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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:26

       Une nouvelle toile de Paul PARFONRY, est mise en vente depuis ce mois de mai 2011 sur le site " Expertissim.com ". Intitulée " La visite galante ", datée de 1890, elle est manifestement du même genre que la grande majorité des autres peintures de cet artiste.

      Estimée entre 500 et 600 €, c'est la quatrième toile a avoir été répertoriée sur des sites de vente. On se rappelera les trois précédentes :

                 Intérieur d'une chambre : Galerie Bruun RASMUSSEN, Copenhage, en septembre 1997;

                      L'interruption : William DOYLE Galleries, New York, en mai 2007;

                      Rencontre devant un hôtel particulier : Mes LAVOISSIERE et GUEILHERS, La Rochelle, en octobre 2008 ;

      C'est aussi le dix-huitième titre de tableau de ce peintre à être identifié depuis le début de nos recherches. Reflétant toujours le décor des intérieurs bourgeois du XVIIIème siècle, on ne peut y retrouver un quelconque avant-gardisme qui s'était déjà manifesté depuis quelques années avec la peinture impressionniste. Paul PARFONRY est resté, à travers plusieurs de ses peintures, un peintre quelque peu influencé par ce que l'on appelle " Le siècle galant du XVIIIème" toujours dans la lignée de la période d'une certaine décadence sous Louis XIV. Il n'avait nullement embrayé avec la nouvelle expression picturale qui allait marquer la peinture moderne. Il restait un peintre classique dont l'expression était basée sur le dessin classique et non sur le jeu des lumières et des couleurs. Par cette façon de reproduire son inspiration, il perpétuait manifestement la lignée de son père François-Xavier, qui avait toujours défendu l'art du dessin dans l'expression fondamentale de son métier de marbrier - sculpteur.

      Et, tout comme pour ses autres oeuvres, il est probable que l'on retrouve dans le décor, des pièces encore présentes de nos jours chez sa descendance. Et élément supplémentaire, on y voit, à travers la fenêtre, une tourelle  qui doit très probablement être une reproduction d'un lieu connu par le peintre.

 

                                  La visite galante (huile sur toile; 56 x 46 cm)

                                              ( source : Expertissim.com)

La-visite-galante.jpg

  Cette toile a finalement été vendue

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:46

      Dans la rubrique des faits divers de trois  journaux parisiens de 1902, il est relaté une altercation qui se serait terminée de manière tragique pour un dénommé PARFONDRY, selon le titre de l'un des articles. Ce dernier intitulé " Un meurtre " ne laisse que peu de doutes sur les conséquences des coups de couteau reçus. Le jeune PARFONDRY aurait donc succombé à ses blessures.

Journal des débats politiques et littéraires du 01 mars 1902 (n° 52)

       Un meurtre

      Congédié avant hier du dépôt des Petites Voitures, parce qu'il remplissait mal son service, Henri Bachet partait en proférant des menaces contre M. Parfondry, son contre-maitre, et son fils, âgé de vingt ans.

      Le même soir, M. Parfondry et son fils se rendaient à la cantine de dépôt, rue Duret, y prendre une consommation. Ils y trouvèrent Bachet et un de ses amis, qui se mirent à les injurier. M. Parfondry ne répondit pas; puis sa consommation prise, sortit avec son fils.

      Il avait à peine fait quelques pas sur le trottoir que Bachet lui sautait à la gorge. Le jeune Parfondry voulait dégager son père, mais l'ami de Bachet, le prit à bras-le-corps et, presque aussitôt, Bachet s'élancait sur le jeune Parfondry, lui plongeait par trois fois son couteau dans le cou, dans l'avant-bras et dans les reins.

      Le malheureux jeune homme a été transporté à l'hôpital Beaujon dans un état très grave.

      Une heure après, Bachet et son ami, un certain Ury, étaient arrêtés et envoyés au dépôt.

Journal La Croix du 28 février 1902

      Entre camarades

     Un drame sanglant s'est déroulé cette nuit, vers 2 heures, dans un dépôt dfe voitures, 25, rue Duret.

     A la suite d'une violente discussion entre plusieurs laveurs de voitures qui sortaient de la cantine, l'un d'eux, Henri Bruchet, 24 ans, demeurant avenue de Lorraine, à Clichy, a frappé de plusieurs coups de couteau un de ses camarades, Albert Parfondry, demeurant 22, rue Duret.

    Ce dernier, qui perdait son sang en abondance, a été porté mourant à l'hôpital Beaujon. Le meurtrier a été arrêté.

Journal Le Petit Parisien du 28 février 1902

     Un meurtre à Passy

     Une tentative de meurtre dont la vengeance est le mobile a été commise, hier, vers deux heures du matin, rue Duret, en face du dépôt de la Compagnie des Petites-Voitures.

     Albert Parfondry, âgé de vingt ans, a été frappé de trois coups de couteau, dont l'un très grave met ses jours en danger.

     Il travaillait depuis longtemps au dépôt des Petites-Voitures, où son père est brigadier; il avait pour camarades, Henri Buchet, âgé de vingt-quatre ans, et Edmond Ury, âgé de vingt-deux ans, avec lesquels il avait vécu jusqu'ici en parfaite intelligence.

     Mardi dernier, le père de Parfondry, trouvant qu'Henry Buchet apportait trop de négligence dans son service, lui en fit la remarque. Le subordonné prit mal l'observation, et une querelle s'en suivit à la suite de laquelle un brigadier fit un rapport au chef de dépôt, qui, séance tenante, congédia le laveur de voitures.

     Henri Buchet quitta aussitôt son travail et partit en proférant des menaces contre le père et le fils,.......

     Il avait fait à peine quelques pas sur le trottoir que Buchet lui sauta à la gorge. Le jeune Parfondry, qui s'était un peu attardé, accourut et voulut dégager son père, mais ....... Buchet qui avait réussi à se dégager de l'étreinte du père, rejoignit le fils et, à trois reprises différentes, lui plongea son couteau dans le cou, à l'avant-bras gauche et au bas des reins......... Des agents avertirent M. Montianuc, commissaire de police, qui, après avoir fait transporter le blessé à l'hôpital Beaujon, arrêtait une heure plus tard Buchet et Ury dans un débit de vins ou ils s'étaient réfugiés. Tous deux ont été envoyés au dépôt.

     La blessure qu'Albert Parfondry a reçue au bas des reins inspire les plus vives inquiétudes.

 

      Quant à déterminer de l'origine des PARFONDRY qui ont été impliqués dans cette bagarre, l'allusion à la rue Duret semble un indice primordial. Quelques années plus tard, dans un autre article, cette fois du journal " Le Gaulois " du 10 mars 1908, on retrouve dans les offres d'emploi, le texte suivant, avec le même numéro 22 dans cette rue :

Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret.

       La coïncidence d'y retrouver la rue Duret ne peut être fortuite. Le lien entre les deux textes de 1902 et de 1908 ne peut que nous aider à trouver l'identité de ce PARFONDRY. D'autant que le 16ème arrondissement, où se trouve cette rue Duret est justement l'endroit de naissance d'Albert, Pierre PARFONDRY en 1918 et précédemment de sa soeur Simone en 1913. 

      Le père de ces derniers n'est autre qu'Albert, Joseph PARFONDRY, né à Tournay, près de Bertrix dans le Luxembourg belge, en juin 1881 et décédé à Paris 20ème en 1935. Au moment de l'altercation en 1902, il avait bien la vingtaine d'années relatée dans l'article. C'est donc très certainement lui qui accompagnait son père, Alfred PARFONDRY. Le fait qu'il recherche un emploi quelques années plus tard en 1908 est manifestement une preuve comme quoi il a survécu à l'agression. On peut s'étonner dès lors du titre de l'article qui ne laissait que peu de chances au jeune PARFONDRY.

      Cette lignée de  PARFONDRY est une descendance des PARFONDRY de la branche originaire d'Aywaille. On a ainsi la preuve que c'est Alfred, Joseph PARFONDRY, né lui aussi à Tournay en 1850, qui a émigré sur Paris. Quant à Albert, il est le grand-père d'Alain PARFONDRY, installé de nos jours à Bordeaux.

