à l'esprit la représentation de notre patronyme pour expliquer ce que fut le développement de la société.

     La branche des PARFONDRY originaire de la localité de Trognée est recensée depuis Lambert PARFONDRY, marié vers 1710 avec Marie DELSAUX (ou DOLFAUX).  Cette date indique une période d'installation légèrement plus ancienne que la branche à Forchies-la-Marche, ce qui pourrait confirmer qu'elle est aussi la résultante de l'éparpillement du patronyme, installé en  bordure de la Meuse entre Liège et Huy, devant fuir les débordements des guerres menées par Louis XIV. Trognée, tout comme Forchies-la-Marche, est en fait une localité de la Principauté de Liège, située dans sa bordure ouest, à la limite avec le Duché de Brabant sous domination espagnole à cette époque.

     La descendance de ce couple a été très nombreuse à chaque génération, sans qu'on dispose de la totalité des individus à ce jour. On trouve traces de cette famille dans les recensements communaux de 1883 et de 1910 et dans les registres de baptême pour la période de 1664 à 1802 (source : A.E. Huy). Dans ses mêmes actes de baptême, on retrouve ainsi quatre enfants de ce premier couple (Gilles, Jean, Lambert et François) né entre 1700 et 1708. Seul, le cinquième Gérard, est né en 1712 après la date du mariage.

     A la cinquième descendance du couple PARFONDRY - DELSAUX, on découvre, à travers Généanet, un Lambert Joseph PARFONDRY, né à Trognée le 19/03/1888. Cette même personne apparait dans le recensement de population de 1910, habitant au 7 de la rue du Bois chez ses parents (Gérard PARFONDRY et Marie-Louise CORNELIS), avec ses 2 frères (Jean Baptiste et Louis-Joseph), ses deux soeurs (Marie-Lambertine et Jeanne-Marie Louise), une belle-soeur (Mathilde ROBERT, épouse de Louis-Joseph), une nièce (Louise-Mathilde) et une tante (Marie-Catherine), soit 10 personnes. Sur ce folio, il y est mentionné quelques autres informations intéressantes pouvant alimenter l'histoire de cette famille, notamment sur les professions et les changements de domiciliation. Gérard, a ainsi occupé plusieurs fonctions, allant de chef de culture à agent d'assurances, marchand de graines et receveur communal.  Quant à Lambert Joseph, son fils, on y lit qu'il a été radié de la localité le 19 mars 1921, à l'âge de 33 ans, pour habiter rue du Rameau d'Olivier à Anvers et y exercer comme Employé de Consulat.

     Il a vite été attesté que ce consulat était celui de la France. Dans un article de journal de 1924, il y est repris une personne portant ce nom avec le titre d'Attaché au Consulat, accompagnant à l'hôtel de ville une délégation de la ville de Le Havre. Le caractère portuaire des deux villes devait sans doute être l'objet de cette rencontre. 

Journal des débats politiques et littéraires du 13 octobre 1924 

   Belgique - La municipalité havraise à Anvers 
      La délégation havraise est arrivée hier matin, à 9 heures, à Anvers. Elle a été reçue à la gare par M. Belliard, président de la Chambre de commerce française, et M. Massani, membre de la Chambre de commerce française;  par le consul général de France à Anvers; par M. Parfondry, attaché au Consulat, et par le bourgmestre.
      Les membres de la délégation ont été conduits en automobile à l'hôtel de ville où le bourgmestre a prononcé un discours de bienvenue, auquel a répondu M. Lange, adjoint au maire, qui a excusé M. Meyer, maire du Havre, rappelé d'urgence à Paris, de n'avoir pu venir à Anvers.
     Les membres de la délégation havraise ont visité l'hôtel de ville, le musée Plantin et le musée des beaux-arts. A midi, les membres de la délégation havraise ont été les hôtes du Cercle français. L'après-midi, ils ont visité le port.

    La carrière de ce Lambert Joseph PARFONDRY nous sera détaillée, en lisant une série de renseignements et en les recoupant. On a ainsi à notre disposition une copie de son acte de naissance et une lettre du Consulat de France à Charleroi du 28 novembre 1980 qui atteste de son passage à ce Consulat1. On découvrira aussi sur la base de données Léonore de la Légion d'honneur, un dossier lui octroyant la médaille de Chevalier en 1947. Ce qui nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur le parcours de ce Lambert, Joseph.
     Il officiera de longues années au Consulat de France à Anvers. D'octobre 1914 à novembre 1923, il sera affecté au Service auxiliaire du Consulat général, laquelle disposait d'une extension d'autorité sur la Légation de France à La Haye, au Pays-Bas. Lambert Joseph a par conséquent travaillé à partir de l'âge de 26 ans à Anvers, même si sa radiation de la commune de Trognée n'y sera officialisé que bien plus tard en 1921. Le 17 novembre 1923, il y sera notifié de commis de chancellerie. Et plusieurs années plus tard, toujours en poste à Anvers, il sera  désigné comme Vice-consul à la date du 30 juillet 1937. Surviendra ensuite les années de guerre, ce qui explique certainement le fait qu'il se retrouve à l'Administration centrale, à savoir réaffecté dans les services du Ministère des Affaires étrangères à Paris, à partir du 16 mars 1941. Cette pénitence ne sera que de courte durée car le 16 décembre de la même année, il est désigné Chargé du Consulat de France de Charleroi. Quelques années plus tard, appelé manifestement pour pallier le manque d'effectifs nécessaires pour réouvrir en priorité les consulats de Charleroi et d'Anvers, il y sera nommé Consul 2ème classe en date du 1er avril 1945 jusqu'au 16 janvier 19492, date à laquelle, ses droits à la retraite lui seront octroyés. Lambert Joseph était âgé à ce moment de 60 ans. Selon le Consul honoraire de France à Charleroi, dans sa lettre du 28/11/1980, il aurait toutefois poursuivi pendant quelques années sa carrière à l'Ambassade de France à Bruxelles.
     Au milieu de ce parcours, Lambert Joseph sera fait Chevalier de la Légion d'honneur, par décret du 12 avril 1947, appuyé par un rapport de l'Ambassadeur de France à Bruxelles, M. Raymond BRUGERE. Il y est ainsi mentionné comme justification la phrase suivante :

               Les longs services de M. Parfondry ont toujours été très appréciés par le Département qui s'est plu à reconnaitre les qualités de travail et de dévouement de cet agent
ainsi que la note qui y est annexée :
               M. Brugere, Ambassadeur de France à Bruxelles, a sollicité, à maintes reprises de la manière la plus pressante, la croix de chevalier de la Légion d'honneur en faveur de notre Consul à Charleroi. Cette nomination, entièrement justifiée, sera accueillie avec faveur par tous ceux qui connaissent l'intéressé 

