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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 14:33

      Voici une nouvelle toile de notre cher Paulo, dénichée au mur de la salle de séjour du havre de paix de Briou. Tant par la pénombre de la pièce que par le dépôt des ans, émoussant les détails, cette toile n'avait pas attiré l'attention jusqu' à présent. Encore l'une de ces toiles de ce petit maître qui reprend, comme pour nous laisser le temps de découvrir, les pièces du mobilier, les espaces obsolètes de ce qui fut son lieu d'habitation à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. 

     L'intitulé de la peinture reste méconnue. Il peut être question d'une version de la toile Le Paravent, présentée en 1910 et jugée par le critique du Figaro comme "délicate et précieuse ". Attestée non seulement d'une signature pointue et éloquente de l'artiste, on y  mentionne l'année 1914. Et manifestement, l'intérêt de cette peinture apparait en associant ces deux éléments.

                                          DSC 0331

      Un intérêt, marqué néanmoins d'une certaine surprise et d'une interrogation. Quelle mouche a piqué notre cher Paulo d'écrire son nom sous une forme ancienne mais dépassée par le temps des écritures ? Au bas de la toile, à gauche, on peut ainsi lire, très distinctement : Paul Parfonrij.1914       DSC 0330            

La réapparition de ce tréma est assez curieuse. Quelle pourrait être la raison de ce retour à une façon de retranscrire remontant à l'époque des actes de naissances rédigés par les curés du village. Si son père François-Xavier utilisait encore le tréma en 1871 dans sa signature, il l'avait abandonné dès 1881 pour signer des documents en relation avec l'obtention de sa Légion d'honneur.  Que voulait nous dire Paulo, à travers ce qui a du être très certainement, l'une des dernières expressions de sa vie de peintre ? S'il existe un sens à cette démarche, le seul envisageable, c'est bien celle du retour à la sérénité de sa jeunesse. Le renouveau dans l'art, déjà abordé dans un autre article, avec l'arrivée de cette nouvelle conception  de la lumière et des formes, combiné avec cette drôle de guerre qui s'embourbait au Chemin des Dames, devaient provoquer une sorte de stress, de retour en arrière, à la recherche de références. Quoi de plus apaisant dès lors que de retrouver l'écriture de ses belles années, celles qui lui ont permis de vivre sans soucis.  

     En 1881, son père François-Xavier, à l'apothéose de sa renommée, adaptait son écriture au modernisme. En 1914, mon grand-père avait fait de même sur son diplôme d'instituteur, quelques semaines avec le déclenchement de la Grande guerre. Par contre, dans cette même année 1914, Paul, dans la peur de son environnement, reprenait des signes d'un autre temps.

      Quant aux bibelots de la peinture, ils restent assez secondaires par rapport à cette analyse des signes. Tout au plus, qui peut me dire s'ils existent encore de nos jours ?

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 18:33

      Encore une petite surprise que vient de nous réserver notre ami Paulo. L'une de ses peintures se retrouve sous forme d'une carte postale dans un Musée espagnol.

    En approfondissant les pistes se rapportant à l'écriture Parfoury, je suis ainsi tombé sur la présence de cette carte postale de 14 x 9 cm au Museo de Historia  de Madrid. A part la curiosité de trouver tel objet dans un Musée espagnol, cette trouvaille nous ouvre certainement la piste qui visait à déterminer laquelle des toiles de Paul PARFONRY avaient servi comme modèle pour la Poste française à la fin du 19ème siècle. En voyant pareille découverte, on peut escompter avoir trouvé la solution. Le texte imprimé sur la carte est bel et bien en français ce qui laisse à penser que ce modèle a été imprimé et édité en France, et était vendu au guichet des postiers.

     Maintenant, comment vous donner une explication sur la présence d'une telle carte postale dans un Musée espagnol retraçant l'Histoire de la ville de Madrid. No lo se!!

     Mais avouer que Paulo s'est quand même bien débrouillé pour rester présent parmi nous. Il apparait ainsi, selon une fréquence régulière, pour nous alimenter en articles.

      Mais attention, la piste de La Poste n'est pas totalement affirmée. La preuve matérielle que Paulo touchait des Royalties à partir de cette peinture n'est pas concrètement affichée. Et cela est essentiel pour un " gé(néan)o trouve-tout ".

