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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:56

     Au fur et à mesure de nos recherches, la liste des lieux-dits portant notre patronyme s'est quelque peu étayée. D'identifications en découvertes sur le terrain, on aurait pu croire que l'on était arrivé à circonscrire l'ensemble des endroits qui avaient conservé notre nom dans le paysage. 

     Un récent séjour dans la belle région des Lacs de l'Eau d'Heure devait contredire cette assurance. Tel le scout qui est resté en moi, la connaissance des lieux ne pouvait se faire sans consulter la carte IGN au 1: 25 000, celle qui fait apparaître le moindre sentier, la moindre courbe de niveau pour préparer un itinéraire en fonction du moyen de transport retenu. Ce type de carte a le mérite également de faire revivre l'histoire et la géographie des lieux en mentionnant non seulement le nom du simple hameau mais également celui des terres cultivées, des bois, des ruisselets. Pour exemple, rien qu'à proximité de notre gîte, il y est recensé la ferme de Bethléem, les terres de Nazareth et du Vieux Calvaire. Appellations de nature religieuse dont l'explication viendra de notre hôte. Sous l'Ancien Régime, l'endroit dépendait de l'Abbaye de Walcourt, situé quelques km plus au Nord. Les bonnes soeurs, sans doute conquises par l'abondance des récoltes, y virent un signal  divin pour dénommer les lieux.

     La consultation de la carte allait faire apparaître une dénomination qui faisait vibrer une nouvelle fois nos sens. Là, devant notre regard, dans le prolongement de cette petite route de campagne, on pouvait lire Perfond ry1. Un terme qui ne pouvait nous laisser indifférent. Un lieu qui s'ajoutait à la liste de ceux déjà recensés. Restait à en approfondir son existence.

     Une visite des lieux s'imposait. Au bord de la N 40, entre Philippeville et Beaumont, à proximité du village de Daussois, le site est occupé par une prairie en pente. Au bas, on identifie un filet d'eau dans lequel viennent s'abreuver de temps en temps les quelques vaches rencontrées. Filet d'eau sans nom qui se jette dans le Rau de Dessous la Ville, natif du village de Daussois, lequel poursuit son chemin, via L'Eau d'Heure, jusqu'au lac de même nom. 

    La toponymie du lieu est en cohérence avec d'autres situations rencontrées. La pente et le filet d'eau en son extrémité sont des constances déjà éprouvées. On y associe directement l'explication transcrite par la dialectologie. Par le fond du ruisseau en est bien la transcription. Avec dans ce cas précis, une modification de voyelle résultant probablement d'une erreur de transcription. Restait toutefois à en confirmer le lien géographique et l'étymologie.

    Sans difficulté, la carte FERRARIS de 1777 intégrera ce lieu sur le territoire de la Principauté de Liège. Malgré ses frontières découpées et la présence de terres voisines dépendantes du Comté de Hainaut (Froidchapelle), du comté de Namur (Walcourt), voire des enclaves françaises de Senzeille et de Barbençon, le lien géographique de ce toponyme était bien confirmé2.

    Quant à l'étymologie, l'interprétation pourrait découler de l'existence d'une ancienne exploitation de fer dans ce même village de Daussois. Une mine de fer a bien existé comme il nous en sera confirmé par notre hôte3. Comme pour étayer notre hypothèse, énoncée à diverses reprises, d'une appellation très ancienne, liée à l'exploitation de ce minerai, et ayant conduit à une association des termes fond et ry , lesquels une fois unis ont donné le mot Fonderie.

   La découverte de ce jour sert, ni plus ni moins, qu à valider nos découvertes antérieures. Le lien déjà avéré de notre toponyme avec la Principauté de Liège est une nouvelle fois confirmé. Il rejoint la liste d'une série de lieux qui avaient déjà servi à l'affirmer. Quant à l'association avec le terme Fonderie qui pourrait s'avérer plus ancienne que celle liée à l'histoire de la Principauté de Liège4, la proximité d'anciennes mines de fer ne vient en rien contredire cette hypothèse.

 

1 Prononcer avec le d ;

2 Le nombre d'endroits mentionnant le terme Barrière dans la région (Barrière des sept ânes, Barrière Torlet, Barrière Marcel,  Barrière Descartes, Cabane La Barrière) est manifestement la résultante de ce découpage de l'Ancien régime ;

3 Deux lieux aux abords du village de Daussois font référence à l'existence de ce minerai : Battefer et  Al Croix de fer ;

4 Territoire issu du Saint Empire romain germanique, créé par l'évêque NOTGER en 985, et resté indépendant jusque l'annexion française en 1795 ;

   

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches
Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:45

    Un inventaire effectué précédemment (voir article : Ou il est question de lieux-dits) avait répertorié la liste des lieux portant notre patronyme. Assez exhaustif, sans être certain d'être complet, il abordait également la similitude que l'on pouvait y voir avec le toponyme se référant à la géographie du "val " .  

     Les approches successives, documentées principalement par des visites de certains de ces lieux-dits, vont nous faire comprendre progressivement que le rapprochement entre les deux termes n'autorise pas d'en faire un lien. La formation étymologique des Parfondval n'est en rien semblable à celle des Parfondry.  Il en est de même pour leur diversité dans la diffusion du patronyme et dans leur esprit de créativité. 

    Pour l'attester, nous nous basons sur un simple listing des endroits ayant préféré se caractériser par l'adjonction du suffixe val.

    Au niveau des villages, Parfondeval est recensé à cinq reprises en France :

-  dans l'Aisnes (02360), comme étant l'un des plus beaux villages de France; un château de Parfondeval y a existé, rasé en 1802 ;

- dans l'Orne (61400), dans le Parc naturel régional du Perche ;

- en tant que hameau de la commune de Londinières (76660) en Seine maritime

- en tant que hameau de la commune de Laboissière-en-Thelle (60570) dans l'Oise  ;

- en tant que hameau de la commune de Montreuil-sur-Thérain (60134) dans l'Oise ;

    Seule extension extraterritoriale avérée, un certain BOUCHER, un habitant de cette commune de l'Orne, a migré au Canada pour y fonder la ville de Boucherville (Prov. du Québec). Et pour rester dans la postérité, une rue de Parfondeval existe à cet endroit. 

      Au niveau des sites, une valleusec.à d. une dépression de terrain donnant un accès à la mer, est dénommée Parfondval, près de Criel-sur-Mer (76910), entre Dieppe et Le Tréport, en Seine - Maritime. Elle est considérée comme le plus charmant endroit pour apprécier les magnifiques falaises de la Côte d'Albâtre. Un château de Parfondeval a existé non loin à Londinières (76660) dans lequel y a habité un seigneur de Banastre de Parfondeval. Le domaine est toujours visible de nos jours. A l'autre extrémité, une gorge Parfondval, ayant servi pour alimenter l'aqueduc romain approvisionnant la ville de Metz, est localisée dans la commune de Gorze (57680) en Moselle.

     Pour la Belgique, une seule mention est citée au niveau des cartes avec le hameau de Parfonvaux dans la commune de Blégny (4671), près de Liège, auquel est adjoint une rue du même nom.

     Quant au patronyme, il semble que ce nom se soit limité au département de l'Aisnes. Les dernières lignées, recensées dans les arbres généalogiques, le situe dans les communes voisines de Montignies-sur-Crécy et de Monceau-le-Neuf-et-Faucouzy (02270). La dernière personne Marie-Catherine PARFONDEVAL, née en 1756, y est décédée en 1829. Ce qui pourrait indiquer qu'une origine belge de ce patronyme n'est en rien affirmée. Il ne serait plus présent de nos jours, ni en Belgique, ni en France.

    Sur le plan des médailles, le bilan est apparemment tout aussi faible. Pas de Légion d'honneur, ni de médaille de l'ordre de Léopold attribuées alors que chacune des composantes de notre patronyme, que ce soit Parfonry, Parfondry, Parfouru et même de Parfourru et Bordes-Parfondry, en ont été bénéficiaires.

      En définitive, pas de quoi pavoiser pour se comparer à notre patronyme. Manifestement, le nom n'a pas essaimé, se contentant de quelques endroits, restant probablement à l'abri au fond de sa vallée. Pour le dire de manière plus humoristique, un Parfondval est beaucoup plus casanier qu'un Parfondry.