      Il est évident que pour effectuer ce parcours professionnel, Lambert Joseph PARFONDRY aura obtenu la naturalisation française.  Celle-ci lui sera accordée en 1923, ce qui coïncide quelque peu avec son changement de statut au Consulat de France à Anvers.  La courte notice d'appréciation de l'Ambassadeur n'est pas assez précise pour justifier de l'octroi de cette décoration. L'explication doit être trouvée en interprétant ce qui se trouve au travers de ces quelques mots, et notamment en cherchant à mieux découvrir qui était cet ambassadeur Raymond BRUGERE (1885-1966).
     Ce dernier a été, lorsqu'il était ambassadeur de France à Belgrade, l'un des premiers à marquer de son refus, dès le 17 juin 1940, de servir le gouvernement du Maréchal PETAIN. Il fut interné à Vichy pendant près de 2 années avant d'être libéré par la résistance le 8 juin 1944. Par la suite, on le retrouve comme ambassadeur en Belgique du 4 octobre 1944 au 15 décembre 1947, soit durant la période couvrant la fin de la seconde guerre et surtout les premières années qui suivirent l'armistice. Au travers des renseignements retrouvés, on peut supposer que Lambert Joseph PARFONDRY, de par ses origines belges, a été un conseiller écouté au niveau  de l'ambassadeur. On peut imaginer, qu'il a du aider celui-ci à comprendre les deux situations troubles qui existaient à cette période en Belgique. En premier lieu, la question royale avec le retour fort contesté du roi Léopold III sur le trône. La question de l'attitude de la France à l'encontre du Prince Régent Charles, frère de Léopold III, fut sérieusement débattue.  En second, le positionnement de la France vis-à-vis d'un soutien à un mouvement séparatisme wallon, dont le centre de gravité se trouvait à Liège, conséquence de l'attitude favorable de la révolution liégeoise de 1789 vis à vis de la France. Malgré une position officielle de désapprobation, il suffit de souligner que le Général de GAULLE a  fait mention dans ses mémoires de ce soutien à un éventuel rattachement de la Wallonie à la France. Les autorités anglaises soupçonnaient BRUGERE d'être en accointance avec les milieux wallons et de financer l'action contre le retour du roi Léopold III. La lecture de certains échanges de lettres entre l'ambassadeur BRUGERE et Georges BIDAULT, Ministre des Affaires étrangères, démontre d'une documentation soignée pour ne pas y voir l'influence d'une personne du cru pour mieux informer et argumenter. Ayant occupé de nombreuses années une fonction à Anvers, combiné avec ses origines liégeoises, Lambert Joseph PARFONDRY disposait d'une parfaite connaissance des rouages de fonctionnement de ce pays un peu artificiel qu'était la Belgique aux yeux des français. BRUGERE a été volontiers plus en accord avec de GAULLE qu'avec BIDAULT.

      Le livre de Catherine LANNEAU fait référence à deux reprises à cette influence de PARFONDRY, dont l'une est particulièrement très explicite.

            1. Fonds du Consulat de France à Charleroi : dossier 85 : Affaires politiques ;
            2. AMAEF-DP3, dossier 31, de Parfondry à Brugere, 19/02/1945 ;


    De là à dire qu'il aurait joué un rôle important dans une tentative d'annexion de la Wallonie à la France, n'est peut être pas invraisemblable. L'attribution de la Légion d'honneur trouve là probablement sa justification. 

     L'histoire de Lambert Joseph PARFONDRY reste donc à découvrir. Celle d'un homme de l'ombre, apportant ses conseils, ses idées, ses contacts et probablement sa prose pour la rédaction de lettres diplomatiques de la plus haute importance. Mais, comme tout homme de l'ombre, il n'aura pas du laisser de traces de sa présence. Il est, semble t-il, resté attaché à sa région d'origine. Décédé à Liège le 18 mars 1969, il habitait, comme par hasard, au 21 quai de Gaulle. Il reste aussi à vérifier si, de nos jours, les quelques PARFONDRY (et non PARFONRY) disséminés pour la plupart à l'Est de la Meuse sont liés à cette branche de Trognée. On pourrait, en cas de réponses positives, les considérer aussi comme des  "cousins " pour approfondir de ce lien, de cette attirance, pas toujours partagée, entre les deux pays.

      Sur le plan généalogique, et selon mon hypothèse, le premier de la branche de Neerheylissem serait venu de Trognée entre 1746 et 17484, intervalle de temps pendant lequel les armées françaises occupèrent tout le territoire belge actuel, pendant la guerre de succession d'Autriche, en y supprimant temporairement les barrières avec la Principauté de Liège.
    Il est difficile de ne pas envisager que cette branche de Trognée n'ait pas été la base du lancement de celle installée à Neerheylissem vers 1750. Les données généalogiques nous font défaut pour le moment. Mais rien non plus ne nous empêche de ne pas le faire croire au vu des quelques éléments connus qui peuvent nous servir d'arguments. De nombreuses informations sur cette installation de PARFONDRY à Trognée sont encore manquantes. Si la généalogie ne peut nous aider, force en sera de recourir à la déduction et à la convergence d'indices pour nous en satisfaire.

      Pour preuve, François-Xavier VANNESSE, l'échevin de l'état - civil enregistrant la naissance de Lambert  Joseph PARFONDRY en 1888 s'est marié avec une Angélique PARFONDRY de Trognée. Cette dernière est la fille d'un Jean-Pierre PARFONDRY et de Marie J. HALLET, mariés en 1816 à Trognée, et dont il ne s'avère pas possible de déterminer le lien avec l'autre lignée. Le prénom de Jean-Pierre, prénom du premier apparaissant à Neerheylissem vers 1750, était donc bien utilisé dans la branche de Trognée. Comme autre point pouvant attester de l'importance prise par ce nom de famille, le taux de consanguinité du père et des oncles du consul Lambert Joseph est de 12.5%. La mère de sa grand-mère paternelle (Marie-Louise FAUCON) est en fait la belle-soeur (Louise Thérèse PARFONDRY) de cette dernière. Tout cela est confirmé par la lettre de la commune de Hannut5 du 24 novembre 1980 qui indique que " le nom était assez répandu ". Il n'existe malheureusement plus de PARFONDRY de nos jours à Trognée. Un PARFONDRY, ingénieur agronome de l’Etat, y était encore localisé en 1905. La dernière représentante de toute cette lignée a été Flore, Hortense PARFONDRY (1923-1992), arrière-petite-fille du couple PARFONDRY-HALLET, célibataire, décédée sans héritiers.