 

imagen2.jpg

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:08

       Sans jamais encore l'avoir vue, ni repérée, la peinture de Paul PARFONRY, intitulée L' Armoire aux robes  a fait l'objet de plusieurs articles dans le journal Le Figaro entre 1911 et 1913. Elle aurait été ainsi présente pendant plusieurs années à l'Exposition des Beaux - Arts, manifestation annuelle organisée à Paris par la Société des artistes parisiens. Cette persistance est en discordance avec la participation de Paul durant les années antérieures. Il y présentait des oeuvres différentes chaque année. On a ainsi relevé entre 1889 et 1895, la succession des peintures suivantes qui y ont été présentées :

                       1889 : La tentation

         1890 : Etude

         1891 : A l'atelier

         1892 : Triste dimanche

         1893 : Rêverie

         1894 : Intérieur de pêcheur à Blankenberghe

         1895 : Coquetterie

     Sans doute marqué par l'âge, même s'il n'avait que 54 ans en 1911 (Paul décèdera en 1920), mais surtout dépassé par tous les nouveaux mouvements de peinture qui apparaissaient depuis la fin du 19ème siècle, avec les Impressionnistes (Cézanne, Degas, Manet, Monet, Pissarro, Renoir,...), les Post - Impressionnistes (Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Seurat, Gauguin,...), les Néo - Impressionnistes (Seurat, Signac,...) sans oublier ceux marqués par le Fauvisme (Matisse, de Vlaminck,...) et le Cubisme (Braque, Picasso,...), la concurrence, alliée à l'évolution des mentalités et à l'âge, doivent expliquer ce manque de créativité. Il était d'une certaine façon resté, comme le montre plusieurs de ses peintures, dans la lignée de ce Siècle galant qui perpétuait quelque peu le mode de vie sous Louis XIV.

     Son tableau L'armoire aux robes est considéré, selon le cas, comme un très aimable caprice bibelotier en 1911, un véritable bijou en 1912 ou un intérieur à bibelots très habilement touchés en 1913. De quoi démontrer un manque d'imagination, de consistance et parfois de cohérence de la part du chroniqueur d'art chargé de relater sa vision dans le journal. Mais Paul avait probablement fait son temps. Lassé sans doute de rester cloisonner dans la catégorie des peintres d'intérieurs, il s'arrêtera de peindre à cette période. Aucune autre de ses oeuvres ne semble être postérieure.  

 Extraits du Journal Le Figaro des 27 février 1911, 30 avril 1912 et 2 mars 1913

Armoire-aux-robes--2-.jpg  Paul Parf Armoire aux robes  

Armoire-aux-robes--3-.jpg

      Par contre, comme le démontre sa photo prise lors des inondations de Paris en janvier 1910 (voir autre article dans cette catégorie), il a du chercher d'autres sensations en s'intéressant à cette nouvelle technique de reproduction de l'image qui était en train de prendre son envol. Intérêt qu'il a du transmettre probablement à son fils Georges, devenu grand amateur de prises de vue ayant permis de conserver un large éventail de souvenirs de famille. 

      Il nous reste désormais à retrouver la trace de cette dernière peinture de Paul.

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:26

       Une nouvelle toile de Paul PARFONRY, est mise en vente depuis ce mois de mai 2011 sur le site " Expertissim.com ". Intitulée " La visite galante ", datée de 1890, elle est manifestement du même genre que la grande majorité des autres peintures de cet artiste.

      Estimée entre 500 et 600 €, c'est la quatrième toile a avoir été répertoriée sur des sites de vente. On se rappelera les trois précédentes :

                 Intérieur d'une chambre : Galerie Bruun RASMUSSEN, Copenhage, en septembre 1997;

                      L'interruption : William DOYLE Galleries, New York, en mai 2007;

                      Rencontre devant un hôtel particulier : Mes LAVOISSIERE et GUEILHERS, La Rochelle, en octobre 2008 ;

      C'est aussi le dix-huitième titre de tableau de ce peintre à être identifié depuis le début de nos recherches. Reflétant toujours le décor des intérieurs bourgeois du XVIIIème siècle, on ne peut y retrouver un quelconque avant-gardisme qui s'était déjà manifesté depuis quelques années avec la peinture impressionniste. Paul PARFONRY est resté, à travers plusieurs de ses peintures, un peintre quelque peu influencé par ce que l'on appelle " Le siècle galant du XVIIIème" toujours dans la lignée de la période d'une certaine décadence sous Louis XIV. Il n'avait nullement embrayé avec la nouvelle expression picturale qui allait marquer la peinture moderne. Il restait un peintre classique dont l'expression était basée sur le dessin classique et non sur le jeu des lumières et des couleurs. Par cette façon de reproduire son inspiration, il perpétuait manifestement la lignée de son père François-Xavier, qui avait toujours défendu l'art du dessin dans l'expression fondamentale de son métier de marbrier - sculpteur.

