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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 17:04

     La superbe station balnéaire de Berck-sur-Mer, située sur la Côte d'Opale, entre La baie de Somme et Le Touquet, a eu l'honneur de voir débarquer un exemplaire de l'édition du livre.

      Plus connue pour la cueillette des salicornes, la présence permanente de plusieurs dizaines de phoques et par les Rencontres Internationales des Cerfs-Volants, l'immense plage de Berck-s/Mer a servi de cadre à la lecture du livre. 

    Livre qui prospère après toutes ses années de recherche, qui apprécie d'être manipulé, qui diffuse ses connaissances, qui profite de ces plages sans fin. Devenu un personnage connu, il n'est plus l'apanage du poor lonesome cowboy de ses débuts. Il ne lui appartient plus. Il cherche désormais à voyager, à remplir ce temps qui ne cesse de s'oublier. 

     Comme les phoques, je ne suis plus seul pour récolter les salicornes dans la schlick après la marée, pour me retrouver isolé sur ma banquise, pour laisser planer mon cerf-volant dans le ciel. Le livre accompagne désormais mes voyages.

Des salicornes, des phoques et des cerfs-volants, tout le charme de cette station balnéaire
Des salicornes, des phoques et des cerfs-volants, tout le charme de cette station balnéaire
Des salicornes, des phoques et des cerfs-volants, tout le charme de cette station balnéaire

Des salicornes, des phoques et des cerfs-volants, tout le charme de cette station balnéaire

Avec la plage comme décor, le livre se délecte d'un cadre si tranquille
Avec la plage comme décor, le livre se délecte d'un cadre si tranquille

Avec la plage comme décor, le livre se délecte d'un cadre si tranquille

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 15:18

     Pöur quelle raison et par quel chemin le tableau " La femme au miroir " (Donna allo spechio en italien)1 de Paul Parfonry est arrivé à Novara, ville italienne du Piémont, peu d'éléments ne permettent de nous éclairer. La Gallerie Giannoni, ou il a été décelé, est orientée sur la peinture italienne, particulièrement sur la période débutant avec la création de l'Unité italienne.  La liste des peintures recensées sur le site de cette Gallerie va dans ce sens. Notre Paulo a t-il été considéré comme d'origine italienne par le seul fait de la dernière syllabe de son nom ? L'analyse du texte explicatif, accompagnant cette peinture, donne quelques éléments pour orienter notre appréciation. Le style Empire dans le tableau de Paul Parfonry, avec ses décors et ses vêtements, semble être celui qui fait le lien avec les peintres italiens de la notice.

             Synthèse du texte caractérisant cette peinture (via : Parfonry donna allo spechio artgate)                                            (traduction libre de l'original en italien)

     Ce tableau peint en 1895, qui a été reçu au sein des collections municipales de la ville de Novara en 1938 (archives du musée municipal, 22 avril 1963, page 8), est entré, la même année, dans les deux dernières pièces de la Gallerie Giannoni (Inv. GG210) pour accueillir la troisième et dernière donation d'Alfredo Giannoni. Le sujet répond au répertoire du peintre français Paul Parfonry, spécialisé dans les thèmes de la peinture de genre et dans les reconstitutions de scènes d'intérieur en costumes. Ce peintre est signalé, entre 1889 et 1995, avec une certaine assiduité à l'Exposition des Beaux-Arts, organisée à Paris par la Société des Artistes parisiens.

     On retrouve dans ce tableau les mêmes décors apparaissant dans les expositions milanaises, avec une prévalance des scènes de vêtements du XVIIIème siècle, reprenant les thèmes proposés avec succès, au milieu du XIXème siècle en France, notamment par Mariano Fortuny2 et Jean-Louis Meissonier3.

    Dans ce tableau, Paul Parfonry recrée un environnement de style Empire. Les vêtements de la femme, vétue d'une grande robe avec une veste courte croisée, appelée spencer, en vogue en France au début du XIXème siècle, sont en concordance avec le style de mobilier. Au premier plan, le miroir basculant, appelé psyché, est en usage durant la période du Consulat (1799 à 1804) jusqu'à la Restauration des Bourbons (période 1815-1830). La référence à cette période historique se rapproche du travail de la peinture de Bartolomeo Giuliano, datée de 18924, et reçue en don en 1935.

 

1  Le véritable titre français du tableau est " Coquetterie "; La femme au Miroir est la traduction du nom en italien du tableau.

2 Mariano Fortuny est un peintre orientaliste, d'origine espagnole, ayant vécu à Venise. Rien ne semble pouvoir lui trouver une similitude d'inspiration avec Paul Parfonry.

3 Le lien avec le peintre français Meissonier peut s'avérer être une piste pour expliquer la présence de ce tableau en Italie. Jean-Louis Meissonnier (1815-1891), aussi prénommé Ernest, a du entrer en relation avec Paul Parfonry, par l'intermédiaire de Lucien Gros, élève d''Ernest, et autre peintre français de cette période. Beau-frère de Charles Meissonier (1848-1917), le fils d'Ernest, il avait accès au Clos de l'Abbaye à Poissy, la propriété de cette famille. Une photo représentant Paul Parfonry et Lucien Gros atteste bien de la relation entre ces deux peintres (voir article : http://parfgeneatoponyme.over-blog.com/article-qui-est-l-artiste-peintre-aux-cotes-de-p-49248308.html). Le lien semble cependant assez ténu, du fait que Jean-Louis, Ernest Meissonier est reconnu comme un spécialiste de la peinture historique militaire, notamment durant le second Empire et non un peintre d'intérieur. Aucune peinture d'un Meissonier ne fait partie de la collection Giannoni.