1  La quasi totalité des documents m’a été fournie par Alain PARFONDRY, de la branche d'Aywaille, lors de notre rencontre de décembre 2007 ;
2 Cette désignation en 1941 à Charleroi et sa nomination comme Consul en 1945 attesterait donc que c'est un autre Parfondry qui est indiqué comme sous-chef de service de la presse lors des obsèques à Vichy de Jean DUFOUR, chef des services de la censure, en octobre 1942 ;
3 AMAEF - DP : Archives Ministère des Affaires Etrangères français - Dossiers politiques ;
4 Distance entre la rue du Bois à Trognée et la rue des Charrons à Neerheylissem : 15 km ;
5 Hannut : ville dont dépend le village de Trognée depuis le regroupement de communes de 1977 ;

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:10

      L'histoire dont il est question ici est celle d'Albert PARFONDRY. C'est en fait l'histoire de quelqu'un qui est à l'intersection entre deux mouvements de migration, comme une sorte de témoin de ce qui fut l'apanage du développement depuis la nuit des temps.  Se déplacer non pas nécessairement pour aller à la rencontre de l'autre mais bien pour rechercher un travail, pour assurer la subsistance et la pérennité des siens.

      Albert est né dans le village de Tournay, à côté de Bertrix, dans le Luxembourg belge, le 3 juin 1881. Descendant de cette lignée qui avait du quitter la région d'Aywaille, en bordure de l'Amblève, terre qui fut le lieu d'installation d'un ancêtre il y a de cela bien longtemps. Wéry PARFONDRY, né à Aywaille en 1765, avait quitté son terroir. Il s'était marié à Tournay en 1794, y exerçant le métier de porteur de contraintes1, ce nouveau métier, annonceur de mauvaises nouvelles, inventé dans la foulée de la Révolution française. Wéry avait bien du traverser le Pont de Marie-Thérèse à Maissin (voir article : Alphonse, le médaillé olympique), comme de nombreux autres, avant de s'arrêter près de Bertrix pour y trouver du travail et fonder un foyer. La descendance s'y maintient pendant une bonne centaine d'années avant qu'un nouvel appel d'air se fit sentir en provenance de Paris. La capitale française bouillonnait d'idées nouvelles et de renouveau économique. Albert PARFONDRY, arrière - petit - fils de Wéry, né à Tournay en 1881, entama donc la deuxième étape de la migration vers le sud. Il se maria à Paris en 1912.

     L'histoire d'Albert aurait pu s'arrêter là. On aurait pu oublier ce qu'il était venu y faire à Paris. Travailler, on pouvait en être sur mais quel type de travail. Là ou s'arrête le travail du généalogiste, commence le travail de recherche sur la mémoire, s'efforçant de relier, comme un greffon, la partie visible à la partie cachée de l'arbre. Et ce que l'on découvre, c'est finalement la partie essentielle de l'histoire d'Albert.  Avec ses petites mains, il a collaboré à l'essor de l'industrie de l'automobile, l'un des nouveaux domaines de prédilection des Géo Trouvetout,  qui y trouvaient, comme de nos jours, une source d'innovations sans limites.
       L'automobile avait atteint ses premières lettres de noblesse, après les évolutions progressives du siècle passé. En 1891, la première voiture à moteur à explosion sera commercialisée. En 1899, la vitesse de 100km/h sera dépassée par la célèbre Jamais Contente, voiture électrique profilée de 1,5 Tonne2, conduite par le belge Camille JENATZY. De nombreux constructeurs virent ainsi le jour à la fin du XIXème siècle. Il y eut les plus célèbres (Peugeot, Berliet, Renault,...), mais aussi une multitude d'autres qui ne traverseront pas le siècle. En 1907, l'année de la course, le chiffre de 250 000 automobiles sera dénombré dans le monde.
     Au milieu de toutes ces émulations, la marque COTTIN - DESGOUTTES se fera son chemin.  Reconnue comme fabricant de voitures rapides, d'une très belle finition, quoiqu'un peu couteuse, elle acquerra son renom auprès du public en participant aux nombreuses compétitions qui étaient organisées. Elle venait de sortir en 1907 un nouveau modèle, une 12 CV de 2.5 L dont il fallait démontrer la fiabilité. Cette année 1907 marquera l'apogée de sa réussite avec de nombreuses victoires dans des courses de côte. La participation de la marque au Critérium de France devait venir confirmer l'extrême qualité de la production.
       Au travers d'articles du Journal Le Figaro, on y retrouve Albert PARFONDRY, participant à la course du Critérium de France, organisée au début du mois d'août 1907. Il fait partie de l'une des trois voitures de la marque COTTIN - DESGOUTTES, l'une des plus importantes écuries pour l'époque. Elles y sont inscrites, aux côtés des PEUGEOT et des de DION - BOUTON, autres marques réputées. Si la première voiture est conduite par l'un des deux patrons, Cyrille COTTIN en personne, Albert PARFONDRY sera le mécanicien de la troisième voiture, la numéro 21. La petite erreur d'écriture  dans le nom n'empêche pas de reconnaitre celui qui avait déjà été repéré précédemment comme mécanicien à la même période.

       Voici ce qu'en raconte, Frantz REICHEL3, l'envoyé du journal Le Figaro, tout au long de ses premiers articles.

    Le Figaro du 2 août 1907

    LE CRITERIUM ET LA COUPE 
......... Les trois Cottin-Desgouttes sont placées parmi les favorites; elles défendront la réputation de l'industrie lyonnaise. Les trois voitures sont tout à fait séduisantes,.... Durant la saison 1907, elles ont glâné trois victoires dans la course de côte de Limon est,une dans la course de côte de Montjeu, une dans celle du Val-Suzon, trois dans la course de la Provence sportive, une dans le meeting d'Hyères, et aussi dans la course du ballon d'Alsace, pour ne citer que ces succès.......... 

