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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 21:33

      La particularité de ce genre de recherches se focalisant sur un patronyme spécifique n'est pas totalement dépourvue de découvertes diverses et parfois surprenantes. Comme si, par ces écrits, on parvenait à couvrir un large panel de situations, de la plus cocasse à la plus accablante. C'est ce dernier aspect qui est soulevé dans cet article. 

     Un livre récent1, interpellant par son côté obscur et méprisant dans son titre, nous laisse voir la vie interne des soldats de la Légion Wallonne sur le front russe. Il est constitué des carnets de campagne rédigés par l'aumônier de cette armée de collaborateurs à l'occupant allemand. Décédé de nos jours, c'est grâce à son neveu, Jean-Luc HOSTE, que ceux-ci se trouvent retranscrits. 

      L'auteur de ces carnets, Louis FIERENS, a été l'aumônier de la Légion Wallonne engagée, aux côtés de la Waffen SS2, sur le front de l'Est pendant la guerre 39-45. Enseignant le latin et le grec, au collège Saint-Jean Berchmans à Bruxelles, il aurait suivi certains de ses élèves, encore adolescents, s'engageant dans cette brigade. Ses carnets relatent, non les combats durant cette période, mais bien les séquences de vies et de morts qui se déroulent à l'arrière de ceux-ci. 

      Ce livre n'aurait jamais retenu notre attention s'il n'avait pas été fait mention de notre patronyme. L'aumônier se trouve dans les environs de Korsun en Ukraine. A trois endroits, il en est fait référence.               

13 janvier 1944. Nombreuses confessions et communions. J'ai baptisé avant la messe, le petit Pierre Parfondry. Après la messe, visite au pope et à sa famille ......

note bas de page : Pierre Parfondry est venu me demander la veille, dès mon arrrivée, a être baptisé, me disant qu'il connaissait la religion chrétienne. Je l'ai rapidement interrogé. Sa connaissance de la religion m'a surpris. Il était bien prêt. Il a fait sa première communion ...........

Deux ou trois jours après mon départ, les Russes attaquaient en force dans ce secteur. Parfondry fut tué.

     Combinant le lieu (Korsun) et l'année (janvier 1944), cela ne laisse aucun doute pour situer le cadre de ce qui constitue le récit. Après la bataille de Stalingrad, les Russes avaient décidé de reprendre l'Ukraine pour contrer les visées expansionnistes d'Hitler. Depuis décembre 1943, STALINE avait déclenché l'offensive Dniepr-Carpates qui aboutit à l'encerclement de l'armée allemande. Les carnets couvrent cette période de guerre, entre décembre 1943 et février 1944, sur le front russe. La Légion Wallonne y subira d'importantes pertes3

       La mention de petit Pierre reprise dans le texte, indique qu'il est question de l'un de ses adolescent ayant répondu à l'appel du chef du parti rexiste belge Léon DEGRELLE. Les plus jeunes n'avaient que 15 ans.

      Tous ces jeunes ont été attirés par les discours populistes, l'arrogance et le tribun que fut DEGRELLE. Ils ont été entrainés dans une aventure dont beaucoup ne revinrent pas. Leurs existences pouvaient même avoir été occultées. Une histoire a ne pas dévoiler pour ne pas avoir honte, pour éviter la comparaison avec ses jeunes partis de nos jours en Syrie, espérant y trouver une autre idéologie de domination de l'esprit et l'espace. Difficile et hasardeux d'en faire un parallèle par manque de recul. Mais les mots de Louis FIERENS, repris des derniers chapitres de ses carnets, rebondissent comme une analyse comparative aboutissant à un même constat. 

Je suis très effaré de voir à quel point on se moque de Degrelle. Non pour l'estime que je lui porte, mais pour les désillusions, les découragements que cela cache dans l'âme de tous ces jeunes. Que de déceptions il doit y avoir là-dessous. On a abimé cette belle jeunesse, qui portait en elle tant d'espoir. Il faudra maintenant la rééduquer.

      Ce texte mentionnant la faible estime de l'aumônier Louis FIERENS pour DEGRELLE est confirmé  à plusieurs endroits dans une autre source4.

D'emblée, l'abbé Fierens pris une attitude anti-Rex et déploya des efforts non négligeables afin de soustraire ses ouailles à l'influence de l'idéologie national-socialiste en général et à celle de Degrelle en particulier.... Contrairement aux autres volontaires, l'aumônier refusa de prêter le serment de fidélité imposé aux légionnaires....Degrelle eut évidemmment vent des tentatives engagées par Fierens contre ses intérêts. Les jours de l'aumônier étaient comptés ..... 

      Les phrases utilisées par Louis FIERENS, dans ses carnets, font directement le lien avec les recrues engagées par l'Etat islamique de nos jours. On peut y voir des différences mais chaque mot utilisé par l'aumônier de cette Légion Wallonne nous interpelle. Je ne suis pas sur, pour se protéger, en mettant en avant la phrase Plus jamais celà, qu'on se prémunit contre de nouveaux dérapages. Il est loin de penser que les deux guerres mondiales du XXème siècle soient les seuls épisodes parmi les plus meurtriers de l'histoire de l'humanité. Si La Guerre de 100 ans, 1415, 1685 et 1815 font parties du seuil minimum de connaissances des bacheliers, cette liste est loin d'être réprésentative. Les nombreux conflits en Asie, au cours des siècles (Révolte des Dounganes, Conquête de Tamerlan, Conquête mongole, Révolte d'An Lushan, Révolte des Taiping, Domination de la Dynastie Quing) font partie des conflits avec le plus grand nombre de victimes au cours de ces deux millénaires5. L'Histoire a désormais besoin d'autres références pour comprendre le Monde.

      Ce qui est la nouveauté, c'est cette nouvelle implication de jeunes dans les conflits. Mais contrairement aux jeunes djihadistes, ces jeunes de la Légion Wallonne ne poussaient pas leurs engagements jusqu'à devenir des terroristes, ni des bombes humaines6. Comme si de nos jours, on ne se démenait plus assez pour abriter le combat pour des valeurs humanistes7.

     Cet article n'est pas sans rappeler l'histoire de Marcel PARFONDRY qui, à l'âge adulte et diplômé, manifesta une sympathie à l'occupant allemand, sans jamais toutefois prendre les armes (voir article : Malgré ses égarements, Marcel a une histoire à raconter).  Il se ressourcera dans le surréalisme pour retrouver ses illusions. Une forme de rééducation comme le suggère Louis FIERENS.

      Sur le plan généalogique, pour y trouver une piste quant à l'origine, ce prénom de Pierre apparaît à plusieurs reprises au XIXème siècle dans la branche de Forchies-la-Marche. On ne peut négliger également le fait que ce patronyme est présent de nos jours en Allemagne. Ce qui ne me semble pas essentiel à trouver. La réflexion découlant de cette lecture mettant en lumière un passage oublié de notre histoire est sans conteste la plus méritante.

 

1 Louis FIERENS. Un prêtre chez les SS; Edition Jourdan, coll. Carnets de guerre 39-45, 2011, 118 pages ;

2  La Waffen SS fut la branche militaire des SS ;

3 En date du 31 janvier 1944, sur 1700, 632 sont en état de combattre ;

4 Eddy de BRUYNE : Léon Degrelle et la Légion Wallonne. La fin d'une légende ; Ed. Luc Pire ;

5 Soit 6 sur 10 en Asie; les quatre autres étant les deux guerres mondiales, la guerre civile russe et la deuxième guerre du Congo-Kinshasa ;

6 Sans parler des enfants-soldats dans le conflit au Congo-Kinshasa ;

7 Trump et le capitalisme autoritaire; Edito de Frédéric RAEVENS, Le Vif L'Express n° 3393, 15 au 28 juillet 2016 ;

 

 

 

 

15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:56

     Au fur et à mesure de nos recherches, la liste des lieux-dits portant notre patronyme s'est quelque peu étayée. D'identifications en découvertes sur le terrain, on aurait pu croire que l'on était arrivé à circonscrire l'ensemble des endroits qui avaient conservé notre nom dans le paysage. 

     Un récent séjour dans la belle région des Lacs de l'Eau d'Heure devait contredire cette assurance. Tel le scout qui est resté en moi, la connaissance des lieux ne pouvait se faire sans consulter la carte IGN au 1: 25 000, celle qui fait apparaître le moindre sentier, la moindre courbe de niveau pour préparer un itinéraire en fonction du moyen de transport retenu. Ce type de carte a le mérite également de faire revivre l'histoire et la géographie des lieux en mentionnant non seulement le nom du simple hameau mais également celui des terres cultivées, des bois, des ruisselets. Pour exemple, rien qu'à proximité de notre gîte, il y est recensé la ferme de Bethléem, les terres de Nazareth et du Vieux Calvaire. Appellations de nature religieuse dont l'explication viendra de notre hôte. Sous l'Ancien Régime, l'endroit dépendait de l'Abbaye de Walcourt, situé quelques km plus au Nord. Les bonnes soeurs, sans doute conquises par l'abondance des récoltes, y virent un signal  divin pour dénommer les lieux.

