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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 09:07

   Les esprits continuent à cogiter dans la famille. Après les contributions de Caroline et d'Agnès (voir articles : De Neerheylissem à Briou, une famille française ; Une vraie histoire de famille expliquée), voici qu'une nouvelle édition limitée vient de paraître à Briou. 

   JPP y est allé de son cru (ndlr : mot qu'on peut comprendre ici dans les deux sens) pour apporter son aumône au parcours dynamique que cette saga a déjà mis en évidence. Cela s'appelle : La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Tout un parcours mal catalogué me direz-vous. Et bien pas tant que ça. JPP, dans son avant propos, nous parle d'un humour décalé  et d'un pensum contemplatif de la vieEn bref, il nous averti que sa prose est abordée à la façon d'un DESPROGES, compulsif, créatif et pouvant paraître incohérent.

    Déjà le titre sonne comme une harmonie de choix dans les mots. Plutôt que de nous dire que la vie est faite de bric et de broc, il distille la consonne v aussi facilement qu'un texte de Pierre PERRET. Il nous explique également que tout cela a démarré par l'achat d'un lot de post it. On imagine, en voyant le nombre de ces petites phrases récupérées et rassemblées dans un certain ordre incertain, à ce qu' a du ressembler la longère de Briou. Manifestement, ce qu'on appelle la part du sacré de tout homme, la plus sincère et honnête, a du s'extérioriser par jets impulsifs et compulsifs sur n'importe quel support solide. 

    Détaillant et répertoriant ses pensées, utilisant les titres de ses chapitres à la manière d'un livre classique, tel Trois hommes dans un bateau de JEROME - K - JEROME, JPP avance ainsi dans son roman personnel, abordant tout autant son père, sa soeur, ses nièces, ses ex et surtout sa mère, une résistante de la première heure, mais aussi ses coups de coeur. Et c'est là que l'on se rend compte que la cohérence des mots, des courtes phrases ne peut être perçue que si on lit le texte d'une traite comme il nous l'a été conseillé.

   Impossible de détailler ce recueil de faits, de moments de plaisirs, de lieux, de rencontres, de prénoms, de noms. De cette vie en vrac, on en ressort avec le fait que ce fut une vie dense, remplie dont chaque élément est resté gravé dans son for intérieur. Il a suffi d'un déclic, d'un désir de participer à l'aventure de renouveau des PARFONRY pour faire ressortir en quelque sorte ce qui peut constituer un cadre structuré pour une future écriture moins élaguée assez détonante selon moi.

   Ce recueil confidentiel ne nous empêche pas d'en retirer quelques perles, pour faire comprendre plus pertinemment du ton et des termes employés. La plus éloquente, la mieux ficelée car la plus incompréhensible est : Ne pas oublier Renoir à Paris que rencontra maman avec Jo (ndlr : je crois bien qu'il s'agit du cinéaste Jean Renoir, himself)

    Ou alors, pour nous montrer qu'il a voyagé : Souvenir d'une expédition en Casamance et d'avoir dormi sur la future plage du Club-Med envahie de moustiques géants.

     Et quelques autres que j'ai reprises au gré de ma lecture :

On avait une grande maison et un grand jardin dans une avenue calme

Les cataplasmes à la moutarde et les plaisirs de la lecture

Le poulet de Bresse aux morilles avec des vins de Bourgogne de rêve chez Raymond et Jacqueline

La recherche des vers de terre pour la pêche dans le fumier de La Courtinière

   On retiendra aussi la définition qu'il donne de la femme, laissant parler son arrière plan poétique. Elle donne le bonheur équilibré si on peut résumer sa pensée. J'y apprend également qu'il a habité, avec ses parents, au Km 7 de la Route de Rufisque à Dakar, soit non loin de mon lieu de travail quelques années plus tard au Km 15. Mentionnée mais non dévoilée par pudeur, la référence à Raysine, sa chienne, est tangible.

   Pour terminer par un dernier chapitre intitulé Et pour finir, JPP aime. Dans lequel, est énuméré le catalogue de toutes les choses que la vie nous amène à côtoyer si l'on est enclin aux rencontres, à faire s'épanouir ses cinq sens. Il y en a cinq pages entières, simple listing de choses, de petits moments. C'est simple, il a aimé et il aime beaucoup JPP. De quoi lui trouver pendant de nombreuses années encore des idées de cadeaux. J'en ai extrait une seule, ce moment qu'il doit apprécier le plus : Rouler à 70 km/heure sur les routes désertes de Sologne.

   Pour finir le tout par deux petites réflexions qui approfondissent in fine le caractère de ce quartier-maître, de ce solognot restant centré sur son environnement naturel. Les définitions qu'il nous donne de la vie, de l'harmonie en y insérant le problème existentiel du manchot (tout est question d'équilibre) et celui de l'araignée (ça ne tient qu'à un fil ) se devaient de nous rendre plus intelligent. Rassure-toi JPP, tu y es arrivé.

     As-tu le sentiment de t'inscrire dans cette tirade écrite par Guy BEDOS, pour son dernier spectacle à l'Olympia, il y a trente ans :

    La vie serait - elle une comédie italienne ? Buena sera, signore, signori. Tu ris, tu pleures. Tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs. Tu meurs, tu vis. Comediante, tragediante. C'est çà, c'est çà, la vie1. 

   Dernier petit détail, rien que pour les puristes et les amateurs de jeux télés : les premiers pas sur la lune datent du 20 juillet 1969. Mais probablement que les gaz lacrymogènes de l'année précédente ont brouillé le son et l'image.

    Si vous n'aimez pas les femmes, la nature, mais aussi plein d'autres choses n'en dégoutez pas les autres2. On devrait s'en tenir à cette sentence après avoir lu en continu. C'est sur, je vais m'efforcer de relire Albert CAMUS  et découvrir Maria CASARES. Pour combler  assurément certaines lacunes sur la vie, sur l'harmonie. 

 

1 Guy BEDOS : Je me souviendrai de tout, Ed. Fayard, 233 pages, 2015 ;

2 Phrase adaptée d'une chronique de Charline VANHOENACKER, A la santé des enfants du rock, lu sur France Inter ce 16/11/2015, et rédigée à la suite des attentats du 13 novembre à Paris ;

 

La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Les éditions du Briou (JPP)

La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Les éditions du Briou (JPP)

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 18:20
Les livres Quelle famille.2 ! sont prêts à être envoyés

Les livres Quelle famille.2 ! sont prêts à être envoyés

      Après une première version restreinte en nombre de pages (voir article : Une vraie histoire de famille expliquée), en voici une seconde beaucoup plus consistante de 108 pages. Quelle famille. 2 ! tel est son titre1. Un beau bébé qui pèse 750 gr et mesure le format A4. Macaline, la dynamique Mamy de Saint-Savin a remis le couvert. Avec l'appui d'Agnès cette fois, pour fédérer et motiver, elles ont peaufiné une édition beaucoup plus personnelle, dont le caractère plus social, plus humaniste et plus moderne transcende par rapport à la précédente. S'appesantant à la fois sur l'histoire familiale de toutes ces épouses de diverses conditions mais aussi sur cette huitième génération de Parfonry, la nôtre, qui en constitue désormais le socle, elles se sont attelées à la sauvegarde de la mémoire familiale et historique. La collaboration de chacun a été demandée afin de rendre sa lecture plus vivante, plus actuelle, plus instructive.

    Moins imprégnée toutefois de la période de l'Ancien Régime, on y découvre l'histoire d'une famille française traversant les courants artistiques, les guerres, l'évolution des moeurs, se réappropriant les mémoires, les souvenirs et les nouveaux liens actuels. Chacune des branches qui s'y est associée a manifestement emmené des éléments instructifs et constructifs à ce parcours.

    Après avoir lu avec attention ce document, les maîtres-mots qui en ressortent sont indéniablement : passion, travail, amour, loisir, mouvement, rénovation, patriotisme. Difficile de les classer selon un ordre de priorité car tout est un peu à l'excès dans cette famille. Mais les explications détaillées ci-dessous me semblent présenter une progression en relation avec ces excès.

  Passion dans la recherche de toutes ses choses de la vie qui agrémentent le quotidien, que ce soit dans la conquête du Cervin, dans l'écriture de livres de cuisine, dans l'observation de la nature et de la forêt solognote en particulier, dans le militantisme syndical et politique, dans les traversées à la voile, sous les jupes des filles.

   Travail, parfois par nécessité pour obtenir le consentement du futur beau-père, mais surtout par ce besoin de se tester, d'apprendre, de prendre des responsabilités pour résoudre la quadrature du cercle de la recherche d'un certain bien - être.

  Amour  d'autrui, de son autre mais surtout amour dans les rencontres, dans l'amitié consolidée. Le document foisonne ainsi de ces listes de noms qui sont désormais imprégnés à jamais dans le souvenir.

   Loisirs de vacances le plus souvent partagés en famille ou avec des amis. L'une de ces constances qui continue à perdurer de nos jours. L'étranger avant tout. On va en Chine bien avant tout le monde, on crée une liaison régulière avec l'île Rodrigues et avec Pointe-à-Pitre. On se balade en Russie et en Arménie et on visite l'Uruguay comme voyage de noces. Pour les séjours nationaux, la mer reste non pas la priorité mais quasiment l'obsession. Ils y sont sans arrêt dès le plus jeune âge, que ce soit dans la bleue, sur un voilier, aux bords des océans ou en plongée. 

    Rénovation, ou plutôt, dans leurs cas, l'envie perpétuelle d'avoir un chantier de gros travaux. S'en référer à des vies non conformistes en somme. Vous leur donnez un terrain, quelques murs en pierres et quelques outils, ils sont ivres de joies. Et ils vous invitent en même temps à venir passer quelques jours de détente au milieu des gravats. 

   Mouvement, c'est à dire les changements perpétuels de résidence, la condition pour satisfaire plus aisément le critère précédent. Des gens qui ont la bougeotte comme on dit chez nous. La Poste a eu du mal à les suivre. Ils sont probablement fichés comme faisant partie des gens du voyage. Avec par dessus tout une championne de ce style qui n'en a peut être pas fini après 26 déménagements.

    Patriotisme, y incluant un engagement véritable pour la défendre, cette patrie, cette nation française. Une liste de combattants, de médaillés sans pareils, pour les deux guerres (et même celle de 1870 si on remonte l'arbre des belles-filles). Que ce soit en 14-18 et en 40-452, ils ont reçu de nos jours, tous ces Parfonry, un héritage unique leur permettant ce choix de liberté qu'ils insufflent à merveille.  

     Cette famille PARFONRY de France s'est définitivement détachée de la période des particules, retrouvant sa propre particule élémentaire, toute imprégnée de savoir-faire, de créativité, de joies, de souffrances. S'attachant malgré tout à conserver quelques mobiliers, peintures, objet artisanal, mouchoir brodé pour assurer ce partage de cet héritage. Avec comme petit rappel, à la source François-Xavier, ce migrant belge, marbrier d'art, déjà agrafé d'une Légion d'honneur en 1881, qui jette les bases de ce parcours hors norme. Ses descendants ne cessent de se fondre dans les moeurs de ce pays qu'il apprivoise rapidement. Y apparaissent bien volontiers, par mariages, des particules de terroir non aristocratiques, des artistes peintres, des écrivains, des acteurs, des photographes, des artisans bref toutes ces professions qui permettent le transfert des idées en sortant des conventions. De ce cadre de rencontres, est né cette envie de ne pas décevoir, de s'intégrer à cette France, quitte à oublier le nom de ce petit village du Brabant wallon d'où ils sont partis. Ne le retrouvant par bonheur que bien plus tard (2006) grâce à ce lointain cousin, ce poor lonesome cowboy, resté hélas, bien seul, en Belgique. 