     Le Figaro du 3 août 1907

     LE CRITERIUM ET LA COUPE
       De Paris à Clermont-Ferrand
      La première étape du Critérium de France a été accomplie hier à une allure endiablée par tous les concurrents ; ce qui avait si bien commencé la veille eut un lendemain brillant. ......
     Trente-cinq voitures sont sorties à trente secondes les unes des autres au milieu d'un troublant tintammare de moteurs en marche et d'un assourdissant, hilarant et entraînant charivari de cornes et de trombinos. En dépit de l'heure matinale de départ - cinq heures - il y avait foule, une élégante foule de gens ......
      Le plus gros succès de départ a été pour M. Henry Debray, qui participe au Critérium et à la Coupe dans une limousine avec l'avant fermé....
      Parmi les 35 partants, les plus remarqués ont été les suivants :
        Le n° 4, PEUGEOT I ; conducteur, Louis Perret ; mécanicien : Salique ; voyageurs, MM. le  docteur Gimbert  et Carlier ;  poids en charge : 1700 kg ;
        Le n° 5, PEUGEOT II; conducteur , Louis Renaux; mécanicien : Broux; voyageur, .......
        Le n° 9, DE DION - BOUTON, .conducteur Baron de Marcay, ........  Le n° 10, DE DION - BOUTON, ........
        Le n° 11, DE DION - BOUTON, ......              Le n° 12, la 6-cylindres VINOT - DEGUINGANG,  ........
        Le n°15, la LORRAINE-DIETRICH, ........     Le n° 16, la GOBRON - BRILLIE, ........
        Le n° 19, la COTTIN - DESGOUTTES I, conduite par M. Cyrille Cottin ; .......
        Le n° 20, la COTTIN - DESGOUTTES II, conduite par M. Latune ; ....
        Le n° 21, la COTTIN - DESGOUTTES III, conduite par M. Francès ; mécanicien, Parfondri ; voyageurs, MM.   Baudry et Francès père ; poids en charge, 1,650 kilos.
        Le n° 36, la REGINA - DIXI I, ..... Le n° 37, la REGINA - DIXI II, ..... Le n° 38, la REGINA - DIXI III, .......Le n° 40, la E. BRILLIE, .......
     L'étape allait de Paris à Clermont - Ferrand par Melun, Fontainebleau; Montargis, Cosne, Nevers, Cannat et Riom, soit 415 kilomètres de routes magnifiques que les concurrents ont littéralement dévorés. Tous sans exception ont roulé à un train infernal ; Sorel, sur sa Lorraine - Dietrich, le baron de Marçay sur sa de Dion-Bouton, et Perret sur sa Peugeot ont abattu le parcours à 80 de moyenne à l'heure; les autres ont marché à l'avenant ........

     Les 35 partants ont atteint l'étape dans les délais qui leur étaient accordés, basés - je le rappelle - sur une moyenne de 40 kilomètres à l'heure. C'est la première fois qu'un pareil résultat est atteint avec un si remarquable ensemble ; pas une défaillance ne s'est produite; ce qui prouve la très satisfaisante mise au point de tous les véhicules en général et de ceux qui ont effectué des parcours plus particulièrement remarquables : les trois Cottin-Desgouttes qui, admirables d'égale régularité, ont fini en paquet; les trois Regina-Dixi qui ont marché pareillement,
.......
     Les 35 véhicules du Critérium reprennent ce matin la route; ils iront aujourd'hui de Clermont-Ferrand à Bordeaux par Rochefort,Montagne, Ussel et Périgueux, soit 377 kilomètres extrêmement accidentés.
       
     Le Critérium de France devait en principe se dérouler sur quatre journées, du 2 au 5 août 1907, avec arrêts successifs  à Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nantes et Trouville. Malheureusement, à la fin de la seconde étape, peu avant Bordeaux, à Pompignac précisément, un accident entre une voiture où avaient pris place des journalistes, entra en collision frontale avec l'une des voitures participant à la course, la n°35. Bilan : sept morts et un blessé grave. En autorisant des passagers dans ces nouvelles voitures de course, sans ceinture de sécurité, on ne faisait évidemment que multiplier les risques en cas d'accident. L'erreur provenait de la curiosité  professionnelle des journalistes qui voulaient remonter la course pour s'approprier l'info en priorité. Il n'en fallait pas plus pour que le Préfet ne prenne la décision d'interdire la course. Cet accident mettra fin aux courses sur route. Elles se feront désormais sur routes fermées lors de rallyes ou en course de côtes très encadrées.

     En participant à cette course, Albert PARFONDRY nous confirme que son parcours parisien a bien commencé quelques années avant son mariage en 1912 avec Marguerite BRASSY. Si la marque COTTIN - DESGOUTTES, est lyonnaise à l'origine, elle s'était installée à Paris depuis peu. Manifestement, cette participation à cette course en 1907 est une confirmation comme quoi Albert PARFONDRY a survécu à la grave agression de février 1902, relatée par ailleurs (voir article : On a assassiné un Parfondry !!!).

       On ne peut dire si ce grave accident lors du Critérium a été la raison de la modification du parcours d'Albert. On note toutefois que FRANCES, le pilote de la troisième COTTIN - DESGOUTTES, n'apparait nulle part ailleurs dans le palmarès des nombreuses victoires de la marque, contrairement à COTTIN et LATUNE les deux autres pilotes4.  La marque COTTIN - DESGOUTTES poursuivra son développement et sa production. Ainsi, en 1913, à la veille de la première guerre, elle produira 450 voitures avec un personnel atteignant les 300 personnes. Albert avait du quitter à ce moment la société. La relation de ces événements se profile un peu plus cependant avec l'offre d'emploi qu'Albert a déposé dans le journal Le Gaulois du 10 mars 1908, et que nous avions déjà mentionnée dans le même article précédent. Albert, tout en cherchant un travail, ne semble pas disposé d'accepter la proposition la moins disant. Il met en avant le fait qu'il dispose de références, probablement, et pour le moins, une lettre signée de l'un des deux directeurs dont il a défendu la marque de voiture. On aimerait bien connaitre la suite de son parcours.

        Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret

      Albert obtiendra la naturalisation française en 1934. De nos jours, son petit-fils a une nouvelle fois déplacé le centre de gravité de la lignée vers le sud, en s'installant dans la plaine du Médoc. En peu de temps, au regard de l'histoire de l'homme, d'Aywaille, au bord de l'Amblève, à Cussac-Fort-Médoc, au bord de la Gironde, après avoir traversé le pont Marie-Thérèse5, un nom s'est ainsi perpétué en ligne directe. Une de ces lignées qui démontre de la vitalité qualitative toujours actuelle de notre patronyme. Et l'année 1949 sera désignée manifestement comme l'année de la consolidation de ce patronyme. Un bon cru !!!

1 Porteur de contraintes : celui qui notifie les mises en demeure pour récupérer des impôts ; huissier de nos jours ;
Le problème du poids des batteries reste toujours de nos jours d'actualité pour permettre une plus grande autonomie ;
3 Frantz Reichel (1871-1932) fut ce qui l'on peut appeler un sportif accompli dans plusieurs disciplines (Cross-country, boxe, athlétisme, rugby) mais aussi un dirigeant important du sport français; pionnier de l'automobile et de l'aviation, initiateur de la rubrique sportive dans Le Figaro, Officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 14-18, reconnu dans la liste des Gloires du sport français ;
4  http://cottindesgouttes.free.fr/fr/DocBrowser.htm?title=Succès ;
5 Ce qui pourrait dès lors expliquer la propension de l'utilisation de ce prénom au sein de cette branche ;

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 14:00

      Au sein des membres de notre patronyme, on a pu constater qu'il a essaimé dans plusieurs domaines d'activités, comme pour  témoigner, malgré le nombre relativement peu élevé d'individus, de sa réelle représentativité sociétale. De nombreux secteurs avaient ainsi été couverts, tout au long de ses articles. Un seul, à vrai dire, manquait à l'appel. Il n'y avait été fait mention d'aucun sportif d'un certain niveau.