     La consultation de la carte allait faire apparaître une dénomination qui faisait vibrer une nouvelle fois nos sens. Là, devant notre regard, dans le prolongement de cette petite route de campagne, on pouvait lire Perfond ry1. Un terme qui ne pouvait nous laisser indifférent. Un lieu qui s'ajoutait à la liste de ceux déjà recensés. Restait à en approfondir son existence.

     Une visite des lieux s'imposait. Au bord de la N 40, entre Philippeville et Beaumont, à proximité du village de Daussois, le site est occupé par une prairie en pente. Au bas, on identifie un filet d'eau dans lequel viennent s'abreuver de temps en temps les quelques vaches rencontrées. Filet d'eau sans nom qui se jette dans le Rau de Dessous la Ville, natif du village de Daussois, lequel poursuit son chemin, via L'Eau d'Heure, jusqu'au lac de même nom. 

    La toponymie du lieu est en cohérence avec d'autres situations rencontrées. La pente et le filet d'eau en son extrémité sont des constances déjà éprouvées. On y associe directement l'explication transcrite par la dialectologie. Par le fond du ruisseau en est bien la transcription. Avec dans ce cas précis, une modification de voyelle résultant probablement d'une erreur de transcription. Restait toutefois à en confirmer le lien géographique et l'étymologie.

    Sans difficulté, la carte FERRARIS de 1777 intégrera ce lieu sur le territoire de la Principauté de Liège. Malgré ses frontières découpées et la présence de terres voisines dépendantes du Comté de Hainaut (Froidchapelle), du comté de Namur (Walcourt), voire des enclaves françaises de Senzeille et de Barbençon, le lien géographique de ce toponyme était bien confirmé2.

    Quant à l'étymologie, l'interprétation pourrait découler de l'existence d'une ancienne exploitation de fer dans ce même village de Daussois. Une mine de fer a bien existé comme il nous en sera confirmé par notre hôte3. Comme pour étayer notre hypothèse, énoncée à diverses reprises, d'une appelation très ancienne, liée à l'exploitation de ce minerai, et ayant conduit à une association des termes fond et ry , lesquels une fois unis ont donné le mot Fonderie.

   La découverte de ce jour sert, ni plus ni moins, qu à valider nos découvertes antérieures. Le lien déjà avéré de notre toponyme avec la Principauté de Liège est une nouvelle fois confirmé. Il rejoint la liste d'une série de lieux qui avaient déjà servi à l'affirmer. Quant à l'association avec le terme Fonderie qui pourrait s'avérer plus ancienne que celle liée à l'histoire de la Principauté de Liège4, la proximité d'anciennes mines de fer ne vient en rien contredire cette hypothèse.

 

1 Prononcer avec le d ;

2 Le nombre d'endroits mentionnant le terme Barrière dans la région (Barrière des sept ânes, Barrière Torlet, Barrière Marcel,  Barrière Descartes, Cabane La Barrière) est manifestement la résultante de ce découpage de l'Ancien régime ;

3 Deux lieux aux abords du village de Daussois font référence à l'existence de ce minerai : Battefer et  Al Croix de fer ;

4 Territoire issu du Saint Empire romain germanique, créé par l'évêque NOTGER en 985, et resté indépendant jusque l'annexion française en 1795 ;

   

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches
Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vachesUne prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

Une prairie paisible en pente avec un ruisselet dans sa partie la plus basse dans lequel viennent patauger les vaches

1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 09:55

      Superbe château construit au milieu d'un espace vert protégé, le château de Modave fait partie de ces lieux de visite qui ne se dévoilent qu'au détour d'un circuit de villégiature assez peu classique. Il n'est pas encore l'un des lieux incontournables et prioritaires que tout parent fait découvrir à sa progéniture durant son enfance.

    Au retour d'un circuit traditionnel dans la région de Durbuy, et sur indication de Tante Alice, notre chambre d'hôte, nous avons effectué un léger détour qui nous a permis de trouver l'emplacement de ce lieu un peu isolé. Le seul souvenir de son histoire qui nous était resté en mémoire consistait au fait que Rennequin SUALEM avait utilisé la forte dénivelée des abords de ce château avant de concevoir la célèbre Machine de Marly, construite pour alimenter en eaux les jardins du château de Versailles.

     Avec l'aide d'un audio-guide, la visite du château énuméra les personnages de son histoire. Et parmi ceux-ci, on vit apparaître ceux des comtes de MARCHIN, lesquels furent parmi les plus éminents restaurateurs de ce château. Ce nom n'était pas inconnu dans le cadre de nos découvertes en rapport avec l'histoire de notre patronyme. On s'est rappelé que Ferdinand de MARCHIN (Liège,1651-Turin,1706) fut appelé par Louis XIV pour épauler son petit-fils, devenu roi d'Espagne sour le nom de Philippe V. La nouvelle dynastie espagnole héritait d'une situation peu brillante sur le plan militaire. La Guerre de Succession d'Espagne, entre les Habsbourg et les Bourbon, qui s'en suivit ne se présentait pas à l'avantage de ces derniers. Philippe V avait besoin d'aide pour conserver son trône. 

      C'est ici qu'apparait le comte Ferdinand de MARCHIN1, descendant de cette lignée des propriétaires de ce château de Modave. Recrutant dans différentes régions des Pays-Bas espagnols, mais aussi en Principauté de Liège, sur instruction de Louis XIV, il fut chargé de la création en 1702 d'une Garde Wallonne au service du nouveau roi d'Espagne. Ce régiment, composé de plusieurs milliers d'hommes, entre 17 et 40 ans, appartenant à une famille honorable, devint rapidement une unité d'élite2, incorporée à la garde royale, au sein de l'armée espagnole. Il se signala pendant la Guerre de Succession d'Espagne qui opposa, entre 1701 et 1714, la France et l'Espagne contre l'Angleterre, l'Autriche, les Provinces Unies et le Portugal. Plusieurs batailles qui se déroulèrent en Espagne, au Portugal, en Sicile, en Sardaigne, à Ceuta et même à Oran virent la présence de ce régiment. Ayant compté dans ses rangs plusieurs milliers de morts3, des recrutements s'opérèrent de manière régulière, jusque dans les années 1780. Le manque de renouvellement provoqua sa dissolution en 1822, mais il devint comme un véritable livre d'or de la noblesse belge par la suite4.

   Et parmi les nombreux soldats incorporés à ce régiment de cette Garde Wallonne, nos recherches ont permis de retrouver un dénommé Juan Baldorinos de Parfondri, décédé dans un hôpital à Ceuta en janvier 1721 (voir article : Maria Juana de Parfondri). Cette date correspond précisément à la campagne de Ceuta menée pour lutter contre les troupes du sultan du Maroc. Ce personnage est, selon les éléments analysés, le descendant d'une lignée en provenance de la Principauté de Liège. Il est également l'ancêtre du colonel Joseph Léonard Félix BORDES-PARFONDRY, militaire de l'armée de Napoléon III (voir articles : Du nouveau sur l'origine de la famille Bordes de Parfondry ; La dénomination Bordes-Parfondry est expliquée) et dont une descendance s'est perpétuée en France jusqu'à ce jour.

    Ce lien avec la présence de notre patronyme en Espagne dans le courant du XVIIIème siècle ne fut pas la seule découverte durant cette visite du château de Modave. Les murs et plafond du hall d'entrée étaient décorés des blasons et des noms des ancêtres de ces comtes de MARCHIN. Et parmi ceux-ci, du côté maternel, on y découvrit, avec la surprise que l'on devine, les noms du couple Gérard d'ANTHINE et Isabeau de PARFONDRIEU, avec leurs blasons respectifs5. Ces noms ne nous sont pas inconnus. Ils avaient déjà été mentionnés en rapport avec l'histoire des chevaliers de PARFONDRY qui étaient apparus à la fin du XIIIème siècle en région liégeoise. Et Isabeau est de fait la petite-fille de Jean de PARFONDRY, le premier de la lignée, et la tante de deux des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ayant officié à la Commanderie de Chantraine en Brabant wallon (voir articles : Des chevaliers de Parfondrieu à la Commanderie de Chantraine ; Du nouveau sur la famille des chevaliers de Parfondry). 

     Déja présent dans la généalogie de certaines familles de la noblesse belge toujours actuelle6, ce couple apparait également dans celle des comtes de MARCHIN. Et de nous autoriser à penser que cette famille de chevaliers fait partie de celles qui ont jetté les fondements de l'histoire de ce pays. De quoi encore nous faire trépigner sur cette particule que l'on a une fois pour toute abandonnée (voir articles : Quid de la particule ? Mythe ou réalité !! ; A l'origine, il y a la particule élémentaire).