     Et de cette Belgique qui les a vu partir, force est de constater que les références sont presqu'énigmatiques dans les souvenirs. Un seul ose citer Adamo dans la liste de ses chanteurs préférés. Même Brel, qui a chanté ce plat pays qui fut le leurs, n'a pas droit à une seule mention. Seuls points communs finalement de souvenirs, on relève le disco de Travolta, la chanteuse Patty Smith, Venise, Camaret, les Peugeots 203 et 404 des parents, la pluie sur les carreaux, les crêpes bretonnes et in fine la Guadeloupe. Trop peu de choses, en somme. On aurait pu envisager qu'ils fassent référence à des chansons comme Le ciel, le soleil et la mer (Sacha Distel), La Mer (Charles Trenet), La bande à Jojo (Joe Dassin), Place des Grands hommes (Patrick Bruel), Belle-île-en-mer (Laurent Voulzy), Il est libre Max (Hervé Cristiani), Mrs Robinson (Simon and Garfunkel), Hey Jude (The Beatles), I can't stand myself (James Brown). Rien de tout cela. 

    Ils ne connaissent pas non plus la Mer du Nord, ni Pairi Daiza, ne situent plus bien Waterloo, ne savent pas que Mons est capitale européenne de la culture en 2015, sont étonnés qu'on puisse relier deux villes belges importantes en moins d'une heure. Et ne se rendent jamais au Luxembourg, ce pays que chaque belge ne manque pas d'aller visiter au moins une fois par an. 

     Pourquoi un tel décalage ? Manifestement, ils ont bien apprécié, pour certains, Mai 68, l'élection de Mitterand à la Présidence en 1981 et probablement, sans le mentionner, le Programme commun avec ce gugusse de Marchais. Les implants laissés par les générations antérieures ont du quelque peu s'estomper dans les gaz lacrymogènes, la loi Badinter et le main dans la main Mitterand - Kohl. Même si on lit qu'un des leurs, le dernier représentant des bonnes manières d'avant le yéyé, le babyboum, s'est fait appeler Faon Louis XV chez les scouts. Avec un tel qualificatif, habituellement attribué en adéquation avec le caractère, on ne peut qu'être rassuré d'y retrouver l'alliance entre la nature et la Patrie qu'elle soit qualifiée de Fille aînée de l'Eglise ou d'Etat laïc peu importe.

       Le document comporte pas moins de 700 photos, excusez du peu. Forcément, pour 108 pages, la littérature en prend pour son grade, elle qui a perdu de sa superbe, de son identité de nos jours, via l'usage des SMS. En définitive moins de textes, moins de phrases à la construction classique. Surtout des flashes, des moments de vie, les temps forts de la vie de chacun, des rencontres (nombreuses), des préférences, des ambiances à la pelle, bref une liste importante de petites choses que le lecteur est prié de remettre en place selon sa vision, son recul sur cette extraordinaire histoire familiale. L'essentiel de ce support est de transmettre cette histoire, comme si on prenait le temps de ré-écouter une conversation interrompue3.

    Une histoire qui ne peut être racontée de manière linéaire. Comme les mythes grecs, tels les épopées d’Homère ou d’Hérodote, elle opère par boucles de telle sorte que chaque élément, chaque personnage a droit à une histoire dans le récit. Au lecteur à trier selon son parti pris entre tous ces personnages retravaillés au travers d'un oeil de boeuf laissant filtrer la lumière des combles du grenier. Chacun a transmis, via sa lucarne, ce qu'il considérait comme perméable. Selon le poète, les traces sont suffisantes. En estimant que cet article n'a pas déséquilibré la mise à nu qui de toute façon est limitée aux visions personnelles.

   Au final, une famille française assez éloignée de l'image traditionnelle du français moyen, béret sur la tête et baguette dans la main. Une vraie famille française, parfaitement en symbiose avec son vécu. Fait-elle partie de ces familles qui, comme les qualifie Bernard PIVOT, doivent Etre nées de deux fleuves. Procéder de l'un et de l'autre par ses gênes4 ? Pas évident d'aller dans cette direction quand on habite sur les bords du Cosson, de la Garonnevoire là où il n'y a pas de fleuves. Les traces des sillons qui se sont creusés restent toujours assez fermes. Seul, un nom basque, bien isolé dans la séquence de tous ceux énumérés, y apparaît comme un nouveau marqueur. L'indivision de Briou et la présence dans la rue Jouffroy sont dans la continuité du chemin tracé par les aînés. Et si la première photo floutée du livre nous montre la maison de la rue des Charrons à Neerheylissem, le long du Geer, sous-affluent de l'Escaut, la dernière, de même nature, fait référence à la propriété de Briou, le long du Cosson, sous-affluent de la Loire. Entre les deux, via Anvers et Paris, quelques 250 années que nous détaillent ce livre sans avoir réellement répondu au constat de l'écrivain. 

     Plus éloquent et représentatif de l'évolution de la société, les alliances ne sont plus aussi durables. Si la huitième génération en a vu l'apparition, la suivante, la neuvième, en poursuit le schéma, sans être malgré tout à un niveau que les statistiques affolent.

     Famille ravie toutefois d'avoir pu faire revivre la dernière fibre qui la reliait à son origine. De revoir ce petit village à la consonance flamande que Jacques était le dernier à connaître. Un échange de lettres, une rencontre à Briou et quelques dizaines de ti-punch plus tard à Gissac, l'osmose se créait. Caroline et Agnès n'ont pas omis, je les en remercie, d'insérer en première et dernière page quelques photos de ces rencontres franco-belges de part et d'autre de la frontière. Elles font indéniablement partie de ce patrimoine. J'ai même droit à une première biographie succincte.

   Retour non sur la Terre promise mais sur les terres de ce rescapé de la justice du Moyen-âge. Celle qui aurait pu empêcher que cette belle histoire de famille ne se réalise. Il est le père du maître charron dont la profession a donné son nom à la rue de ce village de Neerheylissem. 

   Et le livre se termine, tout naturellement, par quelques recettes, riches d'odeurs mais surtout d'images rappelant des moments intenses d'émotion, de partage comme le souhaite l'introduction.

  A ta santé Jacques !! Damoiseau ou Bologne, comme on veut. Je n'en ferai pas une maladie.

  A quand le Tome 3 !! 6 . Reste à rédiger un pitch afin d' intéresser un scénariste, un producteur pour mettre en forme cette épopée inédite. 

 

1 L'édition de ce livre coïncide avec les 7 années de création de ce blog ;

2 Plusieurs articles du blog reprennent ces faits d'armes des deux guerres ;

3 Cette phrase m'a été soufflée dans l'oreille par Caroline ;

4 Bernard PIVOT : Les mots de ma vie, Albin Michel, 2011 ;

5 PIVOT ajoute même cette phrase "N'être que de la Garonne ou du Nil limite l'horizon et l'ambition" . Il y en a qui vont s'obliger à devoir réagir sur cette phrase ;

6 Des commandes, via ce blog, peuvent être faites pour le Tome 2 qui devrait être réédité, vu la demande ;

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 14:05

    Le séjour à Anvers impliquait indéniablement un passage par le bâtiment des FélixArchief1. Situé dans l'un de ces anciens entrepôts qui n'avaient plus leurs utilités depuis le passage à la containérisation à outrance et à la mécanisation du transbordement des marchandises, l'une des innovations les plus marquantes de cette mondialisation, l'un des étages de ce lieu est désormais affecté à la collecte des archives municipales. L'espace est totalement ouvert, lumineux, capitonné et numérisé. 

     Si Anne WINTER (voir article : La présence à Anvers se dévoile petit à petit) était parvenue à retrouver Jean PARFONRY dans le dédale des fiches de renseignements collectées tout au long de la période française puis hollandaise, il y avait indéniablement de l'espoir de trouver d'autres éléments sur ce personnage.

    Pour Agnès, l'obstacle de la langue n'était pas réellement un problème. L'anglais étant la seule langue commune réellement perçue par tous les interlocuteurs, dans un phrasé cohérent et compréhensible, elle est parvenue à peaufiner sa recherche, surfant sur les bases déjà connues. Palliant à mon désarroi, ne sachant en fait quelle piste suivre. Tant l'usage du matériel que la compréhension des codes chiffrés m'apparaissaient abstraits et obscurs. Mes quelques rudiments de néerlandais permettaient néanmoins de déchiffrer le titre des colonnes apparaissant dans les documents archivés. Une fois la méthode d'archivage appréhendée, et une bonne demi-journée plus tard, la compulsion des données faisait ressortir de nouveaux éléments sur la présence de Jean PARFONRY et de sa famille à Anvers. 

  Avec au final, un recueil de nouvelles informations non négligeables, que l'on peut reprendre en plusieurs points. Petit rappel nécessaire : Jean est né  le 07/12/1797 et son épouse Jeanne Lallemand le 28/10/1797, tous deux à Neerheylissem.

1. Par un jeu assez astucieux de chiffres, correspondant en fait à des adresses précises, avec numéro et nom de rues2, il a été possible de remonter le parcours de Jean PARFONRY entre 1828 et 1823. Cinq années gagnées sur le temps. Jean (Johannes) est repéré successivement :

- Fiche n° 1548 section 3 : à 26 ans, au 20 Hopland (Centre ville, // au Meir); il y est inscrit le 25 novembre 1823 et y habite avec son épouse Johanna (Jeanne) Lallemand et probablement son fils Paul-Ferdinand (écriture illisible); il exerce la profession de Knecht  (domestique, garçon de café);

- Fiche n° 1436 section 4 : à 27 ans, au 10 ruelle au Vent (pas trouvé de concordance de nos jours) ; il y est inscrit  le 14 octobre 1825 avec son épouse Jeanne, trois enfants (Paul-Ferdinand, Maria Ludovica et Alexis-Joseph) ainsi que son beau-frère Ferdinand Lallemand, âgé de 25 ans; ce dernier est mentionné comme Metselaer (maçon), quand à Jean, il est cette fois  Tapper (Cabaretier)3 ;

- Fiche n° 2719 section 4 : à 30 ans, au 12 rue de la Montagne (probablement de nos jours Bergstraat, près du Musée Plantin-Moretus, Centre ville); il y est inscrit le 29 août 1828 en compagnie de son épouse  et des quatre enfants, à savoir les trois déjà énoncés et pour la première fois François-Xavier ; âgé de 7 ans, à ce moment, cela est confirmé par sa date de naissance en 1821; ce qui permet aussi de disposer d'une information essentielle sur Paul-Ferdinand, âgé de 5 ans ; 

- Fiche n°1592 section 3 : au 3 rue Léopold (probablement Leopoldstraat dans le Centre ville de nos jours); suite à une recherche effectuée précédemment (voir article : La présence à Anvers se dévoile petit à petit), cette présence dans cette rue y avait été mentionnée en 1829, indiquant que Jean n'a guère occupé longtemps la maison précédente ;

2. Cette recherche a permis de retrouver les endroits d'habitation de Jean PARFONRY en remontant jusqu'en 1823. Or, manifestement d'autres indices font manifestement croire qu'il y était déjà en 1821 et probablement bien avant. Le temps nécessaire pour comprendre la mécanique de ces archives anversoises n'a pas permis d'en extraire tout le potentiel qui y est accumulé et caché. 