     Par contre, si on relie les différents lieux-dits Parfondeval entre eux, on constate qu'ils suivent le même chemin que celui obtenu pour notre patronyme, comme s'ils avaient évolués au même rythme que ces vikings arrivés en Normandie avant de venir créer la pagaille à Laon et à Liège à la fin du IXème siècle. Il est attesté que certains se sont installés aussi bien dans la région de Laon que dans les environs de Liège (not. Montaigu), en échange d'une conversion au christianisme.

    Ce qui est nouveau dans l'analyse de toutes ces données, c'est que ce terme de Parfondval (toponyme et patronyme) serait plus volontiers originaire de France et non de Belgique. Et donc, dans ce cas, pourrait remonter à une période plus ancienne que la fin du Moyen-âge, période où le toponyme de Parfondry nous est apparu dans les textes dans la région de  Liège en Belgique. La plus ancienne mention de Parfondeval remonte à l'année 11641.

       L'autre hypothèse, déjà envisagée, et pour laquelle nous avons une préférence, ferait remonter ces toponymes à la période romaine, sauf probablement celui de Parfouru, un peu différent suite à une influence plus que probable d'un parler local. 

      Parfondeval serait simplement la contraction de Fundus et vallum, prise ici dans le sens premier de vallée profonde, tandis que Parfondry (de Fundus et rivus) ne se limiterait pas simplement à caractériser un lieu descendant vers une rivière. Il aurait, dans certaines situations, une connotation plus spécifique, liée à un usage économique. L'emploi de Fundus et rivus voulant signifier dans ce cas une terre produisant des ressources dans une partie basse humide. Le préfixe Par serait, quant à lui, relié à Parricus, signifiant Terrain défriché souvent enclos2

    Sauf intervention d'un expert attitré en matière d'étymologie et de dialectologie, on s'en tiendra, une fois pour toute, à ces explications pour apprécier  des origines de ces toponymes. Toutefois, l'homogénéité des lieux, par rapport à cette progression des vikings, est suffisamment interpellante pour qu'on prenne  conscience qu'il doit bien exister une explication. La nature calcaire des sols des régions traversées par ces lignes (Pays de Cau, Nord du Bassin parisien, Champagne, Calestienne) pourrait être un début d'une autre interprétation. Il ne faut pas croire au hasard qui n'est en fait que le résultat de la concordance de rencontres antérieures (voir article : Il était une fois la canne à sucre). Notre seuil d'incompétence ne pourra cependant trouver de réponses scientifiques sur ce point.

 

1  Attestation de propriété de la grange de Parfondeval à l'abbaye de Froidmont, située dans l'Oise (bulle du pape Alexandre III) ;

2 Ce paragraphe se positionne sur base d'interprétations toutes personnelles ; il n'est en rien basé sur une littérature existante, not. les livres d' A. Carnoy, de J. Germain et J. Herbillon, et celui de J.J. Jespers, qui n'apportent aucun élément appréciable d'explication, restant assez vague sur le sujet ;

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 00:49

   La généalogie c'est finalement l'histoire de la remontée du temps. Et pour remonter ce temps, la mémoire fait nécessairement défaut au-delà d'un certain nombre d'années. Pour contrer cela, il nous reste les archives, les écrits d'un autre temps. Pour quelqu'un comme votre fieldmouse qui n'est pas assoiffé de vieux papiers, de rangées pléthoriques de livres, de textes indéchiffrables, de classements à la numérotation impersonnelle, de dédales de couloirs à choix multiples, de silences de cathédrales, la numérisation accélérée de ces documents,  au cours de ces dernières années, a rendu un fier appui à tous ceux qui perdent patience à appliquer une marche à suivre chronométrée. Pour en arriver à attester que le taux des découvertes, assis sur la chaise de Léon1, atteint le chiffre de 90 %.  Les 10 % restant étant répartis entre les visites extérieures dans les villages (Neerheylissem, Gobertange, Erezée, Parfondruy, Parfouru), les villes (Paris, Créteil) et les archives (Palais royal, Bruxelles, Louvain-la-Neuve). Confortable et rentable à la fois d'avancer dans un tel environnement. Pas besoin d'abonnements à la SNCB et aux Archives du Royaume, tout devient quasiment à portée de main.

   Et le résultat le plus tangible de cette remontée du temps est d'avoir pu réaliser un inventaire des textes et surtout d'en avoir pu retrouver l'apparition la plus lointaine. Inventaire sans doute incomplet mais qui donne désormais la possibilité de réaliser une étude chronologique sur son parcours

     On abordera dans cet article les trois dates capitales permettant d'établir des repères assez précis, quant à la liaison entre le patronyme, le toponyme et notre lignée.

A. Le jour où tout a commencé pour notre patronyme : 7 décembre 1261

Le texte qui suit2 fait référence à une transmission de terre à Nandrin. Un certain Jean de Parfondrive y est mentionné parmi les témoins. Contrairement à ceux qui sont cités avant lui, il ne possède aucun titre. On peut malgré tout émettre la supposition que c'est le même personnage que Johan de Parfondry, lequel apparaîtra comme chevalier dans un autre texte de 1272 faisant également mention de l'abbaye du Val-St-Lambert et du seigneur de Ramet. Ce chevalier est issu d'une lignée portant les titres seigneuriaux de Locreau, de Lexhy et de Dammartin. Ce changement de nom tend à démontrer qu'il a pris possession d'une nouvelle terre, située en rive droite de la Meuse entre Hermalle-sous-Huy et Clermont-sous-Huy, soit à proximité de la localité de Nandrin, citée dans le document. Un dernier point concordant résulte dans son mariage avec une fille du seigneur de Ramet dont le nom est cité également parmi les témoins.

Walthère, doyen du Conseil d’Ouffet, fait savoir que Richard de la Neuville qui tenait en fief de l’évêque de Liège des terres situées à Nandrin, savoir : sept journaux et vingt-cinq verges à Gerarvoie, sept journaux et trente-cinq verges à Saint-Jean-Sart (dépendant d’Outrelouxhe) et neuf bonniers, moins septante verges et demies petites à Tortecosse, a remis ces biens-fonds aux mains de l’évêque, lequel les a rendus à Henri, fils du susdit Rigald et de feue Christine. Henri, après avoir fait relief des mêmes biens devant les hommes féodaux de l’évêque, ci-après désignés, les a remis aussi en mains à celui-ci qui les a transportés au susdit Rigald, lequel les a donnés en lansage au monastère du Val-Saint-Lambert. Ce lansage, que les présentes renouvellent, a eu lieu le 7 déc. 1261.

Hommes féodaux de l’évêque : Jacques de Clermont et Walthère del Wege, chevaliers, Adam dele Ramet, bourgeois et échevin de Liège, Jean (Hanekin) de Parfondrive et Conrad de Nandrin.

Différents termes sont utilisés dans ce texte.

Bonniers, journaux et verges sont des mesures de surface dont les grandeurs variaient en fonction des villes; 

Faire relief : accepter en héritage après en avoir payé les frais ;

Lansage : terme juridique spécifique au pays de Liège qui était une mécanique mise en oeuvre pour lutter contre la déperdition de terres et de revenus. Le nouveau propriétaire du bien rend au vendeur la jouissance du bien vendu contre le paiement annuel et perpétuel d'une redevance, en fait une sorte de bail à rente au tenancier, ancien propriétaire;

Monastère du Val-St-Lambert : il s'agit de l'abbaye cistercienne de Val-St-Lambert, construite en 1202, près de Seraing ; le développement de houillères dans la région liégeoise à partir du XIIème siècle n'est probablement pas étranger à ce transfert de terres vers l'abbaye en pleine extansion ;

Jacques de Clermont : famille des comtes de Clermont occupant le château surplombant la Meuse et à l'origine, par donation de terres, de la fondation de l'abbaye du Val-St-Lambert ;

B. Le jour où tout a commencé pour notre toponyme : 1 juillet 1348

La première mention retrouvée de cette terre à Parfondry est assez tardive même si on peut penser qu'elle appartenait à la lignée des chevaliers depuis la fin du XIIIème siècle. Le premier chevalier Johan ainsi que son fils Jacques de Parfondry ont été enterrés dans la chapelle3. Il est raisonnable de penser que cet autre Johan de Parfondry est un membre de cette lignée des chevaliers. Son témoin Johan de Chantremel en est d'ailleurs un lointain cousin4. Ce terroir de 21 ha deviendra par la suite un hameau de Clermont. En 1841, on y comptait encore 3 habitations. Il a disparu de nos jours, englobé dans l'un des lotissements de la zone.