 

Quelques explications complémentaires

Rue Duret : rue du 16ème arrondissement de Paris dans le quartier de Challiot;

DURET (1804-1865) : sculpteur français, élève de BOSIO qui fut le sculpteur de référence des Bonaparte ;

Dépôt des Petites Voitures : dépôt appartenant à la Compagnie des Petites Voitures, installée à Aubervilliers en 1898, exploitant des voitures hippomobiles à louer  ou des fiacres électriques possédant une autonomie de 60 km :;

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:42

      La descendance de Mengold PARFONDRY, dont nous avons relaté l’origine dans un précédent article, est restée localisée pendant longtemps dans le village de Forchies-la-Marche, où il y a travaillé comme artisan. Ils ont occupé pour certains le métier de cloutier, pour d’autres celui de houilleur, voire de journalier. Peu d’entre eux ont exercé d’autres métiers, à l’exception d’un des 3 fils de Mengold, Louis, né en 1759, devenu boucher. Certains sont devenus porion, tels que Alexis, né en 1872, Félicien, né en 1840 et Augustin, né en 1864. Cette situation, en particulier le travail dans la mine, s’est prolongée durant le 20ème siècle.

      Cet environnement d’un travail éprouvant a probablement conduit Rosine PARFONDRY, née le 1/02/1857, a quitter son pays pour trouver un plus grand confort de vie. Arrière-arrière-petite-fille de Mengold, son ascendance est un témoignage manifeste du milieu économique dans lequel vivaient les PARFONDRY de Forchies-la-Marche à cette époque. On a ainsi successivement, après Mengold : son arrière-grand-père Antoine (1765-1845), journalier ; son grand-père Joseph (1800-1868), cloutier-journalier ; son père Augustin (1828-1885), charbonnier – houilleur.

      Mariée le 26/10/1873 avec Désiré Joseph ROVILLARD, à Forchies-la-Marche, Rosine a eu 4 enfants en 1874, 1877, 1878 et 1880. Les 3 premiers sont morts en bas-âge. Seul, le dernier Fernand, né le 11/10/1880 à Trazegnies, a survécu.

      Voulant probablement quitter ses conditions de vie, Rosine s’est embarquée un jour avec son fils et sans son mari pour les Etats-Unis. Ce dernier est décédé à Forchies-la-Marche en 1904. L’histoire s’arrêterait à ce moment, si on ne découvrait pas que des descendants de Rosine, notamment Florence Rovillard, la petite-fille de Fernand, se sont manifestés en 1998 pour retrouver des traces et donner des informations.

      Rosine serait donc arrivée avec son fils probablement en 1902 aux Etats-Unis. Fernand avait donc à ce moment 22 ans. On y apprend qu’il s’est marié avec une fille d’un migrant belge, portant le nom de DeJean, qui exerçait le métier de souffleur de verre. Ce nom existe encore de nos jours aux USA. Rosine et son fils ont habité à Gas City dans l’Indiana. Il est indiqué qu’il aurait eu une sœur, ce qui reste à vérifier car tous les autres enfants (Augustin, Elise et François) sont morts dans leurs premiers mois.

Texte de six mails envoyés des Etats-Unis en 1998 recherchant des informations sur la descendance de Rosine Parfondry et son fils Fernand ROVILLARD.

1.  What a great new list! I am seeking information on the ancestry of Fernand (later was called Fred) Joseph ROVILLARD. He came to the U.S. about 1902 from Charleroi Belgium. He married, soon after arrival, Louise DeJean, the daughter of another Belgian immigrant family. The families settled in IN and it is believed that the De Jeans were glassblowers. The only information I have is that his father's name was Desire ROVILLARD and his mother was Rosine PARFONDRY. I believe his mother came with him, but don't know if she was widowed or divorced.
Also heard he had a sister, but don't know anymore of her or if there were other children left behind. Fernand was born 10 Sept 1878 and his mother was born Feb 1857. Any help you can give me will be greatly appreciated.

Thanks in advance.

Rosemary in ME. 

2.  Georges,
I am going to get together what little I have on my grandfather Rovillard and fax it to you...in response to your offer to help.
I've had only once response to my query since online. I've heard the name Rovillard is rare and should not be difficult to search but the "brick wall" seems to not want to crumble (tho Bob in Indiana is goingto search records in the next few weeks).
Can this rare name be found inEmigrant naar Amerika as was another rare name Protin?

My grandfather Fernand Rovillard came here early l902 (we believe) with his mother, Rosine Parfondry. I plan to list again on this interesting site and maybe will get a"bite".
Florence Rovillard Bills in Ohio USA

3.  Fernand ROVILLARD born l880 Province of Hainaut would have been 21 when came to USA with his mother, Rosine Rovillard, in January or February, l902, we believe, to port of New York on their way to Indiana.
Thank you

Florence Rovillard Bills in Ohio, USA 

4.  Georges,
Do you find a Rosine Parfondry listed on SS Vaderland or the SS Zeeland in January or February l902? I've checked your Emigration naar Amerika but did not find the name but wonder if you have another way of finding her since you had info for Versluys on another Red StarLine ship.

Thank you. 

Florence Rovillard Bills in Ohio, USA

5.  I think the "Library" and your site is fine...I just wonder why I can't find mention of my grandfather nor his mother listed in Indiana...Grandfather, Fernand Rovillard, was born in Charleroi, BE and came here sometime Spring of l902 with his mother, Rosine PARFONDRY. They lived in Gas City, IN for few years. Just wondering??

Florence Rovillard Bills in Ohio USA

6. Bev and Stan,

How nice to offer to help...here's my info:
Great Grandmother, Rosine Parfondry, born Feb, l857 in Forchies la Marche, married Desire Rovillard. Son (my Grandfather) Fernand Rovillard born September,l880. He and his mother came to USA l902 probably Jan or Feb (since he married in June same year in Indiana). Do not know if she was divorced or widowed. Waiting for reply from naturaliz. department. Have heard from people they may have come on the Vaderland or Zeeland which both left Antwerp to NY in Jan and Feb and March.

Thanks for any information you may find.

Florence Rovillard Bills in Ohio USA

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:02

 Don Diego PARFONDRY, décédé en Espagne en 1773, est sans aucun doute la plus ancienne mention d'une présence de notre patronyme à l’étranger. Diplômé du « Real Cuerpo de Ingenieros Militares » de Barcelone vers 1730, il  a réalisé une étude pour fortifier la ville de Calpe en Espagne, remplaçant un certain Nicolas Bodin, décédé prématurément. Deux documents attestent de cette présence commune. Si dans le second, on fait référence au nom Ponfondry, il s'agit manifestement d'une erreur d'écriture.

(Calpe : ville située sur la Costa Blanca entre Valence et Alicante)

           

1. Titre du Premier document (daté de juin 1745) : Carta del Duque de Caylús al Marques de la Ensenada remitiéndole la memoria y un estudio de las obras necesarias para fortificar la villa de Calpe. El estudio primitivo fue encargado a Nicolas Bodin y a la muerte de este, a su ingeniero Diego Parfondry

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:9379oveN1GkJ:club.telepolis.com/ifach/andres/paginas/carta2.htm+%22Carta+del+Duque+de+Cayl%C3%BAs+%22&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=be&source=www.google.be

Titre du Second document :

                2. extrait du blog Ifach.org (Article intitulé 1747 : Ereccion de las murallas de Calpe, rédigé sur la base d'un document de Pascual MADOZ en 1842)

N.B. : Même si on a la transcription du nom sous la forme de "Ponfondry", on y décrit la même situation que dans le document précédent. Il s'agit d'une erreur d'écriture résultant que ce document est une analyse à postériori et donc assujetti à une hispanisation du nom.

En Mayo de 1745, el cura de Calpe, Mosén Roque Vives, en misiva dirigida al Marqués de la Ensenada, previene de los trágicos sucesos acaecidos en la villa durante el año 1637 y solicita se tomen las oportunas medidas para defender tales insultos con la reparación y mejora de la fortificación entonces existente. En Julio del mismo año el ingeniero jefe Don Nicolás Bodín realizaba un primer reconocimiento sobre el terreno, levantando los primeros planos.......