 

1Transformé en Comte de MARSIN dans la littérature française, il reçu le titre de Maréchal de France ;

2 Colonel GUILLAUME (1858) : Histoire des Gardes Wallonnes au service d'Espagne, Bruxelles, F. Parent éditeur ; A propos de la Garde Wallonne, il y est mentionné : Sa bravoure était à toute épreuve, sa fidélité n'a jamais été contestée, sa gloire est le patrimoine légitime de beaucoup de familles du pays ;

3 CASO Paul : Les soldats wallons au service des Bourbons d'Espagne, Le Soir, 19 octobre 1989 ;

4 G. du BOSCQ de BEAUMONT (1904) : La Garde Wallonne, Paris, Conseil Héraldique de France ;

5 On y trouve le blason "Fascé d'or et de sable de six pièces", attribué au premier chevalier de la lignée ;

6 Geneanet : Généalogie TERLINDEN - de POTESTA ;

    

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

Blasons des familles d'ANTHINES et de PARFONDRIEU (ou PARFONDRY) au château de Modave. La mention HEM fait référence à Jacques de HEMRICOURT, auteur du livre Le Miroir des Nobles de Hesbaye, détaillant la généalogie de tous ces chevaliers au moyen-âge. 1336 est l'année du décès de Gérard d'ANTHISNES.

13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 19:46

     On découvre ici l'une de ces photos très anciennes qui n'appartiennent plus uniquement à la mémoire mais bien à l'expression artistique d'une époque. Cette photo cartonnée a été prise en mars 1892. C'est probablement celle qui nous permet de remonter le plus dans le temps de notre mémoire personnelle. Cette mémoire qui, selon Milan KUNDERA, photographie et ne filme pas. 

    Cette photo nous montre le visage de Jules LANCELLE, né en 1846. Sa mort, à l'âge de 46 ans, est intervenue à la suite d'un accident de travail. Il serait tombé d'une échelle, d'un toit selon les dire qui nous sont parvenus. C'est l'un de mes quatre arrière - grands - pères (voir article : Se rappeler de ses arrière-grands-parents en ce 2 novembre). Il dirigeait une entreprise de tailleurs de pierre à Tirlemont. Sa fille cadette, Julienne, ma grand-mère, qui naîtra quelques mois plus tard, ne le connaitra jamais. 

     Retrouvé en même temps que la photo, les faire - part de décès nous en apprennent également un peu plus sur les moeurs de l'époque. La différence essentielle réside dans la multiplicité des services funèbres. Ceux-ci, au nombre de six, s'étalent entre le 14 mars et le 8 mai, soit sur 55 jours. Répartie entre quatre services religieux (Eglises Saint-Germain, Rév. Pères Dominicains, Frères Cellites et Saint Pierre à Grimde) et deux organisés par des sociétés (Sociétés La Fraternité et De Snelle Duif), la mort avait à cette époque un aspect marqué par les commémorations et le recueillement. On refaisait le chemin par lequel le défunt avait l'habitude de passer.

   La photo prise sur son lit est en soi expressive. Il y a comme une manifestation esthétique de la vie dans cette pose, ce regard. Comme le disait Thomas de QUINCEY1, la violence n'est qu'une occasion potentielle pour le style de s'exprimer2. Manifestement le style l'emporte d'autant que la partie émotionnelle, celle qui permettrait de relier à la souffrance, n'existe plus. Le temps a effacé l'empathie. Le lien génétique s'est estompé pour ne laisser que la photo souvenir que l'on peut désormais réintroduire dans son contexte sociétal.

Photo et faire - part de décès de Jules LANCELLE (1846 - 1892) et de Victorienne GUILLAUME(1847-1915)
Photo et faire - part de décès de Jules LANCELLE (1846 - 1892) et de Victorienne GUILLAUME(1847-1915)
Photo et faire - part de décès de Jules LANCELLE (1846 - 1892) et de Victorienne GUILLAUME(1847-1915)

Photo et faire - part de décès de Jules LANCELLE (1846 - 1892) et de Victorienne GUILLAUME(1847-1915)

     Les lieux des services funèbres sont en étroite relation avec la vie du défunt et de sa famille. La principale observation qui en découle réside dans le fait que ce dernier ne dépendait pas de la paroisse de l'Eglise Notre - Dame - du - Lac (Onze-Lieve-Vrouw-Poelkerk), qui se trouve sur la Grand - Place de Tirlemont (Grote Markt van Tienen). La première célébration religieuse s'est en effet déroulée dans l'église Saint - Germain, située en dehors du centre-ville, sur la Veemarkt (Marché aux bestiaux). Elle sera suivie de deux services en lien avec des congrégations religieuses, celle des Dominicains ensuite celle des frères Alexiens (ou Cellites), affilié à la règle de Saint Augustin et prenant en charge les malades mentaux. Il s'en suivra un service à l'église Saint-Pierre à Grimde, cet ancien hameau qui est désormais englobé dans les extensions de la célèbre Raffinerie tirlemontoise, entreprise emblématique de la ville.

     Les deux derniers services religieux sont par contre plus éloquents. Organisés par deux sociétés, très probablement liées aux activités extra-professionnelles du défunt, elles permettent d'en connaître un peu plus sur lui. Si celle dénommée La Fraternité doit mettre l'accent sur l'entraide à l'encontre de personnes en situation précaire, la seconde De Snelle Duif (traduction : Le Pigeon rapide) est en rapport avec le loisir qu'il devait pratiquer, celui de colombophile. Localisé dans un café portant le même nom, installé dans la Bostsestraat (traduction : rue de Bost), nous sommes en cette deuxième moitié du XIXème siècle, en plein développement de ce loisir3. Loisir qui, comme on l'a déjà développé, arrivera dans ma famille par la suite (voir article : Ils ont été des coulonneux).

    Les lieux, le nombre des services religieux et la nature des sociétés attestent de l'environnement dans lequel devait baigner Jules LANCELLE. Tous situés en dehors du centre-ville, dans la banlieue sud, ils sont des indices pertinents d'un cadre de vie coexistant avec un milieu populaire. 

    Quant au choix de l'imprimeur de la photo du défunt, LINSKENS et GRAFE, celui-ci s'est porté sur le plus connu de la ville. Pour rester sans doute en adéquation avec la notoriété de l'entreprise que dirigeait Jules LANCELLE. De nos jours, on peut encore retrouver ce type de photos de cet imprimeur sur des sites de vente.

    A la lecture des faire-part de décès du couple LANCELLE - GUILLAUME, on y apprend qu'ils étaient tous deux originaires de Beauvechain. Y trouvant, dans cette origine, l'explication de l'utilisation du français, et non du flamand. Tirlemont était, à cette époque, la ville de référence pour les populations environnantes des cantons francophones de Jodoigne et Hannut. Depuis sa création en 1836, la Raffinerie Tirlemontoise - RT était devenue un pôle d'attraction économique pour l'ensemble des villages de cette Hesbaye disposant des meilleures terres agricoles du pays4.

     En recherchant des éléments sur la généalogie de Jules LANCELLE, on découvre5 qu'il a été le seul de cette famille a ne pas avoir fait partie des centaines d'habitants de Beauvechain à migrer vers les terres du Wisconsin. Parmi toutes ces personnes, on recense ses grands-parents (Jacques LANCELLE et  Catherine DURDU), son père Noël avec sa deuxième épouse (Joséphine QUOITOT), auxquels se joignirent les frères (Simon et Guillaume) et les soeurs (Célestine, Marie Joséphine et Marie Octavie) de ce dernier. Sans oublier Nicolas, le propre frère de Jules qui fit également partie du contingent qui arriva à Red River Towship vers 1870. Un lieu se nommant Misere Road existe de nos jours en bordure du lac Michigan6, en référence avec l'un des hameaux de Beauvechain, dénommé La Misère. Jules, on ne sait pourquoi, n'accompagnera pas le reste de la famille. Le fait qu'il s'était marié peu avant en 1868, doit être un début d'explication. Aucun GUILLAUME n'est mentionné dans la liste des départs, indication probable d'une meilleure assise financière de cette famille. Jules quittera cependant Beauvechain pour aller chercher du travail à Tirlemont.

    On retrouvera cette commune de Beauvechain quelques années plus tard lorsqu'Emile, l'instituteur, s'y installera en 1914 pour y exercer son métier. Peu de temps après, il rencontrera Julienne LANCELLE, la fille cadette de ce couple7, très probablement chez Marthe GUILLAUME, la couturière chez qui il venait se faire confectionner ses costumes. Et qui me donne, in fine, l'explication des affinités ayant existé entre les familles PARFONRY et GUILLAUME. Chaque fois que je me promenais avec mon grand-père dans le village, il s'arrêtait devant la maison GUILLAUME, située dans la rue du Monty, pour échanger quelques paroles. Je n'avais jamais saisi l'explication de cette préférence.