      Et, tout comme pour ses autres oeuvres, il est probable que l'on retrouve dans le décor, des pièces encore présentes de nos jours chez sa descendance. Et élément supplémentaire, on y voit, à travers la fenêtre, une tourelle  qui doit très probablement être une reproduction d'un lieu connu par le peintre.

 

                                  La visite galante (huile sur toile; 56 x 46 cm)

                                              ( source : Expertissim.com)

La-visite-galante.jpg

  Cette toile a finalement été vendue

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:17

         Le journal le Figaro publie une annonce et un avis de mariage en 1911 dans lequel on retrouve Paul PARFONRY.

             Le Figaro du 4 décembre 1911 - Annonce de mariage

             M. Henri-Jean-François-Joseph Verne, homme de lettres, et Melle Marie-Cécile Woodruff- Logé, fille de M. Logé, compositeur de musique, et de madame, née Woodruff.

          Le Figaro du 15 décembre 1911 - Mariage

         Paul PARFONRY a été témoin avec M. Léon ESTIVANT, en tant que cousins de la mariée, au mariage de Melle Mary-Cécile WOODRUFF LOGE, fille du compositeur de musique Henri LOGE, avec M. Henri VERNE, célébré dans l'intimité par le Right Révérend Bishop OREMSBY. Les témoins du marié étaient Monsieur Léon BOURGEOIS, sénateur, et son cousin, M. ARNAUNE, Conseiller maître à la Cour des Comptes.

 

     Sans être d'une grande originalité sur la forme, cet avis donne par contre quelques informations sur le fond. Des personnes qui y sont reprises, on ressent manifestement une présence anglo-saxonne indéniable dans le nom de la mariée et du religieux y officiant. Mais aussi la particularité d'un milieu ou se côtoyaient le monde économique, par la présence de Léon ESTIVANT*, le monde culturel, avec Henri VERNE* le futur Conservateur du Louvre et le monde politique avec Léon BOURGEOIS*, sénateur de la Marne, Président du Conservatoire national des arts et métiers et futur prix Nobel de la Paix en 1920. Comme un témoignage de cette époque où l'alliance de l'art, de l'industrie et de la politique permit ce bouillonnement de réalisations architecturales, industrielles et culturelles. Un paradigme que les nouvelles terminologies de "mondialisation et de développement durable " sont en train de modifier de nos jours.

        L'origine de la famille de la mariée reste à découvrir. Le nom LOGE (il faut prononcer Logé) doit probablement être mis en relation avec le nom et la date de Joséphine LOGE (1885) inscrit sur le monument funéraire familial de Créteil. Sans avoir toutefois de certitudes et d'indications réelles sur le lien éventuel qui pourrait exister entre les deux appelations.

      La mention de "cousins de la mariée" qui est attribuée aux deux témoins ESTIVANT et PARFONRY, reste également un point d'interrogation. Le lien pouvant exister entre les deux personnages et la mariée n'a pas encore été découvert.

        Quelle explication peut-on également donner sur cette présence d'un l'évêque anglican ? Elle doit nécessairement être en lien avec la famille anglophone de la mariée. Le lieu de son affectation dans une petite ïle anglaise, au large du Northumberland, peut être une indication.

      Il a été confirmé1 en outre que ce lien entre les PARFONRY et les LOGE s'est perpétué à la génération suivante. A ce moment, Georges, le fils de Paul, a hérité de mobiliers en provenance de cette famille LOGE. Cette information m'a été donnée par Michel, l'un des fils de Georges et petit-fils de Paul ;

          Quelques explications complémentaires sur les personnes qui sont reprises à travers cet article du Figaro

Léon ESTIVANT : Economiste français qui fut rédacteur pour le journal " L'Economiste" ; il fut parmi les initiateurs de la Société Belge d'Economie Politique, créée en 1855, sur base de la Société d'Economie de Paris qui rassemblait les défenseurs de la pensée libérale et du libre-échange; il publia un article intitulé " Etude sur la mobilisation de la propriété foncière dans l'Act Torrens " en 1899.