Hasta aquí llegó la intervención de nuestro técnico por su fallecimiento repentino...Sobre la base de sus planos fue el ingeniero extraordinario Don Diego Ponfrondy quien instruyó la disposición de las murallas, parapetos con sus aspilleras, la colocación de buenas puertas bien herradas y el cierre de todas las bocacalles del arrabal, cegando las puertas y ventanas que dieran al campo y abriéndolas hacia el interior de las calles. El 24 de Mayo de 1746 un nuevo informe del ingeniero Don Carlos Desnaux contradice lo aconsejado por Ponfondry....

 De hecho el acometer las obras como señalaba Ponfondry hubiera sido un trabajo menor, pues con pocos medios se habría mejorado el sistema de defensa promovido por los propios calpinos que ya se había probado insuficiente. 

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UC7PI3NRTQkJ:www.ifach.org/1747-ereccion-de-las-murallas-de-calpe/+%22+nicolas+bodin+Calpe+%22&cd=9&hl=fr&ct=clnk&gl=be&source=www.google.be

 

Sans conteste, cette présence en Espagne est la résultante de la Guerre de Succession d’Espagne qui opposa entre 1701 et 1714 la France et l’Espagne contre l’Angleterre, l’Autriche, les Provinces Unies et le Portugal. Plusieurs batailles se déroulèrent durant cette période aussi bien dans le Nord (Ramillies, Malplaquet, Lille, Denain) qu’en Espagne (Almanza, Saragosse, Villaviciosa). Cette guerre, considérée par les historiens comme la première guerre mondiale à caractère économique, se termina par la confirmation du petit-fils de Louis XIV, Philippe V, comme roi d’Espagne et premier de la dynastie des Bourbons toujours présente sur le trône d’Espagne.

Plusieurs indications tendent à confirmer ce lien avec les provinces du Nord. Le premier est le fait qu’un régiment des « Gardes royales wallonnes«, composé de militaires recrutés en Hainaut, Namur et Principauté de Liège, vit le jour en 1702 pendant  la guerre de Succession d’Espagne. Des recrutements se sont encore opérés au pays de Liège en 1772.  Dissous en 1822, ce régiment eut à sa tête des officiers wallons dont Charles-Antoine, Prince de CROY, premier colonel de ce régiment en 1703 qui succomba à la bataille de Saragosse en 1710.

Sources :

1. Hervé HASQUIN (1999) : La Wallonie, son histoire ; Bruxelles, Editions Luc Pire ; 2. André JANSEN (1989) : Histoire illustrée des Gardes royales wallonnes au service des Bourbons d’Espagne (1702-1822) ; Bruxelles, Les Editeurs d’Arts Associés ;

Le second élément est en relation avec cette institution du « Real Cuerpo de Ingenieros militares ». Ce corps d’élite fut crée en 1711 par Don Jorge Prospero VERBOOM. D’origine flamande, né à Anvers en 1667 et décédé à Barcelone en 1744, VERBOOM fut appelé par le  roi Philippe V pour organiser les ingénieurs militaires espagnols sur base de sa connaissance de l’Académie militaire de Bruxelles ou il avait étudié et de son expérience en matière de fortifications. Pour le recrutement, ne disposant pas suffisamment au début de nationaux espagnols, il fut fait appel pendant les premières années à des étrangers, essentiellement des italiens, des français et des flamands. Don Diego PARFONDRY était l'un de ces ingénieurs militaires.

La présence en Espagne de ce Don Diego PARFONDRY peut ainsi être expliquée de deux façons. Soit, compte tenu de sa date estimée de diplôme (1730), son recrutement tardif peut être envisagé même si cette filière semble s'être éteinte assez rapidement. Dans ce cas, la possibilité de disposer d’informations sur les registres de recrutement devrait permettre de vérifier le bien fondé de cette hypothèse. Soit, son père est arrivé avec VERBOOM en Espagne, pour être recruté tout comme de nombreux étrangers pour consolider ce nouveau corps militaires. Cette filiation est fréquemment mentionnée dans les documents d'archives.

Ceux d'origines belges étaient mentionnés dans les listes des ingénieurs comme flamands. Il est manifeste pour l'époque que ce terme était étendu à tous ceux qui étaient en provenance des Pays-Bas Espagnols et de la Principauté de Liège. C'est notamment le cas d'un Pedro LECOQ, né à Landrecies, situé de nos jours dans le Département du Nord en France mais dans le Comté du Hainaut à cette période, et qui a intégré ce corps en 1726.

Une étude réalisée à l'époque, portant le titre : Las condiciones materiales de la vida privada de los Ingenieros Militares en Espana en el Siglo XVIII; Las bibliotecas de los ingenieros (source : Archivo Général Militar de Segovia) donne des informations complémentaires assez importantes.  

De manière globale au niveau de l’inventaire global des livres, la Belgique était, après l'Espagne et la France, le troisième pays d’édition des livres répertoriés. Sur ce personnage de Don Diego, José PARFONDRI, outre le fait que sa bibliothèque était constituée de 23 livres, il est indiqué qu’il était marié et avait des enfants. Décédé à Barcelone en 1773, il portait le grade de  lieutenant colonel et le titre d’ingénieur en second. Contrairement aux autres personnages de la liste, sa nationalité d’origine n’est pas reprise, au même titre qu’un certain Carlos SALIQUET, décédé lui aussi à Barcelone en 1777. Mais sur le site de Généanet, il est toutefois attesté que ce dernier est né en 1722 à Marseille et a bénéficié en 1742 d’une dispense de mariage par l’Evêché de Gérone. Ce nom n’est pas d’origine belge et semble bien être confiné, selon les registres d’état civil,  le long du Rhône. Ses fils Antonio et Juan, nés respectivement en 1755 et 1758, ont également intégré le corps des ingénieurs. Ce nom existe encore de nos jours en Espagne.

Quant à ce Don Diego PARFONDRY, si rien ne l'atteste, il est hautement probable qu'il soit d'origine du territoire occupé par la Belgique de nos jours (Pays-bas espagnols et Principauté de Liège). En outre, ce nom s’est propagé par la suite en Espagne tout au moins jusqu’au début du XIXème siècle. On y lit ainsi la phrase attestant que ce nom continuait d'exister plusieurs décennies plus tard, sans avoir de certitudes quant au lien généalogique.   

En noviembre de 1821, un proyecto de reglamentacion, elaborado por dr. Parfondry, regulaba la proporcion de materias en los ejercicios de los actuantes……

  (Source : Aulas y saberes. VI congreso internacional de historia de las universida des hispanicas, Valence 1999, Vol. 1 ; Université de Valence, 2003) 

N.B. : Pour éviter toute confusion, il est absolument évident que cette présence n’a rien à voir avec la branche des PARFONRY vivant toujours de nos jours à Séville et qui découle de l’arrivée d’un membre de la branche d’Erezée (José PARFONRY) peu avant 1900.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 11:06

                En réponse à une question qui m'a été envoyée par un des lecteurs les plus assidus de ce blog, Paul LAURANT, qui est non seulement un des descendants de Mathieu PARFONDRY, né à Aywaille en 1732,  mais également le fervent défenseur du cheval ardennais, je vais m'efforcer d'expliquer l'origine de cette petite variante dans l'écriture de notre si joli toponyme.

 

Pour bien comprendre ce qui suit, il faut se remémorer la signification du nom que nous portons. L'interprétation la plus généralement admise de nos jours est tout simplement " Par le fond du ry ". Même si je défends avec ferveur un lien plus ancien avec le mot " fonderie ", il n'y a aucune objection à considérer cette signification comme réelle. Il a du y avoir une évolution progressive, ayant démarré durant la période gallo-romaine, et s'étant généralisée entre le IXème et le XIIème siècle à une situation résultant essentiellement de la géographie.

On constate dans les registres de baptême, ceux retrouvés pour les XVIIème et XVIIIème siècles, des écritures mentionnant selon le cas PARFONRY où PARFONDRY. On a ainsi observé que des enfants d'une même famille étaient inscrits des deux façons. Il en découle que la terminaison en ry et en dry ne résulte pas nécessairement d'une différence d'origine dans les lignages. L'explication repose essentiellement sur la transcription du nom. Tant PARFONRY que PARFONDRY dans les temps anciens devaient se prononcer de la même façon. Ceci tout simplement par le fait que le "d" du terme "Fond" ne se prononce pas non plus. Confirmée en son temps par la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, chargée d'authentifier notamment les écritures sur les cartes IGN, il n'y a aucune objection à considérer cette hypothèse comme valable. Au cours des générations, l'écriture du nom a pu ainsi évoluer dans les familles en fonction de la transcription du nom.