3. En première analyse de tous ces changements d'adresse, apparaît de manière claire ce prénom de Ferdinand qui nous titillait depuis un certain temps (voir articles : Un autre peintre Parfonry; Et si Ferdinand était des nôtres;  On a sans doute retrouvé la mère de Ferdinand Parfonry; Après Paul, voici une toile de Ferdinand; Ferdinand réapparaît à deux reprises). Ce Ferdinand, qui est précédé du prénom de Paul, n'est pas un inconnu. On a ici la preuve évidente qu'il est ce frère de François-Xavier que nous avions pressenti. La concordance des dates et les lieux qui avaient servi à argumenter son lien familial sont ici démontrées. Sa date de naissance est également retrouvée dans les registres. Il est né un 29 novembre 182.. Malheureusement, le pliage empêche de lire le derniers chiffre sur le document scanné.  Selon son âge déclaré en août 1828 (5 ans), cela devrait situer sa naissance en 1823, soit un peu plus d'une année  après François-Xavier.

4. Et ce n'est pas fini au niveau de la fratrie de François-Xavier. On y relate également une Maria Ludovica, née un 02 février 182(avec le même phénomène de pliure empêchant de lire le dernier chiffre). Qui n'est de fait pas totalement une nouvelle venue au niveau de notre recherche. Il avait été question précédemment (voir article : Les inconnus de Créteil sont élucidés) d'une Louisa Parfonry, mariée à un certain Goossens, dont le fils Charles Goossens (1851-1888) se trouvait inscrit sur l'une des pierres extérieures du monument funéraire de Créteil. Il y a bien concordance par rapport à  l'année de naissance de son fils. Maria Ludovica4 s'est appelée Louisa très certainement par la suite. Mentionnée dans aucun document jusqu'à présent, cette soeur de François-Xavier intègre définitivement la saga. Si Goossens, sculpteur et neveu de François-Xavier est mentionné à Créteil, cela donne toute liberté pour se dire que pour l'autre nom inscrit, Joséphine Loge en l'occurrence, il doit exister le même genre de relation. Par contre, rien n'est mentionné sur le lieu de décès de cette Louisa Parfonry.

5. Les métiers exercés par Jean au cours de son séjour à Anvers évoluent dans le même contexte. Que ce soit celui de garçon de café puis de cabaretier, ils attestent que Jean était arrivé à Anvers non comme un travailleur de bâtiment ou pour occuper une charge de domestique de maison, voire une charge commerciale. Ce qui est, en somme, en cohérence avec le choix du témoin pour le baptême de son fils François-Xavier en décembre 1821 à Neerheylissem, lui-même désigné comme cabaretier dans ce village. Et pourquoi ne pas extrapoler la raison de son départ d'Anvers en 1839 pour le quartier des Marolles à Bruxelles (voir article : Parfonry contre Laruelle) en lien avec le développement de débits de boissons, résultant d'un alcoolisme accentué parmi la classe ouvrière.

6. Dans la foulée de toutes ses découvertes, l'acte de naissance d'Alexis-Joseph, longtemps resté inconnu, a été mis à jour5. Il est bien né à Anvers le 21 juin 1828, ce qui éteint la suspicion avec l'année 1823, apparue dans un document et devant être accréditée comme une forme d'écriture défectueuse hésitante entre le 3 et le 8. L'année 1828 inscrite sur le monument de Créteil est bel et bien le bon chiffre.

7. Comme bien d'autres personnages de cette saga, le premier prénom enregistré n'est pas toujours celui qui est resté. L'exemple de Paul-Ferdinand est sans doute le plus flagrant. Il permet néanmoins d'expliquer l'origine de l'attribution du prénom Paul au fils de François-Xavier, né en 1857. Ferdinand devait avoir à ce moment 34 ans et des lettres attestent  qu'il vivait toujours en 1867. C'est à cette date qu'il rencontre le futur roi Léopold II dans la cathédrale d'Anvers, reproduisant la célèbre toile de Rubens La descente de Croix qui a été retrouvée dans l'église de Ciplet (voir article : Une visite dans le village de Ciplet s'imposait). Quelle raison a donc François-Xavier pour transmettre ce prénom de Paul bien plus tôt ? Le décryptage d'un mystère en soulève finalement un autre.

8. Un autre mystère est celui de la présence de François-Xavier résidant avec ses parents à partir de 1828 seulement, à la rue de la Montagne. Ou était-il depuis sa naissance en décembre 1821 ? Nouveau mystère.

9. Jean a fait enregistrer, successivement en janvier 1833, février 1834 et février 1837, trois enfants mort-nés à Anvers. Manifestement, les conditions de vie de la famille ne devaient pas être favorables. On peut envisager une certaine dégradation sur le plan économique pouvant expliquer ses ennuis de paiements de loyers et la nécessité de migrer vers Bruxelles en 1839 (voir article : Parfonry contre Laruelle).

     En conclusion, cette virée dans les bâtiments FelixArchief d'Anvers a permis de consolider un peu plus le socle de la lignée tout en répondant à certaines énigmes qui avaient été proposées à notre sagacité. La généalogie a ainsi répondu à nos points d'interrogation. Et sur le plan de cette recherche de la mémoire et de son intégration dans le contexte historique, le parcours de Jean PARFONRY se dévoile un peu plus. Cinq petites années, entre 1823 et 1828, qui affinent son séjour à Anvers en révélant ses lieux d'habitation et ses métiers. Tout n'est pas finalisé cependant car sa présence à Anvers est avérée dès 1821 et sans doute avant. Est-il arrivé pendant la période française, avant 1815 ou après la défaite de Waterloo ? Dans quel régiment a t-il fait son service militaire ? A t-il combattu à Waterloo ?

     Sur un autre plan, il est confirmé que François-Xavier, l'aîné, a été un support pour sa fratrie. Pour son frère Alexis et sa soeur Maria-Ludovica que l'on relie à la période professionnelle parisienne. Pour l'autre frère Paul-Ferdinand, la question n'est pas résolue, d'autant que l'on a découvert que ses lieux de séjour coïncident plus avec la commune de décès de leur mère à St-Josse-ten-Noodde à Bruxelles (voir article : On a sans doute retrouvé la mère de Ferdinand Parfonry)

   On peut se poser toutes ses questions et chercher progressivement à les résoudre. L'année du premier enregistrement à Anvers, de même que le lieu et la période de son service militaire semblent accessibles. Agnès, je te sens motivée pour y trouver les réponses !!

 

1 Felix Archief : Oude Leeuwenrui, 29 - 2000 Antwerpen ;

2 Référence : Ville d'Anvers  - Tableau de Concordance des anciens et nouveaux Numéros des maisons, Stad Antwerpen, Archief, 6 sept. 1856 ; Tienjarige tafels of geboorten 1823-1832 ; Registre des populations, 1815-1829 et 1830-1846; 

3 Dans certains actes de naissance de ces enfants, on le mentionne comme Herbergier, ce qui donne une  signification plus large en introduisant l'aspect d'hébergement ;

4  Maria Ludovica se traduit par Marie-Louise, prénom de plusieurs personnes de haut rang à cette période, notamment Marie Louise d'Orléans, fille du roi de France Louis-Philippe, et mariée à Léopold 1er de Belgique ;

5 Antwerpen. Registre des naissances 1828-1829, n° 1234, image 151/570 ;

Agnès en pleine activité dans les locaux de la FelixArchief à Anvers
Agnès en pleine activité dans les locaux de la FelixArchief à Anvers
Agnès en pleine activité dans les locaux de la FelixArchief à Anvers
Agnès en pleine activité dans les locaux de la FelixArchief à Anvers

Agnès en pleine activité dans les locaux de la FelixArchief à Anvers

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:38

     N'étant pas un généalogiste patenté, récitant de mémoire la date de naissance de l'ancêtre à la dixième génération, mon intérêt pour les salles des archives et pour la compulsion de nombreux actes, avant de trouver l'élément pertinent qui permettrait de remplir une nouvelle case de l'arbre, voire de le faire remonter dans un autre siècle, n'a jamais été ma ligne directrice dans l'élaboration de ce travail. Il est vrai que la numérisation a donné un accès plus direct permettant de travailler le plus confortablement assis sur la chaise de Léon1. A un certain moment cependant, l'ordinateur ne suffit plus pour trouver certaines données manquantes. Soit, on se met à croire que la limite de découvertes nouvelles a été atteinte, soit on attend que cela se dévoile en s'appuyant sur un fait extérieur venant en appui.

     C'est ce qui s'est passé récemment pour contrer mon jugement qui s'était quelque peu bloqué sur l'impossibilité de retrouver d'autres données de la présence de Jean PARFONRY, le père du marbrier, à Anvers avant 1828. Persuadé que le bombardement orchestré par les hollandais en 1830, contri de devoir lâcher cette ville stratégique d'Anvers à la nouvelle Belgique, avait anéanti pas mal de documents antérieurs. C'était sans compter sur la sagacité et l'expérience de ma cousine française. Bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de Bordeaux, Agnès PARFONRY en connait un bout dans ce domaine, lui permettant une meilleure concentration. Par son travail, elle a l'habitude de ce fonctionnement interne des données numérisées, de l'usage de ces appareils de lecture de ces bandes de cellophane et des codes chiffrés qui permettent de trouver le lien entre tout ce matériel mis à notre disposition. 

    Profitant de sa venue en Belgique, avec Michel et Françoise, sa grand-tante parisienne, une visite à Anvers, en bordure de l'Escaut, avait été programmée. La même équipe qui avait convergé vers Créteil en décembre 2014 se trouvait de nouveau rassemblée. Pas évident pour nos cousins français de vouloir visiter cette ville. Ce port a une stature internationale de nos jours grâce notamment aux travaux d'élargissement des bassins entrepris par Napoléon. Venant de Bordeaux, la frustration était visible chez ses cousins, de devoir assumer le choix de celui qui, au final, fut l'un des fossoyeurs non seulement de la puissance française mais surtout de la stagnation de leur port en bordure de la Gironde. L'Escaut, étant plus à portée de canons de l'ennemi anglais, justifiait ce choix stratégique et militaire. Mais attachés néanmoins de revenir sur les traces de celui qui est à l'origine de leur lignée, arrivé probablement dans la foulée des travaux entrepris par Napoléon, ils firent bonne figure, allant même à s'émerveiller sur les joyaux esthétiques de la ville. 

      Certes, pour une première visite, Anvers offre d'autres intérêts historiques majeurs que son port. En deux jours, il était inconcevable de passer outre le Musée Plantin-Moretus, chef d'oeuvre d'un atelier d'imprimerie du XVIème siècle, mais aussi l'architecture en fer et verre de la Gare Centrale avec ses trois étages de voies, complétée par la flânerie le long du Meir, la plus importante artère commerçante de Belgique, sans oublier la nouvelle tour en sable rouge du MAS (Museum aan de stroom - Musée au fil de l'eau) et ses dix niveaux d'espace récemment inaugurés, la Cathédrale avec ses Rubens flambant dans leurs toiles rouges, tout en terminant par le tableau floral de la Grand-Place. Sans élaguer la légende du géant Druoon Antigoon, coupant les mains des bateliers récalcitrants, à l'origine de l'étymologie de la transcription flamande Antwerpen. Cette main (hand en flamand) est d'ailleurs bien présente sur les murs extérieurs du MAS, affichant ainsi du lien de la ville entre son fleuve et le monde2.

     Au milieu de tout cela, il était incongru de ne pas prévoir une diversion vers le bâtiment FelixArchief, contenant les archives de la ville d'Anvers, installées au 6ème étage d'un ancien entrepôt entièrement réaménagé. Un grandiose lieu de mémoires, d'espaces, de quiétude qui fait oublier ces endroits vétustes et poussiéreux qui restent ancrés comme un lien intemporel et immobile. Si le futur s'ouvre à une nouvelle société, le passé et ses papiers dépoussiérés ne reste pas au pied de l'escalier. Le sauvetage de notre Histoire et son embellissement est bel et bien devenu une réalité. Anvers qui a été un carrefour de migration a bien compris le besoin d'un tel lieu pour compléter la pérennité de son rayonnement. 

