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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 16:16

      Par un extrait du journal Le Figaro du 15 décembre 1911, dans la rubrique Mariages, on apprenait que Paul PARFONRY était non seulement le témoin mais aussi un cousin de la mariée, dénommée Mary-Cécile LOGE.  Fille d'un certain Henri LOGE, elle se mariait avec Henri VERNE, le futur Directeur des musées nationaux et Conservateur du Musée du Louvres (lire article : Paul est invité à un mariage)

      Ce lien avec ce nom de LOGE n'est pas le seul au niveau de la généalogie des PARFONRY. Deux éléments viennent confirmer cela. Le premier a trait au nom qui se trouve sur le monument funéraire familial au cimetière de Créteil. On y lit l'inscription, sans autre explication, Joséphine LOGE (1885). Et le second, est lié aux beaux meubles hérités de cette famille par Georges, le fils de Paul. Ce dernier point ayant été confirmé par Michel, l'un des fils de Georges, lors de notre rencontre de Briou en août 2011.

     Manifestement, une relation de proximité a du exister entre les deux familles. Mais qui a disparu des souvenirs et de la mémoire de nos jours. Seul, le fait que le nom doit se prononcer Lodgé, selon Michel, l'un des fils de Georges, confirmerait l'ascendance anglo-saxonne, qui découlait explicitement de l'avis de mariage publié dans le Figaro. Mais, qui étaient donc ces LOGE, qui avaient une certaine reconnaissance vis-à vis de la famille PARFONRY ? Au vu de la date de 1885 au cimetière, il pourrait s'avérer que ce lien puisse remonter au marbrier François-Xavier, le père de Paul, qui avait à ce moment 64 ans.

       Une piste plausible était de fait de trouver un lien avec le nom de famille LOGE. Des quelques recherches menées, il a été découvert, une personne répondant au nom de Marc Loge, et qui serait plutôt une dénommée Madame Marc LOGE. De nombreux documents, entre 1910 et 1934, attestent de cette particularité.

     - Le Journal du Dimanche, 15/05/1910, n°78 : Kwaidan, par Lafcadio Hearn, traduit de l'anglais par Marc Loge.

Nous connaissions à peine le délicieux conteur Lafcadio Hearn, lorsqu'un jeune écrivain, qui je ne le vous cacherai pas, est une charmante jeune fille, ayant deux langues maternelles, puisqu'elle est aussi Parisienne qu'Américaine, s'éprit de passion pour ces récits où le Japon est décrit avec tant de vérités et de pittoresque.......

     - La revue hebdomadaire, 31/12/1921  : " ...... une étude substantielle de Mme Marc Loge et de M. Charles du Bos sur May Sinclair...." ;

     - Le Figaro, suppl. littéraire du dimanche, 8/12/1928 : " .... Pour le prix Fémina, j'aurais partagé les lauriers entre Mme Marc Loge et Mme la Comtesse de Comminges "

     - Ric et Rac : Grand hebdomadaire pour tous, 9 juin 1934, n°274 : Marc Loge (ce pseudonyme masculin dissimule une traductrice de grand talent.) ..... 

       Comme élément important pouvant la caractériser, elle a réalisé de nombreuses traductions en français de livres anglais, et plus particulièrement de l'écrivain Patrick Lafcadio HEARN (1850-1904), pour lequel elle était la traductrice officielle.

       Etudions d'un peu plus près ce Lafcadio HEARN. De sa biographie sur Wikipedia, on en ressort les quelques points principaux qui suivent. Né en Grèce, de père irlandais et de mère grecque, il sera élevé à Dublin par sa grand-mère. Passionné par la culture nippone, il épousera une japonaise en 1896 avant de prendre la nationalité de ce pays et un nom japonais (Yakumo KOIZUMI). On apprend aussi qu'il fit un passage dans sa jeunesse en Normandie pour y étudier, avant de se rendre à 19 ans aux USA (source : Olivier BARROT, présentant le livre " Chita " de Lafcadio HEARN dans l' émission : Un jour, un livre).