      Ce déficit d'images devait être comblé par nécessité. C'était manifestement un oubli car depuis longtemps, j'avais gardé en mémoire l'existence d'un cycliste belge de ce nom ayant porté le maillot national.  

     Ce cycliste s'appelait Alphonse Parfondry, né à Libin1 le 1er janvier 1896.  Son fait de gloire était d'avoir obtenu une .... médaille olympique en argent. Il restait désormais à étayer cette médaille par des éléments plus concrets.

     Deux extraits dans un journal français allaient faire sortir de l'ombre notre sportif, le seul ayant jusqu'à ce jour, défendu avec panache notre patronyme. On y découvrait ainsi qu'il avait participé aux Jeux Olympiques de Paris en 1924. Terminant 6ème d'une course en ligne (72 partants), courue en fait sur un contre-la-montre de 188km, il obtient sa médaille d'argent grâce au classement par équipes. En insérant trois coureurs parmi les 10 premiers, la Belgique obtenait la deuxième place derrière la France  et devant la Suède.

     Et la Belgique complétait lors de ses J.O. par une médaille de bronze en poursuite par équipe en se classant à la troisième place, après l'Italie et la Pologne, avec un quatuor de coureurs où l'on retrouve Henri Hoevenaers (1902-1958), Jean Van den Bosch (1898-1985) et Fernand Saive (1900-1981), les trois participants de la course en ligne, auquel on adjoignait un certain Léonard Daghelinckx (1900-1987), en lieu et place de notre Alphonse Parfondry. Difficile d'en connaitre, après autant d'années, l'explication de ce changement. Sur une photo du journal, on constate que le team cycliste belge comprend 12 personnes, y compris le personnel d'accompagnement. Et Alphonse Parfondry y est la seule personne manquante2. Etait-il blessé ? Etait-il en désaccord avec l'équipe ? Avait-il été écarté ? Avait-il préféré donner sa place ? Avait-il fêté un peu trop sa médaille ? Désirait-il se reposer ?  Autant de questions dont les réponses restent ouvertes.  Etonnant tout de même, après avoir montré ses capacités de poursuiteur individuel sur 188 km, d'être remplacé par un coureur qui était catalogué comme sprinteur. L'allusion du journaliste, à son sujet ne manque pas de sel. Alphonse Parfondry y est décrit comme " un gaillard qui avance également très bien ". Ce qui est évidemment assez heureux pour un coureur cycliste. Mais qui peut être interloquent quand on ne le retrouve pas dans l'équipe belge de poursuite. Avec en corollaire le fait qu'il s'avère mentionné dans la liste des favoris pour le championnat du monde amateurs qui va suivre et pour lequel rien n'est certain de sa participation3.

La Pédale. Revue hebdomadaire de la bicyclette et de ses accessoires, 30 juillet 1924

p. 11

Ce qu'on fait les Belges 

      La première place, dans le team belge, a été occupée par Hoevenaers, champion amateur depuis plusieurs années. Henri Hoevenaers est un coureur de grande classe, déjà pressenti depuis quelques temps pour tourner "pro", mais qui s'y refuse énergiquement.........

      Le second classé est Parfondry; c'est un gaillard qui avance également très bien. C'est ainsi qu'après 100 kilomètres de course, il avait conservé les huit minutes d'avance qu'il avait au départ sur Leducq. Il ne fut pas trop malchanceux et réussit à devancer nettement notre champion, terminant sixième au classement général.

Résultat Course cycliste amateur individuel sur route, Jeux olympiques de Paris, 19244

                  1. Armand Blanchonnet                 Fr                  6h 20'48"       Médaille d'or

                2. Henri Hoevenaers          Bel         à   09' 39"   Médaille d'argent

               3. René Hamel                               Fr                        10' 03"      Médaille de bronze

               4. Gunnar Skold                            Sué                       12' 48"

               5. Albert Blattmann                     Sui                        13' 21"

               6. Alphonse Parfondry         Bel               15' 09"

               7. Eric Boklin                                Sué                        15' 24"

               8. Georges Wambst                      Fr                         17' 26 "

               9. André Leducq                            Fr                         18' 28 "

              10. Jean Van den Bosch        Bel              19' 43 "

                 .............

              16. Fernand Saive             Bel              27' 28"

Résultat Course cycliste sur route amateur par équipe, Jeux olympiques de Paris, 1924

                    1. France (Blanchonnet, Hamel, Wambst), Médaille d'or

                   2. Belgique (Hoevenaers, Parfondry, Van den Bosch), Médaille d'argent

                   3. Suède  (Skold, Boklin,....), Médaille de bronze

             4. Suisse    5. Italie   6. Pays-Bas   7. Grande-Bretagne    8. Luxembourg    9. Argentine    10. Yougoslavie  

Résultat Poursuite par équipe 4000 mètres, amateur 

                      1. Italie

                    2. Pologne

           3. Belgique (Henri Hoevenaers,  Jean Van den Bosch, Fernand Saive, Léonard Daghelinckx)

p. 13

Le Championnat du monde amateurs sur route

   C'est samedi que va se disputer le Championnat du Monde amateurs sur route. L'U.V.F. en a assumé l'organisation. Il est probable que la plupart des olympiens de juillet y prendront part. De la sorte l'épreuve s'annonce comme devant présenter un transcendant intérêt.

    Il ne s'agit plus d'une course contre la montre. Il s'agit d'une belle course en ligne. Nous verrons si nos Blanchonnet, Hamel, Wambst, Leducq, Bocher.... et autres as notoires de l'amateurisme français, pourront enlever le trophée mondial aux Hoevenaers, Marsch, Parfondry, Skold et autres étrangers.   ......;

 

     De tous ces coureurs amateurs repris, au travers de ces deux extraits de presse, seul le français André Leducq (1904-1980) poursuivra une carrière professionnelle des plus marquantes. Après être devenu la même année, en 1924,  champion du monde amateur, il remportera chez les professionnels Paris-Roubaix en 1928 et deux fois le Tour de France en 1930 et 1932.  Et il faudra attendre un certain Eddy Merckx pour lui ravir la primeur sur  ses 25 victoires d'étape. Du côté belge,  Henri Hoevenaers, après avoir été 4 fois champion de Belgique sur route amateur  de 1922 à 1925 et champion du monde amateur en 1925, prendra une courte  licence de professionnel entre 1926 et 1928. Il en sera de même pour Fernand Saive, qui, avec beaucoup moins de brio cependant, sera le seul des belges à terminer le Tour de France à la 32ème place en 1926. 

