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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 14:42

    Il a été dit précédemment que toute cette aventure, relatée au travers de ce blog, a démarré peu après le décès de mon père en janvier 2006. La découverte de documents au milieu de ces dizaines de chemises de couleur, reliquat de ce que peut constituer la synthèse apparente d'une vie, en a été le déclic opérationnel. Moins de trois années plus tard, ce blog prenait forme.

      L'émotion et l'insolite se sont mélangés au fil du temps, des rencontres et des découvertes. Ce que l'on sait moins en fait c'est que cela avait été précédé d'une rencontre durant l'hiver 1998/1999 au Sénégal. Une rencontre, qui aurait pu être, si la brise en avait été favorable, le véritable marqueur de cette saga sur ce patronyme.  Cette rencontre aurait du tomber dans l'oubli. C'était sans compter sur ce qui constitue finalement l'armature de cette aventure, à savoir l'opportunité, la curiosité et l'esprit d'à propos. Ce 12 février 2015, lors d'une séance du cycle d'Exploration du Monde, dénommée Les Belges du bout du monde1, je rencontrai, à l'entracte, Adrien JOVENEAU, le présentateur mythique de l'émission éponyme sur La Première, qui réveille les auditeurs chaque dimanche matin depuis 1986.

      Adrien semble bien connaître Aliette PARFONRY. Après l'avoir harponnée parmi tous ces belges du bout du Monde lorsqu'elle travaillait au Sénégal, Aliette est intervenue en direct en septembre 2012 dans son émission du dimanche matin (voir article : La voix d'une Parfonry du bout du monde). De cet échange d'impressions avec Adrien, l'idée m'est venue de développer un article dont la trame s'ébauche précisément autour de cette émission. Et d'en apprendre un peu plus sur cette voyageuse qui ne dépare pas vraiment dans la galerie des portraits des PARFONRY. La séquence débute par une rencontre.

      Nous sommes à ce moment au Sénégal, sur la Petite Côte, un centre touristique de plusieurs hôtels appelé Saly Portudal, situé sur la Côte Atlantique, non loin de M'Bour, à quelques 90 km au sud de Dakar. Deux personnes, aux parcours différents, et portant le même patronyme, vont s'y rencontrer. L'une est belge et la seconde est française. L'une y est arrivée en 1997 de Belgique pour installer et diriger un golf,  Elle se prénomme Aliette et n'a probablement que peu de références sur l'histoire de son nom. Elle sait probablement que son arrière-grand-père Hubert-Narcisse est le frère cadet du militaire dont le nom est repris sur la plaque de la rue principale de la ville de Hotton en Belgique. Cela doit s'arrêter là. L'autre est française. Elle se prénomme Martine et est venue passer des vacances dans ce lieu de villégiature. Elle doit probablement savoir qu'elle est l'arrière-arrière petite-fille du marbrier dont le parcours est l'un des aspects les plus développés dans ce blog. 

    La rencontre se fera sans doute à l'occasion d'une partie de golf, dont est friand Alain JAMIN, le mari de Martine. Le nom inscrit sur la carte du parcours va faire évidemment réagir Aliette. Son nom de famille similaire, si peu fréquent, va l'inciter à prendre contact. Ne trouvant, ni l'une, ni l'autre de points de convergence au niveau de leurs généalogies, l'échange en restera à ce stade. Sauf que Martine en fit part, par la suite, à Jacques, son père, installé en Guadeloupe depuis quelques années. Aliette en fit de même de son côté. Il s'en suivit un échange de courriers durant les mois qui suivirent, espérant  y trouver une filiation généalogique.

      Et précisément, parmi toutes les lettres retrouvées dans une chemise au décès de mon père, se trouvait une photocopie de celle, datée du 23 février 1999, envoyée par Jacques, père de Martine, à Jean, père d'Aliette.

Lettre du 23 février 1999 de Jacques PARFONRY à Jean PARFONRYLettre du 23 février 1999 de Jacques PARFONRY à Jean PARFONRY

Lettre du 23 février 1999 de Jacques PARFONRY à Jean PARFONRY

    De toutes ces lettres, on y apprend notamment qu'un premier contact, entre ce qui deviendront les branches de Neerheylissem et d'Erezée des PARFONRY, avait déjà été opéré plusieurs années auparavant pour des raisons professionnelles. De fait, il existait depuis plusieurs décennies à Bruxelles une entreprise dénommée PARFONRY et LIELENS, spécialisée dans le matériel de robinetterie et de tuyauterie. Crée par Hubert-Narcisse PARFONRY, celui que l'on a déjà mentionné au travers de lettres retrouvées dans les archives du Palais Royal (voir article : Hubert-Narcisse avec le Conseil de discipline) puis plus tard dans la forêt amazonienne (voir articles : Où il est question d'un PARFONRY au Brésil ; Hubert-Narcisse aux prises avec les Indiens), cette entreprise avait fourni du matériel, à la demande de Jean-Pierre, le neveu de Jacques. 

     Au grand regret de Jacques, espérant y trouver la pièce du puzzle qui lui permettrait de retrouver la commune flamande qui est à l'origine de son ancêtre Francois-Xavier, le marbrier d'art, ces lettres n'aboutirent pas à un résultat concret. Pour ma part, les six prénoms de Martine, Aliette, Hubert-Narcisse, Jacques, Jean et Jean-Pierre, tous portés par des PARFONRY, m'étaient, à ce moment, totalement étrangers. Il fallut attendrequelques années pour voir le voile se lever sur l'origine. Chacune de ces personnes prenait progressivement leur place dans cet imbroglio de départ. Et Jacques allait enfin connaître l'explication sur ses origines.

     Aliette continue de nos jours à gamberger en Afrique2. Ses études de marketing et de gestion lui ont permis de prendre la direction d'hôtels, après  avoir prouvé de ses capacités de relance au niveau du golf de Saly au Sénégal. Il s'en suivra la direction du somptueux hôtel Espadon, un quatre étoiles léché par les vagues de l'Atlantique (A. JOVENEAU, 2014) jusqu'en 2007. Gratifiée de cette expérience menée avec succès, on lui propose de relancer, cette fois à Pointe-Noire3, en République du Congo, un ancien hôtel Novotel portant un nom local au prononcé assez bizarre : Mbou Mvou Mvou. Après s'être une nouvelle fois attelée à des travaux gigantesques de rénovation, l'hôtel est désormais aux normes 4 étoiles. Et pour en faciliter la prononciation, il est rebaptisé de nos jours Hôtel Elaïs.

     Aliette fait ainsi partie des quelques 200 belges du bout du monde qui ont été épinglés dans l'un des deux livres publiés par Adrien JOVENEAU, l'un en 2002, l'autre en 2014. La seule par contre qui ait migré vers le Congo Brazza.

     Si vous passez par Pointe-Noire, avec le livre d'Adrien JOVENEAU sous le bras, Aliette vous promet une réduction de 10% sur la chambre4. Par contre, vu la spécificité de la destination, l'achat d'un cadeau BONGO pour un proche n'est pas encore retenu. Adrien s'est souvenu tout de suite d'Aliette qu'il m'a qualifiée de très sympathique. Comme tous les belges rencontrés dans cette émission du bout du monde, elle ne se départit pas de ce côté bonhomme, la marque de fabrique du Belge qui ne se prend pas (trop) au sérieux5. N'ayant pas eu le temps de lui expliquer, dans la cohue des dédicaces organisées lors de l'entracte de la séance d'Exploration du Monde, par quel cheminement j'étais entré en contact avec Aliette, il l'a bien gentiment qualifiée de petite-cousine.  En voilà un qui s'écarte encore plus que moi du cadre rigide qui relève de la généalogie. Mais bon, s'il faut remonter à l'un des chevaliers de PARFONDRY du Moyen-âge pour attester de ce lien, autant utiliser cela comme une trace et non comme une preuve afin de mieux rêver !!