    L'analyse des éléments en rapport avec la photo du défunt me donnait l'explication d'une interrogation remontant à l'enfance. Elle est dorénavant photographiée dans la mémoire de notre histoire pas seulement pour le lien généalogique mais surtout pour les différentes clefs qu'elle a permis d'ouvrir. L'histoire de ces wallons du Wisconsin refait aussi surface pour rappeler l'un des épisodes importants de l'histoire de notre terre d'origine.

 

1 Thomas de QUINCEY ( 1785-1859 ) : écrivain anglais (dont : De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts) ;

2 Cité par Adam THIRLWELL dans son interview par Ysaline PARISIS (suppl. FOCUS Le Vif du 12 février 2016) ;

3 Si ce sport est attesté dès le fin du XVIIIème siècle dans la région liégeoise, l'importance du rôle des pigeons lors du siège de Paris en 1870 par l'armée prussienne constitua un catalyseur pour son développement ;

Petit rappel : mes parents se sont rencontrés dans un bal à Tirlemont en 1946 ;

5 DUCAT Jean (2000) : Brabançons du Nouveau Monde : contribution à l'étude de l'émigration de Belgique méridionale vers les Amériques au 19ème siècle ;

6 A proximité de lieux comme Namur, Brussels, Rosières autres endroits témoignant d'une origine belge de ces migrants ;

7 Julienne avait deux frères qui reprendront l'entreprise comme tailleurs de pierre et une soeur ainée Marie Josèphine ;

7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 11:23

     Dans l'énoncé des différents articles relatant la vie de certains personnages ayant porté notre patronyme, le prénom Emile est apparu à trois reprises. Leurs parcours détaillés ont attiré l'attention et leurs destinées se sont ainsi retrouvées dans des revues à diffusion locale.

     Il a été fait mention, à plusieurs reprises, de l'horloger, celui qui réalisa la désormais renommée Boîte du roi , cette montre à gousset avec la représentation du roi Léopold II sur le cadran. Cette particularité fut développée dans un article de la revue UURologisch Nieuws d'août 2012, intitulé  Parfonry, een Brussels uurwerkmaker ... 1, et rédigé par Eddy FRAITURE.

     Il fut question aussi de l'instituteur de Beauvechain, mon grand-père. Celui qui est resté attaché à son école pendant 37 années et qui nous a légué toute une série de photos de classe. Les articles reprenant son parcours dans ce blog ont créé un intérêt au niveau de la revue locale Le Bulletin du Centre culturel de la vallée de la Néthen. Il s'en est suivi trois articles successifs sur les instituteurs de ce village, rédigés par l'historien du village Thierry BERTRAND (+). Et le premier, publié en 2008 (numéro 155), est intitulé Emile Parfonry et l'école des garçons de Beauvechain 1914 - 1950.

     A ces deux Emile de la branche des PARFONRY de Neerheylissem est venue s'y ajouter récemment une troisième personne à cet inventaire. Laquelle n'avait néanmoins pas attendu nos recherches pour qu'il soit présent dans la littérature. Militaire au Congo au temps de l'explorateur H.M. STANLEY, le parcours de cet Emile se retrouvait déjà dans plusieurs ouvrages importants de cette période coloniale, si emblématique de notre pays. Même si Hotton, sa ville de naissance, lui a dédié son nom à la rue principale, son histoire était cependant tombée dans l'oubli depuis plusieurs décennies. La faisant redécouvrir dans ce blog, les détails qui en ressortaient ont attiré l'attention d'un de ces anciens qui s'efforcent de faire revivre le passé de notre colonie. Fernand HESSEL qui est aussi, pour la circonstance, un ancien collègue de travail, remontant à la période de la DGD au SPF Affaires Etrangères, a eu une carrière centrée sur le secteur de l'éducation, et consacrée principalement au Congo. Il contribue de nos jours, par de nombreux articles, à la publication de l'excellente revue Mémoires du Congo et du Ruanda-Urundi  (abréviation : MdC) qui s'efforce de redynamiser les connaissances sur ces pays. Dans le numéro 36 de décembre 20152, un article, intitulé Un pionnier de chez nous, a été consacré à ce militaire. Sur un plan d'appréciation personnelle, ce dernier numéro comporte également deux autres articles très instructifs, l'un intitulé Le pagne dans tous ses états et surtout Ishango, il y a 20 000 ans au Congo. Ce dernier article nous rappelle l'histoire de ces os, découverts en 1950, et présentant des traits symétriques incisés. Les scientifiques avancent l'idée qu'il s'agit du plus vieil objet d'aide au calcul. On y apprend aussi que ce bâton d'Ishango  fera partie de la prochaine mission en apesanteur ou, reprenant la symbolique de l'os se transformant en engin spatial dans le film l'Odyssée de l'espace, il abandonnera sa capsule et sera lancé dans l'infini. Superbe message sur le lien entre les connaissances anciennes et actuelles.

 

Revue Mémoires du Congo n°36 (page de couverture et article  Un pionnier de chez nous)
Revue Mémoires du Congo n°36 (page de couverture et article  Un pionnier de chez nous)

Revue Mémoires du Congo n°36 (page de couverture et article Un pionnier de chez nous)

      L'article de la revue MdC retrace la brève carrière du sous-lieutenant Emile PARFONRY, issu de la branche d'Erezée. De sa naissance en 1857 à son décès en mars 1883, on y relate brièvement son parcours. Marqué essentiellement par son séjour de huit mois au Congo, celui-ci est matérialisé au travers du nom donné à la rue principale de sa ville de naissance mais surtout par l'évocation élogieuse que lui a adressée l'explorateur H.M. STANLEY dans son livre3  et reprise au milieu de l'article. Non mentionné, par manque de place probablement, sa rencontre à Isangila, ou il officiait comme chef de station, avec le futur Sir Harry Hamilton JOHNSTON, cet anglais qui deviendra plus tard l'un des concepteurs, avec Cecil RHODES, de la stratégie d'expansion coloniale avec les expressions  From the Cape to Cairo et Scramble for Africa (voir article : Une rencontre à Isangila le long du fleuve Congo). Reste à espérer qu'un jour on puisse retrouver sa tombe au cimetière de Manyanga4, là ou furent enterrés les premiers expatriés durant cette période5.

    Dans un autre article de ce numéro, intitulé La conquête de la DOA (Deutsch Ostafrika), est rassemblée l'historique de la guerre menée en 1916 par la Force Publique contre les possessions allemandes en Afrique Orientale. On y trouve à plusieurs reprises, la mention du colonel MOLITOR, celui qui reprendra le Rwanda et sera donc à la base du transfert de cette colonie dans le giron de la Belgique. Or, ce nom n'est pas inconnu dans notre propre histoire.

   Dans la lettre du 22 janvier 1930 écrite par l'horloger Emile PARFONRY et adressée à Narcisse PARFONRY, l'un des frères de ce militaire, il est fait mention de ce nom (J'ai causé plusieurs fois chez M. Molitor, cantine de la Cambre, avec feu votre frère Emile Parfonry alors sous-officier, je conserve sa photo). S'agit-il de la même personne ? Aucune certitude. Si on interprète les paroles, ces discussions ont eu lieu avant le départ du militaire Emile PARFONRY pour le Congo, en 1882, soit au moins 48 années plus tôt. L'horloger était âgé à ce moment de 30 ans et le militaire de 25 ans. Quant à Philippe MOLITOR, né en 18696, devenu par la suite général, il n'était âgé que de 13 ans. Les dates ne présentent pas une réelle concordance pouvant valider la rencontre entre les deux militaires. Même si l'origine luxembourgeoise (MOLITOR est natif de Villance, commune de Libin, près de Mirwart) et son début de carrière à l'Ecole militaire  (sous-lieutenant en 1889) apportent un début de similitude avec la biographie d'Emile, le militaire. Et tous deux bénéficient d'avoir une rue à leur nom dans leur commune de naissance7.

 

1 Traduction : Parfonry, un horloger bruxellois ... ;

2  memoiresducongo.be/wp-content/uploads/2016/03/MDC-36.pdf ;

3  STANLEY H-M (1885) : Cinq années au Congo, Bruxelles, ING ;

4 A ne pas confondre avec le cimetière des pionniers de Ngaliema, à Kinshasa ;

5 Il fut probablement l'un des derniers à être enterré à Manyenga car la première inhumation à Ngaliéna , celle du lieutenant Grang, eut lieu le 11 avril, soit quelques jours après le décès d'Emile Parfonry ;

6 Source : Acad. Roy. Sc d'Outre-Mer. Biographie Belge d'Outre-Mer, T VII-C, 1989, col. 301-306;

7 Une rue Général MOLITOR existe dans le village de Villance, lieu de naissance de Philippe MOLITOR ;

20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 09:07

   Les esprits continuent à cogiter dans la famille. Après les contributions de Caroline et d'Agnès (voir articles : De Neerheylissem à Briou, une famille française ; Une vraie histoire de famille expliquée), voici qu'une nouvelle édition limitée vient de paraître à Briou. 