En conséquence, c’est bien le niveau d’instruction de l'Officier d'Etat civil enregistrant l’acte de naissance ou du prêtre retranscrivant l'acte de baptême qui est à l'origine de cette différence d’écriture. Selon leurs compréhensions, ils reprenaient le "d" dans l'écriture du registre car cette consonne n'était pas dictée lors de l'énoncé du nom. Et comme les déclarants, que ce soit le père ou le parrain, étaient dans la plus grande majorité des cas des analphabètes, on n'y apportait aucune correction.

Avec le temps la signification du nom s’est perdue et la différence d'écriture et de prononciation est apparue de manière plus stricte. Certains ont voulu absolument, pour se diversifier d'un voisin, que l'on prononce la lettre "d". C'est ce qui est probablement arrivé avec l'ancêtre de l'auteur de cette question. Qui me mentionne que, selon sa mère, son aïeule, Anne Elizabeth PARFONDRY (1834-1933) " mettait une insistance toute spéciale à la prononciation correcte du DRY ". Une preuve que la prononciation actuelle n'était pas encore actée au début du XXème siècle. Pour information, cette personne n'est rien d'autre que la soeur ainée d'Alfred Joseph PARFONDRY, né en 1850, l'arrière-grand-père d'Alain PARFONDRY habitant de nos jours dans le Médoc.

On en conclut donc que les branches de PARFONRY et de PARFONDRY, existant de nos jours, peuvent être de fait de lointains cousins, à l'échelle généalogique du temps. Ce qui est déjà acquis, c'est qu'ils ont probablement évolué sur un territoire assez restreint jusqu'au XIVème - XVème  siècle, en rive droite de la Meuse, dans un triangle incluant les vallées de l'Amblève, de l'Ourthe inférieure et de l'Aisnes.

  

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:39

Comment ne pas faire un article sur celle qui est apparue toute resplendissante dans un article précédent, accueillant au pied de l'échelle, son futur mari, débarquant à Pointe-à-Pitre du cargo Ile de Noirmoutier.

Michelle LASNET de LANTY, est l’arrière-petite-fille d’un propriétaire de plantations en Indochine et la fille d'un agronome affecté au développement de la production des bananes en Guadeloupe avant 1940. Retournée en Guadeloupe avec sa mère et ses frères et soeurs en 1947, elle y a été rejointe par son futur époux Jacques PARFONRY. Ils se sont mariés à Baie-Malhault en 1948.

 Passionnée de cuisine, Michelle a oeuvré, sa vie durant, à promouvoir celle de son enfance. Auteur de plusieurs ouvrages culinaires, aux Editions RUSTICA, dont certains écrits avec Henriette BABET, sa mère, Michelle PARFONRY est reconnue comme « une spécialiste de la cuisine de tradition et du terroir ».     

Dans sa bibliographie, on retient en particulier :

 

Comment faire ses charcuteries. Recettes traditionnelles et tours de main, 128 p., juin 1996 (réédition en mars 2003);

Faire ses charcuteries. Terrines, saucisses, andouilles, confits, 96 p., janvier 1997 ;

Confits, confitures et conserves ; avec Henriette LASNET de LANTY, 288 p., juin 1997; ce livre est cité en référence dans l'article " La châtaigne" sur Wikipedia ;

La cuisine campagne. Faire son pain, ses charcuteries, ses fromages, ses conserves, ses confitures ; avec Aglaé BLIN et Suzanne FONTENEAU, 511 p., novembre 2001 ;

 

 L'intérêt de ses livres, dont certains ont été réédités, et toujours disponibles sur des sites de revente de nos jours, se lit à travers quelques uns des commentaires retrouvés.

 

                Commentaire du livre «  Confits, confitures et conserves » 

En septembre 2005, une lectrice mentionnait qu’on trouvait dans ce livre « un tas de conseils et de recettes permettant d’amortir le prix de 88 francs payés quelques années auparavent » ;

 

Commentaires du livre «  La cuisine campagne »

1. un merveilleux bouquin que le Père Noël m’a apporté. Comment, chez soi, avec deux fois rien en matos, faire son pain, ses charcuteries, ses conserves, ses confitures ? Comment ? Comme ça, simplement, comme à la campagne chez ta mère ! C’est la première fois que je lis comme un polar un livre de cuisine, pas de recettes, mais de cuisine, j’insiste, avec des références historiques, littéraires, des conseils simples, des explications d’instit, pédagogue et patient, des trucs d’une simplicité biblique, hérités de la tradition et du bon sens, des tours de main de modeste cordon bleu qui ne se touille pas le nombril, à la portée du premier quidam venu, qui juste aurait envie d’essayer de cuisiner, même pour la première fois de sa vie, mais avec amour et humilité

2. Plus de 400 recettes expliquées étape après étape à l'aide de nombreux photos-gestes. Tous les tours de main et les astuces pour les réussir sans difficulté. Un ouvrage de référence qui fait revivre une cuisine de tradition savoureuse et authentique.

3. bon guide lorsque l'on veut fabriquer soi même ses conserves, charcuteries etc...on en est toujours fiers et on sait ce que l'on mange !!!

4. Eh oui, seule la moitié du livre est intéressante, car faire soi-même du pain ou du fromage, c'est vraiment long et fastidieux. Par contre, les conserves, les charcuteries et les confitures, c'est un réel bonheur de découvrir tous ces trucs et astuces.

 

Commentaire du livre "Comment faire ses charcuteries"

1. Ce livre est conçu pour mettre à la portée de tous les recettes de notre charcuterie traditionnelle. En suivant les conseils d e l'auteur  et les photos qui les accompagnent, on s'aperçoit bien vite en effet qu'il n'est pas compliqué de réaliser un délicieux pâté en croûte, une terrine de lapin ou un excellent foie gras. Vous pourrez aussi étonner votre famille ou vos amis en leur servant des tripes à la mode de Caen, des boudins au champagne ou des saucisses aux pistaches confectionnés par vos soins.                    

2. Il est super bien expliqué, détaillé, et j'ai déjà fait plusieurs fois jambons, terrines... Après, à chacun de modifier les assaisonnements pour trouver sa recette perso. Merci, on retrouve le goût des recettes de nos grands mères.

 

  

 

 

Voici quelques couvertures des livres de Michelle PARFONRY

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 12:03

       Le mariage en 1744 de Mengold PARFONDRY à Forchies-la-Marche dans le Hainaut, sans indication sur son lieu de naissance, était resté une petite énigme. Né en 1711, ce personnage y est déclaré artisan. C'était là les eules informations contenues sur les sites de généalogie. Cette apparition dans un lieu géographique qui est externe au cercle de localisation reconnu de ce patronyme constituait une indication comme quoi il provenait d’un autre endroit. Ce curieux prénom était très certainement  l’indice qui  devait nous aider à résoudre cette question sur son origine.

      Dans une première phase de réflexion, j’avais envisagé de me baser sur la signification anglaise du prénom, en le traduisant par une sorte de syntaxe comme « L’homme aux mains d’or ». Relié à son métier d’artisan et à l’analogie déjà supposée de notre patronyme avec le mot fonderie, il pouvait y avoir une certaine logique pour expliquer le choix du prénom.  J’imaginais bien déceler dans le profil de ce Mengold Parfondry, une sorte de Maître des forges, de charron ou de fondeur qui était arrivé à Forchies-la-Marche1, pour y exercer un métier en rapport avec ses capacités. Mais malgré l’intérêt de cette hypothèse, la question de la provenance géographique restait posée.

       Et la réponse à cette question m’est venue un peu par hasard en découvrant que parmi les nombreuses béatifications prononcées au cours des siècles, il existait un Saint Mengold2. Ce Mengold serait un prince anglais devenu Comte de Huy au Xème siècle.  Au niveau de l’histoire,  ce Comté de Huy3 fut celui qui permit réellement à la Principauté de Liège4 d’exister. Acquis par le Prince évêque Notger5 en 985, ce comté se voyait ainsi tomber dans l’escarcelle de ce territoire ecclésiastique récemment créé par la volonté de l’empereur d’Allemagne, et qui ne cessera de s’agrandir et d'exister jusqu’en 1795. Ce Mengold aurait été canonisé par Benoit VII, pape entre 974 et 983, et consacré deuxième patron de la ville de Huy après Saint Domitien.