Il fut de ceux également qui initièrent l'idée (avec Emile DOLLOT et le suisse Marc EUGSTER) de construire le premier téléphérique joignant Chamonix au sommet de l'Aiguille du Midi (la route du Mont Blanc) et dont les travaux débutèrent le 2 juin 1910; en 1936, il est encore présent pour créer la Compagnie française des Funiculaires de Montagne ;

Act TORRENS : Originaire de l'Australie, il s'agit d'un système de registre des possessions de terre permettant l'immatriculation d'un bien immobilier à la simple initiative d'un propriétaire volontaire sur base d'un bornage, d'un plan et d'une description du titre de propriété déposé dans un bureau d'enregistrement; c'est un système d'immatriculation individuelle qui apporte une solution dans le cadre d'un boum sur la spéculation des terres, en opposition avec le système de titres fonciers s'inscrivant dans une notion de recensement et d'abonnement général ; ce système de l'Act Torrens a été particulièrement utilisé durant les périodes de colonisation afin de donner une garantie aux nouveaux arrivants ;

Emile DOLLOT : Ingénieur des Arts et Manufactures (actuellement Ing. Centraliens); fondateur de la Compagnie générale des Travaux Publics; a collaboré à l'idée d'une création d'une mer intérieure, près de Gabès en Tunisie;

Henri LOGE : Après avoir pensé au compositeur américain Henri LODGE (1884-1933) qui composa de la musique ragtime pour le couple de danseurs américains Irène et Vernon CASTLE qui débutèrent leur carrière en 1911 à Paris, il s'est avèré que sa fille, dénommée également Mary, ne peut être la mariée. La date de son mariage en 1911 ne concorde pas avec l'âge escompté ; 

Henri VERNE (1880-1949) : Directeur des musées nationaux et Conservateur du Louvre qui fut l'auteur du projet d'agrandissement du Louvre (Verrière de la Cour du Sphinx, aménagement des salles des antiquités égyptiennes et orientales,...); il organisa également avant la guerre l'évacuation de nombreux chefs d'oeuvre du musée du Louvre;

Right Revérend Bishop OREMSBY :Très probablement, il doit s'agir de l'évêque anglican ORMSBY (1843, Dublin-1924) qui fut évêque de Bélize (Honduras britannique) avant de revenir en Angleterre comme Archdeacon (Vicaire général) de Lindisfarne, petite île de l'est de l'Angleterre, célèbre pour ses Evangiles illuminées, copie illustrée des 4 Evangiles ;

Léon BOURGEOIS (1851-1925) : Grand homme politique français, Parlementaire radical, Sénateur de la Marne de 1905 à 1925, Premier Président de la Société des Nations en 1919, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action dans la résolution des conflits, théoricien du radicalisme ;

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 14:00

       Voici une autre peinture du peintre Paul PARFONRY, intitulée " Une artiste dans son atelier ". Cette peinture aurait transité par la Galerie Garoche à Paris.

      Exécutée toujours dans le même style de décor, celui des intérieurs parisiens, la principale attraction de celle-ci réside probablement dans la représentation du mobilier. A y regarder de plus près, on doit probablement encore y retrouver des objets appartenant à sa descendance de nos jours.

 

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 13:53

       A deux reprises, on retrouve une reproduction d'une peinture de Paul PARFONRY dans la revue " La Famille", dont l'édition a débuté à Paris peu avant 1880. Si l'une d'entre elles nous était déjà connue, à savoir " La tasse de thé ", la seconde intitulée " La déclaration " constitue par contre une découverte. Toutes deux confortent le caractère général de la peinture de Paul Parfonry, s'affichant comme " un artiste reproduisant des personnages dans des intérieurs urbains du 18ème siècle ".

       Parue la première en 1890, la gravure reproduisant la toile " La déclaration " se trouve en page intérieure de la revue, contrairement à la seconde en 1899. Pour " La tasse de thé ", Paul Parfonry a eu droit à une reproduction occupant la totalité de la page de couverture, témoignant sans aucun doute d'une reconnaissance plus affirmée de son talent de peintre.

      A chaque fois, le rédacteur y ajoute un commentaire personnel qui s'efforce de transcrire une impression sans vouloir approcher de trop près le sentiment exprimé par l'artiste. Manifestement, le caractère superficiel de l'amour volage, relaté dans la première peinture, a jeté le trouble sur le style de Paul Parfonry. Souhaitant sans doute se défaire de ce qualificatif d' " un être parisien volage et tout en surface ",  Paul a voulu probablement retranscrire dans la seconde peinture des sentiments plus profonds tels que la douceur, l'affection, le respect. Et dont l'objectif serait de donner une autre vision de ces Parisiens superficiels, raillés sans aucun doute par les nouveaux arrivés dans la capitale des Lumières.

      Comme déjà mentionné dans un article précédent, cette peinture " La tasse de thé " aurait été la propriété de la famille GOSSET, originaire de Spy et qui pourrait être le commanditaire de la présence d'une copie de peinture de P.P. RUBENS dans l'église de cette localité, signée par ce même Paul Parfonry.