 

1  Les Belges du bout du monde : Emission radio, créée en 1988 par Adrien JOVENEAU ;

Les données ci-dessous sont en grande partie reprises du livre : JOVENEAU Adrien, THIEBAUT Frédérique (2014) : Les Belges du bout du monde, Editions Racine, Bruxelles, 223 pages ;

3 Pointe-Noire est la capitale économique de la République du Congo (capitale Brazzaville) du fait des activités de plusieurs compagnies pétrolières ;

4 On demandera à Aliette si elle fait la même réduction pour les lecteurs de ce blog ;

5 Extrait du post face du livre "Les Belges du bout du monde ,éd. 2014 ";

 

Extrait du livre "Les Belges du bout du monde " et dédicace d'Adrien JOVENEAU
Extrait du livre "Les Belges du bout du monde " et dédicace d'Adrien JOVENEAU
Extrait du livre "Les Belges du bout du monde " et dédicace d'Adrien JOVENEAU

Extrait du livre "Les Belges du bout du monde " et dédicace d'Adrien JOVENEAU

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 17:58

    Un Louis PARFONRY, soldat de la guerre 14-18, avait déjà été repéré précédemment (voir article : Qui est le fantassin PARFONRY ?). Désormais en voilà un deuxième, identifié par son faire-part de décès1

   Décédé en 1927, à l'âge de 58 ans, il serait donc né vers 1868/1869. Qui est - il ? telle est la question. Devant faire partie de la branche des PARFONRY d'Erezée, au vu de son lieu de décès au hameau de Blier, situé dans le village d'Amonines, il n'est néanmoins pas repris au sein de l'arbre généalogique très détaillé de cette branche et reconstitué sur base des nombreuses informations transmises par différentes personnes. 

     Amonines est situé en bordure de l'Aisnes en Terre de Durbuy, non loin du village de Clerheid, lieu précis où apparait cette branche vers 1710. Un lieu-dit Parfondry y est par ailleurs toujours mentionné sur les cartes2. La Terre de Durbuy fut une seigneurie importante pendant plusieurs siècles, attestée comme centre de production du fer. De nombreux forges artisanales existaient dans ce territoire et se retrouvent encore de nos jours dans la terminologie des lieux-dits (voir articles : Petite histoire sur le développement des forges ; Promenade sur les terres de la branche d'Erezée). En conséquence, ce fut un centre de peuplement conséquent. On peut considérer cette contrée comme étant probablement l'un des centres d'origine de notre patronyme, au même titre que la vallée de l'Amblève entre Comblain et Aywaille.

     Hormi l'environnement très religieux qui transparaît à la lecture du faire-part, les seuls indices relevant sont le nom de Victorine CREPIN, son épouse et la mention d'une mort précipitée. Aucun autre nom n'y figure. La mention adieu mes chères enfants laisse penser qu'il aurait laissé une descendance féminine. Et l'utilisation du féminin ne peut faire croire que ce soit une expression destinée à englober un groupe plus large de personnes. 

On reparle d'un ostensoir - soleil

      Une présentation générale pouvait constituer le seul objectif de la publication de ce faire-part dans ce blog. C'était sans compter sur le souvenir, à travers la recherche par des mots clés, d'anciens articles publiés. Ce nom de CREPIN, nom de famille de l'épouse de Louis PARFONRY, avait, de fait, déjà été mentionné (voir article : Pièce religieuse retrouvée). Une dénommée Marylène LAFFINEUR-CREPIN3 y apparaissait, en lien avec la découverte d'un ostensoir-soleil4 qui avait été volé en 2002 dans l'église Saint-Pierre de Chénée (Liège). Et manifestement, en relisant cet article, on y apprend que cet ostensoir5 a eu une histoire en lien avec la famille PARFONRY. Son pied d'origine, disparu de nos jours et remplacé, portait l'inscription Donnez par la Veuve du Sieur Parfory le 23 septembre 1742. Une légère erreur d'écriture qui n'est pas pour contredire le lien. 

    De quoi penser que Louis PARFONRY, décédé en 1927, serait, non seulement l'un des descendants directs de la lignée installée dans la Terre de Durbuy au début du XVIIIème siècle mais également un descendant de cette lignée ayant possédé l'ostensoir-soleil de l'église de Chénée. Et la mention de ce nom de CREPIN dans les deux articles pourrait nous y aider. Y aurait-il un lien entre les deux ? Et pourquoi ne pas se dire finalement qu'il existe un lien entre les forges de la Terre de Durbuy et cet ostensoir en argent et laiton doré6. Reste à trouver le chaînon manquant. Quand la généalogie rejoint l'histoire, cela devient passionnant. Encore faut-il que des mémoires se soient perpétuées pour nous faire mieux connaitre l'histoire de ce Louis PARFONRY ?

1 Site Delcampe.be ;

2 Une carte postale représentant une maison construite sur ce lieu est régulièrement mise en vente :

3 Marylène LAFFINEUR-CREPIN est responsable du Service du Patrimoine de l'Evêché de Liège et Conservatrice de la collégiale de Huy, auteur de plusieurs livres sur le patrimoine religieux ;

4 L'ostensoir est une pièce d'orfèvrerie religieuse destinée à recevoir l'hostie consacrée ;

5 Cet ostensoir-soleil présente le poinçon de l'orfèvre liégeois François-Joseph VANDENBERG qui fut également, à partir de 1752, l'ajusteur juré des poids et balances dans la Principauté de Liège ;

6 Site KIK - IRPA photo n° M207646 ;

Ostensoir-soleil de l'Eglise Saint-Pierre de Chénée (source : KIK - IRPA n° 10101327)

Ostensoir-soleil de l'Eglise Saint-Pierre de Chénée (source : KIK - IRPA n° 10101327)

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 00:17

     En cette période de la commémoration du centenaire des premiers combats de 1914, rien n'empêche de parler également de cette autre guerre mondiale qui se déroulera moins d'un demi-siècle plus tard. Apparue déjà sur ce blog au travers d'un article sur mon père Georges PARFONRY (voir article : Réfugié dans le Gard), la mention de cette seconde guerre est de nouveau rendue possible, suite au décès d'un soldat belge portant notre patronyme. Au travers de son geste héroïque, il m'est ainsi donné de l'opportunité d'insérer son parcours en rapport avec les premiers jours de cette guerre.

      Aloys, Albert, Gilles PARFONRY1 est né à Marenne2 le 1/04/1917 au sein d'une fratrie de 7 enfants (2 filles et 5 garçons). Il est l'un des descendants, à la 7ème génération, du premier PARFONRY, né dans la petite localité de Clerheid vers 1710 et faisant partie de la branche des PARFONRY, communément dénomnée d'Erezée sur ce blog. 

     Soldat au sein du 20ème Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais (20A/3Gp/7Bie,  n° de matricule 298/78), l'un des détachements les plus prestigieux de l'armée belge, Aloys est tué dès le 10 mai 1940, soit le premier jour de l'offensive allemande. Contrairement aux autres Régiments de ces Chasseurs ardennais qui avaient pris position le long de la frontière belgo-luxembourgeoise, Aloys est l'un des onze soldats de ce corps tués à Rosmeer3, petite bourgade limbourgeoise, le long du canal Albert, en face de Maastricht. 

    La présence, à cet endroit, d'Aloys PARFONRY reste à expliquer. Le cadre opérationnel de cette première journée de la guerre 40-45 permettra de le comprendre. 