   JPP y est allé de son cru (ndlr : mot qu'on peut comprendre ici dans les deux sens) pour apporter son aumône au parcours dynamique que cette saga a déjà mis en évidence. Cela s'appelle : La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Tout un parcours mal catalogué me direz-vous. Et bien pas tant que ça. JPP, dans son avant propos, nous parle d'un humour décalé  et d'un pensum contemplatif de la vieEn bref, il nous averti que sa prose est abordée à la façon d'un DESPROGES, compulsif, créatif et pouvant paraître incohérent.

    Déjà le titre sonne comme une harmonie de choix dans les mots. Plutôt que de nous dire que la vie est faite de bric et de broc, il distille la consonne v aussi facilement qu'un texte de Pierre PERRET. Il nous explique également que tout cela a démarré par l'achat d'un lot de post it. On imagine, en voyant le nombre de ces petites phrases récupérées et rassemblées dans un certain ordre incertain, à ce qu' a du ressembler la longère de Briou. Manifestement, ce qu'on appelle la part du sacré de tout homme, la plus sincère et honnête, a du s'extérioriser par jets impulsifs et compulsifs sur n'importe quel support solide. 

    Détaillant et répertoriant ses pensées, utilisant les titres de ses chapitres à la manière d'un livre classique, tel Trois hommes dans un bateau de JEROME - K - JEROME, JPP avance ainsi dans son roman personnel, abordant tout autant son père, sa soeur, ses nièces, ses ex et surtout sa mère, une résistante de la première heure, mais aussi ses coups de coeur. Et c'est là que l'on se rend compte que la cohérence des mots, des courtes phrases ne peut être perçue que si on lit le texte d'une traite comme il nous l'a été conseillé.

   Impossible de détailler ce recueil de faits, de moments de plaisirs, de lieux, de rencontres, de prénoms, de noms. De cette vie en vrac, on en ressort avec le fait que ce fut une vie dense, remplie dont chaque élément est resté gravé dans son for intérieur. Il a suffi d'un déclic, d'un désir de participer à l'aventure de renouveau des PARFONRY pour faire ressortir en quelque sorte ce qui peut constituer un cadre structuré pour une future écriture moins élaguée assez détonante selon moi.

   Ce recueil confidentiel ne nous empêche pas d'en retirer quelques perles, pour faire comprendre plus pertinemment du ton et des termes employés. La plus éloquente, la mieux ficelée car la plus incompréhensible est : Ne pas oublier Renoir à Paris que rencontra maman avec Jo (ndlr : je crois bien qu'il s'agit du cinéaste Jean Renoir, himself)

    Ou alors, pour nous montrer qu'il a voyagé : Souvenir d'une expédition en Casamance et d'avoir dormi sur la future plage du Club-Med envahie de moustiques géants.

     Et quelques autres que j'ai reprises au gré de ma lecture :

On avait une grande maison et un grand jardin dans une avenue calme

Les cataplasmes à la moutarde et les plaisirs de la lecture

Le poulet de Bresse aux morilles avec des vins de Bourgogne de rêve chez Raymond et Jacqueline

La recherche des vers de terre pour la pêche dans le fumier de La Courtinière

   On retiendra aussi la définition qu'il donne de la femme, laissant parler son arrière plan poétique. Elle donne le bonheur équilibré si on peut résumer sa pensée. J'y apprend également qu'il a habité, avec ses parents, au Km 7 de la Route de Rufisque à Dakar, soit non loin de mon lieu de travail quelques années plus tard au Km 15. Mentionnée mais non dévoilée par pudeur, la référence à Raysine, sa chienne, est tangible.

   Pour terminer par un dernier chapitre intitulé Et pour finir, JPP aime. Dans lequel, est énuméré le catalogue de toutes les choses que la vie nous amène à côtoyer si l'on est enclin aux rencontres, à faire s'épanouir ses cinq sens. Il y en a cinq pages entières, simple listing de choses, de petits moments. C'est simple, il a aimé et il aime beaucoup JPP. De quoi lui trouver pendant de nombreuses années encore des idées de cadeaux. J'en ai extrait une seule, ce moment qu'il doit apprécier le plus : Rouler à 70 km/heure sur les routes désertes de Sologne.

   Pour finir le tout par deux petites réflexions qui approfondissent in fine le caractère de ce quartier-maître, de ce solognot restant centré sur son environnement naturel. Les définitions qu'il nous donne de la vie, de l'harmonie en y insérant le problème existentiel du manchot (tout est question d'équilibre) et celui de l'araignée (ça ne tient qu'à un fil ) se devaient de nous rendre plus intelligent. Rassure-toi JPP, tu y es arrivé.

     As-tu le sentiment de t'inscrire dans cette tirade écrite par Guy BEDOS, pour son dernier spectacle à l'Olympia, il y a trente ans :

    La vie serait - elle une comédie italienne ? Buena sera, signore, signori. Tu ris, tu pleures. Tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs. Tu meurs, tu vis. Comediante, tragediante. C'est çà, c'est çà, la vie1. 

   Dernier petit détail, rien que pour les puristes et les amateurs de jeux télés : les premiers pas sur la lune datent du 20 juillet 1969. Mais probablement que les gaz lacrymogènes de l'année précédente ont brouillé le son et l'image.

    Si vous n'aimez pas les femmes, la nature, mais aussi plein d'autres choses n'en dégoutez pas les autres2. On devrait s'en tenir à cette sentence après avoir lu en continu. C'est sur, je vais m'efforcer de relire Albert CAMUS  et découvrir Maria CASARES. Pour combler  assurément certaines lacunes sur la vie, sur l'harmonie. 

 

1 Guy BEDOS : Je me souviendrai de tout, Ed. Fayard, 233 pages, 2015 ;

2 Phrase adaptée d'une chronique de Charline VANHOENACKER, A la santé des enfants du rock, lu sur France Inter ce 16/11/2015, et rédigée à la suite des attentats du 13 novembre à Paris ;

 

La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Les éditions du Briou (JPP)

La vie en vrac (ou pas dans l'ordre). Les éditions du Briou (JPP)

2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 15:28

   En ce jour de Toussaint, pourquoi ne pas se rappeler de ceux et celles qui n'auront pas le privilège de voir passer leurs proches, leur descendance, faute le plus souvent de n'avoir plus été dans la transmission de la mémoire.

    Si nous avons en principe quatre grands-parents, ce nombre passe à huit pour les arrière-grands-parents. En dehors de ce simple calcul de logique mathématique, qui peut encore énumérer le nom et le prénom de ces huit personnages. Le travail mené tout au long de la rédaction des articles de ce blog m'a conduit à revisiter cette histoire familiale, à me rapprocher mentalement de toutes ces racines qui constituent aujourd'hui mon matériel génétique. En cette journée du 2 novembre, le lien semblait approprié. C'est pourquoi, voici brièvement rappelé, avec les quelques dates rassemblées, les noms et prénoms de ces quatre couples, de ces huit arrière-grands-parents. Une seule pierre tombale, celle du couple PARFONRY - DESTAT, a été recherchée et découverte en 20061. Elle n'existe plus de nos jours, remplacée par une nouvelle sépulture destinée à recevoir les générations plus récentes.

     Sur cette simple énumération, il en ressort une homogénéité qui n'est plus de mise de nos jours : concentration géographique (Brabant wallon de l'Est) et professionnelle (milieu agricole). Seules exceptions à la régle, la ville de Tirlemont (Tienen de nos jours) et le métier de taillleur de pierre sont en incohérence, même si on peut considérer que, pour cette période, la ville de Tirlemont était  encore le poumon économique et judiciaire de cette région.

Du côté des parents de ma maman

A. Parents de Jean BERGER, le négociant en grains

   1. Adolphe BERGER (Orbais, 3 novembre 1856 - Orbais, 19 novembre 1935), cultivateur (7ha 61 de superficie) et négociant,  marié  à Orbais le 17 décembre 1880 à 

   2. Rosine LENGELE (Bienne-lez-Happart, 9 février 1861 - Orbais, 18 mai 1934), épicière

B. Parents de Maria DELEUSE

   3. Louis DELEUSE, meunier, marié à Thorembais-Saint-Trond le 22 avril 1879 à

  4. Eugénie DICTUS, ménagère

Ce couple a occupé le moulin de Thorembais-St-Trond à partir de janvier 1902. De nos jours, c'est Lydia LEPAGE, une arrière-petite-fille, qui exploite toujours le domaine agricole, le moulin ayant quant à lui été détruit (voir article : Du côté de ma maman).