     Quant à notre Alphonse Parfondry, ses autres résultats sont quelques peu épars. Grâce à la collaboration de la Fédération cycliste Wallonie-Bruxelles (FCWB)5, son nom apparait dans le classement de quelques courses à partir de 1922.  Il a essayé de s'orienter plus volontiers vers le cyclo-cross.

                - En 1923, on le mentionne à la 80èmeplace du championnat de Belgique toutes catégories de cyclo-cross (189 partants), vainqueur Théo Van Eetvelde ;

                - En 1924, 12ème du championnat de Belgique cyclo-cross amateurs (89 partants), vainqueur Fernand Saive ;

                - En 1925, chez les indépendants, 67ème du championnat de Belgique (275 partants), vainqueur P. Verhaegen ;

     Compte tenu de ses résultats assez modestes dans cette discipline, on peut considérer qu'il a été plus performant sur route. Il est ainsi 6ème d'un Bruxelles-Ciney en 1922 (vainqueur Jean Van den Bosch), 4ème d'un Uccle-Seneffe-Uccle en 1923 (vainqueur Jean François). En 1924, il est  3ème du Circuit des Provinces, course par étapes remportée par ce même Jean François, et il termine encore à la cinquième place, le  8 juin 1924, entre Bruxelles et Seraing, gagnée par Henri Hoevenaers, sans doute l'inaccessible  belge de cette période6. Rien d'autre sur ce parcours de coureur cycliste, indiquant par là qu'il n'a pas du suivre André Leducq ou Henri Hoevenaers au niveau professionnel7 , ces derniers étant plus jeunes que lui. Agé de 28 ans au moment de l'obtention de sa médaille, le plus vieux de l'équipe belge lors des Jeux Olympiques, il a sans doute jugé qu'il était trop tard pour passer dans cette catégorie.

      Sur le plan généalogique, les données recueillies sur Alphonse Parfondry sont insuffisantes pour l'insérer avec certitude dans la nébuleuse des quelques branches repérées à ce jour par nos soins. Il reste à avancer certaines suppositions. Son lieu de naissance à Libin en est un des rares indices. C'est dans le village proche de Maissin, bien qu'un peu perdu au milieu de nulle part,  que l'on trouve le Pont Marie-Thérèse , lequel vaut le détour8. C'est en effet par ce pont enjambant la Lesse que transitait tout le passage entre Liège et Paris, via Bouillon, au cours des XVIIIème et XIXème siècles.  La Lesse, affluent en rive droite de la Meuse, par sa déclivité et par le volume de ses eaux, offrait une barrière au transit entre le Nord et le Sud.  Il y fut décidé, à l'instigation de l'Impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, qui règna de 1740 à 1780, la construction d'un pont en pierres de 4 arches.

     Sur le plan géographique, le site de Libin, lieu de naissance d'Alphonse Parfondry, n'est donc pas sans attirer l'attention. L'arrivée à Libin signifiait qu'on venait de passer la Barrière de Transinne, lieu de passage entre la Principauté de Liège et le Duché de Luxembourg ou chacun devait s'acquitter de payer des taxes. Libin constituait de fait l'un des premiers villages hors du territoire de la Principauté.

     Pour expliquer cette situation, un rappel historique est de circonstance. Au sein de la Principauté de Liège, une opposition assez marquée s'était manifestée depuis le XVIIème siècle, suite à la suppression du système électoral octroyé aux métiers, entre le monde populaire (les Grignoux), favorable à la France et la bourgeoisie (les Chiroux), favorable au prince-évêque et aux Habsbourg9. Cette situation perdura jusqu'en 1795, avec l'annexion à la France. La Principauté de Liège fut aussi le dernier bastion de la Basse-Lotharingie, dont le territoire fut occupé par les différentes armées d'Europe10. La combinaison de la situation politique, des exactions des armées et des périodes de disette entraina immanquablement des exils. Les gens du peuple n'avaient comme principale solution que de se diriger vers la France en empruntant cette voie passant par ce pont sur la Lesse. L'opposition atteindra son paroxisme en 1793 lorsque les élus de la Convention nationale liégeoise, exilés à Paris à la suite de la Révolution liégeoise de 1789, voteront le Rattachement à la France. Cette route restera par la suite assez fréquentée, même après l'indépendance de la Belgique en 183011. De nombreux belges continueront à migrer à cette époque vers la France et particulièrement vers Paris12. L'hypothèse de la naissance à Libin, sur la route de l'exil, est donc une possibilité à envisager.

        Quant à appréhender à quelle branche on doit relier notre médaillé olympique, cela relève pour l'instant de la simple déduction de faits. Il est le seul des cinq coureurs belges mentionnés dont il n'est pas recensé son lieu et sa date de décès dans les archives du cyclisme. Le fait qu'il soit resté de nationalité belge ne délimite pas nécessairement le champs d'action. En priorité, on pourrait y voir un lien avec cette branche des Parfondry d'Aywaille qui, descendant de la vallée de l'Amblève,  se sont fixés un peu plus au sud, du côté de Bertrix, avant de migrer pour certains un peu plus tard sur Paris. Cela nous semble toutefois assez peu probable du fait que cette dernière branche a été assez complètement identifiée et qu'elle s'est installée près de Bertrix dès la fin du XVIIIème siécle par le mariage en 1794 du premier de la lignée en provenance d'Aywaille. De plus, il n'y apparait aucun Alphonse comme prénom dans toute la généalogie. Quant à la branche de Forchies-la-Marche, pour laquelle on n'y voit pas non plus de mention d'un tel prénom, le lieu de naissance à Libin nous semble trop externe par rapport à la concentration de cette branche dans le Hainaut. On conçoit peu la logique d'un tel déplacement d'ouest vers l'est.

      Il nous reste dès lors deux autres possibilités. Soit, Alphonse Parfondry fait partie de cette nébuleuse de Parfondry, qui s'est probablement dispersée à partir de Huy, suite aux guerres de Louis XIV, et que l'on a retrouvé à différents endroits13, sans pouvoir en établir un lien entre les différents noms relevés dans les actes de naissance. La naissance dans la commune de Libin semble toutefois assez ponctuelle, et assez tardive, par rapport aux autres répartitions de cette nébuleuse. Soit, il est relié à la branche des Parfondry de Trognée au sein de laquelle est repéré un autre Alphonse Parfondry, né le 22 décembre 1854 à Trognée, ayant exercé le métier d'arpenteur et de comptable.  Ce n'est évidemment qu'une suggestion mais dans ce cas Alphonse, le médaillé olympique, pourrait être un " cousin " !!