     Pendant qu'il rencontrait une résistance coriace au sud du pays, le rouleau compresseur allemand déferla rapidement sur la Belgique dans sa partie septentionale. Avec pour raison principale, la prise, en quelques heures, du fort d'Eben-Emael, qui avec ses 75 ha de défense et ses trois niveaux de fortins, devait protéger tous les ponts sur la Meuse et le Canal Albert4 entre Maastricht et Visé. Considéré par les militaires comme imprenable par voie terrestre, l'attaque allemande, préparée pendant plusieurs mois, arriva par les airs, peu avant que ne soit officialisée la déclaration de guerre. En utilisant des planeurs pour débarquer des soldats sur les toits des casemates, ils réussirent, en un rien de temps, à anéantir les tourelles des canons. Combinée avec la prise des ponts sur le Canal Albert, la surprise fut totale, ouvrant ainsi la voie vers Bruxelles et Anvers. Et ce ne fut pas la résistance de l'artillerie des Chasseurs ardennais le long de ce Canal Albert qui put faire le contre-poids. Le subterfuge des allemands avait pris par surprise le commandemant militaire belge, modifiant également les stratégies élaborées par les Alliés, pris de ce fait en tenaille. Rosmeer est situé entre les ponts de Vroenhoven et Veldwezelt sur le Canal Albert. N'ayant pas été détruits, Aloys PARFONRY a du défendre avec l'artillerie le passage du Canal aux allemands sans pouvoir compter sur l'appui du fort d'Eben-Emael. Il fut submergé rapidement par le nombre avant de  succomber. Durant ces premières heures des premiers combats, le Bataillon d'artillerie subira de lourdes pertes, que ce soit à Veldwezelt, à Heerenaelderen, à Riemst et à Zichem-Zussen-Bomder. De nos jours, un Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A, portant la mention Défense du Canal Albert, a été érigé rue du Fort à Eben Emael5. Une liste de 41 noms de ce Régiment, dont Aloys PARFONRY, y sont mentionnés sur deux plaques commémoratives.

    Par  contraste, l'opposition affichée par contre dans le sud du pays par ces Chasseurs ardennais, puis lors de la bataille de la Lys, fera dire à ROMMEL, commandant de la 7ème Panzerdivision, la phrase suivante : Ce ne sont pas des hommes, mais des loups verts. Couleur verte en référence avec celle du béret de ces Chasseurs, dont la devise est Résiste et mords, et qui sera reprise par la suite par les Anglais pour doter leurs commandos de ce fameux béret vert, en hommage à leur bravoure.

     Tombé au Champ d'honneur, la tombe rénovée d'Aloys PARFONRY se trouve désormais dans le cimetière de Marche-en-Famenne6. Il n'aura pas la chance de connaître sa fille Christiane, née le 1/06/1940, soit seulement quelques semaines après son décès. Outre le fait d'être la ville de garnison de ce Régiment des Chasseurs ardennais, c'est aussi de là qu'est originaire Aloys. C'est son grand-père Hubert PARFONRY (1843, Erezée - 1923, Marche-en-Famenne) qui effectuera le déplacement à partir d'Erezée pour venir créer un nouveau centre secondaire d'incrustation de notre patronyme.

   Au travers de plusieurs articles dans ce blog, la bravoure des PARFONRY ne s'est pas démentie lors des deux guerres mondiales. A côté d'Aloys, on retrouve Louis (voir article : Qui est le fantassin Parfonry ?), Jean (voir article : Jean est cité à l'Ordre de l'armée) , Georges (voir article : Georges, prisonnier à Meschede) et Jacques (voir article : La seconde vie de Jacques après Germersheim) mais aussi plusieurs résistants (voir article :  Et si on parlait de nos Résistants). De quoi se dire qu'il n'est pas sur qu'il ne reste rien, après la mort, d'un passé évanoui, d'un être jadis vivant7.

1 Sur le site La Fraternelle des Chasseurs ardennais, il est mentionné le patronyme de PARFONDRY, ce qui est manifestement une erreur ; 

2 Marenne est un village situé à proximité de Marche-en-Famenne ;

3 Et l'un des 630 morts parmi les Chasseurs ardennais au cours de cette guerre (source : l'excellent site de Frans GORISSEN, présentant individuellement chaque soldat mort au sein de ce Régiment des Chasseurs ardennais ) ;

4 Le Canal Albert est une voie navigable construite entre les deux guerres et reliant Liège à Anvers ;

5 http://www.bel-memorial.org/cities_liege_2/eben-emael/eben_emael_fort_mon_20a.htm ;

Source : http://www.bel-memorial.org/photos_liege/eben_emael/PARFONRY_Aloys_54333.htm ;

7 Phrase reprise et adaptée du livre de Jean d'ORMESSON : Comme un chant d'espérance, 2014 , édition Héloïse d'Ormesson ;

Tombe du soldat Aloys PARFONRY

Tombe du soldat Aloys PARFONRY

Plaque commémorative au Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A à Eben Emael. Liste des soldats morts pour la défense du Canal Albert en mai 1940

Plaque commémorative au Mémorial du Régiment d'Artillerie des Chasseurs Ardennais 20A à Eben Emael. Liste des soldats morts pour la défense du Canal Albert en mai 1940

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 01:13

      A travers ce blog,  plusieurs descriptions ont déjà été relatées, portées par l'un ou l'autre PARFON(D)RY. Que ce soit Jean-Pierre le rescapé de la Justice, Jean le maître-charron, Emile l'horloger, Emile l'instituteur, Alphonse le cycliste, Emile le militaire-explorateur, François-Xavier le marbrier, Paul le peintre, Georges le statisticien, Jean l'ophtalmologue, Jacques la mémoire vive, Georges le colombophile, Joseph l'industriel sévillan, Louis le soldat de la Grande guerre, Diego l'ingénieur militaire, Albert le mécanicien, Lambert le consul de France, Marcel le prolo surréaliste, Max le professeur d'art dramatique, Joseph-Léonard le colonel écrivain, Roland votre fieldmouse et quelques autres, tous ces individus, rassemblés autour d'un même patronyme, ont permis de cerner la société dans sa diversité et son évolution.

     Et voici qu'un petit dernier s'ajoute à la liste. Il s'agit d'Emilio PARFONRY de la branche d'Erezée. Né en 1894 et décédé à Bruxelles en 1969, Emilio fait partie d'une fratrie de six frères et soeurs. Louis,  l'un de ceux-ci, a déjà eu droit à être relaté dans ce blog (voir article : Qui est le fantassin PARFONRY ?). Il est aussi le neveu de ces trois frères qui furent de ceux qui partirent à l'aventure en faisant connaitre à notre patronyme des histoires insolites. Que ce soit Emile aux côtés de STANLEY au Congo, Narcisse dans la forêt amazonienne ou Joseph à Séville, ils ont apporté à cette saga tous les éléments d'une ouverture au monde. Comment ne pas voir d'ailleurs dans ce choix du prénom d'Emilio comme une double référence à deux de ses oncles. A celle d'Emile décédé au Congo en 1883, est venue se superposer l'aventure espagnole de Joseph.

     Emilio, par contre, n'a pas été inspiré de suivre ces exemples. L'époque avait changé et l'ouverture au monde se faisait plus volontiers au travers de la création artistique, apportée par l'éclectisme de l'Art néoclassique. Emilio devint ainsi photographe et son studio, situé chaussée d'Ixelles, à proximité de la Place Fernand Cock à Bruxelles (Ixelles), fut parmi les plus convoités de la capitale belge.