4 Le tableau de 1892 du peintre Bartolomeo Giuliano (1825-1909) pourrait être celui intitulé La Mignon, représentant une jeune bohémienne, pieds nus dans la rue (voir ci-dessous). Ni ce type de personnage, ni le décor, ne correspondent en rien avec les personnages représentés par Paul.

PS : Le site avec la notice sur ce tableau a été découvert par JPP

La Femme au miroir (102 x 64 cm) de Paul Parfonry

La Femme au miroir (102 x 64 cm) de Paul Parfonry

La Mignon (104.5 x 151.5 cm) de Bartolomeo Giuliano

La Mignon (104.5 x 151.5 cm) de Bartolomeo Giuliano

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 17:44

     L'effet de la publication du livre se répercute désormais dans le domaine public. S'il se met à voyager (voir article : Le livre a commencé son voyage à l'emprise du temps), il favorise également l'émulation de rencontres entre les personnages de cette saga historico-généalo-patronymique.

     Ce mercredi 23 août, dans un de ces recoins du Médoc viticole, une rencontre s'est opérée entre les membres de deux des quatre branches de Parfon(d)ry, encore existantes au XXIème siècle. Une rencontre, qualifiée de trans-estuaire, avec la Gironde comme seul espace de séparation.

    Patrick Parfonry, de la branche française de Neerheylissem, s'est trouvé face à Alain Parfondry, de la branche d'Aywaille, avec comme témoins le Fort Médoc et la localité de Moulis. Nos deux comparses, accompagnés de leurs conjointes, l'un en provenance des Côtes de Blaye, le second installé dans ce Médoc, ont échangé comme s'ils fêtaient des retrouvailles. L'émotion était palpable et la complicité fut immédiate, selon Patrick. 

    Leur arbre à chacun, ayant transité tous deux par Paris, également issu de la même classe 491,  et dans un contexte d'effluves et de saveurs organiques, la rencontre ne pouvait que débuter de la meilleure manière. 

     Comme pour venir confirmer la vision de ce type de recherches et de découvertes, offrant la possibilité de randonnées thématiques alliant l'histoire, la géographie, le tourisme et la gastronomie autour d'un lieu ayant vu passer et vivre des Parfon(d)ry dans les temps anciens ou actuels2. Une sorte d'assurance de plus grande longévité qu'un arbre généalogique impersonnel. Sans compter que, pour la cause, on y a ajouté le côté artistique avec une visite d'exposition des peintures et sculptures de CAPALA3, la femme d'Alain, dans l'ancienne chapelle du Fort Médoc.

    Manifestement, et attestant de ce rendez-vous en bordure de la Gironde, un nouveau courant est en train de se construire.  Le cadre et quelques anecdotes rapportées ont enclenché immédiatement une certaine complicité. On est appelés à se revoir, comme le souligne Alain. Surenchérissant, Patrick espère rapidement partager de nouveaux terrains communs. Peu importe l'absence concrète de liens généalogiques, 

     Comme une preuve que ce type de rencontre offre une assurance de plus grande longévité qu'une cousinade ponctuelle rassemblant de nombreux convives et demandant une organisation pharaonique4. La " bible nouvelle " fut de fait survolée et ne servit finalement que de détonateur à la rencontre. Tout comme ce vin du Médoc, elle ne doit être dégustée qu'avec modération afin d'en apprécier toutes les informations retraçant le parcours de tous ces personnages de ce patronyme, retravaillés au travers d'un oeil de boeuf laissant passer les filtres de l'évolution de notre société. Le plus important, ne serait-il pas, de faire entrer ce temps qui vient dans la photographie de notre mémoire, pour en assurer une transmission. Le moment où je parle est déjà loin de moi (Boileau).

N.B. : Le titre de cet article est repris du titre du mail de Patparf

 

1 Tout comme votre poor lonesome cowboy ; en somme la meilleure année du baby boum ;

2 Extrait du livre : La véritable saga des Parfonry de Neerheylissem, R. PARFONRY , (p. 22) ;

3 CAPALA pour Catherine PARFONDRY-LAFONTAINE ; site officiel : http://www.art-capala.com/

4  Pour explications, lire p. 20 du livre ;

Les deux PARFON(D)RY font connaissanceLes deux PARFON(D)RY font connaissance

Les deux PARFON(D)RY font connaissance

J'ai reçu de la lecture pour plusieurs soirées (dixit Alain)

J'ai reçu de la lecture pour plusieurs soirées (dixit Alain)

Patrick montrant à Alain le livre réalisé précédemment par son épouse : Quelle famille. 2 !, 108 pages

Patrick montrant à Alain le livre réalisé précédemment par son épouse : Quelle famille. 2 !, 108 pages

Visite de l'exposition de CAPALA dans l'ancienne chapelle du Fort Medoc

Visite de l'exposition de CAPALA dans l'ancienne chapelle du Fort Medoc

Patrick Parfonry (à gauche) et Alain Parfondry (à droite) autour d'un Château Guitignan

Patrick Parfonry (à gauche) et Alain Parfondry (à droite) autour d'un Château Guitignan

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:01

     Comme les nains d'Amélie Poulain, le livre a entamé ses voyages. Première étape de son parcours terrestre, l'île tunisienne de Djerba.