      Mengold Parfondry est donc manifestement originaire de la région de Huy et par voie de conséquence se trouvait dans la zone géographique d’extension de notre nom. Huy n’est situé qu’à moins de 20 km de la commune de Saint-Séverin, lieu d’habitation des seigneurs de Parfondry à la fin du XIIIème siècle.

       De nombreux documents historiques attestent que ce nom a été très présent dans la localité de Huy depuis plusieurs siècles  (Jacques de PARFONDRY, échevin en 1444, Pierre PARFONDRY, chirurgien en 1668, Hubert-Antoine PARFONRY, soldat auprès de sa Majesté Catholique). Dans un extrait du registre du métier des merciers de la ville de Huy, on y lit qu’un certain PAQUAY de PARFONRY a été élu gouverneur de cette confrérie en l’an 1635 avec trois autres personnes.

      L’histoire de la ville de Huy est marquée par la métallurgie dont l’origine doit certainement remonter à l’époque des tribus gauloises des premiers siècles. Avec la draperie, la papeterie et le cuivre, ces activités ont favorisé un savoir faire qui s’exporte. Cette effervescence économique explique pourquoi Huy est la ville à qui fut octroyée en 1066 la plus ancienne charte connue pour toute l’Europe occidentale, et appelée la charte de Huy6. Mais hélas, les guerres menées par ce trublion de Louis XIV n’apportèrent que des destructions. La ville est envahie en 1675 et sera restituée par après aux espagnols. Mais ce n’est pas terminé car ce roi se remit à la bombarder en 1689 et à la brûler en 1693. Avec, en finalité la bataille de Ramillies en 1706, gagnée par le duc de Malbourough sur les troupes franco-espagnoles, qui contraignit finalement Louis XIV à retourner dans l'ombre de son soleil, après le Traité d’Utrecht7 de 1713. En tout durant trente années, la ville de Huy ne subit pas moins de douze sièges. Les armées hollandaises, françaises, espagnoles et prussiennes apportérent des épidémies, des incendies, des disettes et produisirent un véritable tsunami. C'est pourquoi, les dégradations sur le plan économique contraignirent de nombreux habitants à rechercher ailleurs plus de sérénité. Le même environnement qui allait très probablement conduire Jean-Pierre PARFONDRY à chercher refuge à Neerheylissem avant 1750.

      Voila sans doute la raison qui amène Mengold PARFONRY, né probablement dans les environs de Huy en 1711, à accompagner ses parents et à se retrouver plus à l’ouest à Forchies-la-Marche dans le Hainaut en devenant un petit artisan et en se mariant en 1744 avec la dénommée Barbe LEMAITRE.

      Sur le plan généalogique, Mengold PARFONDRY est l’ancêtre de ce que est repris dans ce blog sous l’appellation de branche de Forchies-la-Marche, et dont une descendance existe encore de nos jours, en particulier dans cette localité. Mais manifestement, rien n’interdit désormais un lien avec la lignée des PARFONDRY qui vont traverser la Meuse à partir de Saint-Séverin dès le XIVème siècle et devenir probablement les ancêtres de la branche de Neerheylissem.

Tous cousins, on peut rêver !!!!

 

Quelques petites explications historiques complémentaires

1 Forchies-la-Marche : dans la Province du Hainaut, ancienne commune, fusionnée depuis 1977 avec Fontaine-l’Evêque ; sur le plan historique, elle est située dans la partie occidentale de la Principauté de Liège, appelée la Thudinie, relevant de l’Abbaye de Lobbes et qui en était devenu fief direct depuis 1076. Cette localité a été le centre d’une industrie cloutière jusqu’au 19éme siècle. La production du fer arrivait de Liège pour y être travaillé dans des industries familiales. Outre la proximité de l'extraction du charbon pour alimenter les forges, cette profession avait retiré une sorte d'indépendance. Ce métier était pratiqué à domicile selon des procédés de fabrication jalousement gardés et transmis de père en fils. Jouissant d'un quasi monopole, les clouteries ont constitué une des principales industries métallurgique jusqu'au 18ème siècle. Le métier persista après l'introduction des machines en 1833.

2 Saint Mengold:  Comme témoignage magistral de ce Saint, il nous reste une œuvre ancienne, à savoir la châsse de Saint-Mengold, conservée dans la collégiale Notre-Dame de Huy, l’une des rares orfèvreries médiévales de style rhéno-mosane ciselée par l’artiste Godefroid de Huy au XIIème siècle et  un breuvage récent, tel la bière Saint-Mengold au goût fortement aromatique.

3 Comté de Huy : comté s’étendant de part et d’autre de la Meuse, comprenant la Hesbaye, le Condroz et la Famenne. Il intègrera la Principauté de Liège en 985 avec l’assentiment de l’empereur germanique Otton III ;

4 Principauté de Liège : Territoire resté indépendant jusqu’en 1795, sa création est la résultante de la partition de l’empire de Charlemagne. Désireux de conserver la Basse-Lotharingie sous leurs influences, les rois germaniques font alliance très tôt avec l’épiscopat de Liège. Devenu Saint Empire romain germanique, cette alliance sera confirmée, par Otton II, qui accorde les droits et les possessions de l’évêque de Liège en 980, point de départ effectif d’un état liégeois. Par le transfert du comté de Huy en 985, sous l’autorité de l’évêque de Liège, celui-ci étend son pouvoir spirituel à un pouvoir temporel. Il devient de ce fait Comte et Prince d’Empire. Liège est à partir de ce moment une Principauté ecclésiastique dirigée par un Prince-évêque ;

5 Notger : né en 930 en Allemagne, il devient évêque de Liège en 972. En 980, il reçoit le titre de prince-évêque de l’empereur germanique Otton III et en 985, par l’octroi du comté de Huy, il dirige désormais un territoire dénommé Principauté de Liège. Notger décède en 1008 à Liège ;

6 Charte de Huy : Première charte des libertés octroyée à une ville en Europe occidentale en 1066. Charte consentie par l’évêque Théoduin de Bavière en échange d’une généreuse donation pour financer la reconstruction de la collégiale Notre-Dame, brûlée par le comte de Flandre en 1053. Cette charte, garantie par le duc de Basse-Lotharingie (duc de Lorraine), concédait des privilèges en matière d’impôt, de service militaire et de justice ;

7 Traité d’Utrecht : traité signé en 1713 mettant fin à la guerre de succession d’Espagne, reconnaissant Philippe V, petit-fils de Louis XIV comme roi d’Espagne ; pas de gains territoriaux pour la France qui doit concéder l’Acadie aux anglais ;

Godefroid de Huy : présent à Huy entre 1130 et 1150, c’est un des plus importants orfèvres et émailleur  de l’art roman appartenant à l’école mosane. Il aurait travaillé également pour l’abbaye de Stavelot. Parmi ses œuvres, on compte le manuscrit enluminé La Bible de Floreffe, en deux volumes, chef d’œuvre de la miniature mosane, aujourd’hui au British Museum de Londres.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 14:37

         En relisant l'ensemble des informations rassemblées autour de ce patronyme dont je m'efforce de démontrer de sa vitalité et de son ancienneté à travers ce blog, je me suis aperçu qu'un lien manifeste se retrouvait entre les deux noms de PARFON(D)RY et LEMAI(T)RE.

       Sans en retirer une conclusion plus globale, que celle qui voudrait prétendre que ces noms de famille puissent être d'un usage ancien assez courant,  cette constatation me semblait assez attractive pour en reprendre les principaux éléments.

 

      1. A l'origine de la branche de Forchies-la-Marche, un certain Mengold PARFONDRY épouse en 1744 où 1745, dans cette localité une dénommée Barbe LEMAITRE.

      Ce couple est à l'origine de tous les nombreux descendants qui se perpétuent encore de nos jours non seulement dans le Hainaut mais dans d'autres provinces belges. L'homme de théatre liégeois Max PARFONDRY est un représentant de cette lignée. Un mausolée existerait toujours dans cette localité de Forchies-la-Marche et un enterrement d'une PARFONDRY y a encore été opéré en 2010.