     Le parcours d'Emilio nous revient au travers des quelques photos, en provenance de son studio, que l'on découvre de nos jours sur des sites de vente. Elles font même resurgir de l'oubli quelques personnages d'arrière - cours qui immanquablement risquent de ne pas survivre autrement. Emilio les a, et le terme trouve ici toute son identité, sa réalité, immortalisé. L'étude de ces portraits reste probablement l'une des seules données pour nous permettre de connaître Emilio PARFONRY.

            La première de ces personnes s'appelle Neel DOFF (1858-1942). Née au Pays-Bas, écrivain d'expression francophone, elle est inconnue sans doute de n'importe quel lecteur. La caractéristique de son parcours est d' avoir été parmi les finalistes pour l'attribution du Prix Goncourt en 1911 avec son livre Jours de famine et de détresse. On lui préféra Alphonse de CHATEAUBRIANT (rien à voir avec François-René, le romantique né et enterré à Saint Malo), un écrivain plus connu de nos jours pour avoir été un collaborateur du régime nazy, condamné à mort par contumace. Roman autobiographique, Neel DOFF y décrit son enfance très pauvre au milieu de neuf frères et soeurs. Son oeuvre littéraire dénonce l'autorité masculine de la société du XIXème siècle. Elle s'en sortira en devenant un modèle pour certains peintres belges de renom (Félicien ROPS, James ENSOR) et en suivant les cours du Conservatoire de Bruxelles avant d'épouser l'éditeur Fernand BROUEZ puis l'avocat Georges SERIGIERS. Elle sera également choisie pour servir de visage au personnage de Nele, la compagne de Thyl Ulenspiegel, deux icones de la résistance flamande à l'encontre de l'occupant espagnol au XVIème siècle, immaginés par l'écrivain Charles de COSTER. La sculpture trône de nos jours sur la Place Flagey à Ixelles, non loin de l'endroit où se situait le studio d'Emilio PARFONRY. Neel DOFF habita longtemps au 36 de la rue de Naples à Ixelles, endroit où elle décéda.

      Le deuxième personnage, photographié par Emilio, se nomme Lucien MUSSIERE (1890-1973). Il s'agit d'un comédien belge s'étant illustré dans le vaudeville et l'opérette. Son fait de gloire serait d'avoir été au générique en 1934 du film "Les 4 Mousquetaires " dans lequel les acteurs jouaient avec l'accent bruxellois. Présenté à Paris, c'est ce film qui aurait donné l'occasion à la France profonde de se fabriquer une caricature toujours actuelle de ses voisins belges. Il dédicace son portrait en 1927 à l'attention du compositeur de musique Arthur Van OOST(1870-1942), comme suit : A l'inoubliable compositeur des "Moulins qui chantent" Maitre Van Oost. Très sincérement

      Le troisième personnage est Marc SOMERHAUSEN (1899-1992), né et décédé à Ixelles. Il fut député socialiste et Président du Conseil d'Etat. Son portrait fut réalisé en 1946.

     La dernière photo ne se rapporte pas à un personnage mais plutôt à une représentation symbolique. Celle d'Arlequin qui tiendait au bout de ses doigts une Colombine qu'il aurait volée à un autre personnage de la Commedia del arte, celui de Pierrot.

    Ses quelques photos ne sont qu'un échantillon du travail d'Emilio. En fonction de ces personnages immortalisés dans ses portraits, on peut arriver à cerner quelque peu son profil. Il devait probablement avoir une certaine affinité avec le milieu artistique. Les portraits de Neel DOFF et de Lucien MUSSIERE en attestent. Mais l'idée de la représentation d'Arlequin est probablement la plus personnelle, la plus en rapport avec son mode de réflexion. Emilio était-il un personnage quelque peu farfelu ? Peut-être mais son installation à Ixelles, dans l'un des nouveaux centres d'extension de Bruxelles (quartier Léopold, Avenue Louise, siège social de SOLVAY), avec la présence d'une bourgeoisie aisée auquel se mélangeaient bien volontiers des artistes, ne doit rien du hasard. Emilio a eu le flair, suivant en cela l'expérience de son père Alfred, le brasseur, qui était devenu propriétaire du Trianon, l'un des premiers cafés restaurants du Bois de la Cambre, lieu de promenade par excellence de l'aristocratie bruxelloise.

Neel DOFF (1858-1942)

Neel DOFF (1858-1942)

Lucien MUSSIERE (1890-1973)

Lucien MUSSIERE (1890-1973)

Arlequin et Colombine

Arlequin et Colombine

Marc SOMERHAUSEN

Marc SOMERHAUSEN

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 09:45

    Pour preuve de la mobilité affichée par les personnes portant notre patronyme, une mention d'une présence au Maroc est désormais attestée en 1910. Bien avant mon arrivée dans ce pays en 1975, un autre PARFONRY avait déjà foulé le sol marocain pour y travailler. C'est ce qui découle du petit entrefilet d'article retrouvé dans un journal espagnol de cette époque. Des nouvelles en provenance de Melilla, l'une des deux enclaves espagnoles sur le sol africain de nos jours, nous parviennent.

                           La Correspondienca de Espana, Madrid, 10 de Marzo de 1910

                           Desde Melilla

                           El teléfono de las minas

                           Con éxito excelente ha sido inaugurada hoy

                           la linea telefonica instalada entre las minas

                           espanolas de Beni-bu-Ifrur y las oficinas que

                           tiene la Compania en este plaza.

                           Las estaciones intermedias han sido instaladas

                           por el ingeniero Sr. Parfonry

                           Los nuevos fortinos.

                                    Adelantan mucho los trabajos de construccion

                           de tres fortines en los alrededores de las

                           minas de Beni-bu-Ifrur.

                           Seran la capaces para 160, So y 20 hombres,

                           respectivamente   .

 

    Sur le plan de l'identification de cette personne, il ne peut sans conteste s'agir que de Joseph (José) PARFONRY, celui qui est déjà connu pour avoir installé des paratonnerres sur de nombreuses églises d'Andalousie à la fin du XIXème siècle. L'année et le lien avec l'Espagne en sont les preuves (voir articles :  Joseph Parfonry, le fournisseur de paratonnerres à Séville; José Parfonry de Hotton). Après y avoir grimpé sur la plupart des clochers, notre émigré belge a senti probablement le besoin de se reconvertir, sinon d'étendre son activité à d'autres opportunités économiques naissantes. Le développement du téléphone et la colonisation espagnole au Maroc, pays voisin, lui ouvraient d'autres créneaux. C'est ce qui se réflète des quelques lignes repérées dans un journal espagnol.

      L'aspect généalogique de ces quelques lignes n'est pas le seul intérêt des commentaires qui en sont retirés. Malgré la brieveté, elles sont assez explicites pour nous permettre de relater une période particulière de l'histoire de la colonisation du Maroc. Pour simple rappel géographique bien nécessaire, son territoire a été divisé par les deux puissances coloniales qu'étaient la France et l'Espagne. Ce dernier pays occupait une bande de terre au nord, large de quelques dizaines de km, s'étendant entre la vallée du Loukkos, du côté Atlantique, jusque la vallée de la Moulouya à l'est, laissant à la France la petite bande d'Oudja (comprenant Oujda, Berkane, Saidia, La Plaine des Triffas, Ahfir, Madagh, Cafe Maure), frontalière avec l'Algérie, ainsi que tout le sud du pays1.

     La mention dans l'article des mines de Beni-bu-Ifrur2, combinée à l'année 1910, atteste que l'on se situe peu après l'épopée de Bou Hamara, le sultan auto-proclamé pour la région Nord et Est du Maroc, soit un territoire assez important allant de Fès à Mélilla, à cheval sur les parties française et espagnole. Ce dernier, mécontent de la position des précédents sultans officiels, jugés trop aux ordres de la France, avait réussi à rallier quelques tribus du Rif. Après avoir battu  les troupes du sultan Moulay Abd al Aziz, il  prenant le titre de Sultan de Taza dès 1902. Il s'allia les bonnes grâces des autorités françaises et surtout espagnoles qui voyaient en lui un usurpateur, pouvant les aider si besoin à contrer les véléités d'un sultan qu'ils avaient néanmoins reconnus.