Sentence débitale touchant la dime de Parfondry, sous Clermont 5

Jean de Coir, abbé de Flône, revendiquait la dime sur le manoir, courte, assize et appendiche, que Johan de Parfondry possédait à Parfondry (Parfonriwe). Les parties, ne parvenant pas à s'entendre, choisirent deux arbitres : Williame de Coir, de Liège, chevalier, et Johan dit de Chantremel, écuyer. Les arbitres décidèrent que Johan de Parfondry devait la demi-dîme, dans son domaine de Parfondry, de tous biens, fruits et autres choses dont on a usage et coutume de payer la dîme au pays de Liège : mais l'abbé de Flône, pour noirir amour entre eux, le dispensa de cette obligation, sa vie durant.

L'an delle Nativiteit nostre Sangnour Jhesus Christ milh ccc et xlviii, le indiction prime, le premier jour del mois de julet 

C. Le jour où tout a commencé pour notre lignée : vers 1755

Le texte suivant6 relate l'arrestation de celui qui a entraîné la modification du mode de fonctionnement de la Justice. Les autorités autrichiennes installées en Belgique, réagirent assez sévèrement en condamnant le Prévot, fonction relevant encore du Moyen-âge. L'année de son arrestation diffère selon les textes retrouvés, oscillant entre 1752 et 1758. Quant à la St-Jean, on a le choix entre le 24 juin (St Jean-Baptiste) et le 27 décembre (St Jean l'Apôtre). Avec une préférence pour la première date, mieux identifiée en milieu rural du fait de sa proximité avec les fêtes du solstice d'été. Ce qui semble également assuré c'est que cet ancêtre était arrivé à Neerheylissem, en provenance de la Principauté de Liège, dans la vague de migrations qui avait suivi le Traité d'Utrecht de 1713 et l'arrivée des autrichiens dans les Pays-Bas méridionaux (Belgique et Luxembourg actuel sauf Principautés de Liège, de Stavelot-Malmédy).

La veille de la St. Jean 175., il fit saisir, sur le cimetière de l'église de Bas-Heylissem, par son lieutenant, accompagné de plusieurs archers, Jean-Pierre Parfondry. Il le représentait comme vagabond, homme sans aveu et complice dans plusieurs vols qualifiés, attribués à un certain Boulois dit Birwar. Parfondry cependant était innocent et, sur la demande de son frère, la cour d'Heylissem avait attesté qu'il était habitant de ce village, et que sa conduite avait toujours été celle d'un homme de probité. Le prévôt général n'en persista pas moins dans son accusation et voulut l'envoyer au gibet aussi bien que Birwar, réellement convaincu de vol. Il allait peut-être subir ce supplice infamant, quand sur un rapport, le gouverneur général7 par décret du 5 janvier 1759, ordonna son élargissement et lui permit d'agir contre le prévôt général….

 

      Ce bref résumé historique, limité à trois dates fondamentales (1261 - 1348 - vers 1755), permet de donner un aperçu assez précis de l'évolution de notre patronyme. Manifestement issu d'un lieu-dit, son apparition remonte au XIIIème siècle dans un endroit situé entre les localités d'Hermalle/s/Huy et de Clermont/s/Huy, en rive droite de la Meuse (actuellement commune d'Engis). Même s'il est indéniable que d'autres lieux-dits ont du être à la base d'autres lignées (not. le long de l'Amblève à Aywaille; le long de l'Aisnes près d'Erezée), la relative proximité géographique entre Hermalle-sous-Huy et Neerheylissem, l'abondance de migrants du pays de Liège vers Neerheylissem au XVIIIème siècle, l'existence d'une présence nombreuse de ce patronyme à Trognée, en rive gauche de la Meuse, plaident pour favoriser cette liaison pour notre lignée. Une recherche par Via Michelin donne un trajet en ligne droite de 43 km entre Hermalle-sous-Huy et Neerheylissem, en passant par Trognée. Tout à fait plausible en quelques 500 années. Des traces et non des preuves, c'est ce qui est le plus utile pour rêver. Même si entretemps la particule s'est évaporée mais de cela j'en ai déjà fait débat dans plusieurs articles.

1 Il s'agit de Léon BERGER, mon oncle, chez qui j'ai repris, à son décès, sa chaise de bureau en bois acajou pourvue d'un accoudoir circulaire enserrant le bas du dos, en souvenir de mes années de travail estival dans son entreprise de négoce de grains et d' aliments pour bétail à Incourt ;

2 Inventaire analytique et chronologique des archives de l'abbaye de Val-St-Lambert, Archives de l'Etat à Liège, Ed. J. Desoer, 1875 ;

3 JALHEAU Charles-François (1791) : Le Miroir des Nobles de Hesbaye, Nouvelle édition augmentée, Impr. J.F. Bassompière, Liège, p. 22-23 ;

4 Jacques de HEMRICOURT : Le Miroir des Nobles de Hesbaye (écrit entre 1353 et  1398) ;

5 Chanoines BENSENS et BARBIER (1893) : Analectes pour servir à l'histoire écclésiastique de la Belgique, 2ème série, T. VIII, Ch. Peeters, Louvain, p. 433 ;

6 Anales de l'Académie d'archéologie de Belgique, XXXIII, 3è série, Tome III, Anvers, Typographie J. PLASKY, 1876, p. 154 ;

7 A savoir Charles de Lorraine ;

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 08:23

     Nouvel endroit bien insolite pour notre patronyme. Pas vraiment ce qu'on pouvait entrevoir depuis que nos recherches l'avaient plus volontiers localisé dans des bas-fonds ou sur des cours d'eau dans des zones boisées. Dans le cadre des endroits recensant ce nom, une phrase avait cependant été repérée depuis plusieurs années. Parmi les différents lieux et sites cités, on y trouvait mention d'une fosse de charbonnage Parfondry. Voici l'extrait qui s'y rapporte :

Fosse de charbonnage au nom de Parfondry aurait existé, à gauche du chemin reliant Châtelet à Pont-de-Loup en 1791, entre la piedsente du chemin allant au faubourg de Châtelet et la grande prée, près de la chapelle de Saint-Clet.

(N.B. : prée = prairie ; piedsente = sentier pour piétons)

    Les deux localités mentionnées, à savoir Châtelet et Pont-de-Loup, se situent le long de la Sambre, en rive droite, entre Charleroi et Sambreville. Et comme une nouvelle preuve à l'édifice, ces deux localités faisaient parties d'une extension du territoire de la Principauté de Liège, confirmant le lien avéré entre notre patronyme, l'histoire et la géographie. Par ailleurs, un détour par cette Tour Romane de Pont-de-Loup1, entourée de ces tombes de mineurs, est un témoignage assez unique de  l'importance de cette activité  industrielle dans le secteur.

      Si la chapelle Saint-Clet2 est bel et bien encore indiquée sur la carte FERRARIS de 1777, et non la fosse de charbonnage, son emplacement restait cependant une inconnue de nos jours. Une nouvelle enquête se profilait donc pour donner du corps à ces éléments ayant surnagé aux siècles.

      Plusieurs passages dans la localité de Pont-de-Loup n'avaient pas permis de la situer. Or cet indice était essentiel pour espérer mettre une localisation plus précise sur cette fosse de charbonnage. Et ce n'était pas la découverte de la potale de la rue de Stalingrad, à côté de cette rue Saint-Clet qui allait m'apporter une solution. Ni les inscriptions faisant référence à un certain Léopold GRENIER, ni la date de 1905 ne me donnaient d'indications sur ce que je cherchais2

       L'arrière-petit-fils de ce dernier, sortant en voiture de la maison attenante à la potale, m'expliqua que les indications avaient été effectuées en reconnaissance du fait que son arrière-grand-père Léopold avait survécu en 1905 à un grave accident qui lui avait écrasé les jambes.  A l'arrière de la maison, on trouve encore les vestiges d'un ancien terril3, témoignage d'une certaine activité minière dans le secteur. Manifestement la configuration des lieux commençait quelque peu à correspondre,  même si cette potale ne semblait pas ressembler par son architecture à la chapelle recherchée.