Mengold PARFONRY est né en 1711 mais son lieu de naissance n'est pas mentionné. Son prénom, très particulier et assez peu courant, doit être lié à un lieu précis. On peut très probablement envisager qu'il soit originaire de la ville de Huy ou de ses environs. Dans cette dernière localité, on vénère encore de nos jours un Saint-Mengold dont la châsse, une des plus belles de l'art mosan, est toujours conservée dans la collégiale Notre-Dame de Huy. L'arrivée à Forchies-la-Marche correspondrait aux périodes de troubles encourues par la ville de Huy durant le trop long règne de Louis XIV. Et les recensements généalogiques attestent en effet que le nom de PARFONDRY a été très fréquent à Huy et dans les vallées environnantes. De plus, tant Forchies-la-Marche que Huy étaient incluses à ce moment dans le territoire de la Principauté de Liège, ce qui constitue un indice d'affinité supplémentaire.

 

     2. Petit-fils de Mathieu PARFONDRY, et fils de Wéry, originaires de la localité d'Aywaille, Edouard PARFONDRY, né à Tournay, près de Bertrix, en 1810 s'est marié à Saint-Quentin dans l'Aisnes en France le 30 août 1842 avec Aurore LEMAIRE (1826-1846). Edouard est le frère cadet de Nicolas né en 1805 et de Vincent, né en 1808, qui sont respectivement les ancêtres des deux Alain PARFONDRY, devenus lointains cousins, à travers les différentes générations de PARFONDRY, originaires de la branche d'Aywaille, et qui se sont installés respectivement en Suisse et en France.

 

      3. Né à Neerheylissem et ayant émigré en France en 1841, François-Xavier PARFONRY (1821-1898), est devenu un important marbrier d'art à Paris. Il s'est associé avec un dénommé Philippe-Henri LEMAIRE (1798-1880), sous la raison sociale PARFONRY et LEMAIRE à partir de 1861 jusqu'en 1876. Ils participèrent à de nombreuses expositions internationales (dont Paris en 1867, Philadelphie, 1876) et y reçurent plusieurs prix. Cette association fut celle qui permit à François-Xavier de devenir le plus grand marbrier français de son époque, dont la carrière fut couronnée par la médaille de Chevalier de la Légion d'Honneur en 1881.

 

      4. Petit-fils de François-Xavier, Georges PARFONRY (1894-1964) évoluera dans le domaine de la mécanographie et des statistiques. Occupant, dans les années 30, un poste de direction à la Société Electro-comptable, ancêtre française d'IBM, il fut nommé comme membre titulaire de la Société de statistique de Paris en 1938, en recevant comme appui de parrainage Georges LEMAITRE (1894-1966), le célèbre astronome et physicien belge, père de la théorie de l'évolution de l'Univers (le fameux Big Bang).

 

         5. Un mariage entre Héloise Charlotte PARFONRY (1843-1882), dont la famille est originaire de Huy, et Herman Laurent LEMAIRE (1838-1884) est constaté dans la commune de Jemeppe-sur-Meuse le 16 juin 1866.

 

      6. Et ultime lien manifeste attestant une nouvelle fois que la rencontre de ces deux noms ne relève peut être pas du simple hasard, votre serviteur Roland PARFONRY, de la branche de Neerheylissem, a épousé le 5 juillet 2002 une dénommée Martine LEMAIRE

 

La série peut ne pas être clôturée. J'attends que l'on me fournisse d'autres témoignages sur ce lien entre les deux noms.

Un conseil aux PARFON(D)RY : Désormais, si vous rencontrez un ou une LEMAI(T)RE, n'hésitez pas à vous y intéresser. Ce sont des personnes très sérieuses !!!

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:38

             Arrivé au Congo le 23 septembre 1882, le sous-lieutenant Emile PARFONRY travailla au début à divers relevés géographiques, ayant été détaché un moment en Belgique à l’Institut Cartographique militaire.

            Manifestement, Emile PARFONRY se vit attribuer rapidement des responsabilités. Selon l’interprétation d’une note de bas de page, il aurait été le premier à conclure un nouveau modèle de traité avec les chefs locaux d’Isanghila dès le 15 novembre 1882, soit à peine moins de deux mois après son débarquement à Banana, à l’embouchure du fleuve Congo. Quelques mois plus tard, en mars 1883, il fut nommé responsable de la station d'Isanghila, située sur une partie navigable de l’embouchure du fleuve. Cette station était la seconde après celle de Vivi, et avant celle de Manyanga, à avoir été installée par STANLEY en remontant le fleuve Congo vers l’intérieur. Il est décédé quelques semaines plus tard.

              Cette rapidité au niveau de la responsabilité doit certainement pouvoir être expliquée. C’est ce que l’on va s’efforcer d'analyser, à partir de la note de bas de page extraite d'un livre et reprise ci-dessous.

 

Léopold II et la rivalité franco-anglaise en Afrique, 1882-1884, Jean STENGERS, dans Revue belge de philologie et d’histoire, Vol. 47, fasc. 2, 1969, Fondation universitaire de Belgique

 

p. 449, note de bas de page : ….Les instructions envoyées à Stanley en mars 1882, et répétées au mois de septembre indiquaient nettement ce que devait être cette clause. On avait même élaboré à Bruxelles une formule de traité-type prévoyant cet abandon partiel de souveraineté. C'est la formule dont le dispositif commence par " Après mûr examen,..." et que l'on a retrouvé dans les Papiers Lindner. La première convention que nous connaissions et qui ait été rédigée d’après cette formule est le traité conclu par Parfonry avec les chefs d’Isanghila le 15 novembre 1882. Parfonry avait quitté la Belgique le 15 août, et il n’est pas déraisonnable de penser que c’est à ce moment que l’on avait envoyé au Congo, la formule «  Après mur examen,… »

 

La raison de donner à Emile Parfonry des responsabilités est une conséquence d’un fait survenu deux années plus tôt. Le 10 septembre 1880, à l’initiative de l’explorateur français Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA, fut signé une convention par le roi Makoko, près du Stanley-Pool. Cette convention était rédigée selon le texte repris ci-dessous.

 

            Accord de Makoko (10 septembre 1880)

           Le roi Makoko qui a la souveraineté du pays situé entre les sources et le confluent de la Lefini et Nkuna (Le Pool), ayant ratifié la cession de territoire faite par Ngampey pour l'établissement d'une station française et fait, de plus, cession de son territoire à la France à laquelle il fait cession des droits héréditaires de suprématie : désirant, en signe de cette cession, arborer les couleurs de la France, je lui ai remis un pavillon français, et par le présent document, fait en double et revêtu de son signe et de ma signature, donné acte des mesures qu'il a prises à mon égard, en me considérant comme le représentant du Gouvernement français.

 

     Comparé au premier traité  que Stanley avait fait signer pour installer la première station à Vivi quelques mois plus tôt, il y avait une légère différence de langage. Si à Makoko, on parle de "cession de son territoire à la France", dans le Traité de Vivi (ci-dessous), on ne mentionne que " le Comité d'Etudes du Congo " et " la cession et l'abandon d'un territoire compris entre les limites suivantes ". Manifestement, la portée géographique à Makoko envisageait tout le territoire sous l'autorité du chef local qui était transféré à la France, ce qui n'était pas le cas à Vivi, vu l'objectif initial différent de la mission de Stanley. 

 

The Treaty of Vivi (June 13th, 1880)

            The aforesaid chiefs of the district of Vivi recognise that it is highly desirable that the Comite d'Etudes of the Congo should create and develop in their states establishments calculated to foster commerce and trade, and to assure to the country and it's inhabitants the advantages which are the consequence thereof. With this object they cede and abandon, in full property, to the Comite d'Etudes the territory comprised within the following limits : to the west and north and east the left banks of the river Lulu, and to the south the districts of Kolu and Congo.