    Suite à cet article, il apparait assez clair que l'amélioration des données permettant d'expliquer les déplacements des branches se nommant de nos jours PARFONDRY, a atteint à mon niveau une certaine limite. Si le but souhaité est avant tout, à travers ces articles, une recherche, au travers d'un patronyme, sur la mémoire et la relation avec des faits de société, il est indéniable que l'édification d'une meilleure structuraton de l'histoire de ce patronyme, à partir des informations contenues dans les différentes familles PARFONDRY vivant de nos jours, permettrait de clarifier pas mal de points mais aussi permettrait d'accentuer la cohérence des informations déjà rassemblées.

      De nombreux PARFONDRY sont recensés sur Facebook, témoignant d'une certaine vigueur de ce patronyme. Je lance donc un appel à tous ces PARFONDRY, surtout ceux de Belgique, pour qu'ils me transmettent les quelques informations sur leurs ancêtres dont ils ont connaissances. Les sites de généalogie ont des limites dans le recueil des données que seule une mémoire active peut arriver à combler. Si cet appel pouvait permettre de découvrir qui sont les parents de ce médaillé olympique, on effacerait déjà le doute quant à son origine. Cette médaille olympique doit bien exister dans le souvenir de l'existence. Elle n'est pas si veille que cela en fin de compte.

 

1 Libin : commune de la Province de Luxembourg ;

2 En conséquence, il n'a pas été jugé utile de reproduire cette photo au niveau de cet article

3 Championnat du monde amateur qui fut remporté par André Leducq ; Blanchonnet, le médaillé d'or olympique terminant troisième ;

4 Courue en fait sous la forme d'un contre-la-monde individuel de 188 km ;

5 En remerciant pour leurs aides, MM. Thierry Maréchal, Président de la FCWB, et Guy Crasset, collaborateur et archiviste ;

6 Journal La Pédale du 22 octobre 1924 ;

7 Les résultats sportifs ont été visionnés sur le site Les-sports.info ;

8 Inscrit depuis 1989 dans la liste du Patrimoine immobilier de Wallonie ;

9 Avec la célèbre phrase de Mirabeau s'adressant au liégeois en 1787 : Que pouvez-vous demander encore ? Nous ne cherchons à faire une révolution que pour obtenir quelques-unes des garanties que vous possédez depuis des siècles ;

10 Quant à ,la Haute-Lotharingie, la question ne fut résolue qu'au moment du référundum de 1955 par lequel les habitants de la Sarre choisirent de retourner à l'Allemagne plutôt qu'à la France ;

11 Il est encore vrai que de nos jours la célèbre N4 et l'autoroute E411 passent aussi par Libin, mais cette fois pour favoriser un autre type d'exode vers la ville de Luxembourg ;

12 dont le marbrier François-Xavier Parfonry, en provenance plus que probablement d'Anvers où de Bruxelles; mais aussi Lambert Parfondry, en provenance de Trognée, ainsi qu'Albert, Eugénie, Nicolas et Marie-Thérèse Parfondry en provenance de la région de Bertrix ;

13 dont la branche des Parfondry de Forchies-la-Marche ;

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 17:16

    Il est déterminé que le nom PARFONDRY est présent de nos jours non seulement en Belgique mais aussi en France et en Suisse. Récemment il vient de m'apparaître que ce nom se retrouvait aussi de nos jours en Allemagne.

   Il y réside une seule et même famille, avec deux prénoms : Erick et Fernand. Ils habitent tous les deux à Bergisch Gladbach (Nordrhein - Westfalen) et travaillent probablement dans le commerce des boissons (Getränke Junge Inh.).

A qui peut-on les relier ? Branche de Forchies-la-Marche ou branche d'Aywaille ??

Depuis quand sont-ils installés dans ce pays ?

Ont-ils encore un lien familial avec la Belgique ?

 

     Si un PARFONDRY de Belgique, de France ou de Suisse connaissait la réponse à l'une de ces trois questions, qu'il me transmette un commentaire.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 09:20

       On avait déjà mentionné sur ce blog l'émigration de Rosine PARFONDRY, avec son fils, vers les Etats-Unis en 1902. Une autre attestation de la présence de ce patronyme a été décelée.

      Sur le site Ellisisland.org, on découvre, parmi le grand nombre de fiches de ceux qui sont partis vers les Etats-Unis, celle d'un dénommé PARFOURY Alfred. Il est arrivé à New York le 9 août 1919 en provenance d'Antwerp (Anvers) sur le navire Eglantier. Agé de 20 ans, il est l'un des plus jeunes parmi la liste des 52 passagers.  Et dernier point, il est mentionné assez curieusement à la fois comme français et belge (France, Belgian).

     Ce dernier élément peut sans doute être interprété différemment quand on s'aperçoit que la grande majorité des passagers sont déclarés belges et flamands (Belgium, Flemish). Ce qui pourrait indiquer tout aussi bien qu'Alfred est belge et francophone.

      Sur le plan de l'écriture du nom, il y a manifestement une erreur de transcription. On doit comprendre PARFONRY et non PARFOURY. Toute la question est de déterminer qui est cette personne et à quelle branche on peut la relier.

    Dans tous nos inventaires de personnages, il n'y a, à priori, aucun qui corresponde à cette personne. Aucun Alfred PARFONRY ou PARFONDRY qui serait né vers 1900. Par ailleurs, la branche de Forchies-la-Marche, dont est issue Rosine PARFONDRY, ne comporterait aucune personne portant le prénom d'Alfred, si l'on s'en tient aux nombreuses énumérations et liens généalogiques recensés sur le site Geneanet.

    Seule information pertinente, concerne le fait que dans la branche des PARFONDRY originaires d'Aywaille, on conserve dans la mémoire que " plusieurs grands oncles/ cousins ont apparemment émigré aux USA vers 1910 " (source : lettre d'Alain PARFONDRY du 24/12/1996 à son cousin français Alain PARFONDRY). On a ainsi un PARFONDRY Joseph, né en 1873 et son frère Louis, né en 1879, ce dernier parti aux USA en 1911. 

     Cet élément pourrait être corroboré par le travail de mémoire effectué en 2007 par Jeannine PARFONDRY, épouse Marcel BOURG. Celle-ci s'est remémorée le prénom de tous les frères et soeurs de sa mère, né entre 1897 et 1916. Et parmi ceux-ci, elle mentionne le fait qu'il existe " un autre frère au sujet duquel nous n'avons aucun renseignement ". Se peut-il, sans connaître le prénom de ce frère, que l'on ait retrouvé sa trace ?

     En dernier ressort, la dernière possibilité serait d'envisager que ce passager corresponde à Alfredo PARFONRY, né à Séville en 1900, de la branche des PARFONRY d'Erezée. Décédé en 1967 dans cette même localité, marié à une espagnole, on peut difficilement imaginer un aller-retour Europe-USA, à partir d'Anvers.