     Avec l'ordinateur, ils forment un couple associant le passé et le présent. Une image du temps tel que Ronsard le décrivait :

                  Le temps s'en va, le temps s'en va, madame.                                                                                 Las ! le temps  non, mais nous nous en allons

      Pour les férus de lecture, et d'apprentissage sur ce temps qui passe, je recommande de lire le chapitre Le temps extrait du Guide des égarés, l'un des derniers livres de Jean d'Ormesson. Un condensé de réflexions sur ce temps qui n'est en définitive qu' " un avenir caché qui se change au plus vite en un passé logé dans notre cerveau ". Et si l'espace vide existe, le temps vide n'est pas concevable. Il faut donc bien le meubler par des pensées, des lectures, des écritures, des paroles, des photos, ce temps pour qu'il continue à se perpétuer.

 

PS : N'oubliez pas de m'envoyer des photos de ses voyages pour lui permettre d'agrémenter le temps, notre temps.

Le livre a commencé son voyage à l'emprise du temps
Le livre a commencé son voyage à l'emprise du temps
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 09:14

      Au bout de 10 années de recherches, de découvertes, de rencontres, d'attentes, le livre qui rassemble de manière mieux structurée les informations contenues dans les quelques 300 articles de ce blog vient d'être publié.

      Il est édité en format A4 avec une reliure en dos carrés cousu au fil de lin. 

     En cours de diffusion, il est toujours possible de le commander auprès de son auteur, soit par mail, soit en écrivant un commentaire via ce blog. On s'efforcera, autant que possible, de le distribuer en se basant sur un réseau volontaire et gratuit. 

    Son sommaire peut être découvert en lisant l'article précédent de ce blog : Il est enfin terminé mille sabords (http://parfgeneatoponyme.over-blog.com/2016/12/il-est-enfin-termine.html)

      Le livre peut être consulté à la bibliothèque du Cercle d'Histoire, d'Archéologie et de Généalogie du Brabant wallon (CHAW), situé au Château de l'Ermitage, rue de l'Ermitage, 23 - 1300 Wavre. Il y est enregistré sous le numéro 30/374. Prochainement, il sera également mis en vente au Musée communal Armand PELEGRIN, rue du Moulin 15 - 1357 Hélécine.

Il a eu besoin de 10 années pour naître enfin
Il a eu besoin de 10 années pour naître enfin
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 00:31

       En confection depuis près de dix années, le document rassemblant toutes les recherches effectuées tout au long de ce périple, est enfin arrivé à bon port. Ce blog n'a servi que de support pour maintenir en haleine les lecteurs désireux d'apprendre progressivement. Par manque de hiérarchisation au niveau des publications des articles, il devenait difficile d'en percevoir une vision sereine et synthétique. Ce document devrait permettre de combler cet handicap. Il est amarré à quai depuis ce jour. Il pourra prochainement être consulté sur un cloud avant qu'une édition sur papier ne soit envisagée. 

       Vu la nature un peu extensible des recherches entamées, son titre a été élargi sur deux niveaux, de manière à en clarifier l'approche. 

                            La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem                                                    

                                     L'Histoire d'un toponyme devenu un patronyme

        Au final, une Histoire couvrant une partie de l'évolution de notre société occidentale, démarrant avec les Chevaliers de PARFONDRY au Moyen-Âge, pour se terminer aux décès de Jacques PARFONRY et de Henry PAESMANS, les deux moteurs ayant propulsé la fusée de lancement. L'approche généalogique a été volontairement minimisée afin de donner plus de pertinence à la réalité humaine. Ce qui donne parfois des rencontres avec des personnages ou des faits qui continuent de marquer notre histoire à tous. 

      Un livre de 333 pages est développé sur quatre grands chapitres. Les deux principaux sont encadrés par un Avant-Propos, englobant plus volontiers quelques réflexions sur la justification d'une telle démarche, et une Annexes reprenant les extraits trouvés dans la nombreuse bibliographie consultée ainsi que les commentaires reçus tout au long de ce travail. La partie centrale, quant à elle, comporte un premier chapitre retraçant le parcours de ce nom apparaissant dans les écritures en 1261, à travers son étymologie, sa géographie, son histoire pour aboutir à sa répartition actuelle, attestée de descriptions sur quelques uns des personnages. Un second chapitre, se concentre spécifiquement sur le parcours de la branche de Neerheylissem, la mienne, l'une des quatre branches du patronyme encore existantes de nos jours.   

         Le document est illustré par de nombreuses photos inédites pour lui donner un aspect plus ludique mais aussi instructif, en relation avec des éléments du texte. Des tableaux viennent compléter le tout afin d'éclairer la présentation des quelques données généalogiques qui y sont contenues. En résumé, on découvre une histoire vraie, bien réelle, offrant un mélange entre le caractère des gens et le contexte historique. Une façon de s'apercevoir que notre patronyme propre n'est pas lié à un morceau de territoire, ni à des monuments remarquables ayant traversé les siècles. 