      Sur indication du conducteur, j'allais visionner le site http://www.vieux-chatelet.be (Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet). En le parcourant (charbonnages ----->Carabinier ----> Puits n°1), on y trouve un aperçu historique sur les concessions accordées à plusieurs sociétés de charbonnage. On y découvre en particulier la présence de la Compagnie de Pont-de-Loup Sud avec " une concession remontant au 4 novembre 1773 accordée par Guillaume STAINIER de Pont-de-Loup pour le terrage des veines de houille située entre le bois du chapitre Saint Lambert et la ville de Châtelet "Ce renseignement venait en quelque sorte corroborer le texte initial en localisant bien la concession à la limite de Châtelet et Pont-de-Loup. 

       Poursuivant le fil de mon enquête, un contact fut pris avec André VANDENBROECK, le Président de la  Société Royale d'Histoire Le Vieux Châtelet. Qui m'envoya de facto les informations4 donnant de la consistance aux questionnements de mon enquête. 

- le Parfondry  (aussi appelé ruisseau de Saint-Clet) était un petit ruisseau au cours fort tortueux, entouré de terres portant le même nom et apparaissant pour la première fois en 1574 (sous le nom Parfonrieu), puis en 1585 (..... une terre a parfondry joindant de weve et de vent et de schorcevent a Jean Henry et de bize a François Watty et al voye cherial de Ponderloup a Chastelet .....5) , en 1657 (une pièce de terre dessus parfonry) et en 1725 (des terres de parfonry)6. Reportant ces indications sur la carte, le lieu-dit en question devait se situer entre la rue de la Limite et l'intersection des rues du Campinaire et des Lorrains, soit toujours sur Pont-de-Loup, à la limite Nord de la localité de Châtelet, correspondant au quartier Champ Saint-Clet de nos jours. Le ruisseau quant à lui configurait ce qu'est devenu plus tard la rue de la Limite.

- la fosse de charbonnage de Parfondry, comme c'était le plus souvent le cas jusqu'au XVIIIème siècle, était une veine de houille d'une dizaine de mètres de profondeur, exploitée de manière familiale7. Egalement appelée du nom de son propriétaire, la veine DOSQUET, elle sera reprise, comme de nombreuses autres veines dans le puits n° 1 de la Compagnie des Charbonnages de Pont-de-Loup Sud, au lieu-dit "champ de la machine", au dessus de Parfonry, entre les rues de la Limite et de la Blanchisserie.

- la Chapelle Saint-Clet  remonte à 1489. Située le long du ruisseau de Parfonry, elle était considérée comme borne entre Pont-de-Loup et Châtelet. Il ne reste aucun vestige de la chapelle, ni d'ailleurs du ruisseau.

      Parmi les trois puits recensés pour cette Compagnie de Pont-de-Loup Sud, le puits n° 1 nous intéresse plus spécialement. Situé rue Auguste Scohy, il disposait " de trois étages d'extraction (-137 m, -183 m et -291 m) et d'un chemin de fer de type "Decauville" le reliant au puits n°2, situé rue du Campinaire.  Abandonné dès 1880, il fut aménagé pour recevoir des écuries hébergeant les chevaux de mines, les réserves d'avoine et un petit atelier équipé d'une forge "La petite fosse individuelle et familiale qui existait encore en 1791 s'était profondément modifiée au passage de l'ère industrielle. 

      La proximité de La Sambre, affluent de la Meuse, la déclivité de la rue et la localisation de prairies à proximité, laisse croire à un même environnement que celui décrit récemment dans la localité de Moignelée et situé non loin de là en aval de la rivière (voir article : Le Fond des Rys à Moignelée). Le nom de cette fosse, qui a donc bel et bien existé, est en lien direct avec son environnement géographique. Il ne reste rien de nos jours pour trouver trace de cette rivière, de cette terre et de cette fosse de charbonnage. Les surfaces commerciales et les lotissements qui s'y sont implantés ont modifié fortement le terroir initial. Du niveau familial d'extraction à celui du puits n°1 sur trois étages d'extraction, on peut aisément appréhender l'évolution industrielle du lieu. En parcourant la rue de la Limite, affectée d'une déclivité certaine et délimitée par des talus, on doit imaginer ce que devait être l'espace il y a de cela 250 années. Le caractère tortueux de la rivière y est encore apparent de nos jours. Si son abandon depuis 1880 n'a pas laissé de traces dans le paysage, le nouveau nom donné à l'endroit, "le champ de la machine",  offre cependant une possibilité de résilience dans les mémoires. Une nouvelle foi, les réponses m'ont été apportées par des historiens qui se passionnent pour l'histoire locale.

      La configuration de ce dernier lieu présente les mêmes similitudes au niveau de l'environnement que ceux déjà détaillés dans des précédents articles (voir articles : Le Fond des Rys à Moignelée, Un petit détour par Parfouru-sur-Odon, Une virée automnale à Parfondruy, ........). Attestant assurément d'une définition plus élaborée que celle donnée à notre patronyme dans les dictionnaires détaillant les noms de lieux. Se limitant dans ce cas à Ruisseau profond,  il est plus évident de s'en référer, au vu de la réalité, à un nom de domaine, à un site, à une terre pouvant être considérée comme moyen de production. La référence à  Près du ruisseau à forte pente  par laquelle on englobe les terres attenantes à une rivière à forte déclivité semble plus appropriée. 

      

1 La Tour Romane à Pont-de-Loup est un vestige de l'ancienne église paroissiale Saint-Clet qui dépendait de la cathédrale Saint-Lambert à Liège ;

2 Saint Clet fut le troisième pape après Saint Pierre et Saint Lin ; aucun lien évidemment avec l'expression populaire bruxelloise : Quel klette, ce pei !

3 Ce terril est toujours mentionné sur la carte IGM 1:20 000 Tamines (47/5) de 1948 ;

4 Les renseignements collectés ci-dessous sont issus de différentes sources :

- Jean-Luc FAUCONNIER : Toponymie de Châtelet, Annuaire Vieux Châtelet ; - Marie-Claire LEBOUTTE : Mémoire de fin de Licence, 1970, Toponymie de la commune de Pont-de-Loup ; - Richard et André VANDENBROECK : Dépouillement des archives anciennes de Châtelet, concernant Pont-de-Loup ;- Alex SIMON : Châtelet, ville d'eaux, Annuaire Vieux Châtelet ;

5 Weve = Est ; Vent = Sud ; Schorcevent = Ouest ; Bize = Nord ;

6 Toutes ces dates sont postérieures à l'apparition la plus ancienne de ce nom (voir articles : Le site du lieu de Parfondry a bien existé ; La terre de Parfondry a bien existé ) ;

7 Ces veines de houille étaient appelées " Cayat " et leur exploitant " Parchonnier " ;

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 23:47

    Par un concours de circonstances, traversant la localité de Sambreville entre les entités de Moignelée et de Tamines, mon regard s'est arrêté sur une plaque de rue sur laquelle était mentionné le libellé FOND des RYS.  De quoi attirer ma curiosité évidemment. Cet élément ne faisait pas encore partie du référentiel des lieux en rapport avec notre patronyme (voir article : Ou il est question de lieux-dits). En mal d'articles, il est vrai, depuis quelques temps quant à de nouvelles informations en lien avec les aspects "toponymie et géologie " sur ce blog, l'occasion me semblait opportune de voir ce qui pouvait se dévoiler derrière ce nom de rue.

    Sans grande particularité sur le plan des logements, les seuls éléments qui la caractérisent sont sa déclivité moyenne de l'ordre de 7% et le fait qu'elle se termine en cul de sac. D'une longueur approximative de 300 m, la limite de l'asphalte se prolonge par une bande de terre boisée de quelques 15 m de largeur, parallèle à la Sambre et à son chemin de halage, affluent de la Meuse. 