     Bou Hamara, ne résista pas cependant à l'attrait des sirènes. En juillet 1907, il  octroya entr'autre3 l'exploitation des mines de Beni-bu-Ifrur, le plus riche gisement de fer du Maroc, à la Compania Espanola de Minas del Rif (CEMR) ainsi que l'autorisation de construire une ligne de chemin de fer entre le site de la mine et le port de Melilla, soit quelques 20 km passant au beau milieu du territoire de la tribu des Beni-bu-Ifrur. C'est de cette ligne de chemin de fer que l'on relate dans l'article du journal, au détour de l'installation de la ligne téléphonique inaugurée en 1910. Cet accord sonnait l'halali de Bou Hamara, considéré dès ce moment comme un traître et abandonné par plusieurs chefs de tribus. La situation se mettait à changer. Peu de temps après, alors qu'ils travaillaient à la construction du chemin de fer entre Beni-bu-Ifrur4 et Mélilla, des ouvriers espagnols furent attaqués et tués. Bien que la réaction espagnole fut importante, par l'envoi de 17 000 hommes, elle se solda finalement par plusieurs défaites, en particulier celle du Desastre del Barranco del Lobo5 le 9 juillet 1909. Les espagnols compteront au cours de cette période plus d'un millier de morts dont leur général commandant6. Quant à Bou Hamara, il sera pris en otage le 8 août 1909 après avoir été battu par l'armée du sultan Moulay Abd al Hafid7, cette fois aidée par la France. Il sera exécuté le 2 septembre, par décision du sultan.

    Les tribus rifaines continueront à inquiéter les armées d'occupations jusqu'en 1912. Cette période, dénommée par les historiens comme la Seconde guerre de Mélilla8 (1909-1912), marquera les préliminaires de la Guerre du Rif  qui se développera par la suite sous l'impulsion d'un autre chef rifain, Mohammed ben Abdelkrim el Khattabi (1882-1963, Le Caire).

     Il est manifeste que la stabilité n'était pas encore assurée lorsque Joseph PARFONRY est arrivé dans la région de Mélilla pour effectuer son travail. De  nombreux combats se sont encore déroulés dans les environs. Mais l'armée espagnole, par l'envoi de plusieurs milliers de réservistes, et la construction de ces nombreux fortins le long de la ligne de chemin de fer, en assurait la protection. Le fait de signaler son nom dans les quelques lignes de l'article du journal est manifestement une preuve que son rôle n'était pas des plus mineurs. Qu'y faisait-il précisément ? Du travail de construction ou d'installation électrique ? De là, l'intérêt d'espérer pouvoir disposer, au sein de sa descendance, d'éléments de souvenirs sur son travail dans cette région du Maroc.

    Comme pour en rechercher une quelconque continuité, durant la première période de mon travail au Maroc, à l'Office Régional de Mise en Valeur Agricole de la Moulouya, entre avril 1975 et octobre 1976 (voir article : Conséquence d'un attentat au Maroc !) , j'ai arpenté cette région de la tribu des Beni-bu-Ifrur, en circulant aux environs de cette colline remplie de minerais de fer. Sans avoir un seul moment imaginé que je marchais sur les pas qu'un autre Parfonry avait effectué quelque 65 ans plus tôt. L'extraction du fer se faisait au ralenti depuis quelques années déjà. Les plaines autour de cette colline étaient désormais apaisées. Les aménagements hydro-agricoles qui suivront y auront apporté un nouveau partage de la terre et l'eau pour les cultures. Les canaux et les séguias d'irrigation remplacent l'extraction bruyante et polluante du minerai de fer. Que ce soit dans celle du Bou Areg, dans celle du Garet, ainsi qu'autour de Selouane, on cultive dans ces plaines désormais de la canne à sucre, de la betterave, du maraîchage. Et par ci par là, on y découvre encore des vestiges de ces castillos9 ayant servi à abriter une vingtaine de soldats espagnols, assurant la sécurité des lieux. De nos jours, les pentes des collines du massif ferreux de Beni-bu-Ifrur sont prises d'assaut par les cyclistes et par les quads10.

 

1 Sur le plan historique, cette répartition agréait la Grande-Bretagne en évitant de devoir concéder à la France la rive Sud du Détroit opposée à son territoire de Gibraltar ;

2 Beni-bu-Ifrur : nom d'une des 66 tribus occupant le territoire sous Protectorat espagnol, occupant une région de 169 km2 du Sud de Selouane jusqu'à la Plaine du Gared ; le massif des Beni-bu-Ifrur s'élève sur une colline dont le sommet Monte Uixan se trouve à plus de 600 mètres d'altitude ;

3 Il octroya également l'exploitation de la mine de plomb du mont Afra à la Compagnie franco-espagnole du Nord de l'Afrique ;

4 Sur la carte Michelin 2010  Maroc 1:1 000 000, Beni-bu-Ifrur s'écrit Beni-Bouyafrour ; situé juste en-dessous de la localité de Segangane ;

5 En français : Catastrophe du ravin du loup ; Nom de la première bataille menée par les tribus rifaines sous le commandement de Shérif Mohammed Ameziane ;

6 Considérée comme la plus importante défaite espagnole en Afrique, elle sera suivie de  la " Semaine tragique "  à Barcelone (26 juillet au 2 août 1909), au cours de laquelle l'armée tirera sur les manifestants ;

7 Périodes successives de règne des Sultans du Maroc : Hassan 1er : 1873-1894 ; Moulay Abd al Aziz : 1894-1908 ; Moulay Abd al Hafid : 1908-1912; Moulay Youssef : 1912-1927 ;

8 Première guerre de Mélilla : 1893 -1894 ;

9 Castillos est plus usité de nos jours que le terme Fortines utilisé dans le journal en 1910 ( voir sur Google earth : Photo du Castillo de Ouiza : 35°07'08'' N et 3°00'44'' E);

10 Sur Google Earth, on peut voir quelques photos récentes du site des anciennes mine de fer des Beni-bu-Ifrur, permettant de compléter les informations de cet article (coordonnées : au sud de Segangan 35°06'50'' N et 3°00'30" E ) ;

   

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:51

      La présence de Joseph PARFONRY à Séville remonte au plus tard à l'année 1896. On l'avait déjà découvert dans un document pour avoir installé l'un de ses paratonnerres à l'église paroissiale de Santiago Apostol de Bollulos. Cette date se trouve corroborée par sa proposition d'installation, approuvée l'année suivante en 1897, pour l'église paroissiale de Notre-Dame de l'Ascension, dans la localité de Zalamea la Real.  

Iglesia parroquial de Nuestra Señora de la Asunción 

Es, sin duda, el edificio más emblemático del casco urbano, junto con su torre. No consta la fecha de su construcción......El Terremoto de Lisboa de 1775 hizo estragos en todos los edificios elevados de la provincia y la torre y la iglesia quedaron gravemente dañadas; se iniciaron las obras de reconstrucción en los años siguientes, elevando la torre hasta la altura actual y terminando en un chapitel octogonal decorado con azulejos......Don Juan PARFONRY presenta un proyecto para colocar un pararrayos en la torre por 200 pesetas. El Ayuntamiento lo aprueba el 25 de julio de 1897 y, suponemos que en esos días se colocó. Anecdóticamente mencionaremos, por último, el izado de la campana mayor, en 1954, tanto por existir suficiente documentación fotográfica del evento como por estar aún grabado en la memoria de muchos zalameños setentones.