          Habiter signifie se fondre charnellement dans la topographie d'un lieu,  l'anfractuosité de l'environnement. Ici rien de tout cela. Je ne fais que passer. ( Gaël FAYE : Petit pays, Ed. Grasset, 2016; Prix Goncourt des lycéens 2016)

      Pour attiser l'attention de tous ceux et celles qui ne manqueront pas de prendre connaissance du document, trois pages en donnent un avant goût pour sa lecture : la présentation du titre avec les reproductions de l'acte de baptême en latin du premier de notre lignée, l'emplacement du hameau à notre patronyme sur une carte du 18ème siècle ainsi que le blason de ces Chevaliers localisés dans ce lieu au 13ème siècle. Tout cela complété par les deux pages du sommaire. 

      Si vous êtes intéressés pour aller visionner le document, faites le moi savoir par un commentaire au bas de cet article ou en m'envoyant un mail à l'adresse suivante : roland.parfonry@gmail.com.           

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 21:23

    Grâce aux amies de Françoise P., membres de son association AUAN (Association Universitaire et Artistique de Neuilly-sur-Seine), qui parcourent les expos parisiennes, on a été alertés par une découverte suite à la visite de l'exposition organisée à l'occasion du 200ème anniversaire de la naissance de l'architecte Viollet-le-Duc ( du 20 novembre 2014 au 09 mars 2015). On y présentait l'oeuvre singulière de ce grand architecte, théoricien et restaurateur, fondateur du musée de la Sculpture comparée dont le musée des Monuments français est l'héritier.

      Cette amie, à l'oeil attentif et exercé, fut intriguée de voir un document à en-tête au nom de Parfonry dans l'exposition "Viollet-le-Duc, visions d'un architecte" à la Cité de l'architecture et du patrimoine organisée en partenariat avec la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

      Une nouvelle confirmation, s'il en fallait, de la qualité et de l'importance de la marbrerie d'art de François-Xavier, notre entrepreneur, déjà avérée par la thèse de Joëlle Petit (voir article : La thèse de doctorat a été soutenue) et par les nombreuses découvertes mentionnées dans ce blog.

      Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) est l'un des rares architectes du XIXè siècle dont la mort n'ait pas éteint la célébrité mais l'ait au contraire affirmée. Malgré des polémiques, ses travaux de restauration et son oeuvre font toujours référence pour les professionnels de l'architecture et son génie a marqué l'histoire de l'art et de l'architecture. Longtemps, les historiens se sont attachés à mettre en perspective sa science archéologique, sa doctrine en matière de restauration et son activité au service du patrimoine. A partir des années 1970, les idées qu'il avait exprimées, en matière de création architecturale, furent à leur tour objet d'études et de controverses.

      Aujourd'hui, trente ans après la dernière exposition monographique qui lui fut consacrée à Paris, ce sont les aspects les moins connus et les plus inattendus de cet artiste aux talents multiples qui ont été présentés au public, pour témoigner de la richesse et de la complexité de sa personnalité. On connait le caractère rationnel de sa démarche : il est question ici de souligner son côté visionnaire. 

    Que notre aïeul soit associé à cette figure majeure de l'architecture française au XIXè est tout simplement une consécration, une preuve qu'il a participé à certaines des plus belles constructions de son siècle.

     C'est dans la partie consacrée au chantier de restauration de Notre-Dame de Paris (1843-1868) que la facture de l'entreprise Parfonry est exposée. Ce chantier-phare du XIXè siècle est un éclatant manifeste des idées de Viollet-le-Duc en matière de restauration, de décoration et d'aménagement urbain. Viollet-le-Duc commence à mettre en pratique ses conceptions et théories de la restauration, celles qui lui font écrire que " restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné ".

     Cette facture fait partie d'un ensemble de documents issus des collections de la Médiathèque de l'architecture et du Patrimoine, installée à Charenton. Il n'est, dès lors, pas impossible que d'autres traces de François-Xavier n'y restent à découvrir.

      Cette facture est importante. Treize cheminées au total sont facturées pour le Presbytère de N.D., sur la seule feuille exposée. Elle est détaillée avec précision en termes techniques de marbrerie et d'architecture, les couleurs des marbres et les formes variées. Les cheminées sont destinées pour les trois niveaux du Presbytère. Parfonry, associé aux frères Huve, n'est en fait qu'un sous-traitant et son nom ne figurait pas dans l'index du catalogue. Il fallait observer les documents dans le détail pour relever son nom. Voici retranscrit, les premières descriptions lisibles pour chacune de ces 13 cheminées

      Rez-de-chaussée: 1 cheminée capucine Saint Anne ...

                              1 cheminée capucine coquillé ....

      1er étage :      1 cheminée consoles blanc galbé avec rouleaux, foyer à compartiment .....

                          1 cheminée Louis XIV n°42 rouge foncé, travers cintré à moulures saillantes ....

                          1 cheminée modillons Joinville à rouleaux ......

                          1 cheminée modillons rosé ouest ....

                          1 cheminée modillons bois Jourdan....

      2ème étage :    1 cheminée modillons noir demi fin ....