Du côté des parents de mon papa

C. Parents d'Emile PARFONRY, l'instituteur

  5. Alexis PARFONRY (Neerheylissem, 16 juin 1853 - Neerheylissem, 2 juillet 1924), cordonnier, cultivateur (2ha 13a 10ca), marié à Opheylissem le 8 octobre 1883 à

 6. Joséphine DESTAT (Opheylissem, 11 décembre 1855 - Neerheylissem, 20 janvier 1942), ménagère

D. Parents de Julienne LANCELLE3

  7. Jules LANCELLE (Beauvechain, 15 janvier 1846 - Tirlemont, 11 mars 1892), tailleur de pierre, décédé accidentellement avant la naissance de Julienne LANCELLE, née le 26 août 1892, marié à

  8. Victorienne GUILLAUME (Beauvechain, 14 mars 1847 - Tirlemont, 3 juillet 1915 ), ménagère

  Une liste qui pourrait inviter à rechercher des informations nouvelles, ne nous limitant plus sur l'environnement de notre seul patronyme. Et il semble assez probable d'établir la liste de la plupart des seize arrière-arrière-grands-parents.

Question test : Pouvez-vous vous rappeler, sinon retrouver aisément, les noms et prénoms de vos huit arrière-grands-parents ? Si la réponse est positive, vous avez de quoi disposer de suffisamment de crédits pour vous lancer dans l'aventure de votre histoire familiale.

 

1 A l'occasion de la visite à Neerheylissem  en août 2006 en compagnie d'Agnès et de Jean-Pierre ;

2 Un article de ce blog , intitulé Des gênes inavoués du côté maternell, relate l'histoire de Rosine LENGELE, en particulier sa naissance  à Bienne-lez-Happart, près de Lobbes, dans le Hainaut 

3 Je reviendrai plus spécifiquement dans un autre article sur ce couple LANCELLE-GUILLAUME ;

Sépulture du couple A. PARFONRY - DESTAT (credit : Roland PARFONRY)

Sépulture du couple A. PARFONRY - DESTAT (credit : Roland PARFONRY)

16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 16:58
Coupes gagnées par Georges, le colombophile, en fin de carrière

Coupes gagnées par Georges, le colombophile, en fin de carrière

Médailles à titre de reconnaissance de la R.F.C.B (Royale Fédération Colombophile Belge) à Emile (François) PARFONRY (à gauche) et à Georges PARFONRY (à droite)

Médailles à titre de reconnaissance de la R.F.C.B (Royale Fédération Colombophile Belge) à Emile (François) PARFONRY (à gauche) et à Georges PARFONRY (à droite)

      Les articles de ce blog mélangent, de façon aléatoire, les personnages, les siècles, les lieux, au gré des découvertes mais aussi des sensations de celui qui les rédigent. Un aspect de sujets fourre-tout sans hiérarchie, découlant de la méthode de travail utilisée.

    La récente édition du livre Quelle famille.2 ! (voir article : De Neerheylissem à Briou, une famille bien française), faisant suite à une précédente moins importante (voir article : Une vraie histoire de famille expliquée), est en soi la preuve qu'une certaine maturité dans les idées, sur le parcours de ces personnages, sur l'histoire de ce patronyme, sur la géographie de ces lieux est en train d'être atteinte. Après avoir fermenté durant sept années, au travers de plus de 300 articles, le chemin de la finition, de la compréhension, de la délivrance apparait. Les découvertes ne se feront plus avec la même intensité. Les clefs semblent être désormais suffisantes pour tirer la chevillette et faire tomber la bobinette de cette maison, remplie d'histoires. 

  Raconter la vie des personnes qui nous ont précédés constitue un acte de transmission permettant de découvrir le contexte sociétal et de sauvegarder la mémoire familiale et historique. Du moins, certains aspects de cette mémoire. Ceux qui finalement sont restés encrés dans nos souvenirs. 

   Dans la biographie qui m'a été concoctée dans ce livre, il est précisément mentionné que je suis issu d'une lignée de colombophiles. Quoi de plus normal dès lors que de rebondir sur ce rapport avec un sport populaire, popularisé par la bande dessinée Le Vieux Bleu1 et par l'expression Les convoyeurs attendent2sans oublier de rappeler de l'importance accordée aux pigeons lors des guerres. De plus, la Belgique, et la région liégeoise en particulier, est considérée comme le berceau de ce sport.

   L'histoire a débuté peu après 1945. Proche de sa retraite, Emile, l'instituteur, y trouvait une occupation pour utiliser son futur temps libre. Il fut un colombophile passionné tout au long de sa vie, fréquentant le café Poisman puis le café Renaissance où étaient réalisés les enlogements. Passion qui résulte très certainement de l'un de ses amusements favoris au cours de sa jeunesse. Cela constituait à peindre la carapace des hannetons et à les lächer un peu plus loin afin d'observer leurs retours3. Le nombre de volières dans lesquelles il élevait  ses nouveaux bleus n'a jamais cessé de rythmer sa passion. Il s'activera à réaliser manuellement les classements des concours sur de grandes feuilles, comportant de nombreuses colonnes de chiffres. 

     Jusqu'en 1995, soit durant un demi-siècle, les pigeons ont ainsi rythmé la vie familiale, que ce soit à Beauvechain, puis dans une maison à Auvelais, choisie parce qu'elle disposait d'un pigeonnier dans le grenier, avant de terminer dans la nouvelle habitation à Tamines, là ou impérativement le pigeonnier fut construit en premier pour permettre une acclimatation rapide des volatiles. Georges,  le fils, peu motivé au départ semble t-il, pour s'impliquer, a finalement relevé le défi, allant jusqu'à devenir Président de la Société colombophile (voir article : Georges, le colombophile).

    Je ne sais si cela a été une chance pour moi. Vivre pratiquement jusque l'âge de mes 24 ans au contact des sensations ressenties, d'un mode de vie ciselé par les concours, des expressions formulées autour de ce sport, n'a jamais été perçu comme une obligation pour en poursuivre sur une 3ème génération. Pensez - donc, les vacances étaient quelque chose d'inconcevables dans ce milieu. Et le repos du dimanche était carrément utopique vu que les lâchers pouvaient se faire très tôt. Espérer que j'apporte une aide quelconque, alors que je devais, sans trop le faire paraître, gérer ma courte nuit de sommeil, devenait trop héroïque. Sans compter, mes absences pour aller prendre l'apéro avec les copains et copines au Café Caméo des Alloux, profitant d'une heure du repas incertaine, compte tenu d'un timing élastique d'arrivée des pigeons. Honnêtement, je crois que, pendant toutes ces années, j'ai du approcher moins de dix fois un pigeon dans son colombier. Remerciant donc mon père de ne m'avoir à aucun moment forcé la main. 

      Un sport, héritier en quelque sorte de ce droit seigneurial octroyé aux propriétaires de ces châteaux-fermes, autorisés à disposer d'un colombier au-dessus de l'entrée principale. Les colombophiles avaient conservé cette prestance, cet air faussement aristocratique, qui faisaient oublier leurs tabliers de travail, le raclement journalier des fientes. Le nombre de bonniers était remplacé par le nombre de pigeons pour attester de l'importance de l'élevage. La séquence du dimanche matin, entre avril et octobre, aurait pu servir de sujet pour un sketch. Dès l'aurore, les communiqués colombophiles, diffusés, par la radio nationale, d'heure en heure, ne laissaient aucune place à la conversation. Je mémorisais de la sorte toute une série de localités inconnues, réparties sur des lignes de vol que les pigeons devaient en principe suivre. Cette litanie de noms de localités constituait en quelque sorte la seule ouverture sur le monde de tout ce petit microcosme. Dans un jargon austère pour le profane, une speakerine lisait des notes très codées, du genre4: Momignies, couvert, 25 km/heure, W à SW, Bogaert à partir de 7h 30, Transcona à partir de 8 heures5

     Sport reposant sur le sens d'orientation des volatiles, la capacité de développer un palmarès honnête ne dépend pas vraiment de cette seule aptitude naturelle. Le bonus pour faire partie de l'élite est régi par trois axes essentiels. Le premier est basé sur la monogamie du pigeon et la participation active du colombophile à sa vie amoureuse. En complément de l'accouplement obligatoire en matière de sélection, le veuvage est l'un des termes les plus prisés dans cet environnement. Il consiste à séparer le couple pendant la semaine avant de présenter la femelle au mâle quelques minutes. En espérant que l'émoi contracté favorisera un retour rapide de ce dernier. Le deuxième axe repose sur la nourriture. Un colombophile averti ne se contente pas vraiment des graines de céréales et des mélanges vendus dans le commerce. Il ajoute, sans complexe, comme potion magique, des décoctions de toutes sortes, mais aussi quelques graines de chanvre (il kiffe le pigeon) pour stimuler l'ardeur de son protégé. Et pour compléter ce tableau, le pigeon se verra empêcher, au retour d'un vol d'entrainement quasi journalier, de se poser, quitte à tournoyer un certain temps afin de favoriser sa musculature. Au final donc, beaucoup de similitudes dans la préparation entre le pigeon et un coureur cycliste pour en arriver au plus haut niveau. Même en connaissant de mémoire l'ascension du Mont Ventoux, un coureur comme Richard VIRENQUE n'aurait pas été assuré d'arriver le premier. Il en est de même chez les coulonneux.