     Qu'il nous est agréable avant tout de remercier le personnel de ce lieu qui, par sa gentillesse, son attention et son aide, nous a permis, à Agnès et moi-même, de dénicher toutes ces nouvelles apostrophes de l'histoire des PARFONRY de Neerheylissem. J'en citerai deux dont j'ai eu la perspicacité de noter le nom : Melinda BOUTARD et Monique MORBE. Sans oublier la petite stagiaire que l'on voit aux côtés d'Agnès3 sur une des photos, et qui nous a permis de débloquer la situation qui semblait à un moment compromise.

    Venir en Belgique quelques deux cent ans après la chute de l'Empire, alors que le gotha du Nord de l' Europe se réunira ce 18 juin à Waterloo, il y avait une coïncidence audacieuse. Qui n'a pas altéré l'ambiance du séjour. Le choc des confrontations entre le Nord et le Sud de l'Europe, entre les Habsbourg et les Bourbon avait disparu, submergé par la relation affective des deux branches, belge et française, retrouvées de notre arbre familial.

   Les visites se succédèrent au fil d'un circuit alliant tourisme, gastronomie4, architecture, culture et retour aux sources. Successivement, le Brabant wallon de l'est5, Bruxelles, Anvers et Gand animeront et intéresseront le petit groupe tout au long de cinq journées placées sous le signe d'une canicule impromptue et non négociée. Pour terminer par le cimetière de la Belle-Motte à Aiseau, le plus important cimetière français de la bataille de la Sambre qui se déroula du 20 au 22 août 1914. A cet endroit, reposent plus de 4000 soldats, témoins non oubliés de l'avant dernier conflit sur le sol européen. Découvrant les stèles des soldats du 49ème RI, Michel y reconnut de suite l'origine landaise de ce régiment6. Ce sont des copains, ajoutait-il en lisant les noms qui y étaient repris. Troublés cependant par les coups de fusil d'un ball trap dont la proximité peut être jugée de mauvais goût.

     La rencontre se termina sous un soleil de canicule. Avec au final, quelques découvertes intéressantes retrouvées au FélixArchief, permettant de renforcer la présence à Anvers autour de Jean PARFONRY. Lesquelles seront développées dans un prochain article.

 

1   voir article : Les 3 dates clefs pour comprendre ;

2 Antwerpen serait formé à partir des deux termes Hand et Werpen, signifiant "Jeter la main (par dessus le fleuve)", qu'on peut extrapoler de nos jours à l'image d'une ville lançant des ponts avec le monde ;

3 Photo dans le prochain article ;

4  Avec entr'autre L'Entrague à Gembloux, le Faucon sur le Bd du Midi à Bruxelles et Het vermoeide model à Anvers, pour ne citer que les trois restaurants les plus appréciés ;

5 Un prochain article relatera de ce périple sur les terres d'origine du Brabant wallon de l'est ;

6 Ce 49ème RI, à la base constitué à partir de la Légion de la Gironde, est instauré en 1815 par Louis XVIII, afin de réorganiser l'armée française après la défaite de Waterloo ;

 

 

Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers

Quelques photos du séjour à Anvers

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 12:22

     Cet article est écrit à la suite de la lecture d'un document intitulé Quelle famille. Rédigé par Macaline, une grand-mère de cinq enfants, il est destiné à servir de courroie de transmission de la mémoire en guise d'héritage. Cette lecture m'a conduit à rebondir sur ce texte, prenant conscience que je pouvais donner, au travers des articles de ce blog, une lecture plus circonscrite de manière à compléter, je l'espère, l'intérêt des plus jeunes. En donnant en quelque sorte de la consistance à cette phrase de René CHAR

Un poète doit laisser des traces de son passage,

non des preuves

Seules les traces font rêver

      Ils en ont de la chance ces cinq enfants. Pouvoir connaitre leur histoire familiale commune, racontée avec ses mots et illustrée par des photos par leur Mamy. C'est véritablement l'acte créatif qui permet de répondre à toutes ces questions que l'on se pose en avançant dans le temps. Peu apparentes et peu significatives dans la jeunesse, ces questions arrivent progressivement, probablement à partir de la soixantaine, quand l'âge ou l'esprit prend conscience de la faiblesse du corps et du besoin de transmettre. 

    Paloma, Aubin, Antoine, Juliette et Lucien, ce sont d'eux dont on parle. Cinq descendants à la 10ème génération, parmi les treize recensés à ce jour1, du couple formé par Jean-Pierre PARFONDRIJ et Elisabeth LAMBRECHTS, dont l'existence est attestée par l'acte de baptême de leur fils illégitime Jean le 16 avril 1762, le futur Maître-charron de la rue des Charrons situé dans le village de Neerheylissem (Province du Brabant wallon, Belgique).

    Cette histoire racontée, au travers de 28 pages richement documentées, met en lumière le parcours d'un nombre important de personnages, tant masculins que féminins. Car contrairement à la transmission linéaire d'un nom, la chaîne chromosomique qui nous compose est le résultat naturel d'un mélange aléatoire de gènes, de caractères. Tout est partagé, malaxé dans une sorte de cocotte minute qu'on appelle le vagin pour obtenir la naissance de la première cellule, sorte de particule élémentaire, de Boson de Higgs de notre corps (voir articles :  A l'origine, il y a la particule élémentaire ; La particule a obtenu un Prix Nobel ; Quid de la particule )

        A la lecture de ce document, on y apprend  que ces cinq là sont le résultat d'un croisement lointain de deux personnages clefs au départ. Comme l'écrit Macaline à l'entame de son document, " la sauvegarde de la mémoire familiale et historique ne vaut que si elle est partagée ", c'est dans l'adhésion à cette phrase que le cousin éloigné de Belgique se veut être un vulgarisateur en apportant ce petit complément de connaissances, de réflexions, d'histoire.

     Le premier, c'est Jean PARFONRIJ (1762-1803), ce Maître-charron, né autrichien et mort français2 le 24 messidor an 11 à l'âge de 40 ans, sans avoir changé de lieu d'existence. Seule certitude sur son parcours, il est à l'origine de la transformation du nom de cette rue de village. L'importance prise par ce métier de charron, pendant l'une des rares périodes de calme connues à cette époque, a conduit à un changement définitif en cette fin du XVIIIème siècle. Ces charrons étaient devenus l'émanation du dieu Vulcain à cette période de forte croissance. Ils avaient acquis dans leurs forges la maîtrise du feu pour travailler les métaux, pour fabriquer les roues des charrettes, ces engins devenus indispensables au transport. L'histoire cependant aurait pu ne pas avoir existé et s'être terminée plus tôt. Jean-Pierre, le père du Maître-charron, arrêté pour vagabondage, allait être probablement condamné à mort. A cette époque, les déplacements de populations vers des lieux de plus grande prospérité étaient devenus choses fréquentes. Mais la justice relevait encore de la période du Moyen-âge, conduisant à des pratiques de torture et d'exécution capitale. On faisait souvent passer des personnes comme vagabond, sans preuves formelles. Heureusement, suite à l'intervention de parents, l'arrestation de cet ancêtre fut à la base d'une prise de conscience des autorités autrichiennes qui gouvernaient notre pays à cette époque. Une modification de l'organisation de la Justice criminelle s'en suivi. Plusieurs textes retrouvés aux archives en attestent. Jean-Pierre sera finalement déclaré innocent en 1761, soit l'année précédant la naissance de son fils, le futur Maître-charron

    Le second s'appelle Etienne HEUDELET de BIERRE (1770-1857). Général de division, Comte de l'Empire, Pair de France, Grande Croix de la Légion d'Honneur, rien que des titres prestigieux pour celui qui est à l'origine de deux lignées aboutissant, via ses deux filles, à nos cinq jeunes en herbe de nos jours. Et chacune aboutit, via les BASTIDE du LUDE et les GILLET de THOREY, à ces frères et soeurs LASNET de LANTY, parmi lesquels on retrouve Michelle, Granny, leur arrière-grand-mère. Il est vrai que pour avoir combattu dans maintes batailles, sous les ordres de Napoléon, tels Austerlitz, Iéna, Eylau pour ne citer que les plus connues, cela suffit à expliquer les honneurs qui lui ont été rendus. Il a même eu droit, cet Etienne, a être l'un des 660 noms inscrits sur l'Arc de Triomphe (côté est, 17ème colonne). Issu d'une famille de vignerons de Haute-Savoie, il continuera, une fois retraité, à se distinguer sur les terres de son château de Bierre-lès-Saumur. Il y développera une ferme-modèle qui acquerra une réputation nationale pour ses réussites dans le domaine de l'élevage et de l'agriculture. Et cette proximité avec la terre, c'est sans aucun doute la partie cachée de ce personnage que l'on retrouve de nos jours.

      C'est finalement comme une sorte d'incrustation de l'environnement et de la passion qui s'est opérée progressivement non pas dans les gênes mais dans le soma émotif des descendants de ces deux personnages. La roue, symbole du métier de charron, et la herse, symbole des métiers agricoles, ont finalement perdurés. La cohésion familiale, ayant servi à sauver le condamné, a perduré également au travers des siècles et des générations. Et le sabre du militaire n'est point resté en reste, à la vue de tous ceux et celles qui ont appris à résister à l'envahisseur allemand. 

     Paloma, Aubin, Antoine, Juliette et Lucien, ces cinq jeunes de la 10ème génération de PARFONRY, sont désormais le mélange bien réel du parcours de ces deux personnages. Et qui peut expliquer du vécu de chacun de ceux qui en font partie. Instinctivement, même si l'absence d'une transmission orale forte est constatée, l'intérêt manifesté par une grande partie des membres de cette saga pour le terroir et le maniement des outils n'est que la résultante de cette influence des deux personnages à la base de cet arbre généalogique. 

    Voilà vers quoi cette publication de Macaline m'a emmené. Une première réflexion qui n'est sans doute pas la dernière. Car derrière les faits et les actes de chacun, cette lecture nous conduit immanquablement vers d'autres analyses. Pris individuellement, chacun des personnages offre un cachet, une couleur particulière. Le mélange, la juxtaposition de ces courtes biographies engagent à faire nécessairement le parcours qui nous relie à notre histoire. Et attirera la curiosité pour aller jeter son regard vers d'autres aspects de cette formidable histoire de la mémoire familiale.

      Formidable, vous êtes formidables, nous étions formidables .....!!!

 

1 Les autres se prénomment : Céleste, Lilas, Agathe, Zoé, Louis, Martin, Hugo et Charlotte ;

2 Sur le plan historique, il est né en pleine période des Pays-Bas autrichiens (1713-1794), période intermédiaire arrivant après le Duché de Bourgogne (1369-1477), la Maison des Habsbourg (1477-1482), les Pays-Bas espagnols (1482-1713) et avant la période française (1794-1815) ; ensuite entre 1815 et 1830, on est devenu hollandais avant de retrouver, une fois pour toute, le 4 octobre 1830, l'appelation Belgique, donnée par l'empereur romain Auguste en 27 av. J.C. , s'en référant à l'écrit de Jules CESAR dans La Guerre des Gaules ;

Page 4 du document Quelle famille

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:56

    1914 - 2014, voilà cent années précisément que démarra ce conflit mondial qui provoqua une hécatombe dans les rangs des soldats de toutes les nations engagées. Que de souffrances, d'appels à la mémoire ne viennent nous le rappeler à la vue de tous ces monuments aux morts dans les villages, ces stèles dans les cimetières civils, ces étendues de croix dans les nombreux espaces réservés. En cette année de commémoration, quoi de plus normal de se rappeler certains aspects de cette période. 