 

Revue " La Famille " du 6 avril 1890, n° 548

Commentaire de la gravure " La déclaration " d'après le tableau de M. Paul PARFONRY

p. 222 : On vient de prendre le café, l'instant est propice pour hasarder un tendre aveu. La soubrette s'en va tournant un dernier regard malicieux vers la table. Sera t-elle inhumaine la jolie marquise poudrée à qui s'adresse le galant chevalier ? L'avenir le dira.

 

Revue " La Famille " du 26 mars 1899, n° 1016

Commentaire de la gravure " Une tasse de thé " d'après le tableau de M. Paul PARFONRY

p. 202 : En véritable peintre des intimités, M. Paul Parfonry adore les petites scènes d'intérieur. Il vient de la sorte de donner un démenti au proverbe qui représente le Parisien comme un être volage et tout en surface. Le peintre, dont nous reproduisons aujourd'hui le beau tableau " Une tasse de thé " est, en effet, un Parisien de Paris.

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 21:38

      Faisant suite à l' information reprise d'une délibération du Conseil Communal de Créteil en 1903, qui était rédigée sous le libellé suivant :

 

" Offre généreuse faite par M. PARFONRY, propriétaire, demeurant avenue de Ceinture, de faire don à la commune d'une horloge destinée a être placée dans le fronton de la mairie ".

 

     Deux PARFONRY françaises, à savoir Agnès et Françoise, se sont rendues à Créteil pour vérifier l'existence de cette horloge. 

      Comme seuls indices, nos deux détectives disposaient de peu d' éléments. Il était ainsi acquis, en fonction de la date, qu'il ne pouvait s'agir que de Paul PARFONRY, qui avait hérité de son père d'une maison à Créteil. Restait à espérer que cette horloge allait permettre de faire le lien entre les lignées belge et française, dont un extrait de lettre de 1930 relatait d'une existence toujours vivace à cette époque

      Voici le compte rendu mi - champêtre, mi - policier, rédigé par Agnès, de cette sortie qui coïncidait  par ailleurs avec l'anniversaire de Françoise.

 

" Nous avons visité Créteil ce dimanche 18 avril 2010 avec Françoise après un déjeuner sur les bords de la Seine à Villeneuve-Saint-Georges dans une guinguette auvergnate. A défaut d’avoir pu déjeuner au bord de la Marne dans le Domaine Sainte Catherine à Créteil.

Nous nous sommes rendus à l’ancienne Mairie (1874-1974), Rue du Général Leclerc, devenue Maison du Combattant. Nous y avons admiré l’ancienne horloge de l’Eglise Saint-Christophe qui a été restaurée par l’Association  des amis de Créteil (photo 1).

Cette horloge a été fabriquée par Henri Julien Roy en 1903, à Sainte Austreberthe près de ROUEN. Cet horloger, le fils d’Abraham Roy venu de Suisse en France au début du XIXe, est né en 1827 et a été naturalisé en 1868. Aujourd’hui encore en Normandie les descendants continuent l’entreprise horlogère."

 

                         Photo 1. Horloge de Henri J. ROY placée à l'origine à l'Eglise Saint-Christophe

 

                                                   Horloge-Creteil-2009-1-.jpg  

  

      La photo suivante (photo 2) montre la Mairie (en 1879 sans certitude !!! ), avant le don de Paul Parfonry en 1903. On y distingue un œil de bœuf bien troué. Paul devait avoir horreur du vide !!!

 

           Photo 2. Mairie de Créteil sans l'horloge offerte par Paul PARFONRY (mais avec un oeil de boeuf)

 

                             cartes-postales-photos-La-Mairie-CRETEIL-94000-1879-2007073.jpg              

 

      Toute la question est de découvrir ou est passée entretemps l'horloge que l'on découvre sur une autre carte postale (photo 3), sur le fronton de la mairie un peu plus tard, à l'emplacement de l'oeil de boeuf. Sur cette photo on voit un fronton et une horloge. La preuve est là : l’ Horloge donnée par Paul a existé

 

                         Photo 3. Mairie de Créteil avec l'horloge offerte par Paul PARFONRY au dessus du fronton

                 mairie de Cr+®teil                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

      Mais aujourd’hui fronton et horloge ont disparu ! Pour preuve sur la photographie faite ce jour (photo 1), sous un joli soleil de printemps, la mairie a perdu son fronton et son horloge. Par contre, l’horloge exposée est celle de l’ Eglise. L'horloge actuelle (photo 1) n'étant pas celle apparaissant sur le fronton de l'ancienne Mairie (photo 3), il reste à découvrir ce qu'est devenue l'ancienne horloge offerte par Paul. Un point commun entre les deux horloges est à relever. La date de 1903 est à chaque fois mentionnée comme si cela correspondait à un évènement précis dans la commune de Créteil.