                          4 cheminées capucine Glageon ....

                          1 cheminée Capucine noir française ....

Quelques explications sur les termes

- la capucine est un modèle de cheminées, à jambage droit, le plus courant sous Napoléon III et à la fin du XIXè siècle; régulièrement placées aux angles des pièces ;

- un modillon est un élément d'architecture qui sert à soutenir une corniche, un avant-toit ou un balcon;

- marbre de Bois Jourdan : connu aussi sous le nom de Sarracolin de l'Ouest (gare St Lazare, Empire State Building) ;

- marbre noir de Belgique, connu également sous le nom de Noir de Mazy ou de Golzinne, de teinte noir profond, il se caractérise par la rareté des fossiles et des veines calcite qui donnent à son poli un noir parfait d'une uniformité et d'un velouté remarquable ;

- marbre noir Glageon, provenant d'une commune du Nord située dans le parc naturel régional de l'Avesnois ;

     Il nous reste à espérer que la porte de ce Presbytère s'ouvrira plus facilement que celle de la villa du Boulevard de Ceinture à Créteil (voir article : Le Carmel conserve tous ses mystères - Créteil 2pour nous autoriser à aller visionner le travail de ce marbrier.

 

PS : Cet article a été transcrit en reprenant les éléments contenus dans le document rédigé par Agnès Parfonry ;

Facture de l'entreprise PARFONRY et LEMAIRE adressée à Monsieur BERNARD du Presbytère de N-D de ParisFacture de l'entreprise PARFONRY et LEMAIRE adressée à Monsieur BERNARD du Presbytère de N-D de Paris

Facture de l'entreprise PARFONRY et LEMAIRE adressée à Monsieur BERNARD du Presbytère de N-D de Paris

L'arrière-arrière-arrière-petite-fille du marbrier se penche sur les documents de son aïeul

L'arrière-arrière-arrière-petite-fille du marbrier se penche sur les documents de son aïeul

L'arrière-arrière-petite-fille du marbrier remerciant Viollet-le-Duc d'avoir fait confiance à son aïeul

L'arrière-arrière-petite-fille du marbrier remerciant Viollet-le-Duc d'avoir fait confiance à son aïeul

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 21:33

      La particularité de ce genre de recherches se focalisant sur un patronyme spécifique n'est pas totalement dépourvue de découvertes diverses et parfois surprenantes. Comme si, par ces écrits, on parvenait à couvrir un large panel de situations, de la plus cocasse à la plus accablante. C'est ce dernier aspect qui est soulevé dans cet article. 

     Un livre récent1, interpellant par son côté obscur et méprisant dans son titre, nous laisse voir la vie interne des soldats de la Légion Wallonne sur le front russe. Il est constitué des carnets de campagne rédigés par l'aumônier de cette armée de collaborateurs à l'occupant allemand. Décédé de nos jours, c'est grâce à son neveu, Jean-Luc HOSTE, que ceux-ci se trouvent retranscrits. 

      L'auteur de ces carnets, Louis FIERENS, a été l'aumônier de la Légion Wallonne engagée, aux côtés de la Waffen SS2, sur le front de l'Est pendant la guerre 39-45. Enseignant le latin et le grec, au collège Saint-Jean Berchmans à Bruxelles, il aurait suivi certains de ses élèves, encore adolescents, s'engageant dans cette brigade. Ses carnets relatent, non les combats durant cette période, mais bien les séquences de vies et de morts qui se déroulent à l'arrière de ceux-ci. 

      Ce livre n'aurait jamais retenu notre attention s'il n'avait pas été fait mention de notre patronyme. L'aumônier se trouve dans les environs de Korsun en Ukraine. A trois endroits, il en est fait référence.               

13 janvier 1944. Nombreuses confessions et communions. J'ai baptisé avant la messe, le petit Pierre Parfondry. Après la messe, visite au pope et à sa famille ......

note bas de page : Pierre Parfondry est venu me demander la veille, dès mon arrivée, a être baptisé, me disant qu'il connaissait la religion chrétienne. Je l'ai rapidement interrogé. Sa connaissance de la religion m'a surpris. Il était bien prêt. Il a fait sa première communion ...........

Deux ou trois jours après mon départ, les Russes attaquaient en force dans ce secteur. Parfondry fut tué.

     Combinant le lieu (Korsun) et l'année (janvier 1944), cela ne laisse aucun doute pour situer le cadre de ce qui constitue le récit. Après la bataille de Stalingrad, les Russes avaient décidé de reprendre l'Ukraine pour contrer les visées expansionnistes d'Hitler. Depuis décembre 1943, STALINE avait déclenché l'offensive Dniepr-Carpates qui aboutit à l'encerclement de l'armée allemande. Les carnets couvrent cette période de guerre, entre décembre 1943 et février 1944, sur le front russe. La Légion Wallonne y subira d'importantes pertes3

       La mention de petit Pierre reprise dans le texte, indique qu'il est question de l'un de ses adolescent ayant répondu à l'appel du chef du parti rexiste belge Léon DEGRELLE. Les plus jeunes n'avaient que 15 ans.