     En 1914, les deux fils de Paul, l'artiste peintre, sont en âge d'être réquisitionnés. Georges, né en 1894 et Jean en 1895 partent donc au front. Si l'aventure de Jean  a déjà fait l'objet d'un récit (voir article : Jean est cité à l'ordre de l'armée), rien n'avait encore été relaté sur son frère Georges.

      Son parcours de guerre est relativement très sommaire. Georges a du combattre au début de la guerre comme plusieurs milliers d'autres. Et comme plusieurs milliers d'autres, il sera comptabilisé au nombre des 300 000 prisonniers français, dont 40 000 moururent en captivité. Sa guerre, en tant que soldat, Georges la passera au camp de Meschede, situé à l'Est de Dortmund, en Westphalie. Si son parcours de soldat au front est méconnu, son nom est repris dans la liste n° 38 des prisonniers français, publiée le 15 août 1915 par la Gazette des Ardennes1. Il y est caractérisé, comme chaque prisonnier, de quelques mots abrégés (y compris une erreur dans l'écriture du nom) : Parfoury Georges, Paris, cap., inf 155. Selon la chronologie des combats2, très vraisemblablement dans le 155ème Régiment d'Infanterie, il a du participer à ceux de la Marne, de la forêt d'Argonne puis à la première bataille de Champagne avant d'être fait prisonnier. 

      Ce séjour de Georges est par ailleurs approfondi au travers de deux documents. Le premier, curieusement, nous est présenté sous la forme d'une simple aquarelle reproduisant l'univers carcéral de Georges, à l'intérieur d'un de ses baraquements. Une reconstitution de ce que fut sans doute son cadre de vie. La simplicité des objets, le style relativement maitrisé des formes et des perspectives ne suppriment pas toute l'émotion ressentie en regardant ce tableau. Au milieu de tous ces charniers, de tous ces combats, de tous ces morts, une sorte d'humanité, de chaleur se dégage de cette cellule. Nous faisant oublier la réalité proche. Georges, influencé sans doute par les conseils donnés par son père, a pu lui aussi, faire ressortir le sentiment de l'utile, d'une certaine douceur de vivre. Bien qu'austère au niveau du décor et du mobilier, on n'y ressent nullement un environnement de camp de travail entouré de fils de fer barbelés et de miradors. Son grade d'officier (probablement celui de capitaine) lui aura certainement permis de bénéficier de conditions moins dures. Les quelques 12 m2 approximatifs de sa cellule constituent indéniablement l'expression d'un statut reconnu.

       C'est cette même analyse qui ressort du second document.  Orchestré probablement par les services de propagande allemande,  on y voit Georges, sur une photo3 datée de janvier 1916, assis à gauche, en compagnie de quatre autres prisonniers (maitre d'arme VAN HAULEM, soldat LACROIX, adjudants BAUSCH et PECTOR). Indéniablement, on n'y ressent pas d'insécurité, de privations, de confinement. L'une de ces photos de propagande, comme la plupart de celles que l'on peut visionner de nos jours sur différents sites4, ne montrant qu'un certain regard sur cette ambiance, ayant supporté préalablement la censure allemande. 

       Sa présence à Meschede est également confirmée par la réception de deux lettres adressées aux siens5. Portant le matricule 21555, il y est référencié qu'il a occupé les baraques 44 et 6. 

      Le danger, de rassembler de telles photos sur des sites voulant rendre témoignage de cette période, est réel. Un certain regard, loin de la réalité au final ......Un faux semblant donnant le bon rôle aux prisonniers par rapport à ceux qui sont restés dans les tranchées pendant quatre longues années. Il y eut quand même 1,4 millions de soldats français qui périrent ou furent portés disparus. Soit pratiquement cinq fois plus que de prisonniers.

      Existe t-il un lien entre cette présence de Georges à Meschede et l'apparition de ce tableau de Paul en Allemagne (voir article : Un tableau de Paul en Allemagne) ? Selon ma propre analyse, la présence de Georges dans la Sarre, après 1930, me semble plus plausible. Il est difficile de croire que Georges se promenait avec un tableau de Paul lors de son arrestation par l'armée allemande en 1915. 

 

1 Journal ayant été repris  par la propagande allemande ;

2 J. PRIGENT : Historique du 155ème Régiment d'Infanterie pendant la guerre 1914-1918, Impr. Berger-Levrault, 21 pages, non daté, site http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/terre/infanterie/1914-1918/155_ri_historique_1914-1918.pdf ;

3 photo transmise par Agnès PARFONRY ;

4 le site : http://hpgrumpe.de/meschede/lager/lager.html, présente des photos de prisonniers en différents endroits de ce camp de Meschede ;

5 lettres visionnées chez Jean-Pierre PARFONRY ;

Aquarelle peinte par Georges PARFONRY au camp de MESCHEDE (credit : Patrick PARFONRY)

Aquarelle peinte par Georges PARFONRY au camp de MESCHEDE (credit : Patrick PARFONRY)

Georges (assis à gauche) au camp de Meschede en janvier 1916

Georges (assis à gauche) au camp de Meschede en janvier 1916

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:04

       Les informations et analyses contenues dans cet article pourront être considérées comme un peu indigeste à comprendre par la plupart des lecteurs réguliers de ce blog. La rédaction se différencie assez de ce qui en est généralement relaté, à savoir, la présentation d'un fait divers, d'un fait de société, voire de la découverte d'un indice, d'une photo qui s'en trouve incorporée dans un contexte précis. Rien de tel dans ce cas. La généalogie a repris le dessus momentanément pour répondre à l'une des questions prioritaires non résolues à ce jour.

      Le mausolée de Créteil, monument imposant en soi et centre de convergence de nombreux membres de cette famille Parfonry, gardait sur ses stèles l'une des inconnues les plus tenaces à résoudre. Deux noms y étaient inscrits que rien ne reliaient aux autres personnes qui y sont enterrées. Que venaient faire à cet endroit des noms comme Goossens et Logé.1. Hormis le fait qu'ils portent l'un et l'autre, des noms d'origine belge, quel lien pouvait exister pour qu'ils se retrouvent, tous deux, gravé à cet endroit ?  

      La réponse vient probablement d'être trouvée. Le blog a joué parfaitement son rôle attractif et convivial. Il a réussi à combler mes lacunes en généalogie, mes peurs aussi de me perdre dans le dédale des fiches numérisées ou non des archives. Grâce à l'appui d'Annick CourbeConservatrice du cimetière communal de Créteil, la source intelligente de l'histoire de ce cimetière, des informations essentielles m'ont été transmises. Une fois encore, à la manière d'Hercule Poirot, le rassemblement des indices nouveaux, se mélangeant aux données déjà connues, a apporté sa solution.

     Une certitude en découlait directement. Au vu de la date de décès des deux personnes, 1885 pour Logé et 1888 pour Goossens, ce ne pouvait être que François-Xavier qui avait autorisé la présence de ces deux noms. Cette constatation permettait d'entrevoir une perspective de solution soit au niveau familial, soit en lien avec son entreprise de marbrerie. Comme il en découlera, les deux approches finiront pas se combiner. A cela, venait s'ajouter le fait que Paul Parfonry, le fils de François-Xavier, était déclaré "cousin de la mariée" au mariage d'une dénommée Mary-Cécile Logé en 1911 (voir article : Paul est invité à un mariage), plus connue comme traductrice sous le pseudonyme de Marc Logé (voir articles : A la recherche de la famille Logé ; Du nouveau sur la famille Logé) .

       Les recherches menées dans les archives par la Conservatrice relancent la question sur les inconnus de Créteil. Combinés avec ceux déjà établis, ils doivent nous conduire à trouver l'explication plausible. De manière succincte, on reprend les points essentiels des récentes découvertes sur les deux noms gravés dans la pierre de Créteil.

sur Goossens : il s'agit de Charles, Frédéric Goossens, célibataire, décédé le 29 février 1888 à Paris (10ème Arndt.) à l'âge de 37 ans, fils de Jean-Baptiste Goossens et de Louisa Parfonry ; il est mentionné comme sculpteur sur l'acte de décès ;

sur Logé : n'ayant pas trouvé de traces sur tous les arrondissements de Paris, ni à Créteil, la seule référence avérée est relative a une dame Joséphine Logé, célibataire, née à Anvers et décédée le 30 août 1885 à Paris (9ème Arndt.), à l'âge de 67 ans, fille de sieur Logé (sans prénom) et de Louise Lallemand; elle est mentionnée comme rentière sur l'acte de décès ;

     Comme toujours, à partir de ses quelques éléments, efforçons-nous d'en retirer le maximum de conclusions :

- Si l'année de naissance de Charles Goossens est inscrite sur la stèle (1851), celle de Joséphine Logé (1818) est aisément déduite de ces nouvelles informations ;

- il est indéniable que les liens de Joséphine Logé avec Anvers, son lieu de naissance d'une part, et avec Louise Lallemand d'autre part, ne peuvent qu'attester qu'il s'agit de la personne inscrite sur la stèle; les concordances sont trop nombreuses pour ne pas en être assuré.

- Louise Lallemand n'est autre que la soeur de Jeanne Lallemand, la mère de François-Xavier, née en 1797, et de Ferdinand Lallemand, déclaré comme plafonneur, né en 1803. Louise était leurs ainée, étant née en 1786 à Neerheylissem, tout comme Jeanne et Ferdinand2.

- La ville d'Anvers est de nouveau présente, attestant qu'elle fait intrinsèquement partie de l'environnement de proximité de cette saga.

- Le fils ainé de Ferdinand Lallemand, né le 26/10/1839 à Neerheylisem, a été prénommé François-Xavier2. Peu courant, voire assez peu utilisé à cette époque (voir article : Explication sur le choix de François-Xavier comme prénom), on pourrait y voir, dans ce choix, un certain lien de proximité avec notre marbrier. Ce fils est décédé en 1912 à Sint-Truiden (Saint-Trond), démontrant par là qu'il a du rester vivre en région flamande.

- Compte tenu qu'aucune Louisa Parfonry3 n'est connue et n'a jamais été retrouvée sur un acte d'état civil, une présomption tendait à me laisser croire que Louisa Parfonry, la mère de Charles Goossens, n'était en définitive que Louise Lallemand ; la transformation du prénom de Louise en Louisa pouvant s'expliquer par une influence flamande dans l'écriture, suite à son passage par Anvers. Seul point divergent, elle aurait eu 65 ans à la naissance de Charles GOOSSENS, ce qui est assez peu crédible pour en être sa mère. La découverte en juin 2015 d'un acte de naissance à Anvers au nom de Maria Ludovica PARFONRY apporta la réponse (voir article : Jean se dévoile un peu plus et Ferdinand est bien de la famille - Anvers  2). Soeur cadette de François-Xavier, le lien avec Louisa ne laissait aucun doute. L'année de naissance et la ville d'Anvers répondent aux incertitudes du nom de baptême.

- Sans que l'on puisse établir du type de lien existant entre Joséphine Logé et Mary-Cécile Logé, la mention de cousin présente un début d'explication. Même si, à ce stade, on peut considérer que la relation entre les familles Parfonry et Logé reste assez ténue.

- Etant renseignée comme rentière sur son acte de décès, Joséphine Loge devait avoir hérité de quelqu'un pour bénéficier de cette situation. Le prénom de son père n'ayant hélas pas été mentionné, l'explication reste à découvrir.

- Le nom de Lallemand résonne à plusieurs reprises dans les mariages des Parfonry de Neerheylissem. L'affinité entre ces deux familles est due probablement à l'importance numérique prise par cette famille Lallemand, installée à Neerheylissem depuis le début du 18ème siècle2. Elle constituait un réservoir conséquent de candidates au mariage.