       Il est évident que le développement de son entreprise a profité de ce besoin de placer ce type de matériel sur des églises, considérées sans aucun doute à cette époque comme les seuls points hauts aptes à capter la foudre. Ce fut aussi le cas pour l'église majeur de San Pedro de Huelva.

     On ne connait pas précisément le niveau de formation de ce Joseph PARFONRY1. Manifestement, il a du avoir le sens des affaires et du marketing comme on le dit de nos jours. Une carte postale publicitaire, qui a déjà été mise sur ce blog (voir autre article : Jose PARFONRY de HOTTON) démontrait de son sens commercial. Une seconde lecture de cette carte nous fait découvrir de fait qu'il était fournisseur (Proveedor en espagnol) de plusieurs archidiocèses (Séville, Grenade) et diocèses (Cordoue, Malaga et Jaën), soit la quasi totalité de l'Andalousie. Et en priorité dans la liste, il mentionne qu'il est avant tout fournisseur de S.A.R. Infante D. Antonio de Orléans.   

Rect ParfSeville[1]

      Qui est ce personnage qui semble disposer d'un certain prestige et d'une lignée montrant nettement des accointances avec la royauté française. La possession du titre d'infant en Espagne signifie qu'il fait partie de la famille royale tout en n'étant pas héritier au trône. Ce dernier porte en effet le titre de Prince des Asturies.

La complexité de la question royale en Espagne ne permet pas dans un simple article d'expliquer comment ce personnage est relié précisément à la couronne espagnole. L'origine remonte d'une certaine façon à la guerre de succession d'Espagne, qui avait vu l'installation du petit-fils de Louis XIV sur le trône d'Espagne sous le nom de Philippe V. Il en était résulté au final le partage du pouvoir entre les Bourbons de France et les Habsbourg d'Autriche dont les querelles avaient provoqués des guerres ininterrompues en Europe depuis la fin du Moyen-âge. Pour mémoire, le roi Juan Carlos actuel est toujours un descendant de cette lignée des Bourbons de France.

Le fait est qu'à un moment donné, il y eut une querelle entre deux branches des Bourbons françaises et espagnoles. C'est ce qu'on a appelé la fronde des carlistes, ceux-ci se disant descendant de Charles de Bourbon (1788-1855), frère cadet de Ferdinand VII (1764-1833). Ce dernier avait abrogé la loi salique avant sa mort, permettant à sa fille Isabelle II (1830-1904) de monter sur le trône à l'âge de 3 ans, en lieu et place de son frère cadet. La tension extrême entre les deux branches a été occasionnée précisément par le père de D. Antonio de Orléans qui finança lui-même la révolution contre Isabelle II. Vaincue, cette branche dut s'exiler à partir de 1868 avant d'être autorisée à revenir en 1875. Tout cela se terminant par une sorte de réconciliation entre les Orléans et les Bourbons suite au mariage en 1878 d'Alphonse XII (un Bourbon), fils d'Isabelle II, avec Mercédes d'Orléans, une soeur de Don Antonio d'Orléans.

N.B. : C'est un peu compliqué, je l'avoue, et pourtant je m'efforce de résumer au mieux.

Don Antonio d'Orléans (1866, Séville - 1930, Paris) retrouvera dès lors son titre d'Infant et retournera vivre à Séville au Palais de San Telmo, à partir de 1875, lequel avait été acquis par son père en 1844. Il épousera en 1886 la fille de la reine Isabelle II ce qui lui permettra de conserver une certaine influence à la Cour d'Espagne. Mais suite à son mode de vie volage et dépensier, sa mère, Marie Louise d'Orléans, se verra obligée de céder le Palais de San Telmo à l'archidiocèse de Séville en 1897.

       Ce fut pratiquement la fin de cette lignée historique2. L'infant Don Antonio d'Orléans avait un sacré pédigrée. Outre son mariage avec la fille d'Isabelle II, dont il divorcera en 1890, il n'était rien d'autre, par son père, que le petit-fils du dernier roi de France Louis Philippe, et par sa mère, petit-fils de Ferdinand VII d'Espagne et de Marie-Christine Bourbon, princesse des Deux-Siciles. Un fameux recueil de particules qui n'a pas résisté aux vices de la vie. Il décèdera à Paris dans la pauvreté. Mais apparemment, cet aspect volage aura été l'apanage à plusieurs reprises et encore de nos jours au sein de la lignée royale espagnole officielle des Bourbons. 

       La simple mention de ces quelques fournisseurs importants sur la carte postale publicitaire, démontre que Joseph PARFONRY avait su s'intégrer dans le microcosme de cette époque à Séville. L'appui de l'infant D. Antonio d'Orléans, laisse à conclure qu'il est arrivé bien avant 1896, seules dates de référence connues. Ce dernier devait déjà avoir pas mal de soucis financiers et ne constituait sans doute plus une référence sur le plan commercial à ce moment. Il nous reste donc un intervalle entre 1875, date de son retour à Séville, et 1896.

     Toutes ces données peuvent nous permettre de déterminer avec une certaine assurance l'arrivée de Joseph PARFONRY à Séville. On ne connait pas précisément sa date de naissance. Selon les données de l'arbre généalogique des PARFONRY d'Erezée, il serait né en 1860, entre les naissances de ses frères Hubert Narcisse (17/01/1859) et Jacques (30/11/1861). Son arrivée à Séville peut dès lors être estimée à partir de 1880, soit peu après le retour de l'infant D. Antonio d'Orléans, revenu vers 1875 d'exil. Ce qui justifierait à ce moment le titre de fournisseur qui lui est donné.

      A remarquer une fois de plus cette proximité des PARFONRY avec les familles royales d'Europe. Après Emile l'horloger à Bruxelles, Emile le militaire - explorateur au Congo, Hubert Narcisse dans le Mato Grosso, Joseph est le quatrième à manifester de ce lien.

      Sur la carte postale publicitaire, Joseph s'était d'ailleurs affublé d'une particule, en y ajoutant sa ville de naissance (Hotton). Comme quoi, cette recherche de particule a finalement été une quête inassouvie tout au long de cette saga des PARFONRY. Mais une vie sans particules, au final, n'est pas si insignifiante que cela. A voir ce que l'on a pu découvrir sur tous ces personnages transitant par ce blog, oeuvrant au développement économique, social et familial, on ne peut qu'en être rassuré.

1 Joseph PARFONRY est répertorié dans les textes de prénoms différents : José, Juan ;

2 A noter que son fils Adolphe d'Orléans (1886-1975), aviateur de renom, a porté aussi le titre d'infant ; par sa carrière militaire, il fut nommé général de division par Franco; il fut en outre en Espagne le représentant non officiel du Comte de Barcelone (Juan de Bourbon), père de Juan Carlos, pendant la période franquiste ; 

 

 

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:51

     Certains et certaines d'entre vous ont déjà rencontré Aliette PARFONRY. Elle travaillait au Sénégal, à la fin des années 1990 - début 2000, au complexe touristique de la Petite Côte à Saly, près de M'Bour. Depuis lors, elle a changé de pays tout en restant toujours dans la gestion hôtellière. De nos jours, elle dirige le prestigieux hôtel Elaïs à Pointe - Noire au Congo Brazza.

     Cette présence lointaine depuis plusieurs années et notamment sa réussite professionnelle a du attirer l'attention des producteurs ainsi que de l'animateur de l'émission de radio " Les Belges du bout du monde ". Précédemment, nous avions déjà entendu des voix de belges de la région d'Afrique centrale, tels que le Congo voisin (RDC) et le Burundi. Adrien JOVENEAU, son animateur dynamique, a aussi organisé en parallèle avec son autre émission " Le beau vélo du RAVEL" des trips en vélo dans certains de ces pays, dont la RDC et le Burundi.