      Tous ces jeunes ont été attirés par les discours populistes, l'arrogance et le tribun que fut DEGRELLE. Ils ont été entraînés dans une aventure dont beaucoup ne revinrent pas. Leurs existences pouvaient même avoir été occultées. Une histoire a ne pas dévoiler pour ne pas avoir honte, pour éviter la comparaison avec ses jeunes partis de nos jours en Syrie, espérant y trouver une autre idéologie de domination de l'esprit et l'espace. Difficile et hasardeux d'en faire un parallèle par manque de recul. Mais les mots de Louis FIERENS, repris des derniers chapitres de ses carnets, rebondissent comme une analyse comparative aboutissant à un même constat. 

Je suis très effaré de voir à quel point on se moque de Degrelle. Non pour l'estime que je lui porte, mais pour les désillusions, les découragements que cela cache dans l'âme de tous ces jeunes. Que de déceptions il doit y avoir là-dessous. On a abîmé cette belle jeunesse, qui portait en elle tant d'espoir. Il faudra maintenant la rééduquer.

      Ce texte mentionnant la faible estime de l'aumônier Louis FIERENS pour DEGRELLE est confirmé à plusieurs endroits dans une autre source4.

D'emblée, l'abbé Fierens pris une attitude anti-Rex et déploya des efforts non négligeables afin de soustraire ses ouailles à l'influence de l'idéologie national-socialiste en général et à celle de Degrelle en particulier.... Contrairement aux autres volontaires, l'aumônier refusa de prêter le serment de fidélité imposé aux légionnaires....Degrelle eut évidemment vent des tentatives engagées par Fierens contre ses intérêts. Les jours de l'aumônier étaient comptés ..... 

      Les phrases utilisées par Louis FIERENS, dans ses carnets, font directement le lien avec les recrues engagées par l'Etat islamique de nos jours. On peut y voir des différences mais chaque mot utilisé par l'aumônier de cette Légion Wallonne nous interpelle. Je ne suis pas sur, pour se protéger, en mettant en avant la phrase Plus jamais cela, qu'on se prémunit contre de nouveaux dérapages. Il est loin de penser que les deux guerres mondiales du XXème siècle soient les seuls épisodes parmi les plus meurtriers de l'histoire de l'humanité. Si La Guerre de 100 ans, 1415, 1685 et 1815 font parties du seuil minimum de connaissances des bacheliers, cette liste est loin d'être représentative. Les nombreux conflits en Asie, au cours des siècles (Révolte des Dounganes, Conquête de Tamerlan, Conquête mongole, Révolte d'An Lushan, Révolte des Taiping, Domination de la Dynastie Quing) font partie des conflits avec le plus grand nombre de victimes au cours de ces deux millénaires5. L'Histoire a désormais besoin d'autres références pour comprendre le Monde.

      Ce qui est la nouveauté, c'est cette nouvelle implication de jeunes dans les conflits. Mais contrairement aux jeunes djihadistes, ces jeunes de la Légion Wallonne ne poussaient pas leurs engagements jusqu'à devenir des terroristes, ni des bombes humaines6. Comme si de nos jours, on ne se démenait plus assez pour abriter le combat pour des valeurs humanistes7.

     Cet article n'est pas sans rappeler l'histoire de Marcel PARFONDRY qui, à l'âge adulte et diplômé, manifesta une sympathie à l'occupant allemand, sans jamais toutefois prendre les armes (voir article : Malgré ses égarements, Marcel a une histoire à raconter).  Il se ressourcera dans le surréalisme pour retrouver ses illusions. Une forme de rééducation comme le suggère Louis FIERENS.

      Sur le plan généalogique, pour y trouver une piste quant à l'origine, ce prénom de Pierre apparaît à plusieurs reprises au XIXème siècle dans la branche de Forchies-la-Marche. On ne peut négliger également le fait que ce patronyme est présent de nos jours en Allemagne. Ce qui ne me semble pas essentiel à trouver. La réflexion découlant de cette lecture mettant en lumière un passage oublié de notre histoire est sans conteste la plus méritante.

 

1 Louis FIERENS. Un prêtre chez les SS; Edition Jourdan, coll. Carnets de guerre 39-45, 2011, 118 pages ;

2  La Waffen SS fut la branche militaire des SS ;

3 En date du 31 janvier 1944, sur 1700, 632 sont en état de combattre ;

4 Eddy de BRUYNE : Léon Degrelle et la Légion Wallonne. La fin d'une légende ; Ed. Luc Pire ;

5 Soit 6 sur 10 en Asie; les quatre autres étant les deux guerres mondiales, la guerre civile russe et la deuxième guerre du Congo-Kinshasa ;

6 Sans parler des enfants-soldats dans le conflit au Congo-Kinshasa ;

7 TRUMP et le capitalisme autoritaire; Edito de Frédéric RAEVENS, Le Vif L'Express n° 3393, 15 au 28 juillet 2016 ;

 

 

 

 

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:56

     Au fur et à mesure de nos recherches, la liste des lieux-dits portant notre patronyme s'est quelque peu étayée. D'identifications en découvertes sur le terrain, on aurait pu croire que l'on était arrivé à circonscrire l'ensemble des endroits qui avaient conservé notre nom dans le paysage. 