 

      Nos deux détectives prévoient de poursuivre leurs recherches. De nouveaux éléments sont attendus !!

 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 18:45

      Voici un article que m'a transmis Bernard VDB , le responsable de la Fabrique d'Eglise de Spy. Il est question de l'implantation d'un certain nombre de communautés religieuses françaises à Spy au début du 20ème siècle. On ne connait pas l'auteur de l'article.

      On peut y trouver l'indication du lien expliquant pareille concentration de communautés religieuses. L'impact de la loi COMBES, reconnaissant la séparation des Eglises et de l'Etat, votée à Paris en décembre 1905, en est la raison la plus évidente. Par contre, rien ne justifie cette migration consensuelle sur le plan géographique.

      Précédemment, une première vague d'expulsions s'était déroulée dès 1880. Jules FERRY avait ainsi interdit les Jésuites dans les écoles et donné un délai aux autres congrégations de se faire autoriser. Il en résulta une expulsion de 5600 religieux de tous ordres vers l'étranger.

      Peut - on envisager que la découverte du tableau religieux de Paul PARFONRY, peintre parisien de cette époque,  soit en lien avec l'installation de ces communautés religieuses françaises ? Pas moins de 8 communautés s'y seraient installées. Rien n'est moins sur mais on ne peut négliger cette piste.

     Dans l'article, on mentionne que l'une de ses communautés provenait de Paris. Et l'aristocrate Amédée de Beauffort, seigneur du Château de Mielmont, situé sur les terres de Spy, y a joué un rôle d'intermédiaire.  

      Mais peut - on y voir des éléments qui nous donneraient le lien capital permettant de résoudre notre devinette ? Il reste à trouver la clef qui, avec plus d'assurance, nous offrirait le sésame donnant une explication ou un indice sur cette présence commune à Spy. Il est plus que probable que cette clef, s'il elle existe encore, se trouve de nos jours à Paris plutôt qu'à Spy.

Les communautés religieuses françaises à Spy

Pourquoi y eut-il autant de communautés religieuses à SPY  au début du siècle passé ?

A cette époque, une communauté religieuse était  établie dans quasi chaque quartier de SPY. Ainsi l'histoire nous dit que des Pères blancs ( Capucins) ont occupé l'actuel château Bastin, des Clarisses étaient établies à l' ancienne gendarmerie, les Sœurs Visitandines demeuraient à la ferme Leroy, rue de l' Hospice tandis que les sœurs Notre-Dame de Ste Erme ( Paris) avaient ouvert un pensionnat pour jeunes filles au château Leurquin et les sœurs Ursulines une école au Pajot. Il y avait aussi des sœurs Augustine à la rue Haute où l'on trouvait également  une communauté des sœurs de Notre-Dame de la Providence.

Aujourd'hui encore , nous sommes heureux de compter au sein du village la communauté des sœurs Oblates du Cœur de Jésus qui est établie rue de la Chaussée.

C'est en 1902,  fuyant la France suite aux mesures anticléricales dues notamment à Emile COMBES (Président du Conseil de 1902 à 1905) que  la communauté des Pères Capucins s'est établie au Château( dit aujourd'hui château Bastin) a l'invitation du  Marquis ( ? ) du Comte  ( ?)Amédée de Beauffort.

Les Pères y avaient installés l'étude, le noviciat et le juvénat. Chaque année, à la Fête Dieu, ils organisaient  une grande procession dans les parcs entourant le château à laquelle participaient les habitants de Spy.

Les annales des sœurs de la Communauté des Pauvres Clarisses Colettines sont  précieuses et nous donnent des réponses a cette interrogation sur la raison de cette installation .

En effet, nous pouvons y lire et apprendre que cette communauté était initialement établie à VERSAILLES, rue des Rossignols, n° 10. Les premières lignes nous donnent la réponse à  la question .

"Le 14 mai ( 1908) , le tribunal de Versailles prononçait la condamnation de notre communauté, selon la  loi de 1904. Après plusieurs années, la persécution sévissait en France, et tenait les cœurs dans l' angoisse. Les ruines s'amoncelaient partout et des centaines de maisons religieuses étaient déjà fermées. Certaines congrégations étaient complètement dispersées, d'autres avaient sécularisés leurs membres pour continuer leurs œuvres d'apostolat, d'autres s'étaient réfugiées à l' étranger. 

C'est avec l'aide des Pères Capucins, déjà installés au Château  en 1902 ( actuel Château Bastin) que la communauté des Pauvres Clarisses Colettines  s'établit à SPY le 29 septembre 1908. Elle y restera jusqu'au 26 juillet 1921.