       Plusieurs livres de cet auteur, traduit par (Mme) Marc LOGE, ont été publié par le Mercure de France. On peut citer :

                    - en 1911 (La lumière vient de l'Orient),

                    - en 1921 (Le Japon),

                    - en 1929 (Esquisses martiniquaises),

                    - en 1936 (Trois fois bel conte....).

       Dès 1910, on trouve aussi, à plusieurs reprises, dans la Nouvelle Revue française (NRF), des articles associant LOGE et Lafcadio HEARN. Et comme un miroir de Mme Marc LOGE, cet écrivain sera le traducteur en anglais de nombreux écrivains français, tels que Maupassant, Th. Gautier, Flaubert, Hugo, Zola, Loti, .....

       Comme dernière petite information, ce personnage de Marc LOGE a également été le traducteur de deux livres d'Agatha CHRISTIE (Le Crime du golf publié en 1923, La mystérieuse affaire de Styles, publié en 1932), ce qui le place toutefois très loin derrrière les traducteurs attitrés de la romancière qu'étaient Louis POSTIF (1887-1942) et Michel Le HOUBIE.

          On ne peut affirmer, sur base de tous ces éléments, d'un lien entre cette traductrice et le nom gravitant autour de la famille PARFONRY sur plusieurs générations. Aucuns éléments pertinents ne l'imposent. Ce qui est par contre certain, c'est que cette Marc LOGE et Henri VERNE  devaient se connaître. Ils étaient entr'autre tous les deux membres de l'Association syndicale de la Critique littéraire (Source : Annuaire général des lettres, 1931).

        La similitude des années, l'écriture, le milieu littéraire  et le bilinguisme franco-anglais de cette Mme Marc LOGE, peuvent constituer des indices appréciables. Quant au fait de son lien avec l'écrivain Lafcadio HEARN, cela reste un peu plus aléatoire comme piste pour trouver une réponse.

           Et voulant rester fidèle à l' esprit intuitif d'Hercule POIROT, il m'est venu une idée qui pourrait expliquer le prénom. En contractant celui de Mary-Cécile, la mariée, on arrive tout naturellement à écrire Marc (Mary Cécile ===> Marc). Mary Cécile LOGE et Mme Marc LOGE ne feraient qu'une seule et même personne. Simple hypothèse qui pourrait se justifier dans le contexte assez machiste de l'époque

      C'est ce qui nous est confirmé quand on découvre sur un site (Richard Ford, Books, Printed Ephemera and Manuscripts), la mise en vente d'une lettre signée par Mary-Cécile LOGE, et adressée à un agent littéraire (Autograph letter signed, Mary-Cécile Loge, translator, to A.P. Watt, Literary Agent), et se proposant de traduire en français le livre White Fang (Croc Blanc) de Jack LONDON, publié en anglais en 1906. Le doute n'est dès lors plus permis. Cette Mme Marc LOGE est bel et bien Mary-Cécile LOGE.

       (N.B. : Pour la petite histoire, le livre White Fang fut finalement traduit par Louis POSTIF)

      Et pourquoi ne pas voir dans ce prénom de Marc une reconduction de cette Madame Quivogne de MONTIFAUD, née Marie-Amélie CHARTROULE (1849-1912) qui deviendra une femme - écrivain libre penseur, prenant le nom d'écriture de Marc de MONTIFAUD, contestant dans ses écrits l'époque de misogynie extrême de la fin du XIXème siècle (voir à ce propos l'article de Laurence BROGNIEZ : Marc de Montifaud, une femme en procès avec le siècle).

       Une autre piste plus concrète serait de retrouver des descendants éventuels du couple Henri VERNE et Mary-Cécile LOGE. Et pourquoi ne pas faire revivre les souvenirs de Christine DESROCHES NOBLECOURT, Inspecteur Honoraire des Musées de France qui, dans sa jeunesse, au contact des explications données par Henri VERNE, se lancera dans l'étude de l'égyptologie dont elle deviendra l'une des figures les plus averties.

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commentaires

loge 09/05/2014 13:10

bonjour je m'appel franck logé et mon pére jean michel logé né en 30.07.1949 et nous recherchons
la famille a tres vite