 

Autre particularité surprenante, c'est que De BRAZZA n'avait au départ pas d’instructions précises de la part du gouvernement français. Il  finit cependant par convaincre la France de ratifier la convention, ce qui fut fait finalement deux ans plus tard par la publication au Journal Officiel du 30 novembre 1882. La portée de ce traité donnait dès lors autorité de la France sur un tout petit territoire d’une importance stratégique, situé au début de la partie navigable, en rive droite, du fleuve Congo. La ville de Brazzaville a été construite sur ce premier territoire. Cette évolution politique risquait par conséquent de voir la France prendre possession de tout le bassin du Congo mais surtout de son embouchure. L’application de ce traité ne permettait plus à STANLEY de s’installer sur la rive droite du fleuve Congo. N'ayant comme objectif essentiel, celui d'ouvrir un passage à travers les Monts de Cristal (route des cataractes), ce dernier se préoccupait essentiellement de traverser les barrières rocheuses en s'appuyant sur quelques stations intermédiaires. Ce qui lui valut par ailleurs le surnom de " Boula matari - Briseur de roches" suite à l'utilisation massive d'explosifs pour parvenir à ses fins. Le but initial du Roi Léopold II était de constituer ces stations en villes libres tout en respectant l'autonomie des Etats indigènes. Insidieusement, ce premier traité élaboré par l’explorateur DE BRAZZA, permit à la France de poursuivre son œuvre colonisatrice et de constituer un ensemble géographique et politique, sous le vocable d'Afrique Equatoriale française (République du Congo, Gabon, Centre Afrique, Tchad).  

Devant cette crainte de voir la France étendre sa souveraineté le long du bassin du fleuve Congo, le roi Léopold II se vit obliger de revoir l’objectif de son intervention en Afrique. Pour faire face à la menace française, il comprit de suite qu'il ne pouvait opposer simplement le drapeau d'une entreprise commerciale. D’une portée des traités limités initialement aux surfaces des stations supervisées par le Comité d’Etudes du Haut-Congo et destinés à rendre accessible le bassin du Congo pour en apprécier le caractère commercial, il changea aussi bien la formulation des traités que STANLEY faisait signer aux chefs indigènes que la dénomination du cadre d’intervention. Celui-ci devint l’Association Internationale du Congo (A.I.C.), avec un but politique et hégémonique plus affirmé. Le nouveau texte constituait de fait une cession formelle de souveraineté de la part des chefs indigènes sur toutes leurs zones de pouvoir.

Cette ingérence française sur ce côté de l’Afrique ne fut pas appréciée par la Grande Bretagne. Manifestement, des contacts bilatéraux avec l'A.I.C. et le Portugal furent organisés pour contrer cette initiative française. Les Portugais attendaient qu'on leur reconnaisse, il est vrai, le droit de souveraineté sur le Bas-Congo, depuis le débarquement de Diego CAM au XVème siècle. Pour contrer le traité anglo-portugais qui aurait obligé de traverser le territoire portugais pour relier les stations à l'océan, le roi Léopold II conclu un accord avec la France en avril 1884. On y faisait état d'un droit de préférence par lequel l'A.I.C. (et non la Belgique) s'engageait d'une part formellement à ne pas vendre ses possessions à une puissance étrangère et d'autre part de rappeler STANLEY, devenu personna non grata en France, après avoir traité De BRAZZA de va-nu-pieds. De ces joutes diplomatiques, il en résulta d'une part le maintien de l'accès à l'embouchure du fleuve (Banana, Boma) et des 3 stations (Vivi, Isanghila et Manyanga) pour l'A.I.C. et d'autre part l'édification de l'enclave pétrolière de Cabinda qui restera séparée de l'Angola.

Le personnage clef de cette adaptation est le Colonel STRAUCH, qui n’était rien d’autre que le dirigeant mis en place par le roi Léopold II, aussi bien au niveau du Comité d’Etudes du Haut-Congo que de l’A.I.C. Il en résulta, semble t-il,  un changement d’orientation assez rapide dans l’approche de Léopold II. Les nouvelles instructions sont mentionnées par STANLEY en date du 1er novembre 1882.  La formule nouvelle doit prévoir au moins un abandon partiel de souveraineté de la part des chefs indigènes. Et il est fort probable qu'une version de ce nouveau traité, commençant par la formule « Après mûr examen,… », arriva au Congo avec Emile PARFONRY. Manifestement, ce dernier avait reçu des instructions claires de la part du colonel STRAUCH avant de quitter la Belgique.

La nouvelle formulation du traité insistait sur la phase de réflexion qui aurait été donnée aux chefs locaux avant de donner leur accord. Son acceptation ne résultait pas d’une contrainte exercée vis-à-vis des populations locales. Il y avait dans cette approche la reconnaissance de la nécessité d’un dialogue progressif mais surtout la suppression de toute contestation ultérieure. Et c’est sans doute pour ses qualités d’homme de compromis, qu’Emile PARFONRY fut rapidement désigné, après une courte période d’adaptation et d’apprentissage, pour prendre en main le poste d’Isanghila. Ce dernier n’était plus une simple station dépendant du Comité d’Etudes du Haut-Congo mais bien un centre d’extension de la souveraineté de l’Association Internationale du Congo. Isanghila devenait en quelque sorte un test de la nouvelle politique formulée par Léopold II en réponse à la présence de la France sur l’autre rive du fleuve. Le fleuve Congo aurait du servir de frontière mais grâce à la découverte des sources de l’Oubangui et de l'Uele, Stanley put repousser son territoire en y incorporant des zones au Nord de Mbandaka (ex Coquihatville)

  Et l’hommage unanime et intense manifesté par d’autres comme COQUILHAT, le fondateur de l’actuelle Mbandaka, mais surtout par STANLEY lui-même sont manifestement des reconnaissances posthumes quant à l’importance de l’action initiale menée par Emile PARFONRY. Il aura été l’un des premiers maillons qui aura permis de développer la présence de l’Association Internationale du Congo et in fine de créer l'Etat indépendant du Congo.

En intensifiant cette méthode, cette Association aura entre les mains, vers la fin de 1883, plus de mille traités par lesquels les chefs indigènes lui cédaient leurs droits souverains sur l'immense domaine compris dans le bassin du Congo. Grâce à cette nouvelle politique, ce territoire, dénommé Etat indépendant du Congo, fut reconnu, lors de la Conférence de Berlin de 1885 qui régenta le partage de l'Afrique entre les pays colonisateurs, comme la propriété personnelle de Léopold II. Et qui sera finalement transférée à la Belgique en 1908 pour constituer l’Etat du Congo.

 

Quelques définitions complémentaires

Vivi : localité située en bordure du fleuve Congo, à proximité de Matadi ; première station relais créée par STANLEY le 27/09/1879, elle fut la première capitale du Congo du 1/07/1885 au 1/05/1886, avant le transfert à Boma ; c’est  à cet endroit que fut signé, le 13/06/1880, le premier traité de transfert au Comité d’Etudes du Congo ; 

Isanghila : deuxième station relais créée le 21 février 1881, située au début du tronçon navigable entre Matadi et le Stanley-Pool ; 

Manyanga : troisième station relais créée le 1 mars 1881 ; sa situation assurait l’accès du Congo à l’Océan et évitait l’isolement et l’enclavement par les zones françaises de l’AEF d’une part et par l’Angola et l’enclave de Cabinda d’autre part. Le terrain de cette station fut concédé moyennant un tribut mensuel de deux pièces d'étoffe. Cette station fut supprimée en raison de son éloignement de l’axe ferroviaire et remplacée en 1885 par le poste de Luozi, le long du fleuve, à 40 km en aval de Manyanga. C'est dans cette station de Manyanga qu'Emile PARFONRY fut enterré;

Camille COQUILHAT (1853-1891) : officier à l'A.I.C. sous les ordres de Stanley, il est arrivé en même temps qu'Emile Parfonry; a découvert toute la région de l'Equateur; il est entré à l'administration de l'Etat libre du Congo après 1885 pour s'y occuper des affaires indigènes, du service des transports et du recrutement des troupes; de retour en Europe, il est devenu conférencier et écrivain (Sur le Haut-Congo)

Mbandaka : ancien nom COQUILHATVILLE ; chef lieu de la Province de l’Equateur ;                                       

Stanley - Pool : découvert par Stanley le 12/03/1877 lors de son premier séjour, après être remonté le fleuve sur presque toute sa longueur; de nos jours appelé Pool Malebo, c’est un vaste plan d’eau formé sur le fleuve Congo ; il est situé en amont des deux capitales Kinshasa et Brazzaville ; 