 

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:37

      SPY, village de Belgique francophone, situé dans la vallée de l'Orneau, affluent en rive gauche de la Sambre, a acquis une renommée mondiale depuis la découverte de fossiles humains en 1866. La diversité des découvertes permirent de faire reconnaître, par la communauté internationale, l'existence d'un type humain plus ancien que l'homme moderne. L'importance de ces trouvailles remit notamment en cause l'hypothèse d'une malformation pathologique du crâne de l'Homme de Néandertal. La " grotte de Spy " fait ainsi désormais partie de ces lieux de passage que tout paléontologue se doit de découvrir. 

Pour plus d'informations sur cette grotte, vous pourrez les trouver sur le très beau site :

http://users.swing.be/grottedespy/page2.html
 


      Dorénavant, le village de Spy peut s'enorgueillir d'une deuxième pièce de collection assez intéressante. Par mes recherches antérieures, j'avais ainsi repéré l'existence d'un tableau dans la base de données de l'Institut Royal de Patrimoine Artistique (IRPA), intitulé " Répertoire photographique du Mobilier des Sanctuaires de Belgique ", dont le peintre se dénommait PARFONRY.

 
Paul SpyIrpa wal

Document KIK-IRPA, Bruxelles(www.kikirpa.be

 Photo Lucien HOQ,1968


      Elle résultait de l'initiative lancée en 1967 par les ministres Pierre WIGNY et Renaat VAN ELSLANDE, faisant suite à la décision de Vatican II d'apporter des modifications dans la liturgie. Suite aux conséquences qu'il en découlait en matière de suppression de mobilier religieux dans les églises, il avait été décidé de réaliser un recensement du patrimoine religieux de Belgique. Cette peinture intitulée " Saint Roch intercédant auprès du Christ en faveur des pestiférés" était en fait une copie d'un original de Pierre Paul RUBENS. Elle se trouvait dans l'église Saint - Amand à Spy.
                                                                   

      Etait-il possible que cette peinture soit l'oeuvre de Paulo le barbouilleur, ce Paul PARFONRY issu de notre lignée, ce peintre mondain parisien ? Ce fils de François-Xavier, né à Paris en 1857. Ce fut ma première réflexion à ce moment.

      Une première visite au curé de Spy le 25 janvier 2007 m'apprit bien peu de choses, à l'exception qu'il ne s'agissait pas d'une rénovation. Selon lui, la nature du cadre et le type de peinture avaient été datés au début des années 1900. Il me signala également que la Fabrique d'Eglise ne disposait d'aucuns autres renseignements sur cette peinture. A l'occasion de cet entretien, je ne pus voir la fameuse toile en question car l'église était fermée.

      J'effectuai une seconde visite, le 3 juillet 2008. Profitant d'une répétition de la chorale en soirée, la petite porte latérale de l'église était ouverte et la toile était visible. Mais, installée en surplomb, au fond de l'église, à gauche du portail en regardant le transept et le choeur, il s'avérait nécessaire de disposer d'une échelle pour vérifier la signature. Dialoguant avec Bernard VANDENBULCKE, le responsable de la Fabrique d'Eglise, j'appris ainsi que l'ancienne église avait été abattue en 1898 et remplacée par l'actuelle. Et que cette peinture aurait été conservée durant de nombreuses années dans une pièce annexe, sans grands soins, au milieu d'autres résidus. Et ce n'est qu'à l'occasion du centenaire de l'église en 2001, qu'elle aurait trouvé, après une légère restauration, sa place actuelle. Mais quant à son origine, on n'en connaissait rien de plus.















     

 

 

       Il ne me restait plus qu'à authentifier la signature pour la joindre à notre " Saga des PARFONRY de Neerheylissem". Pour cela, j'avais besoin évidemment d'une copie de la signature prise sur une autre peinture de Paul PARFONRY. Cela ne fut pas très difficile à obtenir. La famille de ce Paulo avait toujours en jouissance plusieurs d'entre elles dans leur joyeux terroir de Jouy-le-Potier (ndrl : cette phrase est à prononcer sans arêtes dans la bouche, bien évidemment !!). Je reçus peu après cette signature. Il ne me restait plus qu' à entreprendre le dernier acte de vérification.
      Je pris un nouveau rendez-vous ce 25 février 2009, un Mercredi des Cendres, avec Bernard VDB à 18h 30. Armés de torches et d'un appareil photo, j'étais prêt, le coeur palpitant, pour cette confrontation. Tel un sacristain de nos jeunes années, il me sortit de derrière l'ancien autel, reléguée dans la pénombre de l'église, l'échelle providentielle. Le reste ne fut que formalité. Bernard fut le premier à y monter. Ayant vu dans mes papiers la copie de la signature, il confirma immédiatement que cela ne faisait aucun doute. C'était bel et bien un tableau de notre cher Paulo.