      Sous réserve d'une confirmation par un acte officiel, l'explication du cousinage entre les familles Parfonry et Logé semble avoir été trouvée. Ni plus ni moins qu'un simple cousinage lointain par alliance. Joséphine Logé, renseignée sur une stèle adjacente du cimetière de Créteil, serait de fait ..... la fille de la soeur de la grand-mère paternelle de Paul Parfonry  où si on préfère ..... la fille de la soeur de la mère de François-Xavier (ce qui plus clairement se dit être la cousine germaine de François-Xavier). Assez compliqué à retenir mais assez plausible. Autre inconnue découverte en parallèle, la tombe de Marie-Cécile Logé, la fameuse cousine de Paul, décédée en 1949, a été retrouvée récemment dans le cimetière de Barbizon4(voir article : La tombe de Marie-Cécile Logé est découverte).

      Comme prévu, la présence de Charles Goossens est bien la résultante d'une combinaison entre sa situation familiale et son métier de sculpteur, très certainement dans l'entreprise de la rue Saint-Sabin (voir article : Ce qui reste de l'atelier du marbrier).

       Il est avéré que la ville d'Anvers a bel et bien été le réel lieu d'installation avant d'entreprendre la migration vers la France. C'est probablement dans cette ville que Jean Parfonry aura rencontré Jeanne Lallemand, avant de retourner à Neerheylissem pour se marier. Les données rassemblées sur la généalogie Lallemand2 avaient déjà mis en évidence ce phénomène de déplacement vers Anvers pour de nombreux membres de cette famille, originaires de Neerheylissem.

      Dans la famille Lallemand, le lien entre les soeurs Jeanne et Louise d'une part et les soeurs Amélie et Julienne d'autre part (voir article : Le magasin Delhaize dans la rue des Charrons), n'a pas du être un facteur de rapprochement familial. Il faut remonter à leur arrière-grand-père Jean, marié à Neerheylissem en 1724 pour voir apparaître un ancêtre commun. C'est probablement, à peu de chose près, ce qui a du se passer chez les Parfonry où la lignée française, installée à Anvers en Flandre, s'est peu à peu éloignée de la branche belge résidant en Wallonie. Il faut remonter au grand-père de François-Xavier, né en 1762 à Neerheylissem, pour retrouver un ancêtre commun aux deux lignées, même si l'horloger Emile PARFONRY de Bruxelles avait encore connaissance de l'existence de PARFONRY à Paris en 1930..

 

1 Selon Annick Courbe, ces noms n'étant pas enregistrés dans le registre communal de Créteil, il est probable que ces deux personnes ne soient pas inhumées à cet endroit ; les noms sont gravés, en outre, sur une sorte de stèle bien distincte de celle du grand monument ;

2  DELANDE Jean (1991) : Généalogie des LALMAND de 1687 à 1991, Hélécine, 131 pages,(ronéo) ;

3  Et aucune Louisa PARFONDRY n'est recensée dans la généalogie des PARFONDRY ;

4 Information transmise par Hélène RICHARD qui signale par ailleurs que cette tombe va être enlevée  par la commune pour cause de non entretien ;

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 16:20

     Il est assez fréquent que certains articles de ce blog se terminent par un manque de certitudes pour expliquer de manière précise ce qui en est relaté.  Pour en découvrir de nouvelles informations, une question est dès lors posée, espérant trouver la personne qui, après être tombée un peu par hasard sur le blog, serait suffisamment intéressée pour y apporter les compléments manquant. Et combler en quelque sorte, les incertitudes sur le déroulement d'une histoire familiale, confrontée aux nombreux oublis sur son parcours.

    L'un des épisodes qui se trouvait ainsi confronté à une absence de mémoire, était bien celui qui se rapportait aux contacts qui avaient pu s'établir entre les familles Logé et Parfonry en France. Au travers de deux articles publiés en 2011, l'un en février (Paul est invité à un mariage) et l'autre en octobre (A la recherche de la famille Logé), la même carence était posée. On ne pouvait établir dans quelles circonstances s'étaient construites le lien entre ces deux familles, alors qu'aucune piste sérieuse n'était relatée, ni attestée au travers des recherches effectuées.

     Et voici que par un commentaire de février 2013, une première réponse partielle mais néanmoins très documentée a été apportée. Différents échanges successifs avec Daniel Cahen, habitant Albi (Tarn), un branché du monde de la généalogie, ont permis d'assurer une certaine consistance sur la question. La famille Logé est désormais mieux caractérisée. Voici ce qui peut en être relaté, après avoir extirpé les éléments les plus probants du transfert de connaissances qui me sont parvenues, en les associant à mes propres découvertes.

 

     Le premier élément intéressant découvert résulte dans l'origine de cette famille Logé. Contrairement à l'idée découlant de l'avis de mariage leur procurant une origine anglaise, la souche Logé est assurément belge et plus précisément en provenance des communes de Floreffe et Fosses-la-Ville1, situées dans la Province de Namur, et cela depuis le XVIIIème siècle.

     Il s'agit d'une famille de musiciens qui se serait déplacée au préalable vers Bruxelles avant de s'installer alternativement en France et en Angleterre. Le grand-père de Mary-Cécile Woodruff Logé2, la mariée pour laquelle Paul Parfonry est attesté en tant que cousin, est un certain Henry Joseph Logé, originaire de Floreffe, marié à Cécilia Dejongh, un patronyme spécifiquement belge aussi. Le fils de ce couple, Henri Edouard Auguste Logé, né à Bruxelles le 12 janvier 1854, se marie en décembre 1886 à Paris (8ème), avec une demoiselle de souche américaine, Mary Ennis Woodruff, née à New York en 1856. Musicien précoce, il recevra le Grand Prix du Conservatoire de Bruxelles à l'âge de quatorze ans.

     La fille de ce couple, Mary - Cécile, est née une année plus tard en décembre 1887 dans la banlieue de Londres (Marylebone précisément). Baptisée selon le rite anglican et reconnue de nationalité britannique, cela résulte d'une évolution sociétale au niveau de son père. Ce dernier, disciple de Liszt, est arrivé à Paris vers 1870, après avoir développé son talent dans des salles sur la Côte d'Azur (Nice, Menton, Cannes, Marseille). Il s'est produit à de nombreuses reprises dans des concerts, notamment à la salle Erard à Paris en compagnie de Pauline Viardot (1821-1910)3, la célèbre cantatrice mezzo-soprano, soeur de la non moins célèbre Malibran (1808-1836) et à la Société Philarmonique de Bruxelles en compagnie de Jeanne Devries (1850-1924), autre cantatrice de grand talent ayant joué au Théâtre Lyrique à Paris et au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Différents articles du journal " Le Ménestrel "4 témoignent de son parcours et de la qualité de ses prestations. En voici deux extraits :

     Le Ménestrel du 06/03/1870 : " Le jeu de M. Logé est élégant et ferme à la fois. Nous dirions qu'il a devant lui un brillant avenir, s'il ne comptait déjà un beau présent "

     Le Ménestrel du 31/03/1872 : " Il suffit de voir et d'entendre ce poétique et sympathique jeune homme de 19 ans pour oublier nos vieux préjugés contre le piano et prédire, dans un avenir très prochain, une place de premier rang de nos virtuoses célèbres ....... Disciple de Chopin et Liszt, en attendant qu'il devienne leur successeur ou leur émule, il interprète avec une égale supériorité la musique des vieux maîtres ......Les doigts magiques d'Henri Logé, électrisés par les vives sympathies d'un auditoire d'élite, nous ont rendu, dans l'espace d'une heure, nos chers souvenirs du Conservatoire, nos douces émotions du théatre italien ...... (signé : A. De Pontmartin)

    Par la suite, Henri Edouard Logé s'installera en Grande-Bretagne où il acquiert la nationalité britannique tout en se convertissant à la religion anglicane, confession de son épouse américaine. Il a été professeur de musique à l'école de Guildehall à Londres, ce qui ne l'a pas dissuadé de donner des concerts à Bruxelles et à Paris. Pour une raison inconnue, il reviendra se fixer à Paris dès l'année 1887. Il continuera à y donner régulièrement des concerts. Celui du 15 mars 1887 chez le Comte de Kessler5 est relaté6. La presse parisienne continuait à le décrire comme un pianiste virtuose et un compositeur mélodiste de grand talent7. Nombre de ses compositions peuvent ainsi être retrouvées sur certains sites. Décédé le 18 février 1912 à Paris, peu de temps après le mariage de sa fille Mary-Cécile, sa dépouille sera transférée au cimetière anglican de Newport, situé dans le comté de Monmouthshire, Gwent au Pays de Galles. Ville au passé industriel avec notamment la fabrication d'acier, cet endroit de Newport ne résonne pas vraiment avec l'environnement musical antérieur du défunt. Son épouse a hérité des biens britanniques par testament holographique.

     Mary-Cécile est restée quelques temps habiter dans le quartier des Batignolles (17ème Arndt.) à Paris. Britannique à la naissance, elle acquerra également la nationalité française par son mariage en 1911 avec Henri Verne, le futur Directeur du Musée du Louvres. Si ce n'est sa profession de traductrice d'auteurs anglais (Lafcadio Hearn, Agatha Christie, Nathaniel Hawthome), et sa signature littéraire sous le nom de Marc Logé, on sait peu de choses sur sa vie pouvant expliquer ce choix en tant que signature attestée de ses traductions. Par un jugement du Tribunal de la Seine du 15 décembre 1916, on apprend qu'elle divorce, à peine cinq années après son mariage8.

      Elle devait se déplacer fréquemment dans le cadre de son travail sans doute pour y finaliser des contrats de traduction pour des maisons d'édition parisienne. Elle traversera au minimum trois fois l'Atlantique, rejoignant New York à partir du Havre, entre 1911 et 1915. Les passages vers Londres seront par contre plus fréquents entre 1912 et 1920, pouvant justifier l'existence d'un cabinet de travail dans cette ville.  Sa dernière traduction date de 1934, à l'âge de 47 ans, avec "Les Lettres Martiniquaises " l'une des oeuvres de Lafcadio Hearn.  Elle a du retourner probablement de manière définitive en Grande-Bretagne.

 

    Si au  final, on en sait un peu plus sur cette famille Logé, aucun lien pertinent n'est toutefois attesté avec la famille Parfonry. Il semblerait donc que l'on se trouve plus "sur une relation de fait que de droit ", selon Daniel Cahen. Qui a même été fouillé du côté de l'épouse de Paul Parfonry pour n'y déceler aucun lien familial. Par ailleurs aucune descendance Parfonry provenant d'une union libre en France avec ou non reconnaissance de paternité, comme il en avait beaucoup dans la capitale française dans les milieux ouvriers et artistiques du XIXème et dans la première moitié du XXème siècle, n'a été relevée. Rien n'interdit, toujours selon Daniel Cahen, que l'explication puisse se trouver en Grande-Bretagne du fait de l'établissement dans ce pays d'Henri Logé, près de Londres.

     Si le cousinage Logé - Parfonry n'est pas avéré, il n'en est pas de même pour celui entre Verne et Arnauné. Cannois de naissance, il existe une filiation avec les Arnauné via les belles familles maternelles9.