   Rien de visuel ne laisse apparaître de l'existence actuelle d'un quelconque ry (ruisseau) comme le laisserait croire son appelation. L'observation et l'interprétation des lieux doivent suppléer ce qui doit sans doute être une transformation de paysage à la suite d'une modification du tracé de la rivière dans ce quartier des Bachères, mot dérivant du terme Pas Chère

   Dans la partie inférieure de la rue, la pente s'atténue pour laisser la place à une surface plane sur laquelle se sont installés des arbustes de manière quasi naturelle.  Avant la canalisation de la Sambre, terminée en 1830, de nombreuses zones humides ou inondables bordaient cette rivière. Les travaux, réalisés pendant la période hollandaise (1815-1830), ont assuré un drainage de ces terres et un aménagement des berges. L'existence à cet endroit de deux anciens méandres de la rivière1, comme il en existait dans de nombreux sites, a permis la création de bras isolés, sorte de petit lac entourant un bas-fond humide2, recueillant non seulement les eaux de pluie mais aussi l'eau des quelques sources qui émergeaient sur la pente3. L'emplacement actuel se prête manifestement à une telle configuration ancienne, apportant l'explication de la dénomination de ce quartier. Ceci est confirmé par le Grand Atlas FERRARIS de 1777 qui y fait état de prairies humides drainées et de pâturages. On peut imaginer qu'un sentier menait à l'origine vers ce bas-fond alimenté par de petites sources et ayant donné l'appelation de Fond des Rys, dénomination qui aura été reprise lors de la construction de la route, y évitant d'y adjoindre la notion de rue puisque se référant directement au lieu situé en contre-bas, en bordure de la rivière.

     Le plus significatif est sa localisation ancienne dans une enclave de la Principauté de Liège. Encerclé par les terres du Comté de Namur mais aussi par une petite bande de terre rattachée au duché de Brabant (Abbaye d'Oignies), ce territoire, sous l'Ancien Régime, était totalement isolé que ce soit de son lieu de gouvernance à Liège que des terres de la Thudinie relevant de l'abbaye d'Aulnes. On y retrouve aussi une  forte similitude avec la terre Parfondry, entre Huy et Liège, qui est probablement à l'origine de notre patronyme (voir article : Le site du lieu Parfondry a bien existé). Ce dernier lieu4 offre les mêmes configurations de par sa topographie en pente, sa localisation en bordure de la Meuse et l'existence toujours actuelle d'une bande de terre boisée. Une similitude cependant qui ne peut être expliquée ici par une utilisation à caractère économique, comme ce fut le cas dans le territoire à proximité de Liège (voir article : La reconversion économique des Chevaliers). On se trouve plus volontiers dans une dénomination initiale du terme Fond, ayant pour origine le latin médiéval Fundreda, signifiant Fondrière5, et caractérisant les parties basses des terrains marécageux.  Et non avec le terme Fundus qui s'appliquerait plus volontiers au sol d'une terre considéré comme moyen de production6. L'absence de la mention de la préposition PAR signifie qu'il n'y a aucune notion de déplacement impliquée, telle une rivière, seulement une identification d'un lieu-dit.

      Ce Fond des Rys, situé à l'extrémité de ce quartier des Bachères dans la localité de Moignelée, se retrouve quelque peu isolé de nos jours. Il est pratiquement entouré de bosquets, contrairement au quartier en aval loti sur la quasi totalité. Même si Moignelée constituait une commune à part entière jusqu'en 1977, intégrée désormais comme Tamines à la nouvelle commune de Sambreville, une contrainte urbanistique majeure pouvant découler de la nature marécageuse des sols peut donner l'explication de l'appelation donnée à ce quartier.

    De par sa situation historique en territoire de la Principauté de Liège et sa localisation géographique dans un endroit humide en bas de pente, il est indéniable que ce dernier lieu s'intégre dans la liste des lieux-dits recensés autour de notre patronyme. Même si on doit bien reconnaître que le terme Fond des rys ne découle pas nécessairement d'une seule et même explication pour l'ensemble des appelations.

1 Carte IGN Bruxelles 1948, Tamines (47/5) ;

2 Ces bras de la Sambre isolés sont dénommés "Vieille Sambre" dans la région ;

3 L'emplacement de ces anciens méandres constituent toujours de nos jours la limite géographique entre les communes de Sambreville et d'Aiseau-Presles ; Aucune régularisation de tracè n'a été effectuée après le percement d'un nouveau chenal supprimant ces méandres ;

4 Lieu sur lequel s'est construit un lotissement dénommé Cité des Rys ;

5 FAVRE Léopold (1883-1887) : Glossarium mediae et infinae latinitatis, éd.augmentée, Niort ;

6 Définition du Larousse ;

Inscription à l'entrée du Fond des Rys

Inscription à l'entrée du Fond des Rys

Vues des sections supérieure et inférieure du Fond des Rys
Vues des sections supérieure et inférieure du Fond des Rys

Vues des sections supérieure et inférieure du Fond des Rys

Vue d'ensemble sur la Sambre canalisée et le chemin de halage derrière le petit bois situé dans la prolongation du Fond des Rys

Vue d'ensemble sur la Sambre canalisée et le chemin de halage derrière le petit bois situé dans la prolongation du Fond des Rys

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:30

       A plusieurs reprises, il s'est avéré qu'une déformation d'écriture retardait la découverte d'une information utile, sinon précieuse, pour alimenter les données de ce blog.

    Un exemple inverse est aussi envisageable. Une simple transcription erronée d'un nom peut être interprétée comme une simple erreur d'écriture et faire croire à une découverte intéressante. C'est ce qui est aurait pu se passer avec l'extrait de texte qui suit.

Bulletin des Commissions Royales d'art et d'archéologie, 49ème année, 11 et 12, Imp. Hayez, Bruxelles, 1910

p. 325 et 326 : Nous avons eu à examiner les projets de restauration ou de réparation aux églises de :

                                         Noville-les-Bois (jubé)

                                         Graide (tour)

                                         Corroy-le-Château (jubé)

                                         Auvelais (clôture extérieure)

                                         Hemptinne (sacristie)

                                         Couvin (sacristie)

                                         Mettet (églises de Devant-le-Bois et Parfoury )

Tous ces projets répondaient à des nécessités spéciales et leur exécution ne devait en rien modifier le caractère de ces églises

     Il est question dans cet extrait du Rapport ordinaire pour l'année 1910, effectué par la Commission Royale des Monuments de la Province de Namur. Dans la liste des églises répertoriées, il est ainsi repris celle de Parfoury. On aurait évidemment pu croire à un nouveau site lié à ce toponyme. Pour en avoir la vérification, on s'est efforçé de le repérer et de l'identifier à partir de cartes IGN. Par chance, la commune de Mettet, auquel serait rattaché le site de Parfoury, est située non loin sur le plan géographique. Sans devoir se déplacer, il en est découlé rapidement que l'on ne pouvait faire référence qu'au hameau de Pontaury, situé entre Mettet et Devant-les-Bois.

      L'erreur d'écriture était à ce niveau assez importante. La question était donc de vérifier si ce lieu avait porté un autre nom antérieurement. L'utilisation de l' Atlas FERRARIS de 1777 confirmait bien que le lieu se dénommait déjà Pontaury à cette époque. Et l'existence d'un pont sur un petit ruisseau (Ry), passant par là, serait bien à l'origine du  nom. Il y avait manifestement eu une transcripton erronée du nom du lieu. L'auteur du rapport a du confondre probablement avec un autre lieu dont il avait connaissance.

     Ce qui, nous en convenons, nous rassure en ne modifiant pas la répartition globale du lien de notre topoyme avec la région naturelle de La Calestienne. L'hypothèse d'une étymologie similaire avec le mot Fonderie reste d'actualité.  Avec malgré tout, l'assurance, que le lieu de Pontaury est bien situé sur les terres ancestrales de la Principauté de Liège, comme une logique pour attester que les sites se terminant par -ry sont bien liés à cet ensemble historique. C'est mieux comme celà..Oufti !!

     Pour la petite histoire, l'église de Pontaury a été construite en 1896. C'est apparemment le plafond qui dut être constaté défectueux en 1910, car mentionné déjà de "piètre qualité " dès le début de la construction. Ce plafond fut finalement entièrement rénové en 19471.