      Et dans la continuité de ces émissions, il nous est proposé ce dimanche d'en entendre une autre, en provenance cette fois de la République du Congo (Brazza). Et à travers les découvertes et les voix, notre attention sera portée par la participation d'Aliette. Elle deviendra pour un jour " The Voice " de notre patronyme.

      Si vous voulez écouter Aliette, elle sera, en compagnie de la chanteuse belgo-congolaise Sissy MANENGA, dans l'émission qui passera ce dimanche 30 septembre sur la Radio Première de la RTBF (Radio Télévision francophone belge) à 9heures 15, ou si vous préférez, sur votre PC via le site ;

http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.rtbf.be%2Fradio%2Fliveradio%2Flapremiere&h=-AQGl3j57

Mais aussi en podcastant, via :

http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.rtbf.be%2Flapremiere%2Fpodcast&h=HAQGu6JwV

(ndlr : sites prélevés dans les messages de l'adresse Facebook d'Aliette)

 

     Pour rappeler quelques points de son ascendance, Aliette est la descendante de Hubert Narcisse PARFONRY, l'un des trois frères PARFONRY de la branche d'Erezée qui ont crapahuter à travers le monde à la fin du XIXème - début du XXème siècle. Après un séjour comme Directeur d'exploitation d'une plantation de caoutchouc dans le Mato Grosso au Brésil, il est revenu en Belgique ou il a développé l'entreprise PARFONRY-LIELENS, spécialisée en matériel de tuyauteries et robinetteries. Son frère Emile a accompagné STANLEY le long du fleuve Congo et l'autre frère Joseph s'est installé à Séville où existe encore de nos jours une descendance.

      Plusieurs articles dans ce blog racontent les aventures de ces trois personnages. Aliette n'est qu'en somme, que dans la continuité de ses ancêtres.

 

     Bonne écoute ce dimanche

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:35

      Transmise par Jean PARFONRY de la branche d'Erezée, voici une photo prise par sa fille Aliette de ce qui doit être probablement la plus vieille croix existante se rapportant à notre patronyme. L'agrandissement a permis de déchiffrer les quelques mots qui y sont inscrits.

                                                                     ICI  EST  DECEDE

                                                                    SUBITEMENT

                                                                    JEAN  JOSEPH

                                                                    PORFONRU  DE

                                                                    CLERHEID  EN

 

    Les dates qui suivent le texte sont recouvertes par la plaque plus récente portant la mention :

                                                                             FAMILLE

                                                                  PARFONRY - CHARLIER

           Croix Clerheid

      L'écriture sous la forme de PORFONRU est un témoignage manifeste que ce patronyme n'avait pas encore la stabilité qui est acquise de nos jours.  Par les recherches effectuées antérieurement par Alexandre PARFONRY de la branche des PARFONRY d'Erezée, il semble assuré que cette personne soit l'une des plus anciennes connues de cette famille. L'inscription du mot " SUBITEMENT" est une indication supplémentaire comme quoi cette croix fait référence à Jean Joseph PARFONRY, décédé en 1866, à l'âge de 33 ans, suite à l'importante épidémie de choléra qui s'était propagée dans la région. Celle-ci, bien que brève dans la durée, fut l'une des plus meurtrières1. C'est manifestement la raison de la mention de l'adverbe sur la croix.

      Recensé comme cultivateur, il est le fils d'un autre Jean-Joseph PARFONRY (1795-1848), reconnu originaire du village de Clerheid2. Mais surtout, il est le père de trois personnages importants de la lignée :

                          - Emile  (1857-1883), le militaire explorateur, parti rejoindre STANLEY au Congo ou il y est décédé ;

                         - Hubert, Narcisse (1859-1946), parti au Matto Grosso au Brésil et revenu en Belgique pour créer l'entreprise PARFONRY-LIELENS ;

                          - Joseph (José) , décédé en 1938, parti à Séville pour créer une entreprise spécialisée dans l'installation de paratonnerre ;

    Le plus interpellant dans cette photo, c'est la mention PARFONRY - CHARLIER . La seule association entre ces deux familles se réfère au couple

                        PARFONRY Nestor, Joseph (dit Victor) , né le 01/05/1874 à Marenne3, décédé vers 1928/1929 à Bruxelles, et  CHARLIER Valérie, Marie, qui se sont mariés en 1911 à Tohogne4.

      Nestor (dit Victor) PARFONRY n'est rien d'autre que le petit-fils de Jean-Hubert PARFONRY (1820-1882), né lui aussi à Clerheid, le frère ainé  de la personne décédée du choléra et mentionnée sur cette croix. Selon les informations qui m'ont été transmises, le couple PARFONRY - CHARLIER n'a pas eu d'enfants.

      La raison qui a conduit le couple PARFONRY - CHARLIER, a apposer une plaque sur cette croix funéraire ancienne, sans avoir un lien familial direct avec celui-ci, reste à élucider. Victor PARFONRY, étant né  huit  années après le décès de son lointain aîeul, n' a pu connaître celui-ci. Il reste à retrouver dans les souvenirs de famille une explication pour justifier de cette association sur ce que l'on peut attester de plus vieille croix existante dans un cimetière et en rapport avec notre patronyme.

 

1Cette épidémie de choléra fit énormément de victimes non seulement en Belgique mais aussi dans le Nord de la France ; dans les registres de décès, on retrouve plusieurs personnes portant le nom de PARFONRY et PARFONDRY décédés en 1866 à la suite de cette épidémie, en particulier dans la région d'Havelange ;

2 : Clerheid, village faisant partie de l'entité d'Erezée ;

3 : Marenne : village faisant partie de l'entité de Hotton ;

4 : Tohogne : village faisant partie de l'entité de Durbuy ;

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:23

      La branche des PARFONRY d'Erezée remonte à un certain Joseph, né dans le village proche de Clerheid avant 1710. Rien ne pouvait attester avec certitude l'origine initiale de cette branche. Il pouvait s'agir d'une provenance externe. Dans ce cas, la ville proche de Huy s'avérait la plus plausible. Ce qui aurait constituer un phénomène similaire à la branche de Forchies-la-Marche, dont l'ancêtre Mengold porte le prénom du Saint protecteur de Huy.

      Ces deux branches d'Erezée (Clerheid) et de Forchies-la-Marche, apparaissent à la même époque, au début du XVIIIème siècle. Celle marquée par les gesticulations à n'en plus finir de tous ces rois et empereurs, plus avides de battre le fer dans les campagnes que de battre le grain dans les champs. Mais dans la logique des choses, il était un peu difficle d'admettre qu'un habitant de Huy se soit réfugié dans un village, situé à quelques dizaines de km, en ne se mettant pas à l'abri des incartades des soldats et mercenaires de ces armées. Et contrairement à Forchies-la-Marche, située au bord de la Sambre, zone à dynamisme industriel, la région d'Erezée voyait le déclin au niveau de l'extraction artisanale du fer, face à la concurrence des nouveaux bassins sidérurgiques. En appui de tout cela, l'existence d'un lieu-dit dénommé Parfondry à Amonines, le long de l'Aisnes, est un indice de la rémanance ancienne de ce nom dans cette région, similaire aux lieux-dits de même écriture aux environs d'Aywaille. 

      D'autant que l'on constate en 1775, un mariage entre deux PARFONRY (Jean Hubert et Marie-Anne) à Clerheid, preuve en soi que ce nom y était bien présent, autorisant des mariages sans présenter de risques au niveau de la consanguinité, à moins d'un laxisme de l'autorité religieuse.