     Concernant Joséphine Logé qui serait enterrée dans le caveau familial des Parfonry à Créteil, il est probable qu'elle y serait par les bons soins de la famille Parfonry, en la considérant à son tour comme "cousine". Il y avait en effet sur Paris une crise sépulcrale importante jusque vers les années trente  avec un manque flagrant d'emplacement. Il en est résulté des " collocations sépulcrales " entre familles amies et l'argument du "cousinage" servait à tromper l'administration funéraire qui, de toute façon, ne faisait pas d'enquête généalogique pour accomplir les formalités d'enterrement. Des dizaines de  cas semblables dans la région parisienne et autres grandes villes françaises peuvent être ainsi recensés, particulièrement après la première guerre mondiale. Ce qui signifie, pour Daniel Cahen, que les relations personnelles ou professionnelles entre les deux familles devaient déjà être assez profondes. Quant à déterminer qui est cette personne, aucune réelle correspondance pertinente n'a été trouvée dans les relevés d'état civil de Belgique La seule perspective assez plausible serait qu'elle soit une soeur de Henri Edouard Auguste Logé, le père de Mary-Cécile. Cette piste peut en outre  être corroborée par l'idée qu'elle aurait migré vers Paris en même temps que son frère et y serait décédée assez jeune.

     La mention que la mère de Mary-Cécile a hérité des biens britanniques, au décès de son époux, peut expliquer que les biens mobiliers laissés à Paris aient été transmis à la famille Parfonry en reconnaissance de faits que cette enquête n'a malgré tout pas pu encore déterminer. L'espoir a pu naitre quand apparut sur l'acte de mariage Logé - Woodruff de 1886, la présence d'un personnage portant le nom de Lefèvre, nom qui est celui de la grand-mère maternelle de François-Xavier Parfonry. Il n'était question que du dénommé Antonin Lefèvre-Pontalis (1830-1903), influent député de la Seine, attestant déjà en soit des relations haut placées de la famille Logé à cette époque, et qui se verront confirmées lors du mariage Verne-Logé de 1911 par la présence du sénateur Léon Bourgeois, futur Président de la Société des Nations en 1919 et Prix Nobel de la Paix en 1920.

      Une petite lueur d'espoir reste selon moi à gratter. Celle du rôle qu'aurait pu jouer Alexis, le frère cadet de François-Xavier. Il est attesté qu'il a résidé également à Paris, non loin des ateliers de marbrerie, y travaillant probablement pour son frère. Décédé en 1876, il est peut - être celui qui  est à l'origine de ce " cousinage bizarre ". Alexis n'a eu droit pour l'instant qu'à un seul article, hélas assez peu vertueux (lire article : Alexis, le frère de François-Xavier, en traitement intensif).  Aller savoir !!!

 

1 L'annuaire téléphonique de ces deux villes ne mentionne plus de personnes portant ce nom de nos jours ; par contre, une étude de trois notaires Logé successifs a existé jusque récemment dans la ville proche de Namur ;

2 La mention dans l'avis de mariage sous la forme de Mary-Cécile Woodruff - Logé résulte à l'origine d'une transcription dans l'état-civil britannique de Mary Cécile Woodruff comme prénoms et Logé comme patronyme; par la suite, ce sont les officiers d'état-civil français qui ont interprété Woodruff, le nom de la mère, comme nom de famille, accolé à Logé, ce qui est faux vu que le Code Napoléon interdit le passage d'un nom de famille comme prénom. Si bien que la lecture officielle en France doit être Mary-Cécile Woodruff Logé, sans trait d'union entre Woodruff et Logé ;

3 Le Ménestrel du 20/04/1873 ;

4 Le Ménestrel est le journal des artistes musiciens du Paris mondain de la seconde partie du XIXème siècle ;

5 Comte de Kessler (1868-1937) : fils d'un banquier allemand et d'une mère de noblesse irlandaise, il grandit à Paris puis en Angleterre et en Allemagne ; se passionnant pour l'art moderne français, il crée une collection d'art d'une qualité exceptionnelle; il a joué un rôle d'intermédiaire culturel entre 1895 et 1914 dans l'histoire de l'art franco-allemand, s'opposant même aux idées du roi de Prusse Guillaume II  ;

6 Le Ménestrel du 27/02/1887 ;

7 Un livret intitulé : "Quatre mélodies pour chant et piano, paroles de Paul Verlaine, musique de Henri Logé" était en vente sur le site Priceminister ;

8 Henri Verne se remarie par contre peu de temps après le 15 janvier 1917 à Paris ; 

9 Henri Jean François Joseph Verne est né à Cannes en 1880 de Jean François Verne, directeur de journaux, et de Marie Hommey, l'aînée des 4 filles de Jean Hommey, musicien et organiste à Toulouse puis à Cannes; c'est par Marie Léontine Devers, son épouse, qu'il faut trouver l'explication du cousinage car cette personne, procédant d'une famille de libraire à Toulouse, est la tante d'Auguste Arnauné, lui-même né du mariage entre François Arnauné et Augustine Devers; Auguste Arnauné était Maître à la Cour des Comptes de Paris ;

    

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 09:24

       Jacques PARFONRY a 20 ans en ce jour du 26 août 1944 quand il découvre probablement la stature du Général de GAULLE descendant à pied l'Avenue des Champs Elysées à Paris. Il y voit pour la première fois la figure de celui qui a lancé l'appel du 18 juin 1940, venu à la rencontre de la France. Vis à vis de sa jeunesse fougueuse, il sait que la Victoire reste, malgré tout, à finaliser.

        La 2ème DB du Général LECLERC ne peut, à elle seule, libérer le pays. De GAULLE en prend conscience. Il se tourne dès lors vers cette Armée d'Afrique, renommée Première armée française et commandée par le Général Jean de LATTRE de TASSIGNY. Auréolée de ses victoires et de ses faits d'armes accumulés lors de la campagne d'Italie et du débarquement en Provence, cette armée est essentiellement composée de soldats maghrébins (50%) et de Pieds-Noirs (32%)1. Ayant mis haut et fort la vaillance de ceux qui seront désormais appelés " Tirailleurs ", l'épopée de cette Première Armée française sert de cadre au film " Indigènes ".

        Pour le Général de LATTRE, le défi est de taille. Il reste à récupérer toute la France de l'Est  et l'hiver 45 approche. Le capital de ses troupes a été fortement entaillé à la suite des combats de la campagne d'Italie de novembre 1943 à juillet 1944. Dès septembre 1944, il est décidé d'incorporer à cette Première Armée les différents réseaux de résistances rassemblés au sein des FFI (Forces françaises de l'Intérieur) ainsi que les volontaires, après une rapide formation.

        Jacques s'engage comme volontaire sans coup férir. Il intégrera au final le 20e Bataillon des Chasseurs alpins (20e BCA), reconstitué le 24 janvier 1945 à partir du renfort des maquis de résistance et des survivants du Bataillon d'Appui du Régiment de Reconnaissance (BARR2), issu du 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains (4e RTM), l'un des quatre régiments de la déjà célèbre 2ème Division d'Infanterie Marocaine (2e DIM) qui avait combattu avec vaillance en Italie. Le baptème du feu débute en octobre 44 par la bataille des Vosges, puis ce sera la bataille d'Alsace en novembre pour se terminer en France par la bataille de Colmar. Le 19 mars 1945, la Première Armée fait son entrée en Allemagne. Les ponts sur le Rhin ayant été détruits, l'enlisement est à craindre. Alarmé par la réussite de l'armée américaine, dès le 7 mars, du passage par le seul pont existant, celui de Remagen, puis le 23 mars par les britanniques en aval de Wesel, de GAULLE veut y apporter une réponse. Le déferlement de l'armée américaine en territoire allemand risque d'être pour lui un second échec, après la Conférence de Yalta de février 1945, qui avait snobé toute participation française. Il veut absolument que des troupes françaises s'interposent sur le territoire allemand entre les américains et les britanniques pour réserver à la France une zone d'occupation conquise par les armes. Une seule solution s'offre à lui. Ce sera  le passage du Rhin à Germersheim, localité de Rhénanie-Palatinat. Il donne le 29 mars  l'ordre au Général de LATTRE de passer coute que coute.  Sans grande préparation mais grâce à la ténacité d'une poignée d'hommes du 4e RTM, le Rhin sera franchi durant la journée du 31 mars à Germersheim. En faisant la jonction, dès le 1er avril, avec la 3ème Division d'Infanterie algérienne (3e DIA), la France pourra occuper  le Bade-Wurtemburg.

         Ce passage du Rhin3 à Germersheim fut un acte symbolique important car il permit de redonner à la France du prestige au niveau international. Et le général de LATTRE de TASSIGNY aura l'honneur de représenter la France à Berlin, le 8 mai 1945, pour signer l'acte de capitulation de l'Allemagne aux côtés d'EISENHOWER pour les USA, de MONTGOMERY pour la Grande - Bretagne et de JOUKOV pour la Russie. Le 4e RTM apposera sur son drapeau le nom de Germersheim, après ceux des Abruzzes, de Garigliano, de Belfort et avant l'Indochine.

       Jacques fera partie des quelques 90 hommes qui durent assumer l'ordre envoyé deux jours plus tôt par le Général de GAULLE. Il mettra le pied sur la rive droite, avançant dans l'une de ses barques à moteur M2 du génie, soumis aux tirs et aux obus et voyant se noyer nombre de ses compagnons, lestés de vivres et d'armements. De cette journée du 31 mars 1945, Jacques fera preuve durant toute sa vie d'une discrétion dont sont capables ceux qui y ont blessé leur âme, laissé leur innocence, préférant enfouir les images dans les caches sombres des mémoires et les récits dans des recoins non dévoilés des armoires4. Avec pour unique preuve de courage et de clairvoyance d'avoir le sentiment de commencer dès le lendemain une seconde vie.

          Les quelques passages qui suivent, extraits du livre : Carnets de jeunesse d'un dinausore en Afrique du Nord, Daniel Verstraatt, L'Harmattan, 2010  relatent les temps forts de la journée du 31 mars 1945 à Germersheim, en suivant, au fil des heures, le parcours du sergent-chef Hubert DUBIN, qui fut le premier avec huit hommes à atteindre la rive droite du Rhin. DUBIN sera décoré le 7 avril suivant par le général de GAULLE  de la croix de guerre avec palme et de la médaille militaire, puis élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur en mai 1998 par le Président CHIRAC dans la Cour des Invalides. Cette Première Armée sera par la suite appelée l’armée Rhin-Danube.       

      Il est 4h40. Dubin a du temps avant de faire embarquer sa section. Il est pourtant étonné par l'absence d'information sur sa mission, sur l'ennemi, sur le terrain où il manoeuvrera.....

      Soudain, le tonnerre de l'artillerie française éclate. Il est 4h50. Sur la rive gauche, le ciel se teinte d'une lueur blafarde et la rive droite du Rhin rougeoie dans un formidable fracas.......

      5h30. Ou est la section Sailer ?...Le lieutenant l'informe brièvement d'un débarquement par erreur de la première vague sur l'île qui sépare le Rhin du bras mort. Il n'y a personne sur la rive droite. Dubin en reste estomaqué.....

      Il est 5h40. L'artillerie française s'est tue depuis 40 minutes. Les sept bateaux s'engagent sur le fleuve. L'aurore est là. Il n'y a pas d'officier pour diriger cette opération qui se déroule sans appui d'artillerie.......

      Dubin relève la tête et constate avec stupeur que sa barque est seule sur le Rhin. Le pilote du génie, impassible, largement exposé aux coups, cible privilégiée des tireurs ennemis, gouverne son engin d'une main ferme. Il interroge le sergent-chef du regard. Faut-il continuer ou rebrousser chemin ?......

      Deux sergents-chefs, un sergent, un caporal et cinq tirailleurs sautent dans l'eau qui atteint leur ceinturon, pataugent dans le courant et escaladent la berge où ils se jettent derrière le muret. La chance leur a une nouvelle fois souri quand ils ont sauté à l'aveuglette dans le fleuve qui n'a en cet endroit qu'un mètre de profondeur.........