 

1 information trouvée sur le site d'Edmond Rouart de Pontaury ;

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 11:00

      L'inventaire et le repérage des lieux reprenant notre nom en tant que toponyme avaient été réalisés durant les premiers mois de notre travail de recherche. Cela avait ainsi permis d'effectuer une sorte de synthèse globale des lieux, des rivières, des sites, des villages qui étaient ou avaient été caractérisés par ce toponyme (voir article : Ou il est question de lieux-dits). Ce fut en quelque sorte la première étape avant d'aborder la question de l'origine géographique de ce nom.

    Depuis lors, aucune autre nouveauté n'ayant été découverte, il était raisonnable de penser que cette liste était définitive. C'était sans compter sur une apparition dans un document trouvé récemment, faisant état du nom de Parfonry, en Province de Namur. On en réfère à des actes administratifs établis en 1822, soit pendant la période hollandaise. Il y apparait à deux reprises, une première fois comme lieu-dit, une seconde fois comme ruisseau dans la même commune.

Code administratif de la Province de Namur, Impr. Dieudonné Gérard, Namur 1827

p. 334 : Chemin de Brémont à Decourt

Ce chemin est en assez bon état si ce n'est que dans le lieu dit le Tilleul le terrain est constamment humide, et qu' on ne pourra jamais y rendre les communications faciles si l'on n'y construit un empierrement régulier ; j' ai remarqué aussi qu'au lieu dit Parfonry il avait éte fait un empierrement considérable, le chemin qui doit y avoir 7 aunes de large d'après les titres, étant réduit ä 5 ; j'en ai averti l'autorité locale qui m' a promis de faire réprimer cet empiètement

p. 721 : Le bourgmestre de la commune de Brémont certifie qu'en exécution de l'ordonnance de la députation des états de la province de Namur en date du 5 janvier 1822, il a fait afficher pendant quatre mois, à compter du 10 du dit mois de janvier jusqu'au 10 mai suivant, la pétition du Sr Guillaume Dirard, tendante à obtenir la permission d'établir un haut fourneau à traiter le minerai de fer sur le ruisseau de Parfonry, territoire de Brémont

       Des indications retrouvées à différentes pages de ce volumineux document, ce lieu-dit et cette rivière de Parfonry se trouve dans le District de Dinant, plus précisément dans la commune de Brémont (incluant les hameaux de Decourt et Beauret). Cette commune de Brémont, traversée également par une autre rivière se dénommant la Bré, se trouve en outre attenante à celle de Dréville.

      De tous ces noms, seuls ceux de Dinant, ville en bordure de la Meuse, et surtout Braimont (anc. écriture Brémont), en rive droite, plus au sud, apparaissent de nos jours sur les cartes. Quant au ruisseau, on ne retrouve, dans cette même section de Braimont, incluse désormais dans la commune d'Hastière, que ceux dénommés : Rau de Jean Biévaux, Rau des Gotales et le Rau d'Heer  . Une vérification similaire effectuée sur le Grand Atlas FERRARIS de 1777 n'apporte aucun complément d'information. On y apprend toutefois que Braimont, à l'époque de l'Ancien régime, appartenant au Comté de Namur, était une zone frontalière importante, avec la France à l'ouest et au sud, la Principauté de Liège à l'est et le Duché de Luxembourg au sud-est.

     Il est probable que des changements d'affectation de sols et d'aménagement de territoire (e.a. nouveaux lotissements de bungalows de vacances) ont modifiés la cartographie de l'endroit en près de deux siècles. L'utilisation de cartes à plus petite échelle, voire une mémoire locale, pourrait éventuellement donner d'autres informations.

      Il n'y est pas exclus non plus que le site d'Heer-Agimont, en rive gauche, ancien territoire français1, entrecoupé de montagnes boisées, de bas-fonds et de plusieurs ruisseaux ne puissent aussi être inclus dans la recherche. 

     L'élément le plus important de ces textes consiste dans la mention d'un haut fourneau pour le traitement du fer, en bordure de la rivière Parfonry. Ceci nous fait immanquablement repenser à cette hypothèse, émise précédemment,  du lien entre le toponyme Parfondry et le mot Fonderie (voir article : Lien avec le mot "Fonderie "). Article très intéressant par ailleurs et qui refait donc surface suite à cette récente découverte. Sur le plan géographique, on se trouve pratiquement sur la bande étroite de la région naturelle et géologique de la Calestienne, qui rassemble la quasi totalité des sites portant notre toponyme. L'humidité du lieu accentue également la cohérence. On ne peut croire à une coïncidence.

 

1 Il existait de nombreuses enclaves de toutes origines, dont quelques unes françaises, sur le territoire des Pays-Bas autrichiens, lors de l'intégration à la France par Napoléon. Il les a supprimées toutes pour créer son découpage administratif basé sur les bassins fluviaux (Sambre-et-Meuse, Ourthe,...), faisant ainsi fi de toutes références de l'Ancien Régime. Evidemment, après la défaite de Waterloo en 1815, ces enclaves françaises n'ont pas été restituées et font désormais parties intégrantes de la Belgique;

 

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:36

        Un dernier séjour agréable à Nantes, pour aller découvrir la ville du Premier Ministre français, en particulier " Les Machines de l'île " (site officiel : http://www.lesmachines-nantes.fr/fr/actualit-s/), et la " Cour Cambronne ", m'a permis, sur le chemin du retour, de m'attarder dans l'un de ces lieux qui fleurent bon notre patronyme.

       Qui ne connait la chanson paillarde où l'on répète à volonté l'expression " de Nantes à Montaigu ". J'aurais pu, dans un élan de retour à mon parcours estudiantin à Gembloux, suivre cet itinéraire pour aller retrouver cette digue qui fut à l'origine de la chanson au Moyen âge. Il n'en a rien été, laissant mes souvenirs dans une autre vie et préférant un itinéraire " de Nantes à Parfouru ", affecté d'une certaine similitude de déclinaison.

    Qui n'a pas en remontant l'autoroute A84, celle qui parcourt le pays Normand, eut l'attention attirée par une sortie, entre Villedieu-les-Poëles et Caen, amenant la curiosité à sillonner de petites routes avant d'atteindre la commune de Parfouru-sur-Odon (14310), dans le département du Calvados. Avoir droit à un panneau de sortie d'autoroute à son nom, même s'il n'y habite que quelques 139 Parfourutins, nom donné aux habitants, n'est pas une chose anodine. Outre le fait de disposer d'une écriture qui rappelle la construction de notre patronyme, la diversion doit valoir la chandelle. De plus, cela correspondait avec le timing horaire de durée de conduite et de reconsolidation de nos circuits digestifs. Décision donc fut prise de nous rendre à :

  DSC 0915

    Ayant parqué la voiture à l'ombre au pied d'un calvaire, un parcours pédestre, à travers le village, nous semblait la meilleure façon de digérer et de s'imprégner du parfum de son nom (voir site de la commune : http://www.parfouru.fr/). Situé entre vallées et bois, le village est construit à flanc de colline, tel un prolongement de cette suisse normande, que nous venions de traverser. Rapidement, il est apparu qu'un marquage particulier avait été réalisé pour discerner les différents quartiers. Ainsi, pas moins de 10 plaques y auraient été apposées, démontrant de l'existence d'une certaine diversité dans la toponymie malgré la modestie du lieu (Voir sur le site de la commune : Perdu à Parfouru ?). Nous en avons rencontré quelques unes : Le Moulin, Le Ruaudet, Le Village, Montaville, Les Jonchères. Et surtout une pancarte portant l'appelation de :

DSC 0917

      Situé au bas du village, proche de cette rivière de l'Odon, affluent de l'Orne, qui confère son nom complet à la commune, un sentiment de satisfaction et de quiétude me donna la quasi certitude que mes pas progressaient sur le petit chemin qui avait été à l'origine du nom de village. Non loin de la rivière, ce quartier, constitué de quelques maisons parfaitement rénovées, était dissocié de celui proche, englobant l'ancien moulin. Au bout d'une petite route en cul de sac descendant vers la rivière, dans un endroit très ombragé, on y découvre une sorte de mini-lavoir en ciment. On ne pouvait trouver meilleur indice pour trouver le cadre idéal justifiant de dissocier ce lieu avec celui du moulin attenant. La spécificité de l'endroit existait encore plusieurs siècles après sa création.