     Un récent séjour dans la belle région des Lacs de l'Eau d'Heure devait contredire cette assurance. Tel le scout qui est resté en moi, la connaissance des lieux ne pouvait se faire sans consulter la carte IGN au 1: 25 000, celle qui fait apparaître le moindre sentier, la moindre courbe de niveau pour préparer un itinéraire en fonction du moyen de transport retenu. Ce type de carte a le mérite également de faire revivre l'histoire et la géographie des lieux en mentionnant non seulement le nom du simple hameau mais également celui des terres cultivées, des bois, des ruisselets. Pour exemple, rien qu'à proximité de notre gîte, il y est recensé la ferme de Bethléem, les terres de Nazareth et du Vieux Calvaire. Appellations de nature religieuse dont l'explication viendra de notre hôte. Sous l'Ancien Régime, l'endroit dépendait de l'Abbaye de Walcourt, situé quelques km plus au Nord. Les bonnes soeurs, sans doute conquises par l'abondance des récoltes, y virent un signal  divin pour dénommer les lieux.

     La consultation de la carte allait faire apparaître une dénomination qui faisait vibrer une nouvelle fois nos sens. Là, devant notre regard, dans le prolongement de cette petite route de campagne, on pouvait lire Perfond ry1. Un terme qui ne pouvait nous laisser indifférent. Un lieu qui s'ajoutait à la liste de ceux déjà recensés. Restait à en approfondir son existence.

     Une visite des lieux s'imposait. Au bord de la N 40, entre Philippeville et Beaumont, à proximité du village de Daussois, le site est occupé par une prairie en pente. Au bas, on identifie un filet d'eau dans lequel viennent s'abreuver de temps en temps les quelques vaches rencontrées. Filet d'eau sans nom qui se jette dans le Rau de Dessous la Ville, natif du village de Daussois, lequel poursuit son chemin, via L'Eau d'Heure, jusqu'au lac de même nom. 

    La toponymie du lieu est en cohérence avec d'autres situations rencontrées. La pente et le filet d'eau en son extrémité sont des constances déjà éprouvées. On y associe directement l'explication transcrite par la dialectologie. Par le fond du ruisseau en est bien la transcription. Avec dans ce cas précis, une modification de voyelle résultant probablement d'une erreur de transcription. Restait toutefois à en confirmer le lien géographique et l'étymologie.

    Sans difficulté, la carte FERRARIS de 1777 intégrera ce lieu sur le territoire de la Principauté de Liège. Malgré ses frontières découpées et la présence de terres voisines dépendantes du Comté de Hainaut (Froidchapelle), du comté de Namur (Walcourt), voire des enclaves françaises de Senzeille et de Barbençon, le lien géographique de ce toponyme était bien confirmé2.

    Quant à l'étymologie, l'interprétation pourrait découler de l'existence d'une ancienne exploitation de fer dans ce même village de Daussois. Une mine de fer a bien existé comme il nous en sera confirmé par notre hôte3. Comme pour étayer notre hypothèse, énoncée à diverses reprises, d'une appellation très ancienne, liée à l'exploitation de ce minerai, et ayant conduit à une association des termes fond et ry , lesquels une fois unis ont donné le mot Fonderie.

   La découverte de ce jour sert, ni plus ni moins, qu à valider nos découvertes antérieures. Le lien déjà avéré de notre toponyme avec la Principauté de Liège est une nouvelle fois confirmé. Il rejoint la liste d'une série de lieux qui avaient déjà servi à l'affirmer. Quant à l'association avec le terme Fonderie qui pourrait s'avérer plus ancienne que celle liée à l'histoire de la Principauté de Liège4, la proximité d'anciennes mines de fer ne vient en rien contredire cette hypothèse.

 

1 Prononcer avec le d ;

2 Le nombre d'endroits mentionnant le terme Barrière dans la région (Barrière des sept ânes, Barrière Torlet, Barrière Marcel,  Barrière Descartes, Cabane La Barrière) est manifestement la résultante de ce découpage de l'Ancien régime ;

3 Deux lieux aux abords du village de Daussois font référence à l'existence de ce minerai : Battefer et  Al Croix de fer ;

4 Territoire issu du Saint Empire romain germanique, créé par l'évêque NOTGER en 985, et resté indépendant jusque l'annexion française en 1795 ;

   

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches
Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 09:55

      Superbe château construit au milieu d'un espace vert protégé, le château de Modave fait partie de ces lieux de visite qui ne se dévoilent qu'au détour d'un circuit de villégiature assez peu classique. Il n'est pas encore l'un des lieux incontournables et prioritaires que tout parent fait découvrir à sa progéniture durant son enfance.

    Au retour d'un circuit traditionnel dans la région de Durbuy, et sur indication de Tante Alice, notre chambre d'hôte, nous avons effectué un léger détour qui nous a permis de trouver l'emplacement de ce lieu un peu isolé. Le seul souvenir de son histoire qui nous était resté en mémoire consistait au fait que Rennequin SUALEM avait utilisé la forte dénivelée des abords de ce château avant de concevoir la célèbre Machine de Marly, construite pour alimenter en eaux les jardins du château de Versailles.