      Il est 5h50. on est loin des prévisions. Plus de 200 hommes devraient à l'heure actuelle avoir ouvert une tête de pont. Qu'est-il advenu des mitrailleuses et des mortiers de 60 ? Probablement restés au fond du Rhin......

      Il doit être 6h30. L'un des hommes qu'il a placé sur les flancs l'informe que trois embarcations accostent à un peu plus de 40 m au sud de leur position. Elles ont déposé le lieutenant Sailer et une trentaine d'hommes rescapés d'une vague de douze bateaux.......

      Vers 7h30, deux armes automatiques allemandes sont détruites par les mitrailleuses lourdes du sergent-chef Labrande de la CA3.5 La sortie du goulet en est améliorée.......

       Abrités par la digue, des Allemands soumettent les hommes de Dubin à un feu roulant. Ils sont le premier obstacle à abattre. Le groupe de Dubin progresse par bonds successifs. On se fusille à vue, d'arbre à arbre et de trou à trou, quelquefois en se voyant le blanc des yeux.... L'ennemi reflue... Dubin atteint la digue et l'occupe après une bonne heure de combat.........

      Au nord, une partie de la section du sergent-chef Ahmed débarque à une centaine de mètres. .....Les Marocains ont gagné environ cinquante mètres. Il est un peu plus de 8h .........

      Vers 8h20, Dubin fait mettre sa mitrailleuse en batterie sur la digue. Deux servants de l'arme sont aussitôt abattus.Des tireurs d'élite sont restés perchés dans les peupliers.........

      A 9h30, le commandant Brunel prend pied dans la tête de pont avec la moitié de son bataillon. Vers 11h15, les éléments épars des compagnies sont regroupés et un secteur est assigné à chacune d'elles.........

      Le lieutenant-colonel Gandoët, héros de la campagne d'Italie, obtient à 17h l'accord du commandant du 4eRTM, pour faire passer un bataillon de son régiment par la tête de pont des marocains en utilisant une partie de leurs bateaux...........

      En fin d'après-midi, la tête de pont du 4e RTM atteint 1500 m de longueur sur 150 m de profondeur. A 19h30, le leutenant Cussac fait traverser le Rhin au général de Lattre de Tassigny qui complimente le chef de bataillon Brunel mais exige de lui qu'il occupe immédiatement Rheinsheim........

      La tête de pont de Rheinsheim est occupée à 23h et la voie ferrée atteinte dans la nuit...... La France la doit au 3e bataillon du 4e RTM, à la ténécité et au courage de Dubin, de ses hommes et aux pilotes des M2 du génie. Mais toute la 2e division marocaine y a sa part de gloire..........

       Au cours de cette traversée du Rhin sous un feu violent, 54 sapeurs de génie sont tués, noyés ou blessés sur un effectif de 90 hommes. A  la fin de cette opération comprenant 81 engins dont 50 bateaux M2, 38 sont détruits dans les premières heures de combat.........

      Une semaine après l'ouverture de cette tête de pont, une prise d'armes se déroule le 7 avril sur l'autoroute de Karlsruhe. Des officiers, sous-officiers et hommes de troupe sont décorés par le général de Gaulle en personne........

      Un autre site http://annette.brunel-gilles.mostini.pagesperso-orange.fr/Brunel/4eRTM.htm  donne également des détails sur cette journée du 31 mars 1945.

           Ensuite ce sera, pour Jacques, la campagne d’Allemagne, qui amènera l’armée française, en moins d’un mois, au cœur du Wurtemberg, puis sur les rives du Danube aux portes de l'Autriche via Stuttgart et la Forêt Noire. Et le 8 mai, jour de l’Armistice, Jacques se retrouvera à Immenstadt en Bavière, après avoir transité par Sigmaringen, aux bords du Danube, là où s’étaient réfugiés les derniers collaborateurs du régime de Vichy en septembre 1944. Il ne fera pas partie du groupe d’une centaine d’hommes issus de la compagnie Ruby du 20ème BCA et de spahis marocains qui, à partir du 5 mai, franchiront les sommets du Tyrol à 2250 m d’altitude, avec l’objectif d’arriver avant les Américains à St Anton, via le col de l’Arlberg6. L’épopée de la première armée française s’arrêtera à cet endroit. Elle aura permis à la France de retrouver son assise politique sur le plan international en lui octroyant un siège permanent et un droit de vote, assorti d'un véto, au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

      Parcours du 20ème Bataillon des Chasseurs alpins en 1945 (site: www.bataillonsdechasseurs.fr/20bc.f.htm)

1945 :Recréation du 20e BCA, à partir du Corps-franc d'Indre-et-Loire, du 1er Bataillon du Charolais  et  du BARR/2eDIM( ex groupe de Commandos Vigan-Braquet)7

Alsace : Cernay, Nonnenbruch, Neuf-Brisach et Heiteren, Lautebourg,

Allemagne : Germersheim, Russheim, Hochstetten, Linkenheim, Karlshure, Forêt-Noire, Freudenstdt,Tübingen, Sigmaringen, Immenstadt-im-Aligau,

Autriche : col de l'Arlberg, Sankt-Anton,

         De cette expérience, Jacques en ressort avec la Croix de Guerre et la Médaille Commémorative de la guerre 1939-1945. De retour en France, après avoir travaillé un court moment comme traducteur pour l’élaboration de fiches techniques de matériel en provenance des Etats-Unis, Jacques tombe sous le charme de Michelle LASNET de LANTY, une fille d’un couple de résistants. Malgré son absence de particules, Jacques, par sa bravoure affichée au sein du 20ème BCA,  avait démontré qu’il avait lui aussi par son courage  le droit d’entrer dans cette famille.

       Après avoir accumulé des coups de coeur, des coups de force et des coups de gueule, après avoir séduit par sa robustesse et sa finesse d'esprit toutes les personnes qui l'ont cotoyé8, Jacques PARFONRY a abandonné sa seconde vie ce 23 mai 2012 à l'âge de 88 ans.

       A la fin de la cérémonie religieuse, Jacques recevra l’hommage des drapeaux des Anciens combattants, qui sera suivi par la lecture du poème « La mort n’est rien », lu par Patrick LASNET de LANTY, neveu de Jacques, dans le cimetière de Jouy-le-Potier avant l’inhumation. Ce poème est attribué souvent par erreur à Charles PEGUY9.  

 

1 Wikipedia : 1ère Armée (France 1944-1945) ;

2 A la fin décembre 1944, le BARR ( ex DARR) avait perdu les 2/3 de ses effectifs ;

3  Ce passage du Rhin par une armée fançaise était le premier depuis celui de Louis XIV en juin 1674 lors de la guerre de Hollande ;

4  Adapté d'un article de Paris Match n° 564 intitulé " Il y a 50 ans L'Algérie ";

5 Ce CA3 doit manifestement faire référence à la 3ème compagnie des Chasseurs Alpins ; 

6 Les américains arriveront malgré tout avant les français pour effectuer la jonction avec les troupes remontant d'Italie ;

7 BARR : Bataillon d’Appui du Régiment de Reconnaissance du 2e DIM, constitué à partir du groupe de commandos Vigan-Braquet (ex. Maquis des Ardennes), prenant le nom de 20e Bataillon des Chasseurs Alpins le 24/01/ 1945 ;

8 Extrait du texte lu lors des obsèques de Jacques PARFONRY le 26 mai 2012 à Jouy-le-Potier par deux de ses petits-enfants;

9 Ce poème "La mort n'est rien" est un texte écrit à l'origine en anglais qui aurait été lu pour la première fois lors de l'enterrement du roi Edouard VII à la Cathédrale Saint-Paul à Londres en 1910. On n'en connait pas l'auteur ; C'est Charles Péguy qui l'a fait connaitre dans sa version française ;

          N.B. : Des Informations sur cette Première Armée française, notamment le passage du Rhin à Germersheim, peuvent être trouvées dans les documents suivants :

- Général VERHAEGHE : Le 4ème RTM. Histoire d’un régiment de Tirailleurs Marocains, 1920-1964 ;

- Daniel VERSTRAATT (2010): Carnet de jeunesse d’un dinosaure d’Afrique du Nord, L’Harmattan ;

- Le blog de Charles GEISS (1916-2007), engagé volontaire au sein du 151ème R.I. ;

- Wikipedia : le 4ème RTM ;

- BRIENT et BARRE (1989) : Rhin et Danube. L'extraordinaire épopée, Bande Dessinée, Ed. Lavauzelle ;

- Jean-Christophe NOTIN (2004) : La France en Allemagne en 1945. Les vaincus seront les vainqueurs, Edition Perrin ;

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:42

       Extrait du journal Le Figaro du 3 août 1906, on y découvre un article faisant référence à une distribution des prix au Lycée Carnot à Paris. Parmi les très nombreux élèves cités, on y lit le nom de  Parfonry. Il s'agit manifestement de l'un des deux fils de Paul PARFONRY. On hésite cependant entre Georges, le futur Directeur commercial d'IBM et Jean, le futur grand ophtalmologue.

       Georges, né le 3 juillet 1894, venait de fêter ses 12 ans et Jean, né le 9 août 1895, allait atteindre ses 11 ans.  Qui peut me faire le choix entre Georges et Jean ? Ont-ils été tous les deux au Lycée Carnot ?

       

Lycée Carnot

La distribution des prix du lycée Carnot a eu lieu le samedi 28 juillet, à neuf heures du matin, sous la présidence de M. Théry, directeur de l'Economiste européen, assisté de MM. Combarieu, inspecteur d'académie, et Frétillier1, proviseur du lycée.

Voici le nom des élèves le plus souvent nommés (ndlr: il s'en suit une liste importante de noms d'élèves)

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Division élémentaire - Septième2, 1ère division : Parfonry, Dufourg, Demonge, Ehrlich, Moles, Poulain, Ruff, Bickart - 2è division : Lancelin, Poterin du Motel, Auboin, Loir, Kaplan, Lichtenberger - 3è division : Lefebvre, de Jarnieu, Escher, Gossart.

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       A y constater la présence de l'Economiste Edmond Théry (1854-1925), Grand Officier de la Légion d'Honneur (en janvier 1913), membre de l'Académie d'agriculture mais surtout du Conseil supérieur des statistiques, on ne peut qu'y voir des prémices de lien avec Georges, futur membre de la Société de statistique de Paris en 1938, dont ce même Conseil supérieur des Statistiques, créé en 1885, sera une émanation. Georges aurait-il été marqué dans sa jeunesse par la poignée de main et les félicitations que lui aurait transmises le grand économiste Edmond Théry ?  A moins que la localisation de ce Lycée Carnot sur le Boulevard Malesherbes s'avérait être une anticipation de sa carrière ayant démarré à la Compagnie Electro-Comptable, ancêtre d'IBM, et logée elle aussi sur ce même Boulevard.

Mais pour d'autres, c'était Jean le plus doué du point de vue scolaire. Et le plus apte donc à recevoir les félicitations. 

Alors qui c'est !! Georges ou Jean !! J'attends des éléments de réponse pour qu'on puisse donner un prénom à ce texte. Il se peut que les carnets scolaires de cette époque existent encore ?

        Ce qui est certain, c'est que ce lycée Carnot fut le lycée de prédilection de la famille. Les enfants de Georges y furent inscrits. Jacques y terminera, après le Collège de Juilly, son parcours scolaire dans le primaire. L’exigence de ce type d’enseignement lui laissera un goût amer contrairement à son frère Pierre.

1 Frétillier : Il fut le proviseur du Lycée Carnot de 1895 à1909 ;

2 Septième : ancienne dénomination du CM 2; la numération démarrait avec l'appellation de 11ème pour le CP ;

 

 

 

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