                                  Le Bas de Parfouru : La route en cul de sac qui conduit au petit bac d'eau ombragé

DSC 0920

     Ce n'est probablement pas le château actuel, au passé assez récent, qui peut apporter un élément d'information supplémentaire. Bien qu'ayant été habité par une lignée d'Abaquesne de Parfouru, sur quelques générations récentes, il a probablement existé un plus ancien château, situé sur le versant sur lequel ont été construites la plupart des maisons. Un endroit appelé La Motte aurait servi de lieu de construction du premier château, qui n'existe plus.

    En regardant le paysage, on y retrouve probablement le même environnement que celui du village de Parfondru dans l'Aisnes (voir article : Faites la connaissance de la commune de Parfondru) que nous avions arpentés auparavant. La vue du petit ruisseau au bas de son château, au bord duquel se sont développées les premières habitations dans le courant du Moyen-âge, inspirèrent probablement le premier châtelain qui désigna de ce fait ces sujets du vocable " ceux d'en bas habitant par le fond du ruisseau ". L'esprit de concision fit le reste par la suite pour donner un nom au lieu.

      Pourquoi avoir, dans ce cas, utilisé la syllabe " fou" et non " fon" ou " fond ", cela reste un mystère. Mon intuition me dit qu'il devrait peut être y avoir une influence étrangère au niveau  de la prononciation. Cette région proche de Caen a été, ne l'oublions pas, un lieu d'installation des premiers ducs de Normandie, originaire des pays scandinaves, et devenus rois d'Angleterre, qui occupèrent la fonction de 911 à 1204. La première mention de cette famille des écuyers de Parfouru remonte en 1224 avec Charles de Parfouru (source : Généanet), ce qui est assez concordant pour pouvoir en expliquer l'influence dans la prononciation.

   Sur le plan historique, ce village de Parfouru-sur-Odon n'est pas à l'origine de la famille des Ecuyers de PARFOURU, ayant été au service du Roi de France. Ceux-ci proviendraient du hameau de Parfouru-l'Eclin, situé dans la commune de Livry (14240), non loin de la tapisserie de Bayeux. Ce qui explique pourquoi aucun indice de pierres tombales portant ce nom ne fut retrouvé, en arpentant le cimetière autour de l'église. On tomba par contre, un peu à l'écart, sur la tombe du prince Wilhelm von Schönburg-Waldenburg et de deux membres de son équipage tués dans leur panzer IV le 9 juin 1944. Le prince commandait le IIe Bataillon du Panzer-Lehr Regiment 130. Ces trois sépultures sont inhabituelles dans un cimetière communal.

     Des informations sur cette lignée d'écuyers peuvent être trouvées dans ce blog (voir article : Les Ecuyers de Parfouru en Normandie). Le nom de famille PARFOURU existe encore de nos jours, ayant perdu entretemps le petit appendice qui leur avait valu d'être reconnu dans l'Armorial de D'HOZIER.

    La promenade à Parfouru-sur-Odon se termina par la visite du Jardin Les Bosquets, réalisé par un passionné de jardinage, ancien boulanger de son état. Mon épouse y flâna, y trouvant l'inspiration pour faire quelques photos de fleurs et de massifs. Particulièrement original et appréciées en cette période de canicule qui débutait, les hautes allées de lauriers, taillées pour leur donner une structure d'arc en plein cintre, offraient un ombrage salutaire mais tout aussi étonnant.

   En conclusion, cette visite dans le village de Parfouru-sur-Odon semble confirmer que la formation du patronyme soit liée avec la toponymie de l'endroit. Du moins pour les sites visités sur le territoire français. Aucune extraction de fer ou autres minerais n'y est mentionnée, autorisant une autre hypothèse. Comme tous les sites qui se référe à notre patronyme, le lieu est plaisant et vaut le détour pour se reposer à condition d'y amener son pique - nique.

      Promis, juré, la prochaine fois que je foncerai à 136.5 km/heure sur cette A84, je ralentirai de nouveau au panneau de sortie Parfouru-sur-Odon. Mais cette fois pour aller visiter le petit hameau de Parfouru-l'Eclin, situé de l'autre côté, un peu plus loin dans la commune de Livry.

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:11

       Par le jeu des découvertes sur le site 2èmemain.be, nous voilà en route vers Verviers. Allié à l’intérêt d’avoir trouvé un vrai bureau en bois massif pour parfaire le mobilier, notre destination nous permet, par un léger détour, de passer par ce village de Parfondruy. Sans savoir de ce qui était dès lors le plus utile ou le plus agréable, il est décidé d’allier les deux en cette journée automnale peu ensoleillée.

       Sortant de l’autoroute, à hauteur de la ville de Huy, nous ne nous y arrêtons pas. Mais, en promettant, au regard rapide que l’on y jette, d’y revenir une autre fois. On se remémore le passé artisanal glorieux de cette ville qui eut le privilège d’obtenir en 1066 la première charte des libertés en Europe, donnant un pouvoir aux bourgeois. Un premier signal à l’attention de cette chevalerie qui allait s’écrouler par la suite en hypothéquant son avenir dans des luttes intempestives, ruineuses et mortelles. N'oublions pas que Huy fut aussi un centre important de diffusion de notre nom. La dynamique branche de Forchies-la-Marche ainsi que celle d'Havelange, malheureusement en voie d'extinction, en sont issues.

       En sortant de Huy, une seule voie est possible en prenant la direction de l'Est. La N66 nous fait traverser de part en part cette région du Condroz, aux maisons de pierres grises calcaires et aux toits bleus en ardoises. Comment ne pas y voir une comparaison avec cette mythique sixty six road de l’autre côté de l’Atlantique. Huy ne peut être comparée à Los Angeles. Et la chevauchée vers l’Ouest ne fut pas réellement le cadre de sa destinée. Mais pourquoi ne pas appréhender une certaine cohérence dans l’appellation. On ne peut se dire que le cartographe, en désignant cette route de cette façon, n’y ait vu une vision et une réalité communes. Appelée sur toutes les cartes anciennes « Route de Huy », ce trajet a été, celui qui permettait de relier les vallées encaissées de l'Ourthe, de l'Aisnes et de l’Amblève  à la vallée de la Meuse. Une route qui a désenclavé toute une région mais qui surtout acheminait toutes les matières premières nécessaires (surtout fer et bois), permettant de faire de la ville de Huy une des premières à développer la métallurgie, dès le Moyen âge. Jusqu’au 19ème siècle, Huy fut même appelée la ville aux millionnaires. D’y avoir dès lors le sentiment que ce numéro de route ait été attribué en 1926 à postériori aux Etats-Unis, en se référant à notre histoire industrielle, beaucoup plus ancienne !!!. Rappelons que Chicago, lieu ou démarre cette route américaine, a été le centre d'une zone d'immigration importante de wallons au 19ème siècle. 

DSC_0704.JPGSans nous presser, notre véhicule se met à déambuler, à tournicoter, à lambiner, à trainasser, à  descendre, à monter, à tournoyer, à crapahuter, à fainéanter, à zigzaguer, à serpenter, …. , bref à rouler et à profiter de ce paysage d'herbages et de haies fait de tiges (sommets) et de chavées (vallées) qui s’alternent au gré de la nature grézeuse ou calcareuse du sous-sol. Successivement, les villages de Warzée, Ouffet, Hamoir, Ferrières, Werbomont, Basse-Bodeux sont happés. Alternances des roches qui font la particularité des courses cyclistes comme Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Wallonne et les étapes wallonnes du Tour de France. Le Mur de Huy, la Redoute, la Roche-aux-Faucons, ... , côtelettes tant redoutées des coureurs, sont la concrétisation de cette géologie du Condroz.

       Traversant plusieurs villages, nous nous approchons de cette vallée de l’Amblève qui rassemble la plus forte concentration de lieux en rapport avec notre nom. Quittant temporairement le Condroz et ses herbages, nous arrivons dans un secteur boisé qui  préfigure les Ardennes. Au dessus d'une côte,  se profile un bistrot qui porte, au-dessus de sa porte, l’appellation de « Ancienne barrière ». Sans autre dénomination, comme s’il fallait éviter de transcrire le nom de cette barrière. Comme si notre nom faisait référence aux histoires de sorcières, de brigands qui peuplaient ces bois. Car, ce lieu est bien celui qui se dénommait la barrière de Parfondry dans les temps anciens. Une frontière entre la Principauté de Stavelot et le Duché de Luxembourg, à une époque qui n’avait pas encore connu le Congrès de Vienne.