     Avec l'aide d'un audio-guide, la visite du château énuméra les personnages de son histoire. Et parmi ceux-ci, on vit apparaître ceux des comtes de MARCHIN, lesquels furent parmi les plus éminents restaurateurs de ce château. Ce nom n'était pas inconnu dans le cadre de nos découvertes en rapport avec l'histoire de notre patronyme. On s'est rappelé que Ferdinand de MARCHIN (Liège,1651-Turin,1706) fut appelé par Louis XIV pour épauler son petit-fils, devenu roi d'Espagne sous le nom de Philippe V. La nouvelle dynastie espagnole héritait d'une situation peu brillante sur le plan militaire. La Guerre de Succession d'Espagne, entre les Habsbourg et les Bourbon, qui s'en suivit ne se présentait pas à l'avantage de ces derniers. Philippe V avait besoin d'aide pour conserver son trône. 

      C'est ici qu'apparait le comte Ferdinand de MARCHIN1, descendant de cette lignée des propriétaires de ce château de Modave. Recrutant dans différentes régions des Pays-Bas espagnols, mais aussi en Principauté de Liège, sur instruction de Louis XIV, il fut chargé de la création en 1702 d'une Garde Wallonne au service du nouveau roi d'Espagne. Ce régiment, composé de plusieurs milliers d'hommes, entre 17 et 40 ans, appartenant à une famille honorable, devint rapidement une unité d'élite2, incorporée à la garde royale, au sein de l'armée espagnole. Il se signala pendant la Guerre de Succession d'Espagne qui opposa, entre 1701 et 1714, la France et l'Espagne contre l'Angleterre, l'Autriche, les Provinces Unies et le Portugal. Plusieurs batailles qui se déroulèrent en Espagne, au Portugal, en Sicile, en Sardaigne, à Ceuta et même à Oran virent la présence de ce régiment. Ayant compté dans ses rangs plusieurs milliers de morts3, des recrutements s'opérèrent de manière régulière, jusque dans les années 1780. Le manque de renouvellement provoqua sa dissolution en 1822, mais il devint comme un véritable livre d'or de la noblesse belge par la suite4.

   Et parmi les nombreux soldats incorporés à ce régiment de cette Garde Wallonne, nos recherches ont permis de retrouver un dénommé Juan Baldorinos de Parfondri, décédé dans un hôpital à Ceuta en janvier 1721 (voir article : Maria Juana de Parfondri). Cette date correspond précisément à la campagne de Ceuta menée pour lutter contre les troupes du sultan du Maroc. Ce personnage est, selon les éléments analysés, le descendant d'une lignée en provenance de la Principauté de Liège. Il est également l'ancêtre du colonel Joseph Léonard Félix BORDES-PARFONDRY, militaire de l'armée de Napoléon III (voir articles : Du nouveau sur l'origine de la famille Bordes de Parfondry ; La dénomination Bordes-Parfondry est expliquée) et dont une descendance s'est perpétuée en France jusqu'à ce jour.

    Ce lien avec la présence de notre patronyme en Espagne dans le courant du XVIIIème siècle ne fut pas la seule découverte durant cette visite du château de Modave. Les murs et plafond du hall d'entrée étaient décorés des blasons et des noms des ancêtres de ces comtes de MARCHIN. Et parmi ceux-ci, du côté maternel, on y découvrit, avec la surprise que l'on devine, les noms du couple Gérard d'ANTHINE et Isabeau de PARFONDRIEU, avec leurs blasons respectifs5. Ces noms ne nous sont pas inconnus. Ils avaient déjà été mentionnés en rapport avec l'histoire des chevaliers de PARFONDRY qui étaient apparus à la fin du XIIIème siècle en région liégeoise. Et Isabeau est de fait la petite-fille de Jean de PARFONDRY, le premier de la lignée, et la tante de deux des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ayant officié à la Commanderie de Chantraine en Brabant wallon (voir articles : Des chevaliers de Parfondrieu à la Commanderie de Chantraine ; Du nouveau sur la famille des chevaliers de Parfondry). 

     Déja présent dans la généalogie de certaines familles de la noblesse belge toujours actuelle6, ce couple apparaît également dans celle des comtes de MARCHIN. Et de nous autoriser à penser que cette famille de chevaliers fait partie de celles qui ont jetté les fondements de l'histoire de ce pays. De quoi encore nous faire trépigner sur cette particule que l'on a une fois pour toute abandonnée (voir articles : Quid de la particule ? Mythe ou réalité !! ; A l'origine, il y a la particule élémentaire).

 

1Transformé en Comte de MARSIN dans la littérature française, il reçu le titre de Maréchal de France ;

2 Colonel GUILLAUME (1858) : Histoire des Gardes Wallonnes au service d'Espagne, Bruxelles, F. Parent éditeur ; A propos de la Garde Wallonne, il y est mentionné : Sa bravoure était à toute épreuve, sa fidélité n'a jamais été contestée, sa gloire est le patrimoine légitime de beaucoup de familles du pays ;

3 CASO Paul : Les soldats wallons au service des Bourbons d'Espagne, Le Soir, 19 octobre 1989 ;

4 G. du BOSCQ de BEAUMONT (1904) : La Garde Wallonne, Paris, Conseil Héraldique de France ;

5 On y trouve le blason "Fascé d'or et de sable de six pièces", attribué au premier chevalier de la lignée ;

6 Geneanet : Généalogie TERLINDEN - de POTESTA ;

    

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

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