PICT9044.jpg

      Voulant voir de mes propres yeux, je grimpai à sa suite. C'était manifestement son coup de pinceau qu'il avait déposé en bas sur le côté droit. Tout à fait similaire à la copie envoyée de France. Et il avait fait suivre son nom du texte "d'après Rubens". Je redescendis de l'échelle mais comme pour m'assurer que cet instant était bel et bien une découverte, je remontai aussitôt non pour vérifier mais pour profiter de ces retrouvailles.


      Il ne me restait plus qu'à finaliser le moment. Prendre quelques photos pour me permettre d'en faire partager, à travers mon blog, tous les lecteurs et particulièrement les descendants de Paul PARFONRY, l'artiste peintre. Lui, l'artiste détaillant le portrait des intérieurs opulents de Paris, aurait été impressionné par le génie de RUBENS.

      Aurait - il pu la peindre pour orner la nouvelle église de Spy, consacrée en 1901 où s'agit -il d'une oeuvre de jeunesse, comme le laisse entendre la petite notice au bas de cette toile ? Par conséquent, peinte bien avant 1900 contrairement à ce que ferait croire le texte. Dans cette dernière éventualité, le tableau aurait pu déjà décorer l'ancienne église abattue. Il est vraisemblable que cette toile, photographiée en 1968 pour s'inscrire dans la banque de données de l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique de Belgique), se trouvait présentée à ce moment dans l'église. La décision de supprimer les éléments matériels les plus visibles (autel, chaire de vérité,..) a du sonner le glas des quelques tableaux accolés aux murs de l'église. Et la peinture de Paul reste le dernier vestige ou maillon de ce chapitre dans l'église.

      D'autres questions restent bien réelles. Que fait cette peinture religieuse à Spy ? Y a t-il un lien avec le marbre noir de Mazy qu'utilisait probablement son père pour réaliser les pièces de cheminées en marbre dans les hôtels particuliers de Paris ?  Comment y est - elle arrivée ? Quels liens avaient encore Paul avec la Belgique ? A t-il peint d'autres toiles de ce type ?

      Ou se trouve l'original de P.P. RUBENS ? Tout simplement en Belgique, à l'Eglise Saint-Martin d'Alost (Aalst). Sous l'appellation  d' " Autel de Saint Roch", daté entre 1623 et 1626. Et en visionnant le descriptif de ce tableau, on y découvre que l'on peut le comparer avec la toile intitulée " Le Miracle des Ardents", le tableau le plus connu de Gabriel-François DOYEN, daté de 1767. Cette peinture se trouve à l'Eglise Saint Roch à Paris. Le sujet dans ce cas est Sainte Geneviève et non Saint Roch. Rien de bien particulier, si ce n'est que l'une des esquisses de cette dernière se trouve au Musée Carnavalet. Une nouvelle fois, on retombe sur ce singulier musée parisien avec qui François-Xavier et Paul PARFONRY ont eu des rapports privilégiés. Un nouvel indice pour me conforter de la nécessité d'entrer en contact avec le Conservateur de ce musée.

      Sur le site suivant, on peut retrouver la peinture (n°719), dans la base de données de l'IRPA. Ayant confirmé l'information de ma découverte, le prénom de Paul  fut ajouté à la fiche descriptive.

http://www.kikirpa.be/www2/cgi-bin/wwwopac.exe?LANGUAGE=2&FLD1=vv&VAL1=RUBENS,%20Peter%20Paul&TRC1=off&DATABASE=object&LIMIT=50&STARTFROM=701 ;

       Désormais, le circuit initiatique des PARFONRY qui se limitait jusqu'à ce jour aux villages de Neerheylissem, Gobertange et Beauvechain au sein de ce Brabant wallon de l'Est, de cette Hesbaye brabançonne, passera également par le village de Spy, situé le long de la vallée de l'Orneau, affluent de la rive gauche de la Sambre, en amont de Namur.

      Ce village sera désormais connu non seulement par sa grotte de l'homme de Spy, mais aussi par cette peinture marquée par un lien de sang beaucoup plus récent.

      Bernard, surveille bien notre patrimoine. Tu auras très certainement l'occasion d'organiser des visites groupées de ces PARFONRY venant contempler la toile de leur Paulo.

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