       Poursuivant notre route, nous arrivons finalement, après avoir pris appui sur un de ces tiges, dans ce lieu qui porte le nom de Parfondruy. DSC_0688.JPGComme si le cartographe n’avait pu choisir entre la terminologie locale –ry, et la terminologie en vigueur en France –ru. Il a, on ne sait pourquoi, associé les deux voyelles. Car les preuves matérielles d’une autre dénomination sont indéniables. L’écriture passe ainsi de Profondris sur la carte FERRARIS de 1777 à Parfondry dans un Arrêté royal de 1849 et à Parfonry dans un document de 1873. La voyelle –u ne peut donc être qu’une erreur de cartographie.

Que dire de ce lieu faisant référence à notre beau toponyme. Les anciennes cartes postales nous laissaient croire à un endroit peu habité, s’activant autour d’une fontaine alimentée par un ry très encaissé « Le Parfondry«, une mignonne petite chapelle Sainte Lucie, datée de 1622, et une tannerie. 631_001-1-.jpg      

Ruisseau-parfondruy-080.jpgQue dire du développement actuel des constructions. Elles s’agglutinent par dizaines au flanc de la colline, exposition plein sud. Un endroit idéal, il est vrai, à quelques encablures de l’autoroute E42, donnant accès aussi bien à Liège qu’au Luxembourg, l’Allemagne et la France, avec vue partielle sur le circuit de Francorchamps. Un vrai lieu de convergence, planté un peu par le hasard d'un filet d'eau très escarpé, et qui a essaimé dans le confort de maisons individuelles. DSC_0699.JPGMalheureusement, nous ne pouvons pas prétendre à un quelconque droit du sol de nos jours, sur la base de notre simple toponyme. En Wallonie, cela n’existe pas, il est vrai !!

DSC_0698.JPG

  La fontaine est toujours en place, la chapelle est repeinte et entretenue, et la tannerie s’est transformée en gîte rural, le tout désormais incorporé à toute cette masse de nouvelles briques qui a réussi à faire la jonction avec la ville de Stavelot, installée dans la vallée. Le ruisseau est toujours là mais son débit est si ténu que je n'ai pas osé le montrer. Tout cela n’offre plus le cachet que laissait augurer les anciennes cartes postales. DSC_0692.JPGSeul lien avec le passé, M. et Mme LAMBERTY, les propriétaires, ont donné comme nom, à ce gite, celui de Lu Porfonru, voulant attester de la bonne étymologie initiale de ce lieu. En ce qui me concerne, je l'aurais plus volontiers appelé Lu Profondry, au vu de la configuration des graphies anciennes et des nouvelles écritures. Lequel lieu ne fut sans doute jamais un village anciennement mais simplement un hameau tournicotant autour d’une tannerie alimentée par un petit ruisseau très encaissé.

       L’une des questions essentielles qui découlent de ce lieu, est bien de savoir s’il a été à l’origine de ce nom de famille. Comme ce fut le cas pour de nombreux noms dans d'autres lieux. Si la réponse est positive, et personne ne le saura jamais, on aurait découvert l’endroit auquel mes ancêtres de Neerheylissem, toujours imprégnés de religion, se référaient, sans pouvoir le situer. J’ai ainsi le souvenir dans les conversations que mon père, son père et son cousin germain parlaient du lieu ou un enfant fut sauvé de la noyade au bord d’un ruisseau profond. Cet enfant aurait été appelé » Parfondry ». Une métaphore du verset qui raconte le sauvetage de Moïse, sauvé des eaux, sur les bords du Nil. Pour ceux qui veulent y croire, malgré le grand écart dans les proportions tant des personnages que des éléments. D'autant que cette fable devrait remonter au Moyen âge et aurait du se transmettre depuis lors. Magique et mignon, à mon sens, mais manifestement aussi philosophique et épique.

       Les LAMBERTY se sont souvenus qu'un PARFONRY aurait habité dans ce coin de terre. Assez récemment par ailleurs mais sans y avoir jamais eu de liens anciens. Jean-Claude, de la branche d'Erezée, s'en est allé pour résider à Gouvy qui est, depuis la réforme de 1977, la commune la plus grande en superficie dans le pays.

 

NB : Le bureau en bois massif a bien pu entrer dans la voiture et est revenu intact à bon port, mais cette fois en prenant l'autoroute sur tout le trajet de retour.

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 22:25

     Tant de fois énoncé dans ce blog, attesté par l'existence d'un certain nombre de documents, le fief de PARFONDRY a bel et bien existé. Situé en rive droite de la Meuse entre Huy et Liège, il n'avait pas encore fait l'objet d'une localisation précise. Pour combler cette lacune, en se référant à la carte reproduisant le territoire de la Principauté de Liège (source : Carte de la Principauté de Liège et de ses environs, P. MAIRE, Bibliothèque Gallica), on visionne l'emplacement  de ce lieu. 

Princ Liège2     Situé entre Hermael (de nos jours Hermalle-sous-Huy) et Chaumont (de nos jours Clermont), ce lieu, portant encore le nom de Parfondry sur cette carte du 18ème siècle, a disparu de nos jours. Seule, la construction d'un nouveau lotissement dénommé Cité des Rys fait référence à la présence ancienne de ce nom. Et contrairement aux autres noms situés à proximité, aucun château n'a été édifié sur ce lieu de Parfondry. L'installation à cet endroit ou plutôt l'exploitation, arrivait bien après l'époque d'édification de ces ouvrages, développées en raison de la faiblesse des successeurs de Charlemagne, et qui avait provoqué le découpage de l'ancien Empire en de nombreux fiefs seigneuriaux entre le 10ème et le 12ème siècle.  L'impact de celui qui est considéré comme le premier vrai roi de France, Philippe Auguste, combiné aux désastres des nombreuses guerres fratricides locales, allaient modifier la physionomie du pouvoir. Le site de Parfondry sera plus volontiers une terre dévouée à la production et à l'extraction de ressources minières qu'un fief féodal.

      Non loin de cet endroit, on trouve le site de Jernée, correspondant au village actuel de Yernée. Dans celui-ci, un certain Baron Jacques de Parfondry y fut bourgmestre au 19ème siècle. Un peu plus bas, se situent les communes de Saint-Séverin et de Villers-le-Temple qui furent des lieux de prédilection pour les Chevaliers de Parfondry au 14ème siècle.

     Manifestement, ce lieu Parfondry qui fut probablement un ancien domaine de la famille, dès la fin du 13ème siècle, se trouve  à proximité de centres ayant attestés par la suite du passage de personnages portant ce nom. Ce dernier se répandra dans plusieurs directions, d'une part vers le Nord en traversant la Meuse, donnant naissance à la lignée des PARFONRY de Neerheylissem vers 1750, et d'autre part en amont de la Meuse vers Huy et en aval vers Liège.

       Et c'est de Huy que, très certainement, les parents de Mengold PARFONDRY sont partis, au début du 18ème siècle,  pour chercher un peu de sérénité, étant confrontés aux turpitudes des guerres durant le règne de Louis XIV. Ils sont ainsi à l'origine de la branche de Forchies-la-Marche.

     Il doit certainement y avoir un autre centre géographique d'origine autour duquel ce toponyme s'est créé. La résurgence d'un certain nombre de lieux-dits, de nos jours, et l'identification d'une branche de PARFONDRY, originaire d'Aywaille, conduit à soutenir l'hypothèse d'un plus ancien cercle de dispersion à partir des rives de l'Amblève, sous-affluent de la Meuse.

    En ce qui concerne la branche d'Erezée, la question de son origine reste encore un peu imprécise. Elle peut s'être développée à partir d'une migration en provenance de Huy, ou être originaire de cette terre féodale de Durbuy, où l'on extrayait intensément le fer, et dont faisait partie Erezée.

 

Hermael : cette localité est l'une des plus anciennes seigneuries de la vallée de la Meuse, existant dès le Moyen âge et jusqu'au 18ème siècle

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