Otto LINDNER (1852-1945) : de nationalité allemande, ce fut un collaborateur de Léopold II, chargé de superviser les opérations commerciales au profit du roi ; 

Henri Norton STANLEY (1841-1904) : né au Pays de Galles, naturalisé américain ; après avoir retrouvé l’explorateur Livingstone le 10/11/1871, près du lac Tanganyika, il est le premier européen à remonter le fleuve Congo entre 1874 et 1877 (999 jours) de Zanzibar à Boma ; n’ayant pas obtenu de réponses des Etats-Unis et de l'Angleterre, il est recruté par Léopold II à partir de 1878 ;  

Pierre SAVORGNAN De BRAZZA (1852-1905) : explorateur d'origine italienne, naturalisé français;

Ville libre : cette terminologie découlait d'un emploi fréquent à l'époque du Saint Empire romain germanique ; il s'agissait de villes subordonnées à l'Empereur et non à un Etat ; en 1521, elles étaient au nombre de 86;

Comité d’Etudes du Haut-Congo : société à caractère commercial, créé par Léopold II le 25/11/1878 et principalement financée par le banquier LAMBERT; constituée dans le but de rendre accessible le bassin du Congo, son objectif n'était pas d'établir une colonie belge mais de mettre en communication le Bas et le Haut-Congo, séparé par une série de chutes et de rapides infranchissables, afin d'explorer les possibilités commerciales du Haut-Congo; ce Comité s'efforçait d'obtenir des chefs de tribus riverains des concessions de terrains privilégiées pour les destiner à la culture des terres arables ;

Association Internationale du Congo : créée et financée par Léopold II le 17/11/1879, dissoute en 1885 après la Conférence de Berlin qui avait reconnu l’Etat indépendant du Congo ;

Colonel Maximilien STRAUCH : Secrétaire général du Comité d’Etudes du Haut Congo puis Président de l’Association Internationale du Congo, c’est lui qui négocia l'accord du droit de préférence avec le Ministre français Jules FERRY, puis la reconnaissance des territoires à la Conférence de Berlin ;

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:17

         Le journal le Figaro publie une annonce et un avis de mariage en 1911 dans lequel on retrouve Paul PARFONRY.

             Le Figaro du 4 décembre 1911 - Annonce de mariage

             M. Henri-Jean-François-Joseph Verne, homme de lettres, et Melle Marie-Cécile Woodruff- Logé, fille de M. Logé, compositeur de musique, et de madame, née Woodruff.

          Le Figaro du 15 décembre 1911 - Mariage

         Paul PARFONRY a été témoin avec M. Léon ESTIVANT, en tant que cousins de la mariée, au mariage de Melle Mary-Cécile WOODRUFF LOGE, fille du compositeur de musique Henri LOGE, avec M. Henri VERNE, célébré dans l'intimité par le Right Révérend Bishop OREMSBY. Les témoins du marié étaient Monsieur Léon BOURGEOIS, sénateur, et son cousin, M. ARNAUNE, Conseiller maître à la Cour des Comptes.

 

     Sans être d'une grande originalité sur la forme, cet avis donne par contre quelques informations sur le fond. Des personnes qui y sont reprises, on ressent manifestement une présence anglo-saxonne indéniable dans le nom de la mariée et du religieux y officiant. Mais aussi la particularité d'un milieu ou se côtoyaient le monde économique, par la présence de Léon ESTIVANT*, le monde culturel, avec Henri VERNE* le futur Conservateur du Louvre et le monde politique avec Léon BOURGEOIS*, sénateur de la Marne, Président du Conservatoire national des arts et métiers et futur prix Nobel de la Paix en 1920. Comme un témoignage de cette époque où l'alliance de l'art, de l'industrie et de la politique permit ce bouillonnement de réalisations architecturales, industrielles et culturelles. Un paradigme que les nouvelles terminologies de "mondialisation et de développement durable " sont en train de modifier de nos jours.

        L'origine de la famille de la mariée reste à découvrir. Le nom LOGE (il faut prononcer Logé) doit probablement être mis en relation avec le nom et la date de Joséphine LOGE (1885) inscrit sur le monument funéraire familial de Créteil. Sans avoir toutefois de certitudes et d'indications réelles sur le lien éventuel qui pourrait exister entre les deux appelations.

      La mention de "cousins de la mariée" qui est attribuée aux deux témoins ESTIVANT et PARFONRY, reste également un point d'interrogation. Le lien pouvant exister entre les deux personnages et la mariée n'a pas encore été découvert.

        Quelle explication peut-on également donner sur cette présence d'un l'évêque anglican ? Elle doit nécessairement être en lien avec la famille anglophone de la mariée. Le lieu de son affectation dans une petite ïle anglaise, au large du Northumberland, peut être une indication.

      Il a été confirmé1 en outre que ce lien entre les PARFONRY et les LOGE s'est perpétué à la génération suivante. A ce moment, Georges, le fils de Paul, a hérité de mobiliers en provenance de cette famille LOGE. Cette information m'a été donnée par Michel, l'un des fils de Georges et petit-fils de Paul ;

          Quelques explications complémentaires sur les personnes qui sont reprises à travers cet article du Figaro

Léon ESTIVANT : Economiste français qui fut rédacteur pour le journal " L'Economiste" ; il fut parmi les initiateurs de la Société Belge d'Economie Politique, créée en 1855, sur base de la Société d'Economie de Paris qui rassemblait les défenseurs de la pensée libérale et du libre-échange; il publia un article intitulé " Etude sur la mobilisation de la propriété foncière dans l'Act Torrens " en 1899.

Il fut de ceux également qui initièrent l'idée (avec Emile DOLLOT et le suisse Marc EUGSTER) de construire le premier téléphérique joignant Chamonix au sommet de l'Aiguille du Midi (la route du Mont Blanc) et dont les travaux débutèrent le 2 juin 1910; en 1936, il est encore présent pour créer la Compagnie française des Funiculaires de Montagne ;

Act TORRENS : Originaire de l'Australie, il s'agit d'un système de registre des possessions de terre permettant l'immatriculation d'un bien immobilier à la simple initiative d'un propriétaire volontaire sur base d'un bornage, d'un plan et d'une description du titre de propriété déposé dans un bureau d'enregistrement; c'est un système d'immatriculation individuelle qui apporte une solution dans le cadre d'un boum sur la spéculation des terres, en opposition avec le système de titres fonciers s'inscrivant dans une notion de recensement et d'abonnement général ; ce système de l'Act Torrens a été particulièrement utilisé durant les périodes de colonisation afin de donner une garantie aux nouveaux arrivants ;

Emile DOLLOT : Ingénieur des Arts et Manufactures (actuellement Ing. Centraliens); fondateur de la Compagnie générale des Travaux Publics; a collaboré à l'idée d'une création d'une mer intérieure, près de Gabès en Tunisie;

Henri LOGE : Après avoir pensé au compositeur américain Henri LODGE (1884-1933) qui composa de la musique ragtime pour le couple de danseurs américains Irène et Vernon CASTLE qui débutèrent leur carrière en 1911 à Paris, il s'est avèré que sa fille, dénommée également Mary, ne peut être la mariée. La date de son mariage en 1911 ne concorde pas avec l'âge escompté ; 

Henri VERNE (1880-1949) : Directeur des musées nationaux et Conservateur du Louvre qui fut l'auteur du projet d'agrandissement du Louvre (Verrière de la Cour du Sphinx, aménagement des salles des antiquités égyptiennes et orientales,...); il organisa également avant la guerre l'évacuation de nombreux chefs d'oeuvre du musée du Louvre;

Right Revérend Bishop OREMSBY :Très probablement, il doit s'agir de l'évêque anglican ORMSBY (1843, Dublin-1924) qui fut évêque de Bélize (Honduras britannique) avant de revenir en Angleterre comme Archdeacon (Vicaire général) de Lindisfarne, petite île de l'est de l'Angleterre, célèbre pour ses Evangiles illuminées, copie illustrée des 4 Evangiles ;

Léon BOURGEOIS (1851-1925) : Grand homme politique français, Parlementaire radical, Sénateur de la Marne de 1905 à 1925, Premier Président de la Société des Nations en 1919, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action dans la résolution des conflits, théoricien du radicalisme ;

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