      C'est ce que l'on doit probablement en déduire, sur la base de certains textes récupérés sur la toile à partir de discussions entre généalogistes chevronnés. Le nom existait bel et bien avant 1700. Et même avec la particule, oufti !!!. On remonte ainsi avec un mariage d'un Servais de Parfondry dans ce village de Clerheid en 1617. Il a eu deux fils Servais et Jean (source : Jean-François COLIN). Et en 1680, ce même généalogiste se trouve en présence de deux Servais de Parfondry, l'un à Clerheid, l'autre  à Erezée.

       Ce qui peut nous laisser conclure que le personnage au prénom de Servais apparaissant dans différents textes par la suite est de la même lignée. Rien ne permet cependant d'affirmer que l'on a retrouvé une nouvelle ascendance de la branche d'Erezée. La seule certitude, c'est que ce nom est plus ancien à cet endroit par rapport à d'autres branches et qu'il peut en déterminer l'un des centres d'origine.

 

Le 20/07/1642 : Anthoine Flament vesture arrière au profit de Servais de Parfondry demeurant à Clerheid à titre de retrait lignagier d'une pièce de terre par lui acquise par Jean GrégoireTrinal au mois de février dernier située au vieux d'Orneau ;

Le 07/08/1690 : Laurent Breusquin de Grandmesnil vend au profit de Servais Parfonry d'Erezée une prairie au Prangeleux (source : HC Durbuy, vol 54 f. 142) ;

En février 1707 : Servais de Parfondry et Marguerite Grognart son épouse font pur vendange d'une pièce de terre à Thour Heyd joindant à Jean Grognart et aux orphelins Guillaume Grognart, au profit de Dieudonné Jardin (source : Notaire Brisbois Weris, liasse 818 acte 14) ;

 

     Sur le plan historique, la région dénommée "la Terre de Durbuy" , incluant Clerheid, Erezée et Amonines, offrait une production agricole et des ressources minières en fer conséquentes depuis le Moyen âge.  En particulier depuis l'an 1468, qui avait vu Charles le Téméraire détruire toutes les forges du Marquisat de Franchimont, en représaille de l'attaque des 600 franchimontois sur Liège. La Terre de Durbuy avait pallié aux carences de production de fer à partir de ce moment.

      Clerheid est attesté comme ayant disposé d'une forge depuis le Moyen âge, ce qui explique très probablement le fait qu'elle ait eu une importance plus grande que sa voisine Erezée jusqu'en 1813. Clerheid devint même, sous Napoléon, chef lieu de canton. Par ailleurs, Marie-Anne Parfondry, citée ci-devant,  est la fille du couple Jean-Joseph Parfondry et Marie Jeanne Pourrière de Freyneux. Or, un site de Freyneux est localisé juste derrière celui de Parfondry, en bordure de l'Aisnes à Amonines, attestant sans équivoque du lien avec cette famille.

    On peut en déduire que la branche actuelle des PARFONRY d'Erezée est installée depuis plusieurs siècles en ce lieu. Et qu'il a peu de chances que l'on retrouve des fragments de chromosomes semblables. Cette lignée a du forger son nom et sa particule à partir du lieu dit Parfondry, à Amoninesce qui n'a pas été nécessairement le cas pour  le site de Parfondry, en bordure de Meuse.

 

Grandmesnil, Prangeleux, Tour Heyd, Freyneux et Parfondry : série de lieux dits toujours mentionnés de nos jours sur les cartes IGN, aux environs d'Erezée ;

Vieux d'Orneau : ce lieu n'est plus mentionné de nos jours ; on pourrait le retrouver sous la forme de Vieux Fourneau, situé à proximité du lieu Parfondry ; dans un autre texte, on parle de Ry d'Orneau, mais ce nom de ruisseau n'existe plus sur les cartes IGN de nos jours ;

Vesture arrière : terme juridique remontant au Moyen âge, signifiant une vente d'un bien redevenant libre de la rente, du prêt ou d'un remboursement de dette ;

Retrait lignagier : droit civil coutumier découlant d'un ancien usage germanique, fondé sur le principe de propriété supérieure; il permet aux membres d'une même famille de reprendre un bien héréditaire qui fait l'objet d'une vente à un autre lignage en remboursant à l'acquéreur le prix d'achat de celui-ci ;

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 12:47

      Beaucoup d'aspects ont déjà été abordés, à travers la perception toponymique de ce blog. Il y manquait encore une approche mythologique. C'est ce qui a pu arriver lorsqu'il a fallu donner un prénom à un troisième enfant de cette famille de la branche d'Erezée.

      Qu'est ce qui a bien pu motiver Jean PARFONRY, cultivateur à Erezée puis boucher à Hotton, et Joséphine ROBERTFROID, sage femme, à donner le prénom de Narcisse à l'un de leurs nombreux enfants ? Prénom qui ne semble pas suivre la même logique que ceux attribués aux autres frères, à savoir Emile (le militaire explorateur, mort au Congo), Joseph (installé à Séville), Edmond et Jacques, voire Irma et Berthe pour les filles.

    En recherchant des écrits sur l'utilisation de l'adjectif " parfond " dans la littérature, je suis tombé sur un extrait d'un des longs récits poétiques de François VILLON, datant du 15ème siècle. Intitulé Le Grand Testament, ce récit est composé de nombreuses ballades. Et dans l'une d'entre elles, Ballade de la belle Heaulmière aux filles de joie - Double ballade sur le même propos, on trouve justement une association entre ce prénom Narcissus et l'emploi de l'adjectif parfond

                                    Orpheüs le doux ménétrier,
                                    Jouant de flûtes et musettes,
                                    En fut en danger du meurtrier
                                    Chien Cerbérus à quatre têtes ;
                                    Et Narcissus, le bel honnêtes ,
                                    En un parfond puits se noya
                                    Pour l'amour de ses amourettes.
                                    Bien heureux est qui rien n'y a !

     Narcissus est un  héros mythologique grec d'une grande beauté qui devait éviter de regarder son reflet dans l'eau. Malheureusement, tombant amoureux de la nymphe ECHO, il ne put s'empêcher de regarder son visage dans un lac. Il fut de suite transformé en plante, qui porte de nos jours ce nom, en raison de l'inclinaison de ses fleurs vers le sol. Dans le style de VILLON, qui employait toujours des façons détournées pour retranscrire les écrits anciens, il est manifestement fait référence à cette histoire.

     Narcisse, Hubert  PARFONRY est né à Hotton en 1859. Peut-on penser que les parents avaient connaissance de ce poême de VILLON ? Et pourquoi auraient-ils donné seulement à l'un de leurs enfants un prénom mythologique ? Deux questions assez peu susceptibles de donner une réponse de nos jours. Mais le hasard des détails en généalogie est tout sauf une coïncidence pour ne pas être un fait acquis. Le lien est trop palpable, trop évident, pour que l'on ne puisse ne pas croire à une volonté affichée des parents de donner un sens à la naissance de cet enfant.

     Narcisse a eu une carrière brillante. Un peu aventureuse au départ dans la Pampa du Matto Grosso, il a brlllé par la suite comme industriel en Belgique. Son destin n'est en rien comparable avec le héros mythologique. Mais lui - même, avait-il pris connaissance de ce destin et de l'histoire de sa naissance ?

     La découverte de ce poème permet à tout le moins de s'assurer que l'adjectif parfond était utilisé dans la littérature à la fin du Moyen âge. Le plus ancien texte faisant état de sa présence est le Roman de la Rose, écrit par Guillaume de LORRIS au 13ème siècle : Trop avoit son cueur courroucie Et son deul parfond  commencie.

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