   Le plus décevant finalement, ce sont tous ces termes spécifiques à ce sport populaire qui n'ont pas obtenus un droit d'asile dans les dictionnaires. Que ce soit coulonneux6, pigeonniste, constateur7, enlogement8, clapettes9,...., tous sont ignorés. Contrairement à certains termes de golf tels que fairway, par, tee, putt,... sport bénéficiant d'une plus grande bienveillance malgré sa terminologie typiquement anglaise d'origine. Comme pour signifier que, malgré son expansion internationale10, le caractère populaire et peu avenant de la colombophilie ne peut rivaliser avec la technique, le charisme avoué des meilleurs golfeurs et la spirale ascendante de ces pratiquants.

    De toute cette époque, il n'a été conservé que deux coupes et deux médailles11. Le reste est parti dans les oublis des déménagements. Hélas, aucun des résultats de ces concours, publiés sur des feuilles très larges, nous sont parvenus. Probablement les deux dernières coupes attribuées à Georges, venant couronner un loisir assumé avec dévouement et passion. On peut y lire successivement :  

     Prix du dévouement. Conseil sportif Sambreville 94 12

    Champion de vitesse et de Demi Fond. Champion général.

      De toute cette époque, il ne nous reste que quelques photos. Pour compléter l'article et en montrer des moments de vie, elles sont ajoutées ci-dessous. 

photo 1 : Emile, l'instituteur, à Beauvechain, tenant un pigeon de la manière la plus conventionnelle, les pattes maintenues entre l'index et le majeur (avec le pigeonnier en arrière plan); vers 1953 ;

photo 2 : Georges, à Tamines, rentrant dans le colombier pour aller constater un pigeon revenant d'un concours; vers 1980 ; (n.b. : les clapettes sont bien visibles, au-dessus,  à chacune des entrées du pigeonnier);

photo 3 : présence insolite de pigeons en bordure de la pelouse, au pied du pigeonnier ;

photo 4 : autre présence insolite et rare de trois générations; Georges à gauche (tête uniquement), Roland (avec le poignet et un bras cassés suite à un accident de voiture dans les gorges du Zaïer au Maroc) et François ; été 1985 ;

photo 5 : réunion de colombophiles à l'abbaye de Brogne (St Gérard) ; Georges, Président de la Société L'Indépendante de Tamines, et son épouse à gauche, en face : Jean WIART, Président provincial de Namur ; vers 1990 ;

 

1 WALTHERY François et CAUVIN RAOUL, Le Vieux Bleu, Marcinelle, Ed. Dupuis, 1980, 48 pp. ;

2 Les convoyeurs attendent : film de Benoit MARIAGE avec Benoit POELVOORDE et Bouli LANNERS (1999) ;

Cette pratique est similaire à celle utilisée avant la découverte de la bague de caoutchouc en 1888; les pigeons étaient marqués par des taches de couleur ;

4 Extrait du livre Les convoyeurs attendent, de Françoise LEMPEREUR, éditions DUCULOT et RTBF, 1990, 195 pp. ;

5 Ce qui signifie : A Momignies, lieu du lâcher, le temps est couvert avec des vents de 25 km/h, de direction W à S-W; (vu que la ligne de vol présente une météo correcte), le convoyeur Bogaert lâche ses pigeons à partir de 7h30 et le convoyeur Transcona à partir de 8h. ;

6 Coulonneux : Mot, originaire du wallon, désignant le colombophile ;

7 Constateur : Appareil permettant de contrôler l'heure d'arrivée du pigeon  en introduisant la bague plastique placée sur la patte dans une capsule métallique ;

8 Enlogement : Local générallement situé à l'arrière d'un café, où l'on emmène les pigeons pour le concours en les mettant dans des paniers après avoir misé une somme d'argent ;

9 Clapettes : Système de tiges métalliques permettant au pigeon d'entrer dans le pigeonnier sans pouvoir en sortir ; 

10 Le Japon et Taiwan furent pendant de nombreuses années des acheteurs importants de pigeons belges ;

11 Les deux médailles portent la même mention sur les deux faces (LA R.F.C.B. A TITRE DE RECONNAISSANCE A ......., sur l'une et une empreinte d'une personne debout sur un socle avec un pigeon posé sur sa main droite, sur l'autre face) ;

12 Georges PARFONRY (1920-2006) s'est retiré des concours de manière définitive en 1995, lorsqu'il s'est installé, avec son épouse, dans un appartement  à Auvelais ;

   

Ils ont été des coulonneux
Ils ont été des coulonneuxIls ont été des coulonneux
Ils ont été des coulonneuxIls ont été des coulonneux
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 14:07
La villa, Avene de Ceinture, à Créteil

La villa, Avene de Ceinture, à Créteil

    La villa de Créteil, construite vers 1860 par le marbrier François-Xavier PARFONRY, montre, comme il a déjà été dit, une influence flamande, par la présence d'un élément de pignons à redents (ou à pas-de-moineaux), au niveau de la façade (voir article : La villa flamande de Créteil)

     Néanmoins, son style architectural compliqué laissait présager d'une autre influence. La façade triangulaire en briques rouges et jaunes, élancée vers le haut, et la construction d'une tourelle, apparaissent comme des éléments d'un autre style. Peu féru de connaissances dans ce domaine, la question est restée longtemps non résolue.

     Un récent parcours touristique à Mers-les-Bains et ses environs, à la lisière entre la Picardie et la Normandie, a permis de reconstituer l'ensemble architectural de cette villa. En bordure de l'océan Atlantique, différents styles se succédèrent au niveau des résidences secondaires construites par l'aristocratie et la haute bourgeoisie de l'époque. Le premier essor important débuta en 1860 avec l'apparition d'un style anglo - flamand. Caractérisé par l'emploi massif de la brique, l'absence de balcons et l'adjonction d'une tourelle, venant compléter le pignon flamand typique, ce style essaima " de manière sobre et répétitive"

   Style qui commença à se développer avec l'année de construction de la villa du marbrier à Créteil. On en déduit que François-Xavier a été au contact de ce type de nouveauté architecturale, dés le début de son apparition sur la côte atlantique. Une nouvelle preuve indéniable de son caractère innovant qui n'a pas cessé de l'habiter tout au long de sa carrière de marbrier. Même si la structure octogonale de la tourelle n'entre pas dans le concept strict de ce style, mais plus implicitement en référence au style Tudor du roi d'Angleterre Henri VIII.

   Sur le plan historique, ce style anglo - flamand, entre 1860 et 1870, correspond à la période dite libérale, post autoritaire, de Napoléon III. Si rien dans ce style ne correspond au luxe, au goût du faste de ce style Second Empire, s'inspirant des architectures de l'Antiquité, on doit y décéler sans doute la grande admiration de Napoléon III pour la modernité britannique2 ainsi que son appui à l'essor de la bourgeoisie pendant cette période de règne. Arrivant quelque temps après les séjours fréquents du roi Louis-Philippe3 au château d'EU, situé à proximité, lequel avait décrété l'Entente cordiale avec la reine Victoria4, on ne peut qu'y voir une hypothèse alléchante de liens avec l'apparition de ce style. Dés 1856, il convient de le rappeler, François-Xavier avait établi une collaboration en fournissant le marbre en Carrare pour le socle de la statue de Joséphine de Beauharnais5, commandée par l'Empereur et installée Place de la Savane à Fort-de-France, sur l'île de la Martinique (voir articles : Le socle de François-Xavier attend sa Joséphine, Le chef-d'oeuvre des Caraïbes, Il est toujours question du socle de Joséphine). La défaite cinglante de Sedan en 1870, devant les Prussiens, changera rapidement la donne. Une nouvelle conception architecturale verra s'installer par la suite des villas avec balcons, bow-windows que viendront parachever les décors floraux et végétaux, les courbes et les céramiques de l'Art Nouveau.