 

     Si quelqu'un peut apporter son aide afin de nous permettre de résoudre l'origine de ce migrant, il peut nous laisser un commentaire

      Cette découverte nous amène par ailleurs à devoir tenir compte avec plus d'acuité des erreurs de transcription du nom pour poursuivre nos découvertes.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:46

      Dans la rubrique des faits divers de trois  journaux parisiens de 1902, il est relaté une altercation qui se serait terminée de manière tragique pour un dénommé PARFONDRY, selon le titre de l'un des articles. Ce dernier intitulé " Un meurtre " ne laisse que peu de doutes sur les conséquences des coups de couteau reçus. Le jeune PARFONDRY aurait donc succombé à ses blessures.

Journal des débats politiques et littéraires du 01 mars 1902 (n° 52)

       Un meurtre

      Congédié avant hier du dépôt des Petites Voitures, parce qu'il remplissait mal son service, Henri Bachet partait en proférant des menaces contre M. Parfondry, son contre-maitre, et son fils, âgé de vingt ans.

      Le même soir, M. Parfondry et son fils se rendaient à la cantine de dépôt, rue Duret, y prendre une consommation. Ils y trouvèrent Bachet et un de ses amis, qui se mirent à les injurier. M. Parfondry ne répondit pas; puis sa consommation prise, sortit avec son fils.

      Il avait à peine fait quelques pas sur le trottoir que Bachet lui sautait à la gorge. Le jeune Parfondry voulait dégager son père, mais l'ami de Bachet, le prit à bras-le-corps et, presque aussitôt, Bachet s'élancait sur le jeune Parfondry, lui plongeait par trois fois son couteau dans le cou, dans l'avant-bras et dans les reins.

      Le malheureux jeune homme a été transporté à l'hôpital Beaujon dans un état très grave.

      Une heure après, Bachet et son ami, un certain Ury, étaient arrêtés et envoyés au dépôt.

Journal La Croix du 28 février 1902

      Entre camarades

     Un drame sanglant s'est déroulé cette nuit, vers 2 heures, dans un dépôt dfe voitures, 25, rue Duret.

     A la suite d'une violente discussion entre plusieurs laveurs de voitures qui sortaient de la cantine, l'un d'eux, Henri Bruchet, 24 ans, demeurant avenue de Lorraine, à Clichy, a frappé de plusieurs coups de couteau un de ses camarades, Albert Parfondry, demeurant 22, rue Duret.

    Ce dernier, qui perdait son sang en abondance, a été porté mourant à l'hôpital Beaujon. Le meurtrier a été arrêté.

Journal Le Petit Parisien du 28 février 1902

     Un meurtre à Passy

     Une tentative de meurtre dont la vengeance est le mobile a été commise, hier, vers deux heures du matin, rue Duret, en face du dépôt de la Compagnie des Petites-Voitures.

     Albert Parfondry, âgé de vingt ans, a été frappé de trois coups de couteau, dont l'un très grave met ses jours en danger.

     Il travaillait depuis longtemps au dépôt des Petites-Voitures, où son père est brigadier; il avait pour camarades, Henri Buchet, âgé de vingt-quatre ans, et Edmond Ury, âgé de vingt-deux ans, avec lesquels il avait vécu jusqu'ici en parfaite intelligence.

     Mardi dernier, le père de Parfondry, trouvant qu'Henry Buchet apportait trop de négligence dans son service, lui en fit la remarque. Le subordonné prit mal l'observation, et une querelle s'en suivit à la suite de laquelle un brigadier fit un rapport au chef de dépôt, qui, séance tenante, congédia le laveur de voitures.

     Henri Buchet quitta aussitôt son travail et partit en proférant des menaces contre le père et le fils,.......

     Il avait fait à peine quelques pas sur le trottoir que Buchet lui sauta à la gorge. Le jeune Parfondry, qui s'était un peu attardé, accourut et voulut dégager son père, mais ....... Buchet qui avait réussi à se dégager de l'étreinte du père, rejoignit le fils et, à trois reprises différentes, lui plongea son couteau dans le cou, à l'avant-bras gauche et au bas des reins......... Des agents avertirent M. Montianuc, commissaire de police, qui, après avoir fait transporter le blessé à l'hôpital Beaujon, arrêtait une heure plus tard Buchet et Ury dans un débit de vins ou ils s'étaient réfugiés. Tous deux ont été envoyés au dépôt.

     La blessure qu'Albert Parfondry a reçue au bas des reins inspire les plus vives inquiétudes.

 

      Quant à déterminer de l'origine des PARFONDRY qui ont été impliqués dans cette bagarre, l'allusion à la rue Duret semble un indice primordial. Quelques années plus tard, dans un autre article, cette fois du journal " Le Gaulois " du 10 mars 1908, on retrouve dans les offres d'emploi, le texte suivant, avec le même numéro 22 dans cette rue :

Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret.

       La coïncidence d'y retrouver la rue Duret ne peut être fortuite. Le lien entre les deux textes de 1902 et de 1908 ne peut que nous aider à trouver l'identité de ce PARFONDRY. D'autant que le 16ème arrondissement, où se trouve cette rue Duret est justement l'endroit de naissance d'Albert, Pierre PARFONDRY en 1918 et précédemment de sa soeur Simone en 1913. 

      Le père de ces derniers n'est autre qu'Albert, Joseph PARFONDRY, né à Tournay, près de Bertrix dans le Luxembourg belge, en juin 1881 et décédé à Paris 20ème en 1935. Au moment de l'altercation en 1902, il avait bien la vingtaine d'années relatée dans l'article. C'est donc très certainement lui qui accompagnait son père, Alfred PARFONDRY. Le fait qu'il recherche un emploi quelques années plus tard en 1908 est manifestement une preuve comme quoi il a survécu à l'agression. On peut s'étonner dès lors du titre de l'article qui ne laissait que peu de chances au jeune PARFONDRY.

      Cette lignée de  PARFONDRY est une descendance des PARFONDRY de la branche originaire d'Aywaille. On a ainsi la preuve que c'est Alfred, Joseph PARFONDRY, né lui aussi à Tournay en 1850, qui a émigré sur Paris. Quant à Albert, il est le grand-père d'Alain PARFONDRY, installé de nos jours à Bordeaux.

 

Quelques explications complémentaires

Rue Duret : rue du 16ème arrondissement de Paris dans le quartier de Challiot;

DURET (1804-1865) : sculpteur français, élève de BOSIO qui fut le sculpteur de référence des Bonaparte ;

Dépôt des Petites Voitures : dépôt appartenant à la Compagnie des Petites Voitures, installée à Aubervilliers en 1898, exploitant des voitures hippomobiles à louer  ou des fiacres électriques possédant une autonomie de 60 km :;

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