    Plusieurs bâtiments de la région font référence à ce style anglo - flamand. Le plus caractéristique et l'un des plus beaux exemples est sans aucun doute la ferme de Beaumer, située précisément à Woignarue, entre Mers-les-Bains et la baie de Somme. Le très bel ensemble de l'hôtel - restaurant Les Tourelles, dominant les hauts de la ville du Crotoy, en baie de Somme, en est un autre exemple. Dans cette optique, on pourrrait parler plus volontiers de style Tudor, rappelant les tours octogonales du château de Hampton Court, près de Londres.

    On ne peut qu'en conclure que François-Xavier avait pris, lui aussi, la direction de ce nouveau centre balnéaire qui se développera considérablement avec l'arrivée du chemin de fer en 1872 en gare du Tréport, face à Mers-les-Bains.

 

1 Selon le site Villes et paysages d'art et d'histoire ;

2 En 1860, Napoléon III signera un traité de commerce avec l'Angleterre, abolissant les droits de douane sur les matières premières ;

3 Louis-Philippe régna de 1830 à 1848 ;

4 La reine Victoria sera reçue à deux reprises au château d'EU ;

5 Seconde épouse de Napoléon Bonaparte, Napoléon III est son petit-fils ;

La Ferme de Beaumer à Woignarue

La Ferme de Beaumer à Woignarue

6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 20:04
Acte de décès de Constance PARFONRY

Acte de décès de Constance PARFONRY

    Il semble désormais que l'on connaisse de mieux en mieux tous ces PARFONRY de la branche de Neerheylissem. Qu'ils se prénomment Jean-Pierre, Jean, François-Xavier, Paul, Ferdinand, Emile (2), Georges (2), Jacques,....., ils apparaissent régulièrement à la lecture des nombreux articles de ce blog. Les recherches entreprises, depuis plusieurs années, font croire que tout a été dit et écrit sur cette famille. Tout ou presque sans aucun doute, de ce qui est possible. Il faut espérer cependant qu'il restera des recoins non explorés qui s'ouvriront à notre connaissance soit pour satisfaire notre curiosité, soit pour témoigner sur l'évolution de la société, soit pour maintenir l'attractivité de ce blog. C'est de l'une de ces zones d'ombre qu'il sera question ici. Pour la première fois, une femme PARFONRY de naissance, avec Constance comme prénom, nous a laissé un témoignage. 

   Constance PARFONRY est la soeur cadette d' Emmanuel et de Jean, ceux qui sont à l'origine de la lignée belge pour le premier, de la lignée française pour le second. Apparue dans les actes de baptême à Neerheylissem, elle y est née un 17 décembre 1801.

    Des différents actes retrouvés1, on peut retracer quelque peu une partie de son parcours. Première surprise, elle s'est mariée le 23 septembre 1832 dans l'église anglicane Saint Mary the Virgin de Douvres, dans le Kent. Le mari est un certain Thomas Georgius BROWNE, né le 5 février 1802 à Spott en Ecosse (région d'East Lothian, située sur la côte Est)

    Peu de temps après, on les retrouvent en Belgique à Ostende, habitant 23 Kerkstraat. Dans les actes, on y lit la mention d'un fils portant le même prénom que le père, décédé le 23 mars 1833, à l'âge de 2 mois et 12 jours. Le père y exerçait le métier d'handelsbediende (trad. littérale : employé commercial). Déclaré six mois après le mariage des parents, on se retrouve dans une situation similaire à celle de Jean PARFONRY et Jeanne LALLEMAND qui s'étaient également mariés trois mois avant la naissance de François-Xavier. 

     Pratiquement une année plus tard, le 11 avril 1834, le couple déclare le décès, à l'âge de 8 jours, d'un deuxième enfant, prénommé Charlotte Julie. Et deuxième surprise, ils se trouvent cette fois à Anvers. Le père y exerçait le métier de commis négociant, signification quasi identique au métier déclaré à Ostende. Par cette découverte, on apprend donc que Constance se trouvait à Anvers au même moment que Jean, son frère aîné. Elle y a donc manifestement connu François-Xavier ainsi que les deux frères (Alexis, Paul Ferdinand) et la soeur (Maria Ludovica) de ce dernier. A ses deux enfants décédés en bas âge, on peut y ajouter, pour la même période, les trois enfants mort-nés de Jean, successivement en janvier 1833, février 1834 et février 1837. 

    Cet énoncé funeste nous apporte une vision très réelle de la situation socio-économique dans laquelle se trouvait la famille PARFONRY à cette période. A la base, on se rappellera le décès de leur père, le maître charron en 1803 à l'âge de 41 ans. Des cinq enfants de ce dernier, deux décèderont en bas-âge (Marie-Christine en 1793 et Gabriel en 1800). Seuls Emmanuel, Jean et Constance survivront, âgés respectivement de 8, 6 et 2 ans au moment du décès de leur père. Une situation loin d'être favorable pour démarrer dans la vie. Avec une différence marquante pour Jean et Constance par rapport à celle d'Emmanuel, resté quant à lui à Neerheylissem. Même si un des 5 enfants de ce dernier mourra aussi en bas-âge (Marie-Thérèse, âgée de 4 ans), les 4 autres (Henri, Joséphine, Florentine et Julie) se marieront et resteront dans le voisinage proche de Neerheylissem, signifiant par là que les conditions de vie étaient plus acceptables. 

     Une telle différence repose sur des faits historiques. Faisant suite à la croissance enregistrée pendant la période française (1795-1815) et la période hollandaise (1815-1830), avec en particulier l'extension et le libre accès du port d'Anvers, la jeune Belgique, au moment de son indépendance, dut faire face à une nouvelle fermeture de l'Escaut2 par les Hollandais, furieux d'en avoir été éjectés manu militari3. Et en particulier frustrés de ne pouvoir bénéficier des investissements réalisés dans le domaine fluvial4. Le trafic maritime à Anvers, devenu supérieur à celui de Rotterdam, avec 1028 navires enregistrés en 1829, était redescendu à 398 en 18315. Avec, comme résultat, l'existence d'une situation économique catastrophique en Flandre6, alors que, pendant ce temps, le sud du pays bénéficiait d'un début de croissance résultant de la présence d'une nouvelle industrie, installée le long du sillon Sambre et Meuse7. La crise dans le monde agricole, faisant suite à de mauvaises récoltes en Hesbaye, avec la conséquence d'une migration importante vers le Wisconsin, ne surviendra qu'un peu plus tard.

   Du parcours décrit de Constance, on peut en déduire qu'il est évident qu'elle ait envisagé de migrer. Son mariage à Douvres l'atteste. Mariée dans une église anglicane, elle s'était probablement convertie. Pour quelle raison est-elle revenue à Ostende en 1833, puis à Anvers en 1834, alors que la situation économique se détériorait ? L'origine écossaise et le secteur d'activités de son époux en sont probablement l'explication. Croyant encore bénéficier d'une situation favorable, ils sont revenus dans les Flandres. Et manifestement, ils y resteront sans qu'on en connaisse plus. Le mari, Thomas Georges BROWNE est décédé à Courtrai le 19 octobre 1851, à l'âge de 48 ans. Quant à Constance, elle est décédée à Tournai, rue Saint Jean, le 9 juillet 1869. Agée de 67 ans, sans profession, elle.devait habiter seule car son décès fut déclaré par deux voisins, tous deux lieutenants au 5ème Régiment de ligne8. Les villes de Courtrai et Tournai étant distantes l'une de l'autre de 35 km, on peut penser que les époux sont restés proches jusqu'au décès du mari, 18 années plus tôt.

     Il y a peu de chances de retrouver dans d'autres documents des informations sur la vie de Constance. A t-elle perpétué des contacts avec François-Xavier, son neveu parti à Paris, et avec la descendance d'Emmanuel restée à Neerheylissem ? Les souvenirs, s'il y en a eu, se sont évanouis à jamais. Seul élément pertinent, Constance a été la seule à unir deux fleuves, anticipant ce que Bernard PIVOT considérera comme une quasi normalité près de deux siècles plus tard.

 

1 Site familysearch.org ;

2 La particularité d'Anvers est d'être un port intérieur, en bordure de l'Escaut ; l'embouchure du fleuve sur la Mer du Nord est située en aval, en traversant sur son parcours le territoire des Pays-Bas ;

3 Le 27 octobre 1830, l'armée hollandaise, sous l'impulsion de Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, bombarda Anvers comme dernière représaille ;

4 Avec la canalisation de plusieurs voies d'eau et le percement de nombreux canaux ;

5 Wikipedia : Anvers ;

6 Avec la réduction du commerce avec les colonies, la fermeture aux marchés hollandais et indonésiens et la quasi fermeture de l'industrie textile gantoise ;

7 La réouverture du port d'Anvers ne se fera qu'en 1863 ;

8 Cette présence de militaires s'expliquant par la proximité de la Caserne Saint Jean ;